DEUXIÈME PARTIE
au dfidan» de laqueUe U n'y a rtett, d'une vaine grandeur. Le bœuf, que le boucher souffle pour détacher plus facilement le cuir de la chair, est hourtouflé. « Lorsque la terre a pris sa consia- Unce , il s'est élevé à sa surface un grand nombre d aspérités, il s'est fait des hourtoufluns comme dans un bloc de verre ou de métal fondu. » BUPF. « Tout ceci suppose que la dédaigneuse hauteur de l'en&nt n'est que la petite vanité de la petite grandeur dont ses bonnes auront hoursoufié sa petite âme. » J. 1.
En morale , on dit d'un homme qui a beaucoup d'orgueU, qu'il en est gonflé, enflé, bouffl et bowiouflé. Il en est gonflé, si cet orgueil a son origine à l'intérieur, vient de l'idée que cet homme a de lui-même et de son mérite. « Avec tout Toigueil dont nous sommes gonflés, et la haute opinion que nous avons de nous-mêmes et de la bonté de notre jugement.... » Labb*
C'est un homme gonflé de l'amour de soi-même.
Mol.
On a le cœur gonflé de soupirs (Lbs.) , parce que les soupirs partent du dedans. — Au contraire, l'orgueil dont on est tnflé a une cause extérieure; on eet enflé d'une victoire, d'un avanuge remporté, de la faveur d'un roi, etc. < La cour fut enflée de ce succès. » Volt. « Philoclès est enflé de sa victoire.» Fén. «Après Pharsale, Scipion , enflé de quelques avantages , risqua tout et perdit tout. » Moktksq. « Chamillart ne fut jamais enflé, encore moins gâté par la faveur et l'autorité. » S. S. — Bonffl marque la plénitude de l'orgueil; on dit gonflé ou enflé simplemeut , et tout bouffl (S. S. , Dest.). D'ailleurs, l'orgueil dont on est bouffi parait, se répand ou éclate; c'est de l'arrogance.
Un pédant enivré de sa vaine science.
Tout hérissé de grec, tout bouffi d'arroganee.
Bon-
— Boursouflé indique le vide des prétentions, le peu de fondement des raisons par lesquelles on veut se faire valoir. « Jean-Jacques prétendait engager avec moi une querelle. Le petit magot, boursouflé d'orgueil , fut piqué de mon silence. » Volt, k Ces avocats suent à froid , crient à tuetête , perdent. . . , plus boursouflés après que s'ils eussent composé VOratio pro Murena. » Beaux.
£n littérature , gonflé est le seul de ces mots qui ne s'emploie point pour marquer un défaut de style : c'est parce que primitivement il ne signifie point comme les autres un vice de forme. Le style enflé manque de naturel; le bouffl, de vérité ; et le boursouflé , de solidité. — Le style enflé n'a qu'une élévation factice et accidentelle , semblable à celle qu'en médjscine on appelle enflure; le style bouffl n'a qu'une élévaiim spécieuse, fastueuse, qui cherche à en imposer; le style boursouflé n'a qu'une vaine élévation , qui consiste en mots sonores , mais vides de sens.
A ceux qui veulent arriver aux bonnes choses, Pascal recommande d'éviter V enflure, parce que la nature , qui seule est bonne , est toute familière et commune. Suivant Montesquieu, le style des lois doit être simple , et non pas enflé, — < La génie ne connaît ni 4a bouffissure ni l'ostentatioa. » Volt. « Et l'on a pu être dupe de cette
plate rhétorique ea vers boiiffUi » Lia. < C'est là une expression houffU et dusse. > Id. — «fiovains boursouflés et vides. » Lai. c Go ne boursouflés sont sonores. » Volt.
Un toi essaim d'Euripiêes mnàsnm, Creux an dedans , ioMvoi^ u Mon.
J.ft.Bacis.
GOURMAND, 60UUJ, GLOUTON, fiOKFK Intempérant dans le manger.
