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DEUXIÈME PARTIE

Tuerie est un mot à part : il ne se dit que dans le style familier et à cause de sa terminaison qui est familière et parce qu'il a été formé de tuer» le plus commun des verbes , qui , dans notre langue, signifient donner la mort. Dans une épître fomilière à M. de Turenne , qui venait de battre , à Sintzeim , le prince Charles , duc de Lorraine , et le comte de Caprara, général de l'empereur, Lafontaine dit :

Vous avez fait , seigneur, an opéra.

Quoi! le vieux dnc, suivi de Gaprara : Quoi ! la bravoare et la matoiserie?

Grande esl la gloire , ainsi que la tuerie.

Mme de Se vigne se sert aussi volontiers de ce terme peu usité : « Vous avez jugé très-juste et très-bien de Bajazet.... Le dénoûment n'est point bien préparé , on n'entre point dans les raisons de cette grande tuerie, s « On perce M. de Longueville de cinq ou six coups. M. le duc le suit , M. le prince suit son fils, et tous les autres suivent M. le prince (à une attaque) : voilà où se fit la tuerie qu'on aurait très-bien évitée, si....»— C'est parce que tuerie n'est pas noble, qu'il se dit des meurtres qui arrivent ou peuvent arriver dans une grande foule, dans une grande bagarre.

CARNIVORE, CARNASSIER. Ces deux mots se disent des animaux qui se nourrissent de chair.

Carnivore est un terme savant , traduit du latin eamivorut^ qui mange de la chair, et adopté au zviii' siècle par les naturalistes, pour distinguer les classes d'animaux par leur nourriture. Carfuusier marque par sa terminaison le métier, l'occupation exclusive , l'habitude constante et le goût particulier. L'animal carnivore mange de la chair, mais il n'en fait pas métier, pour ainsi dire , comme l'animal carnassier. Celui-ci ne vit que de chair; celui-là peut aussi manger des productions de la terre. L'homme , le chien et le chat sont des animaux carnivores; le tigre, le lion, le loup sont des animaux carna$sieri. La chair est une nourriture de carnivore , et la nourriture propre du carnassier.

Toutefois , cette différence n'est pas toujours observée dans le langage commun , même dans celui de l'histoire naturelle. Ainsi, on appelle assez souvent carnassiers des animaux qui ne sont rigoureusement que camtrores, l'homme, par exemple. Mais il existe , entre les deux mots , une autre différence à laquelle on se conforme plus généralement.

Devant la terminaison t>r, carnassier^ écrit aussi eamader, contient la syllabe ass ou oc, latin ax, laquelle exprime la ténacité, la rafMicitéy l'acharnement. En conséquence , carnivore, terme scientifique, désigne ; earnasiier qualifie. Un animai est ou n'est pas carnivore , il ne l'est pas plus ou moins. L'animal carnassier l'est plus ou moins. « Et moi , dit l'ours , je suis fort, courageux , carnassier , tout autant que le lion. » Tin, « Ces corbeaux ne sont pas aussi carnassiers qu'on le croit communément. » Buff.

Carnivore indique à quel genre appartient un animal , et ce mot ne s'applique pas à autre chose qu'aux animaux : on ne dit pas la dent carnivore comme on dit la dent carnassière (Buff.) du loup, du renard, de la fouine, de la belette.

