DEUXIEME PARTIE
variété. « Mabm. « Avant Corneille , le public se plaisait au changement de scène : il voulait qu'on le di vertu par la variété des décorations. » In. « Je perdrais le plaisir de voir avec quelle prodigieuse variété de tours élégants vous savez me reprocher la rareté de mes lettres. > J. J. « De cette variété mystérieuse de saints r£glise tire son plus bel ornement. » Bourd. c Le ciel parle par sa splendeur et par la variété de ses étoiles.» lo. « Ce qu'Horace a de merveilleux, c'est la imiriété. 9 FÉN. a Les métamorphoses d'Ovide peuvent être fort agréables par la variété qui y règne. » Roll. « L'art ingénieux avec lequel Cicéron sait jeter de la variété dans un sujet uniforme , et de l'agrément dans une matière triste par elle-même. » Id. La variété d'un parterre, dl'un spectacle , d'une musique. Les philosophes opposent la variété à l'unité. Une grande variété signifie un grand nombre d'objets légèrement et gracieusement dissemblables , ou un grand nombre de modifications d'une ou plusieurs qualités dans un objet ou dans plusieurs objets rassemblés en un tout K
La diversité est adversative : elle implique un rapport d'opposition , une contrariété , un défaut d'accord. « Les diversités des chronologistes. » Pasc. c C'est une chose surprenante que la confession d'Augsbourg ait été publiée avec des diversités si considérables , sans qu'on se soit avisé de concilier ces variétés. » Boss. c Ces trois factions d'Athènes , divisées d'intérêt par la diversité de leur caractère et de leur position , ne
4 . Bigarrure a comme variété un caractère esthétique, c'esl-i-dire ipi'il est relatif i l'efiTel produit sur le gobt par la vue de la réunion de choses ou de qualités dissemblables. Mais , au lieu d'être agréable , la bigarrure est généralement déplaisante. Ce mot ne tire [ms directement son origine d^une langue savante , de même que variété , latin varietat , et il a beaucoup d'analogie avec bizarre. Fariété signifie un bel assortiment, et bigarrure un mélange disparate. c II ne faut pas faire rire et pleurer dans une même nouvelle; celle bigarrure déplatl i Horace sur toutes choses; 11 ne veut pas que nos compositions ressemblent aux grotesques. » Laf. a Vous jugez très-Juste du moi des Essais de morale : il est vrai qu'il y a teinture de ridiculilé dans cette expression ; le reste est trop grave pour cette bigarrure, » Ssv. a On a fait nne objection contre, cette multitude de choses tirées de différentes sciences que Ton trouve dans cette logique: i qaoi bon, disent-ils, toute cette bigarrure de rhétorique , de morale, de physique, de métaphysiqae, de géométrie?» P. R. «On no doit pas mélanger les styles. Te style marotique a depuis quelque temps gAté un peu la poésie par cette bigarrure de termes bas et nobles, surannés et modernes.» Volt. & L'Église grecque n'a point celte bigarrure d'ordres innombrables, presque tous ennemis les uns des autres. 9 lo. c La bassesse et la bigarrure du style déflgurent la pIuiMirt des éptlres de Rousseau. » *fa>*' — Toutefois la bigarrure, au moins au propre, peut avoir aussi son liment; mais c'est plutôt comme drôle que comme belle. Dana la fable Le singa et le léopard , le léopard disait :
Le roi m'a voulu voir ; Et si je meurs, il veut avoir
Un manchon de ma peau : tant elle est bigarrée , Pleine de taches, marquetée.
Et vergetée, et mouchetée!
La bigarrure plaît : parUnt chacun le vit. Lar.
pouvaient s'accorder sur le choix d'an gourem^ment. » Barth. Les choses les plus différerUes peuvent être de la même espèce. Il n'en est p«s de même des choses diverses, « Nous sonixa«s composés de deux natures opposées et de divett genres , d'âme et de corps. » Pasc. Des plaisirs, des talents , différents ou variés , sont néanmoios analogues ; des plaisirs , des talents divers toni d'une autre nature et se rencontrent plus rarement ensemble. Où il y a différence ou variété d'opinions , la bonne intelligence est encore possible ; elle ne l'est plus où il y a diversité d'opinions. « La diversité des opinions allume dans le sein de la justice une espèce de guerre civile. » D'A(3. Il y a différence , distance même , entre le génie de Racine et celui de Pradon; il y a die«rsiU entre les goûts et les travaux d'un homme d'âtat et ceux d'un manœuvre. Si distance désigne une grande différence , c'est-à-dire une différence marquée, diversité indique une grande différence, c'est-à-dire une différence essentielle *.
1* DIFFICULTÉ, OBSTACLE, BHPÊCHEIIEKT, EBIBARRAS; — 2* OPPOSITION, RÉSISTA?iŒ; — 3* BARRIÈRE, TRAVERSE, ENTRAVES; — 4* ANICROCHE , ACCROC , RÉMORA, ENCLOUURB^ Chacun de ces mots signifie quelque chose qui ne permet pas d'agir, ou d'agir dans le temps, de la manière ou autant qu'il faudrait.
1* Difficulté , obstacle, empêchement^ embarras.
Difficulté et obstacle d'abord diffèrent assez sensiblement. Les difficultés tiennent à la chose même dont il s'agit , au lieu que les obstacle» y sont étrangers et consistent dans des ol^ets qui se trouvent sur la route et l'obstruent. Un chemin montant , sablonneux ou glissant a des difficultés; il présente des ob^tacler, si on y a intercepté le passage par des rochers , des arbres ou autres choses semblables. Ce qui fait la dt/ficuUé d'une réconciliation, c'est la disposition des esprits ; les obstacles viennent d'ailleurs , et par exemple, des manœuvres d'un tiers qui a intérêt à maintenir la division. L'usage veut qu'on dise les difficultés, et non les obstaciet, d'un travail ou d'une entreprise ; mais vous direz
I . Avec diversité Beauzée a comparé dutiaction et séparation qui en diffèrent beaucoup , ainsi que des autres mots de ceUe famille, comme snbstanttft verbaux. Il y a, on trouve de la diversité^ de la d^J^ rence, etc. ; on fait, on établit nne dittinctiou et one séparation. La distinction et la séparation sont subjectives, elles impliquent un fait et un agent; elles sont ou ne sont pas fondées, elles sont jodieienses ou sottes , suivant qu*elles s'appuient sur des diva^ sites, des différences, etc., réelles ou imaginaires. Différence de l'âme et du corps, de la raison ei de la sensibilité , fait penser à la nature des choses. Distinction ou séparation de l'âme et da corps, de la raison et de la sensibUité suseère l'idée d'une démonstration, de quelqu'un qui démontre on d'une science dans laquelle cette sorte d'opératîoo se fait, c II n'y a rien de plus considérable dans U métaphysique que la séparation des idées spirilMiles et des images corporelles , et que la distinction de l'âme et du corps. » P. R. —Du reste, pour ce qui concerne distinction et séparation ^ voy. Distingiim' et séparer»
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
proprement mettre ou faire obstacle , opposer des obstacles. On éprouve des difficultés , on rencontre des obstacles ; on fait naître des difficultés ^ on apporte des obstacles. Pour Tenir à bout des difficultés^ il faut les soutenir ou les Taincre ; pour triompher des obstacles , il laut les surmonter, les aplanir ou les renverser. «Telle fut la condition de Thomme naissant; mais il se présenta bientôt des difficultés; il fallut apprendre à les vaincre , 11 faUut se rendre agile, vite à la course, vigoureux au combat.... Il apprit à surmonter les obstacles de la nature. > J. J. < Dans Tancrède Voltaire a vaincu les plus étonnantes difficultés que jamais un poète tragique ait eues à combattre ; et il s'est élevé d'autaot plus haut qu*il avait fallu , pour prendre son essor, partir de plus loin et surmonter plus d* obstacles, > Lab. « La faiblesse du coeur fait que l'homme n'a pas assez de courage pour soutenir les difficultés des vraies routes qu'il doit suivre et en surmonter les obstacles, s Booan. « Les maîtres de l'art qui en ont vaincu les difficultés et connu les finesses , dédaignent de revenir sur leurs pas... ; ou peutêtre frappés encore de la multitude et de la nature des obstacles qu'ils ont surmontés, ils redoutent le travail qui serait nécessaire pour les aplanir. » D'Au
^empêchement (de in pes , avoir le pied dans , le pied retenu ou gêné par quelque chose) est on obstacle aux résolutions , un obstacle qui ne laisse pas libre. La difficulté et V obstacle sont contraires au succès; Y empêchement l'est à la volonté. Les difficultés et les obstacles nous ôtent le pouvoir d*exécuter une entreprise; les empéchenenls nous ôtent la faculté d'agir à notre gré. — Il y a deux sortes principales d^empéchemenis j provenant, les uns de l'indocilité des organes, les autres de défenses légales ou de certaines influences métaphysiques; deux sortes de liens qui restreignent l'indépendance et nous obligent à nous abstenir. — D'une part, les muets ont un empêchement naturel à se ser- \it des sons (P. K.); le fils de Grésus ayant perdu Vttsage de la parole , la recouvra quand il vit qu'on allait tuer son père , et s'écria qu'on se gardât bien de toucher à la personne du roi , de façon que Yempéchement de sa langue pût être surmonté par un grand effort (Boss ) ; Isocrate avait la voix faible , mais ce que Yempêche- M<nl naturel de sa voix lui refusait, il songea à le regagner par le ministère de la main et de la plume (Roix.). « Hais , dit Mosé à Dieu , j'ai nn empéchemenl de langue , tu sais que je suis bègue. » YoLT. « La santé du corps ne rend point capable de bien penser; tout ce qu'elle peut I&ire est de n'y mettre pas un si grand empêchement que la maladie. » Kal. c Notre corps n'est pas tant notre nature que notre empêchement et notre tardeau. > Boss. ^ D'autre part, il y a contre le mariage et la prêtrise, dans certains c^i des empêchements prévus et déterminés par des lois. Mettre empêchement à un mariage (àcad.), empêchement canonique (Acao.). c L'£gUse interpelle la conscience de chaque ' fidèle , s'il connaît en vous quelque fmpêchement cano-
nique qui vous rende indigne du ministère, de venir le révéler en secret. » Mass. « Les soldats romains faisaient un serment par lequel ils promettaient de se trouver au rendez-vous (des troupes), s'ils n'étaient retenus par des empêchements que la loi avait prévus, s CoNn. — Et c'est aussi le nom d'emp^c/iement qu'on donne à ce qui contrarie les intentions , les désirs, ou bien encore l'action de Dieu sur l'âme. « Jésus-Christ n'a pu avoir des intentions dont l'une devint par soi-même un empêchement essentiel à l'autre. » Boqrd. « Jésus-Chri&V ne peut souffrir qu'on forme le moindre empêchement à ce que son père désire de lui. » Id. oc Oter les empêchements à l'efficace de la grâce.» Mal.
VembarrcLs est comme un diminutif. La difficulté rebute , Yobstacle et Yempéchement arrêtent; mais l'embarras incommode seulement, tt Ceux qui sont chargés des embarras et des difficultés du gouvernement. » Fén. « Vous ne voyez dans le chemin de la piété q\i*embarras et difficultés. 9 Boss. « La vie chrétienne pour certaines personnes n*est précisément'qu'une vie qui les tire des embarras du monde et de la gêne des bienséances. » Mass. « La partie de ce projet qui me reste à exposer est sans contredit la plus embarrassante et la plus difficile, » J. J. a Ce parti était assez considérable pour causer beaucoup d'embarras, même d'obstacles aux affaires les plus importantes. » S. S. — En outre , embarra» marque une situation plutôt qu'une chose : on lève une difficulté y un obstacle y un empêchement; mais on se tire d^embarras ou d'un embarras. Les difficultés causent de l'embarras, c Je perdrais à changer de conviction la force de l'évidence, sans éviter Y embarras des difficultés. » J. J. « Il survint de nouvelles difficultés qui causèrent beaucoup d'embarras. »
RûLL.
2* Opposition , résistance.
Obstacle apporté par quelque chose qui agit, par une force ou par une personne ; avec cette différence ({n* opposition implique l'idée d'initiative ou d'offensive , et résistance celle de défen-
sive.
On s'oppoH à une chose en se soulevant et en attaquant; on résiste k une chose en ne cédant pas , en ne se laissant pas faire^ Des troupes traversent une rivière sans oppoitïion, l'ennemi ne paraît pas pour leur disputer le passage; elles s'emparent d'une ville sans résistance ; les^ habitants et la garnison ne se défendent point , se rendent. Dans une assemblée une proposition passe malgré l'opposition de ceux qui la contredisent; un père barbare marie sa fille malgré la résistance de celle-ci. V opposition est ordinairement vive, et la résistance opiniâtre. L'homme décisif hait Y opposition y on ne peut lui rien objecter; un maître absolu hait la résistance y il faut qu'on lui obéisse.
3» Barrière, tra^erse^ entraves.
Trois expressions métaphoriques . et par conséquent propres au style de l'imagination et i celui de la poésie.
La bornère et la traverse sont des obstacles»
DECXIËHE PARTIE':
Hais la barrière est quelque chose <f élevé et ; d'infranchissable, qui arrête ou sépare; la traverse est quelque chose de fâcheux qui Tient à la traverse , qui met un bâton dans la roue ou entre les jambes , et fait tomber. On trouve une barrière : « S'il trouve une barrière de front qui ferme son passage, il biaise naturellement. ' Labr. Hais on éprouve des traverses : a II est peu de traverses que les dieux n'aient fait éprouver à Ulysse. » Fén. —Sans la barrière on conCisuerait à aller, on irait plus, loin, trop loin peut-être , ou on pourrait se réunir. « Ma justice devait éclater contre vous ; mais vous lui avez opposé une barrière qui Fa arrêtée. » Boobd. c II était temps de donner de -plus fortes barrièrts à ridolâtrie , qui inondait tout le genre humain. » Bbss. « Une barrière insurmontable s'élèye entre eux , les sépare. > Acad. Sans la. traverse on aurait un succès facile ou on jouirait (f un bonheur constant. « Quelques-uns prêchaient Jésue-Christ par jalousie contre saint Paul, et dans le dessein d'ajouter de nouvelles traverses à celles quHl avait déjà éprouvées. » Bourd. a Cette malheureuse princesse (Marie Stuart) avait eu de contfaïuelles traverses depuis qu'elle était dans son royaume. » Boss. « C'est l'effet de la condition humaine que les entreprises utiles essuient des contradictions et des traverses, » D^Al.
Je le vois (Louis XTV) éprouvant des fortones dl-
verses , Trop fier dans set suceès , nmh ftarme en ses iravertet. ToaT.
Les entraves sont des empêchements. Au Heu die fermer le passage comme la barrière , au lieu de faire éciiouer comme la traverse , les entraves gênent la liberté, ce sont des liens ou des fers, c Le joug de Dieu met en liberté ; et le moi qui promet la liberté donne des entraves de fer. » YÈK. c On a mis à l'Encyclopédie des entraves dont il ne faut jamais enchaîner la raison. » Volt. « J'ai respecté les entraves qu'on met à la liberté de s'expliquer par lettres. » In. « A tel génie H faut des ailes, à d'autres des entraves, » J. J. c L'esclavage et l'espèce d'avilissement où nous ayons mis les fèmmesr, les entraves que nous donnons à leur esprit et A leur âme. » D'Al.
4* Anicroche, accroc, rémora, eneiowsre.
Termes familiers.
Anicroche et accroc se ressemblent singulière^ ment. Ils désignent quelque chose qm accroche, qui retarde. Cependant anicroche , à la différence d^ùceroc , ^ralt indiquer quelque chose de vo^ lontatre, une petite difBculté suscitée à dessein. On dit dïercher anicroche (Dbsh.) , former des anicroches (Acad.) , et, dans Rabelais, hanicroche est le nom d'une arme. Dans une af!aire où on art en butte à l'envie, on trouve toujours quelque nouvelle anicroche; tout devient accroc pour qui est pressé, a sorviest des occroci , ce sont de purs accidents.
A^mora, latin remoro, àoremorari, retarder, reot dire d'abord un petit poisson auquel les anciens attribuaient le pouvoir d'arrêter les vaisseaux dans leur course ; dans le sens de difacnlté ou d'obstacle il annonce quelque chose de
puissant. « La paresse est le rênara qû antte les plus grands vaisseaux. » Laeoch'.
Vqt est comme une texame ; on n'y saurait toncher. Que le cœur, par amour, ne s'y laisee sAtachcr. L'un et l'autre ^n ce temps, silêt qu'on les manie. Sont denr grands rdunora* peur la pUlosophir.
m Je sus quA ce qui retenait la déclaration de la dame d'honneur était rindétermination sur la dame d'atour.... La dame d'&tour ét&it toujoun le rémora^ > S. S.
On appelle enelouure , an propre , Ilneononod!té d!un cheval encloué on qui a été* piqué jusqu'au vif par maladresse avec un cUm, quaod on Ta ferré. Au figuré, Venclouure est un empêchement résidant en un point quil s'agit de connaître , ou bien eu égard k la découverte oa à l'indication qu'on en fait. Voici Venclowsn; comme qui dirait voici Fendroit où le cheval t été blessé et qui fait qui! boite , qu'il ne va phK c ffé bienf repris- je, ToiU donc l^endonvre, et je n'avais pas tort de vous presser. * S. S. c Aht voici rendooure, dit alois le cardinal; j'ai décourert la finesse. 9 Las*. « On ^a deTiné Fm^ clouiire. a» Sol.
De l'argent» dites-voas? aht voilà VmeUmunl C'est li le noeud secret de tonte l'aventure. Id.
Il n'est plus question (pour tûre le mniags) Que de gagner son frère; et c'esr là Vmrfmmn.
Dot*
DinrUS, PROLIXIS. On qualifie de dtlfVu et de protixer les discours qui manquent de brièveté et les hommes qui. pèchent contre cette même qualfté, soit en paiiant, soit «a^ écrivant.
Diffus est le latm. di/fUsur, répandu çiettt, étendu de cdté et d'autre. Prolixe , latin jiro- ZûEua» vient de pro laxus, lAehé ou étenda cd avant, trop ou fort prolongé.
Le diffus pèche par des écarts , et le proiite par des longueurs. Le diffUs n'est pis préds ; le prolix» n'est pas court. Le diffiis tourne sans cesse autour de la même idée, et ne l'exprime jamais que d'nne manière rague; il iiftpatiente par ses circonlocutions , ses à peu près, ses idées accessoires , ses répétitions : tel est Locke pami les philosophes (Volt.). Le prOlisè suit toujturs la même idée sans jamais l'épuiser; il fttigue par* ses lenteurs , il ne finit jamais : tel est Bott^ daioue , suivant Voltaire. Trop souvent les avocats sont dt/fW ; ils parient de tout, à tort et à travers ; ils ne se renferment pas* strieteneat dans la cause; ils se permettent dbadigrtssiaDs, deS' divagations. Trop souvent les avoués sont proPixes : cela se conçoit, ib se fbnt payer ssioe la longueur des éentnrea. Le discours diffm «t Iftche , mou-, ftdble , sans énergie : cv Hen de l'ampllffer, il ftut le resserrer. Le diseoorsff^ lise manque <fe mesure, est trop développé : as lieu de Fallionger, il fimt le rwccfoitir on Péb* guer en supprimant des détaile. Un éerif dr qnelqnes pages sera néanmoins di/^^ nais wn pas prolîse, si, quoique bref, H oontiaal ^ choses étrangères à ee dont il 8%giL Unrésiit de très^grande étendue sera proUasê, mm nao p<a dîffks, si, qnoiqtte iong', fi ne contiaiif ite V^ ne se nppoite enoteflient' an'au^jét*
SYNONÎlES À RADICAUX DIVERS.
c Ces maximes âe Cicértm n'ont pas depréct- ^on. Cicéron était diffus , et il derait Kêtre parce qnl] parlait à la multitude. On ne- peut pas d'un orateur , arocat de Home , ftiire un Laro>ebefoueauld. » Volt. « donner des prix d*am^ pliflcstion, c'étoit réellement enseigner Fart d'fitre diffus, H eût mieux valu peut-être donner des prix à cehii qui aurait resserré ses pensées •f qtii par là aurait appris à parler stsc plu» d'énergie et de farce. » In. « ta yersificatîon de YàHart est lâche, diffuse et incorrecte, •- Lah. r naton a très-souyent de la diffusion et du désordre. 9 In. flc Pour donner de l'aisance à Pexliression, on ia rend faible et diffuse, 9 Hark. — c Ils reçurent de la Raison quelques io^truction^ en petit nond>re'; car la Raison n'est t)as pn' Mxe. 9 TocT. « Cette confession est trop longue; maïs si je roulais tous dire combien je vous 4Sme et je tous estime , je serais bien plus prolixe. » In. «Ce Butler ne finit jamais. Tar donc réduit à cnTiron quatre-vingts vers les quatre cent» premiers vers d'Hudibray, pour éviter la pro&xité, » In. « Les Btmarques de Racine \% fûssw Us tragédies de J&xctn«y en troii» volumesi sont, comme on voit, un peu protixem v Lie* < l'ai été bien prolixe sur cet homme.... Un sentiment a allongé mon récit. » S. S. c On a fait on irombre prodigieux d'essais du mélange de Tor avec toutes les autres matières métalliques , qae je ne pourrais rapporter ici sans tomber dans une trop grande prolixité, y> Butp.
