DEUXIÈME PARTIE
plus grands d'entre les hommes (les pliilosophes) sont si basses et si puérikt! » Pasc. « Les détails, dans Hérodote, dégénèrent souvent en simplicités puérilet , plus propres à gâter le goût de la jeunesse qu'à le former. » J. J. — c Les plus grands hommes du paganisme ne parlaient qu'avec respect des superstitions de l'idolâtrie , dont ils connaissaient la puérilité et Textravagance. » Mass. « Ces puériliiés absurdes (des Ëléates) sont abandonnées aux sophistes. • Barth. « On a de la peine à croire que dans les écoles d* Athènes on daignait entendre de semblables puériliiés. 9 Marh. s Dans ce dialogue on trouve les meilleurs principes mêlés avec beaucoup de puérilités, » DAg. « Que dirait Socrate de l'éducation publique qu'on donne à notre jeune noblesse, des puérilités dont on se plaît â la nourrir , comme si on n'avait rien de bon à lui apprendre?» D'Al.
ENFIN , A LA FIN , — FINALEMENT. L'idée de fin est commune à ces trois mots.
Pour ce qui concerne d'abord enfin et à la fin, le premier a rapport au discours , le second aux choses. Enfin , en fin ^ c'est-à-dire en finissant , pour finir, pour conclusion, en un mot, bref, pour arriver tout de suite à la fin de mon dire ou de mon récit. « Car enfin que pouvait-il faire?» ACAD.
Je ne sais pas pourquoi, m^ enfin \t soupire. Rigit. Après avoir soutenu qu'on ne peut se passer de la mythologie dans les poèmes, et que vainement on pense faire agir Dieu , ses saints et ses prophètes comme les dieux éclos du cerveau des poètes, Boileau ajoute :
Et quel objet enfin à présenter aux yeux
Que le diable toujours hurlant contre les cieox!
A la fin, vers ou sur la fin (de la chose), au bout , sert à marquer que la ohose ou la personne même finit, a fini ou finira par faire telle chose. a A la fin il est convenu de tout. » Acad. c Les empereurs prétendaient qu*d la fin les religions s'uniraient. » Boss. « Vous connaîtrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine et infinie. » PAsa
Mais enfin se prend aussi, comme d la /In, dans le sens objectif ou en relation avec les réalités. Ce qui le distingue alors , c'est que ne renfermant pas l'article, comme à la fin /û n'exprime rien de remarquable ou de saillant4 — Enfin , c'est-à-dire en dernier lieu , opposé à d'abord. C'est l'expression ordinaire. « Il arrive quelquefois que des personnes qui aiment extrêmement de certaines viandes , viennent enfin à en avoir horreur. » Mal. « Cette coutume de juger les rois après leur mort faisait entendre aux rois que , si leur majesté les met au-dessus des humains pendant leur vie^ ils y reviennent enfin quand la mort les a égalés aux autres hommes. » Boss. « Abadie, jésuite, puis janséniste, puis protestant, voulut faire enfin une secte. » Volt. c Satellites autrefois de Saturnin , puis de Sulpicius , ensuite de Marius et de Damasippe, et enfin de Lépidus. » Roll. — Mais à la fin s'emploie quand on veut insister , quand il s'agit de choses qui viennent lentement , à la longue , après une longue attente, ou malgré beaucoup d'opposi-
tions , de difficultés ou de peine. Dans la première édition du Dictionnaire de V Académie 00 définissait d la /In par après bien du temps. < Tant va la cruche k l'eau qu'd la fin elle se casse. »
ACAO.
Je chante les combats, et ce prélat terrible Qui, par ses longs travaux ei sa force ioTiiiciUe» Dans une illustre église exerçant son grand emr. Fit placer klajinwi lutrin dans le chœur. Boil. Le plus charmant objet à la fin nous ennuie. Basa.
« Me répondras-tu d la /In? • In. «Ménalque a affaire à un fâcheux, à un homme oisif, qui se retirera d (a /in, il l'espère et il prend patience.» Labr. <e C'était pour forcer ma mémoire à prendre de la capacité que je m'obstinais 4 cette étude. Il fallut l'abandonner d (a fin. » J. J. «La vraie bonté et la vraie vertu triomphent de toat d la fin. » Volt. « Polybe a très-bien conclu que Carthage devait à la fin obéir à Rome par la seule nature des deux républiques. » Boss.
Finalement, en fin ou à la fin finale, est poi usité , même dans le langage familier , où il convient le mieux. 11 a cependant une nuance particulière. Je vous prierai finalement de rester chei vous. Finalement, c'est-à-dire définitivemez^ et sans retour. Nos comptes sont finalement arrêtés. « Jésus -Christ a obtenu cette grâce au élus , que leur foi ne défaillit pas à jamais et fMr lement. > Boss.
ENFUIR (S'), S'ÉCHAPPER, S'ÉVADER, S'ES QUIVER , SE SAC VER . Se tirer et s'éloigner d'ofi certain lieu.
