DEUXIÈME PARTIE
comme cet adage si connu : SMata causa , tolU'tur effectua. » Lab. Sous ce rapport, il y a de la ressemblance entre Vadage et Vapophihegme. c C'est conmie diseur d^apophtegmes et de bons mots que Figaro dit : quand on cède à la peur du mal , on ressent déjà le mal de la peur..* , et tous les adages de cette espèce. » Id.
De prwerhe ancien à yieux ^^oterbc la transition est facile, c On trouve dans d'Alembert de petites idées communes aiguisées en épigrammes , de vieilles anecdotes rajeunies, de vieux odoyei renouvelés. » Lab.
An peu d'espril que le bonhomme (l*abbé Trublel)
avait, L*esprit d'antrai par supplément serrait; Il entassait adage wàt aaage , n compilait, compilait, compilait. Volt.
Enfin, adage ^ dans son genre, comme apophihêgme dans le sien, se prend volontiers en mauvaise part : il signifie alors un proverbe de gens et plus ordinairement de savants qu'on méprise , ou qu'on dénigre. « Par bonheur , les adages de ces philosophes, qui arrangent l'avenir comme le présent, ne dérangent point le plan de la Providence. » Lab. c De là est venu ce bel adage de morale, si rebattu par la tourbe philosophique, que les hommes sont partout les mêmes , qu'ayant partout les mêmes passions et les mêmes vices , il est assez inutile de chercher à caractériser les différents peuples. » J. J.
APOTHÉOSE . DÉIFICATION. Action de diviniser, de faire dieu, d'élever au rang des dieux.
j4pol/i^ofeestgrec ,et d^t/lca(ton latin ou fait du latin. Le premier de ces mots exprime quelque chose d'éclatant et de solennel; le second signifie un acte, un événement, muis d'une manière abstraite , sans le dépeindre. Après la mort des empereurs romains , on célébrait leur apothéose avec magnificence, et tous les honneurs divins en étaient la suite ; rien de plus inconcevable et de plus absurde que la déifûation des bêtes et des légumes chez les Egyptiens.
On prépare une apothéose, c'est une cérémonie ; on parle du temps plus ou moins prochain d'une déification , c'est un simple fait. « Voilà un homme (Coudé) , le plus extraordinaire qui ait jamais mérité d'être mis au nombre des dieux.... On prépare son apothéose au Parnasse; mais, comme il n'est nullement à propos de se hâter de mourir pour se voir bientôt placé dans le rang des immortels , M. le Prince laissera passer encore un nombre d'années avant le temps de sa déification ; car de son vivant il aurait de la peine à y consentir. » Laf.
APPARENCE , AIR , DEHORS , BXTÉBIEUR , ÉGORCE, SURFACE, SUPERFICIE. Ces moto sont tous synonymes quand ils sont pris dans une acception très-générale pour signifier, dans les choses, ce qui se montre d'abord aux regards, par opposition à ce qui en est plus éloigné. Ne voir dans les choses que Vapparence , que l'atr , que le éiehwsj que Y extérieur^ que l'^corce, que la surface ou la superficie; s'en tenir, s'arrêter à l'apfHirefice , à l'atr, au dehors, à Vestérieur, à IVeorce, à la surface^ à la superficie.
Mais Vapparence , l'atr et le dehors ne font pas
partie de la chose; an lieu que Vestériewr, Yécorce , la surface et la swperfcit sont de la chose : c'en est la partie qui ressort, celle qui se trouve à la plus grande distance du centre et qui sert d'enveloppe aux autres. De là una première distinction.
Apparence^ air, dehors. — Apparence et otr diilèrent beaucoup de dehors. Ce sont des termes abstraito, relatifs à l'esprit qui voit, plutôt qu'à l'objet vu : ce n'est rien de concret dans une chose, que son apporetice ou son at'r; c'est sod aspect , c'est sa manière de se présenter à nous Le dehors, au contraire, a ra[^rt à l'objet, quoiqu'il n'entre pas dans sa constitution ; c'est quelque chose qui l'entoure et comme son vêtement. A l'égard d'une maison , une apparence oo un at'r de magnificence indique l'effet produit sur nous par la vue de cette maison ; et des dehon magnifiques se dit en parlant de choses qui environnent cette maison, comme jardins, coon^ avenues, fossés. Une maison a l'apparence ou Voir d'un château, c'est-à-dire le paraître; on dirait un château : elle en a les dehors , c'est-à-dire le? entoure réels. De même, un homme (jui aune op^ pàrenee ou un at'r de piété , semble pieux; et celui qui a des dehors de piété, pratique certaines dévotions qui sont comme l'enveloppe de la piété. Le religion a ses dehors, ses cérénionies, coquk son extérieur, auxquels elle tient; on ne disait pas en ce sens qu'elle a son apparence ou son «tr. Cet homme m'a l'atr ou a un at'r prévenant, je ne sais si je me trompe : il a les dehors prévenants , il me platt déjà par cela seul. L'apporeiue et l'atr peuvent être faux; les dehors peuvent être trompeurs, c Le commercerdu monde ou U politesse donnent les mêmes apparences, font qu'on se ressemble les uns aux autres, par des dehors qui plaisent réciproquement. > Labb.
