DEUXIÈME PARTIE
une lésion, une injure, elle est très-douloureuse ou mortelle.
Un reproche est plutôt grave , parce que c'est quelque chose qui donne à réfléchir, qui est à considérer , à quoi il faut prendre garde ; une accusation est plutôt griève , parce que c'est quelque chose qui pèse ou qui grève , une charge, comme on dit fort bien. « Qu'avez-yous donc répondu à une inculpation aussi griève?^ Rien.... Dans votre nouveau mémoire en réponse au plus grave de mes reproches, vous gli£sez un paragraphe qui vous peint à merveille. » Bbauu.
En un mot, grave indique l'attention qu'il faut donner, l'intérêt qu'il faut prendre à la chose ; et griefs son degré de malice , l'intensité du mal qu'elle contient ou qu'elle produit.
GRÊLE, FLUET. Petit et faible, en parlant d'un homme.
Grêle se dit plutôt d'une partie , et fluet du tout. Taille grêle, voix grêle; homme fluet. Il en est de même à l'égard des animaux. Les échassiers 5ont des oiseaux à jambes hautes , grêles et flexibles (Buff.); la belette a le corps long et fluet (LiF.).
Outre cela, grêle, du latin grarÂlis, menu, mince, maigre, qui manque d'embonpoint, qui n'est pas replet, n'indique pas aussi expressément un défaut que fluet , anciennement flou , du latin fluere , être languissant , délicat , tomber en décadence. Les intestins grêles ont moins de diamètre que les autres , mais ne leur sont pas inférieurs sous d'autres rapports. Buffon dit du traquet qu'il a les pieds noirs et grêles , sans donner à entendre que ce soit une imperfection dans cet oiseau. Une voix grêle manque de volume, mais elle n'est pas pour cela absolument mauvaise et défectueuse, a M. d'Alembert, avec sa petite voix grêle, est un excellent lecteur. > Volt. Mais l'homme fluet est maladif et débile, c Les catarrhes et fluxions en un corps flouet et maladif tombent sur les parties plus faibles. > Charb.
Enfin , quand même grêle s'appliquerait à tout le corps et le représenterait comme faible, la faiblesse qu'il marquerait ne serait pas de l'espèce la plus fâcheuse, savoir celle qui provient de maladie et qui consiste dans la langueur et la défaillance. « Le corps de Philétas de Cos (poëte élégiaque) est si grêle et s^ faible que , pour se soutenir contre la violence du vent, il est obligé d'attacher à sa chaussure des semelles de plomb ou des boules de ce métal. » Barth. Fluet, au contraire , suppose presque toujours une santé frêle et une complexion chétive. « Je crois qu'il ne faut permettre les exercices à votre fils qu'avec modération ; car il est encore fluet, délicat et d'une santé très-fragile; ce qui pourra bien lui durer toute sa vie. » Fân.
GROS , ÉPAIS. Ces mots servent à attribuer aux corps beaucoup d'étendue.
Mais une chose est grosse par l'étendue de sa circonférence ou son volume ; elle est épaisse par l'une de ses dimensions, sa profondeur ou-l'étendue qu'il y a de Tune de ses surfaces à l'autre. Un arbre est gros, une planche est épaisse ; une tour est grosse , un mur est épais; les œufs de la femelle du cygne sont gros , et ils ont la coque
épaisse (BaPF.). — IL est difficile d'embrasseï cê qui est gros ; ce qui est épais ne se laisse pas aisément percer, traverser, pénétrer. Uq groi nuage est volumineux; un nu3ge épais iatercepte la lumière du soleil.
GUIDER, CONDUIRE, MENER. Diriger vers Ua lieu.
Guider, de l'allemand weiscn , montrer, oa du latin videre, voir, c'est montrer ou faire Toir le chemin : on guid^ un voyageur. Le mot q}iii(r diffère bien des deux autres. H est tout spécolatif, relatif à l'intelligence seule, et marque qu'on l'instruit; conduire et mener ont rapporta l'action ou à la volonté qu'on détermiae. Gw'(i<r sent plus le conseil ; conduire et f^enef senieD: plus l'autorité. Si vous guide% mal, Tousdonn:: de fausses indications, vous êtes un ignorant; svous conduisex OM menex mal, comme vous ave! eu l'initiative de l'action elle-même , votre re$ponsabilité est plus grande , vous faites faire ce qui ne convenait pas, vous êtes un imprudent En industrie, c'est le savant qui (/utde; ^entrep^^ neur conduit ou mène les travaux. En yutdanua apprenti ou un écolier, vous lui apprenez ifiire. vous êtes son maître ; en conduisant ou en ne nant des troupes, des ouvriers, des malades, d(< clients , vous leur faites faire ou vous faites wt: eux, vous êtes leur chef, celui qui les meu:. l'âme qui les fait agir.
Tout ce qui peut seulement nous fournir de lumières, le Saint-Esprit, la science, l'art, là règle, les étoiles, la boussole, nous guide ^ mii^ ne nous conduit ni ne nous mène. « Il y a oDâ logique secrète qui doit guider toutes les pes sées. » Volt.