Ons*enfuit à toutes jambes : s'enfuir est relitif à la vitesse , à la promptitude , â la précipitation avec lesquelles on s'en va ou on décampe. Le temps s'enfuit; nos faux amis , quand ils nous voient malheureux , s'enfuient; l'enfant prodigue s'ea/ait de la maison paternelle. « Antiochus se montra dans la Grèce avec une petite partie de ses forces.... n fut battu et s'enfuit en Asie. » Morteso. « Bias se rencontra à Priène lors de la prise et du sac de cette malheureuse ville : tous les citoyens emportaient tout ce qu'ils pouvaient et s'enfuyaient dans les lieux où ils croyaient pouvoir se mettre en sûreté. » F An.
Leur résistance (des rats) fbl vaine;
11 fallut céder au sort :
Chacun i'enfuit au plus fort
Tant soldat que capitaine. Ur
On s'échappe des mains , des mains qui ont pris ou qui menacent de prendre , afin de n'être plos au pouvoir de ce qui a saisi et retient , ou afin ^ se mettre hors d'atteinte de ce qui poursuit. l'& prisonnier s'échappe, un voleur surpris cherche à s'échapper : l'un sort de l'endroit où le détiennent ceux qui' se sont emparés de lui, rautre veut éviter d'être arrêté par la police et déleau dans un endroit pareil. « On le retint quelque temps , mais enfin il itéchappa. » S. S. « Je tws recommande de ne le point laisser sortir de ros mains; car parfois il veut s'échapper, »Hoï- *j^ la voyait faire des efl'orts pour s'échapptf ûc« mains d'une femme qui la retenait. » I^*
Arrête! arrête! «i^P*,*..^ —Ah ! c'est mon prisonnier, sans doute, qai 1 ^^^'
SYNONYKES À RADICAUX DIVERS.
Oo peut des pins grands rois surprendre la JosUee : . Ineapablfs de tromper.
Os ont peine i s'échapper Des pièges de l*artiQee. Id.
c Os étaient une douzaine de possédés après mes chausses; et j'ai eu toutes les peines du monde à n'échapper de leurs pattes. » Mol.
On iévûde furtivement, en secret. Amolphe dit i Agnès dans Y École des femmet :
Et TOUS sarez donner des rendez-vous la nuit
Si pour suivre un galant vous évader sans bruit.
Mol.
nsaUeodcnt la nuit pour ê'évader ensemble. Dcst. « Nous noiu évadons sans être aperçus. > J. J.
On l'efqvtre adroitement. < Je m'esquivai en biissant la tète. » J. J.
Je me suis doucement esquivé sans rien dire. Mol.
On se sauve d'un grand péril , d'un danger de mort, en pourvoyant à son salut. Se sauver pour n'être pas pendu (J. J.). Saûl envoya ses gardés dans la maison de David pour la tuer.... David f'enfuit donc et se sauva, » Volt.
Les princes (des rats) périrent tous.
La racaille , dans des trous.
Trouvant sa retraite prête , Se tawa sans grand travail. Lav.
c Les Romains entreprirent de faire périr Annihal. Ce grand capitaine , réduit à se sauver de son pays, remua rOrient contre eux. s Boss. Ah! monsieur, évitez sa rage furibonde, Seuvez-vaiu, Reov.
tlKogène le Cynique, fils d'Isécius, banquier, ftit accusé d'avoir fait de la fausse monnaie avec son père. Isécius fut arrêté et enfermé dans une prison où il mourut; Diogène prit l'épouvante et se sauva k Athènes. » Fén .
ENGAGER , OBLIGER. Imposer une sorte de contrainte en yertu de laquelle on est tenu à cer* taines choses , on ne peut s'en dispenser.
Fnpaper signifie quelque chose de moins fort, de moins rigoureux , une convenance plutôt qu'un devoir proprement dit , ce qu'il faut faire plutôt que ce qu'on doit faire. Un bienfait reçu nous engage envers le bienfaiteur; notre parole donnée, ou mieux encore un contrat, nous oblige, L'Église engage les fidèles à communier aussi souvent que possible , et elle les oblige, toutes les fois qu'ils le font , à purifier leur &me par la pénitence (BOURD.).
Ce qui engage peut être un simple besoin , une engence de la nature ou des circonstances ; au ,liett que ce qui oblige est plus ordinairement de nature morale. Ce qui nous engage à une chose nous en fait une nécessité ; ce qui nous y oblige BOUS en fait un devoir. < Nous oserons ici pour la première et la dernière fois parler de nous à nos lecteurs. Les circonstances nous y engagent , et ^ reconnaissance nous y oblige. » D'Al. < Ce qui engagea principalement les Athéniens à condam* uer Miltiâde fut son mérite et même sa grande ré- Imitation, qui fit craindre au peuple qu'il ne voulût devenir tyran à Athènes.... L'attachement invio- ^ie d'Aristide à la justice Vobligea en plusieurs ^^ocasions de s'opposer k Thémistode. » Roll.
BNGBifBRER , ENFANTER , ACCOUCHER. Donner naissance.
