‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 337 sur 444 · INVITER, CONVIER, INDUIRE, ENGAGER · texte numérisé non relu

INVITER, CONVIER, INDUIRE, ENGAGER

Agir sur quelqu'un d'une manière douce , par Toie d'insinuation ou de conseil , pour lui faire faire quelque chose.

Inviter et eonvter paraissent dériTor, l'un du latin «tta, Tie, et l'autre du français vte; et c'est apparemment à cause de cela que tous deux se disent particulièrement bien en parlant d'un repas auquel on prie de Tenir prendre part. Les vKottés et les conviée sont appelés à ime table où ils trourent leur vie , où ils vivent aux dépens de celui qui donne à dîner.

Mais inviter est le latin tnvttare; au lieu que convier^ ayant pour élément principal le mot français ose, a une physionomie plus française. Outre cela , dans tni^iler , tn , en , dans , à , marque le but ; et dans eonvieft ton ou eum , ensem-

ble , indique le fait ou l'habitude d'être ou de TiTre ensemble. Par ces deux raisons, inciter exprime une action qui sent dsTantage la cérémonie ; et conideft une iuTitation familière ou affectueuse. La politesse mvtte; l'amitié eont^. On invite des gens de connaissance ; on convie des amis. Vous invitex à un grand repas,, à un hanquet; tous conviex à un régal, à un petit repas entre quelques personnes intimes. On t'mn'te à une séance académique, à une distribution de prix ; on convie à une partie de plaisir. Pendant que la Justice tnvtte à la condamnation des cou-é pables , la bonté convte à l'indulgence. L'firangile nous t'notte à TiTre chrétiennement; la grâce nous y convie, La grande chaleur du jour iwriie au repos (Roll.); lo heau temps convie à la promenade (ACAS.), à la danse, aux joyeux ébats. Une Académie invite à traiter de teUe ou telle manière un sujet de prix qu'elle propose (Fjftif .) ; Dieu convie lui-même le pécheur à lui demander des grâces (Mass.). Dans ce Ters célèbre de Corneille:

Soyons smis, Ginna, c'est moi qui t'en cmwm, mettez tnvtter à la place de son synonyme , tout d'un coup TOUS détruisez le charme du sentiment qui rend si touchantes les aTances d'Augiute et qui fit Terser des larmes au grand Condé. Dans cet autre Ters du même poète :

Qui pardoime sisément itmte à roflénser, cwmer^ à la place d'tfivtter, serait d'ime impropriété choquante.

Induire^ latin tnducere, tromper, téduiiu, a été formé de tn ducere^ conduire dans, c'est-àdire dans le piège, dans le danger, dans l'erreur ou autre chose semblable , mettre dedans. C'est pourquoi ce mot se prend ordinairement en mau- Taise part ; tndutre en tentation , à mal faire , à se relâcher dans une bonne œuTre , à erreur ou à croire faussement quelque chose. « Que tous a dit ce peuple? dit Moïse à Aaron (au sujet de l'adoration du Teau d'or); et pourquoi l'aTOZ* TOUS tndtfit à un si grand mal ? » Boss. « Si le mouTement seul nous a induits à donner une ftme à la matière , la Tégétation nous y a comme obligés. » Marm.

Engager a cela de propre, qu'il suppose des représentations , une exposition des STantages qu'on doit trouTor à prendre tel parti. Vous tnot(er ou TOUS convier ^ c'est simplement tous prier ou tous proposer de Tenir , comme on le fait quand il s'agit d'un repas; mais tous engager^ c'est trsTailler à tous persuader en tous faisant sentir l'utilité ou la conTonance des i choses. Un Tainqueur invite ou convie une Tille à se rendre, en le lui faisant dire, simplement; il l'y engage^ en lui faisant connaître les raisons qui doiTent la décider à prendre cette résolution. a Pour TOUS engager à mériter cette récompense , je TOUX TOUS en découTrir l'excellence et les avantages. » Bouan. « A la fin , le désespoir contraignit le connétable de se jeter entre les bras du duc de Bourgogne , qu'il crut plus aisément pouToir engager par son intérêt à le protéger contre Louis XI. > Boss. « Ils tâchaient d'engager les gouvemeuseii à me quitter , leur promettant un regrat de sel , un bureau à tabac et je ne