Vos conseils ont guidé ma fougueuse Jenneise. Idc La raison est un flambeau divin qui doqs guide, s J. J. « Un recueil qui pût guidjer au mémoire dans Tordre des faits et des temps. «lo « Les lumières qui devaient nous ortitderdansU recherche des causes inconnues et cachées.* Buff. «Les Gaulois entrent en action, pltilôt emportés par la colère que guidés par laréflexioa et par le conseil. » Boll. « Savoir tout, et n'être guidé dans tous ses desseins que de sa propR lumière. » Boss. « Reconna!tre le besoin que nous avons d'être guidés, d'être instruits, d*être éclairés par le Saint-Esprit, v In.
Cette différence résulte visiblement de l'empbi des mots. On ne guide que les personnes, parc< qu'elles seules sont intelligentes; mais on eonàuH et on mène des choses inanimées, une maison. des entreprises, des affaires, des voitures, qu'oc fait aller où et coname on veut. On ne guide pas, mais on conduit ou on mène quelqu'un dans uos maison, en l'y faisant venir avec soi. Un chemifl ne guide pas, mais conduit ou mène en tel endroit; un principe ne guide pas, mais conduit oi mène , à certaines conséquences.
En un mot, guider, c'est simplement éclaifer quelqu'un pour arriver à un but qu'il se propos*; conduire et mener , c'est faire aller ou venir qocl* qu'un vers un but ou une fin qu'on lui propo» ou qu'on lui impose.
Restent à comparer maintenant conduira » mener.
SYNONYMES À RADICAL^X DIVERS
Conduire, de eum, avec , ensemble , et de dux^ chef, commandant, qui est à la tête, c'est commander, présider à une entreprise, gouverner une suite d'actions : un général conduit une armée, un homme de loi une affaire. Mener, de main , c'est faire aller ou venir par la main ou comme par la main, entraîner avec soi : on mène un enfant par la main. De là plusieurs différences.
D*abord conduire suppose de^oins , de la prudence , de l'habileté , appliqués à des détails que la particule initiale eum indique. Mener exprime la simple action de faire aller droit à un but , sans difficulté, lestement. « Le roi, qui savait combien le peuple est difficile à conduire , comprit que l'habilude aux exercices laborieux , qui mènent à la vertu , était plus propre que tous les préceptes pour régler ses mœurs. » Roll. Bien conduire une affaire, c'est la traiter sagement (CoND. , RouB.); la bien mener^ c'est la faire aller vite (Cond.), ou brusquement (Roub.), ou bon train. Tout homme n'est pas capable de conduire un char ou des chevaux , il faut savoir les conduire: il n'est besoin d'aucun talent pour mener les bêtes aux champs , à l'abreuvoir ou au marché. Quand on parle en général et qu'on a égard à la science et à Tintelligence du chef, on dit conduire des troupes ou une armée; mais dans un cas particulier où il ne s'agit que d'ordonner et d'obéir, on dit mener les soldats au combat, à la boucherie. — Ensuite , conduire désigne une action douce , progressive , qui lait aller pas à pas , et quelquefois par détours; mener j une action brusque, qui maîtrise , qui fait aller au but directement , immédiatement, a Le démon n'attaque pas d'abord en lion; c'est un serpent: il ne vous mène pas droit au vice, il vous y conduit par des détours. 9 Mass. c Tout ce qui peut conduire au péché et à la mort . que dis-je ? tout ce qui y mène infailliblement peut-il passer pour léger ? > In. « Il paraît fort extraordinaire que Dieu, ayant promis si souvent la terre de Çhanaan aux Israélites, ne les y mène pas tout droit , mais les conduise par un chemin opposé dans un désert où il n'y a ni eau ni vivres. » Volt. — Enfin , comme mener signifie faire aller droit au but , d'autorité , son idée prédominante est celle du but ; au lieu que con-
duire fait penser à la conduite , à l'action de faire aller pendant qu'elle s'opère , à la direction plus ou moins longue, plus ou moins bonne. On mène paître les troupeaux, on mène boire un cheval, on mène quelqu'un voir un spectacle. Conduire ne s'emploie pas de cette manière. Mener les troupeaux aux champs indique où on les fait aller; les conduire aux champs fait concevoir l'action de les faire aller le long du chemin pendant plus ou moins de temps et en prenant certains soins, c Laissez-vous conduire où on pré* tend vous mener. » Hol. « Ne soyez point en peine où je vais vous mener; laissez-vous conduire, « In. c Laissons -nous conduire par cette douce voie, en quelque endroit qu'elle nous mène, v Boss. « Vous êtes le seigneur de Santiilane; c'est vous que j'ai ordre de conduire où jç vous mène, » Les.
