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DEUXIÈME PARTIE

GerUin lèglsliteiir donl la plume téconde Fit tant de Ttint projels pour le bien de ee inonde , Et qai depaii trente ani écrit ponr des infrtls , Vient de créer un mot ^ manque à Yaugelas : Ce mot est biên/aismct. Volt.

L'usage a préféré lienfaitanu à hénéfUence (latin bmeficentia) , qui n'a été employé que rarement par deux ou trois écrivains. « Dieu, en créant rhomme , lui a donné , par un effet de sa bonté , ou, si Ton peut s'exprimer ainsi, de la hénéfi' cenee essentielle à l'Etre souverainement par&it, l'usage des biens que la terre produit. » D'Ao. « Daignez, monsieur le maréchal, vous dire quelquefois : il y a un solitaire qui s'intéresse à moi, qui s'attendrit au bruit de ma hinéfieeneê. » J. J.

3* Douceur, mantuéiude. Qualité qui nous rend sociables, qui fait qu'on se plaît à vivre avec nous.

Le mot de douceur est objectif, il fait penser aux effets extérieurs de cette qualité; mansuétude est subjectif, il désigne cette qualité dans TAme, comme un attribut de l'Ame : on ne dit pas la mansuétude comme on dit la douceur du visage, des paroles, des manières. — Douceur s'emploie plutôt pour caractériser une action spéciale, et mansuétude pour exprimer l'habitude de la douceur, un état constant : la douceur attire les cœurs, la mansuétude les conserve. — La douceur est plus tendre, plus vive; la mansuétude plus élevée et plus ferme, c'est une vertu. — C'est par ce dernier trait que la mansuétude diffère de la hénignité et de la débonnaireté. Comme celles-ci , la mansuétude a un caractère de plénitude et de constance, et, comme la débonnaireté, elle suppose de la patience, de la longanimité, liais on est bénin et débonnaire par laisser aller, par une insouciance naturelle ; on ne se maintient dans la mansuétude qu'avec effort, qu'en réprimant continuellement son humeur et des mouvements de colère. D'ailleurs, la bénignité et la débonnaireté sont inépuisables; rien ne peut les empêcher d'être bonnes, de vouloir et de faire du bien : la mansuétude est inaltérable , rien ne peut l'empêcher d'être douce, traitable, gracieuse. — Mansuétude ne se dit guère qu'en termes de dévotion, mansuétude pastorale, sacerdotale (Mass.); ce fonds de mansuétude si convenable au ministère sacré (Id.); cette douceur et cette mafi«u^(ude à laquelle seule fttt promise la possession étemelle de la terre des vivants (lo.). U ne convient pas moins dans le langage ordinaire. « Il est étonnant qu'une douceur si grande, qu'une si sublime vertu anime généralement tous mes ennemis , sans qu'un seul démente un moment cette universelle mansuétuéie. • J. J.

3* Humanité^ philanthropie, charité. Principes d'action moraux, généraux et réfléchis, qui nous portent à nous intéresser au sort des autres hommes , à les aider , à les secourir.

yhumanUé et la philanthropie conviennent mieux an philosophe ; elles nous font considérer tous les hommes conune nos semblables, confoi^ mément à cette maxime : Je suis homme , rien de ce qui est de l'homme ne m'est étranger. La charité n'appartient qu'au chrétien; elle nous fait

voir dans les autres hommes autant de frères, H sa maxime est : aimer Dieu de tout son cour tt son prochain comme soi-même. C'est par sympathie, par estime et par respect pour U nature humaine , c'est en se mettant en esprit à la place d'autres honuies , qui sont autant que nous , qui nous sommes humains et philanthropes; c'est pir religion que nous sommes charitables.

