DEUXIÈME PARTIE
distingués, tomj^és en son pouYoir, avec tous les égards , les complaisances , les politesses les plus prévenantes en tout; et le commun des prisonniers reçut par ses ordres tous les ménagementi et toutes les douceurs possibles. » Cette mémo différence est facile à saisir dans cette phrase de J. J. Rousseau : « En qualité de ma* lade, j'ai droit aux ménagementi que Thumanité doit & la faiblesse et à l'humeur d'un homme qui souffre. Je suis pauvre , et il me semble que cet état mérite encore des égards. >
Attention vient de ad tendere^ tendre vers, diriger son esprit vers une chose, la remarquer parmi les autres. Les attentions sont des marques et des témoignages de l'attention particulière qu'on fait aux personnes; elles consistent dans des soins officieux, tendres, particuliers, assidus, empressés, touchants, distingués, qui prouvent l'envie qu'on a de se rendre agréable. Elles proviennent d'un zèle affectueux pour ]fA personnes qu'on aime réellement ou dont on veut se faire aimer. De tendres attentions (Mass.); les attentions les plus touchantes (Volt.). « Un fa* vori se trouve souvent déconcerté des bassesses , de la flatterie , des soins superflus et des attentions frivoles de ceux qui le courent. » Labr. «Je comblais cette femme d'attentions, de soins , de petits cadeaux , et j'avais extrêmement à cœur de m'en faire aimer. » J. J. « C'est un très-galant homme , plein d'attentions et de soins. » In. « Je continuai d'être en liaison avec M. Vernes. Mais je ne trouvai pas dans son conmierce ces attentions qui marquent l'attachement et qui produisent la confiance. * In. « Sylla avait avec lui ArchélaQs, qu'il accablait de caresses, et dont il prit un très-grand soin dans une mal&die dangereuse qui attaqua ce général. Ces attentions de Sylla.... 9 HoLL. « César avait une affection particulière pour Brutus.... Il porta les attentions sur lui jusqu'à recommander aux siens , en allant au combat , de ne le point tuer. » 1d. « Les plu% petites attentions ^ qui semblaient devoir échapper à la supériorité du génie du prince de Conti , n'échappaient pas à la bonté de son cœur. 9 Mass. < Les jeunes maris ne marquent des attentions et des empressements qye pour les femmes qu'ils devraient mépriser. » Dest. — Ce mot, d'ailleurs, se dit de choses de moindre conséquence, qui n'ont de prix que par l'intention bienveillante qu'elles manifestent : de petites attentions. « Envoyez l'édition complète de mes œuvres à M. de Laharpe. Je suis bien aise de lui montrer quelques petites attentions dans son malheur. » Volt.
« Les égards ne vont pas jusqu'au respect, mais ils en approchent ; les ménagements ne vont pas jusqu'au sacrifice de nos volontés, mais ils les modèrent. Les attentions ne vont pas jusqu'au dévouement, mais elles le commencent en quelque sorte. » RooB.
Sans égards y on est grossier et injuste, on manque aux bienséances, auxtlevoirs de société, à ce qu'on doit aux personnes suivant les ftges, les conditions et les positions ; sans ménagements, on est rude , on numque de modération , de mesure , de retenue , on traite les gens à la rigueur \
sans attentions , on ne connaît ni les soins assidus, ni les empressements officieux, ni ces distinctions délicates qui flattent tant les personnes qui en sont l'objet.
ÉGARDS , CONSIDÉRATION , DÉFÉRENCE «RES- PECT. Sentiment favorable , en vertu duquel nous rendons une sorte d'hommage à la personne qui en est l'objet.
Les égards témoignent de l'honnêteté , la co»» sidération de l'estime, la déférence de la doeilité, et le respect de la vénération.
Égards est le terme te plus général et le moins significatif. Nous avoiÀS ies égards pour toutes les personnes auxqueLôs nous avons égard, auxquelles nous faisons attention , que nous remarquons parmi les autres , sous quelque aspect que ce soit. Ce mot n'emporte pas nécessairemeat Testime ni l'idée de supériorité , comme les trois autres^ il y a des égards qui sont dus à la faiblesse, à la pauvreté, à l'infortune .^ « Ayez les égards que le sang demande. » Boss. « Etre fort contre les faibles , sans nuls égards pour les petits. 9 Labr. « Que le roi aime ses sujets : le peuple demande si peu à' égards , qu'il est juste de les lui accorder. » Montbsq. « Il ne faut pas insulter aux malheureux et oublier les égards qui leur sont dus. » J. J. — Ensuite , ce mot nt s'einployant qu'au pluriel dans cette acception, exprime moins le sentiment , comme les trois aiw très, que des procédés, des façons d'agir qui l'annoncent. On a des égards , c'est-à-dire qu'on se conduit de telle manière, par considératitm^ par déférence ou par respect. « Je jugeai par les égards que tout le monde avait pour lui que c'était un honmie de considération, > J. J.
Considération désigne le grand cas qu'on fait des personnes : la considération a pour objel quelque chose de plus considérable , de plus re* marquable que les égards. On a de la eonsid/ror tion pour tous les mérites, persozmels ou extérieurs, réels ou d'opinion, la Daissanc«, la richesse, le crédit, la probité, les talenU , les grandes places , les dignités , etc. « Les Athéniens aimaient fort Diogène et avaient beaucoup de considération pour lui. » Fin. « Ce n'est que la seule considération que j'ai pour monsieur votre père qui m'a fait courir après vous. Je n'ai pn souffrir qu'un honnête homme fût exposé à Ji honte de tous ces bruits. > Mol. < Je lui marquais en toutes choses presque les égards et la coiûûUration d'un fils. » J. J. « Tout cela fut accompagné de témoignages d'estime et de considératioiLt ID. « La considération devient la récompense da savoir. » Cond. « Lorsque dans la monarchie la profession lucrative des traitants parvient encore à être une profession honorée , un dégoût saisit tous les autres étaU , l'honneur y perd toute sa con<td^ra/ton. » MoNTBSQ. «Il l'assura qu'elle serait toujours traitée avec toute la considéraim que méritait ime fille de sa naissance.» Lbs. «Il mort n'a pas plus de contidératùm pour les nk que pour leurs valets de pied. » In. « Il est ea haute considération, » Acao.— Ce mot est le seoi d'ailleurs qui se prenne bien au passif; en sorte qu'avoir de la considération simplement, c'est être consid&é. « L'Espagne eut alors une coim>>
If
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
dSntUm qae les autres peuples n'avalent point. » \ ment des bois, des pares, des allées , des avenues, de ceux qui bordent les chemins ou les canaux, et qui ne sont propres qu*à donner du bois et de l'ombre. — « J'ai trouvé ces bois d'une beauté et d*une tristesse extraordinaires: tous les arbres que vous avez vus petits sont devenus
Voit.