Engendrer a la si^lfication la plus étendue. Il se dît même des choses : telle nourriture engendre des vers ou des humeurs; les géomètres font mouvoir le point pour engendrer la ligne, la ligné pour engendrer la surface, et la surface pour engendrer le solide (Comd.). Quant aux animaux, ils engendrent aussi bien que l'espèce humaine, et , parmi les animaux , les mâles aussi bien que ' les femelles , tout comme , dans l'espèce humaine, les maris aussi bien que les femmes. Les femmes seules sont dites proprement en/onter et aecou" cher, « Le fœtus ou l'embryon , c'est-à-dire l'animal qui se forme , est engendré d'autres animaux déjà formés et vivants. » Boss. « Plusieurs personnes ont été persuadées qu'une sole pouvait engendrer une grenouille. » Volt. « Le mulet n'a pas le pouvoir d'engendrer. » Id.
Le coursier d'Adonis , né sur les bords du Xantbe,
Ne peut plus retenir son ardeur violente :
Une jument dlda Y engendra d'an des vents. La9.
<K Le mot de fils de Philippe signifie celui qui a été engendré par Philippe. » P. R« « Des parents goutteux engendrent des enfants sujets k la goutte.» Mal. — D'ailleurs, engendrer signifie plutôt la conception, ou une formation intérieure, que la production ou la mise au dehors. « Le Père engendra le Verbe éternel en luimême. • Boss.
Enfanter est un mot abstrait qui signifie d'une manière générale , sans aucun rapport à l'époque et au travail de la délivrance, le fait d'une femme qui met au monde un enfant, c Pourquoi une vierge ne peut-elle enfanter ? » Pasg. « Si une vierge devait enfanter, il était convenable qu'elle n'enfantât qu'un Dieu. » Boss. « Les filles ont-elles pu être enceintes de la façon des singes et enfanter des animaux métis? » Volt. « Pourquoi Sara s'est- elle mise à rire en disant : Puis-je enfanter étant si vieille ?» In. c La Terre enfanta les géants. » Mark. « Lorsque Rome fut vaincue elle-même , il sembla que la terre eût enfanté de nouveaux peuples pour la détruire. » Hontbsq. — Que si toutefois on dit , en ayant égard à l'événement final, les douleurs de Yenfantement et enfanter avec douleur , c'est par exception et uniquement dans le style élevé de i'Ëcriture, ou par allusion à la malédiction de Dieu sur la femme. « C'est la malédiction de notre nature , qu'op ne peut enfanter qu'avec douleur. » Boss.
Aecottcher est un mot vulgaire qui exprime précisément , avec toutes ses circonstances, d'une manière concrète, l'opération par laquelle une femme arrivée au terme de sa grossesse , et par conséquent couchée ou alitée , met au monde le fruit qu'elle porte. « Pourquoi ne laisseriez^vous pas Mme la vidame oeeoiic^ar à Chaulues, où elle aura les secours nécessaires ? > F^n. « Tout ce peuple fait des efforts inutiles, semblables à ceux d'une femme dont l'enfant est prêt à sortir , et qui n'a pas assez de force pour accoucher. • Boss. < Quand on entend les cris d'une fenmie en travail , qui sont médiocres et languissants , on dit : elle n'accouche pas encore.» In. « Guillaume le Conquérant était gras et replet; Philippe I" demandait un jour, en se moquant, quand il accoucherait: le prince lui fit dir®
DEUXIfiHB PAlTIg :
que cela ne terdenH pas, «I qu'aussitôt qu'il serait relevé il irait lui vendre visite avec dii mille lances au lieu de cieiges. » In. « Il y a des pays où les femmes oceoticfecnl presque sans peine. » J. J. « Les femmes ne savent pas eneore auouther toutes seules. » In. c Marie dit à Xo^ seph que son temps à*aeceuchêr était proche. • Volt. < Jacob vint au pays qui mène à £phrata, Kaehel étant pr^^e d'aeeoticJ^er. » In.
Une montagne en mal d'enfant Jetait nue clamear li hmte Qae chacun , an bruit accourant, Grat qu'elle accoucheraif sani faute D'une cité plus groise que Paris :
Elle œeoucha d'une ionris. |jur.
Au figuré , engendrer veut dire faire naître au dedans, faire concevoir, particulièrement des seatiments , des passions ou des idées. La familiarité engendre le mépris (Acad.); un homme n'engendre point, c'est-è-dire nMnspire point de mélancolie (In.); l'oisiveté engendre le vice (lu.); les passions en eii(fendreiif souvent qui leur sont contraires , comme Tavarice la prodigalité (La- ROGH.); toutes les passions terrestres qu'entendre le tumulte de la vie sociale (J. J.) ; toutes les passions qu'en^endrenl l'intérêt servila et le luxe nécessiteux (Uark.). c Un sang appauvri ne porte au cerveau que des esprits languissants et morts, et ik* engendre que des idées tristes. » J. J. « Quant à ces fantaisies que la richesse engendre dans un esprit malade de satiété et de langueur^ j'en ai vainement essayé. » Mark.
