INTRODUCTION. XLVII
Texemple en essayant de classer les ai^ticlcs de Girard d'après leur analogie on lenr opposition, double point de vue qui peut servir» dit-U» à jeter quelque lu* mière sur les objets qu'on traite. Mais» tout bien considéré, cet ordre ne saurait être suivi à la rigueur : on n'arriverait en s'y conformant qu'à un encbalnement plus ou moins factice et sysiématique. D'abord par quelle famille commenceraiton! Aucune raison bien décisive ne pourrait déterminer en faveur de celle-ci ou de celle-là. Ensuite» après avoir -ordonné de la sorte trois ou quatre familles de synonymes analogues, on n'en trouverait souvent plus qui eussent avec elles de rapport un peu prochain; le fil se romprait alors nécessaire- Qient; de fréquentes solutions de continuité seraient inévitables. Beauzée a senti, mais non pas résolu la difficulté. De tous les articles de Girard celui qa'il place le premier est celui qui vient le premier dans l'ordre alphabétique, et c'est aussi à l'ordre alphabétique qu'il a recours quand il éprouve rembarras de a'avoir plus de ËumUes un peu semblables aux précédentes : il ne cherche point à dissimuler la lacune en établissant des rapports forcés ; il commence une tout autre série de synonymes. Or, puisqu'il faut toujours en revenir à rarbiiraire et à l'accidentel, et que l'appréciation des rapports entre les familles dépendant de la manière de voir de chacun doit être diverse et incertaine, autant vaut s'en tenir invariablement, pour le dassen[>ent des familles, à l'ordre alphabétique. Quand on a eu soin d* énoncer d'abord l'idée générale caractéristique de chaque famille, il y a peu d'inconvénient à tenir séparées celles qui ont entre eUes la plus grande analogie ; car, s'il arrivait à quelqu'un de confondre les tenues appartenant aUx unes et aux autres, il n'aurait, pour se détromper, qu'à oonsnller les définitions initiales des unes et des autres, ce qui est toujours facile» quelque distance qu'on ait mise entre elles.
Maintenant, comme parmi les mots dont se compose chaque famille, il y en a toujours qui commencent par des lettres différentes, dôpendra-t-il entièrement •lu synonymiste, en faisant passer au premier rang celui-ci ou celui-là, de placer la famille entière à telle ou telle lettre? En théorie et à la rigueur ce serait ' loi accorder une trop grande liberté. Tout mot n'est pas également propre à figurer à la tète d'une famille; ce doit être le privilège exclusif de ceux qu'on emploie le plus conununément et qui expriment le genre dont leurs synonymes dé^gnent les espèces ou les variétés : ainsi tous les termes qualificatifs d'un homme qui a une trop grandç ou trop bonne opinion de soi-même doivent former une famille qui aura pour chef orgueilleux^ et non pas présomptueux^ ni votn» ni /Eèr, ni arrogant^ ni tel autre mot que ce soit. Toutefois, cette règle est assez peu importante, et, pour notre part, nous ne l'avons pas toujours Observée. D laul ajouter aussi qu'on aurait souvent bien de la peine à décider lequel de ^enx ou de plusieurs mots synonymes est le plus dépourvu de nuance spéciale, et le plus courant ouïe plus fréquemment usité.
Mais c'est assez parler de méthode par rapport à l'ensemble, il faut maintenant en traiter par rapport aux détails. Après avoir réglé le travail préparatoire et d'organisation qui constitue la première partie de la tâche im-