Conduire quelqu'un dans une maison, c'est seulement lui servir de mentor ou d'introducteur , l'accompagner , l'aider à se présenter. On mène quelqu'un dans une maison sans Tormalités , en prenant tout sur soi , et comme d'une manière souveraine. Le chemin qui conduit à la ville est long, a des détours, des embranchements qu'il faut savoir reconnaître; celui qui y mène , y aboutit droit , il n'y a qu'à le suivre. Ou bien , conduire se dit d'un chemin qui tend au bien , à quelque chose d'heureux ; tandis que mener convient mieux en parlant d'un chemin qui aboutit à quelque chose de mauvais : « Socrate déclare qu'au sortir de cette vie s'ouvrent deux routes, dont Tune mène à un -lieu de supplices éternels les âmes qui se sont souillées icibas , l'autre conduit à l'heureux séjour des dieux celles qui se sont conservées pures sur la terre. 9 RoLL. Un principe finit par conduire , pourrait bien conduire , conduit à la longue ou assez souvent à telles conséquences ; un principe nous mène à telles conséquences infailliblement , nécessairement, malgré nous.
a L'art guide le médecin; le médecin conduit le malade , et la nature mène le malade à la santé ou à la mort. La boussole guide le navigateur ; le pilote conduit le vaisseau , et les vents le mènent. L'itinéraire (jfuide le cocher; le cocher conduit les chevaux ; les chevaux mènent la voiture. » Roub.
I. HABILETÉ, ART, INDUSTRIE, SAVOIR-FAIRE, ADRESSE , DEXTÉRITÉ , ENTREGENT ; — II. PO- UTIQIE, SOUPLESSE, FINESSE, FINASSERIE, BAFFINE»ENT, SUBTILITÉ, UATOISERIE ; — m. RUSÉ, ARTIFICE, ASTUCE, PERFIDIE. Tous ces mots donnent l'idée d'une qualité qui rend propre à bien faire quelque chose , à parvenir à certaines fins, à réussir dans ce qu'on entreprend.
Ils se divisent d'abord en trois classes bien distinctes. La première comprend ceux qui s'entendent toujours ou au moins la plus souvent
dans un sens favorable; la seconde, ceux qui sont pris tantôt en bonne et tantôt en mauvaise part, mais plutôt en mauvaise; et enfin la troisième , ceux qui toujours ou le plus souvent expriment une disposition condamnable , tournée à mal, emportant l'idée de fraude, de tromperie.
I. Habileté, art, industrie y savoir-faire, adresse, dextérité, entregent. Ces mots signifient tous un certain talent, sans laisser entendre qu'on l'emploie à de mauvaises fins.
' VûsVhabileté suppose du génie; l'arl, de Té* tude; Vindustrie^ de l'invention dans les moyens;
DEUXIËMS PARTIE ;
le savoir-faire , de l'habitude ; Ve^dreue et la desh tériié, de la facilité dans Teiécatioa.
VhabUeté suppose du génie , de rintelligence , une iiaute capaoité. Ce mot est le plus général et le plus noble. Il se dit dans le grand , même en matière de science et de spéculation. L'homme habik répond au aoçoc des Grecs : c'est un homme supérieur , qui connaît ia nature des choses, qui conçoit de grandes vues, forme des plans, et s'entend pariaitement à tout ce qui est •de sa compétence ou de son état. On n'attribue jàmùiù^ habileté aux animaux; mais ou dit Vhabileté d*un général (Boss. , Volt.) , d'un ambassadeur (Roll.) ou d'un ministre (S. S.); VhabMê d'un artiste (âcai>.) ou des médecins (In ). En mâme temps qu'il se rapporte à la conduite, comme tous ses synonymes , habileté a cela de particulier, qu'il est aussi relatif au savoir théorique; de là vient que habile passe quelquefois pour synonyuie de savant, a Vous vous piquiez tant d'Itabileté, et vous en aviez tant pour décou- Trir le fond de chaque ehose» et pour en connaître l'équiié ou rinjuslicel » Rouan, n Je trouvai cette idée di^ue d'un homme qui nous a donné des preuves de i>on liabileté dans toutes les sciences mathématiques. » Bupf.