Enfanter signifie faire naître au dehors , donner le jour ou faire éclater. C'est l'amour qui enfonte la guerre (Buff.), la discorde qui enfante tout les crimes (Mark.). «Les vastes connaissances empoisonnées par l'orgueil ont enfanta ces chels et ces docteurs célèbres de. mensonge qui ont levé l'étendard du sphisme et de l'erreur. » Mass. «Si l'orateur chrétien va jusqu'à ce degré d'enthousiasme qui enfante le sublime, il ne mérite que de l'admiration. • Lab.
Menbeoreuz Scodéri, dent la fertile plume
Peut tous les mois sans peine enfanter un volume.
Bon..
ÂeeowiKer s'emploie uniquement en parlant des productions de l'esprit considérées par rapport à l'instant du travail qui les fait éclore avec plus ou moins de peine ou de difficulté. Dans les Femmes «oeanles , Trissotin , qui vient de com poser une épigramme , la présente à Philaminte en disant :
Hélas! e'est un enfant tout nooreau-né , madame , Son sort assurément a lieu de vous toaoker ; Et c'est dans voire cour que j'en viens ^^accoueher.
Mol.
XNLEVEII) — 1« ABRACHER, BAYim;— 2«EII- K)RTER, ENTRAtNER. Agir sur une choee de manière à lui faire quitter place en la prenant.
C'estxe qu'exprime simplement et sans aucun accessoire le verbe enlever,
!• Arracher, ravtr.
Arracher et rovtV signifient enlever de force. C'est toujours malgré elle qu'on arrache une personne d'un lieu ou qu'on la rwûit : une femme qu'on anaehe des bras de sa mère ou
qu'on rof^i oit vielwMë'wB dessein «ufnileUe n*a point consenti ; une femme enleeée peut ne l'être que parce qu'elle l'a voulu, que parce qu'elle s'est fait enXtœr, De même, ce qu^oii nous orrae^, oe qu'on nous ravit est toi^jours un bien, et c'est toujours avec peine que nms nous en voyone séparés; mais le chimigica nous enlève une tumeur, le dégraissenr des ches, etc.
Arracher n'équivaut pourtant point à Arracher^ de ad^ à sol, et de rae^ primitif ée racine , veut 'dire tirer à soi quelque chose qui est retenu comme par des racines , qui tient beaucoup. Ce mot fait image et peint l'efiort do sujet correspondant à la résistance de l'objet : il marque une action faite non-seulement de forée, mais par force ou par la force, une lutte engagée. Roetr, du laàn rmpete^ prendre prfecipitanunent, enlever rapidement, saisir, désigai une action faite tout d'un coup, par une £i>ree bien supérieure, ou par surprise, tans que ta chose soit défendue. Un conquérant •rrache dm provinecisé i'ennemi (Volt.); il n'y a que ceux qui se font violence qui ravieeent le royaume des cieux (Mass.). On «rrocfce la victoire des mains des ennemis (Mohtbsq.) ; on ra'vU les oenfi d'un oiseau (Buff.). On arraihê un arbre, iq clou enfoncé dans la muraille ; le loup , la moft rautt sa proie. Dans les Ftmiheriee de Sc^m, ce valet dit de Géronto, de qui il vient de tîK» une somme d'argent avec beaucoup de diSculte : « Il ne peut digérer les einq cents éoui que je lui airnifihe. » Mais Oéronte, pariant ée la même somme et se plaigaant du peu de tenpi qu'elle est restée entre ses mains ; « le os croyais pas , dit-il , qu'elle dite n'êtfu «Mt ravie. »
Quoique ces deux mots supposent l'emploi ds la force, c'est toutefois l'idée de ieroe, d'une force saillante, lente, combattant contre des obstacles, qui prédomine dans «rrscàer; ra«tr indique une force prompte, qui prend d'emblée. ou même d'une manière , non pas violente , msis subtile ou rusée*
J'apprends que pour ra^dr son enlknee (Astfaai^
au supplice , Andromaque trompa l'ingénieux Ulysse, Tandis qa^un auUe enfant, arrœk* de ses brtti Sous le nom de son fils fut conduit an trépas. fUc
c L'importunité arrache un consentement; 1< subtilité le ravit, » Roua. Anciennement M employait la torture pour arracher des aveu; à présont les Juges se contentent d'en fovir»' moyen d'interrogations inaidieuses.
L'idée de violence, et d'une violence sewible* étant inséparable d'arracher, ce mot se pren^ plutôt au propre; au lieu que rovtr, par û rair son contraire, convient mieux pour le iiguri. Grégoire XIV a déclaré qu'on doit arrackef !•> assassins des églises où ils se réfugient, et Iwr rartr l'asile dont ils sont indignes. L'orakor pathétique m'arrache des larmes , et ra/oit nos admiration. On arrache une chose qu'on tieot à la main, un enfant des bras de sa mère, on e^ roche des oris, des larmes, la vie; on voos fox^^ l'honneur, la gloire d'une action, la liberté.
SYNONYMES X tUbtCAtlX 6IVERS.