a L'unau et Ta! ont les intestins très-petits et plus courts que les animaux carnivores. » Bofp. c Les vautours paraissent être conformés nonseulement pour être carnivores , mais granivores et même omnivores. » Id. « La longueur de Vmtestin du corbeau est moyenne entre la longueur des intestins des véritables carnivores et celle des intestins des véritables granivores. » In. « U nature a organisé l'homme pour être également et carnivore et frugivore. » Marm. < La conformation des dents de l'homme prouverait seule que la nature l'a destiné à être carnivore. > Uh. — Carnassier représente l'animal conmie ayant la goût ou la passion de la chair, comme avide de chair, comme vorace et féroce. « Ceux de ces oiseaux (les chouettes , oiseau carnivore) qui sont les plus vorace^, les plus earnasWerf, mangent du poisson , des crapauds , des reptiles , lorsque la chair leur manque. » Buff. « J'ai vu encore, en Ecosse , des restes de l'ancien fanatisme qui avait changé si longtemps les hommes en bétes carnassières. « Volt. < T eut-il jamais on brigand qui respectât moins la foi publique, le sang des hommes et l'honneur des femmes , que ce Bernard Van-Galen, évêque de Munster.... Il passait du lit de ses concubines aux champs du meurtre , comme une bête en rut et carnassière.* Id. c Je vois s'allumer entre vous les feux d'une haine infernale : armés l'un contre l'autre , vous vous déchirerez comme des bêtes carnassières. • Marm.

De même, entre les honunes, qui tous sont camtvofM, on appelle carnassiers ceux qui aiment particulièrement la- chair, qui la recherchent avec un violent appétit et s'en nourrissent uniquement ou à peu près.

CAS, CIRCONSTANCE, CONJONCTURE, OCCA- SION, OCCURRENCE. Tous ces substantifs, selon l'expression de Romani , sont phénoménaux , c'est-à-dire qu'ils servent à indiquer où, quand, dans quel état des choses, et dans quel cadre, en quelque sorte , ont lieu ou se passent, ou bien doivent avoir lieu ou se passer des phénomènes, des faits , des événements. Une chose arrive , ou on fait une action dans tel cox, dans telle ct'rconstaneSy dans telle conjoncture ^ dans telle occasion , dans telle occurrence. Gomment agiriez-vous en pareil cas^ dans une pareille circonstamie , dans une pareille conjoncture , dans une pareille oecofiofi , dans une pareille occurrence?

Le mot cof, principalement usité dans les sciences et dans les disputes, se distingue nettement de tous les autres en ce qu'il se dit dans l'ordre des idées et non dans l'oridre des faits. Il convient dans les matières abstraites , dans' les sujets de discussion où il s'agit , non pas de ce qui est effectivement arrivé , mais de ce qui est oaswH , de ce qui pourrait ou pourra arriver. En cas de malheur; dans ce ou, il faudrait.... c Quand on raisonne, on doit tout prévoir, surtout les cas les plus naturels, conséquemment les plus possibles. » S. S. « Il attend que les hommes préfèrent à Homère les poètes modernes; il se met en ce ca< à la tête de ces derniers. > L^lb^- Le cas étant quelque chose d'idéal, d'hypothétique , de purement conçu , on ne dirait point :

SYNONYMES À RADICAUX DITERS.

profitez da coi; ni, dans ce cas, il fit marcher ses troupes ; ni, je yiens de trouver, pour agir, un cas (aTorable. Dans ces phrases et autres semblables on doit se servir des synonymes de cas , tous capables d'exprimer quelque chose d'effectif. — Ensuite , le cas a rapport i une règle : les moralistes , les législateurs , les médecins prescrivent la conduite qu'il faut tenir dans tels ou tels cas, « Il y avait des cas particuliers où les rois déféraient au peuple le jugement souverain.» Bois. «On ne doit pas employer le châtiment des verges sinon dans certains cas dont je parlerai. « Roll. « Tibère n'appliqua point cette loi aux cas pour lesquels elle avait été faite, v Montbsq.

Les dramsîances et les conjonctures sont des choses ou des faits accessoires par rapport à un fait qui se trouve comme placé au milieu ; elles influent sur lui et peuvent contribuer plus ou moins à le produire. Elles diffèrent de deux manières.

