BOURO
Que si commun se prend aussi dans l'acception à* ordinaire , pour qualifier des actions , des faits, des événements, il en diffère même alors en ce qu'il est relatif tantôt au nombre des lieux où la chose se produit , tantôt à celui des personnes qui y prennent part , mais non pas comme ordinaire, au nombre de fois qu'elle se produit. Une opinion commune est répandue partout , de même qu'un bruit commun , elle est partagée par tout le monde; une opinion ordinaire est sans cesse répétée, de même qu'une pratique ordinaire , mais ce peut être par une seule personne. Le langage commun est celui que tiennent un
DEUXIiSB 9àB(TB s
certain nombre de gens, qui est'en quelque sorte ' nn à tous , et cela peut être éane vn instiiat unique ; de façon qu^un orateur dira bien dam «ne assemblée : le langage mmmun sur l'événement qui vient d'avoir lieu s'accorde avec aara pensée. Le langage ordinaire est cehii dont on a coutume de se servir, et cette expression peut convenir même quand il est question d'une seule personne, mais considérée toujours dans diflérents temps : c'est bien là votre langage ûrûinaire,
2* Vulgaire f triviaX.
Vulgaire est moins dépréciatif que friotol. Sn efibt , ce qui est vuîgcire a cours parmi le peuple, vulgug; et ce qui est trimai (du latin frtvium , carrefour) convient au peuple des carrefours, à la populace. Ce qui est vul^ire est grossier, sans délicatesse, sans élégance; ce qui est trivial est bas , vil , ignoble. On dit langue vulgaire par opposition à langue savante ; ce qui implique du dédain, sans doute, mais non pas autant que langage trivial^ qui exprime quelque chose d'intolérable. Vulgaire se trouve dans VÀrt poétique de BoUeau , dans le Bajaxet de Racine , dans YOEdipe de Voltaire et dans les Femmes savantes de Molière; mais la haute poésie rejette absolument trivial , tant est peu relevée ridée qu'il signifie, a Des scènes de valets remplies de plaisanteries trivialei, » Lah. « Soorate usait de comparaisons triviales et prises des métiers les plus vils. » RoLL.
!• COMPAGNON , CAMARADE ; — î» ASSCOÉ, COLLÈGUE, CONFRÈRE. Chacun de ces mots donne l'idée d'un homme qui est avec un autre ou avec d'autres, ou qui en partage le sort, l'état, le genre de vie ou d'occupation.
Compagnon et camarade sont plus vagues ; on ne s^en sert guère sans ajouter quelque chose qui les détermine : compagnon ou tamarade d'école , de voyage , de fortune , etc. On dit d'une manière tout à fait générale qu'un homme qui se trouve dans une certaine positfon n'a pas de compagnon ou de camarade , pour signifier qu'il y est seul. Associé , collègue et confrère sont plus précis et ont par eux-mêmes des significations spéciales et distinctes : associé, on est compagnon par communauté d'intérêt; collègue, compagnon d'emploi ; confrère , compagnon de corps , comme membre d'un même corps.
1* Compagnon j camarade.
Compagnon, compaignon, compain, vient de cum^ avec, et de pain^ qui mange son pain avec , commensal. Camarade, italien camerata, dérive du latin caméra , d'où a été formé chambre , ou de l'allemand kammer, chambre. Les compagnons sont ensemble, comme à la même table , s'accompagnent. Les camarades vivent ensemble dans une même chambre, et, par conséquent, dans une intimité familière.
Compagnon se dit pour tous les états, pour toutes les positions , même les plus nobles : com^ pognon de gloire, et non pas camarade de gloire, a Dubois fut maître unique et sans fantômes de compagnons de toutes les affaires étrangères. » S. S. « J'ai cru trouver au moins bien des compc^ gnons en l'étude de l'homme. J'ai été trompé. » Pasc. « Saint Hilaire , le compo^jfnofi de saint
Àthanâse pour la défense de la digriniiké de J. C> Boss. « Les eotnpagnons d'Ulysse. « LàV. , Vûu.
CompagtÊéHê dans 1* gaerre , et rivrax en verli« Sans les mêmes âcapeana ne«s avons oombMtau
Yotï.
< Philoctète était un prinee de la Grèce, ûmasx par ses etploits, compagium d'Horsule. »!&-<- Les camarades sont des compagnons dans on genre peu relevé ou qui vivent entra eux sur te pied d'égaiité et sans façon* « Le duc de Noailks soutient sa sisçlicité naturelle avee le gros de oe qu'on entend par une apparence de sais fe^en et de camarade, > S. S. «e Antisthène alla enteoèra Socrate : il en revint tellement chanaé , qu'il Ini mena tons ses disciples; il les pria de Youiaii être ses cemwrades dans l'éaole de Soorate. » Fâs. «c Je commençai par voler deux chevaux; je m'ai^ social des camarades; je me mis en état de voiler de petites caravanes, le devins seigneur brigand. * Volt. Coma/rade est d'usage même eo parant das animaux. « Un animal avertit ses conidradcf qae la proie est trouvée ou pirdua. » Pasc.
Des condisciples sont eampagnong les naa des autres ; on ne les appelle camarades que qnaAd on les considère comme écoliers, c'est-à-dire |iar rapport à leurs jeux ou à leur manière de vivre en commun, ou bien quand ils appartiennent à la même pension. De même à l'égard du soldais : compagnons d'armes, camarades de lit oei de chambrée. Spartacus, à la têtfe de ses troupes, avait des compagnons ; il n'avait que des cmmrades, quand il n'était que simple esclave et gladiateur. « Ce gladiateur s'échappa de Capoue , otwil était gardé . avec soixante^lix èe ses camarades,,.. A la tête d'une armée considérable , il fit combattre ses eompagmms avee un courage si déterminé , que les' soldats romains se débandèrent et prirent la fuite. » Vbbt.
2^" Associé, coUègue, confrère.
On est associé, uni en société, pour une entreprise quelconque, au succès de laquelle on tcavaille avec des cointéressés. Ce mot est usité principalement, mais non pas uniquemeot termes d'affaires : ainsi des complices soi.t associés (Volt. , Roll.), les triumvirs étaient associés (Volt., Roll.). Voltaire appelle ses collaborateurs de l'Encyclopédie « des associés qnà travaillent comme lui à la vigne du Seigneur. ■ « L'entreprise de Brutus , de Cassius et de ieavs associés fut soudaine et téméraire, aln. < Je foe frappé des manœuvres de David Hume et de associés, s J. J. « On m'associa pour cet ei (des livres de Mme Guyon) H. de Châlons et M. Troason. Avec de tels associés, j'eipéraia tout. 3> Boss. c Sylla pénétra jusqu'en Campmâe^ et ce fut là que Hétellus Pius le joignit, eC «a associé tel que lui en valait un grand nealm d'autres à Sylla. » Roll.
Les collègues {cum legati, députés oa durgés ensemble^ sont des compagnons de ministère, nommés officiellement pour exercer une charge o« remplir une mission. Des ministres , des députés.» des pairs, des consuls et des fonctionneiree ^s même rang ou à peu près , militaires , magistrat» ou professeurs , ont des collègues, « Tandis <^ tant d'h(»nmes apostoliques vont chercher
SYNONYMES À RADICAUX mVERS.