Du leste, la philanthropie diffère aussi de Vhumanité. Elle suppose des maux à venir dont l'esprit seul est frappé et qu'il s'agit de prévenir, au lieu que l'humanité s'applique àdei maux présents dont l'Ame est touchée et qu'elk épargne ou soulage. La phUanithropie est toute théorique, toute en projets; le cœur y s pea de part : V humanité est toute pratique; U y entre beaucoup de sensibilité; eUê a pour contraire l'inhumanité, la barbarie. Un pubficiite, un législateur, un philosophe, cherchant les moyens d'être utiles aux hommes , d'améliorer certaines conditions , de supprimer U traite, d'abolir l'esclavage, d'introduire la ciTiliaation dans des contrées barbares ou sauvages , font œuvre de philanthropie i un général qui s'est rendu maître d'une ville est humain , quand il ordonne de respecter les habitants et leurs propriétés.

« La philanUuropie est une vertu douce, patiente et désintéressée , qui supporte le mal sans l'approuver. Elle attend les hommes; elle oe donne rien A son goût ni A sa commodité. ■ (Socrate A Timon). Féh. c Saurin a fait de Spartacus un héros philosophe , un homme qui n*a d'autre passion que l'amour de Yhumanité, d'antre ambition que celle d'affranchir les peuples de La tyrannie des Romains : tout son rôle est une suite de maximes de philanthropie et d'exemples de vertu. 9 Lab. — « Les nôtres furent touchés du spectacle de tant de malades et de mourants. Le duc de Guise en prit autant de soin qu'il eût fait de ses propres soldats, et il fit autant louer son humanité qu'il avait fait admirer sa valeur.» Boss. c Je n'ai Jamais vu couler les larmes de personne sans en être attendri : je sens de rAwmanité pour les malheureux , conmie s'il n'y avait qu'eux qui fussent hommes. » Hoiitesq.

Ne cache point tes pleurs : cesse de t>n défendre; C'est de Vhumaniié la marque la plus tendre : Malheur aux cœurs ingrats, et nés pour les forfûts, Que les douleurs d'autrul n'ont aUendris jamais.

VotT.

4* Sensibilité, tendresse. Aptitude du cœur à prendre des affections relatives et favorables i autrui.

On est sensible, mais non pas tendre^ A quelque chose, c On assiste les pauvres, parce que naturellement on est sensible aux misères d'autrui et qu'on a le coeur tendre et. affectueux. » Boau). Par elle-même , la sensibilité est passive : c'est une susceptibilité, une capacité d'être ému; il faut une occasion , un événement qui la provoque. La tendreue est active par elle-même; c'est ime facilité A aimer; elle se développe spontanément. On est sensiblement touché ; on aime tendremest. La sensibilité nous fait compatir aux nuux d'aa< trui et sentir le prix d'un bienfait; elle ouvre k ■ cœur A la clémence, A la miséricorde, Alareooo-

STlfOimiES À RADICAUX DIVERS.

naiiiance, à tous les aentisieoti qui sont comme des réactioDs de notre âme, qui U portent à Tonloir et à faire du bien aux autres hommes. A la iindregMe se rapportent l'amour et toutes les antres affections, celles de la famille principalement, qui ont leur germe et leur principe dans le coeur lui-même , et par lesquelles nous aspirons i piaire aux autres, à nous unir à eux, à Tirre afec eux et en eux.

D'ordinaire , la sentibiKté mène à la tendresses nous ne tardons guère à aimer d'affection ceux qui nous ont touchés. Et la tendresse se trouve rarement tans la sensibilité ; comment ne pas partager les maux de ceux qu'on aime 7 Cependant , à la rigueur, on peut être senstMe en même tempe que firoid et inexpansif , et tendre en même temps qu'égoïste et impitoyable.

