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DEUXIÈME PARTIE

Uon entre là France, Tltalie et rAllemagne la rendent industrieuse, riche et commerçante. > I)*Al. — D'un autre c6tè , la potiiion étant Teffet d'une action , désigne plutôt quelque chose de Tolontaire , de fait par les hommes ou de précis, c Racine dit toujours ce qu'il doit dire dans ]|i position où il met ses personnages. » Yolt. Un pays est dans telle situation , et sa position est bien ou mal indiquée sur la carte. Vous direz d'une manière générale et yague que telle ville est dans une situation avantageuse ; et, en déterminant davantage , que sa position entre tel et tel pays lui donne la facilité de faire ceci ou cela, c Les croisés arrivèrent tous ensemble à Constantlnople , dont ils admirèrent la grandeur extraordinaire , aussi bien que sa situation avantageuse : elle commande à deui mers , et à voir sa position entre l'Asie et TEurope, elle semble être faite pour les tenir toutes deux dans sa dépendance. » Boss.

ASSISTER , ÊTRE PRÉSENT. Se trouver dans un lieu au moment où il s'y passe quelque chose.

Ces deux expressions ne paraissent pas différer par leurs radicaux : assister , c'est se tenir auprès ou devant, ad stare; être présent, c'est être étant devant , ens prx.

Mais assister est un verbe , et comme tel il exprime un fait ; être présent est une circonlocution adjective , et par conséquent il marque une qualité. Ensuite, en vertu de sa particule initiale ad, assister désigne un fait volontaire : il suppose une certaine activité développée par l'agent. De sorte qu'on assiste quand on se rend exprès dans le lieu pour être présent , et de plus on prend d'ordinaire quelque part à ce à quoi on assiste. Au contraire, quand il arrive à'être présent , c'est sans l'avoir voulu; c'est par hasard qu'on se trouve là; on est regardant , et non pas spectateur. Cette différence est bien marquée dans le passage suivant de Bourdaloué : « Le publicain n'osait porter la vue sur ceux qui étaient présents et qui assistaient à cette prière publique. > Ces personnes étaient présentes par rapport au publicain; elles n'étaient pas venues pour le voir. Mais elles assistaient à la prière , s'étant rendues dans le temple afin d'y prendre part.

On dira donc assister à la messe , à un sermon, à une cérémonie , à une représentation , à des funérailles, à des noces, à une assemblée, parce qu'on y vient tout exprès, et qu'on ne reste pas étranger à ce qui s'y passe. Et c'est souvent par devoir qu'on se rend ainsi présent. On assiste régulièrement (J. J.) ou exactement (Bourd.) au service divin.

Mais on dira être présent à un accident , à un fait qui n'a pu être ni annoncé ni prévu. « Il n'y eut jamais de mort si prompte que celle de M. de Paris. Mme de Lesdiguières a été présente à ce specUcIe. > Sàv. c U. de Beauvilliers avait été présetU à ce qui venait de se passer. > S. S. « rétais présent lorsque la chose arriva. > Acad. « Je fus présent à cette conversation : je l'ai fidèlement recueillie. > Volt. « La peinture de ce mi- ' racle faite par l'évangéliste est si sensible , que ' nous croyons en le lisant y être présents nousmêmes. » BoURD.

Assister , c'est se rendre présent en un lieu pou; prendre part à ce qui s'y fait. T être présent, c'est s'y trouver , quand quelque chose s'y passe. Un simple témoin a été présent à ce qu'il rapporte ; il n'y a pas assisté. Ordinairement , quand une opération chirurgicale a lieu , il y a des personnes qui y assistent , savoir celles qui assiste^ l'opérateur, qui y sont venues pour cela, ses aides « et d'autres qui y sotil présentes, savoir celles qui se trouvant là voient ce qui y arrive.

Puisque les faits auxquels on assiste supposent qu'on est venu exprès dans le lieu où ils se produisent , ils sont de ceux qui sont réglés et déterminés d'avance, comme une réunion, une cérémonie, des jeux; mais ceux auxquels le hasard veut qu'on soit présent peuvent être d'une tout autre nature. Cicèron dit à Catilina : « Tu ne tiens point de conseils si secrets que je n'en sois averti ; j*y assiste; je suis présent jusqu'à tes pensées. » Virt.

ASSOCIEE , AGRÉGER. Mettre de compagnie.

