DEUXIÈME PARTIE
dont la consistance est trop faible pour qu'ils soient solides : Tin épais ^ sirop épais ^ une épaisse fumée, un brouillard épais y un nuage épais, un air épais ^ une atmosphère épaisse. Lorsqu'il s'applique aux solides , épais n'est plus synonyme des deux autres mots, il n'est plus opposé à rare , à lâche , mais à mince.
Dense sert à qualifier les choses tellement épaisses , qu'entre leurs parties , ou plutôt leurs particules, leurs molécules, leurs atomes, ne subsistent plus d'intenralles ou de vides, mais seulement des pores. Aussi est-il le seul mot qui couTienne à l'égard des corps solides. La terre est plus dense que le soleil (Yolt.). Plus les pierres sont denteg, plus il faut de temps pour les convertir en chaux (Buff.). Le fer, quoique trèsdur, n'est pas fort dense (Id.). L'or est le plus pesant et par conséquent le plus dense des métaux (Id.). Le verre, quoique transparent, ne laisse pas d'être dense et pesant (Id.).
Compacte, de compingere , assembler, unir ensemble , ajoute à l'idée commune celle de la liaison, delà cohésion des parties. «Quoique l'or soit le plus compacte et le plus tenace des métaux , il n'est néanmoins que peu élastique et peu sonore. » Buff. « Un caillou est un assemblage de parties homogènes dont résulte une masse souvent inébranlable au marteau. Quelle force avait joint ces petits cristaux ? d'où résultait ce corps si dur ? Est-ce l'attraction qui rendait toutes ses parties si unies entre elles et si compactes? »Volt. c La matière de la lune est environ un cinquième plus dense , plus compacte que celle de la terre. » In. c L'or, ce corps si dense et si compacte, contient peut-être encore plus de vide que de plein » Buff. Compacte est opposé, non pas seulement à rare , mais à tendre , à mou , à friable. « Dans toutes les collines et montagnes calcaires, les lits supérieurs sont les moins compactes et les plus tendres. > Buff. « Terre compacte ou molle.» Volt. «Terre compacte ou friable. » lo.
ÉPANGHEMENT, EFFUSION. Flux, mouvement ou transport d'un liquide hors de ce qui le contient. Ils se disent aussi l'un et l'autre au figuré, dans un sens analogue : épanehement ou effusion de cœur, de joie, de tendresse, de sensibilité.
Au propre , ils ne sont pas véritablement synonymes. Epanehement n'est usité qu'en termes de médecine pour marquer l'extravasation de quelque humeur dans une partie du corps qui n'est pas destinée à la contenir : épanehement de bile ou de sang. Mais jamais ce mot ne sigmfie un écoulement hors du corps, et c'est précisément ce qu'exprime, en parlant du corps, le mot effusion : effusion de larmes ou de sang.
Au figuré , la différence se déduit de l'étymologie. Épancher, c'est verser en penchant ou en inclinant le vase, doucement, goutte à goutte. Effïision, du latin effundere, répandre, emporte l'idée d'abondance, de profusion, de force. L'^panchement est modéré, naturel, sans efibrt; V effusion est brusque , impétueuse , pleine , sans réserve. Épanehement suppose des sentiments doux , qui découlent, pour ainsi dire, avec calme et sans secousse; effusion indique des passions violentes qui éclatent , qui font explosion.