Quand il s'agit d'aimer, sensiJnlité exprime un amour reçu , une attache , et tendresse un amour con^n, un attachement. Le cœur sensible se laisse toucher, attirer, captiver ; le coeur tendre se porte de lui-même vers une personne ; ce n'est point un retour , une reconnaissance , et comme une réaction, mais l'effet d'une sympathie spontinée qui renferme en elle-même sa raison. « En 167S, Vme de La Yallière enabrassa la ressource des Imes tendres, auxquelles il faut des sentiments Tib et profonds qui les subjuguent. Elle emt une Dieu seul pouvait succéder dans son cœur a &ml amant. Sa conversion Ait aussi célèbre que sa fendresM.... Toute la cour était occupée d'intrigues d'amour. Louvois même était sensible, lui dont le caractère dur semblait si peu tût pour l'amour. » Volt. Dans folyeuete , Pauline aime Sévère par tendresse^ et Polyeucte par MiiMil/fls.).

BMD, COUS, RITE, RIYA6B, La partie , l'endroit de ia terre où des eaux viennent aboutir et loadier.

Bord, latin ora, grec (poc, borne, est le terme le

^lus général: il se dit même en parlant d'autres

choses que la terre et l'eau : le bord d'un vase ,

le bord d'un précipice, le bord des lèvres. Son

idée propre et caractéristique dans tous les cas et

spécialement quand on le prend dans le même

sens que les trois mots qui l'accompagnent ici ,

ei'est que le bord borde, Mt bordure, borne, et

par suite contient , empêche de déborder, d'aller

ou de se répandre au del& , de s'extravaser. Cette

Quance se trouve très*bira indiquée dans les

exemples suivants. « Dieu marqua des bornes à

^ mer...; et quelque agités que paraissent les

^ts, dès qu'ils approchent du bord, la défense

^de Dieu les tient en respect. » Roll.

Sor les rives d'Argos , prés de ces honU arides , ^ la mer vient iHiser ses flots impérieux. ...

J. B. Roijss.

* Cl n'est pas s'opposer à un fleuve que de relever ^hofdsdt part et d'autre, de peur qu'il ne se ^rde, et ne perde ses eaux dans la campagne. 9 Boss. « On doit regarder les collines et les ii^Qtagnes du fond de U mer comme les 5ordf W contiennent et qui dirigent les courants. » ^fr. c Les bords qui contiennent les ruisseaux, '^ rivières et toutes les eaux courantes forment "^tijours des angles alternativement opposés. » In.

Mais le ^ord n'est pas seulement une barrière pour l'eau qu'il enferme , c'en est une aussi pour les personnes qui sont an delà.

On du même

Qa*il (Thésée) a vu le Gocjte et lei rîvagâs sombres, Et s'est montré rivant aux Infernales ombres ; Mais qu'il n'a pu sortir de ce triste séjour, Et repasser les bords qu*on paise sans retour. Râc. On ne voit point deux rois le rivage des mnrt«, Seigneur : irâlsque Thésée a vu les sombres bords , En vain vous espères qu'un Pieu vous le renvoie.

ID

« J'étais comme un homme qui nage dans une rivière profonde et rapide : si les bords sont escar* pés , et s'il ne peut se reposer sur le rivage, il se lasse enfin peu à peu. • Féh. ^ Bord a encore cela de particulier qu'il exprime la plus grande proximité par rapport à la chose que le bord termine. Etro sur le bord du précipice, c'est être sur le point d'y tomber. Être sur le bord de la mer, c'est n'en être séparé par rien. « Calypso va chercher Ulysse. Il était sur le bord de la mer... ; il regardait sans cesse la mer, assis sur quelque rocher. » Fin. Aussi l'influence de l'eau se liait sentir sur son bord. Des bords riants , ou fleuris , le sont à cause du voisinage de l'eau.

Tel en un secret vallon , Sur le bord d'une onde pure , Croit à l'abri de l'aquilon, Un Jeune Us, l'amour de la nature. Râc.

Une plante qui ne vient que sur les bords de la mer (Acad.) ne trouve pas, loin de la mer, les conditions nécessaires à sa croissance.

