DEUXIÈME PARTIE
et sourd , et ces petits agréments ne rendent pas un homme excessirement foldire. > Volt.
3* Jovial , gaillard.
Jovial et gaillard appartiennent au style fami lier.
Mais jovial se prend en bonne part ; il se dit d'un bon vivant , d'un Roger Bontemps , d'un bon gros réjoui à face épanouie, sans façon, qui ne voit dans les choses que le côté plaisant, et qui a toujours le mot pour rire. « Ruffin commence à grisonner ; mais il est sain , gai , jovial , familier, indifférent; il rit de tout son cœur, et il rit tout seul et sans sujet. » LâBR. « Coulange était un petit homme fort gros, de physionomie joviale et spirituelle. » S. S. « La physionomie ouverte et joviale de ce pêcheur était l'image de la franchise et de la cord^lité. » Mark.
Gaillard , au contraire , qualifie presque toujours en mal, annonce un garnement ou une égrillarde; c'est une idée de gaieté peu décente ou môme licencieuse, plutôt qu'une idée de bonhomie , qu'il emporte. « La duchesse de Sault est d'une gaillardise qui fait voir qu'elle a passé sa jeunesse à l'église avec sa mère ; ce sont des jeux de main et des gaietés incroyables. » SÉv. c Une fort bonne servante fut mise à la porte pour un mot un peu gaillard qu'elle avait prononcé devant nous*. » J. J. « Ses saillies et ses bons mots étaient un peu trop gaillards. » Les.
Depaii que je suis dans l'emploi , J'ai va l'hjmen traité de gaillarde manière.
(Le Carnaval). Rcgh.
Dieux, disait-il au roi, quelle félicité! Le beau corps ! ..••
De ce gaillard entretien
La reine n'entendit rien. Laf,
GAIN , PROFIT, BÉNÉFICE, ÉMOLUMENT , LU- CRE. Ce qui résulte ou ce qu'on tire de bon d'une chose, d'une affaire, d'une entreprise, d'une industrie , par exemple.
Gain y de l'allemand getoinn^ d'où gewinnen, gagner, acquérir, exprime proprement une augmentation d'avoir. Profit, du latin pro/lcere, être utile, signifie une augmentation de bienêtre. A gain s'attache une idée d'acquisition ou de succès ; à profit une idée de jouissance. Il faut s'occuper du gain d'une bataille , d'un procès , ou du gain des flmes (Mass.), avant de songer aux profits qui en peuvent revenir. L'avare qui veut toujours amasser sans le dessein de jouir, est avide de gain ; l'égoïste , qui aspire toujours à se procurer de nouvelles ressources, de nouveaux moyens de bonheur, est avide de profits. Un grand gain est une grosse somme; un grand profit , un avantage considérable. Avec du gain , vous gagnez au lieu de perdre, vous obtenez quelque chose de nouveau ; avec du profit vous êtes plus à l'aise , vous avez quelque chose qui vous profite y et, comme dit £k)urdaloue, si on aime le profit de L'usure , par exemple , ce n'est pas> parce qu'il est injuste, mais parce qu'il est commode.
Le profit lai semblant (au trafiquant sur mer) une
fort douce chose.
Il risque de nouveau le gain qu'il avait fait. Laf.
«Au lieu de prêter à usure, il faut aider son
concitoyen dans ses besoins , en croyant qu c'est un assez grand gain d'avoir pour proJU sa reconnaissance et la récompense que Dieu donne aux hommes bienfaisants. > Boss. Appliquer un gain au profit, c'est-i-dire au sooligement des pauvres. — En second lieu, (m faitdei gains comme on fait des pertes , c'est-à-dire par hasard, au moins quelquefois ou en partie; au» ce mot se dit surtout en parlant du jeu et du commerce où il y a des risques i courir. Maison tire du profit, c'est-à-dire qu'on le produit par sa seule industrie. Dans le gatfi il y a de la chance ; dans le profit il n'y a que de l'adresse. On fait ou on ne fait pas de gain suivant lesà> constances ; on sait ou on ne sait pas tirer projb ou du profit {profieere signifie aussi avancer, faire des progrès]. — Enfin le gain est un fruit naturel et direct; au lieu que le profit est quel* que chose de détourné et d'accessoire. Les zDa^ chauds font des gains (J. J.), les commissioDnaires des profits {Cojxd.)', on dit le ^ata du jea en parlant des joueurs, et lespfo/Ufdujena parlant des personnes qui donnent à jouer, oo fournissent les cartes. Les profits des domestiques sont de petits avantages qu'ils saveot k procurer outre leurs gages. « Les plus gros gara n'étaient rien (pour les domestiques de Constance), comparés à ce qu'ils appelaient les profits de leur place. » Comd.
