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DEUXIÈME PARTIE

eL il ne coaTîaat plus aujourd'hui que dans celui i de la plaisanterie. Molière le met dans la bouche de Sotie, Regnard dans celle de Crispin; Scarron l'emploie dans le Roman comique , et Voltaire, dans le conte intitulé Jeannot et Coliru,

Les bons écrivains du xvu* siècle et du zvm* qui l'emploient encore en matières graves sont Labruyère, Bossuet et RolIin.« Mille gensà la cour, y trament leur vie à embrasser, serrer et congratuler ceux qui reçoivent, jusqu'à ce qu'ils y meurent sans rien avoir. sLxBa.c Quand on congratulait Tite d'une conquête si glorieuse : Non, non , disait-il , ce n'est pas moi qui ai dompté les Juifs ; je n'ai fait que prêter mon bras à Dieu.» Boss. « Un jour de fête solennelle, où la prêtresse , mère de Cléobis et Biton , devait aller au temple de Junon , ses bœufs tardant trop à venir, ils se mirent eux-mêmes au joug, et traînèrent le char de leur mère jusqu'au temple. Toutes les mères, ravies en admiration, congratulèrent celle-ci d'avoirmis au monde de tels enfants. » RoLL. — Mais Labruyère, Bossuet et Rollin ne sont pas exempts d'archaïsme , parlent quelquefois latin en français ; et ce n'est point à eux qu'il faut s'en rapporter pour savok si tel mot était encore ou n'était plus en usage de leur temps.

FERMENTATION, EFFERVESCENCE, ÉBULU- TION. Mouvement qui agite les particules d'un corps ou d'un mélange, sinon toi^jours liquide, au moins humide.

Fermentation est le latin fermentum, abréviation de fervimentum , du verbe feroere , être fer^ vent ou chaud. Effervescence a été formé de la préposition e, hors de, et du même verbe. C'est pourquoi l'effervescence y mais non pas Isl fermentation , fait <^ue le corps dégage du gax en s'agitant à la surface.

La fermentation est un travail i&téiî^ar, latent, caché, qui s'opère de lui-même au sein des choses. Il se produit une fermentation dans un tas d'herbes humectées par la pluie (Buff.), et dans les matières propres à alimenter les volcans (Id.). c 11 y avait dans les murailles de Rome une guerre cachée ; c'^ait des feux comme ceux de ces volcans qui sortent silôt que quelque matière vient en augmenter la fèrmentiUion. » MoRTBSQ. Mais un chimiste, dans son laboratoire et mélangeant des substances, vous fera voir des effervescences et s'en servira pour vous faire distinguer les corps. « Le œhorl ne fait point effervescence avec les acides. » Boff. « Mous emploierons, dans l'histoire naturelle des minéraiu, le oaractère de Vefferveeeençe avec les acides. «» Id. « Je voulus faire de Jl'encre de ssrnipathie. Je remplis une bouteille de ohauz vive , d'orpHoent et d'eau , je la bouchai bien. Vtffervetcenoe commença presque à l'instant tiès-vioknmient; la bouteille me sauta au tiia^ comme une bombe«» J. J. Une substance se met en fermentation ^ et non pas en efferveseenee. Et quand Vefferveseenoe naît de la fermêntatùmf ^ce qui arrive quelquefois, c'en est la manifestation par un mouvement extérieor perceptible ou même .par un bmit. — De plus , la fermetUation n'est pas seulement insensible, mais lent»} V^ffènmâinief^M «ontiaiK,

est non - aenlemeni frappante, mais promr;«. « Lorsque les végétaux tombent au fond des eaui, leur substance ne subit qu'une femifiitalioii \tu\i et dont l'effet se borne à la conversion de s-:l huile en bitume , au lieu de perdre ses priDcifts combustibles par une prompte et forte effm^tcenee. » Botf. — Une autre distinction trés-iaportante consiste en ce que fermentation convies: à l'égard des substances organiques, tandis qjt efferveeeenu se dit plutôt des matières iQornn]ques ou minérales. « Toutes les substances Tiçétaies ou animales en fermentation et toutes ies matières minérales en effervescence peuTeot produire également de l'acide méphitique. « Bcrr.