Côte est le seul de ces mots qui ne se dise que de la mer. Aussi est-ce un terme presque consacré de marine et de géographie. De plus , on considère la côte ou les côtes de dessus la mer. C'est comme nous disons aujourd'hui le littoral , c'est' à-dire la partie de la terre qu'on découvre étant en mer, que gagnent ou que côtoient les vaisseaux, dont s'approchent les poissons (Roll.), contre laquelle agissent les eaux de la mer avec plus ou moins de violence (Buff.). Les côtes sont abordables ou bien inaccessibles et pleines d'écueils. On les défend contre toutes les atti^ques qui peuvent venir du côté de la mer, contre la fureur des flots, contre les pirates, contre les surprises et les descentes d'un ennemi. 11 y a des pays dont on ne connaît que les côtes, c'est-è-dire ce qu'on en peut apercevoir de la mer : les côtes d'Afrique , la côte de Guinée.

Bord et côte emportent l'idée d'élévation : le bord et la côte sont plus ou moins escarpés. Car, d'une part , le bord ne peut pas contenir l'eau sans la surmonter, comme la bordure le tableau qu'elle encadre, et, de l'autro, côte et coteau, dans une autre acception , désignent le penchant d'une montagne ou d'une colline. Au contraire , la rtee et le rivage, du latin rtvus, ruisseau, formé du grec ^<m, couler, sont plutôt plats, comme le sont d'ordinaire les extx^mités de la terre baignées par les ruisseaux , les rivières , et toutes les eaux courantes en général : la rive et le rivage vont , s'étendent en pente douce jusqu'à l'eau, et celle-ci les couvre quand elle déborde. C'en est aasex pour distinguer la rive et le rivage du bord , qui d'ailleurs se conçoit toujours comme

i)fifJXIfillB PARTIE

un contenant ^ «miiDe une digne et oomme une barrière. -* Une difiérenoe jdus grande encore sépare la rive et le rimiife de la ùôie. Outre ipi'ila ne se disent pas toujours par rapport à la mer , oomne o^le, lie denmndeot qu'on ee place en esprit dti côté de ia ferre pour deaeemlK eers l'eau -, au lieu que cdie porte la pensée de la mer à la terre. Un vaisseau quitte le rivage et se dirige vers telle côte, • Voyez Virgile représentant les navires troyene qui quittent le rivage d'Afrique , ' ou qui arrivent sur la côte d'Italie, v Fân.^ « Nous nous éioîgaflanea de l'île de Crète ; tous lea nvor fer disparaissaient; les oUes du Pèlcqponàee mbiblaients'aTancer danak jner peur venir au<4ev«nl de nous. » In. Un vaisseau anâve sur une cdte, et pour reoeroir les pasoegers on couciàlajmvetiu au rivage*

Quoi! vous eiesiioi quand Sithridsleavrièe^C^e mer), Quand, pour lerecevelr, elMMun eonri m» larûv/

Uac

Dana ki Jfort de Pompée , Acharée, qui a vaulu voir d^arquer ks aseassiaa de ee hères » dit à Gléqpfttire :

ttadnue, j'ai coumpirTotM oidnairWf^gv.CoBif.

Quant à la différence de rive et ée^rivage, Toy. repartie, p. 181.

BOUCLIER , REMPAKT. Ces xnots au figuré désignent quelque chose qui sert de défense.