1* Conjoncture , concurftu rerum , en vertu de son initiale eum, avec, ensemble, signifie une rencontre de circonstances , une complication d'événements , d'affaires ou d'intérêts; si bien qu'on ne dirait pas un concours de conjonctures, comme on dit un concours de circonstances , ce serait un pléonasme. On se sert bien de ce mot quand des partis sont aux prises , quand une querelle ou une guerre est engagée , quand deux événements se rencontrent , comme , par exemple , la mort d'un général et la défaite de ses troupes , ou bien une victoire sur terre et une autre sur mer ; on dit alors ; dans cette ou dans ces eon;o7icture(.... « Dans la chaleur des conjonctures présentes. » Volt. Les conjonctures sont, d'ordinaire, embarrassantes et perplexes : c 11 n'est ni conjoncture. difficile, ni perplexité où il soit permis d'adoucir la loi de Dieu j mais les conjonctures les moins embarrassantes nous fournissent des prétextes pour la violer. * Mass.

t* Les circonstances, drcum stantia, choses qui se tiennent autour , ont avec le fait un rapport plus prochain ; elles l'entourent, ou même elles en font partie , elles en sont des particularités : les circonstances d'un fait ; une action a été accompagnée de telles ou telles ct'rconftancef. Les conjonctures, eonjuntta , choses jointes à ou avec, sont en dehors du fait, et souvent à une assez grande distance. « La conjoncture et la circonstance sont à la chose comme deux cercles concentriques à un point donné : la circonstance est le cercle renfermé dans la conjoncture. La cofi/one(«re influe de loin sur l'événement ; la circonstance touche, pour ainsi dire, à l'action.» RouB. Des circonstances favorables assurent le succès et en sont le commencement; des conjonctwes Eavorables le présagent, le font présumer, le préparent de loin. Votre ennemi est attaqué par des nations voisines et déjà affaibli par des défaites; dans ces circonstances, vous lui déclarez la guerre. Votre ennemi a indisposé quelques alliés, perdu un habile capitaine; la saison est bdle : dans ces conjonctures , vous lui déclarez la guerre. On profite des circonstances , elles sont tout appropriées au fait; on consulte les conjonctures, il faut savoir en tirer avantage, t For«

ces par les conjonclureff et les circonstances du temps, malgré leur aveuglement, les Juifs semblaient quelquefois (à l'égard de J. C.) sortir de leurs préventions. » Boas.

Occotion, ob cadere, tomber devant, an devant, exprime une circonstance ou une con/onclure de temps fkvorable pour entreprendre ou exécuter , une opportunité qui nous tombe tout à coup, soit qu'elle arrive inopinément, soit qu'on l'ait attendue ou cherchée. On saisit rocoofton ou on la laissa échapper. Voccasion diffère donc bien de la ctreonftonce et de la conjoncture. Celles-ci d'abord ne sont pas toujours favorables : on se trouve dans de tristes , dans de cruelles , dans de pénibles circonstances ou conjonctures. Les etreonstaneet ou les conjonctures de la vie. Dans ces phrases, occoiton serait impropre.— Ensuite, même quand les circonstances et les conjonctures sont favorables, elles n'arrivent pas tout à coup et ne sont pas passagères comme l'occoWon ; ce n'est pas quelque chose de nouveau qui se produit subitement et va s'enfuir, mais plutôt un état fixe des choses dont on peut profiter sans empressement. « L'amour de Dieu vous élargira le cœur et vous fera décider sur-le-champ dans les occasions pressantes. > Fiir, « Il y a un temps où les filles les plus riches doivent prendre parti : elles n'en laissent guère échapper les premières occasions sans se préparer un long repentir. « Labr.

L'occurrence 9 oh eurrere, courir devant, au devant, diffère de la ctrconsfunce et de la conjoncture , comme l'occasion , en ce qu'elle s'offre à nous, nous échoit tout «à coup, i l'improviste. c La présence d'esprit se pourrait définir une aptitude à profiter des occasions pour parler ou pour agir. C'est un avantage qui demande un esprit facile , l'usage des affaires, et, selon les différentes occurrences, divers avantages : de la mémoire et de la sagacité dans la dispute.... » Vauv. Voccurrence a même cela de plus distinctif encore qu'elle est toujours fortuite , jamais attendue, ni cherchée. Outre ce dernier trait, qui la sépare déjà de Voccasion, elle n'est pas essentiellement favorable comme celle-ci; on ne dit pas Voccurrence d'agir comme l'occosion d'agir, pas plus qu'on ne dit la circonstance ou la conjoncture d'agir; mais on dit bien une f&cheuse occurrence, et, dans toutes les occurrences de la vie. « Cependant, le feu (l'amour) s'allumait. C'étoit un feu caché.... Une fatole occurrence l'a fait éclater. » Bourd.