Di/fv^ regarde à ht fois la quantité et la qualité : ce qui est diffUs est trop étendu , par défaut de propriété ou dfe justesse. Tfolixe ne regarde que la quantité : ce qui est prolixe est trop long. C'est simplement un défaut de mesure.
D'im autre câftê diffus a plus de rapport à la diction , au style ; et prolûve en a davantage aux cfloses dites, aux faits exposés. DiffUs annonce phitôt une superfluité de mots , et prolixe une superflnité de circonstances dans ce qu'on raconte. Notre langue , avec ses auxiliaires et ses articles , estdiffii^e.(CQKD.); on appelle expressions diffuses celles qui sont opposées aux termes propres (In.V Mais on dit une lettre , nn récit , un mémoire prolixes , eu égard aux choses qui y sont contenues. — L*expressi0n, phrases diffuses, est toute grammaticale, toute relative à la forme, c Ce qui donna lieu k invention de la période , ce fût la répugnance de Toreille pour un amas informe de phrases,tconq\iées et mutilées ou immodérément diffuses, a» Hàbic. Hais l'expression, phrases prolixes , se rapporte au fond , au sens des paroles : c Ils commencent pourtant â raccourcir la prolixité de leurs phrases insolentes en faveor du prélat liégeois. » Volt.
irfjÉJC, DÉCUBE, VfÈCSKES, Andenne. contribution ecclésîasti(pe , qui était originairement Ib dxxiàme partie {detima pan), dea Imits ou des rerenus.
La dime se payait an elei^; la dicimer efles décimes étaient payées par le clergé.
D'aineora, le caractère sacré delà dîme dans sa sphère n'est pas aussi strict et aussi exclusif que celui de la décime ou des décimes dans la leur ; celles-ci n'étaient jamais payées que par le
dergé-, au lieu que la éKme se payait aussi au seigneur du lieu , et panni les revenus du peuple romain, Rollin cenipte les dfmef qui étaient dues par les fermiers de certaines terres conquises, et qui consistaient dans le dixième du revenir de ces terres. « Tarquin le Supertie avait destiné à la construction de ces édifices les dîmes qu'il s'était réservées dans la conquête' de Suessa» Pométia. 3r RoLC. Samuel représenta- au peuple juif, de la part de Dieu, les inconvénients de la royauté : « Le roi , d't-il , prendra la dime d« vos blés et de vos vignes peur donner à ses eunuque. » ToLT. En France même le- roi avait des dîmes : « Cessation de gabelle, grosses fermes, capitation et dfmes royales, v Fin.
Une décime était anciennement en France la dixiènre partie des revenus ecclésiastiques , levée pour quelque aibire jugée importante à la reli* gion ou à TËtat. « Le pape (Boniface Vlll) voulait avoir l'argent d^me décime accordée (à Philippe le Bel) sous prétexte d\in secours pour la terre sainte. vVolt. « La passioo de. saint Louis pour les croisades Tentralnait. Les papes l'encourageaient. Clément IV lui accordait une décime sur le clergé pour trois ans. s In. — Vais on appelait décimes ^ au lAinriel, ce que des membres du clergé, les bénéficîers, payaient annuellement au roi sur le revenu de leurs bénéfices. « îTadmirez-vous point la bonté du clergé de n'avoir point voulu que H. de Paris et If. de Rheims, ces deux pauvres prélata tu parttbtw, payassent aucunes décimes ordinaires ni extraordinaires? » SÉv. « Le curé de Doni est ici , et fort pressé pour ses d^ctmes , en sorte qu'il est nécessaire de lui pourvoir. » Boss.
DISCERNEMENT, JUGEMENT. Faculté d'apprécier par comparaison , de faire la différence des choses , de déterminer leurs degrés respectifs de valeur ou de mérite.
Le discernement n'a rapport qu'à la théorie; le iugemenl regarde la pratique. Il faut du disccf' ncment dans les sciences , dans les arts , dans la critique-, il faut àyx jugement dans les démarches et dans les affaires de la vie. Quiconque écrit doit avoir du discernement pour le choix des mots et du style ; quiconque entreprend doit avoir du jugement pour le choix des moyens. Veut -on s;instruire sur des questions spéculatives, d'art ou de littérature, il faut emprunter les lumières des hommes qui ont du discernement ; s'agit-il d'un projet ou d'une conduite à tenir, il faut prendre conseil de^ personnes qui ont du jugement. Sans discernement y on n*a pas d*idées distinctes, on confond les choses, le vrai et le faux, le beau et U Uid, on n!est point connaisseur; sans jugement^ on est étourdi» on manque de prudence et de sagesse.
« Laissez là votre esprit, votre science, votre goAt,» votre dUcememenU » Fâw. « Qui est-ce qui vous a acquis du discernement sur la musi> que ?» In- Lire avec choix et discernement (MxL.Jf « Faire de sa tête une espèce de garde -meuble, dans lequel on entassa sans discernement et sans ordre tout ce qui porte un certain caractère d'érudition. » Ib. < Quintilien a remarqué qu'il J avait peu de dxsumenmt et de justesse dans Fé-
DEUXIEME PARTIS
locution de Sénèque. » Id. c Pour les talents de l'esprit , quelle capacité plus vaste (que celle de Gondé ) , quel discernement plus exquis , quel goût plus fin 7 » BouRD. « Je ne puis qu'approuver ces raisonnements de K. Ifoublet, pleins de dûcernement et de sagacité : il a très-bien saisi les principaux points de mon système. » Buff. a Ceux qui ont l'esprit de discernement savent combien il y a de différence entre deux mots semblables , selon les lieux et les circonstances. * Pasc. <t Si la critique vient d'un homme qui ait moins de discernement que de lecture , elle corrompt et les lecteurs et l'écrivain. » Labr. « U faut que vous ayez une mince opinion de mon discernement , en fait de style , pour vous imaginer que je me trompe sur celui de M. de Voltaire. » J. J. « Le goût est un discernement prompt, comme celui de la langue et du palais.» Volt.
« Il faut dans un roi un jugement ferme , solide, décisif dans les affaires, qui fait que l'on connaît le meilleur parti et le plus juste. t> Labr. (t C'est une grande misère que de n'avoir pas assez d'esprit pour bien parler , ni assez de jugc' ment pour se taire. Voilà le principe de toute impertinence. » In. « Le pilote , à qui les tempêtes et l'obscurité ont ôté le jugement tout ensemble avec les étoiles qui le conduisaient, abandonne le gouvernail. « Boss. « Que servent les grandes lumières, l'étendue du génie, le juge^ ment solide pour conduire les affaires de la terre, si...? » Mass. « Il est impossible de faire une démarche, avec senï et jugement, qu'en la réglant par la vue de ce point (l'immortalité de r&me). 9 Pasc. « Que ton père a eu de prévoyance , d'esprit , de jugement , de te laisser un gouverneur aussi sage, un économe aussi entendu t 9 Regh. c La justesse dans la conduite de la vie , ceux qui veulent tout définir l'attachent au jugement. » Vaov.
Ensuite , comme les choses qui tombent sous Tappréciation du discernement sont relevées et inaccessibles aux esprits vulgaires, au lieu que le bon sens suffit presque toujours pour décider des meilleurs partis à prendre , discernement dit quelque chose de plus fin et de plus subtil que jugement; il emporte l'idée de tact et de délicatesse. « Les viandes de haut goût blessent les fibres de notre langue et lui ôtent sa délicates^ et son discernement, s UàL, c Après l'esprit de discernement , ce qu'il y a au monde de plus rare, ce sont les diamants et les perles. » Labr. « Ils ont senti à force de discernement (car ils ont Tesprit fin) le ridicule dont ils se couvriraient. » Volt.
DISCOURS , ^ HAB AN6UE , 0BAI80N. Suite de paroles préparées, travaillées avec art, et qu'on adresse à une ou à plusieurs personnes.
Discours est le genre; harangue et omùon sant des espèces. Le discours^ c'est4-dire ici le discours oratoire, a un domaine fort étendu, dans lequel , outre plusieurs autres choses , comme le plaidoyer, le sermon et le panégyrique y sont comprises la harangue et Yoraison,
La harangue est un discours qui se distingue W la pompe et l'appareil. « Le parler des Gene-
vois est toujours soutenu; leurs discours soBtdet harangues, s J. J. « Que dites-vous de toutes les fleurs dont Cicéron a orné ses harangues ?» Vés. a Dans ce temps, on travaillait une lettre comma une harangue, j> Marm. « Dès qu'il fut assis, l'orateur lui prononça à genoux une harangue dans le style de l'Académie, pleine de louaogei, d'antithèses et de mots nouveaux. » Volt. « Aujourd'hui, parmi nous, la plupart des sennoos, des oraisons funèbres , des discours d'appareil, des harangues dans.de certaines cérémonies, sont des amplifications ennuyeuses. » Id. « Les oraisons funèbres sont des discours d'appareil, des déclamations. Faudra-t-il mettre ces harangues poétiques à côté des discours solides de Cicéron et de Démosthène ? » In. Voltaire dit encore , en parlant des discours académiques et de l'Académie : t Les plus grands génies qui sont entrés dans ce corps ont fait quelquefois les plus mauvaises harangues. >
Il est vrai qu'à l'égard des discours qui se prononcent de nos jours , le mot de harangue ne s'emploie plus que par dénigrement pour signifier des discours apprêtés , ennuyeux , déclamatoires , comme ^n le voit du reste par les exemples précédents. Mais , lorsqu'il s'agît des discours tenus dans l'antiquité , harangue désigne ceux qui avaient lieu dans des circonstances solenneDes, et, par exemple, les allocutions d'an général i son armée , telles que celles qui nous sont rapportées par les historiens , et les paroles adressées au peuple dans la place publique d'Athènes ou de Rome , du haut de la tribune aux Karan* gués. Les harangues de Thucydide (Aai>.)t ^^ harangues de Salluste (Marm.) , les harangues de Démosthène (Volt., Roll.), les harangua de Cicéron (Volt., Fén.). — Ce mot se dit aussi par rapport aux siècles qui ont presque immédiatement précédé le nôtre pour exprimer, non-seulement des harangues militaires , comme celle de Henri IV à ses soldats avant la bataille divry, mais encore les discours faits dans les assemblées extraordinaires, tels que celui de l'archevêque de Bourges aux états de Blois (Roll.) , celui de l'Hôpital dans l'assemblée des notables convoqués à Moulins sous Charles IX (Volt.) , et celai du cardinal du Perron aux états de U minorité de Louis XIII (S. S.). — Harangue est également le nom donné aux discours qu'on adressait autrefois A un prince (Boss. , Volt.) , à un gouverneur (SÉv.) , et à toutes les personnes principales dans les provinces ou dans les villes (Marm.), pour les complimenter et les féliciter, ou pour célébrer leur arrivée. — Enfin , un président au parlement terminait par une harangus la cérémonie de son installation (Sév.).
Oraison traduit du latin oraiio^ qui a le mtoe sens , n'est d'usage que par rapport à l'anUqaité. C'est donc par rapport à Tantiquité seulement qu'a besoin d'être déterminée la différence de la harangue et de Yoraison.
Oraison, venant du latin, semble mieux convenir quand il est question des discours des Romains : m Homère a fait llliade , et Torateur romain ses oratfotu. » Labr. Le mot harangue, au contraire, n'ayant pas une origine latine, •« dit
STNOimiSS k lUUCAUX DIVERS.
phB Tolontitra en parlant des Gracs; d'autant | qae la plupart des discours que nous avons d<8 Gracs ont été adressés *par des généraux à liorf troupes, ou prononcés devant le peuple dan» des circonstances graves et solennelles. AuonBO des vaines subtilités des sophistes ne se trouve dans les ornûont de Cicéron , ni dans les jutHranguêM de Bémosthène (Volt.)>
Cependant, il arrive quelquefois à nos bons auteurs d'appliquer indistinctement ces deux mots aux diKours des Grecs et surtout à ceux des Romains. La différence consiste alors en ce que harangue a plus de rapport à la forme , et oroûoR au fond. La harangue , suivant Marmontel , n'a pour objet que des actions de grftces, des félicitations et des condoléances : tel est le discours de Cicéron pour Marcellus , qui ne contient autre chose que l'effusion de la reconnaissance et de l'admiration publique pour la clémence de César. L'oroûon , au contraire, est plus solide, elle renferme des preuves, elle a pour but de ooufainere; c'est un plaidoyer : tels sont les discourm de Cicéron pour Ligarius et pour la loi JtaRtlûi. Distinction d'autant plus plausible , que Vdlaira emploie le mot oraison dans le*sens et à hi place de plaidoyer : « L'avocat qui plaidait contre les jéuites, trouva heureusement leur eq>licstion du mot apointer; il en fit part aux juges dans une de ses oraisons. >
D'un autre côté, harangues de Démosthène ou de Cicéron indique les discours de Démosihène ou de Cicéron comme ayant été prononcés par aux sur tels ou tels sujets , dans telles ou telles cttconstances : oraisons de Démosthène on de (Ucéron les fait plutôt considérer comme des œuvres littéraires qui nous restent de ces deux grands orateurs, et qui peuvent encore servir de modèles pour la composition. « Les oratetms de Démosthène et de Cicéron instruisent encore l'Burope , quand les objets de ces ha/rangees H» subsistent plus. 9 Volt. CorbineUi écrit à Bttsay-Rabutin : c j'ai traduit depuis peu deux oroisona grecques, sur deux versions latines, l^une dlsocrate, l'autre de Démosthène, pour juger de leur éloquence par comparaison à celles des modernes. » « Le prédicateur est cha^é d'un certain nombre d'oraii ont , composées avec loiair. » Labb. On appellerait oraisons , plutôt que fconnipiies, des discours qui n'auraient pas été prononcés, mais écrits dans le silence du cabinet, pour instruction des lecteurs. « Saint Grégoire de Nasianie, voyant la Trinité attaquée, composa ses cinq oraisons^ ou discours célèbres contre Sunome. > Boss.
DiSCiiTION , — BiSKRYE , RETENIJE. Oualités négoîves du sage, lesquelles consistent à s'abstenir de parler ou d'agir, à ne pas se donner trop de liberté dans ses discours ou dans sa conduîta.
La diicr^ltofi se distingue d'abord de la réservi et de la retenue par une différence capitale. SUaest relative à autrui, et pour autrui ; au lieu <fo» la réserve et la retenue se considèrent solit^ement dans le sijjet qui les possède , et à la perfection duquel elles contribuent. C'est à la morale sociale à traiter de la discrétion; c'est
fnk YBAVÇ.
dans la morale individuelle qu'il doit être question de ÏÈ réserve et de la retenue» Si nous manquons de discrétion , ce sont les autres qui en souffrent; nous seuls sommes intéressés à ne pas manquer de réserve et de retenue. Avec de la discrétion , on est un galant homme ; avec de la réserve et de la retenue , on est comme il faut être eu égard à ce qu'on se doit à soi-même. — Rien de plus facile à établir que ce caractère particulier de la discrétion. La politesse et la discrétion^ qui en est une partie, sont nécessaires l'une et l'autre au repos de la société (Fin.). Il y a des règles de discrétion et de bienséance à garder envers nos semblables (BouBD.). Un calonmiateur (Pasc.) , un censeur trop zélé (Mass.) , un importun (J. J.) et un poète satirique (Bon.) pèchent essentiellement contre la discrétion. « Cet écrit est rempli d'égards et de ménagements sur les personnes qu'il attaque : pas un mot qui les puisse le plus légèrement blesser, et la discrétion y est portée jusqu'à éviter avec soin de nommer aucun nom. s S. S. « Si mes parties publient ce mémoire , ce fae sera pas moi qui aurai manqué de respect et de discrétion, T» Fin. c Ce petit animal mordait sans discréHon tous ceux qui voulaient badiner avec lui. 9 BuvF.
La réserve et la retenue diffèrent aussL L'une tient à la prudence, l'autre à la tempérance. Pour être réservé, il faut de la réflexion ; et, pour être retenu^ de l'empire sur soi-même. La réserve est circonspecte; la retenue y mesurée. Avec de la réserve , on est sur ses gardes ; avec de la retenue ^ on gouverne ou on réprime ses mouvements. Sans réserve j on est inconsidéré et on commet des sottises; sans retenue t on est faible^ et on commet des excès. — « La réserve annonce la défiance. » Volt. Il, y a des choses qu'on ne doit apprendre aux enfants qu'avec précaution et avec réserve (Boss.). « U est des amitiés circonspectes et réservées qui , craignant de se compromettre , refusent des conseils dans les occasions difficiles. » J. J. La retenue est sœur de la modération. Il y a des gens Viui jouent sans retenue, sans une modération convenable (Boord.)* «Platon était si retenu y qu'on ne le vit jamais rire que fort modérément; et il fut toujours si maître de ses passions , qu'on ne le vit jamais en colère. » FÉN. c Rien de plus sujet que le mariage aux excès d'une passion sans règle et sans retenue. >
BoUBD.
Je m'emporte peut-être , et ma muse en Aireur Verse dans ses discours trop de flel et d'aJgrear : n faut avec les grands un peu de retenue.
Bon..
Avec de la réserve^ une femme interdit et surtout s'interdit les avances , les familiarités , les agaceries et les discours qui pourraient tirer à conséquence et l'engager. Avec de la retenue, elle se possède, elle est maltresse de ses penchants et de ses sens, elle ne se laisse pas entraîner parla passion. Sans réserve, une femme est une étourdie, une imprudente ou une effrontée; sans retenue, c'est une libertine. On parle avec réserve ou avec retenue en ne disant pas tout; mais avec réserve, marque plus la crainte des suites ; et, avec retenue,
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Teffort qu'on fait pour ne point s^échapper..— ta retenue est Y du reste, plus subjective, se rapporte davantage au sujet, à la contrainte qu'il s'impose et au mérite qui en résulte. « Sans déterminer en quoi consiste précisément l'utilité de l'indulgence , ce concile se contenta de décider qu'elle est utile et nécessaire.... Il y a dans cette réserve une retenue qui plaît à Dieu, qui honore son Ëglise, qui exerce la foi. > Boss.
DISERT, ÉLOQUENT. Habile à discourir en public, habile dans l'art de la parole.
Nous avons emprunté ces deux mots dies latins, qui disaient dans le même sens dieertus et eloçueiM. Cicéron et Quintilien nous ont même appris la difKrence qu'il fout mettre entre rhonmie disert et l'homme éloquent. Le dUert , de disserer£, disserter, discuter, se distingue 1^ la diction; Yétoquent brille par l'élocution : ce qui frappe dans le langage de l'un , c'est la clarté ; et dans le langage de l'autre , la beauté. Ensuite, l'homme disert instruit, et il plaît par Ul facilité et par l'élégance de sa parole, mais il n'émeut pas; Thomme éloquent produit vn plus puissant effet, il persuade, il s'empare des esprits et les maîtrise.
