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DEUXIÈME PARTIE

fond sur les choses nouyelles que moyennant garant. Deux personnes solidaires sont cauiiont Tune de l'autre; le Tendeur est garant enyers Tacquéreur de la propriété de la chose qu'il lui a Tendue. On ne cautionne que les personnes; on ne garantit que les choses.

Le répondant est une caution ; car on est répondant d'une personne et non pas d'une chose , et ce qu'on certifie de cette personne, c'est sa conduite future. Mais caution, venant du latin, se dit principalement en termes de palais; d'autant plus qu'en latin même il était surtout usité au barreau. Répondant , au contraire, ne convient pas dans les matières de droit et de justice; c'est un mot du langage commun. « La réponse de saint Paul signifie une caution , ou comme nous disons, un répondant. » Boss. Il s'emploie bien dans des locutions familières , dans celle-ci , par exemple : « Voilà un bon répondant! » Acad. Et ce qu'il désigne ordinairement dans la langue conunune ou familière, c'est une sorte particulière de caution , celle qui rend bon témoignage d'une personne, qui atteste qu'on peut se fier à sa fidélité , qu'on en sera content. L'enfant qu'on baptise a pour répondant son parrain ; et le domestique qui entre dans une maison , la personne qui le présente et le recommande. « Chez les chrétiens, il fallait, pour être initié, des répondants , des cautions , qu'on appelait d'un nom qui répond à parrain , afin que l'Ëglise s'assurât de la fidélité des nouveaux chrétiens. » Volt. « Je n'ai, pour me recommander, ni protecteur ni répondant ; j'espère avec le temps être ma caution moi-même.* Marm . « Allons chez le licencié , qui a besoin d'un valet; je veux te présenter moi-même et te servir de répondant. » Lss.

CAVERNE, GROTTE, ANTRE, TANIÈRE. Lieux creux dans des rochers, dans des montagnes, sous terre.

Caverne, Utin cavema, de canea, cavité, qui a du rapport avec cap , racine de eapere , recevoir, contenir, signifie un lieu vide, concave, en forme de voûte. C'est le terme générique : aussi forme -t-il un adjectif cavemeu», et sert-il à définir ses synonymes. — Il a cependant une

un lieu de sûreté, c Un dragon gardait un trésor dans une profonde caverne. » Vin. Calypso indique à Mentor une profonde caverne où se troovent cachés tous les instruments nécessaires pour la construction d'un vaisseau (In.). Philoctète voyant Hercule en fureur (In.), les confesseurs de Jésus Christ persécutés par les païens (Boobd.). Mahomet poursuivi par les Mecquois (Volt.) , et le prince Charles Edouard Stuart par les soldats de Georges n (In.) , les calvinistes traqués par les troupes de Louis XTV (Id.) , les chrétiens d'Espagne dépossédés et tourmentés par les Maures (Les.) , se retirent et se cachent dans des cavernes. Crassus , proscrit par Marins et fugitif, ayant rencontré en Espagne, proche de la mer, une grande caverne ^ il s'y enferma arec son monde (Roll.).

Grotte, degrotta, qui s'est dit dans la basse latinité , d'où il a passé dans la langue itaiienoe. est le nom donné à des cavernes pittoresques que vont visiter les curieux. La grotte de fingil. « Les grottes où se forment les stalactites et les stalagmites sont communes, s Volt, c Cet accroissement des stalactites est très-sensible et même prompt dans certaines grottes, « Burr. s Quand je voyage , aperçois-je une groHe , je la visite. » J. J. — Le plus souvent les grctta sont de petites canemes. « Ces vides (produits par les eaux) forment des grottes et des caremer. > Buff. « Une caverne antique dans des rochers inaccessibles , une grotte formée par le temps dans le tronc d'un vieux arbre , au milieu d'une épaisse forêt, servent à l'ours de domicile. » Id.— D'ailleurs ces petites cavernes sont d'ordinaire des retraites champêtres décorées par la nature on par l'art. La grotte de Calypso. Si on se sauie dans une caverne pour y être en sûreté, hors d'atteinte , on se retire dans une grotte pour j être seul, pour respirer ou rêver ï, l'écart , pour jouir du repos. « Anaîs aimait les plaisirs solitaires : souvent elle quittait un palais enchanté pour aller dans une grotte champêtre. » Mortbsq.

