‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 276 sur 444 · OL · texte numérisé non relu

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a Tous avancez une calomnie , il fiiudra expressément voiu rétracter. > Bonao.

C'est plutôt en matière de spéculation et de littérature qu'on emploie se dédire ; et se rétraC' t«r convient mieux quand il s'agit de doctrines, de jugements sur autrui , d'accusations, qui peuvent porter préjudice et sont toujours de plus grande conséquence. L'acte même de la rétractation est plus important , plus formel , plus solennel. Il est aussi plus pénible : il en coûte plus de reconnaître qu'on a eu tort, qu'on a été téméraire, qu'on est l'auteur d'un faux bruit, d'une fausse croyance , que de convenir qu'on a mal vu et qu'on a été trompé. Se dédire exprime une manière adoucie de se rétracter, c Saint Jean d'Antieche proposait à Nestorius d'q>prouver le terme de JTire de Dieu; c'est-i-dire, dans le fond , de se rétracter le plus honnêtement qu'il

pourrait.... H ne lui propose d'autre moyen, pour se défendre , que celui de se dédire, a Bosv.

D'ailleurs , se dédite est subjectif, cfest-à dire relatif au sujet , qu'il ùiit considérer comme changeant didée et se démentant lui-même; c'est pourquoi se dédire (mais non pas se rétracter) d'un parti est une expression consacrée. Se rétracter est objectif, c'est4-dire relatif aux choses avancées, lesquelles perdent leur effet et sont détruites par la rétractation ; aussi dit-on , en parlant de ces choses, les rétracter^ et non paif les dédire. En me dédisawt^ je réforme mon (^inion et mes paroles; en me rétractant, j'en préviens l'effet autant qu'il est en moi. Autrefois on punissait en France le témoin qui s'était dédis après le recolement ; et on a tu des innocents condamnés parce que des témoins imbéciles et timides n'avaient pas su d'abord s'expliquer, et, ensuite, n'avaient pas oséxe rétractet (Volt.).

La promesse dont on se dédit est uneprooieaM en l'air , uil projet , une simple parole.

Comment, nadeneteOe, Allei-voas nous donner une aeène nouvelle f Et vous dédire ici , comme vous avei fait. Sur cinq on six projets (de mariage} qui n'ont point eu d'effet?

« n faut me dédire maifrë moi. Xe devais aujourd'hui arriver chez vous. La famille de IC le «bancelier me fait l'homieur de se prier demain cbei moi. » Boss. Hais la promesse dont, on se ffârocte est une promesse formelle et comme un. engagement contracté. cLui dicai-je * Honateus, je voue promis ma fille, tandis que vous étiez, riche ; mais à présent que vous* n'avez plus rien. Je me ri' tracte , et ma fille ne veut point de vous? » 1. J.

DÉDOMMAflKMKirr , DfDEMNITÉ. Ce qu'on donne ou ce qu'on reçoit en compensation d'une perte ou d'un tort.

Dédommagement vient peuiétiB du latin^ mais d'une manière détournée et difficile à reconnaître. Indemnité est le latin «ndemnitaf , dont sa servaient les jurisconsultes romaine Le mot dédommagement appartient à notre langue commune. «Il trouve dans votre amitié un d^dommagement à ses malheurs. » AcAn. Le mot d'indemnité est un terme de palais. « En expliquant les devoirs des seigneurs, n'oubliez pas leurs droits : dites ce que c'est que. fiefs, seigneur dominant, vassal, hommage, rentes,, dîmes inféodées,, droit de cbampart, lois et ventes, ândemnités, amortissement et reconnaissances, papiers terriers et autres choses semblables. » Fax.

Le dédommagement nous arrive d'une façon quelconque ; Viudcmnité^ par acte de justice. « Je trouve au fbnd de mon cœur le dédommagement de toutes mes pertes. » J. J. « Jean Wilkes Ait mia A la Tour pour un écrit des*plus virulents.... Un procès eut pour résultai la prise à partie des magistrats , contre lesquels il c&tint une indf»nité de quatre mille livres sterling. » In.

Le dédommagement est dans Tordre de la na» ture ou des sentiments. La. bouté de Dieu, la bienveillance des hommes ou la fortune, vous accordent un dédommagement. « Les lièvres pa* raiasent avoir les yeux mauvais ; ils ont, cooun* par dédommagement f l'ouïe très-fine. »Bi7ff«

SY«0NW6S A RAmCAUX DIVERS.

« Cette adresse particnlière , donnée au sexe , est un dédommagemmi très-équitable de la force qu'il a de moins. » J. J. « On entre dans des œuvres de miséricoide; mais on en Teut les premiers honneurs.... Il semble qu'on ne veut pas courir le risque de Vhumiliation sans s'être préparé le déâùmmaganent des éloges. » If ass. c S'il est vrai qu'un grand donue phia à la fbrtune, lorsqu'il hasarde une vie destinée à couler dans les ris , k plaisir et l'abondance , qu'un particulier qm ne risque que des jours qui sont misérables ; U fant avouer aussi qu'il a un tout antre dedans magevnent^ qui est la gloire et la haute réputation. » Labï. — Hais Vindèmnité est uniquement dans Tordre de la justice , et répond i une oblig^ttion : c'est légalement ou juridiquement qu'elle est accordée. « Si le magistrat politlqae veut faire quelque édifice public^ quelque nouveau chemin , fl ikut qull indemnin. » Hohtbsq. « Sans q;nelgnes pajs de l'Europe, la cnnsidérstion des droits des seigneurs a ftit étabtir en leur l&veur un droit d*indemnité sur les immeubles acquis par des gens de mainmorte. » In. « La plus grande foveur que l'on reçoive de la justice (qui punit et ne récompense pas) , c'est Vindèmnité ,

gii est une monnaie trop courte pour ceux qui nt mieux que le commun, v IContaigit. «^ J^ai enfin vendu ma fenne de Damar.... Je leur dirai qpe je vous tais toucher Targent de ladite vendition pour votre stlreté , en attendant que je vous aie fait bailler une indemnité de Totre garantie. > Laf.