« Cicéron dit qu'il a vu bien des gen» diserts, c'est-à-dire qui parlaient avec agrément et d'une manière élégante ; mais qu'on ne voit presque jamais de vrai orateur , c'est-i-dire d'homme qui sache entrer dans le cœur des autres , et qui les entraîne. « FâH. « C'est cette habileté à orner et à embellir un discours qui met de la diffêrence entre un homme disert et un homme étoquent,,,. L'honune disert, c'est-à-dire qui s'explique seulement avec clarté et solidité , laisse son auditeur froid et tranquille , et n'excite point en lui ces sentiments d'admiration et de surprise qui, selon Cicéron , ne peuvent être que l'effet d'un discours orné et enrichi de ce que l'éloquence a de plus brillant, soit pour les pensées, soit pour les expressions. 3» KoLi. « Bossuet était éloquent. saint Augustin était plus disert que ne le sont les autres Africains.... Je dirais à l'érêque de Meaux,; vous êtes un grand homme; je vous trouve aussi savant pour le moins que saint Augustin , et beaucoup plus éloquent » Volt.
En général donc disert signifie moins qu*élO' quen$. «L'esprit, l'élégance, la pureté, la justesse et la délicatesse des idées, une diction ornée, fleurie, cadencée, telles sont les qualités distinctives deFléchier; c'est un écrivain disert, un habile rhéteur qui connaît son art , mais qui n'est pas assez riche de son fonds pour éviter l'abu» de cet art. » Lah. t Si j'étais diserte comme Mme de Sévigné , je vous ferais de beaux récits. » DuDBPF. a Appius dît qu'ou lui avait obligation de ce que Volumnius autrefois presque muet, était devenu disert et éloquent, . Roll.
Ces épithètes gardent les mêmes nuancée, lorsqu'elles servent à caractériser Ib discoure.
DISETTE, FAMINE. Manque de vivres qui arrive par une cause quelconque dans un royaume, dans une province ou dans une ville assiégée.
Famine enchérit sur disette, c'est une disette fort grande (Roll.), extrême (S; S.), ou Ik plus dure disette (Volt.), une disette affreuse (Roll.).
Disette exprin» une grand» iwetfr et ona gssnde cherté de vivres; au lieu que famim indique qu'ils sont épuisés et qu'on n'ea trou?» pin i aucun prix. « Cependant lee vivres e^épaiieDt.... A la disette enfin suceède la fémsism^ fléa^te^ible. » Marv. « L'abondanoe de toutes ahostafû succédait à la disette ef à la fiusMHe devint nniiîble à plusieurs; > Roll. — Bmniite, U dtMttr senri[)le n'atteindre que les pauvres, et la fit se faire sentir à tous. Pendant que Henri IV geait Paris, « la dCsefie dégénéra. eD /îMWweuetverselle. » Volt.
Une autre différence résulte de l'étymelegiidti deux mots. Disette vient de dire (trouver iëni ou du latin deiinere, cesser, tirer à a» fin. B « considère par rapport aux vivre» mêmes qui dini* nuent beaucoup , aux précaution» qu'on amaitdA prendre, aux approvisionnements qu'on. auniiéà fairei aux secours qvton donne à ceux qn soil dans te besoin. Fomtne, tiré évidemmena de /ctt'm, rappelle la ftim et ses souffiraneesvetjaéas le genre de mort qu; en est la suite. Deserlt que la famine est amenée ou produite pir]a.dM(ft. <K La disette et la cherté firent une eipàcede f» mine. » S. S. « Hannon mit la disette dus ti camp des ennemis.... Désolée par la famîÊtt tf parles maladies qui en étaient la suite, lesB^ mains auraient été contraints de levev le siég», si.... » CoND.— On dit : les horreurs de la /bMÎM (Boss.) , faire périr le peuple par la /amiM(VixT.); les assiégés sont réduits aux extrémités die la ^ mine (Volt.). La famme est comptée, «ns la peste et les guerres, parmi le» plus grands fléaax (Boss. , ¥iv. , Botrite.). « Donner du pain à ceu que la famine dévore, y^ Boubd. Ce earaetèm pfr raft essentiel k famine; car il est penniederibh ser ce nom même à la disette extrême-et gteérala, lorsque (ce qui est très -rare, du reste) on en souffre *peu. « Les Lydiens, presséed'uneeftrênie disette , s'arisèrent d'inventer les jeux- awe Jeequels ils donnaient le change à leur faiot et passaient des joure entiers sans senger k manger. » J, J.
DISSIPES, GASPIEEElt, muamOL Dépenaer d'une manière blâmable.
Dtmper vient du latin dwftpore, dhperMr, mettre en déroute , détruire ; on dtfmpe ce qetai consume, ce qu'on fait disparaître ou évaoooir; ce mot indique la perte de la ofaoae. GaepiUsr^ de vosfare, dévaster, gâter, bouleverser, eo de pê> lare , espilare , piller , a pour idée propre eëfle de désordre; aussi dit-on bien çaspiUirSi nage, des papiers , pour signifier les mettre sens deeaas dessous. Dilapider , introduit dans notre langée au mu*'siècle seulement, et prie â\i latin dilar pidart, qui veut dire primitivement démelir, disperser les pierres (lapides) d'un éififioe, paraît ne s'appliquer qu'aux grandes fortunes»
La dissipation cause la ruine. Le gospîlZflf* emporte l'idée d^in défkut d'économie. La «Wsptdaften produit le renversement de toute* une ftrtune ou l'anéantissement de forte» somam.
On dissipe un bien quelconque en todéCnâMDt d'une façon quefoonque. On gaspitte «lui qn^oa administre mal , dont on use on dont on Wsse user à tort et àtravers, en dépit dii bon sons. On
SYNONYMES k KAIHCAUX IIYERS.
sar
m&piék dtf gremils' 01609, l69 ftmic69 en- rSlsif le Uéjdr public, une beDe dot, etc.
Tons^ diaipet vatn patrimoine', m yvan Tépm* sez par des dépenses qni ne sont point utiles ou néeôsaires, en voyages, en objet» de luie, en plaisîn. Yous te gtupHtex, si tous le gfties |Nir de ftkussea dépenses, en dépensant sansrèifle, déaor^ donnément, si vous n'êtes pas rangé, bon mena* ger, et si tont est an pillage dans rotre- maison. Tona éilapidn un riehe patrimoines
« Représentez*?ou8 un homme ne dans te» tp> d&esBes , mais qui les a diuifém par ses praftisiona. » Boaa. < Âiiet était un garçon- exact et rangé, qui maintenait Kordre dans la matison de samattréase. On craignait sa vigilance, et legoa* pillage était moindre. > J. J. « Les assignats ne pourraient que tomber sous peu dans le plue affreux discrédit, si Ton coritinuait à d^optder autour de vous prés de deuK cents millions par mois. » (Pétition a la Convention nationale.) Bbiov.
Qui dtfsipe son temps le perd*; qui le^^ofptlb ne sait pas en régler l'emploi ; dttopictor ne se dit <^au propre.
IH'fttper est du langage ordfhairer; fifojpilier, da style femilier; éUapidêr convient surtout en partant de dépenses et de rieheaBeoi coniidérar
Mes.
NSnNGUn, DI8CERNHR, DélIÉEBII. Aperoovoir nettement, sans se méprondro, sans eonflmdre avec autre chose.
DiiKiiguer, de dtt, qui maïqve division, et' de tmgmerff, teindre, signifie teindre de manière à séparer, et par extension, reeonnattra par les diveraes temtes. Ih'tcemer vient de dit et de eernerv ; csrrwre veut dire séparer, et plus ordinainment voir par les yeux de l'esprit, décider, juger, Ikire le difcernemenr, de même que- le grec nf^wv d'où il dérive.
IHgHngtt^r se prend plutôt au propre pour muqaer une action des sens et particulièremot do la vue; discerrter s'emploie de préférence an figuré pour désigner une opération puremenC mentale. « Je- fais le même jugement de œuK qii disent qu'ils avaient les règles des géomèCRs^ mais confondues parmi une oraltitodo dTautroe, dont ils ne pouvaient- pas les dteemer, que de ceux qui, cherchant un diaimnt de grmd prix parmi un grand nombre de box, mais qu'ils ne saurai^t pas en dùUnguer, 9evmnt6raîent,.en, les tenant touseasemiile, de posséder la véritable. > Pasc. — Cependant le passage est m naturel et si ordinaire du propre au figuré, et résiproquement, que disim§uer et dtaBsrMv so trouvent l'un et l'autre dans lès àeag, senBi. Mais on distingue à des signes ou à ées caractères visible», apparenta, facile» à sai- V, eemmo les couleurs; au lieu qu'on, dûornie ca qui est cashé ou déUcat, ce qu'où n'aperçoit qu'avec de la finesse et de la sagîusité. « Dieu est leplttswibtitet le plus pénétrant anatomiste de Botns «QQr; il entre jasqt:a dans lea pli8> elr les lepUe de rime pour en éùeefnêr les mouvements le»plus«achés. >Bouiu>. « Bile pénétrait ka dé* ftuts les plus cachés des ouvrages d'e^riè et en ' les traits les plus délioat5*.«'FfciGH.
« Cétait une femme d'esprit qui savait dtsoensnr son monde. » J. S. • Les grands hommes sont ton» ceux qui surpassent les autres par le cssur et par l'esprit , qui ont la vue ]dus nette et ptaa fine, qui déicar nent mieux lea choses humaines. » Yaov. «Il^était point si aveugle qu'il ne dirlû»gmât le jour d'avec la nuit. Il discemaU même à une grande lumière le blanc , le noir et le ronge.* Coim. Pour dittinguer , il fkot être éclairé et à la portée des choses; panrdtcoemfr, il faut de la soienee, de la pénétratrân et de la oritiquev — Bufln , distNigiier parais être purement idéal on théorique, au lieu que dkêemer se rapporte aux qualités bonnea on mauvaises des choses et à l'application : à l'un s'attaohe l'idée d'éclairoiase» ment, à l'autre œlle de choix : on dittinguê deux objets de oonaaiasance, de sorte qu'à leur égard rîDteUigence ne se méprend plus , et de deux objets on dûœme le meilleur et le pire. Des personnes qui disputent ou argumentent, ou qui recherolient des nuances entre des mots synonymes, dblû»guênt ; des critiques qui jugent des défauts et des perfections, de même que les rois qui s'efToroent de trouver dee hommes capables , dûcemenl. On dfMsme le mérite (Boubo. , Labr. , Yauv.) ; on ne dit point le d^ingu/er, ^Ditcemer, parmi les exemples de l'antiquité, ceux qu'il est bonde suivre et ceux que l'on doit éviter. » Marm.
Démêler, défaire le mélange ou ce qui est mêlé, dégager du milieu d«, c'est apercevoir un objet dans une fbule d'autres de même ou de différente espèce, où il est enveUppé et oonune perdu; démêler une aiguille dans une botte de feitt. Ce mot emporta toujours l'idée de complication , d'intrigue et d^embarras. Sur ce vers de Corneille:
Et c'estmal âàmêler le ccBor d'avec le front, Voltaire fait la remarque suivante : « Je crois qu'il e^X fallu dieUnguer .km lieu de démêler, car le cœur et le n'ont ne sont point mêlés ensemble.» On dit bien démêler la vertu d'avec ses apparences-(MoL.) , parce que la vertu est comme embarrassée dans ou sous les artifices de l'hypocrisie. On distmgfu les différentes qualités d'un t^leau, et on démêle oeUes d'une tragédie (Volt.)..
Je saurai démêler un pareil artifice. Yo&t. Je n'ai pohst dèmMé le» intrigues secrèles.... b. Malgré robacoriléL de son illusion , J'espère dèmêUr cette confusion. Goav.
flc Bémêler le» choses entrelacées. > FÉw. « Qui démêlera cet embrouillement? » Paso. « U na!t dans l'Ame un désordre et une confusioik qu'elle a peine à démêler. » In. « Démêler une équivoque. » Bosa. « Ce sera une afiaire inextricable, de démêlent ces contradictions. » Id. « C'est le devoir d'an souverain de démêler la vérité au milieu de cette confusion que forment les passions des homiBaa et lea intérêts des différenta partis. «
Laraison est la fiaculté de distinguer le bien et le mal, et plutôt encore le vrai et le faux. On ne .dit difcerner le bien et le mal , et surtout le vrai et le faux, que dans les cas difficiles, et quand il est besoin d'une raison exercée , habile et pénétrante. On démêle le bien et le mal, ou le vrai et le faux, quand ils ont été entremêlés de manière
DEUXIËVE PARTIE
à ne pouvoir être séparés Tan de l'autre que par une raison qui sait employer à propos Tanalyse, développer et résoudre tous lessophismes, et débrouiller toutes les confusions.
Vous dittinguex le sens naturel d'une proposition; TOUS diicemez le sens caché oi^ détourné d*un oracle; et tous déméUz le sens intrigué d'une énigme:
DISTINOUER , SÉPARER. Oter ufie chose d'avec une autre ou d'avec d'autres.
Distinguer , dis tinguert , teindre diversement, sentir la différence des teintes. Séparer ^ te par rare y disposer ou mettre à part, de côté. C'est l'œil qui AUUngue; c*est la main qui sépare , comme c'est elle qui prépare. Distinguer consiste i ne pas confondre; s^arer consiste à désunir, à écarter. Un signe, un caractère, un trait, le visage, T&ge, le mérite, le rang, les idées que nous nous faisons des objets , servent à les distinguer; tout ce qui est propre à isoler les choses ou les personnes les unes des autres, dans l'espace ou dans le temps , comme un mur, iine rivière, un voyage, la mort, un déUû, un intervalle , servent à les. s^arer. Les choses distinguées ne sont plus prises l'une pour l'autre indifféremment ; les choses séparées ne sont plus ensemble ou ne se touchent plus. « Nous voyons tous les arcs diversement colorés qui composent l'arc-en-ciel réunis par des nuances délicates qui joignent leurs couleurs sans les confondre, et qui les distinguent sans les séparer. » P. A. Le botaniste distingue les plantes que le pharmacien sépare en les plaçant dans divers bocaux. « La différence des modes et du langage distingue plus les nations que celle des moeurs ; l'absence sépare les amis sans en désunir les cœurs. » Gia.
De plus, à distinguer y et à distinguer seul, Vattache une idée de distinction y d'honneur, de prérogative. « La petite colonne qui sert de tombeau à Miltiade , n'est distinguée des autres , que parce qu'elle en est séparée. » Barth. c La tendresse fît oublier à J. G. les lois générales de sa justice , pour séparer la vierge Marie de la masse commune des enfants d'Adam , pour la privilégier, pour la distinguer , pour l'honorer. » Booao.
Cependant séparer se prend quelquefois dans le sens plus théorique de distinguer. Mais alors il dit plus , il équivaut à bien distinguer, à mettre entre les choses , non-seulement de la différence, mais de la distance. « La raison s^>are l'homme de tous les animaux. » Acad. « On doit séparer les rubis , topazes et saphirs des matières transparentes vitreuses, et leur donner une tout autre origine. » Bupf. « On doit séparer l'émeraude et la placer à une grande distance de toutes les autres pierres vertes. » Id.
DISTRAIRE, DIVERTIR, DÉTOURIISR. Faire aller ou venir ailleurs.
Quand il est question de l'homme , le distraire^ c'est l'empêcher de penser à une chose; le dtver- Itr, c'est l'empêcher d'y songer. On distrait en faisant cesser TappUcation de l'esprit; on dtoer* tit en faisant cesser la préoccupation. Distrait , on est rendu inattentif; diverti, on est tiré de peine ou d'ennui. Distraire suppose un travail
intellectuel, et divertir un état pénible de rime. On vous distraii de vos pensées , de vos rêveries; dn vous divertit de vos tristes pensées, de votre mélancolie, de votre douleur. Un rien disfrailles personnes légères; un rien divertit les personnes insouciantes. *- Mais détourner, ISûre sortir de la voie ou de sa voie , a un caractère pratique indiqué par l'Académie , qui dit : « Détourner d'un dessein convient mieux que distraire d'un dessein, v Détourner quelqu'un , c'est , non pas comme le ditlratre et le dtverfîr, l'empêcher d'être à une chose , mais l'empêcher d'aller à une fin , de faire ou d'entreprendre. X>ifflra%re et diverîir changent l'objet dont on s'occupe ; détowner change le but qu'on poursuit, la marche, Il conduite. On distrait d'un sujet de pensée oa âe discussion, on divertit d'un sujet de chagria; mais on détourne du devoir ou d'un projet.
Au propre et en parlant des choses, on dit également diffrat're, divertir et détourner des papiers, des effets , des fonds. Dans ce cas encore distraire et divertir diffèrent un peu l'un de l'autre , et tous deux diffèrent beaucoup de éitewmer.
Distraire j c'est détacher, séparer du reste, mettre à part; divertir, c'est changer le sens, It destination, l'emploi; détourner, c'est s'emparer, prendre pour soi, dérobef. Les actions de difiratre et de divertir, celle de diflratri surtout, peuvent n'être pas mauvaises. « Sur cette somme il faut distraire tant. » Acad. c H n'est resté de riches évêques protestants en Allemagoe que ceux de Lubeck et d'Osnabruck, dont les revenufl n'ont pas été distraits. » Volt, c Par ces ventes du domaine de la république, on n divertir les fonds les plus assu^ pour li paye des légions. » Vert. « Le principal embarras roulait sur le moyen de fournir à la dépense néees^ saire pour secourir les Olyntbiens , paroe que les fonds de la caisse militaire étaient diverUs ailleurs , et employés à la célébration des jeux publies. » RoLL.— Mais l'action de déUmner est positivement et toujours un délit. « Cette femme se tient en embuscade pour tromper son mari, et d^foumer pour son jeu tout ce qui peut venir sous sa main. > Bounn. c Les révoltés scellèrent tous les papiers et les effets, et n'en dêommirent aucun* » S. S. c Si Paul Emile, maître des trésors immenses de Persée, en avait déteuni une partie pour s'enrichir , pourrait>on dire que ce seraient la vertu et l'honneur qui auraient introduit ces riehesses dans sa maison? » Bou. «Le même jour que Lautrec partit de PariSt Madame détourna 400000 écus que le rd ïïrvX ordonnés pour le Milanais. » Boas.
f DISTRIBUER , DISPENSER ; — f PARTA- GER , DÉPARTIR , RÉPARTIR. Donner d'une chose à plusieurs persoiines.
Diffniuer et difpetwer , c'est donner k diven ou de cêté et d'autre, çà et là, suivant la valeur de la particule latine dis. Partager, départir et répartir , c'est donner une porl , pour jwrt ou en faisant des parts. Dutrilmer et dispenser n'emportent d'autre idée que celle de dualité, dep^ralité, de multiplicité; partager, départir et répartir font concevoir des parts, des lots, des quantités relatives. DistrOfuer et dispenser des
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
amnAûtt, c'est les répandre, les disséminer; partager^ d^rtir et répartir des biens, c'est les donner ptr portions, tant anz mis et tant aux «titres. On diitrtbue et on diipeius bien, en disposant les choses, les nnes ici, les autres là, comme il con?ient, avec ordre; on parUige, on départ et on répartit bien , en donnant à chacun autant qu'il dut, en procédant équitablement , avec justice. Qui distribue ou ditpengê peut mal placer, auquel cas il est exposé aux plaintes de ceux qui ont été oubUès, qui n'ont rien obtenu; qui partage, départ ou répartit peut commettre de grandes inégalités , et alors il excite les rédamaliens de ceux qui ont été comparativement maltraités.
« Tarquitt arait enleré aux premiers de la Tille des terres pour les dirtrthuer aux personnes de la plus Tile condition; les charges et les impositions de l'État qui, auparavant, étaient r^rttes également, il les avait toutes fait tomber uniquement sur la tête des citoyens les plus considérables. » RoLL. — Apollon dispense ses faveurs aux beaux esprits (Rbgr.) ;
En ses présents le ciel est toii^ours Juste i
n ne départ 4 gens de tous états
Mêmes talents. Lir.
1* Dût ribuer, dtepenter.