Une grotte est auprès , dont la simple stractnre Doit tous ses ornements aux mains de la aatore. Un vieillard yénérable avait, loin de la cour,

nuance distinctive qui consiste en ce que la ca- Cherché la douce paix dans cet obscur séjour. Voit. veme. est propre à enfermer de tous côtés , « La fée se retira dans sa grotte , résolue d'y pas cooune sous une voûte. « Les ducs (oiseaux de i ser quelque temps à délibérer. » Les. — On dit proie nocturnes) nichent sur des arbres creux, , une caverne de voleurs ou de brigands ; les anaet plus souvent dans les cavernes de rochers , ou chorètes habitaient des grottes.

dans des trous de hautes et vieilles murailles. » Buff. s Les hommes , avant d'avoir construit des maisons , ont habité les cavernes. • In. s Les albinos

Vanire , grec âvrpov , est une caverne profondément enfoncée et pleine d*une obscurité qui n'empêche pas seulement d'être vu , mais noire .

ne peuvent soutenir les rayons du soleil; ils ne épaisse, ténébreuse, dans laquelle on est conun? voient que dans le crépuscule; la nature les des- , enseveli. « Au jour de la résurrection, Jésustinait probablement à habiter les cavernes. * . Christ ira recueillir nos restes dans le fond des Volt. « Une jeune fille sort du couvent comme j antres et des cavernes , dans les lieux du monde une personne qu'on aurait nourrie dans les té- . les plus obscurs et les plus cachés. > Bouan. Les nèbres d'une profonde caverne , et qu'on ferait \ cachots sont des antres profonds ; on ne peut tout d'un coup passer au grand jour. » Fiic. ~ percer les ombres de ces noires démeures, ni dé- Le plus souvent la caverne est considérée comme mêler les misérables prisonniers au travers de on lieu où on se met à l'abri ou à couvert , non ces afi'reuses ténèbres (In.). L'obscurité de ïentrt pas contre les rayons du soleil, mais contre les va d'ordinaire jusqu'à inspirer l'effroi et une regards ou les poursuites; c'est un lieu secret ou sorte d'horreur. « La demeure de Benoît, c'est on refuge. Aussi le mot latin cavere, si voisin de un antre ténébreux et plein d'horreur; on dirait tonema , signifie-t-il se mettre en garde , chercher plutôt que c'est un sépulcre que la demeure d'un

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

homme Tivant. » Boubb. — Ce mot offre presque toujours à la pensée quelque chose de sombre , d'aàreux et de redoutable soit par la nature même de la chose , soit par ce qui s*y passe , soit par ce qui l'habite. Vantre d'un lion (Fbn.), l'autre de Polyphème (Roll.) , Vantre de la sibylle (Fév. y BoiL.) , de la Jalousie (Montbsq.) , de la Discorde (Volt.) , de la Chicane (In.) , de l'Inquisition (ID.) ; les antres de la police (Id.). a Chaînes forgées par la tyrannie dans l'antre de l'imposture. » In. « N'a-t-on pas vu de ces débordements de l'espèce humaine , des peuples , ou plutôt des peuplades d'animaux à face humaine, sortir tout à coup de leurs antres , marcher par troupeaux effrénés, tout opprimer, ravager les cités, renverser les empires...? » Buff.

La terre t*onTre, et ne t'oflire à la vue Qq'iu anire sombre, enQimé , caTemeux , Où d'un brandon Téclat fuligineux Semble éckirer par ses lueurs fanèbres L'affreox manoir du prince des ténèbres.

J. B. Rouas.

Tanière^ dans la basse latinité et en italien (Ofui, cayeme, est une caverne habitée, non pas comme quelquefois Vantre , par une bête farouche, ce qui en rend l'approche redoutable et l'idée seule effrayante, mais par une bête sauvage. « Les animaux les plus sauvages et les plus solitaires sortent de leurs tanières quand Tamour les appelle. » Volt. « Un serpent qui se glisse entre des fleurs est plus à craindre qu'un animal sauvage qui s'enfuît vers sa tanière dès qu'il vous aperçoit. » Tin. « Les bêtes sauvages ont chacune leurs forts et leurs tanières pour s'y retirer. > Roll. — La tanière parait être spécialement la retraite du renard. « Sortez , monsieur le renard , sortez de votre tanière. » Dbst. « Les renards emplissent leurs tanières de cette proie. » Rkgn. « Les renards du Groenland font leurs tanières dans les fentes des rochers. » Buff. « Les renards ont leurs tanières , et les oiseaux leurs nids ; mais le fils de l'homme n'a pas où reposer sa tète. > Boss. c Dans le cœur de ce scribe se trouvaient des tanières pour les renards, c'est-à-dire des motifs secrets d'intérêt. » Mass. Enfin la tanière est plutôt un trou dans la terre, im terrier, qu'une cavité dans un rocher. Aussi dit-on qu'un misanthrope ou un solitaire sort rarement de sa tanière y comme on dit qu'il sort rarement de son terrier. — Au figuré , tanière signifie de misérables huttes. « Trois mille familles plaidant contre des moines redemandent la propriété de leurs déserts et de leurs tanières. » Volt. « Déterrer un pauvre homme de sa tanière, » Id. « Ces hommes se retirent la nuit dans des tanièreSj où ils vivent de pain noir, d'eau et de racines. 9 Labh.