IHférenee a son idée propre parfaitement déternû&ée : il ne se dit qu'en matière d'avis ou d'opinions; c*est une sorte de complaisance ou de soumiBsion par laquelle nous cédons aux lumières des autres, à leurs desseins, à leurs volontés. { grands et droits, et beaux en perfection ; ils sont
Celui qui demande des conseils parait avoir ime diférena respectueuse pour les sentiments de son ami. 9 Labocb. « Si le maître se laissait tromper comme le disciple , il perdrait le droit d'en exiger de la afirence et de lui donner des leçons.» J. J. « Saint Pierre reçoit la correction de saint Paul avec une déférence qui ne sera jamais assez louée. >Boss. c Croire sans évidence des opinions fausses par une déférence indiscrète et par une batse soumission d'esprit. » Mal. « Pour assurer que quelque chose était vrai, les disciples de Pjthagore avaient coutume de s'exprimer ainsi : U mitre Va dit. C'était porter trop loin la défétenu et la docilité que de renoncer ainsi k tout examen et de faire le sacrifice absolu de sa raison et de ses lumières. > Roll.
Enfin, ma flUe, il faut payer d*obéis8ance , Et montrer pour mon choix entière àèjèrenoe. Mol.
Respect exprime un sentiment grave que nous éprouvons pour quelque chose de sacré , ou tout 9n moins pour quelque chose qui est placé bien 3Ui-dessns de nous, comme nos parents , les vieillards, les magistrats, et devant quoi la morale -nous preserit de nous prosterner, pour ainsi dire. Le rccped est une sorte de culte , et suppose une grande distance entre celui qui le rend et celui qui le reçoit.
J'exige des égards, et non pas des respect , dit un mari i sa femme dans Destouches. « L'figlise a pour chacun des hommes un saint respect qui les lui rend tous vénérables comme rachetés d'un prix infini. » Pasg. « Etre touché d'un respect religieux et d'une profonde vénération pour le acrement de l'Eucharistie. » Bourd. « Il y a ane grande différence entre les sentiments de rtfped que les mahométans ont pour leur Alcoran, et ceux des chrétiens pour l'Écriture.» Volt. «Je Mni attaché à jamais à Votre Majesté avec le plus profond respect et la plus tendre vénération.» li>* c Un magistrat , dont la vieillesse vénérable
élagués et font une ombre agréable; ils ont quarante ou cinquante pieds de hauteur. » Siv. « Quelle religion que celle qui ne s'est jamais soutenue que par des troubles civils ou par des bourreaux 1 Ces temps ne sont plus ; mais gardons qu'ils ne reviennent. Cet arbre de mort, tant élor gué dans ses branches , n'est point encore coupé dans sa racine. » Volt. Dans une note de lai^oicvelle Héloise, J. J. Rousseau se plaint « du mauvais goût d*élaguer ridiculement les arbres , pour les élancer dains les nues, en leur ôtant leurs belles têtes, leurs ombrages, en épuisant leur sève. » « En France , ajoute-t-il , les parcs ne sont plantés que de longues perches; ce sont des forêts de m&ts ou.de mais , et l'on s'y promène au milieu des bois sans trouver d'ombre. » Ailleurs il rapporte que « les arbres de la route (de Paris à Vincennes) , toujours élagués à la mode du pays , ne donnaient presque aucune ombre. >
EvMnder est un terme de jardinage : U s'applique à de petits arbres , particulièrement aux arbres fruitiers et aux arbres d'ornement, à ceux qui demandent qu'on les taille avec discernement , de manière à en favoriser la fertilité ou à en perfectionner la forme. — Le Philosophe Scythe de Lafontaine trouva un sage
Qui , la serpe à la main.
De ses arbres à fruit retranchait l'inutile, Ébranchait, émondait, ôlait ceci, cela.
Corrigeant partout la nature , Excessive à payer ses soins avec usure.
« Comparer le naturel inculte et brut à l'arbre qu'il faut tailler, émonder^ diriger, cultiver enfin, pour le rendre plus beau, plus fécond, plus utile.» Mark. «Que de temps, que de réflexions n'a-t-il pas fallu pour épier et connaître les besoins, les écarts ^ les ressources de la nature, pour la rendre docile, et varier et corriger ses productions! Je fus surpris, à mon arrivée en Grèce, de voir fumer et émùnder les arbres ; mais ma sur-
ônpose le resp^cf à tout un peuple. » Pasc. Le prise fut extrême lorsque je vis des fruits dont on
respect des choses saintes*, avoir du respect pour us choses sacrées , porter honneur et respect à Tke (ACAD.).
KUGUER, ÉMONDER. Dégarnir OU édaircir un ttbre en lui étant des branches.
'%iter, quelle qu'en soit l'étymologie , veut <^ retrancher, au figuré comme au propre; ^^Koiider, qui n'est usité qu'au propre, signifie piimitivement nettoyer, latin emundare. En éla- ^m un arbre, on le décharge, on en retranche '* superflu , on arrête le luxe de sa végétation ; c'est le ramos compesce fluentes de Virgile. En ^^aondanl un arbre , on le débarrasse de tout ce ^iie gite ou le défigure, c*est-à-dire des chiots, des branches mortes, stériles ou nuisibles, ^ on le rend plus fertile ou plus élégant.
Élaguer est un terme d'agriculture , et il se dit Proprement des grands arbres , de ceux qui for-
avait trouvé le secret de diminuer le noyau pour augmenter le volume de la chair, et des arbres chargés de fruits de différentes espèces. «Barth. L'heureux cuUivateor des présenU de Pomone, Des filles du printemps , des trésors de l'auiomne , Maître de son terrain, ménage aux arbrisseaux Les secours du soleil , de la terre et des eaux; Par de légers appuis soutient leurs bras débiles. Arrache impunément les plantes inutiles, Et des arbres toufl\i8, dans son elos renfermés, ÉmoruU les rameaux de la sève affamés.
Volt.
ÉLÉGANCE, ÉLOQUENCE. Qualités du discours qui le rendent propre à produire de l'effet sur les esprits.