Associer , ad sociare , c'est donner pour compagnon ou pour allié {socius) , faire entrer en société. Agréger, ag^/regare , c'est joindre à la troupe, au troupeau {grès , gregis).

On associe à beaucoup de choses , à l'empire (Boss., Siv.), aux mystères (Volt.), à sa ulle (Labr.), à des travaux (Lss., d'Al.), à une entreprise (AciJ).), à un commerce (In.)-, la grice nous cusocte à la nature divine (Dourd.) On associe aussi à un seul homme : Ulysse marcha contre Polyphème avec les quatre hommes que le sort lui avait associés (Fèn.). « Pour faire cet examen, on m^assoda M. de Ch&lons. > Boss. Mais on agrège seulement à un corps eu i un ordre. « Pline dédia son ouvrage à Tite, alors presque associé à l'empire par Yespasien son père.... Pline avait été agrégé dans le collège des augures. > BOLL.

Associer se prend aussi dans cette acception étroite , sans pourtant équivaloir tout à Ait à son synonyme,

V associé contribue à former le corps; V agrégé est joint au corps. — « Dieu assoda les gentils et les juifs dans la même créance. > Boukd. « Jésus-Christ appela les gentils pour les agri^ à son peuple. > Boss. — « Nous devons nou> aimer en hommes fidèles, associés dans un même corps de religion. » Boord. « Par le baptême, nous avons éxé agrégés au corps de l'Église. > Is- — On est associé en corps , et agrégé à un corps.

Entre Vassocié et le corps il y a fusion, union intime , coopération : entre Vagregé et le corps il n'y a qu'adjonction. L'o^soct^ est incorporé, et Vagrégé attaché. Tous les associés des jésuites faisaient partie de leur ordre; mais ils araient aussi des agrégés de tous états, même mariés. qui faisaient les mêmes vœux en tout ce que leur état pouvait permettre, et on prétend que Louis XIV, grâce à son confesseur, le père Te!lier, eut l'idée de se faire agréger ainsi dao cette compagnie (S. S.). De même, dans l'institut pythagoricien, les associés, ceux qui composaieni proprement ra«focta<ton , étaient les membres ordinaires. Mais , de plus , des externes , homffle> et femmes, étaient agrégés aux diflërentes mti*

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

Km, et y Tenaient de temps en temps prendre paît iox eiercices; sans compter des affiliés, c'est-à-dire des hommes Tertueuz , la plupart étahlîs en des endroits éloignés , s'intéressant seulennit aux progrès de Tordre, se pénétrant de son esprit et pratiquant la règle (Barth.). Les physiciens appellent agrigiiU ou même agrégét des unas , des assemblages de particules entre lesqueUes il n*y a rien de commun , si ce n'est qu'elles adhèrent les unes aux autres. Dans TUni- Tersité, les agrégéi tiennent ou appartiennent an corps enseignant , mais ils n'enseignent pas encore.

lyailleiDs, des deux Verbes ofsoetare et oi^regare le second est le seul qui se soit dit en latin dans ce sens. C'est pourquoi dans notre langue il se rapporte pIntAt à des corps savants. « Des troupes de prosélytes viennent en foule pour être açréfét dans Técole de Jésus-Christ. > Bonanc VoQs Toili agréffé au nombre des bons auteurs ; TOtR iirre m'a paru très-bien fait, très-commode et très-utile. » Volt. \ Les deux Cassini furent l'on et l'autre agrégés aux plus célèbres académies. « S. S. «A quelle secte agrégerontnoQs l'homme de la. nature? » J. J. c On a fait injure à Machiavel en agrégeant à^son école nos docteurs révolutionnaires, s Lab. «A Genève, les avocats, les notaires, les médecins, forment des corps auxquels on n'est agrégé qu'après des examens pablics. > D*Al. Mais en langage comonn on dira qu'on est associé à une confrérie (Boss.); que la grftce dans le baptême nous a assodés à l'assemblée des saints (Mass.) ; qu' Aratas associa sa patrie à la ligue des Achéens (Com>.),«tc.

A55UMR, AFFERMIR, CONSOLIDER, ABRÉ- TEK,FIXBR, ATTACHER. Mettre quelque chose dans on état de stabilité.

