DEUXIÈME PARTIE
réguUer et de piquant; la chose mt^onne nous charme, parce qu'elle est fkite d'une manière élégante, fine, délicate.* Je fus frappé de la beauté de son yisage ; je n'ai point tu de traits plus délicats : elle avait un atr mignon et enfantin. » Lbs. « La première de ces deux Jeunes filles était encore plus jolie que la seconde; elle avait un je ne sais quoi de plus délicat, de plus fin ; elle était en même temps très-mtynoftne et très-formée. > J. J. c Ces négresses sont si joliei et si mignonnes que souvent on les préfère à leurs maitresses. 9 Lbs. « Mlle de Méri vous envoie les plus jolis souliers du monde; j*en ai surtout remarqué une paire qui me parait si mignonne , que je la crois propre à garder le lit. » SÉv. < Le saîmiri est le plus joli^ le plus mignon de tous les sapajous. » Buff. c Allez , dit la corneille à l'ourse; léchez doucement votre fils; il sera bientôt joli et mignon. » FAh. '• 2* Gentil , gracieux.
Le latin genus, naissance, famille, nous a servi à faire gent et gentil, c'est-à-dire de naissance, de famille , c'est-à-dire noble ; en sorte que gentil, dans le principe, entraînait, comme beau, une idée de grandeur et d'excellence. Mats il a totalement dégénéré, et à présent il ne s'élève pas au-dessus àejoU. Ce qui est gentil platt par l'agilité et la légèreté de ses mouvements. « De gentilles gambades. » Rbgh. Une jeune fille vive et gentille (lo.) , gentille et fringante (Laf.) , gentille et sémillante (J. J.). c Dans U première jeunesse, l'àne a de la légèreté et de la gentillesse, » Buff.
GraeieviS, plein de grdee, du latin gratus^ agréable : gratior diff , jour riant. Les Grâces avaient le même caractère que les Ris et les Jeux, avec lesquels elles composaient le cortège accoutumé de Vénus : elles étaient gaies et badines. Telle est du moins la nuance propre de gracieux, « Sourire gracieux, > AcAn. « Là toute la nature était riante et gracieuse, » Tin, c Molière a donné un tour gracieux au vice , avec une austérité ridicule et odieuse à la vertu. > In. « Le sérieux n'est jamais gracieux; il approche trop du sévère qui rebute. « Volt.
Je veux qu'on soit plaisant sans vouloir Ikire rire ; Qa*on ait un style aisé, gai , vif et gracieux, Id.
D'autre part, gracieux, qui a bonne grâce, exclut la gdne et la gaucherie. « Dans VÀrt d'aimer on sent partout l'eflbrt ; rien ne coule de source. Sans l'aisance et la facilité , il n'y a point de grâce; aussi Bernard est-il joli plutôt que gracieux. » Lab.
JONCTION, UNION. Il y a jondion ou union entre deux ou plusieurs choses qui te trouvent ensemble , et non séparées.
Jonction se dit de choses jointes , qui se sont jointes, c'est-à-dire rencontrées duis leur marche ou dans leur course : Injonction des armées, la jonction de deux rivières. Union ne rappelle pas ainsi l'action d'un verbe , et n'implique pas ainsi l'idée de mouvement; il se dit de choses qui sont dans un tel état qu'elles ne font qu'un :
1. La différence entre mignon et mignard se trouve indiquée dans la !'• partie, p. 24e.
l'imton des couleurs, l'um'on de l'Ims aveclt corps, l'imion ooi^ugale, l'union des deux u. tures en Jésus-Christ.
Ce qui distingue union, pour sa part, c'ett l'intimité du rapport qu'il marque entre la choses ou les personnes. Celles qui sont joiiue sont liées, tiennent les unes aux amrss; eeOa qui sont unies se conviennent, s'accordeots bien, qu'elles sont comme fondues eDsembk (voy. assembler, joindre, unir}. On se jouu pour n'être pas seul, mais en compagnie; n s'iinit pour former une société. La jonetios m n'a pas lieu, s'opère ou ne s'opère pas; ïum est plus ou moins parfaîite.
D'ailleurs, joncfûm ne s'emploie qu'an propn. au lieu que le plus grand usage d'iMios est s figuré. La /onction de deux chemins; rvntMiiei cœurs. La jonction des ruisseaux (ome les rivières; l'union soutient les familles, et bitia . puissance des fitats.
iOUFFLU , KAFFLÉ (ou VAFFLD). Beu DOii familiers qui désignent un homme comme ijut un visage plein, rebondi.