Élégance, elegantia, à'eligsre, élire, choisir, marque le soin qu*on met à choisir les mots et les tours, d'où résultent la pureté et la justesse jointes à la grâce et à l'harmonie. Éloquence^
BECXIÊME FàRTIE:
elùquemia^ û'éhqmij teêiKer, «xpooer par ht parole, Mt penser à la pvîsBaiioe ^tt*a l*orateur de saisir, d'anJmer «t d'enttalner les tiownes. L'M(^fiee dépend de r«rt et dagoïK^rAo^ftiene», de la nature et du génie. V^taire appelle Bossuet «leeeal heinme étoqurniê enttv tant d'écrivains qui ne sont qu'^f^nlr. > ^Vélégwwe s'applique plus à la beauté des BMte et à rarrangement de la ^rase; i'^efnenee iTattttche plus à ta Ibrua des termes et à l^ordre des idées. La première , contente de plaire , ne cherche que les grftces de l'éloeution; la seconde, ▼«ttaot persuader, met du TéMment et du stltlime éa» le discours. L'une fkit les beaut parletn, et l'antre les grands orateurs. » Gnu
« Saint JérAme a encore ses défauts pour le style ; mais sesexpressiottseont mâles et grandes. Il n'est pas régulier; mais il est bien pins éloquent que la plupart des gens qui se piquent de l'être. Ce serait juger en petit grammairien que de n'examitter les Pères que par la langue et le style. Vous savez bien qu'il ne fiaut pas confondre Véhquéftee hwet Vélégtmcê et la pureté Àe la diction. » Fék. « TSn juge équitable se plaindra de ne trouver dans |Âus d'un morcea» très-bien écrit de Racine qu'une élégaiMê qui lut plaît , et non pas un terrent d'é^qiiefiee qui {'«Mratne; il sera fâché de n'éprouver qu'une faible émotion , et de se contenter d'approuver quand il voudrait que son esprit fût étenné et son coeur déchiré. » Volt. « Un peu d'imagination et de mémoire , un esprit facile , suffisent pour parier avec 4Ugance; mais que de choses entrent dans r^oquenee/ le raisonnement et le sentiment, le na!f et le pathétique , Tordre et le désordre, la foroe et la grâce , la douceur et la véhémence, etc. » Vauv. « Je n'admire pas l'^^i^anee, lorsqu'elle ne présente que des pensées faibles, et qu'elle n'est pas animée par l'^qti^nce du cœur et des images. > In.
iLins, FLBim. Ce qu'il y a d'excellent, de plus distingué entre des personnes ou des ^loses de la même espèce.
Élite , d'^ltrs , choisir, exprime ce qu'il y a de plus choisi, de préférable, de meilleur; fleur indique ce qu'il y a de phis brillant et de plus agréable.
On dit phitét r^'te des troupes , e'est^à-dire les soldats les plus braves , les plus aguerris, ceux sur lesquels on peut le plus compter. « David se retira dans un lieu caché du désert avec V élite des troupes. » Boss. « Le duo de Guise avait V élite de la. milice de France. » In. s Ils firent leur retraite par un fossé qu'ils avaient |K>rdé de Vélift de leurs arquebusiers. » In. 11 tntreprit de faire une sortie considérable avec V élite de son infanterie. » Las.
Patroele, et quelques ohefii qui marcheot à ma suite, De mes ThessalteBS vous amènent VéUte,
(Achille à Iphigéuie.) Rac.
« Au lieu de ces levées fkites à la hâte , nous aurions (dans Tannée) Vélite du peuple. » Harm. « Cyrus avait treize mille Grecs, qui faisaient l'^Itteet la principale force de son armée. »Roll. « Ces braves Lacèdémoniens (les trois cents) crurent qu'il convenait â VéVHe du premier peaple de la Grèce de se dévouer à une mort certaine.... *
ID. «-ICaisea^Kramienxla jUnir detajei c'est-â-dire les jeunes gens les plusremarquaMes par leur bwmté , par levmaSsBanoe, par leur politesse, ou tnen encore ceux qui prânelteni A devenir Ti^'ts ou les meflleurs , oomme tes /Iwwr promettent les fruits. « Ces oent founee GiMuia étaient la /leur de la jeune noblesse quKonèné» aviil emmenée de Crète. » Mnr. « Dès qa*«& peuple allié aura «ne gverre, il fout y eafoyvr la "^ew de voUrs jeunesse. » In. « Qukom vouÂif exiger des otages de toutes les vîBes.... Oe prejtft allait mettre entre les mains tfun cruel loutft la flemr de la jeunease de Iftalie. » Holl. « Brafos commença par s'attacher toute oette ftem d« la jeunesse romaûie qui était à Athènes pour puisBr à la source des belles oomaissances. » In. < Itaas le oourt dénombrement que j'ai fût des staf!» res anciens, je n'ai chmsi que la /leur des plus renommés. » In. « Ils pouvaient passer pour 11 fleur des galants. > Lbs. « Nous avons vu la /Inr des jolies femmes.. . . » Mark. « Ce petit troopeasi, qu'on appelle la bonne compagnie, est rioK bien élevé , instruit , péli , et ooimne la /Inir du genre humain. bVolt.
Toyez-vouB pas ces jemies écoyers.
Et «site /mr de toyân cbevaAkn? In.
flewr se joint aussi particulièrement bien â blesse. « La pem de la noblesse , attirée â par le cardinal de Richelieu , Ibnnatt la oviir d'aï roi jeune , heureux , galant , magnifiqu^ » ILtnit. « Il était d'usage, dans oes solennité, le raodre hommage aux dieux perdes danses publiques. la fleur de la jeune nobles8% s'y distinguait par «a magnificence. » In. c Vous défendez la Mberlè, disait Pompée k ses troupes ; vousftrez pour vous les lois , le sénat, la /leur de Tordre dee ckevar liers. s RoLL.
Toutefois, on dit également T^lt'ir et la femr de la noblesse , de l'année, de la cour (Hasb., TîM-r*, S. S.). L'dJife , c'est toujours ce qu'il y a ée pl«s important, de plus considérable et de la pins grande vaileur^, et la ^«w, ce qulî y a de plar marquant , de plus illustre on de i^us ilè^uL Ainsi, VéHte de Tannée, c'est T^l^ des troupes; et la fleur de l'armée , ce sont les oifioien. « M. de Savoie étant au milieu de tous les généraux «tde la flewr de Tarmée , ouvrit sa tabatière an oosant.» & S. La fleur de la noblesse est Texpreision naturelle et ordinaire ; Vélite de la nobtaK signifie , non plus les plus nobles , mais les pta9 braves parmi les nobles. « Raoul de Néelle ^ vança avec ârois cents chevaux qui étaient Mi^ de la noblesse de France. » Boss. « Prmiçuês da^ de Guise défendait Metz avec VéUte de la soble^ française. » Volt. « Le comte de Ortigny avec lui (en Hongrie , au secours de Vt V élite de la noblesse de'France. » In.