Outré que Sfourmond est le terme gènèol, comme ayant fiervi à former le nom dn m, qui s'appelle en effet goumuméise, il a de pis par rapport aux autres une nuance tout i {lii propre. Le gourmand distingue les znets, coioie le gourmet les vins; il s'y connilt. C'est imi»luptueux qui aime à bien manger. Td iv& dans l'antiquité Aristippe dont Fénelon i dit c Aristippe aimait fort la bonne chèn , et n'èp»gnait rien quand il s'agissait d'un bon mûrtm.» Gourmand se prend quelquefois pour pfi»nome , selon TAcadémie , et , dans la Fhpiokft du goût, Brillât-Savarin, disant un spihtx: éloge de la gourmandise^ ^ rapports U frmdise, qui n'en est, dit-il , qu'une espèce. li gourmand et au friand il faut quelque chs: d'exquis; mais pour le gourmand la qmlàitc la substance doivent être jointes au choii, i* lieu que le friand demande des mets légen> licats, de peu de volume, camme coBfitos. pâtisseries , etc.
Goulu et gUntion anaoneent de la soniitt plutôt que de la volupté. Si le gourvusi a»* pas frugal, le goulu et Je gloiUon ne ksAVsohres : ils mangent avec excès, avec bratàk ils se gorgent , ils s'empiffrent.
Mais le goulu, de gula, gueule, estproç^ ment vorace, et le glouton, de gUdin, aulff engloutir, avide. Le goulu se jette sur laooinv fure, happe, gobe, dévore, s'assouvit, ouf avec une sorte de fureur et en écartant les sttres. « C'est ma sœur qui ee fâche : elle ni qu'il n'y ait de mari que pour elle.— Oh I l»S* luel9 Rboh. Molière définit la jalousie à'vam
Pne amitié gouUt
Qui n'en veut que pour soi.
Le glouton engloutit , c'est un abîme, comoei^ dit Pline du fameux gUnUon Apicius : AUisà^ gurges. Le goulu est un animal ou cofflise c animal acharné sur sa pfoie ; le glouton est iastiable , c*est comme un vide ou comme oo ti^ qu'on ne peut remplir.
Vous ne connaisses pas encor le Florentin; C'est un paillard , c'est un mâtin Qui tout dévore , Happe tout, serre tout : il a triple gosier. Donnez-lui, fourrez-lui, le gUmt demande eDC«« Le roi même aurait peine i le rassasier. L^-
«Irus était un mendiant célèbre dins Ithiq»^ par sa gloutonnerie; car il mangeait toujours, «^ était toujours affamé. » Fiw. Buffon dit de Iti»' mal appelé gkmton : « Il est inconcerabie coobien de temps il peut manger de suite, et ^ bien il peut dévorer de chair en une seolsfi)» ' — Bn second lieu, on conçoit le gouh c^ étant à l'œuvre ou aux prises, et le mot^ signifie une qualification accidentelle. Du» *^'
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
eno
miq«e de Tèrenee , le parasite n'est point goulu par delà la Traisemblance (LàF.).
Un jour notre go»lu de chat
Tenait la sonrii sous aa patte...: Rimr.
Le glouton , an eontraire , a de U gloutonnerie; c'est chez loi un vice constant , un vice de nature et non pas de circonstance , qui peut-être ne se manifeste pas dans le moment actuel. De là Tient qu'on dîit on appétit glouton (Làf., BuFF.), la dent plotilonfie d'une panthère (Riov.)» et, en parlant d'un loup , le glouton (Laf.). Dans le coate de Lafontaine intitulé le Glouton , le personnage dont 11 est question est appelé gîùu- Um d'abord ; puis , après qu'on en a rapporté un trait de gloutoimerte, on le nomme, en raison de ce trait particulier , le goulu.
Goinfre est un mot populaire, qui exprime quelque chose de rilain , de malpropre. Goinfrer, gouittfrer, c'est , à ce qu'il semble , bâfrer comme un gouin ou une gouine , crapuler. Aussi goinfre, comme erafmle , emporte-t-il Tidée d'excès dans le boire aussi bien que dans le manger. Dans uae chanson à boire , faite à l'âge de dix-sept ans , Boileau dit :
S'il rrat rire ou chauler au milieu d'un festin , Un docteur est alors au boat de son lalin ; Un gnH/re en a toute la gloire.
AUec , ? ieux fous , aUes apprendre à boire.
Dans le Testament expliqué par Étope on donûe à la bareuse ou à la biberonne
Les maisons de boaleille»
Les bofTetg dressés sous la treQIe, La taisMlle d'argent, les curettes, les brocs.
Les magasins de Malvoisie , Les esclaves de bouche, et, pov dire en deux mets, L'attiraU de la goinfrerie. Lir.
