DEUXIÈME PARTIE
' Et qui, Toyuit un ftii l'applaudir d'un onYrage, Od la droite raison trébuche à chaque page , Ne i*6erie anssitôi : l'imperttiient anteur! Sknu
WT , — TUES , DESSEIN. Ce à quoi on regarde dans ses actions, ce qui dirige la conduite. En agissant ainsi , il a eu un hU, des vues, un dessein. Pascal a fait connaître le Mit , les vues , le dessein ou les deueins des jésuites dans leur dispute contre Port-Royal.
ICais d'abord entre but d'une part , vues et dessein de l'autre , la différence est fort grande. Le but est quelque chose d'objectif ou d'extérieur : on se propose un but y on y tend; on y parvient, on l'atteint , ou le contraire. Vue et dessein expriment quelque chose de subjectif, qui est ou se passe en nous : on a des vues , on forme <|^s desseins. Un Mil est plus ou moins éloigné; des vues et des deiff etnf sont louables ou bl&mabies. On peut même dire : le but des vues ambitieuses oudesdetseins ambitieux des hommes , c'est d'augmenter ridée qu'ils ont d'eux-mêmes (Nie). On attribue un &iif à autres choses qu'à des êtres pensants : le but de la rie humaine (Fân.) , le lut de l'éloquence (Id.). tt Le but de la poésie est de plaire à l'imagination. > Roll. Il n*y a que les êtres pensants qui puissent SToir des vues ou des desseins. — Outre cela, le but a plus de généralité et se rapporte à tout un genre d'actions , ou aux actions de toute la rie; aussi ce mot ne se dit-il guère qu'au singulier: « Tout le but de l'homme est d'être heureux. » Boss. Mais on peut avoir des vues et surtout un dessein relativemeat à une seule action et pour un cas particulier. Tous les hommes tendent à ce Mu, U félicité, quoique
avec des vues différentes et des desseins diff^ rents (Pasg.).
Vues et deuein diffèrent aussi. Les vues sont plus vagues; les desnins, plus arrêtés, ndeux déterminés. « Ce prince ne faisait jamais rien de public sans des vues secrètes et sans des desteins particuliers. » Vbrt. Quand on a des vues sur une chose , on ne laisse pas d'y songer ; quand on forme ou qu'on a le dessein de se la procurer, on s'en occupe et on y travaille d'une manière plus décidée et plus sérieuse. Avec des «net d'ambition on aspire aux honneurs; avec des desseins ambitieux on suit, pour arriver aux honneurs, un plan de conduite réfléchi et bien ordonné.
On dit ordinairement vues, au pluriel, le pluriel étant particulièrement propre à tigmiler quelque chose de peu précis ; par la raison contraire, dessein s'emploie de préférence as singulier, c Le dessein que forma Thémîstocle, et qu'il exécuta, de tourner toutes les forces d'Athènes du côté de la mer, marquait en lai un génie supérieur, capable des plus grandes «nef.* RoLL. c Le dessein de Cimon était, après qu'il aurait achevé la conquête de Gypre , de psiser en Egypte, et d'y susciter de nouvelles affaires aux barbares; car il n'avait point de médiocres vues. » ID. « Cassius, de retour à Rome, ^irès avoir obtenu par ses brigues l'honneur du triomphe qu'il méritait peu, porta plus loin ses ««es ambitieuses, et forma le dessein de «e procurer un pouvoir absolu. » Id. Tibèw» dU dans une lettre à Séjan : « Je me tais en ce moment sur mes vues , et sur le detsetn que J'ai de vous attacher étroitement à ma personne. > D'Au
!• CABARET , TAVERNE , GARGOTE , 6UINflUBTTE ; — 2* LOGIS , AUBERGE , h6tELLERIB.
Lieux ouverts au public , où chacun , pour son argent , peut se procurer des choses nécessaires ou utiles à la vie.
Le eabcvret , la taverne , la gargote et la guinguette sont pour les habitants du pays; le logis , Vauberge et Vhôtellerie sont pour les voyageurs et les étrangers. Les ouvriers d'une ville , surtout ceux qui ne tiennent pas ménage , en fréquentent les cabarets, les tavernes, les gargotes et les guinguettes. Les personnes, qui doivent visiter ou parcourir une contrée , s'informent s'il s'y trouve, sur les routes et dans tous les lieux où elles veulent s'arrêter plus ou moins, de bons logis , de bonnes auberges ou de bonnes hôtelleries.
De plus , ce qui est offert dans le cabaret , la taoem*^ la gargote et la guinguette, c'est le vivre $ dans le logis , Vauberge et Vhôtellerie , c'est aussi le couvert. Différence tout à fait conforme à la précédente : les habitués des cabarets, des tavernes, des gargotes et des ^tn^ueltef , ayant chacun son chez soi près de 1& , ne peuvent avoir besoin que de boire et de manger , et il est tout naturel qu'ils n'aillent pas demander ailleurs à
loger et à coucher; au lieu que ceux qui viennent d'un autre pays , par la raison contraire ont besoin d'avoir, outre la nourriture, une demeure, une retraite pour le jour et surtout pour la nuit
!• Cabaret , taverne , gargote , guinguette. Lieux ouverts au public , où les gens du pays trouvent pour leur argent de quoi boire et manger.
Cabaret est le terme général. Dans le eoterd, primitivement, on ne tenait que du vin; plus tard on y a aussi jMrvi à manger. Vin de eehifrf (ACAO.). «Un Romain qui avait donné asile à l'orateur Marc- Antoine , voyant chex lui un hôte de cette importance , voulut le bien traiter. U »voya donc son esclave au cabaret , avec ordre de prendre du meilleur vin.,..» Roll. «RoUimIo entra dans un fiuneux cabaret, demanda da meilleur vin , et dit à l'hôte de nous préparer i dîner. » Lbs.
Un autre , i toute force, en me sériant la sntoi
Me veut mener souper an etéaret toisln. Bao». « Un jour, étant à Boudry, j'entrai pourdlnir dans un cabaret, » J. l.
La taioeme est un ignoble oabaret, qui doone seulement à boire , mais où on boit à l'excès , où on se soûle ; c'est un cabaret qui n'est hanté qu par des ivrognes et par U canaille. «Le monde»
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
TU k rebut de toutes les classes de la société , et ' surtout de la dernière , s'échappant des galetas , des lacemes , des cachots , des bagnes et des gibets, désarmer, dépouiller, égorger tous les ordres de citoyens, v Lab. < Plongé dans les plus brutales débauches, il a passé sa vie dans les tarernes et les maurais lieux. » J. J. a Les plus bas gredins tiennent parmi nous des discours plus honnêtes dans leurs tavernes. » Volt, c Nos voleurs (en Angleterre) passent leur misérable Tîe dans des tavernes avec des filles perdues; ils les battent, ils se battent entre eux; ils tombent ÎTTes au milieu de leurs pintes de plomb dont ils se sont cassé la tète. » lo. c La gueuserie était mon élément. Accoutumé aux soupes d'Egypte, je n'ajjnais que la taverne, s Les.
