DEUXIÈME PARTIE
BuvF.— De plus, inhabité est absolu et n'a rapport à aucun état antérieur, c On a des preuves que ces animaux (les chèvies et les brebis) sont naturellement amis de l'homme , et que dans les lieux inhabitésiis ne deviennent point sauvages.» BuFF. c Au milieu de ces vallons inhabités et de ces roches escarpées, saint Bernard se choisit encore un trou profond. » Boss. Hais ce qui est désert ^&ii être devenu tel, avoir été évacué. Dans les grands froids , la campagne est déserte (J. J.); à l'époque où les ascètes se rétiraient dans les solitudes de la Thébaîde , les villes entières étaient presque désertes (Boss.). Après la mort de Louis XIV, c la cour ne parut plus à Madame qu'une solitude affreuse ; elle crut vivre dans une terre déserte et abandonnée. » Mass. La ville de «^Elevel ayant été prise d'assaut par les Russes, ceux-ci furent fort étonnés , en y entrant , de la trouver déserte. Les habitants avaient pu s'embarquer sur quelques vaisseaux de Suède (Volt.). Vous appelez inhabité ' un quartier peu peuplé d'une ville ; un quartier d'une ville vient- il à être frappé d'une contagion, il est bientôt désert. — Enfin, inhabité est un terme de géographie qui n'a aucune signification accessoire , qui ne donne des lieux dont il est question aucune idée avantageuse ou défavorable ; tandis que désert les représente dans un état de délaissement , de désolation, comme incultes, nus, vides, dépourvus de tout. Dans le Télémaque , Philoctète , déposé par les Grecs dans l'île de Lemnos, voit arriver à lui Néoptolème, et lui crie : a 0 étranger, quel malheur t'a conduit dans cette lie inhabitée? 0 qu'il me tarde de trouver sur tes lèvres cette langue que je ne puis parler à personne depuis si longtemps dans cette solitude I» Plus haut, il avait raconté comment « 11 demeura seul , sans secours, sans espérance , sans soulagement, livré à d'horribles douleurs, dans cette île déserte et sauvage. »
Solitaire a aussi son idée propre , comme désert; mais ce n'est pas celle d'abandon et de dénûment, c'est celle de solitude, d'éloignement du monde. Un lieu solitaire est écarté ; on y vit retiré, tranquille, loin de la fréquentation des hommes^ des regards et du tumulte. « Je m'asseyais dans les réduits les plus riants et les plus solitaires pour y rêver à mon aise. » J. J. « Paul Emile, malade, s'embarqua pour Vélie, où il demeura assez longtemps près de hi mer, dans une maison fort solitaire et fort retirée. » Roll. « Ce sont des trembleurs , ainsi nommés pour avoir pris la fuite dans un combat. Leur extérieur sert à les faire reconnaître, et Us humilie si fort qu'ils ne fréquentent que les lieux solitaires, • Barth.
Sauvage réunit les deux nuances de solitaire et de désert. On l'applique à des lieux solitaires en même temps que sans culture et affreux, comme sont ceux qui servent de retraite aux animaux sauvages. J. J. Rousseau dit en parlant de l'Ermitage , petite campagne charmante et très-bien cultivée qu'il habitait à quatre lieues de Paris ; « Ce lieu solitaire plutôt que sauvage me transportait au bout du monde. » On dit un asile solitaire (AcAD.) , et un sauvage désert (Fén.).
INHUMER, ENTERRER. (SXHUVEK, DÈIQ- RER). Mettre en terre un corps mort.
Etymologiquement, ces deux mots signifient exactement la même chose , mettre en terre; or inhumer se compose de tn , en, et humus, tene. Seulement, inhumer est de formatioa latine, et enterrer de formation française : de là toute h différence.
Inhumer l'emporte en noblesse : c'est enkm avec des cérémonies religieuses , rendre les der. niers devoirs ou les honneurs funèbres; lali^ qu'enlerrer exprime simplement l'acte matàiel de déposer dans la terre. Le prêtre inhune h morts , le fossoyeur les enterre. On n'inJivnKpis. on enterre les corps des animaux; un ass9^ n'inhume pas» il enterre le cadavre de la persoime qu'il a tuée.