D'autre part, il y a une dltTérence manifeste entre Vapparence et l'atr. Vapparence est plus incer» tûine; elle suppose qu'on voit les choses de plus loin et avec plus de chance d'illusion. Nous ne nous laissons pas prendre à une appareitce de bonté ou de douceur; un at'r de bonté ou de douceur nous attire. Une apparence de courage mnonce un poltron ; un at'r de courage inspire de la confiance.
Dehors , extérieur, — Le dehors , qui ressemble à Vapparence et à l'aïr , en ce qu'il est hors de U chose , étranger à la chose , et qui en diffère en ce qu'il se rapporte néanmoins à la chose, se rapproche de Yextérieur par ce dernier trait. Les dehors et Yextérieur d'une maison, de la religion , de la vertu , de la probité , tiennent à ces choses , en sont des dépendances : c'est de ces choses ce par quoi elles frappent la vue. Usa le delion n'est que relatif à l'objet, et Yextérisfir en fait partie. Les jardins, les cours et le parc constituent le dehors d'un château; les toits et les murs en sont l'est^neur. « L'autel du tabernacle était revêtu d'or pur , les dehors en étaient brillants. » Mass. c Les Pharisiens étaient soigneux de laver Yextérieur du vaisseau. » Boss. c Jamais la montre ne fut si belle; jamais les deàorf ds culte plus solennels ; jamais tant d*exiérieur de dévotion, et jamais peut-être moins de piété. •
Hasb. — De mènM , an figari , dehors signifie un accessoire , quelque chose d'ajouté , d'emprunté , une courerture , un manteau ; et extérieur, la partie Tisible de la chose , ce qui de la chose se voit par opposition à ce qui ne se toit pas. Les dehors de la piété signifie presque toujours une piété allectée; un dehors plfttré (Mol.). V extérieur de la piété eiprime seulement une piété toute en dévotions. Avec des dehors de piété , on peut n'avoir pas de piété , mais seulement le masque de la p^; avec VtaUritur de la piété, on peut n'avoir pas l'essentiel de la piété, la piété du cœur, mais seulement les pratiques. L'hypocrite « a des deàon affectés et pieux , par lesquels il s'eflbrce de duper les hommes. » Rbgr. Le peuple ou le rolgaire s'Attache à l'ejcl^rieur de la religion (Voir.). Au premier manque la piété , il n'en a que le masque ; au second manque la piété véritable, il n'a de la piété que la forme visible , la partis otérieure. Il en est de même des dehors par rapport à Vestérieur de l'amitié , de la modestie, de la probité. Avec les dehors, on est plus éloigné de ces vertus qu'avec l'est^rteur.
teoru. — Véœree est dans les arbres la première partie , celle qui se voit et couvre les autres. Au figuré, c'est l'ext^neur, mais un esstérwiirvil, rade et grossier, comme est l'^eoree reUtivemeat au corps de l'arbre. Le paysan du Danube n'arait de grossier que Véeorce. c Le modèle du jeu de l'Arlequin est la souplesse et la BentiUeaae d'un jeune chat , sous une éeoree de grossièreté. » Makm. « Le maréchal d'Huxelles, homme d'autant plus délié que, sous une grosaère éeoree de paresse et d'indiflérence , il cachait sa dextèfité. » Ib. i; Voilà la vraie immolation de l'homme tout entier (celle de l'esprit et du cœur) ; car tout le resta n'est pas l'homme , ce n'est que le debon et Vëeoru grossière. » Via, Bossuet oppose souvent dans des écrits dont il parle ce qu'il appelle l'^corce de la lettre i une autre partie plus relevée , qui est le sens ou l'esprit. « Les Jtti&, trompés par l'^coree de la lettre , attendent le Messie comme un puissant roi. > « Ainsi la note demeure avec Grotius dans l'^corce de la lettre, et les critiques n'en savent pas davantage. B ~ Au surplus , comme ce mot est assez rare au figuré , il est bon de ne l'y employer qu'en rappelant son origine par le sens de la phrase, c Les Pharisiens s'attachaient à l'^corce de la péaitence, tandis qu'ils en laissaient les fruits. » Bouao. « n fiiut aimer cet extérieur de l'église : c'est r^icorce; mais c'est sous Véeoree que se coule ta bomie sève de la grâce et de la justice , et l'arbre ne se nourrit plus, quand elle en est dépouillée. B Bosa. c Dans les grands se cache une sève maligne et corrompue sous Vécoru de la politesse. » Lâbb.