La for^^ofe est un petit cabaret où on prend des repas i bas prix , et plus ordinairement un méchant petit cabaret où on mange mal et malproprement. cLes deux écus que je demandais au duc d'Orléans étaient pour les donner aux deux chanoinesses de sa part, afin qu'elles eussent au moins pour quelques jours à dîner de quelque (TOTjroie. > S. S. c Nous avions le soir une table particulière. Dans la plus vilaine gargote on est senri plus proprement , plus décemment , en linge moins sale , et Ton a mieux à manger. « J. J.
la guinguette est un cabaret hors de la ville , où le peuple va boire , danser et se divertir les «jours de fête. «Nos promenîades tête-à-tête hors de la ville , où je dépensais magnifiquement huit ou dix sous à quelque guinguette, » J. J. « Orchestre k peine digne des tréteaux d'une guinguette.* Id. « Les violons des guinguettes.* In. «Un musicien de guinguette. » Beadm. « Les fêtes ne peuvent avcHr été instituées que par les commis des aides , par lesf cabaretiers , et par ceux qui tiennent les guinguettes. » Volt. « J'avais dîné souvent avec deux poètes de l'ancien opéra-comique , dont le génie était la gaieté , et qui n'étaient jamais si bien en verve que sous la treille de la gvinguette. » Màrm. « Je fus élevé dans la guin- Tiette du fameux Lucas , le premier honune du Gros-Caillou pour les noces et les festins, et surtout pour les matelotes. » In.
2* I/>giSy auberge J hôtellerie. Lieux ouverts aux voyageurs et aux étrangers, qui y trouvent pour leur argent tout ce qui concerne le vivre et le couvert.
I* logis , le mot l'indique assez , fournit surtout le logement ou le couvert. Dans un bon logis i pied et à cheval le voyageur trouve pour soi et sa monture im gîte commode.
Vauberge fournit surtout le vivre. « Oronte s est logé dans une auberge où il a, dit-il, le plaisir de ceux qui voyagent sans leurs peines, parte qu'il ¥011 tous les jours à souper de nou- 'eaux visages. » Vauv. « Si je voyage, on me cosignera aux passagers, aux cochers, aux ca- ^t»eip»; à peine trouverai-je à manger aVec quelquun dans les.au&er^e, , à peine trouverai-je ^ !?»f»cht qui ne soit isolé. « J. J. « Je pris le larti de louer une chambre garnie.... Comme M^"* 5î,^û«r approchait, je demandai à mon TOittse s'a n'y avait pas quelque auberge dans le Totsmage. EUe me répondit qu'U y en avait une
excellente à deux pas de sa maison , que l'on y était bien servi , et qu'U y allait quantité d'hon* nêtes gens. » Les.
Vhôtellerie fournit également le couvert et le vivre. Mais ce mot, dérivé du latin hospes, hôte , annonce quelque chose de plus grand et de plus relevé que le logis et Yauberge , ou se dit dans un style moins commun. «J'arrivai à Tolède. J'allai loger dans une bonne hôtellerie, où je passai pour un cavalier d'importance. » Les. « Je laissai don Alphonse dans son hôtellerie. » In. « Vhôtellerie du maître de la poste était la mieux fournie qu'il y eût entre Calais et Paris. » Hait. « Nous ne sommes ici-bas que comme des voyageurs dans une hôtellerie^ ou sous une tente. > FÉif.
.lo^tf estpeu usité, et, du reste, vague, attendu qu'il signifie en général une maison quelles que soient les personnes qui l'occupent ou doivent l'occuper. Auberge manque de noblesse ; Vauberge ne reçoit guère que des gens de la campagne qui se rendent dans quelque petite ville voisine pour leurs affaires , avec ou sans charrettes , avec ou sans monture. Le mot hôtellerie lui-même a été dédaigné pour celui d'hôtel , qui est encore plus noble , car il se dit d'abord de la maison d'un grand , d'une demeuré somptueuse : Vhôtel de Venise , Vhôtel d'Angleterre. Voy. première partie : Bôtel , hôuUerie , p. 303.
CADUCITÉ, DÉCRÉPITUDE. £ut de l'homme dans l'âge où il décline.
Caducité est d'abord plus général : il se dit des choses aussi bien que de l'homme. « Le vice le plus inhérent et le plus inséparable des choses humaines , c'est leur propre caducité » Boss. Caducité, c'est-à-dire mortalité , fragilité, disposition prochaine à choir {cadere), à tomber, à finir. « Il doit rester dans cet édifice rétabli quelques vieilles pierres, reste de sa caducité ancienne. » ID. « Je vois en la vieillesse d'Elisabeth la mourante caducité de la loi. » Id. « Bâtiment , édifice cctduc. » Id. « La chute des maisons ruinées par caducité J ou parles incendies , les tremblements de terre. > Roll. La généralité de ce mot est tellement sentie que, quand on veut l'appliquer à la vie humaine en particulier , on prend quelquefois le soin de le déterminer : la caducité de l'âge (Boss.» S. S.), la caducité de son âge (Bofis. , Mass.).
Lorsque les deux mots se rapportent à la vieillesse , décrépitude , qui est le terme spécial , enchérit sur cadwité. Il marque d'abord un âge plus avancé.
Caducité vient de cadere , choir , déchoir , tomber , et par sa terminaison il exprime , non pas l'action ou la qualité effective de tomber , mais la disposition à tomber ; en sorte que ce qui est caduc est sujet à tomber , menace ruine : la vieillesse caduque et ruineuse d'un temple (Boss.). Décrépitude a pour racine crepare^ faire du bruit» et signifie faire du bruit , ou craquer , en se détruisant, car de marque dégradation, destruction. Si donc dans la caducité on menace ruine, dans la décrépitude on est en ruine.