Une seconde différence, c'est qu'Asie toujours des individus entre lesqu^ ob au lieu que fleur donne quelquefois r»~ seule chose ayant des parties dont on plus belle ou les plus belles : fl^mr de Mme de Sévîgné assure à sa fille qu'ayant coup de lettres à écrire , c'est toujours par ^ qu'elle comuienoe : c Je vous donne , -liii dit^eD^^ le dessus de tous les paniers, c'est-à-dire U
SYNONYMES À RADICAL DIVERS
de BKn«ipnt» ém na tète»dfi a«i }«iix, de ma pliiae»d0noa4BritMe,«l ]Miiil0iMto vacomne ilpaoi.»
jr«is mo» nftltvo «tt fldèl» , et imi âme eii pétrit 0e la plus ÈaeJUur ie lafalanlerie. Ra«ir,
SBfio, ^Me M dài toujdiirs de pliwieiirs Iwmnea considèvés par rapport 4 d*a«trea ; /Imt peut K dira d'Hik seul. « €et iUMetee Vii^or , la fimr de la aebleese de MameiUe. » Bose, « Smnt Ambroise était la /leur des écdvatna latins. » Is. La /kMr dea aoroiers (Dest.)^ un trèa^grand aoTGÏer* ÉLOGUTIOIf , BICTiON, STYUB. Ces mots regardent les qualités du dîacoun ou les difKéoeates nueières de rendre ses pensées.
Éloemiùm du lalm eh^iy parler, et dtcf ien, du latin iii«sre , dire , ont rapport à la. manifestaUoo des pensées par la parok. Style, du latin stffhit , grec oruXoc , . poinçon dont les anciens se serraient pour écrire, désigne, au contraire, la manièFe de s'exprimer par écrit. Quand Terateur a beaocoup de lecture et d'étude , il n'est guère embarrassé de VéhcuUm (Bolim), la dietiou ne lai coûte presque lien (In.). Chaque écrivain a nnffyjeàlui.
Hais cette diftérence est rarement obserrée dans l'usage. En parlant des discours d'un orateur, surtout quand ils sont ioQpriofcés et qu'ils se lisent, tout comme en parlant des œuvres d'un poète , par exemple , on djit hisa qu'on y remarque une éheuti^ti , une dtsC»o» ou un styk de telle oi% telle sorte ,qui présente telles qualités ou tels défiuits. Bn éloquence et en poésie, il importe beaucoup de ne pas négliger Véléeutùm , la dictioii et le style. Les charmes de VélacutUm , de la dUtion et du êtyk>.
ÉloçaHùn rappelle toujours éloqttenee , dont le radical est le même, eloquû C'est le titre de la partie de la rhétorique qui apprend à l'orateur à faire valoir ses pensées par l'expression, à leur donner de l'éclat. A^ussi qp mot ne s'emploie proprement que par rapport à l'éloquence et i la poésie, et il ftnporte toujours une idée d'ornement et de beauté, «-> « Les oiBeiittnlâ , les fleniB de r^ZocuXion. » Boss. « La beauté de l'éUioaUm fait le grand mérite des poêles. » Voit, c Une élocuUon éclaitante. » Aolu « Faire un Taia étalage d'éloeutian, » In. c L'orateur Curion avait une éUfcution abondante et ornée. » In. « Le genre d'éloquence qu'on appelle le genre tempéré admet toute la parure et tous les ornements de l'art, il emploie les giâces brillantes dt Vélocution et la beauté éclatante des pensées. » Id. c Platon veut que Vélwnitiùn d'un orateur soit quelquefois celle même d'un poète.» YoLT. « Bossuet , un homme dont l'^ioMitioi» est ordinairement si élevée. • L4B. « Racine était né *^ec le sentiment le plus vif et le plus délicat deVWmonie et de l'élégance , avec la plus heu- Ruse facilité d'^Zoeuttott , qualités les plus esaent^les i toute poésie. » In. « La beauté et l'éclat de certains endroits des Bcrilures ne viennent pomt d'une élocutiou recherchée et étudiée^ mais du fond même des choses qui sont par ellesmêmes à grandes et si élevées qu'elles entraînent i«cessairement la magnificence du etyle. » Roll. ■ Chaque langue a ses phrases, et l'essence, la
richessB et la beasaté de tentes les langues «t de YéloetÊêùm oooaistBnt prindpalemeat à se setvir de ces pàrases4à. » Vatio. « Du côté de l*éh«m tûm, le taleni de l'orateur et ceUû de peële se tonchenl. » Maui. « Vél»euUon de Piaton , dit QiiinMliBD^ est d'une beanlé divûie «ft oompftrable à eelie d'fiottère. v In. « Cfeéron laisu à l'éloquence des aophiitas le Une de Véhçiutiefn et le soin enrieux de plaire. » Id.
iHeeûm rappelle dteltonnetre, eu racneil de didftot». IHciieii sa prenait autrefiûs pour expression, mot : « Les synonymes sont des déelto«f qui signifient une Boâme chosa. • Labi. La dictUm oenoerne les mets considérés matérielle* ment : oUb consiste à ne se servir que de ceux qui sont autorisés par l'usage , et , dans leur arrangement, à se conformer aux règles de la grsmmaire. Ses qualités principales sont la pureté, la propriété, la clarté, et par suite, l'élé^ gance , la simplicité et le naturel. — « Des discours où la dtctsen est pure , correcte, iatdiigible. » ROLL. « L'esprit du spectateur re£reidi a la liberté d'examiner ■ la diction , l'incimvenance, l'irrégularité des phrases, les solécia*mes. » Volt. « L'on doit avoir une dtctûm pure^ et user de termes propres. » Labb. « D'AgxeS' seau était esclave de la plus exacte pureté de diciiûn.» S. S. « Une dictio» pure, cbire, pcécise, simple, dégagée, sans équivoque. » Volt. <c La diction dépend de la grammaire. > Gostii. « La clarté et la correction grammaticales appartiennent à la diaion, > D'Al. « Ces aortes de fautes font plus de mal que toutes celles de grammaire et de dtcttofi. » Lab. « La didififit philosophique est affranchie de la servitude des nombre»; Cicéron la compare à «ne vierge modeste et naïve qui néglige de se parer, a KàBM. « La clarté , le naturel doivent être les premières qualités de la diction, » Volt. « Dans re^>osition de Bai^aety la lecteur s'aperçoit à peine que les vers sont rimes , tant la diction est pure et lacile* 9 Id. Chaque langue a sa diction particu* lière , comme son dictionnaire et sa grammaioe. a 11 a fallu traduire Théophraste selon k sens de la diction grecque. » Labr. « Je ne suis pas assez fort dans la langue italienne pour juger de la dtdtoi» (de cette éi^tre dédicatmre). > Hom-
XflSQ.