GOUVSRNEIENT, ADMINISTRATION ,— BÉ- GIMK, RÉGIE, RÈGLEMENT, MRECnON, CON- DUITE, GESTION, INTENDANCE, BIANIEMENT, MANCTE.NTION. Action ou office d'un homme qui, présidant à la marche ou à l'exécution de certaines affaires , les fait aller comme il l'en-
tCD(^
Le (^ouvememenf et l'adminif tralton regardent les affaires publiques, et si ces deux mots s'emploient quelquefois, adminiitrcstUm surtout, en parL ânt des fortunes particulières , ils supposent touj'Oucs des possessions considérables , des intérêts vastes et compliqués.
ILais le gouvernement est l'oeuTre ou l'emploi de ^elul qui tient le gouvernail^ du souverain; Va^-Tninistraiiein est la fonction d'un mtniffre, de celisi qui aide le souverain, qui en suit les instrwctioDs : sous le gouvernement de Louis XIV , sous Vadministration de Golbert; le youremement de l'Etat, Ymdministraiion de la justice ^fioss., J. J., Vert.). «Cicéron considérait les lois humaines , établies pour le gouvernement des peuples et pour l'iidmmif fraltoi» de la justice , comme im écoulement de cette loi suprême qui ordonne le bien et dérend le mal. s Roll. < J'appelle gowvernemênt ou suprême adminietreiHon l'exercice légitime de la puissance executive. » J. J. Le gouvernement est la tète , Vodministra' tion le bras : le gouvememmt guide, résout,
prend des mesures générales; Tadministration agit , fonctionne , fait les affaires du pays. Ceux qui demandent la décentralisation veulent séparer l'adminixtrafton du gouvernement, dit fort bien M. de Barante. L'évêque (gouverne son diocèse, et le prêtre admtnùtre les sacrements. Que la puissance souveraine soit en bonnes mains, l'Etat sera bien gouverné; il sera bien administré , si les services publics se font comme il faut.
fieîgtme, régie, règlement et direction ont la même étymologie , regere , mener droit , d'où rectum , droit. Leur idée commune est celle de rectitude , de régularité , de conformité à Fordre ou â des lois. Mais chacun d'eux a sa nuance ou son application propre.
Régime est passif; le régime est ce qui est fait» établi , pour faire aller droit , le traitement imposé, la coDstitutiQn , l'institut, un ensemble de dispositions auxquelles on est soumis : régime constitutionnel, représentatif; régime colonial, le rei^'me des prisons, a Aquaviva (supérieur des jésuites] fut très- propre au gouvernement d'une société ambitieuse; elle lui est redevable de ce régime si bien conçu et si sage qu'on peut appeler le chef-d'œuvre de l'industrie humaine en fait de politique. » D'Al. « A mesure que j'avance, mon élève, autrement conduit que les vôtres, n'est plus im enfant ordinaire; il lui faut un régime exprès pour lui. » J. J. « Je n'entrerai pas dans des détails sur le régime , la police et les comités de la diète. » Cond.
Régie n'est usité que quand il est question de biens à faire valoir ou d'impôts à lever. « Ce que vous perdez dans le détail de la régie de vos biens remporte probablement sur le gain que feraient avec vous vos fermiers. » J. J. «Tant que l'impôt sera multiplié , vague et compliqué comme il l'est, la r^gte en sera trouble et frauduleuse. 3» Mabh.
Règlement n*est guère relatif qu'aux mœurs. « Mettez cette sensibilité à profit pour le règlement de vos mœurs, s Mass. « Charger l'esprit de connaissances inutiles pour le règlement des mœurs. » Féh. « Trois maximes d'une consé* quence extrême pour le règlement de notre vie. >
BOURD.
La direction, action de dtrtger {regere dit, régir çà et là, de côté et d'autre) , implique une diversité de choses ou d'emplois, une distribution de i^Ies à faire , et un certain ordre à maintenir : la direction d'un théâtre. « Mme de Wolmar ^est chargée de la récolte; le choix des ouvriers , l'ordre et la distribution du travail la regardent.... Mon inspection à moi est de faire observer au pressoir les dtreefiont de Mme de Wolmar, dont la tête ne supporte pas la vapeur des cuves. » J. J. Le directeur est un ordonnateur , et la dtreetton est bien ou mal entendue (J. J.).
La eonduiU ae rapporte à quelque chose de simple et de particulier, outre qu'elle a plus d'indépendance que la direelton, n'étant pas obligée de s'astreindre à des règles. On a la direction dea armées, et la condiitle d'un combat; on est directeur d'une entreprise de diligences ,