Mais le Umclier est faible en comparaison du mnport : il ne préserve pas d'une manière aussi sûre et aussi complète. . « Seigneur , couvrez cette maison (religieuse) de la vertu de votre ombre ; protégez-la du bouclier de votre amour; soyez tout autour d'elle comme un rempart de feu pour la défendre de Unt d'ennemis. « Féw. Vertot lait parler ainsi qull suit Appius Claudius devant les sénateurs au sujet de Coriolan : « Si vous-mêmes ne lui aviez pas servi de bouclier et de rempart , on aurait assassiné à vos yeux on de VDs plus illustres citoyens. »

D'ailleurs , le JtoucUer garantit un combattant, ou dans le combat. « Vous faites ua bouclier de cette accusation (d'hérésie) pour repousser les attaques de Fauteur des Lettres à un provincial. » Pasg. « C'était la prière qui devait vous fortifier, qui devait vous fournir des armes, qui devait vous servir de bouclier pour repousser les attaques du démon. » Bourd. « Un prêtre doit avoir le bouclier de la foi et de la doctrine pour combattre contre la chair et le sang, contre les puissance invisibles.... » Kass.

fiemport est plus général : le rempart met à couvert de toutes sortes de dangers, et de dangers éloignés , même simplement possibles. « Le duc de Bourgogne doit maintenant se former l'esprit au goût du bon et du solide , et s'en faire un rempart contre l'attrait des plaisirs et l'ha* hitude de la dissipation.» S. S. « La fuite est au moins le plus sûr et le ^va fort rempart que vous ayez à opposer au monde.» Bouan. « On amasse les revenus de FEglise pour s'en.faire un. rempart contre les accidents à venir. » ICass.

BOURG, VILLAGK, EAXEàKJ. Assemblage de maisons babitées par des paysans, par des gens delà campagne.

Le bottf^ est plus considérable que le vOlast^ qui est plus considérable que le hameau.

Le bourg vient immédiatement après la liOe pour l'importance, c'est presque une ville. < U colonie que Gècrops amena fonda douze villes, ou plutôt douze boufl:|^ dont il composa le royaume d'Athènes..» Boss. « Les communesao&t en .i^arlement. pour les villes et les bourgt dont elles sont députées (en Angleterre). » Volt. «Il parait impossible que dans les .gros bourge et dans les viUes le laboureur négli^ de porter son blé AU marché. » In. « 8i notre peuplade nombreuse occupe un pays étendu et fertile , il poum se former des villes , ou du moi&s.des bour^f» partout oùelle tiendra des marchés. » Coxn .Le bourg, comme on. le voit , a ua marché.

J^ village est au-dessous du .bour^. c Le roi logea AU bourg de Lerma avec une partie de sa suite ; on prit les villages des environs pour le reste de lacour.9 S. S. « Olmédo me parait une ville, et vous m'aidez dît que c'était uninZIa^e; il fallait du. moins le traiter de gros bourg, > Lis. a Au moyen ^e , touteales villes , tous les howtgs , tous les viUanes étaient fortifiés. » Coxn. «^ les chrétiens, dit Origène, ne négligent rien pour faire embrasser leur religion; ils courentdaïukc villes, dans les bourgs, dans les villages. ^"^gls. homllage a une paroisse «t une commune : en curé , un maire de xdUage,

Le hameau est plus petit encore qaelimOoge. a Un hameau de cinq ou six feux. » Las. Du lien qoi me retieiu veui-Ui voir le taUeaa? G*c8t un petit village ou plutôt un hametm..,. Boa. oc Où donc , dans quel village , dans quel hamtoê deux je\mes ^ens de l'âge de Lubin et d'Ansette ignorent-Hs comment on se marie? » Las. ^A paraissait du cotRomule Le donjon et son vestihule , Le tout couvert modestement De chaume ; mais si simplement, Qu'il aût passé pfturi'apaBase Be plus d'un vaehesr de vilUâge^ Encor dirai-ied'nn kameim^ Tant ce doi^on paraît peu bean. Scuuu cDaiis lesbour^, dans Les mllages, dans le hameaux, dans les fermes mêmes, on travaille les matières premières pour les rendre propres aux usages du colon ou du fermier. » Coho. « Daas ces monarchies, les arts ne se oultivent pas seU' kment dans les villes , ils se cultivent encore da» les bourgs, dans les wiiages,, dans les hàmeem, partout.» In.