L'^2eeiilt0a embellit; la dtcaio» ngnifie, ià comprendre; le cufie exprime. « Le alyie n*est que l'expression des idées et des sentiments. » Lah. « Sans l'accord soutenu de la pensée et de l'expression , il n'y a point de sfiyU. » In. » Lucien veut que le elyle et la chose , comme le cavalier et le cheval, jw fessent qu'un et se mrovent ensemble. » Marm. L'^locutto» et la dicUon regardent plutôt la forme, eUes revêtent la pensée. Le alyie, à proprement parler, eg^prime la pensée, c'est-^-dire . la lait connaître dans son rapport avec l'esprit qui l'a conçue et avec l'espèce, les nuances et toutes les variations du sujet. U n'est pas Véh^eutiom car celle-ci estes- •seatiellemMit ornée, et ne se dit que de l'éloquence, et. psff extension, de la poésie^ sana compter que U beauté qui résulta de \!4k>ciiUion<t sent un peu Tapprêt , et tient moins que celle du
DEUXIÈME PAETIE :
itffle , au génie de ronieur ou à la natare du fvjet. Il n'est pas la dieiùm; car celle-ci ne comprend que quelques qualités générales qui sont indispensables dans quelque ourrage que ce puisse être : au lieu que le style change suivant ks esprits des écrivains dont la variété est infinie et suivant mille circonstances attachées au stiÛet. c La variété du ityle d*Homère. > Roll. « Au siècle d'Auguste , une foule d'auteurs porta la pureté et l'élégance de la diction à son dernier période par des écrits entièrement différents pour le gtyle et pour la matière. » In. « Ce qui (ait la différence des styles. » Id. c Corneille n'a point changé de style en changeant de genre. » Volt. « Le style varie en quelque sorte A l'infini. » Cord. « Quand l'ficriture parle de Salomon, elle relève son style. » Boss. — Le style se considère aussi relativement à l'impression qu'il produit : il est fort ou faible. < Le caractère de l'écrivain se communique aussi à ses écrits : ses pensées en sont imbues , sou expression en est teinte , et l'énergie ou la faiblesse, la hardiesse ou la timidité, la langueur ou la véhémence du style dépendent plus des qualités de Tftme que des facultés de l'esprit. » Marm. < On a reproché à Dai^el que sa diction n'est pas toujours pure , que son style est trop faible , qu'il n'intéresse pas. » Volt. « Il y a beaucoup de fautes de diction dans ces vers de VÀgésilas , et le style en est faible. 9 Id. Style froid (Id.), style languissant (Acad.). — Style a encore cela de particulier qu'il est très-propre à marquer le plus ou moins de soin qu'on met & corriger , à polir. Le style des anciens, qui a été remplacé par la plume , avait un bout aplati dont on se servait pour effacer l'écriture , quand on voulait corriger ou ' supprimer. « La diction toujours élégante de Racine , son slyle toujours ch&tié. » Volt. «Racine, par la pureté de sa diction, par un style aussi soigné que naturel, ennoblit un peu ce petit genre, a Id. « On affecte un style peigné et fleuri , et une ëloeution éclatante, qui n'a que du son. » Roll.
Si on considère ces mots quant à leur étendue de signification, le style est le genre, Vélocution et la diction sont plutôt des espèces. Vélocution est le style dans l'une des branches de la littérature, savoir l'éloquence, et par suite, une espèce de style , le style orné , relevé, ou, comme dit Rollin , la magnificence du style. La dtelton est la partie du style qui se rapporte au choix et à l'arrangement des mots , et par suite une espèce de style y le style naturel, simple, élégant.
JMÉLOGE, LOUANGE; — 2» APPLAUDISSE- HSnt. Témoignage d'estime.
1» Éloge , louange.
Éloge est un substantif pur, et louange un substantif verbal : à l'un ne correspond aucun verbe dans notre langue, tandis que louange rappelle louer. De là une grande différence.
Éloge signifie plutôt un objet, et louange une action : éloge a plutôt rapport aux choses dites et au sens; et louange ^ au fait de les dire et à l'expression. « Il est un petit nombre d'hommes que les éloges font rougir, que la louange déconcerte. » BoFF. « Tel se donne naïvement un
éloge, qui ne le recemit pas d*iu antre lansxwh gir ou sans embarras. Les hommes véritablemeot louables sont sensibles à l'estime et déconcertés par les louanges, a Ducl. c L'esprit de Dieu siit renfermer en deux mots les plus grands éloga. Quand il lui plaft d'honorer quelqu'un d'une louange^ il la rend courte, simple, majestueuse.» Fis. Donner, recevoir, mériter des éloges, appelle toute l'attention sur le sens, soi le contenu des paroles ou des discours. « Il mérita de recevoir cet éloge du Sauveur: vous n'êtes pas loin du royaume de Dieu. > Boss. « Il lui refuse Véloge d'un homme sévère et laborieux..» Labb. Mais donner, recevoir-, mériter des Umanges ne réveille d'autre idée que ceUe du bruit, de la renommée, du discours loimême indépendamment du fond. Aussi, dit-on bien , la UnuMge , simplement et sans aucune détermination : être sensible k la louange.
Madame, à bout portant vous tires la iotmmg», Rifis- La louange est un genre d'ocfion ou d'efEet qui se comprend de lui-même et abstraction laite des choses qui peuvent s'y trouver mêlées. — En deux mots, éloge est matériel et relatif; et louange , formel et absolu.
Éloge se prend plutôt passivement et annoDce une personne qui est l'objet d'une action: louange, au contraire, a plutôt le sens actif et fait concevoir une personne qui agit. A proprement parler, on reçoit des éloges ^ et on donne des louanges. Vos éloges signifie, «les éloges qu'on vous donne : c Ma lettre est pleine des éloges de M. Hume. > J. J. C'est-à-dire des éloga que M. Hume reçoit de moi. Vos (onofi^ signifie , les louanges que vous donnes : < Bien loin de me plaindre de votre louange , je voos en remercie. » J. J. Un mauvais éloge est plus propre à faire mépriser celui qui en est l'objet qu'à lui attirer l'estime; une mauvaise louange est mal tournée, mal présentée, et prouve la .malhabileté de celui qui louf. Va faux éloge attribue à la. personne qui en est l'objet un mérite qu'elle n'a pas ; une fausse louange est d'un flatteur. Un grand éloge donne une grande idée du héros; une grande louante ou de grandes Jouantes représente de grands efforts, un grand appareil et une grande pompe de langigt. « Véloge fait plutôt briller le personnage qui est loué, et la louange l'orateur ou le poète qui loue, a RouB. — Et pour tout dire en deux mots , r^o^e se qualifie toujours eu égard i celui qui en est l'objet, et la louange eu égard i celui qui la donne : Véloge doit être vrai, b louange véritable.
