‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 245 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Informer, c'est avertir oui donner avis d'une manière formelle , comme on le fait devant la jusr tice; c'est rendre compte à qui de droit. On informe proprement les juges (Agad.), le prince (J. J. , Lbs. , CoND.) , un ministre (J. J. , Lab.) , un père (Mol.), un maître (Id.). Quelquefois, au contraire , Yinformation est une communication de l'autorité aux subordonnés, d*un roi à %es sujets (CoND.) , d'un ministre à un ambassadeur (S. S.), etc. Dans tous les cas, tn/brmer a cela de très-distinct qu'il suppose entre les deux personnes doBt al s'agit une relation hiérarchique.

D'ailleurs, informer dit quelque chose de moins succinct : c'est faire un rapport exact qui met au fait de toutes les circonstances , comme U convient en administration et à l'égard de l'autorité. On donne avis en peu de mots, par dépêche électrique , c'est une simple nouvelle ; nuds un général , après avoir usé peut-être de ce moyen pour donner avis d'une victoire à son souverain, écrit ensuite , pour l'en informer, une sorte de mémoire où toute l'action est exposée jivec détail. « Du fond de son palais Déjoce voyait tout ce qui se passait dans ses Ëtats par le moyen de ses émissaires, qui lui rendaient compte et Vinformaient de tout, y RoLL. « Ils firent partir Pinto avec toutes les instructions nécessaires pour informer le roi du plan et des moyens de l'exécution. » Tbrt. c La lettre où madame Guyon m'tn/brma de cette démarche explique amplement toutes les raisons qui l'avaient portée à se soumettre. » Boss. « J'allai voir le licencié don Prosper, pour Vinformer de ce qui s'était passé. Je voulus lui détâdller la manœuvre que le jeune don Louis avait employée pour me faire chasser de chez lui. » Lb8.

AVERTISSEMENT , AVIS, — CONSEIL. Instruction donnée à quelqu'un pour le diriger dans sa conduite.

Le mot conseil se distingue nettement des deux autres. Il suppose d'abord que l'auteur du conseil est consulté, et qu'il aide de ses lumières un homme qui , ne sachant quel parti prendre dans une affaire , en délibère avec lui [conseil , de eum avec , ensemble). « Il y en a qui consultent pour être trompés , qui ne trouvent de bons conseils que ceux qui les flattent. » Boss. Mais Vavertissement et Vavis ne sont ni demandés ni attendus ; on les donne de son propre mouvement , ainsi que l'indique l'expression donneur d^avis. C'est pour cela qu'on dit , d'une part , prendre ou demander conseil , aider quelqu'un de ses conseils , un conseil bon ou sage, homme de bon conseil; et , d'autre part , recevoir ou écouter des avertissements et des axis avec douceur , en profiter ou bien y être sourd. Les avertissements et les avis sont essentiellement charitables. Le prédicateur ne donne pas des conseils^ mais des avertiuements (Boss.) et des avis (Bourd.) On prenait autrefois les songes , non pas pour des conseils , mais pour des avertissements (FAh.) , ou pour des avis (Volt.) du ciel. Un chimiste entreprend de lui-même, sans y être invité, de publier, non pas des conseils, mats des avertiuements et des avis (J. J.) sur le danger qu'il y a à se servir dans les cuisines d'ustensiles de cuivre. On appelle avertisse-

ments et avis, mais non conseils , les courtes préfaces de certains livres et les annonces faites au public par une autorité quelconque, a Cornélius, l'un des commissaires (romains) en Macédoine, s'était rendu auprès de Philippe ; et après sToir terminé les autres affaires avec ce prince, il loi demanda s'il était d'humeur à écouter un conseil utile et salutaire.... U l'exhorta à envoyer des ambassadeurs i Rome pour convertir le traité de paix en un traité d'alliance et d'amitié. Philippe trouva Vavis fort sage. » Roll.

En second lieu , non-seulement les avertimments et les avis sont des témoignages tout spontanés de l'intérêt qn'on veut bien prendre à ce qui nous touche , mais ce qu'ils ont pour bat de nous apprendre , ce sont des dangers ou des défauts qu'il nous importe d'éviter. Ils viennent d'un homme plus avisé que nous, qui voit mieux que nous par rapport aux maux qui nous attendent et aux vices que nous avons contractés, et qui prend la liberté de nous en instruire. Les conseils n'ont pas plu^ ce second caractère que le premier; ce ne sont ni des préservatifs ni des correctifs. Ils nous tirent d'incertitude en nous ùiontrant la voie où nous devons nous engager , et non pas celle où nous avons le malheur ou le tort de noua trouver. Alcibiade , voyant les Athéniens dans une mauvaise position à JBgos-Potamos , voulut les sauver par ses averiissemenU ou ses avis (FiCh.). Mais ce sont des conseils que demande et que reçoit Sganarelle dans l'imovr médecin y relativement au moyen de guérir la mélancolie bien connue de sa fille. « Vous êtes orfèvre , monsieur Josse , et votre conseil sent son homme qui a envie de se défaire de sa marchandise. » Mol.