Ouoîque les deux mots soient tirés immédiate* ment da lâtîn dittribuere, ditpentare, le premier se dit partout et en parlant de toutes choses, au lieu que le second convient particulièrement dans le style soutenu et quand il est question de choses relevées, de personnages éminents ou d'êtres supérieurs, c Les pharisiens étaient sévères pour diffribner ou faire dûtrtlmer aux pauvres cer^ taines aumônes.... Ils se regardaient comme les oracles du peuple et les seuls maîtres de la vraie doctrine, se croyant suscités de Dieu pour la dirpetuer. » Bourb. c Les fidèles se déchargeaient sur les apôtres du soin de distribuer les biens communs.... Le nombre des fidèles croissant, ce d^MuiUement ne fut plus possible : la dispensation des biens temporels eût toute seule occupé les pasteurs destinés k dispenser les mystères de Dieu. » ICass. — Distribuer semble annoncer plus de choses , une multitude de choses à donner ; dispenser se distingue par la noblesse de ces choses, ou bien par le rang et l'autorité de ceux qui les donnent. « Nous peuplons la terre et les deux de génies , nous en distribuons partout où la nature parait animée.... Exerçant une immense autorité, ils dispensent la vie et la mort, les biens et les maux, la lumière et les ténèbres. > BiatH.
3* Partager, départir, répartir.
Partager a rapport à la chose; départir et répartir sont plutôt relatib aux personnes. On panage un tout qu'on divise , dont on fait des parti (portes agere) ou des lots; partager une somme, un royaume, un gftteau, une succession , le butin, etc. c Les Lacédémoniens fortifièrent Décélia, ayant partagé l'ouvrage entre toutes les ' troupes pour l'achever plus promptement.» Roll. [ Vais que les choses départies ou réparties forment on ne forment pas ainsi une masse susceptible de décomposition , ce n'est pas à cela qu'on
fait attention en employant ces deux verbes, mais à ce qui suit : l'action de d^Mirttr tombe de haut, vient o'une personne haut placée; celle de répartir suppose dans les personnes auxquelles elle aboutit des droits auxquels on a soin de se conformer. Celui qui partage n'est pas Juste, qnand il fait des parts beaucoup plus grandes ou plus fortes les unes que les autres; celui qui départ n'est pas juste , quand il ne consulte que ses prédilections et ses préventions dans la dispensation de ses bienfaits; celui qui répartit n'est pas Juste , quand il ne proportionne pas exactement les parts aux droits ou aux devoirs , les gains aux mises ou aux avances , les charges aux facultés ou aux revenus. Pour plus de détails sur ce qui concerne les rapports de départir et de répartir^ voy. l'article où il en est question dans la I** partie, p. 125.
DIURNB , QUOTIDIBN , lOURNAUER. Relatif à cette partie du temps qui s'écoule entre le lever et le coucher du soleil , ou bien entre un lever ou un coucher du soleil et un autre.
Diurne, latin diumus, de dtes , Jour, signifie proprement d'un jour ou de jour. C'est un terme d'astronomie et d'histoire naturelle, introduit dans notre langue au xvuie siècle. Le mouvement ou la révolution diurne de la terre se fait en un jour, au lieu que son mouvement annuel, sa révolution annuelle s'accomplit en une année. Il y a des oiseaux de proie et des papillons diurnes, comme il y en a de nocturnes (Buff.).
(Quotidien et joumolter diffèrent considérablement de diurne, d'abord parce quils sont du langage commun, et ensuite parce qu'ils marquent rapport, non pas à un jour ou au jour, mais à la succession des jours , à tous les jours, à chaque Jour. Aussi , diurne serait d'une impropriété sensible dans des expressions telles que : Journal qubtidien , progrès journaliers de la raison.
Quotidien et journalier ont aussi leurs nuan> ces respectivement distmctives. Quotidien est une épithète déterminative ou caractéristique , et journalier une épithète circonstancielle. On dit qu'une chose est quotidienne , et on dit ceci ou cela d'une chose ;ouma<i^e. « La réception de l'Eucharistie était quotidienne anciennement. » Fin. < La communion journalière doit être votre soutien. > Boss. Quotidien fait connaître qu'une chose a lieu chaque jour : fièvre quotidienne, c D'anciens auteurs ont donné aux éléphants une religion naturelle et innée, l'observance d*un culte , Tadoratitn quotidienne du soleil et de la lune. * BuFF. Journalier rappelle incidemment qu'une chose dont il est question est une de celles qui ont lieu chaque jour. « Nous pouvons juger du dépôt successif et journalier des eaux par les feuillets des ardoises. » Buff.
Ce qui est quotidien arrive tous les jours d'une manière fixe et invariable; ce qui est journalier arrive à peu près tous les jours, ou arrive tous les jours , mais tantôt d'une façon tantôt d'une autre. tJn journal quotidien se fait remarquer par les différents tons ou les différents tours de ses déclamations /oumaliires. On attend la visite quotidienne (Bsaum.)
Uk
•EIIKkÊilS PAlTffî ;
d'un obîfttc^iea dans ua iil^l, ^ur ètise ié* voia d'une 4e se» opérations joumaiières. Un èYâqaa .penaat à uae peisonne l'usine quotidim éÊB laoreinentB (FéM.) t ^ ^ xecosunaaxle de Uea parler ses croix jowmalièru (Id.). Nous dexxkKodaiM À IXieu aotae pain quottdim^ et les sacottw immaUert (Vow-) de sa «rftoa. La lec- Ute «iMitdiâMM (Rbgk.) du brÀiôaice n« doa pas eofiâoher un prêt» de yaquer i ses ionctions ieurfiaMMr ^êm.). — La xnètéocolo^ étudie VèlêXioumedier de Tair (J. J.)- ^ lnommeiour- ««liar«fft inooDstant ou inégal-
Dl^VMiGB, BJfcPUDIATlON. Ces mots servent à désigaar la rupture, la dissolution du mariage.
JMwfwa , «latin dimrUuw^ de dxvertere, tommer dans «a Attire «eus., «'en ailer^ se séparer, expr«ne la séparation des deux époux. Répudiation^ latin rejmdiatio, de repudiûre, wjetex; ronvoyer, iigiufls le WBmtÂÀe l'un par l'autTe.* U y a«ette éiffèrvioe «ntve le 4sffonM et la r^mdiotio» , que le dinorce se liait par un coasentement mutuel à Toccasion d'une incompatibilité mutuelle; au lieu ipie la répudiation se fait par la volonté et peur t'avantage d'une des deux parties, indépendamment <de la «olaaté et d» Ta^vantage de l'autre. »
c Le MsMTfie semble M» «ne afEains da coasatl. • MoirTusit. « On ^wn^oit du dégoût l'un pour L'aïUK, et souvent on se trouve xéduit , pour prévenir de pilus grands désoidses , là se séparer l'un de rautffe : « dtéorosf «t sépacations que la loi des iiemmee autorve. • fiouan. — « La r^pudîalio» semble pluliôt tenir à la psompiitude de r^esprk et à quelque passion de Téne.» Mosiaso. IWfe fut la répudiation de €aiherino d'Angon poff Henri YiU, roi d'Anglsterra.
mmUàSBy «SRTfi. Privation da qaalqua chose de bon ou d'utile qu*on.a9ttit.
Jm dommage est pertÀel et consiste daas un décbet; la perte est totale et consiste daas ia soppreasion. Le domanmge oausé à «ine fortuna la dimmue; la perle d*une fortune l'anéanUt. On fépare le dommage ou la cboaeMdoaiaiQi^; on romplaoe k perte on la cbose perdue.
De plus, dûmma§e «st relatif à la cause; et perte ^ à l'eflEet seul. Qui fait du .dommage est ageiU; qui fait unefieree est patient. On Mçoit du dommage .- ce mot suppose 4oi;ô^urs une personne ou une chose qui doane^ qui «ccasioane^ qû cause, qui produit le fait; a^ais^n éprouve va» perte ^ la perte «étant plutôt quelque chose da fatal, 4iQnt on ne cooeidére que ies suites Wehenses.
l'BOMllAGB, TaET;*-2* mÈIUMCS, DÉnUKBMT , DyUI. Atteinte portée au bien d'&uliraL
Ouoique deaiaM^re et tort dérivent du latin, ils n'en viennent pas aussi diroctsmeot qne leurs ffacnymes préjudiee^ déniaient et dam^ en latin pra^'udtctum , delrtmaiitum <et daaMtim. Bnsuite ils ne s'«mploient pas de la même Isçon et ne désignent pas la même sorte de mal. Kous disons qu'une chose nous iait beaucoup de dom- WMge ou de4orl, et qu'elle tourne à notre préjudice^ à notre d^lrtmea^^ à noti» daai; nous disons d'une manière précise , causer un doHi-
mage ou un fort, réparer des dofnmajrer ou des toru^ j0t d'une manièto vague, sans Vemplol de rarlide et du pluriel , porter préjudice. IToùîl suit que dommage et tor« eipriment unmal immédiat; et jirgadtcs , détriment et dom, un mil ultérieur., plus ou moins éloigné. Ce qui nous fait un dommage ou un tort nous cause nos perte; ce qui nous porte préjudice compromrt nos intérêts. La chose domm^ff^^^ ^ P^^^ ^^ actuel dejuiire.
eaas^kis fèiétt il (le oeri) s^easpotto s .San bois, tiommagrahU oniem.ent, L'azrûlanl i chaque moment , Kuit i Vofflce que Inl rendert Se» pieds , de xpii ses Jows dépanAent Iw.
La chose jwrfjttdtfitflbïe est propre à nuire, peut avoir des suites fâcheuses. «Toute erreur^ dai^^eieuse, mais il n'y en a point de phisprejudicioWe jù de plus pernicieuse dans «***']* que celle qui s'atUche au principe et à la rèp« même des mœurs, qui est la conscience. »Boirii>. !• Dommage , tort,
Dommage est un terme générique; U annonce unmal, un déchet, un dépérissement, produit par quoi que ce soit, même par un objet inanimé. Le tort y au contraire , est toiyoui» ûitpar une personne avec l'intention de nuire ; c'est propramont une injustice. — Le dowmai^ pw^ résulter d'un incendie, d'une inondation, de aêffatft commis par des animaux.
la HavoES d'an miea pré certain Inon passsj S'j vaulra, non tans faire un notable dommeg* A deux boUes de foin le dégât estimé.... lUc Ouittez-moi votre serpe, iBslrumcnt de thtmmagr.
Iav.
« Loin de venger , avec une sainte compla-sance, sur notre corps les dommages qu*îl a causés a notre âme, hélas! les plus légers sacrifices que nous faisons â Dieu nous coûtent tant !»»!«• Mais le tort aappose toujours quelqu'un qoîa, tort, qui agU contie le droit. Aristide dit i imconnu qui lui présente une coquine , afin quti y inscriATÎt le nom d'Aristide lui-môme : t Vous a-t-U fait qualque topt?» Barth. « Ces gens si pûsiblea sur les iniusticos publiques sont toujours ceux qui font le plus de bruit au moindre tort qu on leur (ait. • J. J. « Si j'avais quelque lort à me reprocher , j'espérerais , en le réparant , parvenir a le leur faire oublier. » In. . ^ * •• ^^
Et lorsque Le doaimoge est aussi du lait ûtm homme, on le considère en lui-même « comme plus ou moins grand, par exemple, plutôt qi» Gomma une entreprise volontaire et coupable, a C. Caton fut accusé et condamné pour cause de concussion, les dommages qu'il avait Butt au aujet de l'empire éuient pourUnt bien p«» de chose, puisqu'Us ne furent estimés que la valeur de dix-huit mille sesterces.... Mais aloti •n eiamiivût la quaUté de l'iiyusiice cornnuse, et non pas jusqu'où allait le tort que l ixgusttte avait causé. > Eoll« *
V Préjudice^ détriment, dam.
])e ces trois mots, empruntés du latin, le premier est le seuldont on se serve communément; on dit un pr<^ttdtce, un grand pr<|udic«, et a préjudiee correspondent pr^judiciaifte et prga-
SYNONÏiœS À MAiCàlK DIVERS.
r« iqiii<#n va/L -ékè lormés. Jfais déirimmA «t fiHniUe dans ne^e langue, ne s'^mpb» <|ii'»vM- U p^poiitioB 4:4 son dé- , A MB dam. Encore ce dernier , dont on a 'fût i|Rnl(f«a uaige du» k poésie JMdiae du * «t du KTut* sièeie , peuûl passer à pvépo«r ma, «rckaisaie K
à éèoeurrir quelle •difféMDoe il peut y aToir entre préjudice et déêrimmi, préeÂdésde -écwm^pwéjméinj^mt. <léHrttmw< .de leÛe^nanne
&^^êj0Êi4i^ ■'pnKjitdàifètHn'y fu^mant aBiieipé, piliwgi, piéawulJBià, implnfue, ainsi t]ueaort, inàèa >d'4iaarpatian, 4a la aÉDlaitiai d'wi ^roK; T^»4étfimmt^ d» lUlarare, uaar, «diaii* éMruiPa, aqpàma .ajapkaart, «onne iga, «ne tÊéêériaratiam^ ua éésawntage , pegtc. ^ llHqain «teint la taumnaa an préimdm Jaataafaats da loiAaaas (fio«i>«); après la paix d'Ail 4a-fCfaiipeUa, an i:*M0^ ias fRÙseaBOes de TBaiopa evramt -obtItoii «n mfl- «riiauMee sons les aormaa, an déttimtm des Mli et de» pwleaalims néoesaiiras<Voa.T^].-- Pasod critêque i^Juliae da saa GoalenparaA8« qui ^PBOlaBt étfld>Ur l^aworité seala des «oeèeBs au pr^udlea du teàsouieiiieiiit , «t, smvant Boflkm, las naMiauclUuaia ne snalftiplienft Hs livres 'qn'aa ddftnAnesl de la acienoe. — lies pamats aont inju»- Ma quand, «a pr^dwe de leom anfbnis^ ils htm aaaigiient aiintraÉreneait iin^tat(Bo«faD.); la aénat «rdonaa au tDoosal Levions d*asooider awa SyrwBnaain» 4e«3 les aonlagumante qui n'intBDifvLutaud^Irtment de Urèpulllique(RoLL.)• Mnl,TftABBRT,GMT1FIGAnOR, Càsmjœ.ce qifan pmc^ire, -ce qu'on accorda ou ce qu'on cède àqttètqu'uB.
Ouoiqae dm at préimi aient me «ignifleatîon plus difficile à détenninerr que t;fral<^ealtan et eaêeûM, 11 n*est pas néanmoins impossible de les ifistingaer dNine manière nette et sdre, ainsi que les mots latins •èonum et imtnw, «uxqueb ils tonaspondent exactement.
C'est "ce que GomdîUac atT^bs^beureuwiaetitfaît dan \e pa«ge sniyant : « Le doft eat Mt , dit-il, parunaupérieur qui n'e«t tenu ànenet qui ne donne que pour donner. G'eA pourquoi noue noua aerroos de ce mot toutes les fois que nous parlons des biens que la nature eu Dieu di^wnse : la beaaté est on dcm de la nature ; les dotu du Saiut- Bsprit; la don de sagesse, de aeienoe, etc. Le
4« De rarfent , dites->fau8 ? Ah ! ¥oili Tenoloaure ! àveire émm^ Itoc..
Miis, qui &*eil pu «ege laon dmm? Scmie. n 7 Tleain H daftle ^an leaaid à aon aender) I U T 'diitéflBBiaim. IdM.
il -081 loi d sea dmm, lo.
ft se froadt, dans sa jaiteaolère, leae vaagar du tour qu*oa lui jooalt, De Ibiea punir tout Fraojcais iaditcret, Qni pour son dam passerait sur sa terre. Vorcr.
MaBierbe a dit en prose : « Si tous tous êtes mal expliqofe, ee sera à rotre dam, » Et ). 1. Rousseaa : *Si tes hommes empoisonnent et tournent à mal ^•at «e que le désir de lear koobeur Bi*a fait dire at fûrc dHaiie , «fait i laar ^dém al non pas au
pT'ému «e ikit par amitié, par ri dans des mes d'intérêt. »
ftn d'autres termes^ le don est un bienfait, HA acte de libéralité ; le^Mr^ieat est usa offrande , une aorte d'bomm^ge ou de tribut, ce qu'on présente ne sachant pas si on l'acceptera et désirant qa'<m veuille bien Tacoeptar. Le don Tient d'an baut >at n'a d'autre caractère que celui de la gratuité, d'autre objet que le bonheur de «ebiî qui le reçoit ; le prémU vient plutôt d'en Jiaa, at touli^Es il ae rai^porte aux santimants ou aux desseins particuliers de c^ui qui donne, aentinwKls d-afifection tespectuause , de déférsaae, de dévouement, de gratitude, et dessains particuliers qui tendent à plaire , à i^agner la laveur au Ja.bienTeiUance» On comble, on enrichit quelqu'un de ^esdonf; on s'empresse de reconoallre un bienfait, de témoigner qu'on aime une peosouie, eu onchercbe à corrempre un juge, par des présents. Le ciel verse des dons sur la terre; et la terre envoie dans le oiel des Offrandes, offre À Dieu des présents >, comme Font fait au «ommaneameat Abel et Caïn (Boss.), et, lors de la naissance de Jésus-Christ, les mages {Volt.). Orgoa lait des doa< à Tartufe (Mol.); un amant fait des pr^wnuA sa mattresse (In.). Chezles Romains, celui qui triomphait distribuait des dons aux soldats (MoutbsoJ , et une loi permettait aux magistrats de prendre de petits présents , pourvu qu'ils ne dépassassent pas cent écus dans toute Tannée (In.). Vous direz très-bien un don du ciel, de Dieu , de la luiture , et , en opposition , un présent des booamas, du travail ou de l'expérience. Suivant Doaat, aur TJ^unuque de Térence, le don, donum, est des dieux, et le présent, munus, est des hommes. « I^as hommes préfèrent l'honneur Àla vertu même; et jugez quel égarement 1 La vertu est un do>n de Dieu , et c'est de tous ses dons le plus précieux; l'hoonaur est un présent des hommes,' encore n'est-ce pas le plus grand. »
Vmb lolgnei àeas dct (4alenls.mtafféls) l'asMur
des beaux ooTtages; Vons y joignes un goût plus sûr que nos suffirages; Don du ciel qui peut seul tenir lieu ûetprétênis Que nous font à regret le travail et les ans. L*v.
Cette première différence en amène une autre , qui a été signalée .par d'Alembert. Comme le don vient de Dieu, de la nature, d'ua roi, d'un homme puissant, d'un s«q>érieur en un mot, il doit être par cela même , au moins pour l'ordinaire, plus considérable que le prisant. Calepin avait dit que dontim, le don, s'appliquait à de plus grandes choses, et munus, le présent, à des choses de moiadre importance. «.Quoil Ton préfère des présents si vains (du diable) à tant de . bienfaits si considérables (de Jésus-Christ) I Jésus- Christ fera comme un amant passionné qui, voyant celle qu'il recherche gagnée par les pr^- •smts des autres prétendants, multiplierait aussi las aiens.... Pour détourner nos yeux et nos cœurs des libéralités trompeuses de notre ennami, ilreioubie ses dons jusqu'à l'infinL » Bosa. Bans Gil Bios, don Alphonse donne à son ancien intandaat la petiu terre de Lirias, et lui dit modestewaat : « C'est an présent que noua pouvons vans
BEUXIËME PARTIS
fidre sans nous incommoder. » Vais GU BUu, plus charmé de son bon cœur que de son bienfait , lui répond : « Seigneur, le don que tous me faites m*e8t d'autant plus agréable , qu'il précède la connaissance d'un service que je tous ai ^ndu. » Lbs.
ciel
demie depuis ,
git de choses peu importantes , agréables plutôt qu'utiles: les dons de'Cérës et de Pomone, les présents de Flore {u'Al,), La raison est un don et Tamitié un présent du ciel. Dans les Lettres persanes ^ une femme indienne, prête à se brûler pour son mari qui Tient de mourir, apprend qu'elle Ta le retrouver dans l'autre monde et reconmiencer avec lui un second mariage; elle se ravise et s'écrie : c^i le dieu Brama n'a que ce présent k me faire , je renonce k cette béatitude.»
IfORTBSQ.