Toutefois , on n'use pas d'une si grande précision dans le langage commun ; on se sert ass d*enterrer pour dire mettre en terre suivant certains rites. C'est qu'alors on ne veut expiicr? aucune solennité, mais indiquer autre chose, l'endroit de la sépulture , par exemple. Voltaire traite d'infâme l'ancienne coutume d^enkrmh morts dans les églises , parce qu'il s'en exiiale ^ odeur pestilentielle. « Abraham, étant dus II Palestine , demande aux seigneurs du p&jrs jusqu'à la terre où il enterra sa femme Sara. > Bas. c Je mourrai dans la terre où vous serez atirrit et j'y choisirai ma sépulture, disait RuthàXoèmi. » In. « Encore qu'il soit écrit qu'Adiu fat enlerr^ dans la cité de David, l'Ecriture mrq^^ expressément qu'on ne le reçut pas dans k sépulcre des rois d'Israël. » In. « Urne la priocess de Conti vent être entende à sa paroisse silD{d^ ment, comme la moindre femme.» Ssr. *U cardinal de Toumon fut enterré dans l'église^ la Propagande sans aucune pompe. » S. Sipr^ le combat on enterre les morts sur le champs bataille, a Le carnage fut si grand et la fui^ i^ prompte, qu'il ne resta personne pour e^ierrv les morts. > Roll.
Mais on préfère et il faut préférer inhumer, s'i^ s'agit , non d'un simple enterrement, mais àtit nérailles, c'est-à-dire d'un enterrement fait its pompe. On enterre tout le monde, on tsAviKis rois; on enterre de toutes les manières, ca inhume avec de grandes cérémonies, degri»!^ honneurs. « Les rois qui ont bâti les pynoidi^ n'ont pas eu le pouvoir d'y être inhwnés, et ils n'ont pas joui de leur sépulcre. » Boss. < Aoiito de traîner sur la claie ce prétendu suicidet^^^ Vinhuma avec 4a plus grande pompe.* ^oii. a Les soldats russes commandés pour fii^^'' dans le chftteau de M ittau , les caveaux 012 étaie^^ inhumés les grands-ducs de Coorlande. > ^; < Si les Anglais ont inhumé le célèbre Oldfieid « côté de leurs rois, ce n'éUit pas son métier, n»i son talent qu'ils voulaient honorer. » J- '• '^^ honneurs des obsèques de Harlboroogh et l^ magnificence égalèrent, à peu de chose p^^celles des rois d'Angleterre : il fut inhuma Westminster, dans la chapelle de HeniiV^^ ' S. S. « Ma mère n'était point fichée que ««» mari fût inhumé avec éclat.... Scipioa alît a^ prendre les mesures nécessaires pour m^^^
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
funérailles superbes. » Les. « François de Borgia fut déterminé à quitter le monde par la vue du cadayre d'une reine et d*une impératrice, qu'il eut ordre de faire solennellement inhumer. » Bourd. « Le corps de Tatius fût porté à Rome, où il fut inhumé en grande pompe. » Roll. *
ININTELLIGIBLE , INCOMPRÉHENSIBLE , DV- GONGEVABLE. Insaisissable à notre esprit.
Inintelligible^ c'est ce qui ne peut être en* tendu ; car notre yerbe entendre répond exacte* ment au latin intelligere , d'où vient inintelligible. « Cela ne s'entend point; cette phrase est inintelligible. > Volt. « Il me fait un crime d'écrire pour être entendu; Je n'envie à personne le profond savoir qui n'engendre que des écrits inintelligibles. » J. J.
Ces trois mots diffèrent donc comme Entendre, comprendre et concevoir (voy. p. 673).