CAS (AU) QUE... , EN CAS QUE.... Supposé que.

La présence de l'article dans la première locution la rend plus précise : au cas que , c'est-àdire dans le cas déterminé, examiné, prévu, où.... En cas que, c'est-à-dire si par hasard.

Au cas que se trouvera ou se mettra plutôt dans un acte , dans un code, dans tout écrit où on spécifie bien les cas et où on pèse les termes. Une quitUnce de Beaumarchaw porte : «Et au cas que M. le comte de U Blache n'ait pas de peintre du premier mérite, il sera obligé de faire copier ce portrait par le plus habile peintre de Paris, a Les féciaux toisaient des imprécations contre eiu- I mêmes et contre leur cité, au cas qu'il leur arri-

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T&t d'en impoMT. » Oond« « QuMfe^éUphB sApolA^ qu'au. OM dei- Ut mool du dernier duc, U gardenH la Paméranitt ett séquestre- jusqu'au remboursement des frai» de !& guerre, v Vo^.^ Oa dit, au eonrtmiTe,.''^^ C99 de besoioTy en cas d'aeoident, etrieiii de plue vague que cesr exprès* sione. C'est aussi. le oaoaotëre d'en eor fiie, doet on. se sert surtout' dans la. convenation ei. quiAd on parle aveer peu de rigueur. « Le pirince royal m'a envoyé 1& comte Bork ,peur m'offrir aft maK son i Londres, en eau* gâte je. voulusse.' y aller*, coBune le brait en. a ctourtu. » Vûvr^ii Tout ee qu'on peut dire der oes personne» y en^ coa- ça^'on soit obligé d'en parler , c'eet qWelles -oat commis telle ou telle faute.'» Nie.. « liarqnex toutes oes fautes en votre eaeoBpilairey.afiu de neus l'envoyer en car qu'on, fiuse une aecond& impression. » Buse.

Bn outre, att< c«v ^ cause de sa précision^ &-em> ploie bien quand U. est question d'èifrénemeiits présents ou passés. « Janâénius n'est hérétique qu'au cas q»'il soit conforme à oes^reurs condamnées. » Pasg. «Je ne donnerai ici les règles que de la première métbeAe ; et encore aif ùos gw-on ait acoordè les principes. *' Id. « Les Péruviens n'auraient pas oacbé à. Garoilasso le secret de consenrer les cotrps , on cas quê cet art eût. encore été- connu au. Pérouw » Btirn. Mais en cas ne oonvient que quand il< s'agit d^événements à venir, et, par conséquent, mal déterminés. « pémecrite promit à Darius de faiFe revivre la reine, en cas qvé Darius lu» pût fournir dans ses Êtuts trois personnes àquiil ne fût rien arrivêde désagréable. » Feu. « Je ne sais ce que je pourrais dire ou écrire assurément du bienfait de ce prince , eu eos qu'il sft présentât ocoasion de l'en remercicar. » Dbsc«

Enfin» au eo» désigne un événement plus? vraisemblable ou moins hypothétique, et en> cos un événement plus contingent, plus conditionnel, plus > incertain. « Louville se hasarda d'aller voir pas^ ser le roi d'Espagne, et pour tenter si , en le voyant, il ne swait pas tenté de l'entendre, au cas, comme il était très^possible , qu'on lui eût caché son arrivée. » &. S. « Quant à ce que vous tEOuvez de trop poétique pour pouvoir plaire à notre xnonarque, je le puis changer w cas que l'on lui présente mon ode; ee que je n'ai jamais prétendu. » Laf^

CASSER , HOHPRB ;. - BRISER , FRACA6SBR. j Mettre de force u&.coips solide en moroeaux.