La gratilieatûni est un don , le cadeau un pré* sent. Ce sont deux mots très-propres à bien faire sentir et à confirmer au besoin la distinction cidessus établie entre le don et le présent,
La gratification , ce qu'on donne de son plein gréf spontanément, sans y être obligé, est un don en argent, une sorte de salaire surérogatoire qui dépend uniquement du bon plaisir et de la libéralité, c Louis XIV envoya une gratification à Corneille dans sa dernière maladie.» Volt. «Colbert fit donner mille francs de pension k qui aurait eu dix enfants. Cette gratification fut accordée aussi aux pères de famille taillables. » In. « l'ajoutais à la somme que feraient mes gages au bout de dix années de service les gratifications que je recevrais de mon maître, s Lis. c Julie donne toutes les semaines vingt batz de gratification à celui de tous les travailleurs , 'journaliers ou valets qui durant ces huit jours a été le plus diligent au jugement du maître. 9^. J. « Un noble romain ne pouvait attendre pour récompenses des services qu'il rendait à l'Eut ni gratification, ni pension , ni aucun de ces bienfaits que les officiers ont coutume aujourd'hui de recevoir de la libéralité de nos rçis. » Roll.
Le cadeau est un petit présent , et, en tant que présent , il a pour objet de plaire , d'être agréable. « Les cadeaux sont un petit commerce d'amitié fort agréable quand ils sont réciproques. Voulez-vous me faire des présents qui soient pour mon cœur d'un prix inestimable , procurez-moi des loisirs , sauvez-moi des visites , etc. » J. j. a J'aurais fort soupçonné Mme d'Bpinay d'avoir arrangé ce voyage pour dopner au baron d'Holbach Tamusant cadeau de voir le citoyen amou< reux. » Id.
DONNER , PRftSENTEH , OFFRIR. Transporter k quelqu'un la propriété ou l'usage d'une chose qu'on a , s'en dessaisir en sa ûiveur.
Bonner exprime le fait lui-même; présenter et offHr en désignent les préliminaires. Nous doniMns ce qu'on reçoit; nous présentons et nous offrons pour donner, en vue de donner , afin qu'on reçoive. L'action de donner n'a lieu qu'autant que la transmission s'effectue; mais pour que celle de présenter ou d'offrir soit consom-
mée, il suffit qu'il y ait présenialHom ea oflrt, proposition , hommage , il n'est pas nécqisiiii que la chose passe effectivement à cdiii à qui aBs I est présentée ou offerte. < Les gens de ce fiitseau Tirent six de ces géants (des Palagons), dont ils s'approchèrent pour leur ogtir &a piin, du Tin et de l'eau-de-Tie qu'ils refluèrent , qeéh qu'ils eussent donn^ à ces matelots qociqwB flèches. » Burr.
Entre pr^îienfer et offHr k différence n'est pM moins frappante. On ne présente que àeeehom présentes , qu'on met doTant les yeux on sous la main; on offre tout ce qu'on met en avant (de ferr^, potier, et o5, dcTant, en avant), tovt es qu'on propose, et, par exemple, des choses absentes, abstraites ou à Tenir. Vous présentsMVD, bouquet ; tous offreg des serTices. AnciemmMBt on présentait k Dieu des Tictimes; on lui offnfi des hommages. « Le jour de la consécratioa, toi Arcadiens présentèrent les Tictimes : ceux de Thèbes, d'Argos et de la MesSénie off^rirent séparément leurs hommages k leurs divinités tntékires. > Bakth. Ou bien présenter les victimes, c'éuit les amener devant l'autel , leur foire tût acte de présence , et les offrir signifiait VoffnuÊdê, l'acte tout spirituel d'en faire hommage à la divinité. < A Cythère on n'égorge jamais dans Fenceinte du lieu sacré aucune victime ; on préienU seulement devant l'autel les bêtes qu'on ojppf , et on n'en peut offrir aucune qui ne soH jevie, blanche, sans défaut et sans tache.... Après qu'elles ont été présentées devant l'autel, onks renvoie dans un lieu éoarté où elles sont égorgées pour les festins des prêtres de la déesN. » FÉR. c On dit qu'on offre k Dieu ce qu'on pré" sente devant lui. » Boss. — On présente ^ ds la main à la main, un verre, un meta, un remède, des fruits, une arme, une requête, un plaeet; on offre son cosur , des vœux , des honu&ages , l'occasion de faire telle chose , la liberté, sa pto* tection, sa mort, choses immatérieiJes, «t on oj^e de faire , de dire , d'aller , etc. , choses à Wnir ou conditionnelles. Dans les t&umots, c'était une dame qui présentait le prix de la vaiUanoe; une récompense étemelle est offerie dans k eid à qui pratiquera la vertu. Une ville présente vn grand nombre de monuments; une question ogre de grandes difficultés. On présente de l'argent; on offre un marché, k propriété d'une chose moyennant telle somme. Vous présssdn votre ami dans une maison; vous offitx son crédit à quelqu'un. Si on vous frappe sur uni joue, l'Ëvangile veut que vous présentiez aussi l'autre; c'est quelquefois un devoir d'o0Wr sa vie pour sauver celle de son semblable.
Une autre différence dérive de k précédente. Nous présentons afin qu'on prenne , en tendant la chose simplement; nous offrons afin et aTse le désir qu'on accepte ou qu'on agrée. PrteiiKr marque plutôt l'action de k main, et offrir celle du cœur. Nous présentons de la nourriture à on animal domestique ; nous offrons nos hommagef à Dieu ou k une personne vénérée. Celai ^ pour remplir k cérémonie brûle de l'encens devant l'autel, le présente; celui-là l'o/JW qni |« présente avec les sentiments d'une piété hum*
STHONTHBS À RADICAUX DIVERS.
M», tendra et sincèra. La terra préunOê en diffSnnIs lieax dei ratnites ani animaiiz sauvages; la généroelté de FAngleteire offre un asile aux réftigiés de tous les pays et de tous les partis. On TOUS priMvUê k boire quand tous l'aTOX demandé ; on TOUS en offre spontanément, par pré- Tennnoe , pour le seul plaisir de tous Toir accepter. Un domestique tous pr^ente un siège àTOtre entré* dans un salon ; une des personnes arrÎTées aTsnt TOUS tous offre sa place. Un enfknt détente le coude à qui Teut le frapper; on off^e la main ou le bras à une femme pour l'accompagner ou la reconduire chez elle par politesse.
BOOCBUR, DOCILITÉ. Disposition à se prêter à ce qui convient aux autres ou k ce qu'ils veulent
l>eiiceiir exprime une disposition aetiTC , et se rapporte à la manière de traiter , de se conduire ; doDiHîé signifie une disposition passive, et est relatif à la manière de recevoir des impressions, d'apprendre , de se laisser conduire. Avec de la doueemr^ on est modéré , paisible , on ne commet pas d'excès ; avec de la docilité, on ne résiste pas, on se soumet aux idées , aux avis , k la direction des autres. La douceur empêche de malmener , et la dociUté de regimber contre ceux qui nous mènent. La dovÀnir défend ses opinions sans blesser personne; la dodUîé abandonne les stennes pour se ranger à celles des autres. Les ebardonnereù sont dotis, ils vivent en paix les uns avec les autres, et n'ont guère de querelles que pour la nourriture; cet oiseau est également doetle, on lui apprend sans beaucoup de peine k exteuter diven mouvements avec précision, k Caire le mon, à mettre le feu à un pétard, etc.
(BOFF.).
La doycewr {dûUedo , de dtOeie ^ doux, suare, agréable, traitable) regarde les mouvements de l'âme; elle calme l'humeur» l'impatience, et inspire des ménagements. < Bienheureux ceux qui sont doii«.... doux même k ceux qui sont aigres, n'opposant point l'humeur à l'humeur, la violence à la violence. » Boss. On loue dans le Télémaquê « la douceur d'Idoménée, sa patience pour se laisser dire par Mentor les choses ks plus dures. » 7iH. < La girafe est un animal si doue, qu'on peut le conduire partout où ron veut avec une petite corde.... C'est un animal dotts, qui ne fait aucun mal. s Burr. — Mais la docilité {doeUiUu, de docerCy enseigner, instruire) a rapport à l'instruction; elle &it écouter les leçons et recevoir les conseils, c L'amour de la vérité est un amour humble et docile.... n n'y a de désirable sur la terre, que cette docilité humble et constante aux oracles de votre loi, 6 mon Dieu.... Donnez-moi cette dtwtlil^ d'esprit et de ccBur qui soumet la raison anx vérités de votre loi. » Mass. « Vous serez UKm maître, quoi que vous disiez. Je sens trop le besoin que j'ai de vos conseils.... Je sens qu'on ne peut guère réussir dans les grands ouvrages uns un peu de conseils et beaucoup de dod- Uié. « YoLT. < La docilité^ qui couMSte k se I^iaser conduire, à bien recevoir les avis des maîtres, et à les mettre en pratique, est proprement la vertu des écolien, comme celle des maîtres est de bien enseigner. > Bou.
La dotienif est plus générale et s'exerce en- Terstous les hommes, quelle que soit leur position. La docilité n'a lieu que de l'inférieur au supérieur, du disciple ou du serviteur au maître. On dit bien commander avec doueavr, mais non pas avec docilité^ on obéit avec doetltl^. Souvent douceur marque de la condescendance; c'est toujoura de la déférence que docilité suppose. On voit dans une place élevée commander sans douceur ou avec rudesse la même personne qui, dans un état dépendant et subalterne , obéissait avec doetlif^ (Mass.).
La douceur est une disposition naturelle ou du caractère, un penchant, un attrait, auquri on s'abandonne avec bQUheur. La docilité peut être l'effet d'une résolution , d'un parti qu'on a pris par intérêt ou par raison. Une femme douce l'est sans effort, sans avoir besoin de le vouloir, spontanément; une femme doctie obéit, mais sans être douce peut-être, par vertu, parce qu'elle croit devoir le faire.
Aigre, rude, féroce, sont opposés à dous; opiniâtre, indiKiplinable, rebelle, le sont à docile*
DROIT , JD8TICB. L'idée commune à ces deux mots est celle d'une manière d'agir envera autrui, droite, /usle, bonne, légitime, prescrite par la raison.
Drot'l, de dtrecfum, rectum, regere^ régir, d'où règle y ce qui sert k guider, à faire idler droit, signifie une chose. Juttiee est un terme abstrait, usité au singulier seulement, et qui exprime proprement une qualité.
Le droit est une chose , et la /u#liee une qualité , la qualité de cette chose. « T a-t-il un droit qui soit véritablement fondé sur la nature, dont on puisse démontrer la futtice par des principes tiré» de la connaissance de l'homme? » D*Ao.
Ou bien, et plus ordinairement, le droit est une chose, une chose à respecter^ à observer, k suivre, une règle; etla ju#tice est une qualité, la conformité à cette chose ou k cette règle. Le droit est ce qui est dû k chacun, et la jtuîiee consiste à rendre et à conserver k chacun ce qui lui est dû. On vous fait droii en décidant que vous avez droit , que le droit est de votre côté; on vous fait justice en déclarant que vous avez agi selon le droit. Il &ut entendre de même , exposer k un juge son droit et sa justice (Mass.).
Le droit est objectif et a une valeur légale; la justice est subjective et a une valeur morale. « L'homme voulut , dit M. de Barante dans ses Questions cons lilutiofinellet , que la justice, ce sentiment universel, cet axiome ineffaçable de l'Ame humaine, devint le droite c'est-à-dire fAt réciproquement reconnu par tous les membres de la société. »
DURABLE, PERMANBirr, GONSTAITT, STABLE.
Qui demeure, continue, se maintient : un état, un sentiment durable , permanent, constant^ stable. Suivant Heraclite et Platon, tout en ce monde est contingent, dans un flux et reflux perpétuel, rien n'est durable^ ni permanent, ni eon- «fanl, ni stable.
Ce qui est durable ne cesse pas de sitôt; ce
nMKttiUF; BàftnK
4pil «fi fMtonaiit fie «esie jaBMiit ««i ae cesse pM pour flraiimére «Bsvite^ ne Aisocmlkme ^as; ce qui «st tsonstafiCae cbaiage pMi;^fie4|iii eitittti- Ms se -bouge pM.
i>iirBfrie ^ ]wff«uMi0tt( «e iiiiiiiwMmit 3teMr- OBop, Ms MgaiiéeBt Vétae^ au fat <c}ne €msmtU tiJtUMe •oiift rapport «i «ede ou4i k menièM : •ee qui «st ^urmbk ou fMnMiiMfit «ubaiete ; w ipai esticiHwfue reste te nàmBn et oeiqai«st4l*àje «este À la même ^^laoe. Gursage idiMngbIe eu fMrmaiMat; aeDtiineQt<€0iifff<nilou(f<(iMe.
Durable et permaiMAt diAoent îiéafiiioiiifc
Qb qui cet dmwble âure, ee qui «et f>ennammUy comme cequi est jMrp^tiieî , êuat iasqu'mi Sbovt, cWstA-dJre eenjorns «l 'sans interavptiDn dans lia tei^oe lis temps 'déteBiiniié.
J>*UBe pnet , pirmament «nohérit sur ûmrMe. «Le ealnt, Toilà ie inen éagmble «it p^nmmênt q«e none deeens recdaensher. 9 Booms. « Ges nrala n'arfaéent pas iait «teis aa némeire des impressions durables «t pemuÊnentee. » B^rFP. Ja cboae «tavoMe «st de lodgue dorée. « Oael< que «olide eit dMroble tpÊB «oit la matière du granit , le temps ne laisse pas de la miaer et de la «létruiffe à la loisioe. » Bvtf. c Qe mouvement de }4]îe, plus joapide que l'éalair, fit bieaetêt plaee é un eeoliment douloureux phis durable.» J. J. « Un loisir trop peu duràbbe. » VcKA. La «diese fMrmafieiile est d'èterndie durée. « La figuoe du monde passe; mais la Tenté de Dieu «demeure éaeroellement^ «t sous serons permammte oomne elle , si eUe seule nous occupe. 9 FÉN. « L'immuable fidélité <pm Dieu ■giBde A ses jerrlteurs «'étend à quelque chose ^immertel «t de permonsnf . > Boas. « La gloire dont iOBtnYdIas les sainte u'est point une gloire passagère , mais-penMMiefife et qoi éoreii, autant que 3îBii même. » Bousd. «- D'antre pait^ ia ckoee Amnabk unbstsie, mais <oe peut^lre «vec des iBéerfuIlm: foUe, peme^ sewrenir ésn'àble. f^rmanmdfWÊ, oentraive, annonce expressément une dnnée eantinoe. « Dans la baie d'fludeon il Y a des glaces lonuées par un birer pemMHWMt •de cinq A six ans. » Buff, c Les cotims de la girafe ne tombent point cbaque aimée ^ mais •elles sent pennanentêt comme ceUes des baufs et des bélusn. » Id. « Les causes <ée ce phénomène nouTean peuvent être oenstantes «a variai^les , permanenêet on intermiitteates. » Id.
de qui est constant ne se dément pas, ae«'eltèfs pas^ ne devient pas autve, s'est p» tantôt tel et tantôt tel, aujourd'hui baut, fort, urdeat, •carié, blanc, demain bas, faible^ lâcbe, rond, vioir. Sente eeuetaiilg <Volt.); bteas muflmves (I.i.); fluidité wmftasâe (Bcff,); la vureu «st une habitude •eouelmite (Boss.^ « il n'en eel pas Am animaux domestiques comme des animaux sauvages : leur nature, leur gnaoéeur et leur lEirme sont moins ceiuNmicr et plus saiettes aux luiiélés. » BuFF. c Les législateurs ont pns pour modèle, au Ueu de ^eette justice eenjfmite^ les tanlaisies et Im capriom dm Pemm <t des AUe- ■umds. » Paso.
Ce qui est sitkU est lecmement assis. « Les
principes du plaisir ne sont pas linmes et sSm-
fèm, > P4M. « Une IsmiUe ust une aooiélé natu-
' Mile4'aalaAt .plus««iWt, d'eulmit jnîMK^Dééi. qu'il y a plus de beminA.»BD«F. « fîelimueiSMM 4y^ui ut ^i «'eut xieu ^ sloUe. • Bouid. K établir U wnta sur des fondements stebln et inébnanlables. » lu. •« Yeilà des juincipes stobbi eeutm .lesquels teus les caimnneraeats « fàvaudroot jamais. » In.
mmÈH.TBim. condition eiscatiene xle l'euilenoe : toolne qui -est nu .acnve 4M cousoit lé- «essaÏMBM&t un <ifi>oct .auec la dairie eu b
ii^irdsust passif Ut absolu; Ismpt, actif et»latif.
1* ^wi^s est paesit, m terminaiseu L'indique asses ; la liurde «t quelfae chose 4e donné, ée «eçu , une f ualilé 4oaaoa possède plus uuimi&i. « ll«e4«TitfefXlus longue de dix milte am qae *eeUn qus Dieu a donnée i son ouiraage secaitIflBr Jom» également dispnaporiionnée à Véterniti» Fin. Mais le Umps est un agent ou il se coosdère par rafpoct i des actions, i des trasauz en à des deénements : le ieuipf vole^ coule, dévore tout, nnènedes«hangemenis; on dit leprogm du éwyt (Boas.), lie lampe ^^été peraonnifiéiBr les poètes :
Bar les jflw de Tm^ Is tcistesse e'enfole. Lts. « L'homme entraîné par le torrent dee tmipiae peut rien pour aa propre éutrée. m Bbff» <-*les objets inanimés , parce -Qu'ils sont inactib, etks ètms vivants, Jorsqu'ils n'usent .point de ieoractMÎté, dumeUn otot une 4lMi*ds; maie le mot ^ laeipf leur est inapplicable. ▲ notm dures pAdant le «ommeil ^joutes le len^M «mpki(yé an fenctioBs animales, at vojpee ce qui veste ^aa.) c Les animaux sont soumis et réduits en servitude, ou traités comme lubelles at dispenés; l^ir industrie ast devenue stérile, iaurs iaSibs ans ont di^m; ils ne peuvent qae san^per ou fuir, seperpétuer sans se multiplier* pesdneaDon mot par la duf^e autant at plus qu'ils n'amémt acquis par le ismpe. » Boff. — Notre durée eit tout ee qui nous aété aocardé d'existenee} BOtre temps en est «e que nous amplojons ou pouvoas empteyaràagir.
2* Bufi^ est abeelu, et lempt ralatif; de U vient que durée , i la différence de lee^^s « ne se dit qu'au singulier. La dur^e est comme Taspo^ • une xïbose indéfinie, illimitée^ sans booMs^ift temps ^ au contraire « est particulier^ c'est uœ portion de la durée. < Le 4empi est une partie ou ia mesure de la durtfe. 9 Volt. « Lm tom t^ teot dans une certaine portion de ia dmrdr qu'on nomme 4e*q9««at peuvent exister dans tout anire Umps; mais une partie connue de Aa dntdf , an Isatis quelconque, ne peut dtre millenrs qu'o^i^ est; le passé ne peut dtPeaveoir. » lOb « La ica^ n'est autre chose que la darde de la sréatotu. * P. R. « Voilà d«ix ta«V« voiià deux a^aGas ^ dttf^e que ie texte sacré nous force à 'laoonn^' tre. • BaFF. « Votre chronologie ee tnlaa av^ peine à cinq ou six siècles au delà de la goeft^ de Troie, après quai ks lesipi finissent po^^ «nus; vous n'epereavex qu'un point dans la d«r^ ainsi que dans l'aspaee. • Bautui.
Lers nkème que la dures ast particalarisa^* conçue par mppoit à un oljet, «Me veste
SYNONYMES k lUmCAtHC DIVERS.
100 néanmoins en ce qi/elle marque nn tout dont le mot Umps ne désigne qa*uiie portion, c La d»Êrée totale de la TÎe peut se mesurer en quelque laçon par celle dn temps de l'accroissement. > BuFF. Du bien dur^e-est absolu parce qu'il signifie un temps en sol, indépendairt de rfaomme et de n mesure ou de son estimation. « Ce sommeil fat profond, dît le premier bommejinais je ne sais s*il fut de longue durie,m'9yunX point encore Vidée du temps et ne pouvant le mesurer, d Buff. Sofin , durée est absolu en ce qu'il représente l'étendue d*un événement en lui-même , du icommeneement à la fin; nu lieu que fempi exprime l^époqoe de a production par rapport 4 d'Àutna
époques , ^ position chropologique . où il l'ex. prime avec des accessoires étrangers A l'idée commune. La durée ou le tempf d^e éclipse, de la guerre de Troie, etc. La idur^e du règne d'Alexandre a été courte; le temps de son rC^no doit être pflacé entre telles et telles années , il % été glorieux pour la Maoédotne , marqué parteb ou tels événements , etc.