Inintelligible se rapporte & l'expression seule : jargon (J. J.), style (Volt.)i phrase (Id.), inscriptions (Id.), maximes (Mass.) inintelligibles. c Entasser sur la Trinité force discours inintelliffiblee. » J. J. c On a expliqué Aristote de mille façons , parce qu'il était inintelligible. » Volt. « Platon fut inintelligible comme les autres philosophes , mais plus éloquent. » In. « On ne wt ce que c'est qu'une dme légitimée : c'est une expression inintelligible. » Lab. c Ce style brusque jette beaucoup d'obscurité dans le discours : et c'est ce qui est arrivé à Thucydide , surtout dans les harangues, qui sont, en beaucoup d'endroits , presque inintelligibles. > Roll. Incompréhensible se rapporte à la nature des choses. « Dieu est incompréhensible, a Pasc. , Volt. « Le moyen d'union de l'âme et du corps me paraît absolument ineomipréhensible. » J. J. « L'homme doit comprendre qu'il est un monstre incompréhensible. » Pasc c Cherchons le repos de notre esprit en nous perdant dans l'abtme sans fond d'une vérité (celle de la grâce) aussi assurée qu'elle est incompréhensible. > Boss. c Quelque incompréhensibles que soient les effets de la nature, quelque compliqués qu'ils nous paraissent, nous les jugerons comme les plus évidents et les plus simples. » Buff. c La destruction des templiers est un des événements les plus incompréhensibles, a Volt. « On cherche du merveilleux , il est partout, puisque les moindres ouvrages de la nature sont incompréhensibles. » ID. Voltaire reproche à Lefranc de Pompignan
4 . Entre exhumer et déterrer, la différence eit la même. Le premier est un terme distingué qui signifie un acte d'aotorilé; le second est on mot du langage commun qui désigne l'action matérielle de Fouir la terre pour en retirer un corps mort. « Sous Henri II, le seigneur de Monins, commandant de Bordeaux , ayant été massacré par des séditieux , le connétable Anne de Monlmorency ,■ gouvemcur du Languedoc, vint avec un mettre des répètes interdire le parlement; il fit exhumer le corps du seigneur { de Uonins, par tous les officiera du corps de ville, qui ftuvnt obligés de le déterrer avec leurs ongles. » Volt. — Au figuré, ces deux mots se disent de Taction de découvrir des choses profondément cachées. Seulement , exhumer est d'un style plus relevé , plus choisi, et déterrer appartient au langage vulgaire: exhumer des titres, déterrer des titres.
d'avoir, dans une ode, appelé Dieu un être inintelligible, n ajouts avec raison qu'il fallait mettre incompréhensible, d'autant q\i'inintelligiMe exprime toujours un défaut, etqu't'ncompréhensible peut être appliqué aux choses saintes et respectables , comme les mystères de la religion. Ce qui est incompréhensible est de sa nature impénétrable â notre raison ; nous ne pouvons nous en rendre compte; nous y trouvons une obscurité , non pas de forme ou de termes , mais de fond, essentielle, et qui demande, non pas une définition de mots , mais un éclaircissement ou une explication de chose, un dénoûment, une solution. « S^ns ce mystère, le plus incompréhensible de' tous (celui de la transmission du péché originel) , nous sommes incompréhensibles à nous - mêmes. Le nœud de notre condition prend ses retours et ses plis dans cet abime. » Pasc.
Incompréhensible s* emploie bien quelquefois en parlant d'un discours ou d'un livre; mais c'est moins en ayant égard au sens littéral qu'aux idées qui échappent , ou dans lesquelles on croit voir des difficultés ou des contradictions. « Jésus- Christ ayait dit qu'il pourrait détruire le temple et le rebâtir ai trois jours. Un tel discours était incompréhensible pour les Juifs charnels. » Volt. c II est permis , en lisant l'Écriture , de ne pas comprendre les passages qu'on trouve incompréhensibles. » J. J. c Rabelais est incompréhensible; son livre est une énigme inexplicable : c'est Tine chimère, c'est le visage d'une belle femme , avec des pieds et une queue de serpent : c'est un monstrueux assemblage d'une morale fine et ingénieuse et d'une sale corruption. » Labr.