L'idée de la caducité enferme l'idée jle la vieillesse, et celle de Taffaiblissement des organes,
kiS
Wl^XiafS PAKTIS :
rien de plus : c'est un ét«t de dé£ûUa]ic«. «Gratte mpurut dd caducité tt de dèiaillfl^œ. • Fis. «Renvoyer le repentir aux années ^xodwiité .et de défaiUaiice. » <Ma6s. '« lis Ze Uisseàa&t Avec Iieur pèce pour être le support de sa eaduqua -vieil- , lasse. » Boss. « Une vigueur apiiituelle , qui ee renouvelle de jour eo jour, ne permet pas à soa âme de sentir la céducUé de l'^ge. • îp. « Si les pilules dont Votre Majesté a honoré ma eaducUé peuvent me rendre qutdcsuevigueïir.i» Volt. «^ Je sais par expérience ce que produit i la longue une forte application , c'est d'éprouiTer la cadi«^te avant le temps. » D'Al. «De vieilles préiendues repenties , dont Ves^ijb romanesque était4eineju?é peurlentoins galant, si la C9dikcité de l'Ige en avait banni les plaisirs. » S. S. a C'est dans une cttducUé où il ae paradt avx}ir plus rien de redoutable à l'enneiiii qu'il sent plus de force <iue jamais. » Mass. « Ceux que nous attaquons ^ dit Gatilina à ses complices , affaiblis par la oodi^ctltf , énervés par les délices, soat tombés dans une langueur universelle. » ftox.x.. — J^'idée de la dé" erépitudê^ avec l'idée de la YÎeillesse, contient celle d'infirmités , de délabrement de la machine ; d9$i la vétusté de l'homme, c'est un commencemeatde mort. «Sages vieillards, yaufi «tes dM crépUty languissants, cacochymes, perclus de teusvo^ membres; vous ne sauriez agir; vos.douleurs augmeasteot de jour en jour, p J. J. « Je suis acoablé de toiis.oâtés dans une vieilliesse que les maladies changent en iUcrépiti^, » «Votcvr. *- «Les religieuses OBji tonjoHcs conservé à oetle abbesse une grande temlresse , jusqu'au dernier moment de sa vie , et dans l'extréne .coducil^ de son . â^e.. .. Juscpie da&s la i^wiUesae la pi«» 4i^cHpiteell» souffrait les inœnmcdtiés et les mstladie&sans chagrin et ss^os murmuM. • Boss.
•£ks|is]a codiMsitf, lejcecps ressemble, comme dit Bossuet, à un édifice dont les loELdemeats sont ébranlés. Dans \bl décrépitude, le corps pré* seUe déjà un aspect «adavéreuK. «On a vu des pasteurs dans une décfftépiiMde, au à peine leur restait-il assez de force p»ur soutenir un cadavre tout prêt à retomber en pourriture , songer encore à l'argent. » Mas^. « Vens quatre-vingts ans, le P. de La Chaise voulut -se retirer. La décadence de son corps et de son esprit l'engagea à redoubler ses instances. Les infirmités de la décrépitude qui l'assaillirent ne purent le délivrer. Les jambes ouvertes , la mémoire éteinte , le jugement aflussé , les connaissances brouillées , rien ne rebuta le roi , et jusqu'à la fin il se fit apporter le cadavre et dépêcha avec lui les affaires accoutumées. B S. S. DéerépUudê fcit une image* hideuse , et décrépit est un terme injurieux, surtout en parlant d'ufie femme. « l'ai bien peur de ne reparaître que quand une déorépiiudc avancée m'aura imposé la nécessité de ne plus me monter. » VofiT. « na ressemblent à ces vieittards éécrépiU, qui se font asseoir à leur porte , quoique , dans cette posture , ils ne soient qu'un objet ée compasaion ou de mépria. » D*Ai.. < U foinelie devient encore plus dégoûtante «t plus affreuse dans sa vieillesse, l'objet le plus hideux de la terre «st une décrépite. > Volt. « Le mendiani Irus voulut ohAsser Ulysse de son poste. Retire-toi , dit-
il, vieillard décrépit. • Féh. « Francisca, jue dit-^Ue , je suis décrépite : en ne peut plus m'envis^er sans horreur. Il faut me cacher au £oiid d'un doitce : j'aime mieux m'y tenir renfenaite le reste 4e mes jours, que d'offrir aux yeua ua objet effroyable. » liSs. < Je pense que vous avez eu bien des amagits dans votre jeune âge.-- Trédame , mon«ieur, .esVce que Mme Jourdain est décpépite?»UoL,
CAbEMUIlfiB, ÀSMASM». Liste de tpus les Jowrs de l'année, rangés par mois éL par seiaai- PAS, et marqués chacun du nom d'un saint, arec indtoaiion des lètes principales , du commencement des saisons , des variations régulières de U lune , •ainsi que do l'augmentation et de la diaûnution des jours.
C'est exaotement ce que signifie oalendrier ; et , comme toutes œs connaissances peuvent élreprésentéesbrièvement , le coieodrter se réduit d'ordinaire à un simple tableau. L'alm«iiae/i , au contraire , est toi^ours un livre , et ce livre cootieot jde plus quo le catendrier, des observations astronomiques, notamment sur les éclipses, defcétendus pronostics du beau et du mauvais temps t des prédictions fantastiques , l'indication des foires, et quelquefois d'absurdes prescriptions sur les jours où il convient de semer, de planter, de se faire saigner ou de prendre médecine. Au reste , il est impossible de circonscrire avec une entière précision le domaine de VaiwMmuh: c'est, aujQunl^èuiti surtout, une partie de la menue littérature extrêmement variée. 11 sa publie isous ce.tttoe «au «omaoncement de diiaqne .anoée «ne fouLs de petits livres plus ou moins utiles , adiesrses là diverses classes ot traitant différentes sartes ide naatières. I^e oaiemdriery la seul« idiese commune à tous, et qui est la jnâme peur tous, sert d'oocasion.
GèfUffiLE, HiUHIiE, AMIOIT, KUNOiSTRSQX.
INQÉniBUilylNTSUiICKNT, BNISNIHJ. Epithètes qualificatives d'un homme propre à iMen Um certaines choses.
CapMc «t haUrih ont été trèt-notiflBiettt séparés l'un de l'autre par Voltaire : « La cnfw^, dit-il, peut, et Vhabile exécute. » OnosI eapoNf en piûssanoe, hàbiie actuellement. La oapaeitt est une disposition , quelque chose qui promet, de sorte que rhomme capable ressemble à un vase vide, qui ne contient pas, mais qm est en état de contenir, copos; l'àobtieltf «et une qnaaté efiEscCivie, qui consiste à bien tenir [haèere, avoir, tenir] , À bien manier, à agir avec CaaMtè. Un général capable est naturellement apte i commander, ou biesi il a lu tout oe qu'on a écât sur la 9aerre, assésté^mêmeà plusieurs eomft)als; un ^néral habile a commandé phia d'âne fois avec succès , il a fait ees preuves. On dit nae vaste capacité, et une hakUcté eonoommée. <te juge à^ipri «u d'après do^simplos «ndiooMf '■» homme «st cap<a)le , qu'il iera bien ; c^t À l'muvre qu'on voit si un.hommoegt haàiU » *'d fût bien. Four former des sujets eopnWei,'Wdpea' tien doit pra^ùBot à l'imitaiion des jeiants gam les hommes qui ont été Jkaèiist.