Purée signifie une qualité tellement pure , abstraite , mathématique , qu'on dit bien la ^urée du femp» , le fempr étant supposé par l même comprendre tnitn tAaat. « La -durée du tempe
I penéaift lequel les eaux couvrateat noa oontinentB
I a été tite-longuie.'» BoffF.
tBÈUCKE , VQimSE , €ltAT51l , tSnflTO , | QUfETSS. Ces termes, tout reftattfi auxvrts du dessin dTabord et ensuite aux compositions litté- ■ raires, annoncent quelque chose d*imparTait.
L'ébavéhe est le tableau commencé, le tableau auquel vu a donné la première forme , ou nns la première main. Perfectionner une première ébenehe (Buff.). c Dieu a fait le monde -en six jours, lui qui pouvait, par un eeul trait de sa main , mettre Vébawhe «t le fini dans son tableau. » Boss. c Ce n'est là qu'une ébauche du persoimage; et, pour en achever le portrait, il foudnh \nen djputres coups de pinceau. » Vol. c Cette comédie n'est qu'une ébawAie que je n'ai eu ni le temps ni la volonté d'achever. « Tolt. « Il m^ laliu mettre un an à polir ce qu'une semaine «fait ébauthé. » In.
AfiTéez ffDema muse Adftreuu Jour «ette éhauehe eonfute. L«f.
L'ei^sôsi^est antérieure au tableau , c'en est la première idée qu'on a jetée sur le papier ou sur la toile. « L'auteur ne regardait cet ouvrage que comme une esquisse et une espèce de projet. « B*Al. «Lejcomplot de tfinerve et de Junon sollicitant le secours de Vénus, le feu dont Médée brûle en secret (dans le poëme des ^f^i^aules (fApononîus de Hbodes), etc. , tout cela est évîâemment Yesquisse d'après laquelle Virgile a peint le jftus beau tableau de l'antiquité. « Mabm . «7e vais tracer Vesquûse de son éducation, telle que feu avais conçu le plan sur ce que j'avais connu iusqù'ici de son caractère et de vos vues.» J. J. c Quant à mon buste (qui devait être de marbre] , ou ^est borné à une mauvaise esquisse en terre. » ïd.
Bonnes i V ébauche toute la perfection, possible, et Fouvrage même sera achevé; donnez à l'etqaûse toute la perfection possible , et vous en ferez un excellent modèle, ou un excellent plan.
Qnelqoefdis aussi Vesquiste est postérieure au tableau, et, au lieu d'être un modèle ou un projet, c'est une copie. Il se peut que mes hypothèses (sur les Époques de la nature) soient contestées, et que mon tableau ne soit qu'une etquiue très-imparfaite de celui de la nature. «
BuFF. -c 9i le traducteur Bnmqtn de demiteintes, ou. sH ne sait pas les fonser dn mélange de "fles -coulvnre, il ne domera qu'une eïquiive, d'autant plus âmgnée de la beauté du tableau , t^me celui-ci sera mieux peint -et plus fini. » «Alt». « fl est impossible de éosner la moindre e«9ttt>» de la manière d'Âuaoréon : H y a dans sa composition onginale une moHesse^ tour, une douceur de nuances, une simplfw^é facile et -gracieuse tjui ne peuvent w retrouver dans -le travail d'une version. » Lah.
Dans tous les cas , Vébauthe «st le liftleau , la chose même qui doit rester et qui demmde seiflement à être travaillée davantage; Ve^qsfisse est, non la tftiose ou l'embryon, le germe de la drose, mais -sa représentation préliminaire ou ultérieure.
A. quoi il fciut ajouter encore que le mot éfébaueàe est relatif à la forme et à l'exécution; et cehiîd'CTquw«,au fond et â ridée. Tout n'est que dégrossi dans YéhOMche , tout n'est qu'indiqué dans Yesquiste, Une bonne êfouehe mnenee une main habile; une bonne tsqume est d'un génie. La Pharta^ n'eet que V^auche d'un beau poème par le style , qui est inculte «t raboteux , par le défaut de variété dans les tons et dans les couleurs (Mamc.). « L'HmIoiw umwerselle de Bossuet est une grande esquisse où on admire un génie aussi vaste que profond, qui, dédaignant de s'appesantir sur les détails frivoles, voit et juge d'un coup d%ll les légrshfteurs et lee conquérants , les rois et les nations. » B*Àl.
Le trayon «est une -esquisse légère; car c'est une ««qurne faite au crayon et non pas peinte. C'est un dessin , une ombre , une délkiéation , qui ne donne qu'une faible idée d'un projet d'ouvrage. Molière dit de VAmour médecin : « Ce n'est Ici qu'un shnple crayon, un petit impromptu , dont le roi a ifouIu se faire un divertissement. » « le tous ai envoyé une e«qi«iif« de VHûloire de VEmpire de Russie sous Pierre le Grand..,. Je ne vous ai envoyé ce léger crayon qu'afin d'obtenir de vous des renseignements. » Volt. « Be même que œ qui noua parait quelque" Ibis de aîaubtilet de si «ventif 4ans les animaux n'ost qu'une ombre des opéraâona immertelles
l^EUXIfiHE PARTIS :
de rintelligence des hommes, ainsi les connai»sances humaines ne sont qu'on crayon imparfait de la science des anges. » Boss.
Le croquis est une mauyaise petite esquiuê faite ou brochée en courant. « Nous eussions bien désiré que ce dessin (de la girafe) eût été un peu mieux tracé ; mais ce n*est qu'un croquis informe et dont on ne peut faire aucun usage, s BovF. < Au lieu de ce croquis informe et glacé, il y ayait là le sujet d'un tableau. * Lab. < Je ne finirai pas cet article sans déplorer cette misé»' ble ressource.. .. de s'emparer de nos plus belles tragédies pour les réduire à des croquis informes. 9 ID. « M. le duc de Richelieu m'ordonna absolument de faire en un clin d'œil une petite et mauTaise esquiue de quelques scènes insipides et tronqué^. J'obéis : je fis très-nte et trb-mal. J'envoyai à V. de Richelieu ce misérable eroquis, 9 Volt.
Le canevas y à la différence du crayon et du croquis y ressemble plus à VébaucKs qu'à Terquisse : c'est le commencement d'un ouTrage et non son idée. Mais Vébauchê demande à être achevée, finie , perfectionnée ; et le canevas à être brodé ou rempli. Vébauchê est un premier travail qu'on continue; le canevas est une première partie qu'on a préparée soi-même, et presque toujours qu'on a reçue d'un autre, et sur laquelle on travaille, on distribue ce qu'on a conçu. < Les pièces de l'ancien théâtre italien n'étaient ordinairement que de simples canevas sur lesquels improvisaient les acteurs. * Aold. « Si ce canevas (de moi) vous parait raisonnable , TOUS le broderez. > Volt. < J'ai fait une grande sottise de composer un opéra; mais l'euTie de traTaiUer pour un honune comme M. Rameau m'aTait emporté.... Je lui mandais , il y a quelque temps, que j'aurais plus tôt fait un poème épique que je n'aurais rempli des canevas, s In. < Molière aTait au moins les canevas de ses premières pièces préparés , puisqu'elles se succédèrent en si peu de temps. » Id. c Corneille tra- Tailla à VAveugle de Smyme, tragi-comédie des cinq auteurs, dont le canevas éUit de Richelieu. 9 In. « Voilà le canevcu de ce que je vous supplie de vouloir dire pour moi à cette dame. > Ràc. « Quinault n'a d'autre mérite que celui d'avoir fourni les situations et les canevas auxquels LuUi a fait recevoir la profonde empreinte de son génie. » Vauv.
iCARTBR, ÉLOIGNER, DÉTOUBIŒR, SÉPA- RER. Mettre à une certaine distance.
€ Éloigner est plus fort qu'^corter, dit d'Alembert dans VEneyclopédie : un prince doit éloigner de lui les malhonnêtes gens, et en écarter les flatteurs. »
Ce qu'on écarU est mis à une moindre distance que ce qu'on éloigne, Bn effet, écarter, c'est porter ou envoyer de côté, hors d'ici, hors de là, et éloigner veut dire porter ou envoyer loin d'ici , loin de là. Des lieux écartés sont peut-être tout près, dans le voisinage, mais retirés, soliuires, peu ou point fréquentés; des lieux éloignés sont lointains, situés à une grande distance. « Sans s'^ot^ner directement du but de son institution, la gouvernement peut s'en écarter plus ou moins
selon la manière dont U est constitue. > J. j. Rollin dit en pariant du pépl dont Rome fat menacée à l'approche des Cimbres : « La Proridence prit soin d'^carler d'abord et à* éloignera danger. > — On écarte ce qui gêne, embarrasse ou fait obstacle; on éloigne ce qui nuit, ce qin« par conséquent, inspire de Véloignemtnt ou de l'aversion. On ^oirfe un témoin incommode en le faisant mander par quelqu'un; un prince éloigne un citoyen dangereux en l'exilant.
Détourner y c'est écarter ou éloigner une personne ou une chose de son but, l'empêcher d'y aller et la diriger ailleurs. On détourne les soi^h çons en les écartant ou en les éloignant de minière à les fdre tomber sur un autre. Pareille» ment, d^umer l'orage, c'est non -seulement s'en préserver, mais encore (kire en sorte qa'il aille quelque autre part. Vous écartes les ^abes , TOUS détoumeg la Tue. Vous vous écâries on vous TOUS éloignes du devoir, en vous en dèlichant plus ou moins; si vous vous en déUmmes, vous êtes dans la voie de perdition , attaché as vice. On dit écarter et éloigner de ou d'auprès: mais on peut dire détourner sur : « Aristide Immême exhorta lés Athéniens à détourner snr loi les peines que méritait leur parjure, s BAaxB.
Séparer y c'est écarter ou éloigner l'uzie de l'autre, ou les unes des autres j des choses on des personnes qui sont emiemble, les disUngoer ou les isoler* Au lieu qu'on écarte , qu'on éicigiis et qu'on détourne de , on sépare d'avec .- sépartr les chairs d'avec les os (Acad.). On s'écarte, on s'éloigne et on se détourne d'une personne quelconque ; on se sépare de celle avec laquelle oo cesse d'habiter, de vivre ou d'être uni.
ÉGLAIRGIR, EXPLIQUER, DÉVELOPPER. Faciliter la connaissance des choses.
On édaircit ce qui est obscur; on easpUgiu ce qui est non compris ou caché; on développe ce qui est réduit , abrégé, contenu en trop peu de mots. On éclaircit une chose; on 'explique ce qu'elle signifie , quelle en est la cause , de quelle manière elle a été faite ; on développe une chose tout au long , avec détail. Pour édaircir , il fsot répandre de la lumière ou dissiper des nuages; pour expliquer y il faut ou donner le sens, ou indiquer le pourquoi ou le comment ; pour dévàefper, il faut étendre ou exposer amplement
On éclaircit des faits douteux, des affaires embrouillées, des antiquités sur lesquelles il reste peu de renseignements. « Une Causse accusation sur des faits peut être aisément édaircie. • Mo»- TBSQ. c Vous voulez que nous éclaireissions toi doutes. « Mass. c Cette lettre é^ircit les affaires du monde les plus embrouillées. » Pasc « L'Église a ^ckitrc» tous les articles sur lesquels les hérétiques ont voulu répandre des nuages.» Coin>.«Les curiosités des rits judaïques peuvent servir i édaircir r£criture. » Boss.
On explique des figures, des mots, des mystères, des secrets, des énigmes, des phénomène?- M Ne sommes-nous pas demeurés d'accord de ne point expliquer ce mot et de 1^ dire de part et d'autre sans dire ce qu'il signifie? » Pasc. < Ifj^; tères, secrets, qu'il n'est pas permis même à saint Paul de nous découvrir, et qu'il est beau
STHONTMES À RADICAUX DIVERS.
eonp noiiis en mon ponroir de tous expliquer. > ' Boums. « n derait rovenir quatre Joars après et tspHqiur les énigmes proposées par les mages. > Yo&T. c n n'y a qu'à ewpUquir quelles sont les conditions essentielles d'une communion saiute ttvtfle. > Kass. — € La mort de Jésus-Christ défient la grande preuve de la Tenté des Écritures ; e^est elle seule qui en Justifie les prophéties , qui en développe les prédictions , qui en éclainii les obscurités, qui en explique les figures. » Mabs/ c La chute de TOtre firère était puhlique : c'est-àdire on sarait confusément que sa conduite n'était piseiempte de reproches: et tous Tenez en détailler les drconstanoes, en édaireir les CUts, en dé? elopper les motifs , en expliquer tont le mystère. 9 In. «Tout parle dans r&glise : tout y sert à en eapliquer les canons , à éekHreif les antiquités , a établir la Térité. » Boss.
On dévtioppe ce qu'on étale en quelque sorte foosles yeux, des recsorts, une intrigue, un plan, on système, ou bien ce qu'on ëtiaireU ou ee qu'on expliqué longuement. < Dès qu'on fit mine de le mettre à la question, Xychus aTOua tout, développa toute Tintrigue des ambassa* denn. » Kou.. « Sophocle et Euripide auraient admiré comme ce coiquré développe ses desseins.» ToLT. < L'Eglise , dans les premiers conciles, a Alstrct et développé aux &ièles des révélations de Dieu qui jusqu'alors ne leur avaient pas été à tou si distinctement connues. > Bouan. « Il est bien certain que J'ai expliqué cette vérité avec ptas de soin que M. de Chartres ; mais il eût Ikllu un trop long discours pour^d^io|>per tout cela.» Bofifi. « La proposition lût faite au peuple par le tribun. M au il Ulait qu'il se trouvât quelqu'un qui parlât sur ce sujet, qui VexpliquéU^ qui le diveloppAi à la multitude avant que l'on allât aux
voix. » ROLL.
« Les édairdseemeKU , dit Beauzée , répandent de b clarté ; les explieatione facilitent l'intelUgeDoe; les développemenU étendent la connaissance.»
ÈQOUBR, iliEVB; — DISCIPLE. Qui prend des leçons de quelqu'un.
On ensôgne Yécoliêr^ on lui apprend ce qu'il doit savoir. • Youlex-vous enseigner ce que vous Sîtt tppris et devenir maître de géographie, ou de mathématiques, ou de langues, ou demusiqoe, ou de deesin; pour cela même U faut trouver des ^eolteri. >;.;.< Sur les bancs d'un col- Uge..., qu'importe à un écolier de savoir comment s^y prit Annibal pour déterminer ses soldats à PMser les AlpesT « In. < Il y a dans cette traduction des endroits Adhles , et même quelques fautes oontn le sens que des éeolien un peu forts iQMTeevront. > Roll. — On forme- l'^Mee , on lui éprend ce qu'il doit être , ou la profession qu'il doUeurcer. Un grand peintre, un grand capitaine, les habiles praticiens en quelque art que fie soit, ont ou font des élèves, et non des/îeolfers. Ils les dressent,, ils en font die bons peintres, de bons capitaines, de bons praticiens. « Les Grecs exercèrent tous les beaux-arts chez les Egyptiens lans pouvoir former d'élèves égyptiens. » Volt. «Luxembourg, V élève du grand Condé. » lo. c itèfBê de Fénelon, le duc de Bourgogne aimait
ses devoirs. » lo. « Parmi les Athéniens, les grands hommes se feront un honneur de former des éleva, > Coiro. < Galvia Crispinilla avait eu Néron pour élève de débauche. » J. J. < Viens chez moi, dit le docteur Sangrado à Gil Blas; je t'enseignerai le grand art de guérir toutes les maladies; tu seras plutêt mon élève que mon valet » Lia. « Je veux maroher sur les traces de ces héros, et prouver que J'en suis un digne élève. » In. c Mme de Soubise remit son fils au cardinal de Noailles pour se reposer entièrement sur lui de toute son éducation ecclésiastique.... U le mit àSaint-Magloire et choisit des gens pour former et veiller sur ses mœurs et ses études. Les charmes de la personne de Vélève furent se* condés. » S. S.
Naguère encore les en&nts des grands étaient confiés à des gouverneurs, dont ils étaient proprement les élèves^ parce que ces maîtres veillaient sur leurs mœurs et la formation de leur caractère aussi bien que sur leurs études. Alors on appelait écoUets les enfants qui fréquentaient les écoles et les collèges , étant supposé qu'ils y recevaient seulement des leçons suivies pour appren« dre ce qu'ils ne savaient pas, qu'ils y faisaient des cours de mathématiques, de langues, d'histoire, do géographie, de musique, de dessin ; et ce nom s'appliquait aussi à ceux que les maîtres allaient trouver chez eux à des heures réglées pour leur donner un semblable enseignement. Cette oppo. sition est à chaque instant marquée dans VÉmile de ;. J. Rousseau. De nos jours elle a disparu avec l'usage des gouverneurs. Il n'y a plus guère que les enfants qui apprennent à lire et à écrire chez les maîtres d'école qu'on appelle éeoUers» Les jeunes gens de nos collèges portent le nom d* élevés : élèves internes, ^{doet externes; c'est que leurs maîtres sont en même temps leurs gouverneurs, c'est que , au lieu de se borner à leur communiquer certaines connaissances toutes théoriques et jugées convenables à une belle éducation, ils cultivent en eux le cœur et les dispositions morales en même temps que celles de l'esprit ; c'est aussi qu'ils les préparent à diverses profeôions, et de là vient qu'ils ont le titre de profeaseurt, et qu'à l'égard des jeunes gens des écoles spéciales en particulier, le nom Releva est seul usité : élèves de l'École dedroit, de l'Ecole polytechnique, de l'Ecole de médecine, de l'Ecole normale, de l'Ecole militaire.
D'ailleurs," le terme d'tfeoKer est très-peu noble, à cause de sa terminaison qui indique un métier : on affecte de ne pas prendre et de ne pas donner la qualification <pi*il exprime. Autrefois, et l'Aoadémie parait penser que cela convient encoi» aujouird'hui, il se diaait particulièrement bien de ceux qui étudiaient un art non libéral : un maître d'escrime, un maître de danse, un maître d'équiution avaient des écoliers.
Deux autres caractères ont distingué et distinguent toiyours Aolter. —D'abord U représente-les habitants ou les habitués des écoles et des collèges sous le rapport de leurs mœurs, de leurs habitudes et de leurs jeux , plutôt que sous celui de leur instruction; c'est comme. une nation ou une
classe à part : physiologie de V écolier; des écoliers
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en proniânAdèr, 6B. réortefion y. en ?BûWWi> c-Je suis en la meittraie sanlé' da .fflontav •> finsnt quatre nep» psr jouroonm^iuiéBDlttr.. y Bkisir. c Dans cette ^aiar é»^oo2eirf s^anuBnnt à^gny* der des ceeftHfol«ita> J.l.»U mànfuaà l*Itriia la police* génénl». Lee teiMTf de Pataupifé* taient aocoutumé» à anunnisr lea^ paintti m Volt. «Lorsqu'il sec MBoantr» qnet^ juif à Vanovie heis-da temps dps dièlts, on. ttdie les énliits dciBUBt qui ontdroitant lenr^araoonai -» RnMP.
Jkinii lorsqifeiriin cofir, qui Feor tient lies d'àellèy WioUiers libertins an» troupe MocUa, Loin des yeaxd^mipréfel su travsil ssiidn, Va tenir «êialifiDeCois. on. brelan détondn^.. B«u.
c n te donne six féaux par Jour, aivee In Utterté dB te promener et da te divertir comme on tôlier dans les vneaness. » Lss. — Bnsnite', éBoiier désigna' CBlvâ cpit étudie seulement pendant quHl étudie, pœdaintqfu^il est sqp les lianes, an lieu qno la qualité àti^ène et de dfnipl0 demeure toujours. Aussi écolier a>t«41 souvimt fo sens de novice, d'enfant on d'homme qui rartm certain objet en est eneopa ao£ élémenia, qui spprand encore et en a besoin. « Ton» n'êtes qu'un étolier auprès da lui. » Si S. • Il eut tovta sn^ Tia le ^le le plus écoHer. » Boil. « Isocr«ta , dit Lonr gin , est tombé dans nne ftinte de- petit éteHiet, » TkK, • SertOTTua dit qu'il apprendrait k Yéis^êr â^ 9j\\n, c'était ainsi qu'il appelait Pùmpée, qu'un général doit plus re^kfdar derrièra^ qua devant soi. 9 ROLL.