Inconcevable, dont on ne peut se £9dre une idée , signifie d'abord au propre ce que l'imagination ne peut se représenter. « Loin de pouvoir imaginer aucun ordre dans le concours fortuit des éléments , je ne puis pas même imaginer le combat , et le chaos de l'univers m'est plus inr concevahle que son harmonie. > J. J. Hais ensuite et le plus souvent il se prend, comme incompréhensible, pour qualifier une chose à l'égard de laquelle notre raison succombe, est impuissante.
Alors, incompréhensible est objectif, et marque plutôt l'impossibilité de la chose â être saisie par la raison; de là vient qu'il sert à former un substantif qualificatif, ineompréhensibilité. Inconuvable est subjectif, et fait plutôt songer à la faiblesse de notre raison : « Dieu nous est tncon; cevabUt misérables apprentis que nous sommes.»
Boss.
D'ailleurs, t'ncompr^^:nsi&Ie n'est pas précisément la même chose qo.* inconcevable. Je ne puis m'expliquer ce qui est incompréhensibleje n'en ai pas une idée claire ; c'est pour moi quelque chose de mystérieux : ce qui est tnconcevable n'entre pas dans mon esprit , me parait incroyable. L'un marque l'obscurité de la chose et notre ignorance à son égard; l'autre, l'énormité, rétrangeté de la chose et notre étonnement. Votre conduite est incompréhensible; on ne peut en apercevoir la raison ou les motiCi,
PCTy **¥'=' PàRXiS::
c'eât vn mystère , un abîme. ^Votre conduite est tneoticevabie; c*est à n'y pai flroîre, Je «e l?«ii- TaÎB jamais em; oéia «et oitraordtDBire , .prodigieux, cela me .passe, h i. RouMeau dît dfaue chose Hutmpfékemiibh^ qu'elle «t inoomme» obscure , mystérieuse ; lyoutez-y embamMote , inexplicable; et d'une chose suconcseobis, qn^dUe est contradictoire, absoide; oh pounnit y jcêndre, incroyable, inadmisBible,
TCUHiUBS. Paroles blessantea.
Ifi;iiref et tfnwctiees sont de tous les styles , mftme du plus i^vé; fettiseï et ipottiUei , au Qontraire , manquent -de noblens.
1* Jiit^fw, tfiœsltvct.
Irtfitre, latin tR/tinio(tn jiif , cmttN le droit) est un substantif pur; invecHvety du latin tneeht*, s'emporter ou se déchekier contre, est un substantif verbal. Les injures ont rappoist au ibnd, an sens des pardes; les tfiMcliMr, i la fonne, à la manière dont ks paroles sont expriméês) ou au IbH de leur expression. On dit des injttrei , on charge Â*injwm , les injum sont des choses; on lait des ûmctiott comme on lût des déoUmuKtions, les imoeetives sont des laits. Les injura sont fondées ou mensongères; on les Irouve plus ou moins bUtmables ; on répond à des nisons par des injwret. Hais on s'emporte en tnvecHvet, ou on en entend ; les weéeltwt ^pnt, euivant la force primitiTO du mot, 'véhémentes, furieuses et quelquefois brutales. On a'est servi d'ffijiifes pieuses pour combattre Moniesquieu; quel avantage la religion a-trcUe tiré des wcec' ttMttant de fois répétées contre l'illustee auteur de VEipfU des lois? (D'Al.). Dans l'antiquité les orateurs ne s'épargnaient pas les injures; quand elles n'étaient que des mensonges, elles ne oompromettaient que celui qui les avait proférées; «t quand elles étaient fondées , on pensait qu'un homme libre avait le droit de tout dire, et qu'un homme pouvait sans honte entendre dies tnvecttvBt (lAH^. « Démosthène s'opposa fortement & nette loi, en ménageant beaucoup néanmoins iMtuî qui l'avait proposée , louant ses bonnes intentions, ne parlant de lui qu'avec eatime; manière <de réfuter bien plue efficace que ces violentes invectives dont le style aigre et passionné n'est propos qu'à aliéner les esprits , et à rendve suspect un orateur qui décrie lui-même Sa cause et en montre le Isible en substituant des injures aux raisons, seules capables depersuader^ » Roll.