Bénéfice, de benefieium, bienfait, signifie la grand profit. On dit plutôt de petits pro^ (AcAD.); et de gros bénéfices (In.), des héiûfui considérables (Bbauk.), immenses (In.). Réciproquement, un profit est an petit hénéfUx. < Vos me faites plaisir en donnant le prodoit de 1 impression de cette tragédie i Lekaio.... ^css pouvez promettre le profit de l'édition de r»erède à Mlle Clairon; ainsi il n'y aura point de jalousie , et Lekain pourra hautement jouir de ce petit bénéfice. » Volt. Les tribunaux ioflifeot des amendes applicables au profit des panmi ou des prisonniers ; les théâtres donnent des représentations au bénéfice de leurs divers a^ teurs. Bénéfice est un terme de jurisprudence, de banque et d'économie politique; on l'emploie en parlant de grandes spéculations , de grandes exploitations et de grandes entreprises. « 0^ Necker fut ministre des finances, plus de faveiis surprises , plus de moyens de cacher les articles secrets d'un bail , les bénéfices clandestins f^ l'on se serait procurés. » Maric. Un petit imstriel fait des profits , une compagnie des Wk; lices. — Bénéfice convient particulièrement « l'égard des entreprises qui demandent des mi» ou des avances , et marque l'excédant do produit sur ces mises ou ces avances. « Ce n'est que dans les contrées où les matières combustibles sooi abondantes , qu'on trouve quelque 6^/iwa tirer le soufre des pyrites. » Buvf.
Émolument et lucre, latin emolwnei^t^^ lucrum, sont peu usités, le' second surtout, w comparaison des trois mots précédents. ***** ment désigne un profit ou un bénéfice qii<j" tire d'un emploi ou d'une charge, y compn*^ traitement ou en sus du traitement. « 9 .Si ecdésiasiiques ne s'ingèrent dans les miDtfW»
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
sacrés, et n*y donnent leurs soins, que selon la mesure des éwu>lumenU qu'ils en peuvent retirer. 9 Bounn. « Si Thomme ayide est en charge et en dignité , rougira-t-il des émolumenU sordides qu'il tire et qui décrient son ministère? » ID. « Aldoyrandi était pressé de retourner Jouir des grands émoluments de la nonciature d'Es- ^gne. » S. S. c Les titulaires des grandes places ne les possèdent pas toujours pour les remplir; on conyient d'une espèce de partage qui donne le pouToir, les honneurs et les émolumenU aux chefs, et le travail aux suhalternes. > Lah.
Lucre ne se dit qu*au singulier , dans le style soutenu, pour exprimer le gain d'une manière tout abstraite et générale. « Travailler moins pour le lucre que pour l'honneur. » Acad. D'ailleurs, ce mot annonce presque toujours quelque chose de bas ou d'odieux. « Ke respirer que le lucre. » SCABR. « Cette ardeur, cette ftpreté du lucre est le caractère dominant des capitales et des villes commerçantes. » Riv. c Le grand pape saint Léon , dans son épitre décrétale dit : Quidam lucri turpû cupiditate capti.... Voilà déjà l'usure un lucre malhonnête. » Boss. A Rome on ne donnait à celui qui avait sauvé la ▼ie à un citoyen qu'une couronne de feuilles de chêne.... On n'attacha à ce service d'autre récompense que celle de l'honneur, et on crut devoir en écarter sévèrement tout motif de l%tcre et d'intérêt (Roll.). Dans la tragédie &'Àgathocle de Voltaire, le vieux guerrier carthaginois, Ydasan, apporte la rançon de sa fille, et demande s'il peut présenter cette rançon au roi. On lui répond :
A ce deuil indigne il ne veut plus descendre; Sa grsndear abandonne à l'un de ici enfants Du lucre des combats les soins arilissants.