Flu, fié, du latin /lare, soufQer, annoDce quelque chose Renflé, j>oar ainsi dire, de booi Mais ce que le joufflu a d'enflé, ce sont les jeu précisément; au lieu que ce qu'il y a d'ofi chez le m4iffH, c'est autre diose, et appins- #ient , quelle que soit Fétymologie du mot, toete la partie antérieure du visage, ou même tooik cçfps. On représente les vents joufflut; oacbe* lette, entrée dans un grenier, y mai^tini qu'elle devint
Grasse , mafflue et rebondie. L^ •
On a peint les anges sous les traits à'tM joufflus Ç^OLT.)', on «connaît le goût desAsiiii* ques et des Africains pour les femmes mafil^. pour les grosses maf fiées.
Peut-être aussi que maf/Ie' vient de hmIijWm, mal ou disgracieusement soufflé , et qu'il ^ toujours se prendre en mauvaise part CtA » que semble confirmer l'unique exemple que ^ ayons pu trouver de ce mot dans nos pnsiieun des deux derniers siècles. « La taiUe de Poolchartrain était ordinaire, son visage loog, >Mi fié, fort lippu, dégoûtant. » S. S, Joufflu, iaccopanblement plus usité d'ailleurs, n'indique pu lui-môme rien de désagréable. > Je reocoot» un homme joufflu et vermeil dans un carw*^ six chevaux. » Voit. «Représenter un beau jwi-
lard avec une grande barbe blanche, Têtu dooi ample draperie , porté au milieu d'un noige f!' des enfants iott/^tif qui ont de belles paires d files , ou sur un aigle d'une grandeur énonne»^' < L'abbé de Bemis était un poète gtlsnt> «^ joufflu, bien frais, bien poupin. > UàSM.
Et pulssies-vous, devant l'an réroln, Tant opérer, que d'une aimable mèw Naisse un beau jour quelque petityVw/pi Digne des vœux de l'aïeul et dn péreJ
JOYAU, BUOU. ObjeU d'ornement, q^^ surtout la joie des femmes ou dont ^** jTJj surtout se jouent ou se r^ouittent- ^^^^ qu'indique l'étymologie de ces deux mo» • viennent du latin jœus, jeu, dont on » '•»',
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
dans la basse latinité, /oealia, joyaux, et d'où dériTent aussi joie, se r^ouir et joujou.
Bi , comme ha , est une des premières articulations de l'enfant et semble propre à exprimer la petitesse ou la qualité de conyenir aux enfants. Les reines ont des joyaux,* Je donnerais tous mes joyaux , dit la reine , pour n'avoir que Tingt ans. » Fer . «La reine , Henriette d'Angleterre , abandonne ses joyaux pour avoir des armes et des munitions. B Boss.
On eût dit une reine.
Rien ne manquait aux Tftiemenls, Pertes , joyaux , et diamants. Lav*
Hais les petites filles, et par extension les femmes du commun y ont des bijoux, « Les petites ûlles aiment ce qui donne dans la vue et sert à romement : des miroirs , des "bijoux , des chiffons , surtout des poupées. » J. J. « Gaiantifit signifie tantôt coquetterie dans l'esprit, paroles flatteuses , tantôt présents de petits bijoux, • Volt. Ce qu'on regarde dans le joyau , c'est sa va- ' lenr; et dans le bijou , sa délicatesse et sa façon. Le joyau est riche (Acas.) ou précieux (Lav. , - Lis.); le btjou est petit (Volt.) et joli (Vol.). Mais le joyau peut être bilit , peut n'être pas taillé ou monté , au lieu que le bijou est toujours un ouvrage travaillé. « La joaillme, dit Roubaod, se distingue de la bijouUrie , en ce qu'elle comprend dans son négoce les pierreries qui ne sont pas taillées ou montées. »
Le joyau est plus considérable , soit par sa !•' grandeur, soit par le prix de sa matière. « Là étaient des piles de joyauâP, ornements et chaînes de pierreries, bracelets, colliers et 'autres machines qui se fabriquent à Cythère. > Laf . « Cléopâtfe prépara de riches présents pour Antoine et pour ses amis : elle prit avec elle de grandes sommes d'argent , des joyaux magnifiques ; en un mot, elle se munit de tout ce que pouvait .lui fournir l'opulence d'un grand et puissant royaume, b Roll. — Les bijoux sont inférieurs &ttx joyaux sous ces deux rapports : ce ne sont pas toujours des pierreries, comme les joyaux, niais souvent d'agréables colifichets, de petites boites , des étuis , des tabatières, des cannes, c Le duc de Villars aimait le jeu à l'excès, la parure , les bijoux et les breloques. » S. S. « Le coco fournit une coque très-dure dont on façonne des vases et mille petits bijoux, > Volt. « Des quinze mille francs qu'on demande, le préteur ne pourra compter en argent que douze mille libres; et pour les mille écus restants, U Caudra <lue l'emprunteur prenne les hardes , nippes et bijoux dont s'ensuit le mémoire.... Trois mousquets...; un fourneau de brique avec deux cornues et trois récipients... ^ un luth de Bologne gvni détentes ses cordes... ; un trou-madame et un damier, avec un jeu de l'Oie , etc. » Mol.