Surface, superficie.'^ Surface et superficie désignent, conune extérieur^ û partie extrême, la partie Tisible, et qui embrasse les autres. Mais, ao propre, ils ne se disent ni de l'homme , ni des objets de l'art, t^ que les édifices, mais seuleoeot des objets naturels, des corps, de la matière. Ensuite , la surface et la superficie ne sont ptt comme des enseignes ou des indices, conune uae montre de ce qiU est au delà, et c'est pour-
quoi on ne dit point la surface, ni la superficie^ comme on dit Vextérieur de là piété ou de la vertu. Vextérieur est opposé à l'intérieur; la surface et la superficie le sont à des couches suivantes de plus en plus rapprochées du centre. Ne vous en tenez pas à Vextérieur, voyez au dedans, allez au delà ; ne vous en tenez pas à la surface ou à la superficie y approfondissez, allez plus avant.
Quant à eurface et à superficie , ils difTèreut comme au propre. Superficie, étant primitive* ment un terme de science, abstrait, ne se dit figurément que dans un sens tout théorique pour exprimer une légère connaissance des choses. « Si vous voulez étudier le monde , ne fréquentez pas de jeunes étourdis qui n'en voient que la superficie, » J. J. « Pendant l'enfance , la puissance de ' réfléchir ne compare que des superficies ^ ne combine que de petites choses. » Buff. « M. de Mairan possède en profondeur ce que M. de Fontenelle avait en superficie, », Volt. Surface, au contraire, rappelle une chose qui, considérée matériellement, peut n'être qu'effleurée ou touchée de couche en couche jusqu'à son fond. Ce mot est relatif à l'action et non pas à la connaissance, c La prédication fera entrer dans le fond du coeur ce qui ne lait qu'effleurer la surface de leur esprit. » Fin. « Tout en moi, jusqu'aux meilleures actions, est infiniment éloigné de la perfection , parce que je n'approfondis pas , parce que je ne pratique que la eurface des préceptes. » Id. D'Aguesseau dit que l'esprit, le bel esprit , celui qui sert de voile favorable à la paresse du magistrat, < est une superficie agréable, mais sans profondeur et sans solidité. » Ailleurs, il définit la bienséance « la surface lumineuse de la vertu. »
V apparence et l'air, c'est le paraître : ne vous arrêtez pas à Vapparence et à l'otr ; ils pourraient être (aux, l'apparence surtout; ne vous en tenez pas à une première impression, approchez et examinez. — Le dehors et Vextérieur, c'est l'enveloppe; tous deux sont opposés au dedans : ne vous arrêtez pas au dehors et à Vextérieur; ils peuvent être trompeurs , le dehors surtout. Pour le dehors , regardez dessous , voyez le contenu et non pas seulement le contenant; voyez la chose elle-même , et non pas seulement ce qui la couvre; ce pourrait bien n'être qu'un manteau ou un masque, une pure affectation. Pour Vextérieur t voyez si l'intérieur, l'esprit, les sentiments y répondent; ce qu'on voit d'une chose n'est pas toujoun un bon garant de ce qu'on ne voit pas.— L'^corce est une première partie opposée à une autre plus noble qu'elle recouvre : ne vous arrêtez pas à Vécorce, pénétrez au delà de cette partie grossière.— La surface ei\A superficie sont le dessus opposé au fond, une première couche opposée à d'autres en allant en bas ou vera le centre. Ne vous arrêtez pas à la surface : approfondissez, enfoncez, ne faites pas qu'effleurer. Ne vous arrêtez pas à la superficie : que votre intelligence approfondisse et pousse ses recherches plus avant.