Quant à la différence de YaMriissement et de Vavis , elle est la même , soit qu'il s'agisse de dangers, de maux, d'inconvénients, soit quil soit question de défauts. Vavertiesement , deadvertere, tourner vers, faire faire attention à, est moins précis , moins décisif; il laisse une part à la réflexion de celui auquel il s'adresse. C'est, en fait de dangers , une invitation à prendre garde à quelque chose de menaçant ; au lieu que l'ovû signale un danger ou un mal certain, c Je Tondrais que les avertiuements publics des philosophes réveillassent les peuples sur les dangers de toute espèce auxquels leur imprudence les apose.... Les sages avis des chimistes n'ont encore fait que peu de progrès et n'ont proscrit le cuine que de peu de cuisines. » J. J. « Sans les overtûsements de l'abbé de Saint- Pierre , les barbaries de la taille arbitraire ne seraient peut-être jamais abolies en France. Sans les avis de Locke , le désordre public dans les monnaies n'eût point été réparé à Londres. > Volt. Il ne faut négliger ni Vavertiuement ni l'avis; mais il faut propre ment faire attention k.Y avertissement, et se rendre à Va/ois, V avertissement d'un percepteur vous invite à payer en vous laissant une certaine latitude ; Vavis de votre correspondant vous prérient qu'il faudra payer, c'est une décision toute prise sans vous , vous n'avez rien à y voir.

Lorsque Y avertissement et Yavis sont opposés à la flatterie et font connaître des défauts à cor-

SYNONYMES k ftADifiAUX DIVERS.

nger,raffrftftemeiil a plus de doueear et de méatlgesÊenly c'est un appel à la réflexion et à la l^mdenoe; il nous £iit rentrer en nous-mêmes. • A Tèg^é de la femme adultère , J. C. cliange t^nte la rigueur de la peine en un simple avertîMttwtaU de ne pécher plus. » Boss. « Les meil- Itmis princes sont incapables de porter les avertimumeHU les plus mesurés de leurs plus affidés p^nonnages. » S. S. « Les averftstemento sentent nvoiiis rantorité d'un maître que la bonté d'un a0ni. > RoLL. Vavis est plus net , plus sec , plus Bsagistcal, plus impératif ; c'est une leçon qu'on nflOQs fait. « Les discours sacrés sont pleins d'avû paressants. «Boss. « Si Totre enfant choisit mal son èr:lat, TOUS pouvez le redresser par de sages a/où. S^'û ne les écouta pas , tous pouTex y igouter le e^mimandejDent. > Bouan. « Je pourrais tous donner lotant de leçons que tous STez Csit de remaïques, mais je me contenterai de tous donner €0 fôiéral l'avif d'étudier et de tous repentÉr. > Volt.

II f a des personnes assez imprudentes pour n'écouter pas les avefiisâementi , et d'autres assez saseeptibles pour s'offenser des avis.

Déplus, anerîisMemeni marque le fkit, l'action d'avertir: rarerttjrfmenl a lieu de telle ou telle manière, et apprend on recommande telle ou telle chose particulière. Hais avis exprime l'effet: YaciSf inspiré par tel ou tel sentiment, est bon ou mauTsis, on le suit ou on n'en tient nul compte, c Certains détracteurs du culte rendu à KarieMit publié leurs plaintes sous forme d'ovei^ tùteniMts donnés par Marie elle-même à ses dé- Tots indiserets. Nous qui voulons que notre dévotion soit prudente , qu'elle soit solide , profitons éê ces smt : pour peu qu'ils soient fondés , édifions-noos^n. » Bourd. «Les traîtres tirèrent une balle de plomb , où l'on trouva cet averfisremenf : demain, à une telle heure, l'infanterie tombera sur vos travaux.... Sur un pareil ovif , le conroi fat enlevé. » Roll.

Enfin, Yavertissement n'étant qu'un sujet de ré fieiioo , quelque chose qui nous rappelle à noussnfanes , peut n'être pas donné par une personne , mais par une chose. La douleur corporelle est un arertûsemenl d'une situation fâcheuse pour notre santé. « Sentir , à chaque péché qu'on conuiet , un avertissement et un désir intérieur <le l'en abstenir. » Pasc. c Quand nous avons la atain blessée , nous y ressentons de la douleur , Ccst un avertissement que la blessure qui cause àe U douleur est dans la main. > Fén.