S'agit^U de cequopoof ra laxre quélqu^nn dmis une place q«'9.D^ pas tcocoro^ocii^, ua ae
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
demaiid« s'il est capable, plus on moins capable, «c Ne jetez pas tos amis , yos proches , Tous-mèmes, qui présumez tant de rotre capacité y sans qu'elle ait jamais été épronvée; ahl ponr Dieu, ne Tons jetez pas (en recherchant les dignités ecclésiastiques) dans un péril manifeste. » Boss. a Quoique j^aie mis M. Phelippeaux à cette place , et qu'il soit trks^capable àe cet emploi , il faut quelque temps pour acquérir la croyance et l'expièrience nécessaires à un si grand emploi. ■ In. < Settorius ne montrait que le dessein de bien élerer'Ies enfants des principaux de la nation pour les rendre eapahkSy lorsqu'ils seraient en* ftge, d'exercer des emplois et d'aroir part au gonnremement. » Roll.— Hais s'agit-il de la manière dont quelqu'un s'est conduit ou se conduit d*orâinaire dans nn certain genre d'actions ou d*afikues , on dit qu'il y est hâue , plus ou moins habile. « Les sujets de Salomon n'étant point encore exeroès dans' le négoce et dans l'art de navigner, fl a su s'associer les halHlee marchands et les guides les plus assurés dans la navigation qui fussent au monde, c'est-à-dire les Tyriens. » Boss. « A la bataille de Zama, la fortune sembla pcendte plaisir à confondre Yhàbileié d'Annibal , son expérience et son bon sens. » MoirrssQ. « Sosibe, TîeuxnHnistre rusé, conduisait les affaires, où sa longue expériencei'ayatt rendu fort habile. > Rou. «Les guerres contre Sextus Pompée avaient donné à Octave le moyen d'acquérir de Ykabileté dans la marine. » In. -- « Octave avait l'esprit étevjé, jnste dans ses vues , capable des pl\is graudos entreprises, et porté à les condnire avec beaucoup ^ihàMieté et d'application. • Vbrt. Les jeunes|;ens d'Athènes, qui avaient reçu les leçons des sophistes , n'étaient pas tous capables; les savants et les artistes, auxquels Louis XIV domiaitdes peiuÉms, n'étaient pas tous habiles.
AâroH^ qui n'est pas gauche, a beaucoup de iftpport avec hostie ; ils donnent l'un et l'autre l'idée d'une astion facile, dNiae heureuse exécution.
Kais, au lieu qu'on est Att9t70 dans tonte une àSkire compliquée ou dans tout un ordre d'affaires, on n'est adroit que dans un acte simple ou particulier. De là vient qu'on ne dit pas on tour ^habikPi comme on dit un tour d'odreaie. Vu homme habile se montre adroit dans l'occasion, quand il s'agit d'un coup de main, a Le pape, plus fcobtle , -traitait avec plus d^adg»uê.9 Volt* Le même écrivain, reprenant Coi^ neiUe d'avoir^rété à Cléopàtre , dans Rodogutie , certain disMors imprudent , dit à ce sujet : « Cléopâtn ntflst pas <droil& »<qiioiqu/eUfl se soit donnée pour uns femme teka^habilô, » -^ ÂâreiU est donc moioB généval qa-habUe ; il est aussi moîns convenable pour les grandes choses. < Les Cflitluigniois Vemportaseat par la ecieme de la VÊÊxbm, par rjMiiettf dans la<«oastniettOD<dBs «einsBUK, par ifoilriiae ei la facilité eveo.kqpeQa ils JWeaitDt les oHnoauvres. » Boll. « Le duc de Harlberiiigh était à Sai]it4ames ua odrotT courtisan, dans les pays. étrangers le plus habile négociateur desonaièok.« Vour. — Baflnodrotl est comme le ttfminutlf d'hoMIe .* on dit d'un hoomie qu'il est adroit et hiOfOe (Dose. , RoLt .) ,
qu'il se conduit avec adreae eX' habileté (Roll:); ce qui suppose que le second mot enchérit sur le premier.
Industrieux et ingénieux ont cela de commun qu'ils impliquent également l'idée de fécondité de l'esprit : l'homme industrieux ou ingénieux sait trouver en lui-même ou par son génie des moyens , des expédients, c'est un homme de ressource. Ces deux mots se rapportent moins à la manière d'agir, qu'à ce qu'il faut pour agir.
Cependant industrieux n'exprime pas cette idée aussi purement qa*ingénieux ^ il ne diffère pas autant des mots qui précèdent, il conserve avec la manière d'agir une certaine relation ; si bien que l'homme industrieux est tout à la fois adroit et inventif; au lieu que Vingénieux est inventif seulement ou considéré seulement comme tel. L'antiquité vante les ouvrages industrieux de Dédale; quoi de plus ingénieux que les fictions de la mythologie grecque? On dit des mains industrieuses^ et une invention ingénieuse, « La main industrieuse de l'art a conduit ces eaux , par mille détours, sur des pentes de verdure.... Un caprice ingénieux semble avoir dessiné les jardins que ces ondes arrosent. » Harh. — Il y a dans Ttiitkutrieux.plvLS de dextérité; c'est par la façon ou main-d'œuvre qu'il se distingue. «Le mol incurable n'a été encore enchâssé dans un vers que par Vindustrieux Racine. » Volt. «Des colifichets de fer ou de laiton, quelque bien travaillés qu'ils puissent être pacr des mains industrieuses. » In. « Il ne me reste qu'à admirer U belle reliure de Jouarre : en vérité , il n'y a rien de plus industrieux, » Boss. « Où pourraî-je trouver un médecin aa^ez industrieux pour manier dextrement une partie et si malade et èi délicate? » In. H y a dans Tingénieux plus de sagacité , c'est par l'es» prit, le talent, la ruse qu'il brille. « Les Égyptiens sont ingénieux et spirituels. » Volt. « Qu'un hemme(un prédicateur] a mauvaise grâce de vouloir faire l'inventif et Vingénieux , lorsqu'il devrait parler avec toute la gravité et l'autorité du saint Esprit! » FiN. « Nous savons que la malice de Satan est ingénieuse; que son esprit inventif n'agit que par des artifices fins et déliés , et par des machines imprévues. » Boss. « Invente encore quelque machine Inconnue , t cruauté ifigénieuse! » In.
J'apprends que , pour ravir son enfant au supplice,
Andromaque trompa Vingénieux Ulysse. RÂc. Le castor est industrieux; dans les fables de Lafontaine . le renard est souvent tng^ntett*.
Intelligent et entendu ressemblent à tndi«trieux et à ingénieux en ce qu'ils regardent aussi la théorie plus que la pratique , les lumières de l'esprit pbis que l'action et la conduite. Mais , au lieu que l'tndMfrtett» et l'tn^rfnteia inventent , Vintelligent et l'entendu conçoivent; leur rôle est plus modeste , ce sont des gens subalternes , doués d'une qualité secondaire qui- consiste à voir des rapports existants, à saisir toutes les circonstances d'une affaire et ce qu'elles demandent, à bien entendre , à suppléer môme les détails qui manquent dans ce qui est ordonné. Un officier (Volt.), un ministre (ûouiit).) irtteîHgettt ; tm économe entendu (Rbgn.}.
Entre intelligent et entendu Q y a deux différences bien sensibles.