APPARENCE, VRAISEMBLANCE, PRODABIUTÉ, PLAU8IDILITÈ. Qualité des choses qui peuvent
BEVlklÊME PARTIE
être, sinon affirmées et soutenues pœittyement comme évidentes ou démonstrativement établies, au moins crues avec quelque assurance et sans beaucoup de chances d'erreur.
Le dernier de ces mots diffère bien de» trois premiers , d'abord en ce qu'il n*est gu^ usité ,
non plus que Tadverbe plauwiblemefU qui y correspond: on n'emploie que radjectif pkkUBible.
'acquiescer
qualifie. « Qui ne donnerait de bon cœur son consentement à une opinion si plausible ? » Bose. « Si je dis que Varie aime son fils tout entier , quelqu'un pourra-t-il désavouer une vérité si plausible ? » Id. — D'autre part. pl;ausible n'est pas, comme ses synonymes , relatif seulement à Tintelligence, mais aussi à la volonté, quelquefois même il se rapporte uniquement à la volonté : ce qui est plausible se montre moins comme devant être cru que comme devant être agréé ou trouvé bon; c'est quelque chose de juste et de raisonnable qu'on aurait tort de rejeter. Ce mot se dit suitout et proprement d'une excuse : avec quelques degrés de plus , ce qui est plausibie deviendrait légitime, tandis qu'avec quelques degrés de plus ce qui est apparent, vraisemblable ou probable serait vrai ou certain. « Excuses vainement plaufibles. > Boss. « Jamais chose aucune ne fut attaquée avec des moqueries plus piausibkê que la Croix. » In. c Voilà tout ce que ces honunes peuvent dire de plus plausible pour se justifier. « Fék. « Le parti de la foi n'est-il pas, noQ^seulement le plus sûr, mais le i^bia plausible, mais le plus raisonnable?» Bouno. Des raisons (FÉK. , J. J.) , des arguments (Boss.), des conjectures (J. J.), des systèmes, des conséquences, des iaductions, des suppositions (Tolt.) plausibles sont moins considérés quant à leur valeur logique que quant à rinclination qu'ils doivent produire dans la volonté : ils sent admissibles sans peut-être approcher beaucoup de l& vérité et ëe la certitude ; du moins ce n'ect pas ce dernier caractère qui frappe en eux.
Restent apparence , vroif rnil^lofioe et prv^eibi- Uté,
Apparence y ainsi que l'adjeotif apparenê et l'adverbe apparemmeni^ annonce la plus faible erédibilité. « Il est vraisemblaibk ou probable qu'il pleuvra, marque une plus grande assurance que, il y a apparence de pluie. » Gohd. Il n'y a pas é^apparence à et que vous dites, c'est-àdire il n'y a pas la plus légère vradsemblanoef pas même on air de probabiUié. « II n'y a nulle apparence de croire que.... » Fér. « Je demande si on peut croire avec la moindre apparence que....» Boss* «Quelle apparence que....?» Boord., Fén., YoLT. ^ Apparent signifie qui n'est vraisemdiable ou probable qu'en apparence , spécieux , ou an moins qui n'a qu'une vfaiêemblance ou une probabilité supsrficâelle , de première vue. « Grotins étalait des raisonnements apparents^ dont la fteusseté ne peut soutenir l'examen. » Volt. « L'hérésiarque Marcyon répliquait one chose iMts apparente et assez spécieuse. » Bourd. » C'est un des reproches les plus apparent qu'il
me fait. • Boss. « i>n ai touehé unoYxiseB qn me semble fort apparente. » &>. < Ces piitlosophes ont forgé des systèmes avec Tesqoeb ils se flattaient de pouvoir hesaider quelque explication apparente des phénomènes de ta nature.... Une hypothèse ingénieuse et hardie, qui a d'sbord quelque lueur de eraisemblanee, intéresse l'orgueil humain à la croire. »TotT. Voilà le mot: ce qui est apparent n'a qu'une lueur de omtïai blance.