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KUUÊHR PÀBrriE r

miiqiMi«aô(*e.«r; J^ëltétàitpsrti et Lucà* déiDODe des amfansadtor^ flhaigés d* nelMfchwr raUinM^ dn< roi dbs Ferfss, êC dtf V0ngag9r à fouomûr de ratgent poaD rentratien d» la flotte* » Ro&L.-« Un autre caraetère diftiticttf A'en§û99r , relatiyekMDt à innittr et à ^owHêr, e'eel (|aMl emporte quelquefois une idée d^engtigemem , de devoir on d'obligation* Ua«' personne tavif^r on eo%f)i4e peut itefaser, if est enoorei tenue à rien ; maie une personne eliga^ée n'est plus libre. < Dientniitte par ses proihesses les péclMur^à la réforraaiiOQ de leur TÎa; il les y fiiga^ê par sea bienfaits. » Boobb»

Pru, SOÛL. Qui a trop bir dé fin OU de quelque autre liqueur eemftlable»

/ère est moins ignoble et liioins odfent. L'honnie iwn est pris de yia; fhomma saâl est gorgé de via. Le premier a bu jusqu'à twAr le cerveau troublé; la seeond, tout son «oUI, jus-

qu^à être salufé , {Mn , jusqu^uiasMinent ai è la répKtîon* Dans réerette on est gû, oalté. ébloui, on rêve tout haut, on shanoBUe; qoaii on est S(HU, on n'en peut plus, on tombe pour cuver son vin et on nate quelque twnps eaiml dans sa crapule. Aussi le mot ivre «st-U detta les styles, au lieu que 9oûl ne convient qnedas le moins noble.

Au figuré, tvre se dit de l'espèce de transport ou de délire qu'une passion produit dans ràôe : tvre de joie ou d'ambition.

Vous, dès que celte relne^ m-ê d^ea fol orpidl, De la pofla da temple aura paasé le MOiL...

(Joad pariant d'irthalie). lUc

Soûl, dans le langage familier oupopnlaireqoi l'admet , signifla rassasié , ennuyé , las d'ut • chose.

Un rat, tktf» iPnn champ , m de fien d« caitfe, . Des htfes paternels un Jour se ueuva sték Ur.

lOBy cuuKri, tmo% scwfimant agréabto do

La joie est dans lé acmr ; la gêMé, dams tlm^ meur et les manférds. La f^ie est passi?», intima, coBBMQtitto, c*est à p«i]ie st elle se peint sur la visage et se témoigne par des larmes; la fOisM, au. cootfndre, est active et eitérieura, ello rit, danaev &lâtre. Dana la joie, on jouit, on est content, ODsavaura tranquillement le plaisir de sa situation; dans la §4»iHéj on se divertit at on divertit, on se livre à des mouvements pleins de vivacité. La j'ate est un eflist : une nouvelle agréable donne de la joie, cause une douea sensation ; la §aieté ne se conçoit que comme aotive : le vin donne de la gmeêé , eioite le babiL

On apprend, on entend, on regoH quelque chose avec /ete;on parle, on agit, on célèbre une fête avec gtiieté^ on se fait remarquer par sa goMHé sur le théâtre , A table , ou dans une partie de plaisir. On est saisi ou ivre de jtriê , on nage dans la jciê ; on réjouît une compagnie par des traita de 9a4ef^(BAaTH.).«On élève la fauvette pour la guieié de son chant. » Buf p. c La goieié est la mère des saiUiee. »Vanv.-* < Les Suisses sont furieux dans la colère et leur joie est une ivresse. Je n'ai rien vu de» si gai que leurs jeux, a J. J. « A travers la raiUeuse géieté du baron, on voyait briller dans ses yeux une maligne /ote.» In. c lUe fut pendant la souper d'une gtiieté, d'une foha inooncevable^ Le sultan ne se possédait pas de /oit. » Marie. « C'était Socrate qui faisait la jota de la table par aa gaieté et par sea bons mots. » RoLL. c lolbrmea-veuB oemmént se passa hier notre repaa, âveo quels éclats da réjeuissaaea, avec quels traniports é^vtimgâiieté IblACre, à quoi ne contribuait paa peu la joie de coque, daau le tournoi, notre parti n'avait pas eu du dessous. » Id. «I II arrive quelquefois que la possession d'un bien, dent Tespérance nous avait causé beaucoup de >ete , tous proours beaucoup de chagrin ; il ne ftnit souvent qu'un tour d'ima-

potf fiiré sttaeédar vAêgnt^S^ ml lafmeâT qui paraiisaat 1«5 piM saira.» C>nK ^ . .