On smire ce qu'on met en sûreté , ce qu'on gaTiotit, ce qu'on préserve; on affermit ce qu'on RDd féme , inébranlable -, on consolide ce qu'on Kod toiide , indestructible ; on arrête ce dont on empêche le m<fuvement; on fixe ce qu'on arrête ionriablement , à demeure ; on attache ce qu'on rend stable en le liant ou en le joignant à autre chose.

ismrer est le seul de ces verbes qui soit relatif à des attaques possibles et qui en marque rinntilité. Ce qui est assuré , n'est point exposé, n'a rien i craindre , ne périclite point. Aussi dît-on osnirer contre , tandis que les autres verbes qui suivent s'emploient simplement ou avec one autre préposition. «Alexandre ne partit qu'après avoir assuré la Macédoine contre les peuples barbares qui en étaient voisins.... Après la bataille d'Issus , il laisse fuir Darius , et ne s'occupe qu'à affermir et i régler ses conquêtes. > Montbsq. On ottiure ce qu'on met à l'abri de certains accidents ou de certains risques; on affermit ce qu'OQ assoit sur de bons fondements. Un génénl assure sa position ou les derrières de Tannée ; il affermit la discipline et le courage des troupes. La foi asture la raison de l'homme contre le mensonge et Terreur (Bourd.); Tamour -propre ^om affermit dans nos sentiments (Labb.). La grâce nous osf ure contre les tentations , et nous

STl. FmAVÇ.

affermit, dans les saintes dispositions où nous pouvons être de fuir le péché (Bodrd.).

Affermir et consolider diflièrent en ce qu'a/fermtr suppose plutôt une chose simple , et consola der une chose composée ; affermir une muraille, consolider un édifice ; affermir une Ame , consolider une alliance. Ce qui chancelle a besoin d'être affermi; ce qui est rompu , désuni , on ce qui tend à se rompre , à se désunir , a besoin d'être consolidé.

Arrêter se dit des choses en mouvement; il en est de même de fixer : on arrête et on fixe une persienne en empêchant qu'elle ne soit agitée par le vent.

Mais on arrêté celle dont on arrête le mouvement , celle qui a été effectivement agitée , et dont on fait cesser seulement Tagitation actuelle; an lieu qu'on fixe celle qui pourrait être mise en mouvement, et dont on prévient toute espèce d'agitation. En sorte que fixer revient i arrêter d'une manière invariable et par conséquent forte. Qui arrête sa vue sur un objet ne Tétend pas plus loin ou au delà; qui la fixe l'arrête précisément , fortement , sans lui permettre aucun écart « Notre cœur nous échappe à cha* que instant; rien ne Torr^, rien ne le fixe, » Mass.

Attacher une chose , c'est la faire tenir à une autre, au moyen d'une attache, d'un lien ou d'autre chose semblable : attacher les voiles au m&t; le lierre n'attache à l'ormeau. Ce qui arrête nos regards nous intéresse; ce qui les fixe nous intéresse vivement, uniquement, nous passionne; ce qui les attache nous captive , nous enchaîne , nous ne pouvons les en détacher , les en séparer.

ATTACHEMENT , DÉVOUEMENT. On a de Vattachement et du d^oi«emen( pour un homme ou pour un parti auquel on s'est lié par un engagement volontaire. «Le prince de Condé fût un modèle de Vattachement et du dévouement qui sont dus au roi. » Bouan.

Vattachement est un engagement de cœur qui a ses degrés , et c'est pourquoi ce mot est synonyme d'amtttV et à*affection. Le dévouements* est point un fait de sensibilité , et ce qui le caract^ rise, c'est d'abord la plénitude des dispositions qu'il exprime : le dévouement est une sorte d'abandonnement et de servitude. Quand on est at' taché y on tient beaucoup à la personne, on ne s'en détache pas aisément; quand on est dévoué, on ne s'appartient plus , on s'est donné sans réserve.

En second lieu , Vattachement a plutôt rapport à Tintérêt qu'on prend à la personne ou au parti , et à la difficulté de nous en détourner. Le 'dévouement en a davantage aux services qu'on est prêt à lui rendre: « Ce ne sont que protestations de services et d'un dévouement sans réserve. > BouRD. Je vous suis attaché: je m'intéresse k tout ce qui vous touche, je me range de votre parti , et rien ne saurait m'en éloigner. Je vous suis dévoué : je suis votre serviteur , votre esclave ',je me suis obligé comme par des vœux et une consécration à faire tout ce qu'il vous plaira».

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