Vart suppose de l'étude. Avec de Vart on a de la méthode , on a ctfuaaisso&ce de certaines règles et on s'y conforme. « Les jeunes gens doivent apprendre à tailler leurs plumes et à le faire avec art et selon les règles. » Roll. % Vart merveilleus avec lequel les abeilles construisent leurs oeilules. » AcAD. « Employez-y Xart des plus excellents ouvriers. » Labk. « Combien d'arl pour rentrer dans la naturel Combien de temps, de règles , d'attention et de travail pour danser avec la mâme lil>ertè ei la même grâce que l'on sait marcher 1 • In. « Le général des ennemis a plus d'an , de justesse et de suite que le n6tre. » Fên. ^^ Ou bien , toujours conformément au sens du mot étude, art exprime surtout le soin, l'application , et c'est pourquoi on dit , l'^rl de plaire , Vart des ménagements, l'art des précautions (Mass.), L*ar< de s'insinuer dans les cœurs (Rahth). « On proposa sous Auguste la correction deii mœurs et du luxe des femmes. Il est cufieux de voir dans Dion avec quel art il tluda ces demandes importunes des sénateurs. 9 Mostesq. « Dieu semble no rê^Mr pas tant par puisiance le cœur humain , qu'il le ménage par art , et qu'il le conduit par industrie. » Boss. — D'ailleurs, le mot art est surtout objectif; il appelle priricipa» lement l'altention sur la chose faite, et la représente comme soignée, comme bien et régulièrement travaillée. « Observez seulement un insecte , une mouche , vous y verrez un «rt infmi qu'au-! cune industrie humaine ne peut imiter. » Volt. « On ne peut nier qu'il n'y ait de Vart dans là oature. » Ross,
Industrie exprime de l'invention dans les moyens , une habileté subalterne , ou une partie de VhabUeté qui consiste à trouver sans peine des
ceux qui se distinguent par leur industrie, t U 7 a dans ce qu'on appelle nature un art et une industrie supérieure dont l'invention humaine n'est que Tombre. » Fbn. « Les complaisances de Protésilaa et son industrie inépuisable pour m'inventer de nouveaux plaisirs. » In. « J'étais un étran- < ger ; tout était contre moi ; je n'avais de ressource i que dans mon industrie. » tfazarin. Fis. < O3 appelle parmi nous un grand ministre celui qui , est homme à'ind$utrie , et qui trouve ce qu'on {appelle des expédients. » Montesq. «Dans ce I monde, il fauf vivre d'adresse, et aux penoanes comme nK)i le ciel n'a donné d'autres rentes ':ii' l'intrigue et que l'indu^lrie» »(Frosine, femm* d'intrigue, dans l'-^rarc) Mou « Newton, lArchimède de notre temps par la force de songêcii industrieux et inventif dans la pratique. • Bou « Dercyllidas était surnommé Sisyphe à caus« 1^ son industrie à trouver des ressources, et de sol habileté à inveater des machines de guerre eti en faire usage. > In. « Quant aux animaux, eo connaît-on dont les travaux, les mœurs, les habitudes , montrent plus d'industrie, plus de so^ cité , plus d'invention que les castors et Itî fourmis I» Lâh.
Ulysse, en apparence apK^^^i^i^iii mes iUkobh, De ce premier loneot laiftsa passer lo cours; Mais bientôt rappelant sa cruelle industrie..,.
Savoir-faire suppose de l'habitude , une ce:
taine facilité acquise par l'expérience. 11 aplusii^
rapport avec le mot d'industrie qu'avec tout ai-
tre ; car le savoir-faire consiste aussi à être api-
ble de se tirer d'embarras; mais il dénote mi
d'originalité que de routine. Au reste, D'<:t:
pas d'origine latine, comme industrie ^ ^
formé de deux mots français , ce terme a moisï
de noblesse, convient mieux au discours ùo»
lier, et se dit plutôt en parlant des choses pec
relevées ou de peu d'importance, c 11 n'y a p£
grand «atM)tr«'/aire à tuer et à être tué pour ui
sous par jour. » Volt. « Ceux qui n'ont qu'»-
ressource se rendent toujours très-savants à:^
l'art qui leur est nécessaire. Les autres peuple» ilf"
viennent volontairement tributaires d'unww»'*
faire qui leur manque. » Id. « Qu'une perso--^
consacrée à Dieu renonce même aux avaotZg'e:
qu'elle peut tirer de son talent et àesansa^'
faire. » Fén. « Je veux vous régaler ce soird'J^
civet de lapereau de ma façon; vous verrez si jj|
tort de vanter mon savoir-faire. » Les. « Tout «
savoir-faire de Mlle de Cliausseraye auprès ^^
roi, était de faire l'idiote, l'ignorante, l'in^';^
rente à tout, et de lui procurer le bien-aise i'^
tière supériorité d'espnt sur elle. » S. S. -C»
surtout quand il s'agit de l'acquisition dcsbta?
de la fortune qu'on emploie savoir-f(ii^^' ^
Lafontaine , un trafiquant sur mer s'étant eon-
chi, se croit redevable de ses richesses i|*
savoir-faire. « Etre riche par son saroif-M*
Labr. «J'aurais bien pu me remonter, je ^
qui consiste a trouver sans peme des expédients , à découvrir ce qui peut être utile à l'action. C'est le sens qu'a co mot dans les expressions : yivre d*tndM«(ne, et, chevalier d'induifriV?. Les brevets d'inventioa sont la récompenso de j ^^^ ^^ prêtre gascon ou provençal qu
mençais même à comprendre que, poarg*^ du bien, le savoir-faire vaut mieux que lesiwff- Bbaum. « Ménage parle d'un honnête ecclésiis;
que qui avait eu plus de cinquante ^"^^^^.jt^ tait un urètre ffascon ou nrovcncal QU'OÛ VP*^ '
SYNONYMES A RADICAUX DIVERS
pour son satovr-fàire ^ Tàbhé des ea^édienti, » D'At.