le d/domma^emenl se donne en quoi que ce sent et compense à peu près le dommage éprouvé. VindemniU , plus rigoureuse , se paye en argent ou en valeurs égale», et de manière à réparer le tort exactement. Le dédommagement tend à vous rendre une somme semblable d'avantage ou de bonheur; Vindèmnité yovls rend la niêtne somme de fortune. L'État (fl^domYnoge , autant que posais ble, par des récompenses honorifiques et deiF distinctions , les braves qui ont laissé quelque membre sur le champ de bataille ; il indemnise , sur rapport d'experts , les possesseurs des terres qu'il eqiropTie pour cause d'utilité publique. La justice ne dédommage pas le demandeur des torts qu'il a soufferts par les délais , le déplacement , les démarches , les poursuites de ses droits , lors même qu'elle M adjuge les indeimiTli^r qu'il rédaine.

nÉPAms, lyiKOU'fK. ces deux mots s'em>ploient en parlant d'armées ou de troupes qui ont été vaincues , qui ont eu le dessous.

Défaite est le terme général. C'est précisément

et dans tous les sens le contraire de victoire. On

dît, les défaites de Cannes, de Créey^ de Poitiers,

d'Aziscourt, de Waterloo, connue on dit, les

victotret de Salamine, de Zama, de Bouvinea,

de Formigny, de Marignan, d'Austerlitr. Avant

d'engager le combat à Fontenoi , le maréchal de

Saxe avait pourvu à la tnctetre et à la défaite

(Volt.). « Que sais -je si nos dernières défaites

n'expiaient pas l'équité douteuse ou l'orgueil

xnéritable de nos anciennes victoires ^ » If ass. Ce

iBot convient aussi quand il n'est question que

d'une seule personne , et quefle que soit la lutte

dans laquelle elle succombe. Dans la fable des deux coqs , le vainqueur chante sa victoire sui les toits , tout fier qu'il est de la défaite de son rival (Laf.). Dans BrittmnicuSy Narcisse insinue qu'il se peut que Junie aspire à l'amour de Né ron et médite sa défaiU (Rac).

La dérouie est ime défaite de troupes, non* seulement battues et taillées en pièces , ce qui est commun i toutes les défaites ^ mais encore mises en désordre et fiiyant précipitamment çà et là, à la débandade, selon l'expression vulgaire. « Déroute ajoute à défaite ^ et désigne une aiteée qtri fuit en désoidre et qui est totalement dispersée. > D'Aï. < Après la défaite et la dérouie des armées, L. Ifarcius avait ramassé tous les soldats que la ftnte avait dispersés. » Roll. Mettre en déroute , se dit comme mettre- en fuite» « J^e me charge de mettre en fuite et en déroute ces insolents ravageurs de nos terres. » Roll.

Quoique TAcadémie définisse défaite par déroute , comme si déroute était plue général, il y a défaite , mais non pas déroute t quand tous les soldats sont tués ou pris sur le champ de bataille , et même quand la retraite s'opère avec cafane et en bon ordre. D'autres fois, au contraire, la déroute f qui d'ordinaire termine la défaite , la complète et hr constate, a lieu sans qu'il y ait défaite proprement dite: c'est quand l'épouvante s'empare des soldats avant que faction s'engage on dès le premier choc, c Quelquefois Dieu envoyait aux ennemis des Xuifs , dans leurs songes , des pronostics afireux de leur perte. Us voyaient l'épée de Gédéon qui les poursuivaH de si près qu'ils ne pouvaient échapper; et ils fuyaient en désordre avec de terribles hurlements , et tiraient l'épée Tun contre l'antre, ne sachant A qui se prendÉ'e de leur déroute, v Boss. « A la bataille de Rosbach , les Français et les Autrichiens s'enfuirent à la première décharge. Ce fut la déroute la plus inouïe et la plus complète.... On vit trente mille Français et vingt mille Impériaux prendre une fuite honteuse et précipitée devant cinq bataillons et quelques escadrons, v Yolt. a A. la bataille de Frauenstadt , te combat ne dura pas un quart d'heure; les Kbscovites jetèrent leurs armes dès qulis virent les Suédois : répouvante ftit si subite et le désordre si grand que.... Jamaia déroute ne fut plus prompte , plus complète et plu» honteuse, v lu.

TTne grande défmte est sanglknte, cause de grandes pertes. Une grande déroute donne Vidée d'une grande confusion , ou (f une confusion qui s'étend à toute l'armée , qui est générale , totale , universelle.

DÉPAVEUR, DfMRÂCB. Ce» deux mots expriment le fkrt de cesser d'être bien auprès dTime personne puissante , ou l'état qui en résulte.

Mais la défaveur annonce qu'on n'est plus en faveur^ et la disgrâtee qu'on ne possède plus les bonnes grâces: Qui est en défaveur auprès du prince a perdu dans son esprit ; qui est en disgrâce a perdu le crédit dont il jouissait et sa position , il est ruiné.

La défaveur est moindre que la disgrâce : eUe consiste setdement à être maWoulu, et encore passagèrement peut^tre , à nlnspirer plus ce

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