If^ures est phitdt usité au pluriel pomr désigner les choses outrageuaes qu'on se reproohe, tandis que invective se prend plus souvent au singulier, pour signifier le £sit ou le discours qui les produit ou les manifeste. < Afin qu'il ne semble pas que je veuille faire aujourd'hui sme inveeiioe inutile (contre les protestants), je conduirai ce discours avec une' telle modération que sans les charger d'tfij«res, je les presserai par de vives raisons tirées des fioritures divines. » Boss.
Les injures peuvent être modérées, dites de •ang-froid; les tnoe^vcss sont passionnées, emportées j violentes, éclatantes. « Mon Dieu! tout
doux. Vous «Uex d'abord ans tiisietieei. £&u: que nous ne {pouvons pas xaisoBoer easumki sans BOUS 'empotter? Là, parlims de sasg-frod .(Toinette A Argan^ Màiade «ma^tiiaire). Koi. « L'âme de C^fteimiestK, tourmentée et« brasée comme un volcan, répaad contre ipnemnon destoeroolB de reproches, Hmtâka.
de doideutis, de fvrenn. > Lab. « A peiae ïtàt de Anut-C^rran eut fermé les yeux qvlajr suites se dâwrdàcent en une infinité deoonée: tmmttHms contie aa mémoire. » JUc.
Les 4s^mm se oonsidérani essentieOeniat quant à leur efEot prepre , qui est d'oSeiuir , ie chagriner, ne peuvent Atie ^iirigési spit tabi les jpeBMBPes; <m fhit aussi des «Mettiovcaip les choses, contre les rices (1. J.)i eontntf laine livrée <In«), contre Ik grandeun nls injustices du monde <lUss.}, sont» li t^
OOBB. , ¥QI«.).
Les t'fieeelf ees ne se considérant q»^W port à laforme , au mode d'action, ee iDOts^s* seate quelquefois iu genre de diseoa» jàa point de vue littéraira, abstmetionfàiudiw ce «qui en eésulte tde lAoben. • Dsm luflt' doyers romains on était convenu» sus d«», de regarder rtmwdtve oomme une figaii » toiae. > lf4BK. c Chaque ligne dsoi ii^t(#» est une insulte ou une allusion; «t oe l'itf js ainsi que doit «meetéeer U véritsble oiatfL> In. « M. Lefranc de Pompignan a-^il bit ^ beUes tnoeinsver contre les déistes de sos jdvt*' ¥oLT. < L'abbé Desfontaines , ce cwpdit* d'ûtotcHves hebdomadaiMS. » D'Al.
2«'5olttMr,poiiittef.
Sottises est populaire, et pemUei f^ seulement Les i^ns du peuple étant to# sui^osés de «oftM i^ens, des gens qui pu» d'une manière impertinente , à tort et é tiif0i un donne le nom de eoitisef à leuis i^*^ c Dans ce livre de La fieaumelle eo troim ■l*'^ Discorde va dire des jotltsaf mipape.!''»^^ cru que sottûes était synonyme à'tnjem'9* est vrai dans la bouche du peuple et soi^ pfaime des mauvais oritiques, mais dos p» <^ ceux qui savent le français. » Lab. *^i^. • H. le duc d'Oriéans fut donner l'eau ixo»' la dauphine, U foule du peuple dit toit^ toutes scstee de «oMùet contre lui- > ^^ « C'était à son siqet ique j'avais en ^^.^ l'armurier, et «e miséndïle mancBstie a^ dit de lui miUe soUirer que jje n'avais pa ^ frir.»Lia.
«aBinis Mteas .
(revendeuse à la loiteUe, dans î'^'f^i*.