Il y a épanehement de cœur entre deux amis qui se content leurs peines avec une aorte de laisseraller. «Tu n'as plus pour moi ces ^ponchements de cœur, ces manières libres qui font le charme des liaisons. » Les. « Si on n'a guère de pensées secrètes pour ses amis, c'est que leur communication est un épan^iemetU naturel qui est un des plaisirs de l'amitié. » Lah. « Louise, dans Vépanehement de son ftme , confiait à soo bon curé le récit de son aventure. > Mjlbx- « Cette confidence intime du sentiment le plus cher, ce tendre épanehement qu'il était permis de donner à ses désirs.... » In. « Dans les plus doux épanehements de son cœur, je la voyais je ter sur le jeune honune un coup d'œil à û dérobée. » J. J. — Il y a effution de cœur dans uo moment de transport , de ravissement ou de passion. « La réponse d'Aménaîde à Argire (dans Tancrède) est la plus rapide effusion d'un cœur surchargé, qui cède au besoin de se répandre.» Lah. «Les Méditations sur VEvangile, de Bossuet n'ont pas moins d'onction, d'enthousiasme et à'effusion de cœur que les lettres du tendre Fénelon. » Id.^« Dans queU termes, avec quelle effusion , Orosmane avoue tout le plaisir qu'il sest à complaire à ce qu'il aime 1 » Id. « Tantôt c'étaient des marques d'amitié, des caresses et une effusion de cœur sans borne et sans fin; tantôt des reproches , des menaces et des emportements furieux. » Roll. «Nul triomphe n'approche de ces acclamations qui partent du cœur, et qat en sont une vive et sincère effusion. » Id. « Disons, avec une pleine effusion de cœur, enec.atant en reconnaissance et en action de grâces,. e psaume en. » Boss.
Ce qui est épanehement dans la conversaUon dans la comédie , dans l'élégie ou dans les écnU en général , devient «//««ton dans la tragédie et dans le discours oratoire , où U y a toujours quelque véhémence. — a Ce psaume n'est qu «w épanehement continuel d'admiration et de reconnaissance envers le créateur. » Lah. « La harangue pour Marcellus ne s'annonce que comme ifffusion de la reconnaissance et de l'admiratioa publique pour la clémence de César. • Majim.*
Il faut que je l'embrasse , cl qu'un ^p««*«««"'
De joie et de tendresse.... .
(Crispin à Lisette dans le Légataire.) ^^'^^ « Voyez dans Hermione ce passage si prompt ^| effusions de la joie aux transports de "/^[J; ' Lah. -« Tout cet épanehement de bonté nai« de sensibiUlé innocente (dans une pièce uc^ daine) fait rire et pleurer. » Lab. ".^ j^-,jj un trait de sentiment que cette dernière pn^^ un mouvement admirable, digne de ^"°*V^.« jg effusion de sensibUité (péroraison d'un ^^ ^ l'abbé Poule). . Id. - Un témoignage owj^^^ de douleur est un épanehement °* j^^ge (Plécb.); c'en est une effusion, si ce ^^^^^ est éclaUnt : « Angélique ne mit pl^s a à V effusion de sa douleur. » Mark. ^-^
Les idées de l'esprit en sortent par ud ^^ à'épanchement; les sentiments, ou idj«u^ ^,^ les passions de l'âme, en jai"!*^^] ^^ ^ieiii échappent par une espèce d'e/Tw^^* gonTÎ^it naturel du style de Montaigneet d'Amy»
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
dans le libre épanehevMnt des pensées d'un philosophe. * IIaiim. « Le langage de rhomme qi]i ne parle que pour exprimer ce qu'il sent n'est que Veffuiion ou Texplosion de son Ame. »
De plus, épancher j c'est non-seulement verser doucement , mais encore presque toujours verser d'un vase dans un autre , au lieu que le mot e/fulion ne signifie que l'action de répandre, de mettre dehors, sans indiquer ce que devient la chose répandue :. c*est pourquoi épanchement donne souvent l'idée de communication , de chose donnée et reçue, à la différence d,* effusion^ qui désigne on simple développement. Un épanohement on des ipanchementi de cœur impliquent presque toujours des discours tenus, des secrets confiés; une effusion de coeur est un mouvement de tendresse. Dans un épanehement de cœur, on dit telle chose ; et on dit ou on fait telle chose avec effusion de cœur. Cela est si vrai, qu'épanchement seul signifie confidence. « Louis XIII avait besoin d*un confident qui lui dit du mal de Richelieu, et avec lequel il pût s'en plaindre. Cet ^nehment faisait diversion à ses chagrins. » QoND. « Quand on sent vraiment que le cœur parle, le nôtre s'ouvre pour recevoir ses épanchtments. > J. J. « Une confiance mutuelle mêlera ses épanchements aux charmes de nos entretiens. B Mark.