!• CEPENDANT , POURTANT ; — 2- NiANXOINS , TOUTEFOIS. Malgré cela.

Cependant et pourtant sont adversatifs, servent à exprimer quelque chose de contraire , qui détruit ou exclut ce qui a été dit : cet homme semble honnête , mais cependant c'est un fripon-, quoique cet homme soit honnête, il m'a pcurtanf trompé. Néanmoins et toutefois laissent

subsister ce qui a été dit, et se bornent à présenter à côté autre chose qui doit être admis en même temps : ce convive est affamé , il avait néar^ moins déjeuné copieusement; c'est la coutume de dormir la nuit et de veiller le jour» toutefois nous dormons une partie du jour et veillons une partie de la nuit. — Cependant et pourtant marquent une opposition plus grande , une correction , une contradiction , et s'emploient volontiers avec nww, mais cependant (Boil., Boss., Labk., Laf.) , mais pourtant (Boil. , Mou , Laf.); néanmoins et toutefois n'indiquent guère qu'une opposition , une addition , ou dans tous les cas une modification qui ne va pas jusqu'à supprimer la proposition antécédente , et ils se disent plus ordinairement avec el, et néanmoins (Boss., FAN., Laroch.}, et toutefois (Boil. , Boss.).

1* Cependant , pourtant.

Cependant y pendant ce, pendant cela, annonce que , pendant que , tandb qu'une certaine chose se montre , passe , apparaît , semble , une autre contraire a lieu , est. C'est un mot particulièment propre à opposer la réalité à l'apparence , ce qui est à ce qu'on croit.

Qu'avei-vons? Je n'ai rien. Mais.... Je n'ai rien, vous

dii-je, Répondra ce malade i se taire obstiné.

Mais cependant voilà tout son corps gangrené. Boa.. Qu'il paratt bien nourri! Quel vermillon I Quel teint! Cependaniy à l'entendre, il se soutient à peine. lo.

« L'amiral ne paraissait pas plus élevé qu'auparavant; cependant il eut en effet toute l'autorité. 9 Boss. « Vous tournez les choses d'une manière qu'il semble que vous avez raison ; et cependant il est vrai que vous ne l'avez pas. 9 Mol.

Pourtant , de pour et de tant qui vient de tantus , si grand , signifie mot à mot pour si grand, que. Je l'ai pourtant emporté; pourtant ^ c'est-àdire pour si grande qu'ait été la résistance. Et pourtant elle tourne! dit Galilée dans sa prison; pourtant , c'est-à-dire pour si grande ou quelque grande que soit l'assurance de ceux qui pensent autrement. Pourtant a donc plus d'énergie que cependant, quoique ce dernier commence aussi une proposition destructive, et non pas seulement modificative , de la précédente. Il fait concevoir de grands obstacles , une forte opposition , quelque chose à quoi on ne s'attend pas. a Elle soutint ce jour-là le plus grand combat qu'Ame humaine ait pu soutenir; elle vainquit pourtant, » J. J.

Quoique Scythe et barbare, elle sl pourtant aimé.

Rac.

Une aventure étrange et qui pourtant est vraie.

Laf.

c Le dieu Terme des Romains ne devait jamais reculer; ce qui arriva pourtant sous Adrien. » MoNTESQ. « Il ne s'agit pour lui , dit-il , que de continuer les armes de sa maison, les mêmes pourtant qu'il a fabriquées. » Labr.