L'étymologie confirme cette distinction et 7 ajoute encore. Éloge vient du latin elogium, qui signifie épitaphe, inscription, titre. Véloge est un titre : des titres et des éloges (Mass.). « Que j'examine l'épitaphe du tombeau d'un grand, je n'y vois qa* éloges, que titres spécieux, qv" qualités avantageuses , qu'emplois honorables. > BouRD. Par extension, Véloge est l'exameo et rétablissement des titres de quelqu'un à l'estime ou à l'admiration. Louange vient de Umeft qui est synonyme detanter, exalter, prôner; en sorte qu'il n'indique pas seulement une ac
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
tion mai» ^^^ *<^**°^ éclatanlô , une manifestation'une célébration, une glorification. On dit bien 'que telle chose fait Véloge, mais non pas qu'elle fait la louange de quelqu'un : elle le canctérise avantageusement, elle fonde ^ elle constitue son titre , son mérite , encore qu'elle ne le ferait pas connaître; mais elle ne le vante pas ne le préconise pas, n'y ayant que les perscmnes qui soient capables de cette action. Un homme, par naïveté, comme le dit Duclos, ou dans telle position malheureuse, peut se donner des iloget, mais jamais il ne peut se donner des louange*. — On fait Yéloge d'une personne; on ne dit pas faire sa louange : on fait son éloge, comme on fait son histoire , son apologie , le compte ou le relevé de ses qualités ou de ses dé&uts, rinventoire de ses biens. On ne fait pas sa huange^ parce que ce n'est proprement que rexpression des sentiments des autres pour elle. — On dir, les louanges de Dieu , chanter les louanges de Dieu, et non pas Yéloge ou les éloges de Dieu. C'est que dans les honunages que nous rendons à Dieu , ce qui est à considérer, ce qui importe , ce n'est pas le sens des paroles (car nous bénissons Dieu , nous le glorifions en latin , c'e8t-à-4ire dans une langue inintelligible pour la plupart) , ni la détermination des titres ou des mérites de Dieu (car ils sont évidents et incontestables), mais uniquement le fait, l'expression, la profession. Au contraire, ce sont des éloges et non pas des louanges , que demande l'Académie , quand elle propose pour siyet de prix reloge d'un grand écrivain.
Une autre différence assez considérable résulte de ce qui précède. L'^oflfe est d'ordinaire plus si^ificatif , suppose plus de titres et de droits pour être loué; car le mot éloge lui-même désigne un titre et se rapporte à la raison qui fait ioaer. Louange, au contraire, qui est propre à marquer l'expression, souvent ne marque pas autre chose : en sorte que la louange est un éioge tout en paroles, un vain son. Ce mot, en conséquence , s'emploie surtout au pluriel pour représenter un des effets de l'adulation : donner des {oiionjfes, c'est, pour ainsi dire, donner un tas d'éloges, < Idoménée était accoutumé à des Xouetnges^ à des empressements et à des complaisances. » FéN. « L'artifice des louanges. » Hass. < Le courtisan a une profusion, des torrents de louanges pour l'homme qui est en laveur. » Labr. « Vient-on de placer quelqu'un dans un nouveau poste , c'est un débordement de louanges en sa faveur. » In. « Qu'est-ce que la plupart des louanges? des mensonges obligeants , des exagérations officieuses , des témoignages outrés d'une estime apparente. » Bouao. « Une fausseté fort en usage , ce sont les louanges. 9 DucL. — « Les uns faisaient du nouyeau cardinal ou afiecUient d'en faire de grands éloges ^ et les autres ne lui donnaient que des louanges ironiques. » Les. « Les livres saints, gui ont consacré par des éloges la foi et le courage de tous ces anciens justes (Êléazar et les Ifacchabées) n'ont donc fait que rehausser par des louanges magnifiques un scrupule vain et pttéiUT » Mass. « Assurée de nos cœurs, elle ne
cherchait pas nos louanges; vraie, franche, naturelle , la fadeur des éloges lui était à charge. > In. « Le caractère de cette sorte de poésie (le bouquet) est la délicatesse ou la gaieté. La fadeur en est le défaut le plus ordinaire, comme de toute espèce de louange. » Mark. — Véloge loue mieux; la louange loue plus, et souvent trop ou sans fondement. Véloge est fort de choses; la louange est forte en paroles et souvent n'est forte qu'en paroles. Aimer les éloges indique plus de solidité d'esprit; aimer les louanges ne témoigne que de la vanité.
2* Applaudissement.
Applaudisseffient se distingue à la fois d* éloge et de louange par les mômes nuances.
D'abord il a une étendue de signification plus restreinte. Car les objets de Yéloge et de la louange peuvent être très-divers : ce sont , par exemple , les qualités des personnes , ^ussi bien que leurs actions. Les applaudissements ne s'accordent qu'aux actions et aux discours. Et lors même que les éloges et les louanges se rap* portent, comme les applaudissements ^ à la conduite , à ce qu'on fait ou à ce qu'on dit , ils en diffèrent encore en ce qu'on les donne dans toutes les circonstances, et, par exemple, en Tabsence ou après la mort des personnes qui les obtiennent et bien longtemps api-ès les faits ; au lieu que les applaudissements se produisent plutôt devant ceux qui agissent ou parlent, et au moment même où ils le font.
Ensuite, Yéloge et la louange s'expriment toujours par la parole et sont supposés avoir leur source dans la réflexion et le discernement de l'esprit; les applaudissements se réduisent quelquefois à des acclamations et à des battements de mains, et ils sont provoqués et pour ainsi dire enlevés par un mouvement subit de plaisir.
Enfin, un caractère distinctif très -important, surtout quand le mot applaudissement est pris au figuré, c'est que les applaudissements ne signifient pas autant ni la même chose que les éloges et les louanges. Ce qui est applaudi est approuvé, et rien de plus. « On voit des opinions nouvelles en théologie reçues avec applaudissement. » Pasg. Ce qui est loué ou reçu avec éloge est vanté , célébré , glorifié, c Des docteurs approuvèrent cet écrit avec éloge. » Rac. Avec applaudissement formerait un pléonasme manifeste. Par Y applaudissement ou les applaudissements nous donnons notre suffrage, nous témoignons notre satisfaction et nous encourageons à continuer. « Ce qu§^ la multitude approuve , nous l'approuvons ; ce que l'exemple commun autorise , nous y donnons nos applaudissements et nos suffrages. » Mass. Nos éloges et nos louanges sont plutôt une récompense , un tribut d'estime , de reconnaissance et d'admiration que nous payons après coup au mérite, quel qu'il soit. Des applaudissements et des éloges (Bourd., Labr. , Volt.). «La gloire est le partage des inventeurs dans les beauxarts; les imitateurs n'ont que des applaudissements. 3» Volt.