«Si l'on élève Tune auprès de l'autre quelqnei maisons nistiques , voiU un hameau : ajoutez i ot hameau une église paroissiale , c'est un viOogt * faites tenir dans ce village un marché r^é, vous aurez un bourg, » Bbaus.

BOUT^SXTIlÉaiITÉ, FIN. Ce qui termine use chose.

Le botti termine une étendue en loagueur : la bout d'une ligne , d'un fouet, d'une pique, d'uo fusil, d'une allée, de la carrière. VeMtrémUé termiue une étendue en longueur seulement, ou ea longueur et largeur, ou en longueur, lar* geur et profondeur. On dit également, Taslrtnui/ d'une ligne, d'une surface ou d'un corps; les eatrénitée du royaume , d'une pcevince,

SYNONYMES A BADICÀUX DIVERS.

de rorient, du monde. « Dieu surpasse-t-il les extrémités de runirers en longueur, largeur et profondeur?» Fis. — Etlora même que extrémité se dit en parlant d'une étendue eu longueur seulement, il difitène toujours de bott^, ence que celuici se prend matériellement pour une partie de la chose, au lieu que extrémité, purement abstrait et dérivé directement du latîn , n'a pas rapport à la clLDse même et n'en marque point une continuation. C'est ladiflérence de sommet k sommité. En mathématiques» on considère V extrémité ou les extrémités de la ligne ; mais on dit dans le langage ordinaire que le bout d'une Ugne d'écriture n'est pas droit, que le bout d'une ligne à pêcher est armé d'un hameçon. « Les extrémités d'une ligne sont des points ; U% extrémités des superficies sont des lignes. Voilà les définitions, ou plutôt les au]ipo8itions sur lesquelles roule toute la géométrie, v Bufi . « Une jambe emportée avec les bouts àss nerù qui y étaient. » Bose.— Ou bien extrémité marque ce qu'il y a de plus éloigné dans la ehoee , de plu»en dehors , exird , et pour ainsi dire de pins extérieur dans le bout : on a mal an bout des doigts, on met le bout du doigt dans quelque obose; Veaatrémité des dojgta est IrèMoinble.

Ml est relatif, Bon pas à Vétendue eX à l'espace, comme les deux autres , mais à une action tt àla ducée : La fin d'un récit, de la vie , d'une nuée, d'un vègae, d^unepectade, d'un concert, dhme maosâle ; pnndre /In. La diflérence est palpable enliB loboui et Vextrémité^ ou les extréweàés du moud» d'une ^lari, et la fin du monde de l'autza.

Le 5oiit répond d'ordinaire àunautrebottt ;d*un bout à l'autre ; brûler la chandelle par les deux bouts; les deux bouts d'une chaîne, d'une lunette, c Les Lapons portent un bftton ferré, pointu d'un bout et arrondi de l'autre.» Bupp.^ Vextrém^ité répond au centre. « Le sang revient des oxti^émiiéê au centie. » Fin. c £picure tient <pK Vvmran n!a ni milieu ni extrémités» > In. < Que hamêsttrémitéê M le milieu (dansun poQme) le répondent. » IUbm. « Et .du centre , ;et dese»trémitét du royaume , la voix s'élève.... » Jd. Quand on dit de quelqu'un qu'il habite au boul ou à Vemtirémité de la ville , on fait entendre, d'm» part, qu'il est loin de l'autre bout où on est, et. d/aotre part, qu'il est loin du centre.^ La fim Tàfon& au commencement, c Dieu n'a ni commencement ni fin, » Acao. « San» commencement il n'y a point de fisL^ et toute /Ui a un rapport essentîM à son commencement. » Bonnn.