IHieiplê , seul tradtjît eKactament d^un mot latin ayant la signification conmmna aux synonymes comparés ici , est le'piusnoblé'dtos trois. Il marque adbésion anr principes , aox sentiments d'un mattre» soit qu'on Fait entendu» lui-même, oa qua supposent toujours é^ier ai- ëUtw, soit qu'on n'en ait connu las opinions et les pansées que par éorit on par tradition. Ce mot s'emploie en matière àB doctrine» : il sa rapparte k là croyance, et non- k la science eomma les deux an>tf«s. «Un difetpia de Gorgias, nammè CaAlidèa.» Viv. c Plus de trois-oents disciples s'attachèrent à^ Pythagora. » In. c Les philosaphes «ratant un Ueu flza-où ils» asaambhnant leurs éisnpier. » Ry. « âmaud da 9rescia, dfî9ùiple dfiÉbélard. » Volt; «JérOma de Pivgnat dûeipta da Jean Hin.» fo. « L'ambition d'avoir dbs diss^plee s^empara tout entière du coeur d<e Mme Ckiyon. s Rr. « Des dC»dples da braan^s se brtnentpourBenallre bienhnnraux. » lo. « On distinguera tDujbursle^dt^etpu des philoaophasà PaJ^ndanee-de se^raoyens.* HÀnv. -> One s'il se dit aussi en gàiétal d» ceini qni apprend ou s appris d'un maître le» seienœs on la littérature , c'est dan» la grand, ce n'est iamais en pariant d'una proftssioa, c'est sans ancnn rapport à Péducation morale, et c'est toujours avec désignation dU maltra. « Je respecte lealtalfens eomme nos maîtres (en littérature); mais il ftmt avouer qulls ent fiiit da bons dKsetple^. j^ToLT. « Tous les- parlements du royaume, dont lea membres avaient été pour la plupart les dUeipk^ des jésuites, ont saisi la prenrièrr occasion de les- anéantir. » Ib. « Les BemoniRî ontété les fignes dtsetptet da œ grand homme (tf ew-
ton), n Im «rLes saiati' siiitB^pe» ii Poit4toyri, qitt firent da si grandb àimipiÊe^ » 9. &. «Bans l*âait da parier et drèsn»', apièaafiii été hatdisespim das (Sraer, tes. Btomaioa an etinarent las ritmiK wfHUttm^ «Fétnrqua* at Boeeaaeitnantiles dtscs]iicrd'nn savastdb Thaiiriik niiqtu;:maia, à la pdsadaeonstgaitiBopIfe, c«flbt IB» énigiat^ujda gans d« lattosa, éekappés-dfei Riimsdalaurpatrie ar réIbgié&eB Ttesaang.»lfc.
' f ÈcomanB, uèmêsb; — 2^ inuM».
PAMmoimi. Qnattt4 inSarmédiair» entm ramr nce at la pradhgaiitAi .
teemomi^ et fw^ayg-magqnant da FbriAlfr et nn aertaî» talent d^adminismtion. Épmymê al porvîniofiia sa rapportent à la quantité dépcnaie des obfst» et an camctère da la pansonna qnren use. Véconomm et le ménage peuvent êlra mi entendus; l'^par^iia at la pmreimtmiê penvsBl étra immodéiéeB. Un honma ast tonaaia, bon ménager, il est trop ov pas asees éf^mtgmmf m panimonieu»^ il a l'humeur tro|» oa paa asseï è^oirpnontiaou fammoiitéuie. H fbnt saaoir éc»' nomiser et ménager; il finit avoir la Uxrca , fe oaunga'd'^arynsr, at pFlu»on ^rafgHa, pins il resta. Q^and' Vétonomie et la ménage ont niîbu< ment inventé ou combiné^ tonte» sorte» de moyens pour sauver une ibrtuna, il faut biee, quoi qn'îl en ooûta, se résoudra à empfoycr F^or^ne et tftjRireîmoma. — On dît égsdeaeot ftiira &e8 économies et des épargnes^ o'est-è-di« des réserves sur ses dépenses; mais les Mcanamies proviennent d'une excellenta manntentiQa, et le» ^j^arpner des privations qn'isn a^esrt iaiposées , ou bien ce qu'on en considéra rnâpement , c'est qu'elles sont plus on moins grandes. — On dit aussi ménager et épargner^ pour oser des choses ou traiter les personne»' avec lauum-, mais celui qui ménage le fait avee dessein et prévoyance î celui qui épargne la fait sans calcul. On ménage les personnes dont on présntne qu'on aura besoin; un vainqueur ^wrgiir te vaincus , parce qu'il est enclin à la clémenca:
t» Économie, ménage. Qualité du genre de h prudence , laquelle consista à savoir régler « dépense à la manière d^ln saga intendant.
ÉconefmiîB , en greo oliravop.ioe , du mot elwç, maiton , et da- v6pioç*, loi , règfa. MéiMge , met nage, est im mot barbare ou d'origina jvijflxn qui signifia aussi: maison. Wtsgme, àtns "'—' veut dire famille.
Économie se dit de Ffitat ou de» Artunas si'dérables. « Iflïdgré les dépenses que de givi^ • guerres lui causèrent, Véeonamie d» Eouirffl flit SI grande,' qua jamais il n'augmenta U* charges du* peuplé. » Boss. « On a vu les Bia^ de Le TelKer accrus naturellemant par nna prévoyante ^onomw. » R). « Avec Yéedmatnè d^ fils et du petit-fils, il est demeuré aux VQluu^ des biens immenses. » S. 3. • Les grands nég&*— gent de rien connaître k leur» propres alBdwr , ils ignorent IVconomie et la scianca d^ln pèra de famille , sa laissant appauvrir et maîtriser par des intendants. ■ Labh. « Possédant entntn deux millions da rente, le père da Condé doffl* dans sa maison Fexemple d'une éèimomieqv»^ cardinal Ifazarin aurait dû imiter dans la 1^
SYNONYMES Â RAlBAUl BfVERS.
rs43
wfMm— t du ltt«t. 9 TteT. « Lw gptariB ét»^ MlMeuieJte •» to«l geni» avjrfenti ptoéigieMO*lavit oaÛÊé' (ious BouU XIV); et Véeotmmim d» Tiptnil p«s le défaDgaoMnt db cou déyeDm iirôécj. »Io. « Uneaiiditiaitvliiev joint^à vue rfaewoiie pratiquée eonetamnieiit; et avec ate^ ligence, éoBn» moyen à» Omean» d'acquérir cea prodigievae» richesses. » Rola. •— Le m^fiope , an ooûtrairB , coorîent am mdruigrei^ atti petites familles et aux petites fôrtuoea. Besauet écrit à la supérieure d*Un couTent : • J'ai reçu par n^ dre de Mtne de tfahitenoa oîtaq cent soiaante liwes. DMvde ménoffe; ne songez point taat à donner qu^i peyer ce que tous deTem » Bans la. fable mlHDlée U Battm et le JRnrcAami , on eon« seiUe k un beigec de se dSflâre d'un dogue q«i mange trop :
Lai her%tt, pour plus de ménage ^
Aonit deux ou trois mâtineaax , Qul^lui dépensant moins, ▼eillersfenfauxlroapeBaxï
nsn misoB que eeiie bete seule. lU*^ Bile étais an^iuis^/ me eenssit, Ssit, flMssii HéMnaJarechén. HCosa.
clfoi avare! ditCaton. J'étais bon as^naper,-: je ne voulais laâsaer rien perdrez miê je ne dépensais que trop. » Fin. «Lee Tyrienesent iDdostrieuz, patients^laborieuz, propsesi sobres etménager$i . . . Si les premierade la nation méprisaient le travail et Vétomatmê.»,. » Ijx, — LVoonomie regarda'les maris ; c'est A eux à diriger l'emploi des biens de la communauté. Le ménage eat du ressort dies femmes-, elles doivent veiller à l'entretien de la nnôaon, udonner des consommatfona jovme»
lières, et empêcher le gaspiUàge intérieur.
LVeonomie opérant plus en grand', nlnei^it' pas les années et les oombinaisons dfspen- Yeuses dhns Tintérét de la recette et de la production. Le ménage^ au contraire, ne v» guère qu'à conserver. — On appelle ^ofioeiiet etl non pas laéiapsf, la» fruito. d'une habile oondoite des afikires domestiques^ et on dit, d'antse part , ftre ménager^ et non pas ^ttonte, de sa santé.
2* JÎ^nne, porctmonte. Qualité dhi genre de la tempérance, laquelle consiste à modérer sa dépense, à se contenter dlë peu, à Bar m«iière de ces aostérea républicains' de l'aaiiqu«té>, ehea lesquels' la puivretè el la fhigaUté> ét^ent en honuetir.
Ordèurmots ooot même racine, pienim^ peu, pornir, qui possède peu', en méd4oore quantité. Mais U terminaison de poroitiienfe étant di« nmmtSve (Voy. V^ partie, p. 209) , il déeigne tme petite épargne^ ou- une ^po^gne qui porte tôt les petitee ohesee, quf rsgerdë ause plus petiterd^teqses. Bossuet dit de» Romains^ sin»* plemeat : « Nburri^ dH bétail, li^eurer la terre, se dérober k eux-mêmes tout ce qu'ils ponmient, vivre ^épargne' et de* travail : voilà quelle Mt leur vie. »• Haie TUbntesquieQ voulant l<ûre entendre que cette épargne était poussée )^uqa*tnx plus petits détai!», oomme iV convenait ^ ^^ ^^'^ pauvre, s'exprime ainsi* r < âftMW la ^^^>^né, ta pareiimmie et la- pauvreté fkisaient ^ caiatlèie dîstinctirdes Romains. » « Les bfas, remploi dii temps-, la vigilance, raustère per- ^OH<è ; voilà lès trésors dlss Genevois. » J. J.
c La mniffibn libéralité aaracbée à l'auslèie par*^ îitmeàe de 6aHnt edtpui lui eoaottier ka e»pntsi »•!».« Suit]^ enristiijt r£la4 par ana;diDneaMeaage^ qise seceadatt un soi anaai ]Hnot« menisiAr que vaillant. » Volt. L'^^ioivia pe^ être sordide , la poneteionsf mesqusna.
D^itteura, la pafciwsntr se prend' toagenn pow ane quatité^ oa: une disposètisii ,. et: jamaiay conane IVpargtir, poiv an iiùt^ un trait, en. la bénéfice qui lésuàedo l'action d*dp(»yfiffr: faiaa des ipei/rgme (Basa.), amasser des dpoayatr (ToLT.) , bàlir «ne aniaan de.ses épargmte (FÉn.). c U s'eugage à prendre ma fille sans dot. C'eal. pour mei' une épargna considëiabia. » Maa. «Cet arrangement leur vaudrait des époKgnm' ouaaâdérables et de aoaeis et d'ugent. » J. J. «- Sat la. somme' qui lai avait été fousnia par l'fitaÉ psar 1» dépense de-soa» année ^ Gioéron se traaia aaeif fait une épaitgm censidéraiiia', qa'il n'eut gaada de s'approprier. » Roll.
ÉCRiTlAO, mSGaiPnOlf, iPISBAPiK;. MMa tracés, impminéa ou gravés suc une chose pear donner quriqne reaseignemaat on coaaaiaawaa au publie.
Ferfieau est firançais : c^est uni petit dnrîti IneeripHcn' est l*tin^ tnscrvpsîo , de «cr^tf» ^ écrite dans oa sur. Épigraphe eafegreo, êatypef^ de ypdfcw i*i , écrive sur;
FenrfMa se dât en parlant da chosee vul^airaa. On appelle ainsi quelquea mets écrite en: gsoaaea lettres sur un morceau de papier, de caataa oa de beîs, et destinés à être exposés an» negaods pour un temps seulement. « Voyer^vona, lee»* teur, ce» grosses lettnss capitales qu'il eiaploift en rtyle d'écrUea», peur rappeler qpwu.. » BBAnn. On met des rfortieaMg aux maisons y aaa boutiques, aux jardins^ pour indiquer qu^ila soat à vendre ou k louer (Fésu, Mol. , V^du.)- On en pend au dos (Volt.) on en met au-dassaa de la tête(Boaan., Boaa.) des supplifiiéa pour taira oennalire qui et quais ils sont « Sept filles sa* présentant les sept péchés mortels, etsept autraa figurant lea vertus théologales et eaxdinales, aveodeeélrtéfaacs, «atuuent Charles VIL vers, la perte Saint- Dente, lansqu'a fit son. entrée, à Paris en 1437.» ¥oltî.. « Pilate mitaar la. ciwx un tfcrtteou. en laRraa: hébmîquaa» et latines et grecques, contenant. cesiparoJas*. celui-ci est- la roi des Jmià. . In. « Ce qui déteamca encore plus Tib. Gracchus à proposer cette hn, ce fut le peuple qui, par des ^criteatta affichés sur les portiques^ sur les murailles et sur las tombeaux, l'exhoruit tous les Jouri éprendre sa défense. »
Ron.
Inscription et ëpigfaph& venant de langues savantes sont pTas relevés; ils appartiennent proprement au langage littéraire. « ta Itogue française n'est guère propre aux tnscrtplton* et aux épigraphes.. » Volt. L'un et l'autre, d'ailr leùrs>, expriment quelque chose de permaaait, qui doit histruiee une suite ibdéflnie de lectaa».
Maie, quoique également. littéraire, Vinaûlip' efoa eat moins eioluaivenent lalative aux livres et à la théorie que Y épigraphe; elle se sapporte daeamaga èlh poétique et à. la réaUté. Bn effet, alla se ^rata sar des monamanti pour toans-
BEUXIfiME PARTIE :
mettre à la postérité le loaTenir dee hommes ou des choses , ou sur des édifices pour en amioncer la destination ou quelque chose de relatif à la personne qui les a bâtis ou qui les habite ; au lieu que Vé^graphe^ qui est d'ordinaire une|sentenee ou une citation érudite, se met en tête d*un ouTrage d'esprit pour donner une idée de son contenu. Une tiucrtpftoii est plus ou mo'ns importante pour l'histoire et l'archéologie; une épigraphe est grecque, latine ou française, en Ters ou eu prose, (à)8cure ou aisée à entendre, bien ou mal choisie, bien ou mal adaptée au sujet.
« L'inscription d'une fontaine. » Acad. c Ce monument porte plusieurs inscriptiont. > Id. « Le temple de Delphes arait pour inscriptiim : GomiÀis-Toi Toi-MÉMB. > lo. « PUtou fit mettre cette inscription au-dessus du yestibule de TAcadémie : Qub psbsoiirb r'biitiis ici, s'il
R'bST YBBSi DANS LA OiOMéTBIB. » Fiv. « On
trouvait les inscriptions des statues du roi arrachées. > S. S. « Il TOUS est beaucoup plus aisé de fUre un beau monument qu'à moi de faire une inscription; la langue française n*entend rien au style lapidaire. > Yolt. — « En citant le passage de Lucrèce que j'ai mis au titre de mon liTre, Tobserrateur copie la fuite que j'ai faite par inattention.... Il explique cette épigraphe dans un sens, auquel , dit-il , je n'ai pas pensé. » J. J. < J'ai reçu le Père de familie; mais je voulais l'édition avec Vépigraphe grecque. » Volt. « Voltaire ne se doutait pas que, bientôt après, HeWétius ferait un gros livre dont ce vers pourrait être Vépigraphe. » Lah. « Les journaux sont un vil amas d'écrits accumulés depuis un demisjècle, et dont Vépigraphe devait être ce que Virgile a dit des harpies : »
Cantactm^ué omma/œdani, 9 llâBK.
ÉGHmiBB, Main. Deux mou qui servent à marquer comment une personne écrit sous le rapport de la forme des lettres , comment elle peint en maniant la plume.
La différence saute aux yeux. Écriture^ on Tertu de sa terminaison, indique un effet, quelque chose qui résulte de l'action d'écrire; au Heu que motn désigne évidemment une cause, ce qui fait l'action d'écrire. Un billet est mon écriture^ mon œuvre, un des produits de mon activité; il est de ma mam, il émane de moi comme cause.
OOB OABCIB.
Ce bOlet démenti pour n'avoir point de seing.«..
DOm BLVIIB.
Pourquoi le démentir, puisqu'il est de ma mmnf
Encore etirce beaucoup que, de franchise pure. Vous demeuries d'accord que e'eat votre ieriture.
Mol.
« n répondit qu'il avait écrit les premiers mote (de ce billet) et non les autres.— Cependant, lui répliqua rofficier de justice, tout parait de la même matii. — J'en demeure d'accord , repartit le banquier, et toutefois ce n'est point U mon écriture. » Lbs.
L'écriture et la main, quand les deux mots ■ont le plus étroitement synonymes, aa rappoi^
tent proprement, la première à la ûiçon, la seconde à la mani^ : s'agit-il de louer les choses écrites par une personne, son ouvrage, vous dites qu'elle a une belle ^ierifiire; mais vous dites qu'elle a une beUe main si vous voulex appeler l'attention sur la personne même, sur son talent La perfection de Vécriture n'est pas à dédaigner dans un manuscrit , ni la perfectioa de la main dans un secrétaire. Votre écritwre ne sera bien lisible qu'autant que votre mata aura été soigneusement formée.
Vécritwre se considère a posteriori^ après coup, comme quelque chose de ikit ou dans quelque chose de ⁢ la maûi, au contraire, se considère a priori, avant toute opération, comme quelque chose de capable de faire, comme une puissance ou une faculté. « Le partisan n'eut pas sitôt vu de mon ëcrihirc qu*il m'arrêta pour travailler sous lui, en me disant qu'il voulait me former l'esprit et la main. * Lbs. Gil Blas , secréteire de l'archevêque de Grenade, veut lui faire prendre pour sous-secrétaire le licencié Garcias; et le prélat, après avoir examiné des choses écrites par l'aspirant, rèpcmd i Gil Blas : a Je suis satisfait de ton ^criliire; mais je t'avoue que je ne serais pas fiché d'avoir de cette main-là une copie de mes ouvrages, s Lb8. On reconnaît l'écriture de quelqu'un; on recommande quelqu'un pour un emploi en assurant qu'il a une bonne main.
D'ailleurs main , dans cette acception, étmit un terme figuré, convient mieux en poérie. Imiter V écriture de quelqu'un (Fâs.), est l'expression ordinaire; mais dans VAstrée, tragédie lyrique , Lafontaine a dit en parlant de Céladon :
QÔslque ennemi secret vient dHmiter sa main. De même, dans le langage commun, nous em« ploierions écriture U où Corneille (dana ïïêrûr clnu) se sert de wioin :
Madame, dols^e croire un billet do Ibmleef
Voyes si c'est sa «mh», ou s'il est cooUeftlL
Vont connaisses sa mm», madame; et c'est à tqob Que je rsmeu le sort d'un frère et d'un époux. Voyes ce qu'en mourant me laissa votre mère.
iCUVADI, ACTEUR. Homme qui a publié m livre ou des livres de sa composition.
L'^iorivain se considère par rapport à la m»-» nière A* écrire, k l'expression, k la forme, cie lui crois des égaux (à Buffon) parmi ses conlsmporains en qualité de penseur et de philoso^phe; mais en qualité d'^crieain je ne lui en oonnaîa point : c'est la plus belle plume de son siècle.» J. J. < Cerfei estffédamé par la poésie, et notre langue doit beaucoup aux ^crivainf qui le diaonl en prose. > Labb. Boileau dit de Malherbe :
Par ce sage itrimU la langue réparée
N'offrit plus rien de rude i l'oreille épurée.