GAUMATUS , PHÉBDS , PATHOS. Langage obscur par affectation*
Le galimatias dénote un défaut logique, un défaut de Justesse; le phétms et le pathos annoncent un défaut littéraire, un défaut de goût. C'est dans les matières de raisonnement surtout que se commet le galimatias; c'est dans les ouvrages d'esprit qu'on met ou qu'on remarque du phébut et du pathos. L'auteur du galimatias croit à tort prouver, expliquer, être vrai ; l'auteur du phébus oudupollio^ croit à tort plaire, frapper, être beau. On reproche du galimatias à un dialecticien ou à un docteur; du phébus et du pathos à un écrivain dont on critique le style plutôt que la suite des pensées. « C'est là non-seulement un parfait galimatias et une doctrine absolument inioteUigible , mais encore une erreur manifeste. > Boss. c Tout nous plaît de Malebranche, jusqu'à son explication de la manière dont Dieu est auteur de l'action du libre arbitre comme de tous les autres modes; quoique je ne me souvienne pu d'avoir jamais lu aucun exemple d'un plus pariait galimaticu, a In. « Que peut- on dire des raisonnements d'Aristote , qui deviennent un ga- UmaUas impertinent et ridicule lorsqu'on se sert ^ cette règle 7 » Mal. « Il semble que ce soit un galimatias incompréhensible de dire , comme le ^t Aristote, que.... » In. — Galimatias a si peu i^pport à la forme, au caractère esthétique,
qu'il se dit même des affaires. « Pour achever le galimatias qui règne dans toute cette affaire. ...» Volt.
Le phébus est le langage ampoulé de quelqu'un qui a la prétention d'être sublime ou bel esprit : c'est surtout en poésie et en conversation qu'il s'élale. c Une chose vous manque, Acis, à vous et à vos semblables , les diseurs de phébus , c'est l'esprit, et il y a en vous une chose de trop, qui est l'opinion d'en avoir plus que les autres : voilà la source de votre pompeux galimatias, » Labr. « La langue française n'admet point la simplicité majestueuse du latin, et, pour peu qu'on l'orne, donne dans un certain phébus , qui la rend sotte et fade. » Boil. « Je vais prendre devant eux un ton si sublime, que mon phébus leur fera croire que je suis le plus bel esprit du monde. Vous savez que les gaiimatias pédantesques imposent infiniment aux provinciaux. » DssT. « C'était jeter un comique extravagant sur tout le cérémonial de la cour, que d'aller en grand appareil étaler du phébus à un petit marmot (le haranguer) avant qu'il le pût entendre. > J. J. « Soupir illustre (de Corneille) tient un peu du phébus. » Volt. « La magnificence des paroles avec de faibles idées est proprement du phébus. » Vauv. « Une pensée triviale, revêtue d'une image pompeuse ou brillante, est ce qu'on appelle du phébus, » Mark. < Voiture trouva le moyen de tomber dans ce qu'on appelle le pJiébus, comme tant d'autres en voulant être sublimes. » Lab. c La versification de Tarare (de Beaumarchais) est l'amalgame le plus hétéroclite de la platitude et du phébus. » Id. « Les poètes, en donnant l'essor à leur imagination , peuvent aisément s'éloigner du naturel , et donner dans le phébus. » Les.
Ces vers boollis où sa muse hydropique Nous développe , en style magnifique , Tout le phébus qu'on reproche à Brébeuf.
J. B. Rouas.
c Tous ceux qui veulent parler de ce qu'ils n'entendent point ne peuvent pas manquer de donner dans le galimatias. Ceux qui , sans avoir étudié les grands maîtres de l'art, ni approfondi le goût de la nature , prétendent se distinguer par une élocution brillance, sont en grand danger de ne se distinguer que par le phébus. » Beauz.
Le pathos est le langage ridiculement véhément de quelqu'un qui a la prétention d'être pathétique; c'est une affectation de chaleur et d'enthousiasme qui se montre seulement dans les discours oratoires. « Je voudrais que les avocats de la famille des Calas eussent mis dans leurs mémoires moins de pathos et plus de pathétique. » Volt. « Je voudrais bien que l'avocat Beaumont eût un peu plus de goût, et qu'il ne mit pas dans ses mémoires tant de patkos de collège, s In. « Il lui fit tout de suite un pathos qui tenait d'un assez plaisant sermon.» S. S. Laharpe dit à propos d'une citation de Sénèque : « Voilà de la véhémence. Mais l'auteur n'était pas homme à s'en tenir là; il ajoute.... Voilà le pathos. »
GARDER, RETENIR. Ne pas se dessaisir, rester en possession.