ToQiefolt , boiU, dans certains cas ,' paraît plus synosyme die fin. Mais d'abord bout , d'une origine Kvlgnire, est moins noble que /bi, traduit du laitâD /ifiw. Ensuite, le boni se considère plutôt par rapport à la matière d'une chose et en ejspÊxmn la. dwnière partie, et fin est plus rdiatif à tme action et en désigne la cessation. On est au boftt et non à la «^n. de son argent, de sen rouleau. Il ne reste plus rien à faiitt à celui qui est cnbouC de ses travaux; celui qui est à la fin de son travail ne fait plus rien. Il en est de même du boul par à rapport à la /In d'un discours, de nos peinaa , d'une aflaice. Bout est objectif, et donne

l'idée d'une chose ; fin est subjectif et rappelle une action.

BBONCBSa, TEfaBCHKtt. Faire un faux ptt.

Broncher , de l'italien brotico , tronc, c'estXaire un faux pas paroe qu'on a heurté contre un tronc ou une souche. Trébucher, italien traboccarSy de trabuecOj dana un trou, c'est faire un faux pas et tomber.

Broncher n'emporte d'autres idées que celles de eecousae« de marobe inégale, déran^^, ralentie. « L'esprit (à la difiérence du cosui) manqua, il se Irompe , il broneho à tout moment ; sec allu-* res ■» sont point égales. » SAv. « L'^éléphant est une mootare très-douce, car il ne bronche jar mais. V BuFf . Mais Tidée. de chute efiective ou proebdne est essentielle à trébucher. Trébucher s'est dit antsefois pour tomber. Boileau dit de Ronsard:-

Ge peeie eigoeOleia (Booear^, fn^MA^deathaot, Bendit pfcos releaus Despories et Bertanl.

Ool, Pompée sifeejni poite le sort du monde, Btveut qiûaoïre Bgjpte, en miradee féconde , Serve i sa liberté de sépulcre ou d'a|4>aL, Etr^ve sa cbete, ou irèhuehê sous fui. Cork. Cette personne enfin sur l'herbe tendre Est trébuchée; et, comme je le crois, Sans se blesser. Iât.

Si quelque comenie niaise

Quelque pigeon , quelque corbeau ,

n a*ii]ip<irte pasqwl oiseau,

fier ce pemÉs pesUlem (l'iiTenieyvdl*,

H. perd le souffle el la parole...»

El de cet^eir iolBa qu'il perce

jBré&uehe i teiro i la renverse. Scanm.

Bramcher dit donc moins que trébucher, U ne

faut qu'un petit caillou pour vous faire broncher; si vous perdez l'équilibre , vous trébuchex» On peut broncher et se redresser aussitôt; si l'on ne .ton^e pas toujours en trébuchant , au moins on chancelle. Qui bronche jusqu'à courir le risque de tomber tr^btiche. « L'auteur, sur un fagot d'aines , anrait vu sa pièce chanceler au premier acte, in^bvoher «n aeeond, et tomber au troisième. • iffAUf .

Gemme on letreinait (le dwval deboia), il hrmeha^ Et, prêté /r^ucAer, pencha. Soaaa.

Votre valfen qui n'a Jamale flotté.

Que dans le ttoid>le et dans l'obscurité , Bt qui, rampant è peine sur la terre.

Vent s'élever an-dessus du tonnerre , lu moindre écuell qu'elle trouve ici-bas, Bronche,^ trébuche et tombe à chaque pas.

J. B. BcMM*

Comme on le voit par ce dernier exemple, la différence est la même au figuré. Broncher veut dire faire des fautes ou des erreurs légères. « La lumière de Dieu fait sentir jusque aux moindres fautes ; mais elle ne décourage point. On marche devant lui ; mais si on bronche , on se hâte de prendre sa course, et on ne pense qu'à avancer toujours. » FâH. « Des auteurs anciens, qui brofir chent à chaque pas , ont pourtant conservé leur grande réputation. » Tolt. Trébucher , au contraire, signifie faillir ou errer gravement.

J'en vais donner pour preuve une personne Dont la beauté Qt trébucher (succomber) Busue.

I«ap.

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