J'espénntè , iin« p&vtîe Ûe tdfltè temps, iffttl^f Se cœor 9e prend dans te «ns lUtét^rï; mtiêy ^^s h ^owrgtoii gentilhomme, M. Jmiiidiân Voudrait bien « nnnV le cœur de Doriintoe. »
Bmpùrtet et enimlfief , c*«t l^fevéf et â*«i aller avee. c Dans ce tableau on Toit Ynl<sain qtri enlève sa divine éponse pour Vemporter sur L« lit nuptial. » Montesq. Enlever ^ arracher et Tapir sent relatif au point de départ et à la personne dépossédée : on enlève, on arrache^ on racîl 4 quelqu'un, j^pofttr et «mmln^r sont relatîb i un nouteau lieu où on doit parrenir et au monnment qui y mène : on n^empotte pas et on n^'eairutne pas à quelqa*un, Étais qtte^ae part
Pour emporter une chose, il faut VàToir mr sd; pour PenCnilAer, il ftiut la tirer après soi. Pendant le saccagement de Troie, Ënée eiitpona 3on père sur ses épaules, et entNkêm son fils par la main, te loup empêriê la pfoie sur le de», l'aigle dans ses serres; mais dans Lafontate, la grenouille entraîne au fond de Teau le rat qu'elle a attaché par la patte et dont elle compte se repaître.
L'action d'empori^ a lieu dans tous Ws sens, particulièrement de bas en haut; celle é^enirai' ner, comme celle de précipiter, se fait plutôt de haut en bas : une chose , en tombant , en entraine, et non pas en emporte une autre dans sa chute. « Le plomb se scoriflantavec les autres métaux dont il s'est saisi, «il les sépare de ïot et deTargent, les ennrolfie, ou platM les emporte è\ s'élère sfec eux à la siitffaoe de la fonte. » Bonf.
feoila, Mfrdtiief , & là difTémcf d*eiii|iorfer, suppose de la résistance et y est relatif. < Vient^ on de placer quelqu'un dans un nouyeav poste c*estBn débordement de louanges en sa faveur; ttms se laissent enfraffier au torrent qui les tmpwte. » La^.
l»IHail , ADTERS AIRE , ANTAG0RI8TS. Homme qui est tontre quelqu'un, ea oppositien ou en guerre avec quelqu'un.
KiMeint, inimicvtt, in ûmictu, non amiems, q^ fl*est pas ami, suppose un sentiment contraire an sentiment de l'amitié, celui de la ^œ. Notre ennemi est animé contre nous, cherche à nous nuire , tend k nous perdre. Un <idf ertafre ou un antagoniite n'en veut pas ainsi ^ Is personne , et ne demande ni son mal , ni ea Yniae; il loi suffit de remporter sur eBe Tavant^e. n s'agit pour l'ennemi d'une paesion à satisfaire; pour Vadtersaiirê ou YarOagonitte, d'une ctuie & gagner. Deux entiemis ne s'aiment point oa ae s'aiment plus , se persécutent , aspirent à se détruire; deux odveriiitfef ou deux antagoft|<t«i appartiennent , il est vrai , à des partis dtren, mais ils peuvent néanmoins èXro amis. « Marins était né pour être l'ennema' el le persecnieur de toute vertu. » RoiL. « Les cruels en- ^ttde la religion n'ayant pu la détruire, ses mis dangereux n'ont pu la perdre. » D'Al. «Quelques prédicants de Hollande, les ennemie mortels de Bayle, furent atenglés par leur haine, au point de le reprendre d'avoir donné des
louafoges à des papes. • VoLf . — A la tn d*ua discours coniit Verres, Ciçéron s'écrie : « Uwk quoi! me dira4>on, V«>u)ec-vou8 donc tow clnr* gerdufkideau de tant d'inimitiés t.... fit pouf» quoi eraindnis-Je d'avoir pour éHnemit déekanSk ceux qui sont secrètement mes envievx, cèirit qui , par la différence des intérêts et dw pris* cipes, dont nécessairement mes adioertnéreè f * Lab. c m. de La Chaussée et If . de La ^aye m faisaient d^antant moins de peine d'entrer en lice Contre Lamotte, qu'ils nlavaient point à craindre de voir se transformer en eimemi uk adrertoite dont l'amitié leur était précieuse* » D'AL.
Ifàis ùêee^ta6re et antoigonitte , si faciles à distinguer d'ennemi, ont entre eux la plus grande ressemblance.
Adver%aire est le latin aéoerimriue, et «nf*gfonttfé le grec ivxoYWviTr^ç. D'où il suit que l'un se dit plutôt par rapport k des démMée, A (les difftrends, e'est^à-dire à des dieeussieiis d'intérêts; et l'autre par rapport à des dispute», à des controverses , c'est-à-dire à des discussio» d'opinions. Dans un procès on a telle personne pour eidtJcrwiire; quand on soutient une dootrine ou qu'on réfute un système , on a telle per*sonne pour arOttgohiste, Des adrertrtit^* s'eibrcentdeiaire prévaloir leurs prétentions, leuis titres; et des antagonietee , leurs pensées , leur manière de toir. tJn uâcereaire est «n eomp*titeur , un émule; un dniu^ontite est un contradicteur , un partisan d'idées différentes.