Des épanchements de cœur instruisent. « Alors il me faisait des épanchements de cœur qui servaient à mlnitier dans les sacrés mystères de la maltôte. > Les. Une effusion de cœur touche, tait plaisir. « Bienfaits versés avec effusion de cœnr. > J. J. c Notre bon roi Henri IV jouit, sans être connu , chez le paysan Michaut , d'un hommage qui était V effusion du cœur. » Lah.
Les épanchements de l'amitié sont les confidences que les aniis se font dans Tintimité ; les effusions de l'amitié , ou mieux des effusions d'amitié, sont les élans, les transports par lesquels l'amitié s'exprime.
BUtAirr , YAGABOND. Qui va çà et là , sans demeure fixe ou chemin certain.
Errant est relatif, et vagabond absolu. Celui qui est errant s'éloigne du lieu où naturellement il devrait être , du chemin qu'il devrait tenir , du but qu'il se propose : c'est ainsi qu'au figuré «rrer rappelle l'idée de la vérité dont on s'écarte, fa^abond est dépourvu d'un pareil accessoire : il exprime d'une manière toute générale et si^ns rapport à ce qu'on a quitté , l'action de rôder , d'aller à l'aventure. « Ulysse, toujours éloigné de sa patrie, est toujours errant et contrarié dans son retour. > Fén. Didon, désespérée du départ d'Ênée , court vagabonde dans toute la ville , sans savoir où elle va et ce qu'elle fait. « Sans boussole, vous errex; au gré des vents, vous vaguex. Un esprit errant se trompe; les hérétiques sont appelés des brebis errantes. Une imagination vagabonde est volage, instable , sans arrêt, sans frein , se promène incessamment d'objets en objets. C'est pour exprimer ce jeu capri.. eieux de l'imagination que Bossuet a ^employé au figuré le verbe vckguer: r Le juge qui se présente 4 vous par coutume et par bienséance laisse va-
quer 9B$ pensées sans qua vos discours arrêtent son esprit distrait. »
On est errant loin de sa patrie ou de son habitation, c La fortune tenait Télémaque errant dans tous les pays loin d'Ithaque. » F^n. Les villes de la grande Grèce furent fondées pour la plupart par des Grecs «rranCs (In.). «Les Juifs sont encore aujourd'hui errante, fugitifs, méprisés. » Mass. « Albéroni , chassé d'Espagne , fut réduit , en Italie, à se tenir longtemps errant et caché. » S. S. Tel fut , chez nous , le sort des Girondins à l'époque de la Terreur. « Les prêtres , pasteurs zélés de ce troupeau affligé, vivaient en Angleterre, pauvres, errants, travestis. » Boss. « Le séjour de leur presbytère devient insupportable à certains prêtres : ils sont sans cesse errants pour dissiper leur ennui. * Mass. — Mais on appelle vagabonds les gens qui courent le pays , sans avoir ni feu ni lieu : tels sont les mendiants ; tels étaient les condottieri en Italie ; ils composaient des armées vagabondes (Volt.). Bossuet appelle les oiseaux les familles les plus vagabondes du monde, et dit des Scythes : « Ces peuples vagabonds erraient de çà et de là sur des chariots , sans avoir de demeure fix9, » Et ailleurs: « Les Scythes vagabonds traînaient sur des chariots leurs familles toujours ambulantes. »
Ensuite , vagabond est absolu dans un autre sens : il est comme le superlatif d^errant. C'est pourquoi on trouve souvent dans nos meilleurs écrivains ces deux' mots ainsi joints : errant et vagabond (Boss. , Fin. , Rac. y Bvff. , Montbsq.» Volt., Mass.). Errant ne donne l'idée que de deux choses, d'un chemin ou d'un lieu où on était ou bien où on devrait être, et d'un autre où on est; vagabond fait concevoir bien des chemins , bien des lieux. D'abord , on s'éloigne du bon chemin ou de sa résidence, on est errant; ensuite, ne sachant plus où aller , on tente toutes les voies , tous les lieux , sans s'arrêter nulle part , on est vagabond, « Un criminel s'étant échappé , se fie à peine à soi-même : fugitif, errant ^ vagabond, il croit que tout ce qui luit le décèle.» Boss. « Sans la soumission au prince , nulle union ; les peuples errent vagabonds comme un troupeau dispersé.» lo. Les chevaliers errants, les peuples errants habitaient et quittaient successivement différents lieux ; ils n'erratmf pas sans mesure , ou n'étaient pas vagabonds comme les condottieri et les Scythes, qui étaient, pour ainsi dire, toujours en course et ne s'arrêtaient jamais.