Intelligent , latin intelligens , est plus noble qu'entendu, participe du verbe français entendre : on dit des lecteurs intelligents (D'Al.), et un ouvrier entendu dans son métier (Volt.)-
Et d'un autre côté , intelligent marque plutôt une faculté naturelle, et entendu, qui est passif, une qualité acquise ou reçue. ■— « Le peuple d'Israël n'était pas plus intelligent ni plus subtil que les autres peuples. » Boss. « Le colonel allemand prétendait conduire seul le siège, comme plus entendu dans le métier, de la guerre où il avait vieilli. » Vebt. — Un domestique intelligent comprend de lui-même et vivement ce qu'on lui commande; un domestique entendu est devenu propre au service à force de leçons ou d'expérience.
r CAPRICE , FANTAISIE , BUVEUR ; — 2* BOU- TADE, 8A1LLIE;— 3* VERTIGO, QUINTE. Disposition de l'âme insolite , étrange.
!• Caprice , fantaisie , humeur. « Le prince de Léon était plein d'humeur , de caprtce* et de fantaisies, » S. S. « Caprice marque le caractère d'un homme qui se conduit par fantaisie et par humeur , non par raison et par principes. » Roll.
Une différence considérable sépare d'abord le caprice et la fantaisie de l'humeur. Caprice et fantaisie signifient une disposition active de l'âme , une manière d'agir \ humeur exprime une disposition passive ou sensible, une manière d'être. Le caprice et la fantaisie font qu'on agit de telle façon, c'est-à-dire arbitrairement; l'humeur fait qu'on est affecté de telle façon, c'est-àdire d'une façon fâcheuse , incommode pour soi , et surtout pour les autres. C'est, d'une part, dérèglement ou licence, et, de l'autre, aigreur de tempérament ou insociabilité. Avec des caprices ou des fantaisies , on n'agit pas raisonnablement ; avec de Yhumeury on n'est pas aimable. Les domestiques , souvent obligés d'obéir aux caprices et aux fantaisies des maîtres , ont souvent aussi à souffrir de leurs humeurs. On assujettit quelqu'un à ses caprices et à ses fantaisies , et on se rend insupportable à lui par ses humeurs. « Pensez-vous qu'un enfant puisse assez souffrir de l'humeur de sa gouvernante pour en être incommodé?... Naturellement les femmes aiment les enfants. La mésintelligence ne s'élève entre eux que quand l'un veut assujettir l'autre à ses CO" priées. » J. J. Ce qui me donne une fantaisie me porte à faire ou à rechercher quelque chose ; ce qui me donne de Yhumeur me rend maussade. — On dit les caprices de la fortune (Acad.), et les 'antaisies de la mode (Lab.) , la fortime et la mode pouvant être considérées comme des agents qui font ou décident certaines choses à tort et à travers, d'une manière extravagante; on ne dit point l'humeur ou les humeurs de la fortune , de la mode , parce que la fortune et la mode ne sont point des êtres qui aient une complexion et qui puissent devenir chagrins, impatients, misanthropes. De même , les animaux ont des caprices et des fantaisies; mais Vhumeur étant ou impliquant on défaut social ne saurait leur être attribuée.
Caprice et fantaisie se ressemblent beaucoup. « Périclès ne céda plus comme auparavant anx caprices et aux fantaisies du peuple. » Roll» «Suivre ses caprices et *es fantaisies. » Mohtmq. « Les législateurs ont pris pour modèle, au lieu de cette justice constante, les fantaisies et lei caprices des Perses et des Allemands. » ^^•^•,
Cependant le caprice est proprement une détermination arbitraire , et la fantaisie un goût arbitraire : les caprices du sort, les fantaisies de U mode. On met , on montre du copnce daM ce qu'on veut , dans ce qu'on résout , et de la fantaùie dans ce qu'on désire. Un ordre sans fondement est un capriu; une envie , qui ne vient pas d'un besoin véritable, est une fantaisie. Dans les Lettres persanes , le premier eunuque écnt à Ibbi : « Je suis accablé sans cesse d ordres, de commandements, d'emplois, de caprices (delà part des femmes du sérail); il semble qu'eUcs se relayent pour m'exercer , et que leurs fantaisies se succèdent. » Mohtesq. « Il m'arrive quelquefois de rompre une partie de plaisir par la seule raison qu'elle m'en fait trop.... Je m'exerce à conserver sur moi l'empire de ma volonté, et j'aime mieux être taxée de caprice que de me laisser dominer par mes fantaisies. » J. J. On dit un impérieux caprice (Mol.) , et un désir de pure fantaisie (In.). - « L'enfant traitera de eapru» toute volonté contraire à U sienne , et dont d ne sentira pas la raison. » J. J. « Le goût est arbitraire dans phisieurs choses, comme dans les étoffes, dans les parures, dans les équipages; alors il mérite plutôt le nom de fantaisie. C'est U fantaisie plutôt que le goût qui produit tant de modes nouvelles. » Volt.
2« Boutade , saiUie. U boutade et la loOlie consistent dans une disposition non pas seulement active, comme le caprice et la fantaisie^ mais encore productive. Ce sont , non pas des manières d'agir de l'âme ou des principes de conduite, mais des oeuvres de l'esprit, des expressions et comme des jets de la pensée. D'ailleurs la boutade et la saillie sont essentiellement passagères : ce sont des accidents , des traits qui échappent une fois; aussi les deux mots ne servent-Us pas, comme caprice et fantaisie , à former des a4jectifs représentatifs de qualités du caractère.
La boutade suppose de l'humeur, un espnt fâché ou chagrin.
Ne vaudraiiril pas mieux dans mes vers, moins ctos-
• tique , ' Répandre de tes jeux (de l'Équivoque) le sel dit«î- { tissant,
' Que d'aller eontre toi sur ce ton menaçant, Pousser Jusqu'à l'excès ma eriUqae boutade. Bon» . Vient-il de la province une satire taàe , D'un plaisant du pays insipide bomtadef \ Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi. Id. Dans le Jfiwiahrope Alceste divertit par ses boi|tades (Lab.). « On a passé à Malherbe, ^^ . assez bizarre , oe mot qui n'est qu'une bo^^^ ; l'homme : Je ne fais pas plus de cas d un l»a poëte que d'un bon joueur de quilles. » I». OKnéas, la voyant sourire, Loi qui venait de se ficher.
Eut grande peine à s'empêcher De lui faire quelque incarlsd(B»
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
n était rojet i hwUaJe;
DgLDt le moindre mal qu'il sentail,
Ge prince courtois s'emportait. Sc^aa.