SEUXIËMB FAITS
Gmrââr, e'ert simplemeiit contiinier à aTOir; retenir, c'est tenir oa avoir entra let maiiis de
manière à empêcher de retourner à un premier maître. On §airde plut&t œ qu'on ne yeat pas donner; et on retient ce qu'on ne vent pas rendre : nous geurâons notre bien, nona retenant celui d'autroi.
Mais çardify de l'allemand iMrdm, loorfen, soigner, Teiller à, attendre, marque du soin, de la prévoyance; en sorte qu'on ffoirde pour Favenir, en cas de besoin, comme une ressource. Avec cet accessoire , on peut dire corder le bien d'autrui. « On dit pour se diapens««r de restituer: Je suis obligé de maintenir mon état; et du moins, dans ma condition , puis-Je garder ce qui m'est nécessaire pour une honnête médiocrité. » BovRD. Bossuet écrit à Pénelon que si. en lui rendant ses papiers , « il a gardé ses lettres , c'était pour avoir un moyen de le rappeler en secret à ses soumissions. » « L'Espagne voulait retenir la Sardaigne. L'Angleterre représenta qu'Aibéroni voulait garder la Sardaigne comme un entrepôt nécessaire pour ses entreprises. » S. S. Bt non^seulement on peut dans ce cas se servir de garder, en parlant du bien d'autrui, mais encore cette expression doit être préférée à rete* nir toutes les fois qu'on demeure maître tranquille, qu'on n'a pas à vaincre des efforts qui tendent à faire rendre, des réclamations, des attaques, des poursuites, des remords. Retenir est le mot propre dans cette phrase de J. J. Rovsseau : c M on ouvrage n'est pas à l'Opéra, mats à moi ; je le redemande ; en le retenant, on le vole.» Mais Voltaire a eu raison de dire et de répéter : s En vertu de la bulle de eompoeition il est permis de garder le bien qu'on a volé , pourvu que l'on n'en connaisse pas le maître. » Car dans ce cas on n'a pas à résister à des instances , à des sollicitations.
En général , et quand il s'agit d'une action volontaire , nous gardons comme bon ce qui nous appartient ou ne nous appartient pas : ce qui est bon à prendre est bon à garder. « Toutes les ressources du royaume étant épuisées, on parla d'offrir au roi toute la vaisselle d'argent des particuliers.... Les uns la gardaient pour une dernière ressource dont il les fâchait de se priver ; d'autres.... » S- S. Dans le partage fait entre les barbares et les Romains, possesseurs des Gaules, « le Bourguignon, guerrier, chasseur et pasteur, ne dédaignait pas de prendre des friches ; le Romain gardait les terres les plus propres à la culture. V MoNTBSQ. « 11 faut bien que les Anglais trouvent leur profit à garder Bombai, un établissement si triste. » Volt. Mais nous retenons contre le droit ou malgré des efforts ayant pour but de nous déposséder. « Le superflu est un bien que les riches ne peuvent refentr sans commettre la plus criminelle injustice. > Bodrd. « On ne peut nous ravir ce que nous aimons , sans que nous pensions à le retenir. » Mal. « Milon (l'athlète) empoignait une grenade de manière que, sans l'écraser, il la serrait suffisamment pour la retenir, malgré les efforts de ceux qui fichaient de la lui arracher. » Roll.
Ce que vous gardex vous reste , n'est pas perdu
pour TOUS, et tom pouitês vont tn unit q jour; ce que vous retenez ne vous est ^iot n> pria on simplement enlevé , giice à votn rèaitance. Ce qui Crispe dans garder, c'est la csbûnuation de poasession pour un usage fntor; d dans retenir^ c'est la lutte qu'il faut saoUeât poor rester maître. On gesrdê ce qu'on a, et c'ert C«> dinaire ptr précaution; on retiesLt ce qai mnei d*éehiq>pcr, ce qui est demandé, rècliBé, disputé. « Les Btats généraux avaient corofi i Marlborough les sauf-conduits, avec «dnde les remettre à la reine. Cqiendant il ne l'mit point fait : comme il n'avait pas même de pRleit>> pour les retenir, il paraissait que, dam rtttoK d'une révolution, il les gardait pour retarder l'ouverture des conférences. « Cord.
Garder sas conquêtes , c'est ne pu les yain. continuer à les avoir ; les retenir, c'est ne pis le laisser reprendre, se maintenir en kurpoMOsion, malgré toutes les attaques.