« Dans Sénèque le penseur ne vaut pas mieux que V écrivain; les mauvais raisonnemanta sont aussi fréquente que les mauvaises phrases. » Lab. — Mais ce qu'on regarde dans routeur, 00 sont les pensées, c'est le fond. « Samt Auguslân parle d'une ordonnance que firent les Césara et les magistrats de ce temps-là contre eeitmins auteurs, dont les poésies satiriques et remplies de médisance déchiraient la réputation des plus
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
honnêtes gens. » Bourd. « On doit accoutumer i les jeunes gens , quand on leur fait lire ces | sortes d'atUeurt qui ont plus cherché le menreil- ' leui que le vrai dans leur récit , à faire le discernement du yrai et du faux. » Roll. « Saint Augustin dit que toutes les vérités qui se trou- Tent dans les auteun païens nous appartiennent. » lo.ilttteur orthodoxe, approuyé, original (AcJO).). — < Nous parlerons ailleurs de ce qui regarde le choix des autewrt par rapport aux nxBurs. Pour le style il faut faire lire aux jeunes gens, et d*al>ord et toujours, les meilleurs écrivains, s Roll.
Un bon écrivain a de la correction et du goût ; un bon auteur a du génie. Des écrivaim qui ne seraient qu'élégants et corrects le cèdent à des auieurs de génie (Ducl.). < Les auteun du siècle d'Auguste sont fort supérieurs comme écrivaim (i cause de la pureté de leur goût) à ceux du siècle salyant, qui le sont peut-être, à leur tour, comme penseurs et philosophes. » D'âl. Un écrivain est habile; un auteur^ profond, original. Boileau et Lafontaine , qui ont emprunté la plupart de leurs sujets, sont néanmoins d'excellents écritaint; Corneille et Descartes sont d*excellents aufeurf . tfalebranche est tout à la fois un grand écrivain et un auteur éminent. La France brille plus par ses écrivaim que par ses auteurs; rAlLemagne , au contraire. Le mauvais écrivain a des imperfections de style qui le rendent fastidieux ; le maurais auteur choque par la sottise ou la déraison.
Ensuite, on appelle plutôt auteun les ^ertvains auXwités ou qui font autorité , qui ont du poids , et spécialement ceux de l'antiquité relativement à ceux de nos jours. « Yoilà ce qui nous pénètre d*une juste admiration pour les grands écrivains^ pour les auteurs devenus classiques. » Lab. c U ne serait pas raisonnable que, uniquement occupés dcTétude des auteun grecs et latins , et peu curieux de faire connaissance avec les écrivains de leur pays , les jeunes gens demeurassent toujours étrangers dans leur propre patrie.* Roll. Auteur classique-, écrivain d'one gazette (d'Al.).
EFFACEE, RATURER, RAYER, BIFFER. Passer un trait de plume sur ce qui est écrit.
Cest ce que le verbe effacer signifie simplement et sans aucune .idée accessoire. Raturer veut dire effoeer en composant, ôter des fautes et mettre mieux à la place. Rayer et biffer n*ont point ce caractère littéraire : ils n'emportent point l'idée de correction , mais celle d'abolition ou de retranchement : on raye et on biffe pour faire disparaître.
Jiaiurer, îaire des ratures exprime l'action d'un écrivain qui travaille à perfectionner son ouvrage en le châtiant. « A force de raisonner , de parler, de dicter, de reprendre, de corriger, de raiurer, de changer , de refondre , tout s'évapore. 9 S. S. « Les présidents du sénat et des académies commencèrent à composer, étudier, raturer et feuilleter leur Yaumorière et leur I>éou>sthène, pour apprendre à parler à un embryon. » J. j. « Vous exigez toujours de promptes réponses; cela fait que je ne puis vous écrire
tm. FBARÇ.
que des billets fort mal digérés et fort ratwrés. » iD. « Aussitôt il prit papier, plume et encre; et voilà mon jeune homme qui se met à raturer , k corriger , à refaire. » Volt. — L'expression générale effacer , dans cette acception , a plus de rap» port à la suppression de ce qu'on trouve mauvais, et raturer en a davantage aux ratures , aux marques laissées et qui restent sur le papier : on efface des mots , on ratun un manuscrit. Ainii , recommençant un oufrage vingt fois, Si j'écris quatre mois, j'en ej/aeerai trois. Bon..
c Mes manuscrits raturés , barbouillés , mêlés , indéchiffrables , attestent la peine qu'ils m'ont coûtée, s J. J. — Il semble aussi qu'e/facer est plus noble, précisément parce qu'il ne rappelle pas comme raturer ^ des ratures, des traces matérielles de l'action.
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage;
Politsei-le sans cesse et le repolisses;
Ajoutez quelquefois, et souvent efface%. Boa.
Hayer et biffer diffèrent du moins au plus. Un homme privé peut rayer, et cela doucement, avec calme.
Moi, votre ami ! rayes cela de vos papiers. Mol. c Je ne crois pas mériter ce reproche , et il faut que vous raytes cet article sur le mémoire de mes défauts. » Sév. < Il fallait rayer Luther, Bucer et Mélanchton du rang des grands hommes.» Boss. Mais Wffer, c'est rayer d'autorité ou avec colère. « Le roi cassa cet arrêt et ordonna que la minute serait biffée et lacérée. » YoLT. « Le chancelier d'Aguesseau réprimanda les membres du parlement au nom du roi , et leur ordonna de iiffer sur les registres tout ce qu'ils avaient arrêté au sujet des disputes présentes. » In. c BoufCers devint furieux.... Yillars épouvanté envoya lui-même ses lettres de pairie à Boufflers qui y biffa tout ce qu'il voulut, et ce qu'il hiffa demeura supprimé dans l'expédition qu'en fit Pontchartrain. » S. S. — Très-souvent biffer se trouve placé après rayer sur lequel il enchérit. « J'ai rayé et biffé ce traître du registre de mes amis. » Las. « Le jugement des commissaires contre Du Faur fut rayé et biffé à la pluralité des voix. » Volt. « Madame la Dauphine ayant su que cette Jolie personne avait signé partout Sopfcte de Bavi^e s'est transportée d'une telle colère, que le roi fut trois fois chez elle pour l'apaiser. Enfin tout a été effacé, rayé, biffé. > SAv.
EFFARÉ, EFFAROUCHÉ. Troublé, mis en émoi, comme un animal rendu farouche par répouvante qu'on lui cause.
Effaré exprime toujours un trouble visible , et comme )vaqarà auquel il ressemble fort , il ne se dit guère que de l'air du visage. « Il avait l'air tout effaré. » S. S. « Vous veniez nous offrir votre air effairé pour nous faire rire. » J. J. « Quand Octave entra dans la chambre de Cléopâtre , elle se leva promptement , et alla se jeter à ses genoux, horriblement défigurée, les cheveux en désordre, le visage effaré et sanglant, la voix tremblante. » Roll. « Slatira mourante, sa fille à ses pieds, et Cassandre effaré, quatrième* tableau. 9 Volt.
Tu parais sans haleine, cl les veux effarèit. lo.
DEUXIfiME PARTIB
ITaft-tii de tes gros jma anei considéré? CoBUOt il les éorquille et ptnlt «f/mri/
(Mercure à AmfMlrfem. ) Ifou
« Qii*eil-ee donc que yoœ me regardez towt effor r^ f > (La comtesee (f Bscarbagnas à sa domestiq«e>. I». — Sffanuehé, au centraire, annonce un trovble qui peut ne pas se Boanifester au dehors, c Une imaginatHm e/forencMp. » Yàs. , J. J. « Quand OD a affaire k des esprits e/forimthés et inquiets, on s'expose à voir les démarches les plus simples et les plus honnêtes produire les soupçons les plus injustes. » Volt. « Ceux qui ne jugent d'un onmge que par le nom de l'aoteur seront un peu êffarouckét des libertés que j'ai prises. » In. c Si tous cherchez un autre examinateur, je tous supplie d'ériter les personnes trop effarouchées. » Fiir. « Je fus si effar^tteké que je n'eus pas le mot à dire pour détourner ces beaux piûpos. »S. S.
Ensuite, comme le rerbe effater, i la différence d'e/faroucfcer, ne s'emploie guère qu'au participe , effaré marque parfois un état de trouble absolu sans rapport à une cause qui l*ait produit On peut aToir l'air tffàré naturellement, pu* habitude ou par distraction. On n'est pas êffaromehé sans l'être par quelque chose. C'est toujours le résultat d'une impression reçue. On eafteftire aimi^emeut, et e/yoroiiM^ par telle ou telle chose. Bufiba dit d'une huppe que, quand eUe était effarée, elle se réfugiait sur un ciel de lift , et qu'un jour, ayant été efftmnuhée par Tappétition de quelque objet nouveau, elle i^envola. Enfin, quoique les deux mots aient au foud la mène racine, le latin ferai, farouche , effliroHcké, qui rappelle si éTidemment forowefce, reproduit seul exactement l'idée du radical commun. Effaré est tout passif. Il désigne purement un tet, état dans lequel on est presque stupide , on a peidu la tramontane, comme dit Mme de Séngné en employant ce mot. Btfarouehé exprime qu'on est irrité par la cause qui effarouche, excité à la repousser ou à Ut fuir, et qu'on garde assoi de présence d'esprit pour en chercher les moyens. « Prévenir les objections des docteurs effarouchée, » Pin. « Un pays mécontent et effarouehé de la domination de Ferdinand. » Volt. Il est TMi qQ*en E^tagae, od tous régnes en maître, Le soin de conienir on peuple effarouché, La gloire, l'iatèrèt, seigoeur, tous ont toacfaé. Id. — L'air effaré est le contraire de l'air calme, tranquille. L'air eff^aromché est le contraire de l'air familier, conijant, soumis, le contraire de celui qu'ont les animaux privés, apprivoisés ou domestiques.
EFFOECER (g'), TÂCHER. Travailler à ikire quelque chose qui est peu en proportion avec nos moyens.
S'egvrcer se dit bien d'une nuinière absolue, sans indication de la chose à faire, au Ueu que td^r s'emploie toi^urs avec relation au but qu'U a'agit d'atteindre, ^efforcer arrête l'esprit «UT It peine que se donne le sujet; idcher est inwpwable de l'idée de la tâche, de l'objet qu'on ■• propose et qu'on poursuit. « Le principal exercice de la perfection consiste k s'avancer, à * Hlorcér, k se surmonter et à se vaincre..,. Saint
Paul disait aux Phihppiens : Je suie encore bise loin du terme -, mais je marche toujours pour fdeher d'attandre eè te Seigneur Jésus m'a prédestiné. » BOURD*
De {dus, on ^efforce de fhire ce qui pentHie ftdt par force. Des troupes t'effortent de rompre un pont, d'emporter une place, de débusquer l'ennemi ; vous vous effereex de soulever un ftr* deau, de bander un are ; dans la Ihble de Latotaine,2a GrenoutUe e$ le Bal, la grenouille
Stfforce de tirer son héle au fond de l'eto. Mais on fdchepar d'autres moyens que la for», par des soins, de l'attention, de la persévérsoee, de la douceur ou de l'habileté. < La loi commone veut que nous tdcMetu de conserver notre vie k plus longtemps qu*il nous est possible. » Ur. « Que ne tdeMms-nous à les ramener à leur bon sens par la patience et par la douceur? » Bom. c Tâehex surtout de donnir et d'éloigner dès le s<Hr toutes les pensées qui vous réveillent » Siv. — Ainsi , un lutteur ^efforce de renverser «m adversaire, et tâche de le surprendre. E foréesvous d'être vertueux , il fkut pour cela être fort , avoir beaucoup d'empire sur soi-même; tdehex d*échappercux tentations , cela demande une vigilance continuelle et beaucoup d'adresse. On i^efforce de découvrir quelque chose à farte de regarder, en regardant de tout son pouvoir; on tâche d'entendre un discours en se mettant s portée^ « Pendant ^e tous les alliés ennemis de Salante se jetaient en fbule les uns sur les antrei pour les voir de plus près , et pour tâcher d'entendre leurs sages discours, Idoménée et tous les siens $^ efforçaient de découvrir, par leurs regards avides et empressés , ce que signifiaient leurs gestes et l'air de leurs Tîsages. > Fiir.
Enfo , e* efforcer marque une action phis énergique ou plus positive. On s'efforce de taire , on tâche d'éviter; on ^eff&rce de vaincre, on téich^ de parer le coup ; on if efforce de surmonter sef passions , on tâche de n'y pas céder ou de leui donner le change; on s'efforce deparvenir , on tâche d'empéeher ou de retarder sa ruine.— Pu* conséquent , ^efforcer est propre k enchérir sur tâcher, c Saint Augustin voulait dire seukmoïC que dans l'occasion on doit toujours tâcher , toajours s efforcer, toujours s'exciter soi-même, cefKiW. « Boss. «r La fière Sophie tâche de supporter aveo dignité le coup imprévu qui la frappe. EUe s'efforce d'y paraître insensible. » J. J. « Les unbassadeurs de Masinissa remercièrent le sénat de ce qu'il avait fait à leur maître des préseDts magnifiques , dont ce prince avait d^'â tâché ait se rendre digne , et qu'il ^efforcerait de mérite encore davantage. » Roll. «
ÉGAL, PLAIN, PLAT. UNI, RAS. Tous ces mots se disent d'une chose qui s'étend exactement en ligne droite suivant deux dimensions seulement, longueur et largeur.
Egal et platn s'appliquent à une étendue placée horizontalement et dont les parties ne sont ai plas hautes ni plus basses les unes que les autres. Rais égai suppose une plus petite étendue , éteadui travaillée ou disposée par la main des hommes, comme une aire , une ailée , un chemin , et il est plus rigoureux que pîaûi. plus mathéînatiqQe,
SYNONYMES À EADICAUX DIVERS.
çovr ainsi dire : un chemin bien égal est de nivela, ne s'élère on n'incline point dn tout ici on Ji Plittii s'emploie en parlant d*nne ëfiBndte pins nste, étendue non modifiée par Thomme, et il D0 nie que les grandes inégalhés, les éminences on ItB dépressions considérables, c La Beauce est uopa^s pIsAi. 9 ÂCAD.
' FUU convient k une étendue placée en quelque sens que ce soit , et, par exemple, à la loîle d'un tiUeatt, au Tisage ou au dos d'une personne , à une planche dans quelque position qu'elle soit, ou dressée ou couchée. C'est, non plus un terme ^ gioBiÊtrie comme égal, ou de géographie comxKplstn, m^ais un terme de physique ou un jnot du langage commun. Un objet plat n'est ni conveie ni concave, n'a ni saillie ni enfoncement. «Sur une superficie tonte pîaU les peintres nous représentent des corps diversement relevés et enfoncés. 9 Dbsg.
M veut dire n^ raboteux, sani aspérité, et par conséquent, en parlant d'un chemin, doux, lidle. Uni comme une glace (Lbs., Roll.). c Vous voyez nn miroir ^ni; il est démontré que c'est une surface très-raboteuse. » YotT. « Au heu de griller et de rendre la peau rude, cette eau la rend douce et unie, » S^v. « On fait rouler une boule dans un lieu nni. % Fin.
Jto , qui a le poil coupé ou fbrt court , signifie
ici sur quoi il n'y a rien , ni choses données par
la nature, comme des arbres et des plantes, ni
choses ûdtes par les hommes , comme des places
fortes «Le traître Ariamne mena Grassus au tra-
^ de la plaine par un chemin d'abord ùnt et
facile, mus qui devint ensuite très-difficile par
les sables profbnds où l'armée se trouva engagée
au miliei d'une vaste campagne toute raie et
<ftme affreuse aridité. » Roll. « Annibal voyait
que le poste qu'il occupait dans une plaine rase
«t découverte était tout ce qu'il pouvait choisir
^ phis avantageux pour faire agir sa nombreuse
«▼alerte et ses éléphants. » In.
tejU»S, MtNAGEIIfiNTS, ATTEfmONS. Maïûères d'agir réfléchies et mesurées, tendant à télacnpter des sentiments favorables. Avoir pour quelqu'un des égarât^ des ménage1^enu et des fl<tettiïon#, c'est se conduire envers lui de façon, iMBi-setilement à ne pas lui déplaire, xiiais encore i contribuer à sa satisfaction. « L'esprit du Otonde n'est qu'un commerce de souplesse , d*^mdt^ de complaisance, d'atienf ton« , de menaî««iito. » Hass.
t^Tdi. est de la mfime famille que regard y jy«rdef, garde y garder^ prendre garde. Les Wdf consistent à voir, à envisager les personnes sous certains aspects , et à prendre garde * ce qui leur est dû sous ces rapports , à y avoir <|9«rd, à ne pas y manquer : ils consistent dans Tobservation des convenances sociales; ils wnt inspirés par le sentiment du devoir et par le 'aspect des bienséances. < La soumission constante du dauphin pour Louis ICIY n'était pas «eulemem une vertu de raison : il ne donnait ^n aux égards et à la bienséance ; il ne suivait que le mouvement de son cœur. » U ass. « La PoUtesw est naturalisée à la cour. Un homme excessivement grand rend tous les autres petits.
De là les égardi que l'on doit à tout le monde; de là naît la politesse. » Montbsq. < Les bienséances ne sont que des égards, » Haex. « Il gardait toujours en apparence les mêmes ^ordf et les mêmes mesures d'honnêteté. » Ysax. «Notre commerce se refiroidit à vue d'ceil, et nous n'eûmes plus l'un pour l'autre que des ^^areff de bienséance et d'honnêteté. > Lbs. « L'honnêteté , les égardg et la politesse des personnes avancées en âge de Tun et de l'autre sexe, me donnent bonne opinion de ce qu'on appelle le vieux temps. > Labe. » On a des égards pour ceux qu'on considère, et c'est pourquoi égaards et contidéraXion sont synonymes entre eux , et aveo déférence et respect (voy. l'article suivant). « Cet orgueil nous fait croire qu'on ne nous rend pas ce qui nous est dû, qu'on n'a pas pour aqus assez d'égards , qu'on ne nous considère pas autant que nous le méritons. » Boord. « Christiem était sans considératùm pour la dignité des personnes, et sans égards pour les lois ni pour las privilèges du pays. » Vxrt.
Lldée propre de ménagement» est de faire moins (mtnta ageré) qu'on ne pourrait, d'épargner, (fen user avec modération. Nous traitons les personnes avec ménagement y comme nous manions avec ménagement des objets fragiles ou dangereux pour ne pas leur nuire ou pour ne pas nous nuire. Ils consistent à diminuer la rigueur, à traiter avec quelque bonté, à éviter de choquer, de faire de la peine. On doit avoir des ménagements pour les faibles, pour les puissants, pour les personnes susceptibles, ombrageuses , d'une humeur difficile. « On pourrait bien nous reprocher trop de ménagement , trop de douceur , trop de condescendance. » Boss. « Il laisse cela sans réplique, quoique ce fût le lieu de marquer la douceur, les ménagements ^ la longue attente, la charité du concile et de saint Cyrille envers Nestorius. » In. « On nomme précautiotis oratoires certains ménagements que l'orateur doit prendre pour ne point blesser la délicatesse de ceux devant qui ou de qui il parle. » Roll. « Coriolan manquait de douceur et de condescendance.... Il ne connaissait point ces ménagements et cette sage flezibîtité qui se plie au besoin des aflaires et à la diversité des caractères de ceux avec qui l'on a à traiter. » In. « L'aflaire est délicate , et demande à être traitée avec tous les ménagemenu possibles. » Volt. « La Hollande ne pouvait concevoir la modération de Louis XV. On regardait toutes ses démarches pacifiques et tous ses ménagements, tantôt comme des preuves de faiblesse, tantôt. comme des pièges. » In. « "Hb. Gracchus ne proposa la loi Licinia qu'avec tous les ménagements qui pouvaient adoucir les usurpateurs des terres publiques. » Vebt. « Le père Tellier ne connaissait ni monde , ni mesures , ni degrés, ni ménagements, » S. S. « Cette disposition des enfants à l'emportement, au dépit, à la colère , demand^des ménagements excessifs. » J. J.
La différence des égards et des ménagements est parfaitement exprimée dans ce passage de Saint-Simon : « Après la bataille d'Hochstedt, le duc de Harlborough traita les officiers les plui