Vais dans la satUte iln*y a que de la Tivacité et de l'impréTa. « Je ne sais si le public , accoutumé aux sages emportements de Malherbis , s'accommodera de ces tailliei et de ces excès pindariqnes. > Boii.. • Quand on entend ce langage , qui est d'un bout à Vautre celui du Thédon , Ton excuse cette singulière saiUie de Tun des plus spirituels écrÎTaiiLS du xyi* siècle, Érasme, qui s'écrie quelque part : Saint Socrate , priez pour fioiuf s Iah. « Quand Agamemnon, dans Euripide , dit i sa fille : Plut vous mowtrex de raison , phu vous m'affligef , elle répond : Je tout dirai des folies si cela peut vous amuser. Une jeune fille telle qu'Iphigénie a pu laisser échapper cette saiUie qui est de son &ge. » Id. « Je ne garantis point du tout qu'au milieu de la plus profonde métaphysique il ne me prenne tout d'un coup une saittie extravagante, et que je ne transporte tout d'on coup mon lecteur dans la lune. » J. J. « L'imagination est une folle qui se plaît à faire la folle. Ses saillies , ses mouyements imprévus TOUS divertissent. » Mal.
I* Veriigo , quinte. L'un et l'antre sont £aimiliers.
Mais le vertigo est accidentel , et la quinte habituelle. On dira dans une occasion unique : quel ferftyo lui prend (Mol.) 7 Et en parlant d'un travers auquel on est sujet : quand sa quinte le prend, le tient.... (Acad).
CAPRiaEUX, FANTASQUE, QUINTEUX, BOUR- RU, BIZARBB, HÉTÉROCXITB. Ces mots signifient des défauts qui consistent à s'éloigner de la manière d'agir ou de penser du conunun des hommes.
On est capricieux dans ses déterminations : un choix capricieux (Mol.), la fortune capricieuse (AcAo.). On est fantasque dans ses goûts : « Les sajous (espèce de singes) sont fantasques dans leurs goûts et dans leurs aflections. » Buff.
Ta^e eneor peint, dis-moi, \ti/antasaue inégale Qui , m'aimani le matin, souvent me hait le soir?
Boa.
On ne gouverne pas aisément le capricieux : un enfant ou un animal capricieux est rétif, indocile. On ne contente pas aisément le fantasque : ■ Si vous êtes si fantasque, il n'y a pas moyen de vous contenter. » Reg5. Yoy. l'article précédent.
Quinteux se dit proprement de certains animaux domestiques, d'un cheval (Rbgn. , Marm.) , d'un mulet (Laf.), d'une mule (Les.). Appliqué à l'homme , c'est un terme familier qui représente quelque chose de périodique.
Morblctt, votre raison raisonne en précieuse, ti je crois franchement qu'elle est un peu quinteuse. TamAt elle dit blanc , tantôt elle dit noir; Elle blâme au matin ce qu'elle loue au toir.
Dut.
Bfmrru et bijtarre expriment chacun d'une manière particulière Tun des points de vue du d^utdont il s*agit, savoir houmi, le mauvais eflet, le désagrément qu'il cause aux autres, et bt^HTerétrangeté^ Rien de plus choquant que le boum», de plus extraordinaire que le bi^tarre, —
On dit un chagrin bourru (Mol.), une humeur bourrue (Laf.).
Voici notre hourr» qui brusque tout le monde.
Dut.
<E Rouillé , procureur général de la chambre des comptes, était un rustre brutal, bourru, plein d'humeur, qui, sans Touloir être insolent, en usait comme tous les insolents, dur, d'accès insupportable. a> S. S. Bixarre veut dire tout à fait singulier, a n y a encore sur la terre des peuples chez lesqueb un singe passablement instruit pourrait vivre avec honneur; on ne lui trouverait point l'esprit singulier ni le caractère bixarre, » MoNTBSQ. oc Les coutumes de ces ditTé> rents peuples de l'Inde sont fort singulières , et même bixarres. 9 Buff. — Aussi bourru et bixarre se mettent très-bien après capricieux, fantasque et quinteux , pour les déterminer ou y sgouter. Une femme capricieuse et &t>arre (d'Al.) ; un homme fantasque et bourru (BoiL., S. S.). « Il est quinteux, bixarre, » Dbst.
Hétéroclite y du grec IrepoxXtTOc, dont la déclinaison est irrégulière , annonce d'abord un défaut grammatical ou littéraire : une expression hétéroclite (Lab.); des rimes hétéroclites (In.); le marivaudage est un langage hétéroclite , le mélange le plus bizarre de métaphysique subtile et de locutions triviales (In.). — Ensuite , il se dit familièrement de l'homme lui-même et de ce qui se rapporte à l'homme. Mais alors il indique un défaut de forme, et non pas de caractère, une bizarrerie qui rend ridicule plutôt que dépUisant.
Ah! te voilà, Thaler! U mine kètérocUte Me réjouit l'esprit. Régit.
< Parbleu, voilà une figure bien hétéroclite, » De8T. « Je crains d'être déplacé au milieu d'un monde que je ne connais guère, et à qui je dois paraître un personnage bien hétéroclite, »
DUOEFF.
!• CARESSER, FLATTER ; — 2» CAJOLER , FLA- GORNER. AMADOUER, Chercher par ses manières ou ses discours à plaire et à gagner.
Mais caresser et flatter conviennent à tous les
genres de style ; cajoler, flagorner et amadouer
sont du langage familier seulement. Vous trou-
1 verez les premiers dans la haute poésie , dans la
tragédie , dans les discours de la chaire ; vous ne
j rencontrerez les derniers que dans les conversa-
I tiens , dans les poésies légères , dans les lettres et
i les comédies. Différence qui suffit pour autoriser
i entre ceux-ci et ceux-là une séparation capi*
taie.
l*Carefs#r, flaUer.
Caresser vient de carus, cher : c'est traiter comme un objet qu'on chérit , témoigner à quelqu'un qu'il nous est cher. Flatter est formé de flare, souffler, à cause que le /lollettr remplit de vent ou de vanité ceux qui l'écoutent , et qu'il les enfle de la bonne opinion d'eux-mêmes. Donc, on care«e en marquant de l'affection, et on flatte en marquant de l'estime.
En caressant, on s'atUque à la sensibilité; et, en flattant , à l'esprit. « Bientôt les auditeurs con^ damneront encore le prédicateur, s'il ne sait pas carewer les tendres oreilles, et flatter par quel*
DEUXIËIE. PARTIE :
que ooaiel artifice, coateattr ou surprendre leur goût ou raffiné ou bizarre. > Boss. -* On caresse par toutM sortes de démonstrations d'amitié; on flaUe en louant. Labruyère dit de Richelieu , « qu'il a.aim& le» gen* de letAfes , qu'il les & eor ressés , favorisés* » Et ^ suimat Bourdaloue-, « tout homme yeut être loué , flatté^ admiré. «
On caresse ea s'adressant au cœur, et au nom du cœur , par des marques d'attaohament. « Ne pouvoir, sans frémir d'horreuc, voir un homme earêssmr et obérir k meurtrier de son père. » Pasg.
Bajsset ■ajourd'lnii m'honore et me camte^f Ses périls tois les jours réveillent sa tendresse.