La xfraisemblame , à son tour , est logiqueiaeiH moins forte que la probabilité. Ce qui est tnsisemblable est confioTme au train ordinaire des choses; il n'y a pas confracfiction ni impossibilité à ce qu'il soit : ce qui est probable peut ètit prouvé {probaré) , est fondé sur des raisons positijes qui portent à y croire, c Au défaut de l'évidence, nous devons appuyer nos opinions sur des prcbabilités ; il serait mal de se contenter de vraisemblanees et encore phis mal de juger sur V apparence. » Gond. « Une lueur de emisem" blance. » Volt. — Une autre diflérence entre ces deux mots liés paruim synonymie assez étroite, c'est que la traisenUilance approche proprement de la vérité, et la probabilité de la certitude. La vraisemblance consiste dans le plus ou moins d'exactitude d'une représentation , et la pr(Mfilité dans le plus ou moins de force des raisoQÀ qui portent à croire à une chose : une idée, im récit , un bruit , un poëme , un roman , sont vroisemblables, ils rendent les choses comme elles sont ou ont été; une opinion, une doctrine, qd argument, sont preboèfes, il» ont une certsine fbrce de conviction qui détermine à y croire. On ne dirait pas qu'un poème et un roman sont pro^ babîesy pas plus qu'on ne dbrt âSn qu'un argument est wraisembUible.
APPARITION, VWfON. Mteiifostation surnatorelle. Dieu a quelquefois fororisé des hommes ^apparitions ou de visions; Ffieriture et les légendes en rapportent beaucoup d'exemples. Ne pas croire aux appanlibru et aux visions. Avoir une crppantton {Sir., S. S.) ou des app<intioitf (Volt.); avoir une vision (Boss. , Volt.) ou des visions (Volt.). On dit bien qu'une apparitm (Boss.) ou une vieion (S. S.) est arrirée à queiqu'Ain.
Mais apparition est objectif, et vision subjectif. Apparition, action ou fait d'apparaître, regarde l'objet ou la chose qui se montre , qui d^ vient visible ;- vision , action de voir, se rapporte à la personne dont la Tue est frappée du pbéDOmène. L'appartttofi de la croix d&ns le del soos Constantin et la vision de cet emperenrsont encore un sujet de dispute. La Bible parle souvent des apparitions de Dieu et des visimis des propiiHes. L'appartfûmd'un saint annoncequ'ii s'est présenté aux regards d^ quelquhmf la vision d'nistint exprime ce qu*il a tu lui-même, étant non ptas en spectadb , mais spectatlenr.
Les histoires d*apparîtions , de fanttaio et d'esprits (Lxr. , Lab.) amnoent toujours^ mène ceux à qui dles font peur; lies visions , les rmsements et les extases (Bcroim.) , disent les mys^ tiques, ne sont eccorûês qu'aux âmes qd itm sont rendues dignes ptr une longue tvitiqas de
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
Tvrmtm. L'artifice a quelquefois employé de fausses apparitions pour tromper des esprits faibles : les fausses risions sont des illusions ou des tiwes de oerveau malades ou échauffes.
ÀppwritUm se dit très-bien de l'objet même qui •e rend eenaibfe à la Tue : prendre quelqu'un pour une apparition (Les.); autrefois les apparîtkms s^enfuyaient le matin au chant du coq (YofLT.). Tmon rappeQe visionnaire; il emporte ^ulfil ndée d'une disposition à croire aux esprits et i des scènes purement fontastiques : un homme incapable de vision (Sév.).
APTAS, amAiTS, CHARMES. Qualités d'une lémme qui font qu'elle plait.
Appas a te plts grand rapport avec appdt , pâture dont OB se sert pour allécher les animaux. A proprement parler , les appas promettent du plaisir; Us excitent le go^t et Tenvie de posséder rahjiet sfn d'en jouir. C'est un terme erotique et lu pea libre , qui est relatif à la beauté matérielle des formes, à celle de la gorge, des bras et de la taiHe. Les mots é'attraits et de charmes n'ont pss ce caractère de sensualité ; ils supposent de la grice autant ou plus que de la beauté ; c*est moins sur les sens que sur l'esprit et sur l'âme qu'une femme fait impression par ses cUtraits et par ses ehormes .
I mon retour d'Argos Je passai dans ces lieux ,
II ce psfge oftit la princesse à mes yeux ; Je vis tons Ici app»t dont elle est revêtue , Mab de l'oeil doat on voit one belle statae t Leur brillante jeunesse observée à loisir
Ne porta dans mon âxae aucun secret désir. Mol.
On dit bien des appas flétris :
n Ivu te narier : vous êtes dans un temps, Où les afpos flétris s'eflacent pour longtemps. Raorv.