« Nous jugeons éqnjjtablement de tout oe qui est au-dessus ou au-dessous de nous; mais de ceux que la oonourrence noua suscite pour «4oersairef , nous en jugeons d'une manière à faire pitié. » Bovnn. « J'avoue que nos titres (dans en procès) sont faux et que ceux de nos odvefenireff sont authentiques. » Volt. « Mercsi fut tué*.». Ce digne aévertaire de Turenne et d'BnghieQ les tint en éobec tant qu'il vécut. » Mabic. Soai^ ron dit des eompagnons d'Ënée qui se disputent le pri| de la course sur mer :
Déjà ces aaris ndvtnmnt VoyaSeat qu'ils approchaient le but.
^ « Gaméade fat l'itnkigfontsf e déclaré des stoïciens. • RoLL. « Dans -le Ih'olojjfve mr Xékh qtienee attribué à Tacite, Aper est l'anta^omsle des anciens. » La». « C'étaient des philosophes qui commençaient à disputer.... Là -dessus , comme si l'abbé eût dit une impertinence , son anfogonf'He lui rit au nez. > Les. s M. de Voltaire et H. de Fonoemagne ont donné au monde littéraire un de ces eiemples de politesse dans la dispute (sur le Tsslament politique de Richelieu), qui ne sont pas toujours imitée par les écrivains. Ces égards et cette décence* conviennent également aux deux antagonittee, » Volt. Toutefois 4ideerfatfe, qui a une plus gmnde étendue de signification, se prend bien aussi théoriquement, comme antagoniste; mais il est plus commun, et ne se dit pas d'an personntge aussi considérable. « Un bon livre fait bien pins sûrement son effet que la dispute sur less gens entêtés, parce qu'alors ils ne rougissent point d'être subjugués par la raison supérieure d'un
DEUXIËMfi PARTIE
antagoniste, > Volt. Voltaire était l'antagoniste de Crébillon (d'Al.). Sylyestra de Priène était le grand antagoniste de Luther (Boss.)- D'Alembert appelle le grand Bossuet Tillustre antagoniste de Fénelon dans la querelle du quiétisme. « Qu'a Hait un des antagonistes de TEncyclopédie? Il a prétendu que.... Ce n'est pas TEncyclopédie , c'est son ridicule adversaire qui accusa saint Augustin d'inconséquence. > D'Al.
En parlant de Dieu , et dans le langage des sciences, on se sert plutôt d'anto^onûte, à cause de sa noblesse, même alors que , pour le sens , adversaire semblerait devoir être préféré. « L'Etre étemel ne peut avoir d'antagonists qui l'arrête. > Volt. La force centrifuge a pour antagoniste la force centripète (In ).
ENQUÉRIR (S'). S'INFORMER. Agir pour se procurer la coniiaissance de quelque chose.
S'enquérir vient du latin inquirere , recherdier avec soin , chercher à déceuvrir. S^informer c'est prendre des informations , demander des nouvelles, chercher simplement à apprendre. Donc , s'enquérir dit plus que s'informer»
On s* informe en passant, sans grande ardeur, par bienséance, par pure curiosité, sans être bien intéressé à savoir, et de choses aisées à contiaître. C'est ainsi qu'on s'informe des nouvelles de quelqu'un (Sév. , Vol.), de l'état de^a santé (Lbs). < Un homme du monde passe sa .yie à de frivoles amusements , à s'informer de ce^ui se dit et à contrôler ce qui se fait. > BouriS. < A peine ai-je eu le paquet dans les mains que, sans payer le port, sans m'ei^ informer, je suis sorti comme un étourdi. « J. J. -* Au contraire, on fenquiert avec diligence, empressement, examen, de choses dont la connaissance importe beaucoup et n'est pas facile à acquérir. On s'enquiert d'une personne qu'on doit épouser (Boil.) ; des parents s'enqutèrent de la conduite d'u|i enfiant. « Enquéref-wms diligemment des Ecritures. » Fén. « Louis XI ^enquit avec grand soin de ceux qui l'avaient ôté de la fenêtre, et le» chassa tous. » Boss. a Saint Paul défend de ï enquérir scrupuleusement si une viande a été immolée ou non. » Id. « Les gens de Dan, sachant que la Hichas avait chez elle un prêtre, un voyant, un devin, un rhoé , fenquirent de lui si leur voyage serait heureux, s'il y aurait quelque bon coup à faire.» Volt. < Lorsque Tarquin voulut bâtir le Capitole, il trouva que la place la plus convenable était occupée par les statues de beaucoup d'autres divinités : il s'enquit par la science , qu'il avait dans les augures, si elles voudraient céder leur place à Jupiter. » Montbsq.
<e J'aime , me dit Aurore, un jeune cavalier, nommé don Luis Pacheco. J'ignore de quel caractère il est. C'est de quoi je voudrais bien être instruite. J'aurais besoin d'un honune qui s'enquît soigneusement de ses mœurs, et qui m'en rendit un compte fidèle. Je lais choix de vous.... La demeure d'un cavalier tel que don Luis ne fut pas difficile à découvrir. Je mHnformai de lui dans le voisinage, v Les.