2* Néanmoins , toutefois, •

Néanmoins, néantmoins, en rien moins, latin nihilominus , affirme la coexistence , la non incompatibilité d'une chose avec une autre. 11 ne renverse pas ce qui a été dit, il y rapporte

k'àO

DEUXIÈME 1>ARTIE

quelque chose qui paraît y répugner, et le soutient également. « L'eau , si fluide , si incapable de toute résistance, et néanmoins si forte pour porter. « FÉir. a Les assemblées continuent trois fois la semaine, et néanmoins les choses Tont assez lentement. » Boss. « Quoique le titre d^aliié des Romains fût une espèce de servitude , il était néanmoins très-recheix^é. » Hortesq. < Il ajoute qu'il y a des auteurs graves qui affirment que c'était Ja droite, qu'il croit néanmoins être fondé à soutenir que c'était la gauche. « Labr.

Toutefois , toutes fois , fait entendre que parmi toutes les fois , les cas , les circonstances où une chose arrive , il s'en trouve , il peut s'en trouver où elle n'arrive pas. Il ne renverse pas non plus oe qui a été dit, il en convient; mais il y tait une exception; au lieu de poser, comme néanmoins , une assertion en' face d'une autre et de maintenir celle-là comme celle-ci, il pose une règle et exprime quelque chose qui en soft. « Tout pays est bon pour mourir, excepté toutefois celui-ci, quand on laisse quelque chose après soi. » J. J. < Quoique De ne soit pas la coutume de payer auparavant , toutefois , de peur que je 'De l'oubHe, voici.... »'Mol. «Ordinairement en ce qui regarde les dispositions intérieures il ne faut regaitler que la personne; toutefois , par l'influence de l'intérieur sur l'extérieur, on peut aussi avoir quelque égard au bien commun, s Boss. « Quoique je propose ces livces comme exemples de la puissance mutuelle des imaginations , je ne prétends pas toutefois les condamner en toutes choses. » Mal.

CHAIR, VIANDE. Partie molle et musculaire de la substance animale, servant ou pouvant servir d'aliment.

Toute la diflërence entre ces deux mots tient à l'étymologie du second. La viande est ce qui est propre à la vie , ce qu'on doit prendre pour l'entretenir; en sorte que ce mot emporta toujours une idée de nourriture. Mais cette idée n'est pas aussi essentiellement comprise dans la signification du mot chair; ce qu'on considère surtout daùs celui-ci , c'est , non pas Tusage qu'on peut faire de la chose , mais cette chose même comme entrant dans la constitution physique de tel animal. Voilà de belles chairs, peut être l'éloge d'une jolie femm»; voilà de belles viandes ^ est celui d'un bon morceau de bœuf, de veau ou de mouton. « Ma chair est vraiment viande y, dit J. C. » Boss. « Pour l'épouse d'un Dieu (l'Eglise)^ il n'y avait que la chair d'un Dieu qui pût être une viande sortable. » Bourd. « Ce n'est point une figure que le sacrement de l'Eucharistie : cette chadr véritable est véritablement viande. »

FÉN

Cette diflérence se conserve , même alors que les deux mots expriment quelque chose que Ton mange. La chair se rapporte à l'animal qui la fournit : chair ^ et non viande, de poulet, de perdrix , de lièvre. Mais on ne voit autre chose dans la viande que sa destination : de la viande , et non de la thairy de boucherie; acheter une livre de viande. « Saint Pierre mangeait iadifléitmment avec les gentib convertis du porc et des chairs étouffées; mais ensuite il se remit & l'abstiaence

des viandes défendues. » Volt. Des chairs étouffées sont des chairs d!animaux qui ont été étouffés, oc La chair du pécari, quoique plus sèche et moins chargée de lard que celle du cochon , n'est pas mauvaise à' manger. Lorsqu'on veut manger de cette viande...* » Buff. « Ce surikate mangeait avec avidité la viande crue , et surtout la chair de poulet. » In. « La chair du cabiai est grasse et tendre ; maie elle u plutôt le goût d'un mautais poisson que celui d'une bonne viande. • In. — On qualifie la clioif relativement à l'animal auquel eUe appartient : elle est maigre ou gnsse, longue ou courte , sèche ou chargée de lard. On qualifie la viande relativement à ce qu'éprouvent ceux qui en usent : elle est de bon ou de mauvais goût , savoureuse , succulente , grossière , indigeste.

Ou bien tftotr se diil absolument pour daigner une sorte de substance alimentaire : les animaux carnivores vivent de chair; les catholiqties s'abstiennaot de chair le vendredi et le samedi. Au lieu que viande se prend dans un sens plus déterminé pour signifier de la diair expo»k, coupée ou apprêtée pour être servie à ceux qui s>n nourrisent : viande piquée, lardée , banlée ; uq plat de viande , une table chargée de viandes.