ESCALIER , DEGRÉ , MONTÉE. Partie d'un bâtiment'qui sert à monter et à descendre.
Escalier est le mot ordinaire , celui de l'architecture et du langage commun. Degré et mont^y quoique bien plus rarement employés , ont chacun sa nuance propre , qui en rend l'usage nécessaire dans certains cas , et qu'il importe de connaître quand on tient à bien parler sa langue.
Le degré est un escalier distingué : il ait partie d'un édifice, d'un temple, d'un palais, d'un cb&teau, ou le précède à découvert et en amphithéâtre. Entre le degré et Yescalier se trouve par conséquent la même différence de noblesse qu'entre les degrés et les marches (voy. Degré ^ marche). On dit le grand degré du palais (Acad.),
DEUXIÈME PAKTIB :
et an doit 4ir« te 4^p4 Au PtotMon, te de^é de la Madeleine , etc. « On moate à ce temple (ie CapUole) per un de^ré de cent merchee très-largee. » RoLL. lime de Sé?igné» dépeignant les beauté» du château de Grignan, écrit: «Ce viteia iNyr^ par où Von BBOOtait dans la seconde oour eet entièrement renversé , et &H place ati plus agréable qu'on puisse imagiasr.» Elte écrit des Bocbers à sa fille : « J^Toudrais que tous ensMes i Gfignan une aussi belte ailée; j'irai tantôt au bout de la grande allée voir FUoii qui y fait un beau dê^é de gazon ptmr descendre à la porte qui va dans te grand chemin. » De son cdté , La^ fontaine dit dans une description des merteilles des jardin^ de Versailles :
Au bas de ce degré, Latone et set Janeaiix De gens durs et groi^ers root de vils animiMi.,..
Ailleurs , le même écrivain , signalant ce qu'il y a de plus remarquable dans le château de Ricbe- Ifeu, s'arrête particulièrement à un grand degré de marbre jaspé, au bas duquel étaient deux etatues d'esclaves, l'une d'un côté du vestibule, l'autre de l'autre. « Mme la princesse de Conti logeait en haut au château. Le roi l'alfa Toir. Le dèfiFre' était incommode ; il le fit rompre et en fit un grand et commode. » S. &.
La montée est tout le contraire du éiefffé, un fOtàt escalier dans u&e maieett de peu de valeur «t conduisant à un taudis, à un logement de gens pauvres ou qui vivent dans la eraese. « Le roi et la reine (d'Espagne) montèrent u& degré de bois.... Il était en dehors appuyé contre le pifi^n, €t en l'air comme la mofOéê d'un paysan dans son village. » S. S. La femme avare , dont Beilsau a fait la peinture dans sa x* satire, n'habitait point un palais; aussi te po€to dit«-il : Itenx servames déjà , largement soufltetées , Avalent i coeps de pieds descendu les moneéet.