V ENTENDEMENT, INTELLIGENCE, tONCEP- TÏON; -- 2» RAISON, JUGEMENT, SENS, BON SERS; — 3- ESPRIT, GÉNIE. Dana le sens absolu
et philosophique, ces mots expriment les facultés de notre &me auxquelles se rapportent nos opèntiens mentales. Dans le sens relatif et commua. ils désignent des qualités dont chaque homme possède plus ou moins, ce qui l'élève plus n moins au-dessus des animaux; car, c'est quand une personne' a quelqu'une de ces qualités i un degré éminent, qu'on dit d'elle qu'elle n'est pas b^ ou qu'elle n'est pas une h Me.
Hais tous ces mots se ramenant aisémest i trois chefs. D'abord , il y a une différence assez graqde entre l'entendement , VinteUigenes et k conception d'une part, et la raison, lé jugemesi. le sens et le hon sens d'autre part. Les premières de ces facultés, nos facultés intellectuelles, on: rapport à l'instruction : par elles nous comprenons. Les autres, nos facultés rationnelle etjaà!claire, ont rapport aux affaires et à la pratiqct par elles nous déterminons ce qu'il faut croire, ei ce qu'il faut faire, nous pensons et nous agisses^ droitement; aussi emportent-elles nécessairanect l'idée de rectitude : une raison droite, un jv^ ment ou un sens droit; elles supposent des règle: auxquelles on se conforme. — Sans entendent»^, sans intelligence et sans coneeptiofi , on a pra d*aptitude pour apprendre , on a besoin de beiu> coup d'explications ou d'éclaircissements. Qmon manque de raison, de jugement, de *«w os de hon sens , c'est un défaut tout autrement ^fs pour les conséquences ; on est incapable de §< bien conduire, on a besoin de conseUs, on i» prend pas soin ou on a'a pas le talent de réglff ses croyances et ses démarches, de décider ce qui convient et ce qui ne convient pas, d'apercevoir et de balancer les avantages et les inoonT*nients des choses, de prévoir les fautes ij«* ter, de calculer les. meilleurs partis i prendre. Avec beaucoup d'entendement, d'inietiigince et de conception, on parvient & savoir beaucoup, s réussir, par exemple, dans l'étude des sciences. Avec beaucoup de raison, de jugement, de f^^ et de hon sens , on a l'avantage de la solidité e. de la sagesse , on pense sainement et on a^ comme il faut. -^ Les animaux ne sont pas totalement dépourvus d'enlendemenl, d'tnleUtje*»« " de conception : ils se font certaines idées des cûoses ; ils paraissent comprendre jusqu'à un ceru^n point les leçons de la nature et les nôtres. **» ils n'ont absolument ni raison, ni jugeneni^^ sens, ni hon sens; car n'ayant ni règles à suirre, ni conduite à tenir, ils ne réfléchissent pas, |» ne savent pas prévenir et éviter les excte, n'examinent pas les rapports de leurs pçnf*^ de leurs actions avec des règles ou des loap^ mitives. — Enfin , les enfants donnent de trejbonne heure des preuves d'ert^e*"**"**"?» f**^ Ugenu et de conception; la raison, le PHf*^' le sens et le hon sens ne se montrent (jue P tard, ils sont plutôt l'apanage de l'Age, de lepérience et de la réflexion. . i
Quant à l'«*pril et au génie .'ce sont des facw tés productrices. Avec de Vesprit et àng^^^'^^^ se fait remarquer par ses œuvres, on ^!^\^^ compose : un trait d'esprit, un trait de »«•»'' dit de VespHt et du génie qu'ils sont (eco^'^' inventifs.
STNONYMES A RADICAUX DIVERS.
^n enfant a de Yentendement^ de Yinlelligince et ^0 la eoneeptian; on peraoïmage grave et éclairé, uim homme de bon conseil, a de la ration, dnjuge^ «i^9tt, dn seru ou du ban ont; un auteur ou un artiste a de Yesprit ou du génie. -^ Avec peu d'efitendement, d'intelligence et de conception ^ on est borné; avec peu de raison, de jugement, de tens et de bon sent, on est un esprit faux, ou bien une tête légère et sans cerrelle , on est presque absurde et extravagant ; avec peu à'esprit ou de génie, on est stérile , sans originalité, presque incapable de rien tirer de son propre fonda, en un mot un pauvre esprit.
Notre faculté générale de connaître a reçu différents noms. La plupart des philosophes, surtout dans les temps modernes , lui ont donné celui d'efOendement ou dHnteUigenee : c'est que, préoccupés de U question de l'origine des idées , ils n'ont guère considéré notre &me , sous le rapport de la connaissance, que comme s'instruiaant , comme recevant les manifestations des choses et recueillant des idées. D'autres ont préféré le mot de raison : ils ont appliqué au tout le nom de la partie la plus excellente , c'est-à-dire da la foculté qui nous guide, nous indique la bonne voie, nous empêche de nous égarer, et nous met en communication avec Dieu par les règles immuables du vrai, du bien et du beau. Hais , dans le monde , c'est le mot etpril qui a prévalu, parce que la faculté mentale qui frappe le plus le commun des homnes, c'est celle qui se produit par des effets , par des œuvres , dans les sciences, dans les arts, dans les lettres ou dans le discours.