(Acomal dsns Bujwut.) Rac;
Le lion de Lafontaine laisse rogner ses griffes, de peur qu'elles ne blessent la jeune fille dont il est amoureux , quand il voudra la oorss^tfr. — On flatte en s'adressant à Tamour^propre et à la va> nité , en laissant on en ûiisant voir qu'on a une haute idée des qualités et du mérite des personnes, c Nous haïssons la vérité , on nous la cache ; nous voulons être flattés, on nous flatte; nous aimons à être trompés , on nous trompe. » Pasc. « L'abbé Dubois flaUa son élève (le duc d'Orléans) du côté de l'esprit, lui persuadant qu'il en avait trop et trop bon pour être La dupe de la religion.» S. S. « Ou'est-ce que cet usage si proCtné d'éloges et d'actions publiques, où le mensonge et la flat^ teriê triomphent impunément de la vérité? » Bouan. « û'ordinaire co sont nous autres gens de lettres qui fhttons les ro»; celui-là (le rot de Prusse) me louait depuis les pieds jusqu'à la tète. » Volt,
Au propre , caresser^ c'est témoigner Son aflëc lion de la manière la plus tendre , et particulièrement par des embrassementa, ce dernier mot étant pris dans toutes ses acoepCions.
Ssns cesse, miit et jour, )e te carasserai, Je te bouchonnerai , baiBerai, mangerai.
(Amolpbe i Afoès, £lco2e iàu/empms.) Mol.
• Tenez çà que je vous embrasse, que je vous caretfs. » Sév.
On le MrM#« (Sinon), on l*amedoue.
Notre roi le baise à la Jone. Scasa.
Une caresse , surtout quand on parle des enfants , signifie d'ordinaire un baiser.— Floller, c'est seulement toucher doucement de la main , comme le vent qui soufle (/lof) sur les objets, qui ne fait que les effleurer : on flatte un cheval de la main ou aivec la main (Agad.) ; un chien flatte son maître avec sa queue ; Calypso flatte TAmour (Fén.) , c'est-à-dire qu'elle lui passe doucement la main sur la tète et sur le visage. — De là vient quo ca'nesisr enchérit sur flatter. «GlTcère flatU son mari , elle le coreise , elle invente tous les jours pour lui d* nouveaux noms , elle n'a pas d'autre lit que celui de ce cher époux. » Labr. « Elle flattait l'oiseau, le sartssait, le baisait.» Volt. «Madame des Ursins était /lof (mise, caressante, insinuante , mesurée , voulant plaire pour plaire.» S. S.
Ainsi, les caresses sont des démonstrations d'un sentiment affectueux ; les flatteries , des louanges mtniongèpes , an moins par exagération. — Les eoressee réussissent sartout auprès des personnes •eniibles, bonnes, aimantes, jalouses d'être ai-
mées ; les flatteries ^ taprèa des pcamums avides de louange, qui ne désirent rien tant quê de s'entenéfB vanter on applaudir.
i^ Ca}9ler, /kiforner; amaâoueri
Cajoler, éerif aussi cagsoler, vient de tttge fie ce^oùur est comme l'oiseau en cage, lequel pm ses chants, attire les aitit» oiseauc sens l'osil et sons la main du obass«ur, ou comme le chaswar lui-même qui appelle et feit entrer les oiseanx en e9§e, c A peine ai«je ttvuvé quelqu^ton qui ne s'avilH pas à cajoler Mement un bomm» qu'ils voulaient tromper, comme on es^oie un ofamn niais qu'on vient prendre, v J. l. ^ dealer 9m dk surtout qmmd il est question de ftmmes anrquelles on conte des douceurs- pour lev amener insensiblement dans le piège; hors de là, il signifie tenir des propos obligeants et agréables pour induire quelqu'un, sans qu'il s'en doute, à ooB»mettre une sottise ou une faute. « Si Onnphrese trouve bien d'un homme opulent, il ne eejoSs point sa femme , il ne lui fait du moins- ni avance ni déclaration ; il est encore plus éloigné d'employer, pour la flatter et pour la séduire, le jai*gon de la dévotion. » Labb. « Vous en avez usé avec moi comme une jeune coquette qui se pare de tous ses charmes pour séduire un pauvre vieillard à qui elle donne des désirs inutiles. Tous m'avez cayolé. » Volt. « Les Français s'émancipent un peu trop, et s'attachent en étourdis i conter des fleurettes  toutes celles qu'ils nsneoii* trent.... L'on n'est pas bien aise de voir taasu moustache cajoler hardiment sa femme ou. si maîtresse. » Mol. « Une jeune marchands eo^ un homme une heure entière pour lui ftdre èd» ter un paquet de cure-dents. » Movtmq. « Pour vous éoarter de l'objet particulier , cet écrivain flatte votre amour-propre en étendant vos vues sur de grandes questions; et tandis qu'il met ces question? hors' de la portée- de cens qu'il vent séduire , il les eajoU et les gagne en paraissant les traiter en hommes d'Stat. » J. X.
F^x^offier&eu d^abord le sens de dénoncer, et flagorneur cehû de délateur (Nicon). Ce mot rappelle l'action d'un valet qui s'insinue dans VespHt de son maître par de faux rapports sur ses camarades. La flagornerie ou plutôt le ftagomage est donc un genre de flatterie ignoble, impudent, maladroit. « Dans la préface de ce livre je vis de si grosses louanges de moi, si manssadcmart plaquées et avec tant d'affectation , que f en Ito désagréablement affecté. La rude flagornerie qui s'y faisait sentir ne s'allia jamais avec la bienv«tt» lanoe. »Ul, « Des ofiBoiefs me venaient voir i Motiers , ayant feit^ disaienti-ils , bien des lieMi pour venir voir et admirer Thomme illustre, eé^ lèbre , etc. ; car dès lors on n'a cessé de me jeter grossièrement à la face les plus impudentes flagorneries. » In. « On n'obtient jamais par la flagornerie démagogique qu'une influence éphémère et une longue ignominie. » Lah. « Il n'en coûtait pas plus à Piron pour /to^omar un bouffon (Dominique-Arieqnin) dont il avait besoin que pMr outreger un bon écrivain (La Chaussée) qu'il taÉb^ sait. » In.
ilmadouer, c*eBt employer de petits uwywr, qu'on a inventés pour mener quelqn'oo où Vmt
STNONTKSB k ttADiGÀUX DIVERS.
vrai; flttfléee tilûiiM odivttr qA& riftiMe et dont se strvmt asMz 80Ut«nl-les'Tale1»de oottédY». « Oii est HerUn (un valet)? je le trouve admimble' pour faire WM r«se(mree, peur écarter' les «créanoiera, ammd^uer (tes uMiîen, persuader des mar^ duBdB. V K8«fr: « Ces vieilles fitles sont disftitre'ment dégourdies : il n'y a pas moyen de les amadtmer; et je tois que j'aurai bien delà pdne à gftgaer eâile-ci. * Bïst. « Le peuple d'Athènes va eo feule afu thé&tte d'AristopHane s'entendit dire qu'il aime à être fkttté, earesté par ses orah teuts, et que celùt qui sait leniteux YhiMidoUêt esf son maître» > Vaumi
GeUn qui cc^oU est dbttcefêux et séduisant; celui qui ftayornB n*a rieu que de bas et de grossier; celui qui amadoue' est- subtil et industrieux.
gautacb, BomifiBftiB, kassagrb, -- rv^'
RTB. Vieurtre ou mise à mort d'un oertain nombre dliomffles à U fois.