AéLrtise et dextérité expriment de la facilité dans rezécution, une certaine habileté de main. La ressemblance est très-grande entre ces deux mots. V adresse et la dextérité emploient les moyens fournis par Yindustrie ou le savoir-faire, et agissent conformément aux Tues , aux idées de Y habileté et aux règles de Vart. Elles consistent à bien opérer, soit au propre, soit au figuré. C'est un talent tout relatif à Taction , et non pas à la théorie, à des règles, à rinveniion des moyens. Un prestidigitateur , un archer , un praticien , un négociateur doivent montrer de Todresse ou de la dextérité.
Adresse et adroit viennent de droit. Adroit, c'est-à-dire droit à, qui va droit au but, qui ne tournoie pas, qui ne s'égare ou ne s'écarte pas. Dextérité vient de dextra, la main droite, et rappelle la supériorité de la main droite sur la gauche. L'idée propre de Yadresse^ c^est la justesse , c*est de faire comme , où et quand il faut , c'est c de n'employer que la quantité de force et de mouvement nécessaire. » Coud, a Vadresse est une juste dispensation des forces que Ton a. • HoNTKSQ. L*fdée propre de la dextérité, c'est la prestesse , l'aisance et la délicatesse avec lesquelles on agit. Sans adresse^ on se remue beaucoup pour faire peu de chose , on tracasse, on agit mal à propos , on gaspille ses moyens, on gâte sa matière; sans dextérité^ on agit gauchement, sans çrÂce , d'un air lourd et embarrassé, c Jl s'agit moins ici de grands efforts que d'une certaine adresse. » J. J. « Cyrns s'avance gravement, et, tenant la coupe, il la présente avec une gr&ce et ime dextérité merveilleuse. » Roll. « On venait à Paris pour toutes les cures et pour toutes les opérations qui demandaient une dextérité non commune, v Volt. — D'ailleurs, Yadresse est plus générale que la dextérité : elle regarde tous les mouvements de toutes les parties du corps ; elle se développe dans tous les Jeux d'exercice , le billard , la paume , la course , les sauts , la danse. « n fait tout avec adresse; il a beaucoup d'adresse dans tous les exercices du corps. ' Acad. La dextérité se borne strictement à la main. « L'honune a des mains dont la dextérité surpasse , pour se faire des armes, tout ce que la nature a donné aux animaux. » Fék. c Un médecin assez industrieux pour manier dextrement une partie et si malade et si délicate, s Boss. «Le phoque se sert de ses mains avec tant de dextérité, qu'il monte assez promptement sur un rivage élevé, sur un rocher et même sur un glaçon, quoique rapide et glissant. » Bdff.
Au figuré , mêmes différences. D'abord , adresse
est d'un usage plus étendu : il se dit de toutes
les manières d'agir , même les plus abstraites ,
. les plus éloignées de rappeler l'opération de la
main.
Remarque arec adresse Avec quel sdn Néron fait gûder la princesse.
^ • lUc.
Je vote qu'à l'excuser votre adresse est extrême.
Id.
son esprit et par son aaresse. • S. S. Dextérité, au contraire, ne s'emploie qu'en parlant de négociations ou d'affaires qu'on manie , qu'on traite , auxquelles on met la main , et ce mot exprime alors une habileté de main ou d'action plus expéditive , plus délicate et plus exquise , pour ainsi dire. « M. Heuron a agi avec tant de dextérité , qu'il a ramené tout le conseil d'État à son avis. La manière dont il s'est tiré de cette affaire prouve qu'il est très en état d'en manier de plus grandes. » J. J. « Périclès avait une grande habileté et une dextérité merveilleuse à manier les esprits. « Roll. « Par sa beauté , par ses grâces et surtout par son adresse et sa dextérité infinie , Cléopâtre allait devenir toute-puissante auprès d'Antoine. » In. « La dextérité avec laquelle Henri IV négocia la reddition de Paris, de Rouen , de Reiras , marquait l'esprit le plus souple et le plus exercé dans les affaires. » Volt.
Une autre différence est que, comme dans quelques exercices du corps , la lutte et l'escrime, par exemple, l'essentiel est, pour le moins , autant d'échapper aux coups que d'en donner; adresse se prend plutôt dans le sens négatif, pour indiquer qu'on esquive , qu'on évite' les difficultés et les obstacles , qu'on se défend. « M. de Cambrai sait Wen d'autres détours , et il est temps de découvrir plus à fond toutes ses adresses» 9 Boss. « Le bon père s'en échappa adroitement. » Pasc. «Si par éloquence et par adresse vous pouvez détourner ce coup. » Lap, « On s'affranchit des lois par la puissance , on s'y soustrait par le crédit, on les élude par adresse. » DacL. Dextéritét au contraire , est toujours positif et suppose l'attaque, a Un sanglier passait son chemin ; mais la princesse a voulu égayer sa dextérité, et de son dard lui a fait au-dessus de l'oreille une assez petite blessure. « Mol.