I* Entendement, intelligence, conception. Faculté ou qualité qui nous rend capables d'instruction , qui fait que nous comprenons ou saisissons les objets, ce qui nous est soumis, exposé» enseigné.
Vais, d'abord, entendement et inteUigenee ont beaucoup de ressemblance entre eux, et diifènox notablement de concepttbti ; ils sont plutôt absolus que relatifs; ce sont plutôt des termes de philosophie : Yentendement hmadÂn, Yintelligence humaine. Voici ce qui les distingue l'un de l'autre.
Par Yintelligence , nous connaissons d'une xnaaière active; par Yentendement, d'une manière passive. Vintelligence saisit, perçoit; ce mot rient d'inteUigentia, qui, comme «nfeUtgem, marque Y actif, une faculté. V entendement répond à inteUecttus , qui marque le passif, ime capacité. Et pour nous servir de termes scolastiques, Yintelligence est l'intellect agent, et l'eiitendemeni l'intellect patient. Vintelligence est eonune la vue, et dans la vue il y a quelque ebose qui part de nous , qui exprime notre activité. C'est nous qui voyons l'objet , et nous pourrions ne pas le voir, en n'ouvrant pas les yeux, ou même, ayant les yeux ouverts, en ne le regardant pas. Ventendevient est comme l'oreille qui , pour entendre,- n'a besoin que d'être ouverte, et non pas d'aller au-devant des choses à oour naître.
Gonfbrmément à cette différence , on dit l'œil ou les yeux de YinteUigencs , la prise , l'action ,
l'opératfon, le développement, la subtilité, l'effort , la portée , les découvertes de Yintelligence. c Vous devez à mon cher oncle l'abbé toute ma gaieté, ma vivacité, le don que j'avais de vous bien entendre , Yintelligence qui me faisait comprendre ce que vous aviez dit , et deviner ce que vous alliez dire. » Sév. < Nous ne sommes capables d'entendre Dieu que par une entière cessation de toute notre intelligence.... Tout l'effort que nous liaisons de nous-mêmes pour connaître Dieu, toute notre activité et notre pénétration naturelle ne sert qu'à obscurcir et confondre notre intelligence. » Boss. « Comment l'homme connatt-il, par l'effort de son inteUigenee, les branles internes et secrets des animaux ? * Mon* TAiGN. c Je vois ce maître du monde par les yeux de mon intelligence, > Volt. On ne peut, au contraire, se servir d'entendement que dans des phrases telles que celles-ci : les idées s'introduisent, entrent, sont reçues dans Yentendement; les objets , les vérités se présentent à Yentendement, remplissent l'entendement (Boss.); les idées, selon Platon, résident dans Yentendement divin (FÉN.); enrichir son entendement de connaissances (Boss.); 1m lumières dont la foi éclaire nos entendements (Boss.) ; la science est la lumière de l'entendement (In.).
VinUlligence est véritablement une foculté, et comme un ouvrier qui a des instruments. « Pour apprendre à penser, il faut exercer nos membres, nos sens, nos organes, qui sont les instruments de notre intelligence. » J. J. L'entendement est une capacité , un contenant , un réceptacle où les choses arrivent par des portes : c Les sens sont les portes de Yentendement. » Volt. « Au dernier moment, tous nos sens sont flétris, toutes les portes de notre entendement fermées. » In. « Il aurait mieux valu crever les deux yeux aux hommes que de leur boucher Yentendement. > In. « Tout ce qui entre dans Yentendement humain y vient par les sens. » J. J. « Quand on a une foi» Yentendement ouvert par l'habitude de réfléchiiV". » ID- « J*" *u*^* d'esprit qu'un autre dans l'entendement. » Las. * <■
Vintelligence est vive, active, rapide, pénétrante. VenUndement peut être dit seulement euvert ou bouché (J. J.) , large ou étroit.
En philosophie, l'f nteWi^ence est aussi plutôt considérée comme un instrument actif qui produit certains effets qu'on peut étudier; Yentendement est plutôt regardé comme un objet ayant des propriétés, et qu'on peut décomposer dans ses éléments. On observe les phénomènes da Yintelligence; on «ait l'analyse de Yentendement humain, on cherche à connaître sa nature, sa constitution. Et ce qui confirme bien la distinction établie entre ces deux mots, c'est que dans les ouvrages de philosophie, dans ceux, par exemple, de Locke, de Condillac et de Maiebranche, où on traite de notre faculté de connaître sous le nom d'entendement, la connaissance est plutôt présentée comme une modidcation que comme le résultat de l'action de notre âme. L'homme y apparaît comme simple auditeur, comme l'écoUer passif de la nature ou de Dieu.
La conception a plus de rapport avec 1 mtetti-