Camagê, du latki eoito, tamis, chair, exp'rîme purement l'action de fstire chair, de tailler en pièces^ en norceaui, de répandre le sang. C'est un terme énergique qui montre* à l'œuvre , qui peint la destruction de la vie , Airieuse , aehamée. « Pourvu qu'il s'afTbrmisse la couronne sur la tête, Héfode ne compte pour rfen de remplir de sang et de camwgt -tout un pays. » Boukd. <r Des hommes de guerre , gens de carnage et' de sang. » Bofts. «* Voilà f ce me sentie, assez de eama^f*. assez de sang répandu , assez de chairs dévorées , aasez de feux allumé», v lo. oc Hérs, qui favorisait le otuel et intrépide Adraste , voulait , par lui , pYt>k(iigeT les horreuR de la guerre et multiplier les ettmoyef. v Féif . « PhiloctMe répandait autour de lui le carnage et Vliomur pour repousser les eflbrts d*Adrastè. vin. « La rage suocéda* à' la patience (chez les protestants); ils imitèreift lés ci^ietntés de leurs* exmemis; neuf guerres' civiles remplirent la France de coma^f. v Volt^ <rLes Sarrasins, vtjyant le camagre- que' Kodomout faisait des chrétiens, secondèrent ce fnrieur. « Les. Une lloaiie vient, monstre ioorprtnmntia erttlfltet Xy^m^cantm^é rècent4a. gueule Mt'teote teiuiUs. iMf.
Bàueherk, action de tuer comme mi'héuehtr ou comme dians une boucherie, suppose des hom*me9 sans défense nàunis en un même lieu, espèce de troupeau qui est sous la main et qu'on n'a qu'à égorger. « Ces malheureux- ne peiuvaient se défendre , on en Ht une horrible froucfierie. » AaA.0: « Le» Saissé« avaient» fiit une horrible "beucteerte de» lansquenets, quoiqu'ils eussent mis les armetf bas. » Boss. « Jérusalem ayant été prise par lee croisés, quelques' chrétiens conduisirent les vminqueurs'dansles^caves les plus leculéev, où les mères se cachaient avec leurs enfknts, et rien ne Alt épaigné: Aprèr cette heticherie..,, wVo^. « Camille sortit- d'Ardée pendant une" nuit obscure, et surprit les Gaulois en^veHs dàti^le Vfn^ U en fit une honible Vûwherie. » Vert. a<SamUle d*aberd fait jeter de grands cris à tous ses soK data , et commande aux trompettes de seuner pour effrayer les-baibares qui , à ce grand bruit, rêriennent à' peine de leur sommeil et de leur ivresse. Ce ne fut point un combat, mais une IwméheHei v Roll.
Maiuacf&, action' detuer en vwise , donne à entendre qu'on n'épargne personne , qu'on immole tout le nHmde pêle-mêle , indistinctement , et' à' ce mot s'attache l'Idée d'un grand nfombre, d'un amav, d'une multitude de gens. « Fatale joufnèe dans laquelle les soldats romains^ étant entrés de force dans la ville de Jérusalem , sans faire aucune distinction de sexe ni d'âge, les enVeloppèreiït tous dans un massacre commun. » Boss^. « Les Irlandais complotèrent d'assassiner tous les protestants de leur fie , et en effet ils en égorgèrent plus de quarante mille. Ce massacre.,.. « Volt. oc Ce fut à Santon que se donna la plus sanglante bataille qui ait dépeuplé l'Angleterre. Il y périt plus de trente-six mille hommes.... On combattait alora de près, et l'acharnement produisait ces grands massacres dont il y a peu d'exemples depuis que des troupes réglées combattent pour de l'argent. » In. « L'erreur d'un roi qui se flatte sut ses prétentions cause souvent des ravages , des (fefflines , des-tnowtferM , des pestes. » Fé» . « Oh n'osait d'abord proposer au roi (Charles IX) un M grand carnage, et on ne lui parlait que des prin* cipaux; mais il répondit en jurant que, puisqu'il fallait tuer, il ne voulait pas qu41 restât un seul huguenot pour lui reprocher le meurtre des autres. Ainsi, on conclut un md«acre universel. * BOss. — - Il Se peut que le massacre ait lieu , comme la l>ou(rhertc, à l'égard de gens désarmé* -, qui ne se défendent point; mais cela n'est pks aussi essentiel au massacre qu'à la boucherie , et d'ailleurar dans le massacre les gens ne sont p» comme dans la boucherie rassemblés en un même lieu, en une enceinte, et, par conséquent, eU nombre asser limité. Lorsque l'empereur Théo* dose fit égorger par ses soldats les habitants de Thessaloniquéi dans le cirque où ils avaient éUè invités à' \en\t assister à des jeux, ce fut une bouéherie (Voit.) ; s'il est vrai qu'une légion, toute conïposéédè'chrétien» et appelée Thébéeane, ait été massacrée par Mazimilien Hercule danè une gorge étroite du Valais , ce fa^t mérite encore proprement lé nom- de boucherie (Volt.): Mais le matsacre de la Saint-Barthéletay, le massacre des Imiocenti, celui des Vêpres siciliennes, crfui des Romains répandus^dans les États de Mithri* date, ont eu un champ plus vaste efottt- fait pé* rir de plus nombreuses victimes.
Accessoirement on peut encore remarquer cWl'. Carnage fait penser à l'action et à ce qui eurô^ suite ; encourager au carnage^ échapper au carnage, lecariwge dura jusqu'à la nuit*, être altért de cérna^e, remplir tout un pays de sang et de carnaye, certains animaux vivent de camùffiK Béueherie se rappporte au lieu : conduire deè soléats à la boueheiHe; sous* la Tferreuf, on a vu traîner les citoyens à une boucherie ton*jours ouverte', dans la âaint-Batrthéleniy toute* les rues 'de Paris n'étaient plus que boucheries (Boss.). Massacre emporte une idée de conftisHm\ de mélange , de désordre : on appelle massacre un ouvrier qui bousille , qui gâte la matière, fiute de savoir lui donner une forme convenable. « C# n'était plu» , dans cet amas confos à'h^maim acharnés lès uns sur les- autres, que i»aW(M?r«^ vengeance, désespoir et fureur bratale. » Fé«^