ÉLOGE, PANÉGTRIQUE. Discours public ou
DEXjXÏÎML rAETUE :
pièce d'éloquence à la kmange de qudqaHia. Faire, donner, entreprendra, pronoiieer, entendre nn éloge ou un panégyrique.
Le premier de ces mots est latin, ie second grec. C'en est assez ponr mettre entre eux une notable différence. Éloge appartient «e langage commun ; panégyriqme est plus noble et particulièrement ushé en tenues de rhèlari^ite.
On peut faire V&oge de tontes sortes de personnes, même des plus humbles; on ne peut faire le panégtfrique que des personnages illustres, des rois, des princes, des saints. < La rie du père Bourgoing , dont je dois preaoneer IVloge^ a été telle que je ne rougirai point de la célébrer en présence des saints autels. Je plains les prédicateurs, lorsqu'ils Ibnt les panégyriqws funèbres des princes et des grands du monde. » Boss. — Véloge peut être simple , sans ornement , et plus remarquable par les choses et par les idées que par la fiïrme et le ton : le panégyrique est toujours poso^Muac et plein d'art : « Il a principalement pour objet l'éclat et la parade^» ROLL. « Laissons aux orateurs du monde la pompe et la majesté du style panégyrique : ils ne se mettent point en peine que i'on ks entende, pourvu qu'ils reconnaissent que l'on les admire. Pour nous , omoos notre discours de la simplicité de TÊvangile.» Boss. «ie laisse les dons et les mystères qui pourraâeDt rslsirer k pan^^t^ve de saint Joseph. Je veux taire tout ce qui éclate , "pour Caire Véloge d'un saint, dont la principale grandeur est d'avoir été à Dieu sans éclat. » In. Marmontel dit que dans Véhge de Caton , Cicéroa avait mis de la prudence. Il avait écrit quelques lignes plus haut : « Cicéron donna les modèles les plus parfaits de l'art de louer grandement : il fit presque en même temps lepon^^rigue de Caton et la fébdtabion à César, pro Marcello. » — Véloge est plus substantiel et plus instructif; le paoégyrique réside davantage dans la forme, est plus Tide, et ne tend qu'à (aire admirer le héros qu'il célèbre. «Tel est l'abrégé de Véloge de saint Jean-Baptiste : éloge que vous ne devez pas considérer comme un simple panégyrique de ce saint, mais comme un discours fondamental sur un des points capitaux de notre religion. • Bounn. « Ce caractère de notre saint fera le sujet, non-senlemeot de son pwiégyrique^ mais de votre instruction et de la mienne; car à Dieu ne plaise que je prétende louer ce saint évêque, uniquement pour le louer et pour l'élever; son éloge doit être notre édification , et tout ensemble notre confusion. > In.— U suffît qu'il y aét dans Véloge de l'intérêt; le panégyrique demande de la «haleur, de l'entbottsisame, en même temps que de la magnificence.
L'^o^e le cède encore en noblesse au pmtégy^ «^îftie, en ce qu'il n'est pas, comme ce dernier, entièrement laudatif : il comporte le blftme sur certains points. Ainsi, fsire Véloge de quelqu'un, c'est tenir un discours à son avantage , et faire son panégyHque , c'est, suivant l'expression trèsjuste de Voltaire , chanter ses louanges. « Il n'y aurait donc qu'en France qu'il ne me serait pas penms de faire paraître VÉloge de Louis XIV et
' de ia Fsano»! et cela parce que je n'ai eu ni b baasesse, si k seitise de dépurer cet éhge psr de honteuses réticences et par de lâches déguisements, a Volt. « L'histoire ne doit point être un frde pattégyriqae. » In. Le contraire de lï* kfeest in critique; et k contraire du panégyriqae^ la satire. Par oenséquent, panégyri^m met bieci après ^ge comme propre k enchérir sur lui. « Au lieu 4e8 invectives et des injures « qu'ils avaient toujours vomies contre lui, ce n'élBit plus qa'élageÊ ai panégyriques. » Rou.
Oenane, d'isn o6té , k panégyrique n'admet que le stjie noUe et pompeux, et que , de l'autre, il loue sans resirktion , «e mot se prend assez souvent en manvaise part eS implique une idée d'affectation et d'exagération : Panégyriques guindés (Fin.), panégyriqiim de collège (Bossy). < On iast an^urd'imi des panégyriques où on entreprend de CBDenisef les morts : poikégyriqucs où les pkis lAches sans discernement sont transfigurés en héros, les plus petits esprits en rares génies. » Bo>inu). « Si Comeilk eût fait attentioo que tous ks poÊiégyriqnu étaient froids, il en avrait trouvé la cause en ce que..^ » Yi.Trv»
Bnfin , c'est sous k titre de panégyriques que la rhétorique considère ks éloges comme sujets d'éloquence. « U y a im genre d'éloquence qtii est uniquement pour l'ostentation, et qnii s'a d'autre but que k plaisir de l'auditeur, cvfflme les discours académiques , certains panégj^riqtiet et d'autres pièces sembUbks.... On trouve pour ce genre de grands modèles dans les oraisons funèbres et dans les discours académiques des modernes. » Roll.
ÉMANCmft (S'X SE LICENCIEE. Sortir des bornes du devoir, de la bienséance ou de la Bky destie (Acau.) ; se donner beaucoup ou trop de liberté.
S'émanciper^ s'af&ancbir, manquer à fohservation de certaines lois ou de certaines règles , ou bien à la soumission, au respect qu'on doit à quelqu'un ; se iieencier, user de Ucence , prendre des licences, se permettre ce qui n'est pas permis, ff émanciper exprime une idée purement négative , celle de se soustraire à une obligation, à une dépendance , de secouer un joug ; se licencier sigi^e plutôt quelque chose de positif, une entreprise, un attentat.