La /oé» est àbwtù; sdlitaÉ«, nHfés; h^ est relative, et suppose la eommeree àt U^ ciélé. On est joyem poof soi, 90» poitf «^ pour les autres. « Coulangas émit là à Up de son omu*. Il n'aet point eneera bûiè :^ craina pour lui ce dmagamaat , car ^9'^^ une grand» partia d» son mérilSr- SJt^ gaieié dé Pomenars était si axtràme qa^no» réjoui la tristesse Atae.... Sa goM v^ en même toaups qua sea aflîûiea crimiMliffin lui en vient enoaraune, U marna dé ;«!.•» Avec beaucoup de jHê on ert na ho«*f*T reux; avec beasodup dmgûSnÊé oneot iiniimw homme. , u

TeUement dépendmla des imptwsfc»"»;^ au pluriel, ks /eisv, pour les causes <F P«»[ sent la /ois, la/oi^ peut être grande , p»w»J profonde, pousséa jusqu'à VivnMte; '^"L^ est nécessairement courte, passigèrsi t^^ leUe. U gaiHé, au contraire. t«"**'î2^ événements, mais au caractère , au t«»n***jT comme l'indiqua même la terminalWB « r| est plus durable, moins variable, obJ^/" "L la reprend ; mais elle est i*is saperflcw*"» P" qu'elle est tout extérieure. « U 1*^ .Sft du«8eatiment agréabla de notre «"^^Tw gaieté. La joie est on sentiment ph» P^^ Lea hommes qui ont da la goM ^^^^ d'oïdmaire si ardents que I« ««sie ff^J^^ ils ne sent peut^t» pas capsbles *• Pr: n yoiei : mais lea grandes j9ki ànraa p«»' laissent noira teia épuisée* * V^^V. ^w^ja-

Enfin, lorsque le mot joie » ^^ïm* ment dans la sans d« ge^té, P^^Mtf«> bonne hummir, U marque mo^iff ^ n^)^ une plus gMLUda eAmioa : jeU ^^'^S^^^^ la turbulent» /oie (J. J.). - >ï«»*^rIS^, * ces soolétés la variété , las grtc» , » «^

SYNONYKES À RÀMCÀUX DIVERS.

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quelquefois jusqu'à cette joie broyante que te | lieeooe. » Maiiii. « Qiand on B»'o(ïi^t quelque

triste dignité regarde comme un phùsir ignobles»

D'Al.

JOnïDRB, ABORDEE, AGGOBim. ArrÎTer yeps un» personne.

On jûivê ime persoime eir alhint la- trouver , en panrNiaDt A dtre areo' elle. On «borde et en accosie une- personne , en luâ parlant , en se met^ taat avec elle par le discours en rapport de peu* sées ou de civilité. Uà général d'année en joimâ un. autre du mtee parti , pour dtre plus forts «Dscmbie ou INin avec l'autre (S. S.); un guerrier en ye«iil un autre du parti- eontraire^ pour se' mesurer avec lui (Volt. , Rola.) ; un enélaft <|ur a'enaiHe loin de ses parents retourna les joindH pour vivre avec- eux- (J. J.)f ^*i^ voyageur en /Ofrit* d'autres pour avoir moine à craindre en leur^ compagnie les attaque» des voleurs (Las.); un cerf poursuivi en jotnl un autre phis jeune- et moins expérimenté, cour le foire lever, marcher , fhir avec lui , et alb è» te subatHuer à sa mativatse ^rtune (Buff.). Ifads toute» le» (Ms qu'on aborde ou qu'on oeeoffe quelqu'un, e^est en lui adressant ou pour h» adresser la parole. Des personnes qui- se joignait se rencontrent, viennent à être en» mtee temps dans 1» néme lien; des peisonnes qui s'a&ordiml eu e'oseoHsnl lient conversation , se disent ou se demandent quelque chose. Qui ne jfkint personne, qui n'est 4eu égard à la manière d'agir; ils sont relAtits

place vide dana une voitiire ou qua quelqu'un m*(M0Oitoit en rout», je reobignaifs de voir rjçifc^ verser la fortune dont je bÂtiisais l'éd^cé en marobant. » i. J. c Je ma jette dans une pprle ouverte^ c'étaîÉ un oafé ; j'y suis aoooskf par. des goQs- de ma oonnaisBaaoe.i^. » |n..

Siuufta, comme le vaiesfiwi qui: a^4t a d^a dang^a A courir» peut donner coutra dea^ écuetls, la parsoana qu'on oterda,. maisL non pas oeUe qu'on aceo«tit,. peut être. d'uA alfof^ difficile eu redoutable sous quÉlquQ lappprt q]V|a qeaeit.

El 1» méUn était- de Ui«le

A le dôfenér» hardinipi)^»

bQ hmp dpae VakQtd^ taïupblt^racpti

iauiD en («opoa..^ U*.