De même , pour monter à la chambre occupée par tes fiimmes de mauvaise vte chez leequeltes Régnier se rendit un jour,
La mimiév était tofle et de fAchenx accès.
nCLAVE, CAPTIF, PRfSOHNlEil. L'efdove, le wptif et te prtfonmer ont cète de coimmin qu'ils Be sont pas Hbres»
h9 mot eêckiije est absolu; les deux autms sont nlatrfs. Vesckfte n'a point de liberté ; le captif et le pmonnier ont perdu la leur. On considère l'état de Vetclone en lui*roême , et celui du captif, comme celui du prisonnier y par rapport au fait qui Ta produit. Aubsr peut'^on bien éXneedate totontairement , et c'est ainsi que ce mot s'entend d'ordinaire au figuré ; au Iteu que te captif (de diper^ , prendre) et te prieonnier (qui a été pris) subissent toujours une situation où ils ont été mte malgré eux.
Atant absolu , esclave indique une priratton de Ubarté plus complète, un éut constant eu égard i l'avenir comme au passé. Quoiqift Yeselam panse être affranchi , le oapUf est plus sûr d'être renvoyé ou racheté, et le prisonnier délivré , re* lâebé, échangé ou rendu. Ensuite, Vesclawige est la privation d'une liberté plue essentielle. L'etc2a«e ne s'appartient pas, n'est pas une personne, se possède auoun droit civil; il a un ailtn qui dispose de bil absolument comme
d'une diose, qui en lait un instnment JeU&vail, une sorte de bdte de somme. Le coplifetle pmonnter r outre qu'îte ne le sont que momeatanément, n'ont pente que te libené aatorelle, celle qui consiste à aller ici ou là : au lieu de maints , ite ont des gardes.
César, car le destin , que dans teafen Je briTe, Ue Ml la prisonnière y et non pas ton mUh^ Bt ta ne prétends pas qa'fl m'abatle te cttsr Jusqu'à le reodm bomnage, et le nesnerMl» foear ; ^ (ComéUe à César.) Csn.
Autrefois , on faisait eedaves les prûonatiri de guerre (Volt. , Roll.). Les Hébreux furent eieJsves en Egypte (Bouan.) , et captifs à Babjlooe
(ROtL.).
Quant à capltf et à j^rtroimief , ils ont d'iM une différence évidente. Le captif est dans Tètit d'un homme pris ; en ne le laisse pas aller : le! est Télémaque dans 111e de Calypso (Fén.). Le prtsenaier est en prteoQ, sous les verrons, enfermé entre quatre murailles, en un mot, tant plus étroitement. « Régulus prisonnier à Carthage, ce sera saint Louis cc^t/à la HaMoure.» Volt. Charles Xll , Pèfogiè en Turquie après h bataille de Pùltava, n'éuit en effet qu'un avptil honorablement traité (In.). Mais s'étaot di* fendu avec fureur eotftre tes troupes qui voubiest le forcer à retounaer an Suède , il fut bit priâtnier (Id.).
Cepenéast, Imsqtie captif et pHtamUfrà^' gueirt da» bomiBes prie en combattant, j^mosnier ne garde pas sa signification rigoumis, et la distinction devient difficile.
Captif e%i un adjectif; il marque un étti M êonnier est un substantif; il dénomme. Un ni; un peuple captif; tes femmes captives. Après une bataille , on compte les morts , les blesséi et te prieonniiri, «Cyrus, dans une bataille cootre les Scythes, fit un grand nomhve déprisoMOru Le fite de la reine Thomyris, que Cyrus avsit nfusé de rendre A sa mère, ne pouvant souffrir « se voir captifs se donna te mortr * Roll. « Dam ce triomphe , en Toyait le Rhin , te Bhàw et l'Océan captifs représentés en or. Un grand nomtw de prisofuiterf précédaient le char. » te. « 1^^' caprtT(Oui de Lusignan) fut étonné d'être traite par Saladin comme aujourd'hui les pnwe»«w de guerre te sont par tes généraux les plos oa* mains. » Volt. • «n -
Que si OD emploie captif et P^^^^,!!^ deux adjectivement ou subsUntiveswnt , d «« toujours entre eux une différence. Captsftif^ un état, et prUonnier un fait. Le P«'»*^!'*fl],J: pris ; -te captif est dans l'éUt qui suit 1«^^^^ pris, c'est-A-dire retenu. Prisonnier à ?»«• FrançoU 1" fut captif A Madrid. « Téléinâqui sy»» fait sur les Dauniens quelques prif^*^'\^, tente prétendit que ces captifs devaient lui iPF tenir. » FAa.