On a toujours les h&bitudes et les soâifMiis qu'on garde; on est le même sous ce rapport: on refteni àe» habitudes et des sentimeaU, al* gré tontes let causas qui auraient pu eu il le faire perdre, comme he tenais, l'exeople , l'astruetion. « Il y a en Acnérique uoe espèce ie chiens qui retient encore la haine qui lai fat inspirée du ten^M de la découverte. » Volt.
1* GATBR, CORROMFRB; — 3* DBPIATO, PERVERTIR. Ces mots signUient , au monl n dans les choses de morale, faire changer di \m en mal.
Mais gdter et corrompre expriment an» aetiii qui attaque le fond des choses, leur substutfleur masse, leurs qualités essentielles; asli» que l'action de dépraver et celle de fereertita modifient le sens, les détournent, les mettent N les font aller de travers , leur impriaient une direction mauvaise. Ce qu'on empêche de reria sain, pur, intégre, on le gdie ou on le corrve^i ce qu'on empêche d'être ou daller droit, d'imi de la régularité ou de la rectitude, oo le décrut ou on le perverltl.
On gdte et on eorrompt proprement le «ter qui est, conuae l'eau , la viande ou un fruit, ue matière susceptible de s'altérer, d'itre tofectéett d'entrer en décomposition ; on déproM tieaff; vertit proprement le jugement, qui est loseep»ble de déviation , de dérangement, de désordit
La mollesse, la prospérité, le mélange desp^ sonnes on des choses gâtent et eorrompnli ^ agissent à l'intérieur, elles minent, conwBiei») font dépérir; mais les mauvab conseils, ]»tD^ vais eiem^s, les passions, les fausses doem^ dépravent et pervertissent en détournant da ma en débauchant, en déréglant.
Des mœurs, des personnes gitéeswtet^ puee ne sont pas intactes, pures, ^'^^^'^'^ des mcBurs, des personnes dépravées oa ptf^^ tiee ne sont pas régulières, droUes, hisao»*' nées. ^^
La eomipftof» est une sorte de jWJJ^ (Boss.); eUe a pour effet d'infecter (▼«.t ); f* prend le germe id ou là (Barth.). *«» ***2^ ealioii et la perversion sont un »^^*****îtfiie se manifestent par dee désordres. • L'irrég»»»^
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
de la conduite et là dépravaiion des mœurs. » Hartb. « Marque d'un cerreau démonté et d'une raison dépravée y que de ne vouloir pas guérir. » Mol. • Tout son mal ne Tient que d'une imaginatioa déréglée et d'un désir d^prov^ de vouloir être mariée. * In.
L'action de gâter et de corrompre eat plus sp^
cialemenl contraire à la bonté; celle de dépnnoer
et de pervertir , à la beauté et à la justesse. « Le-
frane de Pompignaa dit, dans sa harangue à
l'Académie, que tout porte l'empreinte d*une
morale corrompue et d'une littérature dépraeée.v
Volt. « Si le naturel du peuple se corrompi, si
son bon sens se d^rove , ... » MAax.
1* Gâter, corrompre.
Gâter, laire tort, causer un dommage, un changement désavantageux, annonce une altéra^ tion légère ou partielle, un commencement de corrupCtoa. Corrompre» corrumpere^ rompre intérieurement, tout i fait, marque une décomposition des parties, une altération intime, profonde, complète, qui dénature la chose , qui tend à la pourrir, à la détruire. Aussi corrompne se met d'ordinaire après gâter comme augmentatif. ^ Vos actions dans la substance sont les mêmes que celles des justes ; mais ce péché secret , dont votre conscience est infieetée, gâte tout, corrompt tout. > BouBD. « Les Syracosains étaient gâtés et eorrompitf par les discours flatteurs et complai* sants des orateurs. » Roll. « Alexandre , non encore gâté et coffDvipu par la prospérité, s In. On ne désespère pas tant de ramener au bien un priace gâté qu'un prince corrontp».
2* I>épracer, pervertir.
Entre ces deux verbes la différence est la même qu'entre les deux précédents; le second enchérit sur le premier. La dépravation éloigne da bien ou de la droite voie ; la peri^ernon met sens dessus dessous. L'homme d^ravé ne pense plus, ne sent plus, n'agit plus d'une manière juste ou convenable ; rhomme perverti est une espèce de monstre moral dont la raison est à l'envers, et qui agit tout de travers, d'une manière extravagante. « Que votre élève sache que l'homme est naturellement bon ; mais qu'il voie comment la société déprave et pervertit les hommes» s J. J. « Bnrrhus, dans une cour dépravée y résiste k l'ambition inquiète d'Agrippine^ et à la perversité de son midtre. > Lab.