« Isea barboteuses da oea messieurs prennent dea

airs de vierges pour tâcher d'aborder cet ours. 9

i 3. J. « Des voleurs , vous voyant en état de leur

résister, sa retirent, au a'ilavou^ ol^ordefi^, c'eft

- a^ea beaucoup da chriUtriu a Bose»

t* JOLI, lil6N0H; ^ 7t «I^XII.» GRACWQX. Beau, mais dana un geuniiikjférieur; doqt la vus causa du plaisir , maia non pas de l'adminition,

JoU et r$Âfinon quali^nt eu égard à la Q)ar niére d'être; ils ont rapport & la constitutiofl, 4 la fonaa^ aux traits, ointil et yr<v»attâP quaUfidtf

jotnl par personne, est, reste, maroheseul; qui n*iibor4e ou n'œcof (» personne , qui n'est a^xuràé ou eccotid par personne , est , reste , marche sans entrer en propos avec qui que ce soit.

iAborcter, qui signifie primitivement l'action d*un vaisseau d^arriver au hovd de la mer , de toucher au port, n'a rien que (fo relevé, iiceo»fer, au contraire, ne se dit que ftuniliérement; car c'est ^ au propre , aller se mettre ou s'asseoir à cdt^, sans façon*

On abords, dan» un salon, dan» une assemblèe, à la cour, un grand, un personnage, une personne distinguée ou le maître de la maison. « Mais Jésus-Christ, dit Vadaleùae, est ehez h pharisien qui l'a invité A manger, et ce sera un contre-temps de l'aborder dans une pareille conjoncture.» Bouun. « Je fus le seul qui continuai à voir le duc d'Orléans, et cbez lui et chez le roi , à l'y ^lofdtt., à nous asseoir tous deux en un coin dtr salon. 9 S. S. * Le comte de Toulouse arriva , et salua ht compagnie d'un air grave et concentré , n'abordant ni (iSbwâé de personne. » In. « Gea gens m'aborde^ rat'enl sans doute si J'étam ministre. » Labb. < la prompte obéissance du consul , et le re^eet avec lequel il aborde Fabius, rendit aux citoyens et aux alKée cette haute idée da la dio« vtature que la temps avait presque efiaoée. » RoLL. — Maia on esoeste plutôt sur le ohemin , dans la rua , une personne qui passe, qui voyage ou qui sa promène. « Voilà notre nouveau débarqué, il faut que je Vauoste, j> Rbgn. « Tous ces honorables bourgmestres jetèrent les yeux sur nos inconnus. Un lieutenant de prévôt les vint accof (er. »* Scana. « Ce peuple , hommes el finies, accostait le soldat, et, le verre à la main , lui présentait l'attrait êa la joie et de b

à l'air, aux mouTemepta, aux gestes. UnepatT' sonna jolU ou r^gnonn» se présente ou fait una chose. avec $enXihUsu ou avec f^réu. On est jqIv ou migMn; on fait quelquefois l^Qênm OU U QXwUws, Sans être ni jo/ie ni iM^nonae, une personne peut néanmotas être ^M gpntiûe ou ^Mcteitfe k rassoB de ses manières» < Qmoii|ue auoune de ces petites fiUes aa fû|t ioiie, la gsNKIftise de qucdquesHaoasr faisait oublier leur laideur, > J. 2. « Xademoiaelle du Ghêtelet n'étail ni jeune ni jalie', nul. eUa ue manquait paa da ^rdae. » In.

Mi, à. record da mgwm^ et même à l'égard de ijwicsl et d« ^raotauip, peut être^ considéfé comme le genre; o'eist de gea quatj?e mots. U plus uaité. Ge qui est j^W inspire da la ;oie , du coutentemeot, agxée; et l'épitbèle de j4Àv «oaviaut à tout aa qui est simrteu)ûat agréable aous ^ point de vue efithétiqucv Maia parmi l^s c]y)aQa /oKsff, lam^noime lâifttt à cauaade sa petitesse;, c'est une jolie petite chose , une mtniotvf <. Migmm déri?ve de «itMis ,. a»iaor 1 moindre , d'où viennent aussi mtnc«, mtnutte, »imoture,,etC. Sans éout» l'^jel i^li est plutôt pe^it que çraivl ; mais œ n^aat pas de sa patitease qu'il Ure sou agrément et sa qualifi,o«Vt>oo , ou. ceUe petitesse est auxpasiée par aelk du wigwm. « Mon petit papa mâ^aori^ ^ Mol« « U pâquerette , cette fleur si petite et ai «Hgneaa^* pI.I,

D'aiUaum, m^sraon fait peuser à la la^on uo Vol^'et, à la manière dont U est travaillée < U fiUe du logis était uue jeun» personne el assez /oKe; s» ceiffuie était u9e espèce de caJe a oreilles, des plus mignonnee» » Laf. La chose jolie noua charme, quelle qu'en soit la cause, et quoique peut-être eUe ait quelque chose d'ir-

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