« Une insolente! moil je sais nD«"jT;i Jour de Dieu! oe vous y jouex pat! *'^ "**!Slî< dire des injura. Je m'en acquitteni aussi w*»-!"
vous. »
« Oh ! je n'en doute pas : la «!« ^'"" f^ » Domtront ne doit pas demeorer'eD teste de #»•
Fouilles, injure qui consiste à ^^^^^ leua, est toujours un terme de V^^^^i^ peut se dira ou se trouver dans l» "^^^ personnes les plus distinguées par ^^f^^: par leur esprit. Yoltairo écrit au ra o^^'
STNONTltES A BABJCAUX DIVERS.
que TOUS me paidoDoiez toutes les fawtilles que j*ai dites à Votre Mi^esté, at la haine lordiale que j'ai pour votre métier de César! » Et au coBUnencement d'une lettre à un Intendant l« If ouUns, on lit : « Un .peu de maladie nl*a »rivé delà consolatioii de tous écrire des j70Kt7/ef le n* main. Hélas I cruel que tous êtes,, c'est ûen toub qui faites l'intendant aTee moi , en ne *ép4ïnduit point à mes jequètesl » c Comme Hlzxae de Thianges était très -propre pour son ïDM,Ti^er , le roi prenait plaisir à lui faire mettre ies .cheveux dans du beurre, et à lui faire d'autres vilenies pareilles. Bile Youlait s'en aller, nhcntatt potttties au roi, mais sans mesura, et <|iaelquefois , à travess la table., ikisait mine de IvLx jelerces saletés au nez. »;S. S.
dQOBfelBR, TODimBBIXER^ VEXER, HOLBS- TBft, PjHBflÈaJTSR. Causer de la peine à quelqi&'oB, lui susciter quelque chose de fâcheux.
Inqiiéter^ rendre ttiquisf , c'est iadre une petite peine ^ oelle qui consiste ^simplement à troubler le r^os, à ne .pas laisser jouir de la tranquillité ou du calme. « Qu'un hypocrite trouble par aee «ntrepriaes le i^pos de .ceux qu'il lui plAit d't»q«ftfCsr.... » Sourd. Tourmenter, de lorqiiere, tordre, «eiqinme, an contraire, la .plus forte des peines, une tortura. Un besoin nous «ftqitt^e; la douleur nous Jtnmnents ..* « Dieu avait uni à notre &me un corps immortel si bien aauKti aTee elfe., qu'elle n'éteit aï im^pUétée par aucun besoin^ mi loHrmenltfe /par aucune douleur. » Bo«. « L'BgUae Ait tourmenMs d'une cTuelle manière sous l'empereur Valons. » In. Ubonsie mqiMé n'est pas «paisible; l'homme foiirmsiaif est au mi^lieB, en proie à ila souffrance. Le créancier qui tous imguiàU «hère à peine sntre repoa; le créancier qui tous tourmam vous traite sans aucun ménagement*
Viaer et fnoJeif er impliquent d'un et l'autre ridée d'izgnstice. Les choses peuvent nous inq^iéter et nous tourmenter; les personnes eeules sont oapàblee de nous etssret.de nous .«elcster. Bt lorsque no» sommes t'eqiiMirâ ou tourmenl^x, soit packs abuses, soit par les personnes, nous pâtiMone, notre àme est désagntoblement affec tée; au lieu que quand on noua eeas ou qu'on noue molnte , nous avons le sentiment d'un tort qui nous est iàis, et nous éprouvons en eonséquenœ de l'indiginatiQn.
FeeerinnonBe une ix^nstiee commise par abus d'autorité jou de pouvoir ; et molef ter , une ii^ns- , liée commise par la mauvaise foi, qui oherche chicane et 'qui querelle hors de pvqpos.