En second lieu , quoique les appas , à la rigueur, puissent être naturels, ce mot est plus propre que les deux autres à exprimer quelque chose d'rfflpnmté et de factice , des parures , des ajustements, qui font paraître avec avantage. Cest que V appdt est une pâture , non pas naturelle, mais apprêtée pour une fin. c Les appas d'une coquette. » Gia. « Les dames prennent quelquefois leurs appas sur leur toilette. > In. «Cette belk n'eut pas le temps de lui faire l'honneur de k miner; elle lui tira seulement quelques plumes les premiers jours; mais s'étant aperçu que les appas dont il était épris n'étaient qu'artificiels , il s'en dégoûta , et il en fut quitte pour le vin du marché. » Las. Psyché» portant une boite à Vénus de la pan de Proserpioe , fait la réflexion suivante:
Ce triior de Ivanté divine, Qn'm mes mains ponr Véaus a remis Proseipine, lafanne des ajgpas dont Je puis m'emparer; El l'éclat en doit être extrême.
Puisque Ténus , la beauté méme^ Les 4**^****^* peur se parer. lloa*
Tranlimement enfin ^ et toujours en conséquswe de l'étymologia , te mot d'<^>pot implique lldée d^me espérance trompée, soit que la beauté de la personne sdt ftit iUnsion sans dessein de sa pvtt soit plutôt que la déception résulte d'un piège qu'elle ait tendu Tolontairement. Aglaure , s<nr de Psyché, dit aux princes, amoiireux de telle-ci:
Vous aimei un objet dont tes riaùiS appas Mêleront des chagrins à l'espoir qu'ils vous jettent, El aoB ccur ne vous tiendra pas Tout ce que ses |eus vous prometteDi. Mol.
« Le monde orne' de iisuz appas toutes les créatures qu'il comprend dans son enceinte pour ta • cher de nous surprendre par ce vain éclat. » Boss.
Il semble aussi que le mot &'appas est plus ftde que ses synonymes. Molière y joint souvent les épithétes de célestes et de divins.
On croirait d'abord qu'attraits et charmes ont plus de ressemblance entre eux. On dit des attraits charmants (Mol.) et des charmes attrayants (Id.). On trouve quelquefois l'un et l'autre de ces mots accompagné de celui de gr&ces.
De grâces et à*aitraitt je vois qu'elle est pourvue.
« Déployez sans réserve, pour gagner yotre mère, les grâces éloquentes , les charmes tout-puissants que le ciel a placés dans vos yeux et dans votre bouche. » Id.
Attraits , ce qui attire , ce qui tire à soi , exprime un effet doux et modéré , et comme le pre> mier degré d'intérêt inspiré par un objet aimable. Les attraits nous inclinent. On dit bien de faibles attraits (Mol.),
De mes faibles attraits le roi parut ûrappé.
{Esthâr.) lUc.
Ce Solhnan jeta Dm yeux sur Roxelane , A son trêne , à son lit daigna Tassocier, Sans qu'elle eAl d'autres droiu au rang d'impératrice Qu'un peu à'attraits peut-être et beaucoup d'artifice.
lo.
Les sœurs de Psyché, jalouses de leur cadette, conviennent pourtant que
Elle a quelques attraits^ quelque éclat de jeunesse.
Moit.
Elles s'éerient dans leur dépit :
Quelle fatalité secrète , ' Ma Bour, soumet tout INmivers Aux attrait de notre cadette?
Toutes les dames d'une veix.
Trouvent ses attraits peu de chose. Inw
Chaannes est le pluriel de charme , enchantement. Ce mot marque le plus haut degré de l'impression ; c'est comme le superlatif d'attraits.
Je ne sais quel attrmit et q«el charmé invisible En un instant a pu me rendre si sensible. Rsaif. Sans VattT€Ùt du plaisir, sans ce étarme vainqueur, Qui des lois de Thymeo eût subi l'esclavage? Volt. Ce ne furent qu'ooro/cx, ce ne lUrent que charmes; Sitfit que Je la vis je lui rendis les armes , Un objet si puissant ébranla ma raison. Maxji.
a Alcibiade sentit tout le mérite de Socrate, et ne put résister aux ottrotts et aux charmes de son éloquence douce et insinuante. » Roll. Les char' Vies nous enchantent , nous transportent par une force secrète, mystérieuse, toute-puissante, irrésistible. Si les oUratto nous plaisent et nous font aller doucement vers rob|et, les charmes nous enlèvent; c'est en quelque sorte l'effet d!une vertu occulte et magique. « Si une laide se fiiit aimer, ce ne peut être qu'éperdument, car il Ikut que ce -soit ou par une étrange fall^lesse de son amant ou par de plus secrets et