Au figuré , les deux mots se disent d^ine certaine agitation des esprits. Hais la fermeniatm est sourde (Acad.), muette (S. S.); elle se bo.i. au murmure ou 4 la menace (1. J.}; c'est u: simple inquiétude qui va croissant , mais pei r. point sensible d'abord, c Les désordres iocMts blés de la manière de lever les tailles occupie:: d'autant plus le régent , que la fermeifalion d^ venait palpable dans le parlement et oans quelques provinces. » S. S. « A la première ^epr^ senUtion du Devin , j'entendis s'élever dans te loges un murmure de surprise et d'applaudissement. La fervMntatkn crissante alla biectùt 3: point d'être sensible •dans toute l'assemblée.) J. i. Vefferveecence , au contraire, est forte, !«• bite, manifeste d'abord, mais peu durable. Ces un feu de paille. Hfferveseence passagère (JJ. Gom).). Dans un moment é'efferveseenee ;AafiA « Les liommes qui se laissent facilement tmvoir se calment avec la même Cicilité : mais ^ raisonnement froid et sec ne fait pohrt ^'^^ cence, » J. J. « Dans le temps de la plus g«>« effervneenee des querelles de la magistraians du clergé. » Volt. « On le poursuit pir ^ libelles^ on le déchire ; 4aDS cette piûàj^ effervescence. ...» In.

ÉlmUitian, composé de la préposition «,»» de, et de 6uWtre, bouillir, de fruUa, balle, signifie, comme effervescence , un fait apparat, par lequel le liquide agité envoie quelque cho>e hors de lui^ième. Mtie, bien que l'^fl*»****? ait iieu *Tec accompagnement de «fc»***f'*T n'a pas lien comme ViHmUition, par Vm^ de. U chaleur. L'eiu q«i bout sur le fco e* « ébuUétion, « Ces acides ne dissolvent pas le f» muth, même avec le secours de 1* «*»^;' moins quWe ne soit powsée j^>^^J^^ VélndiMm. » BOPF. - D'ailleuw, ^ ^^ se ibrmairt que quand le liquide e^ fort«^ agité, éMHtian « fini par signifier «ne S^ efférveuente, «Ul dissolution du cuivre ï«" » forte se ftOt awc grand mouvameut et forte ^ vmcence , nu Keu q« ks dissolatiow du c«i^ par l'acide iritrioliquB ou par l'awde W^^ font lentttnexa et «ans OmUiHon. • ^^J- Enân, ce que dégnge ^'•/^««««f J^i^ coBDM dans VébuUitimi, une f«^»« """v j^, lui-même, réduHe à l'eut *• v«l»v^'^ gaz d'une nature partionlière. .v^..

ÉlnUlUion ne s'emploie pas en V^^^ prit, comme hes deux autres mets, ^^^^^^^ parce qu'il exprime une elnooittBO^^*'^

SYTiONYMES À KADICAUX DIVERS.

neUe. Mais il se dit «d médecine -d'une éruption ' '8« Fermer est moins riçouretu q\|te clore. Pour

quelconque qui eurr ient par maladie à la peau et qu'une chambre soit fermée , il suffit que les

U eoarre de pustules ou de boutons. « La petite portée et les fenêtres aient cessé d'être ouvertes;

vérole n'était d'abord qu'une faible éruption , pour qu'elle soit cleêe , il faut de plus qu'il n'y

vaeélndliUi^n passagère et sans 4an§eir. » Yolt. ait aux portes et aux ienêtres aucun passade

«/l lai est sorti une ébMition; c'est peut-être la donné à l'air et au froid. Le propriétaire de la

rougeole.» DooBPF. La médecine se sert aussi du maison est obligé de tenir le locataire dos et

mot fermemiaiûm , mais pour indiquer un pbénomsne q/oi se passe au dedans du corps , et non

couvert , c'est-à-dire bien fenàé de toutes parts. ,La nuit close est tout à fait fermée. On ferme un

plvjs à la surfiaee : la ferwietUaHmi des humeurs port avec une •chaîne; et par là l'eau n'est pas (ÂCAD.), du sang (Boss.) , de la bile (Fin.). C'est empêchée d'aller et de venir comme elle le serait uiik.e questiMi si effervescence d'humeurs se dit; ' ' ' '^ '^ '" '^ " " *— ce n'en est pas une s'ii doit m dire , son impropriété le condamne.

ffEBMER, CLaUB. Faire on sorte q«e l'entrée d'une chvsa 6oit«mpêcbée ou rendue impossible.

!• On ferme proprement une porte ou ce qui a une porte, et par conséquent un objet de peu

si le port était dos. Quand on ferme la bouche à quoiqu'un , il ne dit plus rieoi ; quand on la lui c2df , il ne peut plus rien dire , il n'a plus rien & dire. Au figuré, fermer exprime un fait, et clore un acte d'auterité. Mon nom /Senne la liste ; le préfet a clos la liste. Tel discours a fermé la discussion ; le président d'une assemblée clôt la

d* étendue, comme une maison, une botte, une i discussion ou déclare la discussion close.