Dans l'Europe moderne, les hommes P^
; presque aussitôt reaàns (^^^ gés , te mot de captif ne trouve guère ^*Pl'^
guerre étant
tion. Mais dans l'antiquité et au moyen âgei tout chea tes musulmans, il y eut toûjouf»
captifs^ c'es^A-dire des V^^^^ ^ST»
retenue plus ou moins longtempit J^
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
qu'on Ttttt ks nch«t«r oa Ias dèUrior de quelque «ntre manière.
Au figuré, eselavê amionec ua dévouement au» bornes» et captif une yioleut» attadie.
ESPÉRER y ATTRNDRB. Ces mots expriment oae certaine dispositioa ou manière d'être de notre esprit par rapport à quelque chose qui doit
Vêtpérancê contient deux faits distincts, lUdée qu'un évéoement arrivera et un sentiment par lequetl nous y aspirons. ïjs premier de ces deux éléxaents , rélément iateUeotnel » se trouve seul dans VaUerUe. Ce que nous tspérans est pour ttmu l'oliiet d'un sombait , nous serions heureux qu'il eût lieu , et VeMpérance même a une douceur qui diminue nos peines et nous coasoie.
Tous les c«Qos trooTont deux le succès qu'ils etpèraU, Goa».
Ce que nous attendons , nous croyons qu'il arri-
vet&, mais nous sommes indifférents à ce qu'il
airive ou n'arrive pas, nous Tenvisageons sans
le désirer ni le craindra. « On est persuadé que
je veux vivre à la cour sans intMt II est juste
de travailler à rempËr cette aUentê, » Fén.--
BMsuet a très-bien marqué cette différence en
diusnt de Louis XJY que , lorsqu'il fut privé de
ses deux grands capitaines , Turenne et Condé ,
«il s'élevs au-dessus de lui-même^ il surpassa
et Vesfiérance des siens , et l'ollento de l'univers. »
Ce qui surpasse notre êspéfomee va au delà de
nos voeux; ce qui surpasse notre aUsiile va au
delà de notre opinion.
Snsoite et en conséqueica , c'est tovgours quelque chose d'heureux , de Êivorahle qu'on es fêre. c Les chrétiens sentent quelquefois du plaisir ou de la joie , lorsqu'ils eip^snl d'être récompensés comme ils le méritent. » Mal. Ce qu'on oUend peut être quelque chose de fâcheux. Becevoir loiU son bien d'od l'on attend ton mal.
HOL
«Us n'ont à attendre que l'enfer ou le néant. » Pisc. « Il attend la fièvre. » Ac/m. -« On espère ua succès, une vistoire ; on attend un événement. m bataille. Ls vrai chrétien «ipère une sainte nort; tout homme en danger de périr attend h mort L'&ne chargé d'épongés ,> s'étant plongé éans l'eau,
L'taier (qal élslt dcesos) l'embnsaall dans V^tmte Ihme prompte et ccMaine mort. Lav.