CHANCELER , VACILLER. Ces mots expriment Le défaut d'être mal assuré.

Ce qui chancelle court des chances , est en danger de choir , penche comme s'il allait tomber; ce qui vaeitte va deçà et delà , d'un côté et puis d'un autre , comme va un petit rameau , une baguette , taciUum , ou une chose changeante, tv riable , qui vague (ve^gatur) jietitement ou à phisieurs reprises.

L'objet qui chancelle n'est pas ferme; celui qui vacille n'est pas fixe. Le premier aurait besoin d'être soutenu ou raffermi; le second d'être dé terminé ou assujetti. Celui-ci est trop mobile, celui-là trop faible.

Le corps de l'ivrogne chancelle ^ car il menace de tomber; sa langue vaeille , car elle s'agite irrégulièrement , elle balbutie. Dans la vieillesse , dit Buffon, les jambes sont chancelantes ^ et la tête vacille : les jambes sont chancelantes ou sur le point de manquer ; U tête vacille , elle ipcouve unbranlement, une sorte d'oscillation.

L'esprit qui ne sait j;)as se tenir dans le parti qu'il a pris, àhanceUe; celui qui balance entre plusieurs partis, sans s^arrêter à aucun, vaeilk. Qui chancelle cède ou mollit; qui vaciUe fiotte. C'est plutôt la volonté qui chancelle ^ parce qu'elle est susceptible de force ou de laibleste; c'est plufût la raison qui vacille ^ pai'ce qu'elle peut être incectaine. on suspens entre diivecses opinions. L'âme faible chancelle , l'écrit scepti* que vacille. Au moment d'assassiner Pyrrhus, Oresta 4cat «honceler son courage (BAC.);daas VUistoire des variations , Bossuet reproclw MX protestants de n'Avoir qu'une foi vadUanie.

On dit un trûno ehancelani , una forteresaa cAance2aale;j6e sont comme des édifioas iUmt U solidité peut se démentir. Hais on dit une main ou. une lueur vaeiUante ,,c'fist*à-dire qui tcemble, qui frémit, comme un roseau agité parla vent Le témoin qui chancelle dans sa déposition , h^

SYNONYMES À RADIGADX DIVERS.

site , est peu affinnatif ; celui qui mcUle dit tantôt une chose tantôt une autre.

Une démarche ou une ménioire eha/neelanU manque de torce , est défaillante , caduque , menace ruine. Une démarche ou une mémoire vadttanie est seulement vague et incertaine. Un tiîhan militaire fort âgé s'excusa d'accoter de nouveau la même charge en disant aux RomaÎQs : « Les forces de mon corps sont tout à fait exténuées : je ne puis presque plus faire usage de la Toe et de Tome; ma mémoire chancelle, la ▼ijgueur de mon esprit est usée. • RoLt. Le chancelier Michel LeteUier < conjurait ses enfants de rarertir de honne heure quand ils Terraient sa mémoire vaciller ou son jugement s'affaiblir, afin que par un reste de fbrce il, pût garantir le public et sa propre conscience des maux dont les menaçait Tinfirmité de son âge. » Boss.

CKANOR, MOISIR. Ces mots expriment tous deux un changement à la sufflE^e de certains corps, qui tendent à se .egrrompce en fermentant.

Ckaneir est peu usité en comparaison ile son synonyme, et il paraît avoir une signification moins étendue et moins forte.

D'une part , il ne se dit que des choses qui se mangent; au lieu que moisir s'applique aussi à d'autres matières : tout se moiiit dans les lieux humides (Acad.); laisser moisir des titres dans leur coin (7. J.); Boileau dit, en parlant d'un poème intitulé Moise :

Le Moite conmience à moisir par les bords.

D'autre part , chaucir annonce une corruption mcûns prochaine : ce qui ehaneit commence seulement à momr . Du pain chanci est un peu plus que rassis, il est temps de le manger; du pain moût n'est plus mangeable. Des confitures chaneies blanchissent {candescunt) , se couvrent d'une pellicule blanchltre , indice d'une disposition à la moisissure ; des confitures moisies sont gâtées ou bien près de l'être , comme l'indique le verbe latin wucere ou mucec^ere , d'où moisir tire son origine. '

CHANGEANT. VARIABLE, INCONSTANT; — LÉ- GER , VOLAGE ; ^ VERSATILE. Qui se dément -, qui ne reste pas Is même, dans le même état ou fixé au même objet; qui tend A être autrement ou à avoir autre chose.