A ces mots Condillac joint celui à* entregent , qui a une idée propre bien distinctive : il n'est d'usage que par rapport à la société. Ventregent, entre gens , est le savoir-vivre , tout différent du savoir-faire ; c'est la manière adroite de se con* duire dans le monde pour se rendre les personnes favorables. « Je n'avais pas laissé, malgré mon peu d'entregent , de faire dans cette maison quelques connaissances. » J. J. «Le comte de Roucy avait , avec toute sa bêtise , un entregent de cour que l'usage du grand monde lui avait donné. 9 S. S. « L'abbé Fleury , discret, doux, liant , respectueux , modeste , circonspect , eut la fortune et Yentregent d'être d'abord souffert , puis admis dans les meilleures compagnies de la cour, et de s'y faire des protecteurs et des amis. » In.
Elle n'avait pour tout bien qu'une fille , Jeune, ingénue, agréable et gentille.
Peu d'en/re^0n/ , beaucoup d'honnêteté. Lat. Je ne saurais pas bien mon monde, Et je manquerais d'entregent^ SI.... BCAaa.
11. Politique, souplesse, finesse, finasserie, raffinement, subtilité, matoiserie.
On peut appliquer à la qualité marquée par chacun de ces mots ce que Labruyère dit de la finesse seule : « Elle n'est ni une trop bonne ni « La comtesse de Soissons régnait à la cour par j une trop mauvaise qualité ; elle flotte entre le vice
DEUXIËUE PARTIE :
et la Terttt. » Cependant toutes ces qualités semblent incliner plus vers le vice que vers la vertu ; mais c'est vers un vice qui est plutôt bas qu'o« dieux , car il a moins pour principe la malice ou la méchanceté , le plaisir qu'on prend à nuire aux autres, que l'intérêt ou le désir de sortir d'embarras , de se soustraire à quelque chose de fâcheux. — Du reste, ce caractère mitoyen et neutre , pour ainsi dire , pourrait se démontrer par des citations de nos meilleurs écrivains. D'une part , Voltaire dit de la finesse : c Elle peut quelquefois subsister sans habileté. » Et Fénelon : a Gardez-vous de persuader aux enfants que c'est être habile que d'être fin. > « Suppléer à Vhàbileté par la finesse. > Agio. « Les finesses et les trahisons ne viennent que du manque d^hàbUeté,» Larogh. D'autre part, Saint-Simon dit de M. de Pomponne : c II avait une finesse , une souplesse sans ruse , qui savait parvenir à ses fins sans irriter, s Et Bossuet, au sujet des ministres protestants : « Voilà les subtilités, pour ne pas dire les artifices , où ils sont réduits pour se donner des prédécesseurs. »
Mais la politique est particulièrement distinguée par la dissimulation, c'est l'opposé de la franchise ; et, comme il y a une franchise Ijlâmable , parce qu'elle est excessive , il y^ aussi une politique légitime et même louable. La souplesse est caractérisée par une grande facilité à se plier à tout et à tous ; elle se rapporte à la complaisance et est opposée à la hauteur,' à la fierté- Fineste, finasserie , raffinement et subtilité diffèrent bien des précédents et ont entre eux la plus grande ressemblance. Ils expriment tous un esprit de ressource , mais en petit, un esprit capable de trouver de petits moyens , des tours ou des détours.
Un vieux bête des bois, ÎLeuné Jin , subtil et matois, Laf.
C'est la qualité opposée à un esprit grossier , pesant.
La politique est une espèce de tactique qui a pour but de ne pas laisser apercevoir ses intentions, de ne pas se laisser pénétrer, de garder toujours une arrière-pensée ; apparemment parce que la politique proprement dite , l'art de gouverner les États, demande surtout qu'on s'applique à cacher ses projets et à découvrir ceux des autres, c Auguste ne pardonna à Cinna que mal- . gré lui , vaincu par les raisons ou par les importunités de Livie. Ce ne fut que par politique , et non par générosité qu'on le vit une fois exercer la clémence. > Volt. « Une mère , préoccupée de son directeur, est mécontente de sa fille, jusqu'à ce qu'elle prenne sa direction ] et la fille le fait par politique contre son goût. » Fbn. « Si j'ai dit que je voulais corriger ma conduite, c'est un dessein que j'ai formé par pure politique, un stratagème utile, une grimace nécessaire pour ménager un père dont j'ai besoin. • Don Juan. Mol. c Une fine et habile politique pénètre dans les desseins les plus cachés des autres , sa^ jamais laisser entrevoir les siens. > Boll. Celte reinle douceur, celte ombre d'amillé , Yieni de ta politique , et non de ta pitié. Goaii.
•Quoique tous les Guzmans eussent une haine
mortelle pour ce Jeune seigneur de fntche date, ils la dissimulèrent par politique. » Lxs. - û ailleurs politique est le seul de ces mots qui désigne tout un art , .un plan de conduite , et dod un acte , un tour particulier ; et c'est pourquoi il est le seul ^ui ne se prenne jamais au pluriel c Vous qui conduisez des âmes, ne suivez pu les règles de la politique du monde. > Boss.