Infin, quand espérer et attendre se disent l'un et l'autre en parlant de quelque chose de bon ou âfinatageux, comme une i^ompense, espérer «H oemne oiptrer, qui a le même radical : il a on air d'humilité et de soumission qui sent la prière, et a plu lot une fisveur pour objet : on es- ^ de la complaisance de quelqufun qu'il voudn bien laire telle choee (Rac.). iitlendre, au eoDtnire, comme fMr^fidre , qui est de la même iniUe , signifie plutôt une réclamation , une demande, et presque une exigence fondée sur un droit. < La justice que follendf du public.» J. J. I l'année d'Annibal attendait de grandes récompeoaes après la guerre. » Montbsq. Le bien
QD'eD la soccession mes soins pouTafent prétendre^ ft qn le leeisment me domiaîi lieu d'attendre^
— Mepérer va bien dans la bouche d*un inférieur, d'un honuBe faible qui est dans le besoin , d'un coupable : ils aimait à croire , ils ont la douce confiance qu'on voudra bien les aider. Attendre convient seul à un supérieur, à im maître qui peut dire : i^attends beaucoup de vous. « Vous savez ce que Dieu attend de vous , ce qu'en attend l'Église. 9 Mass. Nous espérons de Dieu : il attend de nous. Ua débiteur esp^e une remise *, un créancier attend un payement prompt et exact. Vous espérex un bienrait d'une personne aux bontés de laquelle vous n'avez aucun droit; vous aitendet na service d'une personne que vous avez obligée. — Il suit de là qa' espérer témoigne plus d'incertitude. Ce qu'on espère parait simplement passible , on se promet , on se flatte de Tobienir y on espère même contre toute vraisemblance :
Je n'exasaiaais rien, y espérais rimpoeslble. Rac. Mais on compte sur ce qu'on attend , et on regarderait comme is^usto ou extraordinaire qu'il n'arrivât pas,. On espère la vie éternelle , comme on se promet et comme on se flatte de la gagner ; mais personne ne peut dire qu'il Vaitend, parce que personne ne sait certainement s'il en est digne. — Il suit de là aussi qu'attendre enchérit sur espérer.
Ce Dieu , depuis longtemps rotre unlqae reloge , Oue deviendra l'effet de ses prédîcUons? Qu'il vous donne fie roi promis aux naUons , Gelenlant 4a David , votre «r/wir, votre attente.,.,
(Âtbalie.) Rac
ESTlMEft , (ÉVALUER) , APPRÉCIER , PRISER.
Déterminer la valeur d'une chose.
Estimer, c'est déterminer la valeur intrinsèque, le mérite, l'utilité. Apprécier et priser, c'est déterminer le prix, c'est-à-dire la valeur vénale , ou la valeur dans l'opinion , ce que coûte la chose. En estimant une chose, vous décidez combien elle est bonne * ; en Vappréciant et en la prisant i combien précieuse. On estime une terre en raison de son rapport , un dég&t en raison du donamagt causé; on apprécie ou on fH^ise des marchandises , des bijoux , des objets de mode suivant qu'ils sont plus on moins recherchés. Ofi dit d'une chose excellente , qu'elle est inesHme^U; et d'unes dwse rare, courue , qu'elle est tnappr^ctable.
Apprécier et priser diffèrent aussi l'un de l'autre. Apprécier est formé du latin ad et pretium; priser dériva du français fMno;. En conséquence apprécier exprime une action plus difficile et portant sur des ehoees plus relevées. Tout
4. Estimer ne signifie pas sealement joger combien une chose est bonne ou utile, mais encore Jugw combien elle est grande. Aussi ce mot a du rapport avec évaluer. Mais on estims tout d'un coup, à l'œil , et quelque chose de simple; on évaiue par une opération mathématique, à l'aide du ealenl, et quelque chose de compliqué. Un naqvignen astime )a forée d'un cheval; un ingénieur évalue la force d'un va peur. 41 S'agU-'il de porter un fardeau? L'enfant ne sera-t-il pas forcé d>n estimer le poids à la vue? » ;. J. «Les croisés entrèrent dans GonsUiaUnople et la pillèrent; Nkéus assare qoe le seul bntin des seigneurs de Pranee fot êvalmé deu cent millo Imes d'argeat en p^oôds. » Your.