‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 307 sur 444 · GONFLÉ, ENFLÉ, BOUFFI, BOUBSOUFLÉ · texte numérisé non relu

GONFLÉ, ENFLÉ, BOUFFI, BOUBSOUFLÉ

L idée commune à ces mots est celle d'une extension qui augmente le volume ordinaire des corps, et qui est ou semble être causée par l'eau^ {«ar l'air, par des humeurs, etc.

Gonflé et enflé sont d'une application plus générale; bouffi et boursouflé ne se disent proprement que des chairs.

G<mflé, de conflatiu, soufflé ensemble, dans tous les sens, de tous le» côtés, exprime l'effet d'une action qui fait que le corps s'étend partout également, en vertu d'une cause intérieure qui agit ^^ dedans au dehors. Venflure^ du latin inflare, ^ûufûer dans , est , au contraire , un phénomène -"P^rficiel et ordinairement partiel, produit par

une cause extérieure qui agit du dehors au dedans. Le serpent est gonflé de son propre venin (Marh.), et les personnes qu'il pique sont enflées du venin dont il infecte la plaie. Les mamelles se gonflent par l'effet de l'âge ou de la grossesse (Buff.) ; il leur arrive quelquefois de s'en/ter en un point ou en plusieurs par quelque accident, comme une piqûre d'abeille. Buffon remarque que plusieurs oiseaux savent gonfler ou resserrer leur jabot d'eux-mêmes , sans le secours d'aucun agent extérieur , et il dit des pigeons : « Ils ont la faculté d'enfler leur jabot en aspirant l'air; on peut de même le faire enfler en soufflant de l'air dans leur gosier. » On gonfle l'eau en la faisant bouillir (Volt.) , la pâte en la faisant fermenter (AcAD.) ; mais on enfle la voile en L'exposant au vent qui la frappe d'un seul côté , un livre par des détails qui l'allongent , une liste en y mettant de nouveaux noms. L'objet gonflé est développé deçà et delà , et arrondi comme un ballon ; l'objet enflé a reçu par impulsion ou addition quelque chose qui le grossit ordinairement dans un seul sens. On ignore quelle est la cause qui fait gonfler la rate; on sait quelle est la cause qui fait enfler les rivières , c'est la foute des neiges ou l'abondance des pluies.

Gonflé exprime plutôt un état naturel et ordinaire , et enflé un état accidentel. « Les habitants de Malaca ont les joues pendantes et gonflées, 9 Buff. « Sancho cependant se bourrait l'estomac, et c'était un plaisir de le voir , les joues enflées , questionner le secrétaire. » Les. — « Les lèvres des lamantins sont spongieuses , épaisses et trèsgonflées. 9 Buff. Quand on a les Lèvres enflées , c'est dans une circonstance et par l'effet de quelque maladie.

Bouffly de l'italien bocca, boffa, la bouche, représente l'état d'un homme qui bouffe, qui gonfle ses joues en soufflant , et qui par conséquent a un faux embonpoint , une graisse ou une chair flasque, soit au visage, soit par extension dans quelque autre partie du corps. L'idée propre de ce mot est de tromper par une apparence de santé et de bonne constitution, s Un étranger (Law) a entrepris la cure de la France ; il a cru lui avoir rendu son embonpoint , et il l'a seulement rendue bouffle. » Montbsq. « Il y a de la différence entre l'embonpoint et la boufflssure. » BouH. « Je ne m'étonne pas de sa courte vie , pour oe que son visage bouffl et mal coloré ne la lui pouvait faire espérer plus longue. » Malh. Mme de Sévigné raconte qu'elle alla voir Mme de La Vallière aux Carmélites : « Ce fut à mes yeux , dit-elle, tous les charmes que nous avons vus autrefois , je ne la trouvai ni bouffie , ni jaune. » <c Cette graisse , qui ne vient que de la grande quantité d'eau que les moutons ont bue, n'est pour ainsi dire qu'une bouffissure, un œdème qui les ferait périr de pourriture en peu de temps , si on ne les tuait aussitôt. » Buff.

Boursouflé fait concevoir une enflure de la peau, l'enflure superficielle d'un corps qu'on i souffle , et qui devient comme une bourse qu'on ' emplit , qui prend un gros volume avec peu de ; matière. Son idée propre est celle d'une éminence 1 formée par le vent , d'une sorte de grande bulle

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