Casser et rompre se resemblent beaucoup, mais non pas au point d'équivaloir l'un k l'autre. D'abord , ils ne se disent pas des mêmes choses. On.se sert de cosfer en parlant de celles qui sont fragiles, dont les parties sont seulement adhérentes, ou si roides et ai dépourvues d'^asticité , qu'elles se quittent, ou se séparent les unes des autre» plutût que de ployer. On casse le verre , la glace,. la porcelaine, la fiûencev le marbre, des tuiles, des œufs, des noix, et autres choses sem* Llablea. « La plupart des os aont d'une substance sèche et dure, incapable de se oourber, et qui peut être eatsée plutôt que fléchie. > Boss. Mais on rompt des corps dont les parties sont Uées oa enchainées les uneaaux-autretetquidenandsiil,

pour être séparées, qu'on les arrache leaunetam autres, qu'on déchire les lieas qui les^retienoflot ensemble. Oa vompt un ressort^ une perte, d« nœuds, des liens, une branohe d'arbre*., use lah guette et autMsoorps pliants.

J^aft songé eelle moit un songe épeuvaalable: Ea> tombant , bbod* mttolr s*est tM/i* sur mt taUe; Mon lacet s'est nmpu. Lap.

« L'essieu de derrière romptf tout auprès ds k roue; la rouo' tomba, nous vers&mes sans queU glaoe de devant, ni celle de la portière, da côté que la voiture versa,. aimt été cass^èr. » Daurr. D»plu6y>ractiQn de casser ne se fait pascomne celle de rompre, On^cassê «a frappant, en cIm»qnamt, en heurtant, ou. en laissant tomber. Le pot de ftr cosss le pot de terre qu'il rencontre. < Cntès^onna un grand- coup de bâton au travers de la marmite, et la cassa en plusieurs morceaux.» FÂK. « Oosnne Zenon sortait de son école, Use heurta contre quelque chose et se cassa le doigt» Id. On rompt en faisantcéder ou succombtr sous le poids ou le.<t efforts, en triomphant eofin dels résistance oppposée. Un fleuve rompt ses digoâs; en rapprochant les deux bouts d'un bâton encore vert^ on finit par le rompre ; en faisant certiiss efforts on se rompt les reins ; on est rompv de fatigue ; la surcharge des fruits fait ron^e les arbres. « Il a fallu que l'artère fût d'une forte structuse pour empêcher que le sang ne nnaptt ses vaisseauxà la manière d'un vin fumeux.» Boss. -^ Que si on casse plutêt de petits objets, comme un vase ou des œufs, et si on rompl plutôt des objets considérables, comme un essieu, un mât, un pont , c'est que ceux-ci exigent plntOt que ceux-là l'emploi d'une, force qui poufis, presse, fatigue et finit par faire plier .^

Enfin , bien que certains objets ne soient boas qu'autant qu'on les cof se , comme les noix et les œufsi, par exemple; cependant , en général, l'action de casser a pour effet de rendre la chose ooesée vaine , inutile ou insuffisante pour le service, suivant le sens du mot eassus , d'où vient costsr. Une bouteille cassée, un pot cassée ne servent plus ou servent maL Un arrêt cassé est nul; us officier cassé est sans emploi; un homme cait^,i raison de son âge , n'est plus propre À rien, pis même à accomplir les fonctions nécessaires à l'entretien de la vie. On caue des meubles, des instruments, des outils, choses susceptibles d'êtie mises hors de service. « Diogène cassa son éouelle comme un meuble qui lui était inutile.» FÂN. — Mais cette idée acoessoire est étrangère à rompre. On rompt le pain pour le distribuer ou pour le manger; un homme rompic aux alEûres n'y est pas impropre , tant- s'en faut. Rompre m cheval, c'est l'assouplir. C'en est fait d'un msr riage cassé; un mariage rompu signifie quelquefois un mariage en projet, qui ee pourra renouer plus tard.