S'émanciper, c'est simplement se décharger» st dispenser de quelque chose. On dit très-bien, ^émanciper de l'obéissanoe qu'on doit à une loi ou à quelqu'un (Bouaa.), des lois ou des règles prescrites (In.) , des obUgatimis onérwijes (In J« d'une observance (In.) , d'une certaine dépendance (In.) , et dans ces locutions as lieenciar ne conviendrait pas. a Cette &eilité des prélats à dispenser (à accorder des dispenses) augmentait de plus aà plus l'inclinatinn vioknte qu'eut ks hommes i s'émanciper. » Bonan. « Au Ikn que raffranchissement des lok humaines passe ptm un privilège , k grand privilège de k giiœ ^ d'être incapable de s' émanciper de la loi du Seigneur. » In. « Quelques-uns de nos sneiUeurs écrivains ne prennent point garde à cette rèfls--^ Hais si chacun ^émancipait de son e6té, ks uns à n'être pas si exacts en eartaines choma^ ^
STN0NTIE8 A RADICAIS DIVERS.
autres en d'antres, nous ferions bientôt retomber notre langue dans son ancienne barbarie. »
JTais 9e licencier, c'est précisément foire des actes de licence, de grande liberté, ou de b'berté immodérée, se permettre une grande hardiesse. « Nous ne perdons la connaissance de notre péché (de l'impureté) qu'autant que nous «mu licencions à le commettre.» Bouan. «Luther confessa qu'il était allé plus loin qu'il ne voulait; c'est que le caract^e de l'esprit de rhomme est de $e licencier toujours, quand il a pris une fois Tessor. » In. Pendant que Moïse était sur la montagne, les Hébreux te licencièrent et se firent des idoles (lx>.}- « Vaudemont avait pris à Ifarly une chaise à dos; quand il y eut accoutamé le monde , qui en France trouve tout bon , à condition que ce spient des entreprises, il se licencia de la garder les soirs pendant le jeu. » S. S. « Je me licenciai à bien représenter à Desmarets les obligations qu'il arait à ChamiUart, et je ne le marchandai pas. » In, « De peur que le peuple, revêtu d'un si grand pouvoir, ne yienne lui-même & se licencier, pour réprimer son insolence et le réduire à son devoir, on créerait on dictateur. » Roll. Mercure dit à Sosie dans Amphitryon :
Quoi I ta benche se ïmtneie A te donner encore un nom que Je défends! Moi.. Bt, dans Tsyché^ Vénus se plaint de sa jeune rivale, en disant:
On ne balance point entre nos deux mérites^ A qoluer mon parU Urat s'est licendé. Id.
Cependant t*émanciper se prend aussi parfois dans le sens positif. Mais alors , il est moins fort <Iûe se licencier, si ce n'est en ce qu'il exprime toujours une infraction morale moins grave , au moins en ce qu'il marqué moins d'auéaoe, un moindre excès, un moindre emportement. C'est pour cela qu on dit, s'émanciper un peu (Volt.), ^émanciper trop (Mol.), un peu trop (In.), tandis que te (tcencter est absolu et ne comporte pu de degrés. Un ambassadeur qui outre-^passe ^ pouvoirs s'émancipe (S. S.) , mais il ne va pas jusqu'à se licencier. Une femme ne doit pas permettre qu'on s'émancipe (Les.) ni à plus forte ^^saa qu'oa se licencie avec elle. « Notre volonté, omemie de la sujétion, ne cherche qu'à i^émandpcr et à M licencier. » Booan. « Plus ces âmes ^es, volages, dissipées, chercheront à ïémanc>per et à «e Uunder, plus elles seront exposées SOI mécontentements et aux ennuis. » In.
finvOR, FOETUS. La même idée se trouve primée en grec par embryon , ipiSpvov , et en ^ per fœtus. C'est celle de l'animal dans le sein de sa mère. C'est aussi le sens que ces deux i^ots ont conservé en français.
Vais quoique, empruntés de langues savantes, us soient l'un et l'autre des termes techniques usités seulement dans certaines sciences, l'histoite naturelle et l'anatomie, embryon^ à cause <« son origine grecque , est encore plus éloigné da langage conmiun que son synonyme fatus. C'est pourquoi seul il sert à former d'autres ter- ^ purement scientifiques, em&ryoromte , emwifOtf^«i«, eui^Qlogie^ embryographie»
De là suivent les différences qu'on peut mettre entre ces deux mots.
'Fœtus convient mieux pour désigner le fniit de la femme ou l'enfant , parce que de tous les petits non encore nés des animaux , c'est celui dont il est le pins souvent et le plus naturellement question dans nos discours ordineires. Par la raison opposée , embryon se dit plulftl en parlant des autres animaux , et surtout de ceux qui ressemblent le moins à l'homme. « Dana les vivipares , et en particulier dans le fœtus hnmain , les yeux ne sont pas à beaucoup près aussi gros, à proportion, qu'ils le sont dans les emhrytms des ovipares. » Buff. -* Toutes les fois qu'on dit d'une manière absolue, le fa^us^ on entend parler de fenfant dans le ventre de la femme. Et , d'autre part , embryon étant le terme spécial des savants s'emploie pour exprimer des choses qui ne sont pas l'objet des idées ni des discours du vulgaire , comme , par exemple , en botanique , le germe et la semence , en tant qu'ils sont l'ébauche du fruit ou de la plante , ébauche confuse et qui ne peut être saisie que par Tasil subtil de la science.
Cependant cette première différence est rarement observée. L'usage permet qu'on se serve de fœtus et d'embryon pour signifier tous les petits des animaux avant qu'ils voient le jour.
Mais fœtus les représente tels que le connnun des hommes les aperçoit et les cite dans ses discours, c'est-à-dire tout formés, et embryon les fait concevoir tels qu'ils sont immédiatement après la conception, c'est-à-dire informes, à l'état rudimen taire , et ne pouvant attirer d'autre attention que celle des savants qui en font l'objet de leurs recherches. On dit plutôt la formation de l'embryon, et la nourriture du fœtus (Btjff.)..— Par extension, embryon, mais non pas fcetus, marque quelque chose de petit, et, par exemple, un avor^ ton, un très-petit homme, ou quelque chose d'incomplet, d'inachevé. « Je joindrai à cette édition un Essai sur la poésie épique, qui ne sera point la traduction d'un embryon anglais mal formé, mais un ouvrage complet.» Volt. m L'embryon de la religion chrétienne, formé chez les Juifs sous l'empire de Tibère , fut ignoré des Romains pendant plus de deux siècles. » In. « Dans Milton , le froid et le sec avec le chaud et l'humide, devenus quatre braves généraux d'armée , conduisent en bataille des embryons d'atomes armés à la légère. » In. Voltaire appelle aussi embryon de tragédie une ébauche de tragédie, c'est-à-dire sa tragédie d'Irène, qui n'était d'abord qu'en trois actes.
La plupart des médecins admettent cette différence, mais sans tomber d'aecord sur l'époque précise où les parties de l'animal sont assez développées et assez apparentes pour que l'embryon mérite le nom de fœtus. La formation de l'ethbryon se produit instantanément au moment de la fé^ndation ; celle du fœtus s'opère lentement et peut s'observer à mesure que le petit animal prend de la nourriture et de l'accroissement. Vembryon du poulet est dans l'œuf, quand l'œul est pondu et même avant ; le fœttu du poulet ne