AVEC, CONFESSION. Action par laquelle on receunatt avoir fait certains actes , éprouvé certains sentiments.

IJatw est particulièrement la déclaration faite ^Wtotiin tribunal de ce dont on est accusé; et la coii^sridfi, la déclaration à un ministre de Dieu des fîautes qu'on a commises. « Saint Ambroise dit que le grand Théodose prenait quelquefois plaisir à juger lui-même les criminels d'Etat, et qu'après les avoir convaincus et forcés dTatovcrleur crime..., il les renvoyait sans chftttmeot. Telle est la conduite de Dieu envers nous. Il ae veut pas nous faire périr, mais il veut sen-

nw. nuuiG.

lement avoir sur nous gain de cause. Or il l'a par notre confession. » Bourd.

Plus généralement , l'aveu consiste à convenir , à tomber d'accord, à ne pas nier; il suppose qu'on est interrogé, sollicité, pressé; souvent il est forcé, on nous l'arrache, c Ce malheureux étant interrogé a/voua qu'il avait pris quelques plats d'étain à vos pères. • Pasc. Le grand prêtre commande à J. C. de déclarer s'il est en effet le Christ, et, ayant tiré de lui cet aveu, il l'accuse de blasphème. • Boaan. c On le tournera de telle façon , qu'on lui arrachera un aveu fiT c Jugeons de la force de cette idée p2f VaH qu'cîle arrache de nous contee nous-mêmes.» ¥±jx. « On ne put m'arracher l'aveu qu'on exigeait. » J. J. La confession , au contraire , est volontaire, libre, c'est une révélation faite de notre propre mouvement , une action par laquelle nous nous accusons nous-mêmes. « Saint Augustin , qui a si bien distingué l'âme et le corps, confesse qu'il a été longtemps sans pouvoir reconnaître leur différence. » Mal. c Héradide faisait la cour à Dion, confessait les obligations qu'il lui avait.» Roll. c Thérèse s'aperçut que J'avais quelque reproche à me faire ; j'en allégeai le poids par une franche et prompte confession, » J. J. « Gonzalez , ma dit le grand inquisiteur, votre procès est fini , et vous allez sortir de prison tout à l'heure ; mais il faut auparavant que vous confessiex que vous êtes coupable. — Qui? moi? interrompis-je assez brusquement Je n'avouerat Jamais cela. » Lis

Toutefois la confession peut être aussi arrachée ; mais c'est j>ar la conscience , et non par les prières ou les menaces des autres hommes. « Est-il probable qu'ils ^ent avoué qu'ils étaient des fripons , si le trouble et le remords ne leur avalent pas arraché cette confession de leur crime? Et quand ils disent ensuite qu'ils n'ont fait cet aveu chez le premier juge que parce qu'on leur avait donné précédemment un coup de poing chez un procureur , cette excuse vous parait-elle raisonnable ou id)surde ? » Volt.

D'un autre côté, on avoue toutes sortes de choses; au lieu qu'on ne confesse que des choses moralement blâmables, des choses dont on rougit, telles que des torts, des offenses, des fautes, des faiblesses, c La confession est l'aveu d'une offense commise. » Boord. c Ce culte consiste dans une protestation actuelle que je fais à Dieu de ma dépendance, dans un aveu respectueux de ma misère et d$ ma bassesse, et, si je suis pécheur, dans une confession humble et sincère de mon péché. » In. c Je ne puis vous cacher combien votre prompte et sincère confession m'a touché ; car Je sens combien vous a coûté la honte de cet aveu. » J. J. — C'est sans honte et sans peine que Jésus avoue qu*il est le Christ; mais dans l'i vare , Harpagon dit à Valère : « Approche , viens confesser l'action la plus noire, l'attentat le plus horrible qui jamais ait été commis. > Mol. Et dans George Dandin, Angélique dit à son mari ; c Oui , je confesse que j'ai tort et que vous avez si^et de TOUS plaindre. » In. — Dans Tanerède, Aménalde anoue avec orgueil et sans le moindre repentir avoir écrit et envoyé le billet qui Tac-

DEUXIÊVB PARTIE :

cuse de trahison (Tolt.); nais dans U Misan-'

thrope» Célimène dit à Alceste :

J*ai tort, J0 le eonfette^ et mon Ime confuse

Ne cherche à toui pajer d'ancune yaine excnae-

Page 1