Briser , du grec ^C9», Spiati^ SCptov, charger, fondre sur, est, par rapport À casser coDune p* rapport k. rompre^ augmentatif ou complétif. On brise en mettant , non pas seulement en motceaux, mais en mille morceaux , en pièeeS) en ruines, en débris^ et en agissant non pas. seuiemsRtde force , mais violemment Un veat iopé-

STNONTIESr À RADICAtir DIVERS.

tuertz hrisê un narire (fa'il jette contre un' roclier. « te Seigneur ne cessera de briser nmqnité, de h mettre en pièces. » Boss. « Cette statne' Clit hrisée et réduite en poudre, s Koll. « Peut-êttei qu'à force dé brUer un corps solide et d'en détacher toutes les pastiei , on le fait devenir liqpiidè. » Boss. « Dans sa colère , Moïse jeta les tables de la loi et les hrûa au pied de la mcmtagiie.» Voit. Achille, pour secourir Iphigénie, A sa kriser des Grecs Ifis trop Cublès Manières. Bac < IHcQ fit ehoix de Gyros...,.

Brisa les ficrs remparts et tes portes d'ainrin. Mit des niperbes rois la dépouille en sa main. fb. . . . Toulex-Tous que d'impurs assastfnt TienneoC irùer l^autel , Irûlep les ehérabittf? I».

< J. C. ne brifffra pas le roseau cassé.... fkiteï-en autant à yotre prochain infirme : prenez garde qu'en passant tous ne marchiez sur lui et n'acheviei de le rompre. » Boss. • Ce zèle amer et intraitable achève de briser un roseau déjà cassé. » V jiss. « Ame cassée et brisée , où l'eau de la grâce ne tieat pas. » Boss. c Craignez cette justice rigoureuse , qui fulmine , qui rompt et qui brise. » Id. c Vase de boue I celui qui Va fait' est en droit de te iniser; et loin de te briser, le foilà qui craint d'être obligé de ta rompis .* il te menace* par miséricorde. > Tkn.

Fracasser, du latin frangere, , fraetum, renchérit encore sur briser; c'est mettre en mille pièces , fuire Toler en éclats , et des choses fragiles, c'està-dire qui peuvent être cats^es, plutM que de& choses qui peurent Être rompues. On fhKosse de: la porcelaine ; le canon brtfe des remparts. « Les machines (Inventées par Archimède) , ramenant le vaisseau vers la terre, après l'avoir fait pirouetter longtemps^ le brisaient et le fracassaient contre la pointe des rochers. « Roll. c Après la tempête, des arbres épars* dans la plaine la couvraient àé leurs troncs brisés at de leurs branches ftacassées. » Hauic.

Llntrépide Httypoljte Toit voler en édats tour sea ehn/Hteassé: lUc.

CASTIOir,. GARAMT, BÉPOTfOANT. Diflérents noms applicables à un homme qui se f^t fort ou qui s'engage pour un autre.

Caution est le latin cautio , de cautus, avisé , prudent , de cavere , prendre garde, veiller à , se précautionner, prendre des mesures contre. Garant dérive du celte ou du tudesque toarrant, qui garde , défend , maintient. La caution se* rapporte plutôt à l'avenir; elle- vient à l'appui d^ine promesse et en assure l'exécution, «t Mai», soigneur astrologue , ces prospérités et cette glbire que vous dites que le ciel nous promet, qui en sera, caution ? » H ol. « Je vous suis bien caution que le titre dféncjclopédiste ne vousflra- aucun tort auprès de M. du Châtelet. > Y6CT.