armoire , m «ecrétaire , une malle , une bourse ,

«a tiroir, un encrier. jCtore, comme dôture, qu'il

sert à foçner et qu'il rappelle , suppose quelque

chose de plus vaste , un terrain , un jardin , un

parc, «ne ville; un dos est un grand espace de

terre fermé dans son circuit. Même différence

entre les composés : on enferme des personnes et

des objets encore plus petits, des habits, de Tar-

gent, des épingles; mais enclore ne Remploie

guère qu'en parlant d'un champ, d'un terrain ou

d'une étendue qu'on enceint.-* «Chaque Germain,

dit Tadte, laisse autour 4e sa maison un petit

terrain ou espace qui est clos et fermé. Tacite

parlait enctement. Car plusieurs lois dee codes

barbares ont des dispositions différentes contre

ceux qui mnersalent cette enceinte, et ceux qui

péndtnient dans la maison même. > Momtesq.

c MaiceUus disait avoir trouvé un bon moyen de

ne pas êtve arrêté par le toI sinistre des oiseaux :

c'éàdt de tenir sa Uliàve bien o2oie et bien fer-

ai^c. » RoLL. Dans ces deux exemples , dore est

féMt à tout le contour de la ohoee, et fermer

Test seulement à la porte.

2* Ce qui est fermé Test dans le moment , car

il est destiné à se fermer et à s'ouvrir alternati-

Tement; mais ce qui est tHos est fermé à jaânis

ou pour longtemps , d'une manière fixe et constante. On ferme en poussant la porte ou en met-

laot i l'entrée quelque chose de mobile ; on clôt

par une^ldltire , par ^fuelque chose d'établi k do-

meare. Un instinct nous porte à fermer et à ou-

nîr à chaque instant les yeux; la mort nous dôt

1« yeax. Wbus ferm€X votre lettre qui doit être

omeite par celui qui la lira; mais ce qui ne doit

FEU, FLAMME. Figurénent et poétiquement, ces deux mots expriment la passion de l'amour.

« Le feu, surtout en poésie , signifie souvent l'amour, et on Templme plus Mégamment au pluriel qu'au singulier. » ¥olt. Flamme , au contraire, se met plus volontiers au singulier. £t s'il faut qu'à mes/eiue j^Ute/Umme réponde , Que fous doit tmpociv WmU le reale du nondef

Moc.

Mais J'ia^Mile bien moins ce bonheur de m^Jlamme A J'ardeur de vesyâuje .qu'aux bontés de vou« âme.

y Qit^ flamme devient voie^mme oidénaire; Thésée en expirant vient de rompre les nœuds Qui faisaient tout le crime et lYiorrear de yos/eiue.

liAC.

Ensuite, le fe% est simplement chaud, il peut couver sous la cendre-, au lieu que la flamme se montre , brille , et se meut ou s'agite. On dit des feux ardents (Fléch.), et une vive flamme (Mol. , J. J.); un feu nous consume (Tolt.)^ nous donnons un témmgnage de notre flamme (Mol.).

Tai repoussé les traits de ma funeste flamme ,• Oui, ee /mt si longtemps dans mon sein renfermé 6'eat avec violenoe anâourd'hui rallumé.

Mais

Malgré l'amour enfin dont je ressens les coups, Massinisse jamais ne sera mon épous.

[Sojfhoaitbe), Voue

Je nourris en secret ley«« qui foe dévore, lo. Je n'ai point , Sophonisbe , exigé de votre ftme Les dehors affectés d'une inutile yfammtf. lo. De 'TOêfeu* devant moi vous étouffiez ]a flamme.

Volt.

G'e^-à-dire vous reteniez l'élan ou la manifesta-

pas Hie lu , c'eet lettre dose. Vous ferme% la . tion du sentiment ^ui vous embrasait à Tintépoite à une personne qui va enlrer , vous lui fer- \ rieur.

SKI U port» au nés ; votre porte est tlose à oer- Par conséquent , flamme renchérit sur feu. La taiaes personnes pour qifi vous voulez qu'elle ; fhsmme est un feu qui éclate. Jeter feu et flamme dsBsnt nbsalument feimée -on interdite. La | (àcAu.). « Huit jours durant ce ne furent que ^QQrsB .d'nne personne éoonome 'est souvent fer- feux et flammes entre les jeunes amants. » Scarr. *k; le Meor de l'avare «eet clos. On ferme un On refiroidit des feux{SÈv.), on éteint une flamme Inre et la main, on ne les cidl pas t ce sont (Acàd.). Bans l'adolescence, le cœur s'ouvre aux cboiaiCiitet pour être, non pas toujours fermées, premiers feus de l'amour (J. J.) ; un amant pas- Qtis tantôt fermées , lantét ouvertes. On dira sionné parle de sa flamme i l'objet qui l'a excitée vinix, danann cas panioulier, qu'une porte est (Mol., Volt.). Mécontent des feux d'Attmène, Bal ffllb^e, et «B parlant en général de ce qui qu'il trouve ^de, Amphitryon lui vante sa pro- Wttthabttttel tm mêàmemo , '^'eBe ^Mt «lal. pra flamme , son extrême tendresse (Mol.}.

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