1* GÉMISSEMENT, PLA1NTB, LAMENTATION*, - 2« COMPLAINTE , JÊUEMUDS , DOiÉANCE.
Différentes manières d'exprimer par la voix un sentiment de douleur.
1* Gémissemesit j plainte ^ îamentaHon.
Dans le gémiMsenent , la voix n'est pas articulée; elle l'est dans la plainte. On pousse des gé- ^iuémente ; on profère des plaintes. Les bètes girnissera ainsi que l'homme, la douleur leur arrache aussi des cris et des soupirs; gémir se dit même, dans certains cas, des objets inanimés, c Le diien est le seul animal qui, lorsqu'il ^ perdu son maître et qu'il ne peut le retrouver, l'appelle par ses gémissements, » Buff. Mais Thomme seul se plaint , parce que c'est le seul aimnal qui parle. On ne peut guère défendre à l'opprimé les gémiseementtt ils sont comme l'effet
involontaire de la souffrance, mais on lui interdit bien les pHaintes^ c'esV^-dire les discours pleins de reprcKshes, de réclamations ou de malédictions :
Les rois craigaeui sniloui le reproche et la plmimte.
Rac.
« Mon intention n'est pas de me plaindre : quand on souffre de Toppression , on gémit et on ne se plaint pas. * Bartb. Pendant l'exécution des cheis d'une sédition , « leurs complices demeurèrent immobiles, et tellement saisis de crainte, qu'il ne leur échappa ni aucune plainte ni même aucun gémissement. » BoLt. On gémit dans le malheur; on se plaint du malheur. Les gémiuerments sont plus ou moink pitoyables ; lesp^ainlsf , plus ou moins fondées.
Lamentation enchérit sur gémissement et sur plainte y mais plutôt encore quant à l'étendue et à la montre que quant à l'intensité : la lamenlofion est un grand gémissement ou une grande plainte ^ une grande démonstration de douleur , ou la démonsCration d'une grande douleur, d'une désolation, ou bien de la douleur de tout un peuple , causée par une calamité. Lorsque les Carthaginois envoyèrent aux Romains les otages demandés par ceux-ci , « jamais spectacle ne fut plus touchant-, on n'entendait que cris, oa ne voyait que pleurs. Tout retentissait de gémis* sements et de lamentations. • Roll. « Les malades et les blessés , sentant qu'on les abandonnait, remplirent le camp de tumulte et de confusion, avec des cris, des hurlements et des lamentations horribles. » In. « 0» n'entend parler que de calamités et de misères : chacun tient le même langage, et ce ne sont partout que plaintes et lamentations. » Bourd. c J'appelle piété stérile et infructueuse pour les morts celle qui ne consiste qu'en de vains regrets , qu'en d'inutiles lamentations , qu'en des cris lugubres, qu'en des transports de douleur, qu'en des torrents de larmes , qu'en des emportemenU et des désespoirs. » In. «c Jérémie a pu seul égaler les lamentations aux calamités. » Boss. Quand le bœuf Apis mourait, « tout le peuple prenait le deuil, pleurant et faisant de grandes lamentations. » Rac.
2* Complainte y jérémiade y doléance.
Complainte , jérémiade et doléance sont familiers.
La eomplatnfe et la j^r^mtadf sont fastidieuses, importunes, fatigantes; mais la comp/ointe l'est à cause de l'insipidité des p/ainte«, des griefs, des raisons qu'elle contient > et \& jérémiade , à cause de sa longueur ou de la répétition des mêmes choses.
C'est une composition, une pièce ou une requête pitoyable que la complainte, elle fait hausser les épaules. « L'Académie ne fit pas plus d'attention à cette apologie que les magistrats n'en font aux complaintes de ces criminels, dont la réponse aux preuves qui les condamnent est qu'ils ont le malheur d'avoir des ennemis. » D'Akmbert, de qui est cette phrase , dit ailleurs , en parlant des reproches adressés aux anciens par La Monnaye : « Peut-être cette complaitite annonce-t-elle plutêt le chagrin d'un savant que