Tous deviendrez aimable, et fèn «ulft eamHèn. lè. « Hegarder le passé comme* caution dfe Favenir: i* VaaT. a Oh ne peut s'assurer de rren avec tf . de Cambrai, qui fait toutimprimeriiors du royaume, sans que personne paisse lui servir de coutldn touchant le silence qu'il ofSte: » Bbss. « Quand saint Pierre descendlrait du ciel pour m'emprunter dix pistoles, et qu'il me dbnnerait la Thnfté pour caution, je ve les lai prêterais pas. v'J. l.

' <t L'homeur acquis est mMUtm dé celui ^'on doit acquérir. » Larocb. «• Je vwis promets, dit Sancfaa, sous la caution de IT. saint AnlN^e, d'être ici au jptir marqué. » Isa.

Le gairwitt conoeme plutêt fe présent ou le passé : il vient à l'appui d'une assertion dont il assure la vérité , d*une qualité ou d'un événeuaent dont il assure l'existence, «r Quand un auteur me rapporte un fait, je le crois dans une chose d'usage dont il a ses yeux pour- témoins, et pour garant la* foi publique. »'Boss. « Nous n^awns pour-j^oramt dte la validité de notre baptê«e que la seule autorité de l'fijslise. » In. « Horace' est mon garant , quand j'ose soutenir tyu'HomènB s%ssoupit un peu quelquefois. » Féw. « Il veut qu'on le croie sur parole et sans citer de ^foranUi^» Btrpr. « Cest une triste vérité qui apour garants tous les siècles où le luxe a régné. » Cowd. « Je ns descendrai pas jusqu'à des justifications : je neveux d'autre- j^aronf de ma oonéuite' que toimême, que notre amour, que mes laraMBi »

MOHITESQ*

Et dans mes sentSments , asser bien déclarer,

Yoi doutes Tcnconltaiem dès ga«r»i* »9«rés. Met.

Mbi, Je Mooaperais 8Qff*le«bamplesioieittes>.

ffU D^élBit pas 4f»(mt de tout ce qalft m'a dil. I». « Oes chevaliers errants d'une certaine réputation vent de pair avec les têtes couronnées, comsBe on le pevtlire dans' les livres de chsfvalfcrie, q>m sont garants de cette vérité.» Las. « Le vernis que tu vois sur cas médailles est garoMt de leur exoedlence; » In.

De phis , la ccmlien se'doifne aux perscmnes; et les rend dignes de confiance, les accrédite : un homme*, et non pas un objet , est sujet à cauiiom, •« On s'assura de ce prince, dont le pape el teroi d'Espagne se rendirent caution. » BosSi. « Celui qui était infininient riche (J. C.} se. oûtnstituait cautton pour les insolvables. » In. • J'ai- plus dfune raison de compter sur son cerart, el de meilleures caïutions de lui que lui-même. ■ J. i. « Cicéron sentit à la fin quel poids c'était pour lui que de s'être rendu la caulion d'Octave envers la république. vRoll. • Je complais bien que, peur me ftire trouver des espècea-, iine se refuserait pas d'être ma caution.* LEa««-Le garant se donne aux chose», et les rend sûres, selides, certaines, les «Mtifie, les autorise, c Bn se reodant garants de vos drohs, les médiateurs iFOua- ont dispensés de les défendre vous-mêmes^» J.- J* « Ils alléguaient mon expositton pour faraiit* de leur doctrine. » Boss-. « On nous regaiderait.aïic raison comme lea ftoteurs.et Isa ganwta^aaes erreurs. » Ini

Elle ne (Ut pis voir ssset • son* semimeat f ',

Quel guramt esl-caencov que votre amenr demnde?

Mou..

«' Je VOUS demande si je' dois être gwront* d'autre chose' que de ce que je dte. » Pasc. • Pow ra»surer les protestant», Henri lY avait donné le gouvenaementdh Poitou à Rosny; il ne pouvait pas trouver un meilleur' goron* de la bonne volonté» qu'il conservait pour eux: » Côiro. — Voas êtes coation* de votre ami, et garasd de sa' dette. La prudence commande de ne compter aar ks inconnas queimoyennant coniion. et ùa nrfinre

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