La souplesse est humble, docile, soumise, rampante. L'homme souple se fait petit, cède 4 propos , s'insinue et se faufile en se prêtant à tout -, il se garde bien de résister à ceux dont i: veut tirer parti ou qu'il a intérêt de ménager. Tel est le courtisan. « La souplesse courtisane de Voltaire. » J. J. c On opposa l'inflexibilité à k souplesse, s Volt.
La richesse permet une juste fierté ;
Mais il faut eire soupU avec la pauvreté. Bon.
« Ils sont intraitables : ni hauteur, ni «oupIemLi les peuvent dompter. > Labr. c Gens humbles ei souples jusqu'à la bassesse. > Bodrd. « L'esprii du monde n'est qu'un commerce de loupIoted'égards, de complaisances, d'attentions, de ménagements. Il faut n'avoir point de sentimeet à soi. » Mass. « La fortune exige des soins. Il faut être souple, amusant, cabaler, n'offesser personne, plaire aux femmes et aux hommes ea place. » Vaov. « Béatrix, qui avait l'esprit «»• pie et liant, s'insinua sans peine dans les boiue grâces de sa nouvelle maîtresse et gagna sa confiance. » Les. « Cette souplesse était le canctère dominant d'AUibiade : véritable caméléon, U« lui coûtait rien de prendre toutes sortes de coqleurs et de formes pour se concilier ceux wt qui il avait à vivre. • Roll.
Fineue, finasserie, raffinement, subtilUé:^' lent ou façon d'agir d'un homme ingénieux potf les petits moyens, les petites inventions, les petites excuses , les tours ou les détours.
Finaiserie est familier et signifie une mauTaa petite finesse (voy. I" partie , p. 225).
Raffinement est augmentatif et ïolontoire^» marque une grande finesse , et une finesse recM^ chée , fruit d'efl'orts et d'une certeine application. « Un homme qui sait la cour est maître de «» geste , de ses yeux et de son visage; il conino» son humeur, déguise ses passions, dément i« cœur. Tout ce grand raffinement n'est qu'un tw quelquefois inutile. » Labr. « Toutes les Tuesfl plénipotentiaire, toutes ses maximes, tous i« raffinemenU de sa politique tendent à une seu« fin , qui est de n'être point trompé et de wm les autres. » In. « Épuiser ses forces pour trouver quelque raffinement inusité dans la conduJie des affaires. » Boss. « Des raffinements àt^^^ que. « ID. Un courtisan raffiné (Boss.,S.S-J» un courtisan très-/în, et qui a acquis sa ^w force d'étude et d'expîérience. .,,1
La finesse difl-ère de la subtiUié. Fin et »?» signifient primitivement petit, délié, menu, propre par sa ténuité à échapper ou * P«";^^ Mais subtil semble rappeler subit, dont lar*
est pcut-^tre U même, subire, aUer des»^'^^ glisser, éclater , survenir; si bien que ce n» ^ prime la soudaineté, l'instantanéité. A^ec finesse, on se tire d'affaire, mais ce p«ttt
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
la longue; avec de la iuWUié, on 8*eQ tire preatefloent et de manière que personne n'y volt rien , aimi que l'escamoteur subtil, qui fait disparaître les objets comme par enchantement. Finesse désigne quelque chose qui peut avoir de l'étendue et de la suite; subtilité , quelque chose de restreint ^ de passager, c On a une conduite fine, dit Voltaire; on joue un tour subtil. » La finesse^ pouvant procéder lentement et avec mesure, marque de la prudence. « Si vous ne formez l'esprit des jeunes filles à la vraie prudence , elles s'attacheront à la fausse , qui est la fineue. » fis. € On appelle prudence une si indigne finesse,^ RoLL. La subtilité dénote plutôt de la vivacité et de la présence d'esprit. « Ésope faisait tous les jours de nouvelles pièces à son maître, et tous les jours se sauvait du châtiment par quelque trait de subtilité. « Laf. « On tend un piège avec finesse; on en échappe avec subtilité, • Volt. K La défiance rend fin; l'envie de réussir, jointe Ua présence d'esprit, rend subtil, » Gir.
La ressemblance est peut-être encore plus grande entre le raffinement et la subtiliié. Car ricadémle définit le raffinement, une extrême tubtilité; et pour subtilité elle renvoie à subtil , qu'elle définit par trop rafliné. De plus , raffiner et st^tiliser sont synonymes dans le sens d'alambiquer, de chercher beaucoup de finesse dans une question , dans une affaire.