On i;0as en opprimant , on «ces le subordonné , le sujet , le laible , le paxMre. « Autrement , il ^n'y a pas d'homme riche ou puissant qui ne pût v^ter impunément ttoutts les victimes qu'il .voudrait -se choisîT dans les rangs inffirieuffa.Afiidiuif.'tt Un pauvre peuple vexé >et opprimé par Texote et la dureté de ses exactions (du prêtre). » Mass. « La jeunesse patricienne vexait ceux des plébéiens qui étaient les plus faibles et les plus exposés rinjure. » Roll. « Le seigneur et ceux qui lèvent les revenus du prince vexeront Tesclave tour à tour. » Uomtksq. « Que les souverains repreiUMDt à eux tant de droits (usurpés par le
clergé) dont on a si souvent abusé pour vexer les ujets qu'ils doivent protéger. • Volt.
Vais on moteste en tracassent , on moleste ^eehii contre qui on élève de mauvaises difficultés, à-qui de gaieté de cœur on fait des algarades.* Iklbéroni publiait que le roi d'Espagne aunit une année «t uneilotte nombreuses, pour maintenir ses droéts et ses amis , si aucun était mcHeeté en haine de cette amitié. » S. S. « Vous m'apprenez qu'on tourmente les protestants d'Alsace.... Ils sont des sujets très-fidèles, et n'ont jamais remué : je serais bien surpris qu'on les molesfdl.... > Volt. Descartes écrit aux magistrats d'Utrecht qui l'inquiétaient sous de mauvais prétextes : « Après une telle réponse ,(de ma part) , je ne pensais pas qu'il fût possible que vous eussiez aucune intention de me motefter. »
D'ailleurs, la vegrafe'on est plus particulièrement une exaction , un vol Tait par un supérieur à un inférieur; l'action de molesler consiste à causer du désagrément, des embarras, des tracasseries, c La malédiction prononcée dans l'Evangile contre les publicains ne doit regarder que ceux qui abusent de leur emploi pour vexer le peuple. » Volt. « Je demande comment on a souffert qu'un homme tel que Jurieu inofeitdl un homme tel que Bayle? » In.
pÉnéenaer signifie tourmenter ou vexer avec persévérance^ persistance, opiniâtreté (en latin pertinacia, pervicacia). Ce mot enchérit donc sur tous les autres par l'idée de suite, de constance, d'acharnement qu'il exprime, a Payons les dettes d'un vieil évèque obsédé, tourmenté y persécuté par une foule importune de créanciers. > Lss.
Ils (les chrétiens) font des vœux poor nous qui les persécÊitons f
Bt depuis tant de temps que nous les tourmentomt^
Les a-t-on vus matins? Coair.
« Alors, disait David à Dieu, je saurai pourquoi vous avez permis que ce juste fût vexé et pery^cuté, 9 Bouan. « Montesquieu ne fut pas persécuté : il ne fut qu'un peu molesté ^OMt ses Lettres persanes. > Volt.
JN8PIBATI0!! , INSINUATION, PERSUASION, INSTIGATION, SUGGESTION. (INSPIRER, INSI- NUER, PERSUADER, INSTIGUSR, SUGGÉRER), lianièrea ou moyens de porter, d'engager, de décider ^uélqu'i^ à quelque chose , de le fïdre agir comme on veut.
Inspiration (du latin in spirare , soufOer dans) déeigne pidmitivement l'action de Dieu , qui mit dans le corps de l'homme un souffle de son esprit, ou celle de l'Esprit saint, qui souffle où il veut, ou cedle d'un génie ou du génie, qui anime les artistes d'un eouffle divin. Hors de cette application unique , inspiration est de tous ces mots le plus général. Ce qu'on noue tnrptre, on nous le met dans l'esprit; Vinspiration est un souffle, un principe d'action, et celui qui suit Wnsptretton d'un autre agit par lui , et non par soi. Voilà sur ce mot tout ce qu'on peut dire de plus caractéristique.
L'tnwnuafton (in sinu , dans le sein) est essentiellement adroite. Elle consiste à s'instniier, à se glisser dans le sein , à s'emparer de l'esprit ou de la volonté d'une manière sinueuse ou détournée.