CtoH^ofil, rsariabU et tncomtonl ^ disent tous trois du temps. Changeant le représente comme un objet susceptible de devenir tel ou tel , beau ou vilain, froid ou chaud, sec ou humide; TorvibU comme un «gent capable de plus ou moins de force on d'ardeur, comme pouvant devenir calme ou orageux , produire du vent ou de la pluie; tficotwtanl le désigne comme incertain ou pas sûr, comme devant se modifier bientôt.— Pareillement , un esprit esVchangeant quant à sa manière d'être, à ses sentiments; «anqîb^e quant à sa manière d'agir, à «es résolutions, ou à ses opinions; et inconstant eu égard au peu de fond qu'«n peut fiûre sur lui et au peu de ilurée de s^.impressions actuellea. Une femme thangeante estn^ette à se lasser.de con état ou de l'objet de son affection , à désirer du nouveau; femme variabU n'est pas une expression usitée, %ariMe

n'ayant point de rapport à ce qu'on éprouve , aux choses de cœur; une femme inconstante ne s'est pas plutôt attachée qu'elle se détache , il ne faut pas s'y fier.

léger et wlage , à la différence des trois mots précédents , ne conviennent pas en matières graves. Un homme, un peuple, un esprit, un cœur léger ou volage est frivole , peu sérieux , Changeant ou inconstant dans de petites choses , en fait de modes, d'amour ou d'amourette, par exemple. « Henri VIII d'Angleterre était né jaloux , soupçonneux , inconstant , &pre sur l'intérêt. D'ailleurs , il était passionné pour les femmes, et volage dans ses amours. » Feu. « Ces notes fixeront la langue et le goftt , deux choses assez inconstantes dans ma volage patrie. « Volt, c II y a des personnes si légères et si frivoles que....» Làbocq. c La renommée peint les Parisiennes frivoles , étourdies , volages. » J. J. — Ces deux épithètes s'appliquent de préférence à ht jeunesse et aux amants^ quand ils font ou que celui qui en parle fait des affections du cœur une sorte de badinage. « Les femmes accusent les hommes d'être volages^ et les hommes disent qu'elles sont légères. » Labr.

Quant à la distinction de léger et de vola^^, le cœur léger ne tient pas fortement à son objet, et le cœur volage voltige d'objet en objet Un rien, un souille en quelque sorte suffit pour dégager l'un; le goût de la variété entraîne l'autre à contracter divers engagements, a La femme volage est une légère qui aime ia multitude. » Gosn. Phèdre dit de Thésée :

Je l'aime, non point lel que l'ont tu les enfers,

Vclag* adorateur de mille objets diftrs. Rac.

Ainsi , le défaut d'une femme changeante ou inconstante est un défaut de conséquence, sur lequel on ne plaisante pas , qu'on juge au point de vue de la morale. Mais l'attachement de ht femme changeante est susceptible de lassitude ou de dégoût; celui de la femme inconstante n'est pas long ni sûr. — Le défaut d'une femme légère ou volage se prend moins au sérieux et se caractérise au point de vue de la galanterie. Mais l'at- ' tachement de la femme légère n'est pas fort; celui de la femme volage est vagabond.

yersatile , versatilis , de versare , fréquentatif de vertere , tourner, est comme le superlatif de tous les mots qui précèdent, et surtout de variable. «Les causes des effets du hasard sont variahles et versatiles. » Bofp. — On est versatile dans ses opinions, c'est-à-dire si variable qu'on ressemble à une girouette iToltaire a été l'écrivain le plus versatile (Lab.). On le dit aussi du caractère, mais non pas des afiTections. « Alcibiade était d'un caractère versatile. » VoLX.Ce mot est tellement relatif à l'esprit (et non pas au cœur), et lui attribue une telle mobilité, qu'il finit. par signifier .une aorte de talent , une iiàbile scmplesse. « Mul n'a eu une dialectique plus adroite et plus versatile que Bayle pour se charger successivement deTattaque et de la défense. » Lab. « Ce génie si souple, si pliant et si versatile ne sert qu'à avertir les sénateurs d'être sur leur» gardes. » D'Ag. .^

GEANGEMERT, TARUTIDlf , TTOTATIOW, VI-

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