Mais raffinement rappelle le verbe raffiner, d'où il vient; il est subjectif, c'est-à-dire qu'il se rapporte À un sujet qui agit et aux qualités qu'il doit avoir. SubtUité , qui ne vient pas du verbe correspondant subtiliser , et qui , au contraire , sert à le former, est objectif , c'est-à-dire significatif d'une chose qu'il fait considérer en ellemême , selon sa nature. < Désabusez les enfants des mauvaises subtilités par lesquelles on veut faire en sorte que le prochain se trompe ssns qu'on puisse se reprocher de l'avoir trompé; il y a encore plus de bassesse et de supercherie dans ces raffinements que dans les finesses communes.» FÉN. Raffiné se dit bien des personnes : « D'autres personnes qui se croient plus raffinées vous diront....» Boss. Subtilisé s'applique seulement aux choses : des excuses subtilisées (Fési.) ; des amours trop subtilisées. (Mol.). On se raffine, on le se st^tilise pas. •— Quant au sens qui résulte les radicaux de ces deux termes , subtilité semble enchérir sur raffinement. « Ces théologiens l'ont que des sens théologiques , opposés au sens Littéral , et pleins de raffinement et de subtiliié. » Boss. Dans raffinement et raffiner l'excès de finesse va seulement jusqu'à la recherche et à l'affectation; dans subtilité et subtiliser, il est porté jusqu'à l'abstraction, à l'anéantissement, et comme à l'escamotage de la chose , jusqu'au ridicule et à l'erreur. Il y a des degrés dans le ^^[finement ; on raffine plus ou moins : on subti- ^'e sans mesure, c Pourquoi subtilisex-yoMs sans (Mesure? Aimer ses ennemis.... (Vous voulez ez- PHquer ce précepte).... Raffinements ridicules! àiiner » c'est-à-dire aimer. Pourquoi raffiner ûh- ^antageî » Boss.
^atoiserie est un terme familier qui exprime i^^e finesse de «vieux routier , une aptitude à avoir
toujours des expédients tout prêts , aptitude ac* quise par une longue expérience.
Sur la branche d'un arbre était en sentinelle Un vieux coq adroit et matois. Laf.
C'est un mot du style badia et enjoué; le talent qu'il signifie ne tire pas à conséquence , est peu capable de nuire.
Mais d'où vient qu'au renard Ésope accorde un point ,
C'est d'exceller en tours pleins de matoiserie. Lap.
On le dit aussi des hommes. « Je soupçonne ces femmes d'être deux fMtoises d'autant plus raffi • nées qu'elles afiectent plus de simplicité. > Les.
Matoise y mijaurée!
Fille pressée , âme dénaturée ! Volt.
n s'y connaît. Ne vous y fiez pas !
C'est un matois; il fait le bon apdtre.
J. B. Rouss.
IIL Alite , artifice , — astuce , perfidie.
Ces mots signifient une disposition essentiellement mauvaise, un penchant au mal. « Les sérails d'Orient, où Vartifiee, la méchanceté, la ruse, régnent dans le silence. » MortTBSQ. À la rigueur, un honnête homme peut être souple, fin, et même subtil; mais il ne peut être rusé, artificieux, astucieux, ni perfide. Les qualités exprimées par ces derniers mots sont moralement répréhensibles. Cependant elles ne le sont pas toutes aussi absolument : on peut quelquefois se permettre la ruse ou Yartifice , mais jamais Vastuce ni la perfidie. Il y a des ruses innocentes , et des artifices nécessaires.
En amour comme en guerre une mse est permise.
Volt.
c Le sénat voulait vaincre les ennemis par la force ouverte, sans y employer les ruses ou les artifices, même ceux qui sont permis à la guerre.» Boss. c II n'est pas d'un galant homme de se servir de ruse , excepté en cas de représailles et en fait de guerre. On est quelquefois obligé d'user à*artifice, pour ménager les gens épineux, ou pour ramener au point de la vérité des personnes fortement prévenues. » Gir.
Ruse , artifice.
La ruse ressemble beaucoup à la finesse , si ce n'est qu'elle est plus ordinairement mauvaise, ou employée à mal; elle suppose de l'esprit, une imagination ingénieuse.
Qu'on a sous cet habit et d'esprit et de ruse/ (Grispin dans le Légataire). Reg!!.
L'invention est belle
J'admire ton adresse i trouver ceUe ruse^ Coasr.
c Nous voyons les animaux imaginer, ruser même, et ce qui est plus fin encore, prévenir les /Inex^et.» Boss. « Cette lecture n'est pas propre à cette sorte de gens d'esprit , qui n'ont que de la ruse , et qui ne sont fins que pour pénétrer le mal. » J. J. « Le violeinent ouvert des traités, ou de petites fnesses et d'indignes, rinses pour en éluder l'exécution. » Boll. < L'honneur permet la ruse, lorsqu'elle est jointe à l'idée de la grandeur de l'esprit ou de la grandeur des afllaires, comme dans la politique , dont les finesses ne l'offensent pas. » MoRTESQ. En générai , la ruse a pour but et pour effet la tromperie; c'est la faculté de tromper ou l'emploi de certaines finesses pour tromper. « Les ruses du malin. » LAPt