On garde des joyaux , ceux de la couronne par exemple , dans des trésors ; une femme serre ses bijoux daas un écrin. Une riche dame porte des bijoux tous les jours; elle ne se pare de ses joyaux que dans les cérémonies solennelles et d'apparat, et, par exemple, pour un bal à la cour ou dans le grand monde. Un voyageur ou un fugitif emporte avec lui un joyou pour le vendre,
au besoin ; un amateur recueille par caprice une foule de petits bijoux dont il est curieux.
Même différence au figuré.
Le joyau est un objet de prix. < A Madrid , on est en fonds, quand on possède un semblable joyau (une femme galante}. > Lbs. Un bijou est une chose charmante , mignonne , gentiment façonnée , une jolie petite chose, c Les pierres et les métaux polis ne sont pas comparables, à l'oiseau-mouche , ce bijou Ae la nature.» Boff. « Girey est charmant, c'est un 5t;ou; venez-y. » Volt.
Enfin raimable Agnès a su m'assujettir.
G*est un Joli bijou , pour ne tous point mentir.
Mot.
n atait un enfant, Un vrai hijou , fille unique vraiment. Volt.
lUGÊR, DËODER, PRONONCER. Déterminer l'opinion qu'on doit avoir. < Le défaut ordinaire des jeunesgens est de juger, de décider^ de prononcer d'un ton de mattre. > Roll. « Argourd'hui la fenmie la plus estimée est celle qui juge , tranche , décide , prononu , assigne au talent , au mérite , aux vertus, leurs degrés et leurs places. » J. J. « Si vous demandiez de Théodote s'il est auteur ou plagiaire , je vous donnends ses ouvrages et Je vous dirais : Lisez et jugex; mais s'il est dévot ou courtisan, qui pourrait le décider sur le portrait que j*en viens de faire? Je prononce- ^ raif plus hardiment sur son étoile : Oui , Théodote, j'ai observé le point de votre naissance, vous serez placé. » Labb.
Juger et décider d'abord diffèrent de plusieurs manières. Juger ^ judieare , ;us dteere, rendre la justice , riq)peUe l'action du Juge , qui considère attentivement , qui écoute , compare et pèse les raisons des deux partis pour délibérer ensuite. Décider J de decidere, couper et faire tomber du coup, marque une action instantanée qui fait cesser le doute ou la dispute, qui tranche la difficulté. -^ 1* On juge proprement un homme , sa vie , un ouvrage , choses susceptibles d'être soumises à l'examen et à la discussion , mais non pas résolues ou dissoutes; on décide une question, une affaire, une cause, une contestation, une querelle , choses susceptibles , au contraire , d'être résolues , tranchées , mises à fin. « Dans le moment que notre ftme sortira du corps» elle doit être jugée en dernier ressort , et l'afiiaire de notre salut immuablement décidée^ > Boss. « Nous venons vous proposer les lois immuables sur lesquelles votre vie sera jugée, par lesquelles votre cause (devant le tribunal de Dieu) sera décidée, » ID. .^ 2« Juger annonce plutôt une opération lente, réfléchie, raisonnée; et décider, un acte bref et prompt. « Sire , jugeg le procès des anciens et des modernes. Vous qui abrégez les procès dans votre royaume, mettez fin au nôtre d'un mot. Votre Majesté est accoutumée à décider toutes les querelles par la plume comme par l'épée, sans y perdre beaucoup de temps. » Volt. L'homme juge , Dieu décide. « Nous devons suivre Dieu, et juger autant qu'il décide; le commandement de ne juger pas ne s'étend pas jusqu'à nous défendre de condamner ce que Dieu condamne. • Boss. A la différence de juger, décider exclut
lik
DEUXIËME MRTIB :
soufsnt rétnde et ranmen^Mui quloan'en ait pas besoin, loit qa'oa se »*eB donnt paa la peina, qu'on agisse d'autorité,, aititeiraneBt. ai» 4 la légère. « L* pouYcir se- svlistîtuerul au droit Les procès se tenmaentient enflor»; naiâ on ne jugerait 1^08^ oa éécidarêiL »B«iinir. «H yaun public <|iii décide avea oonnaiaewiee ei avec équité^ il est vrai que m ptdilic qai;ii^, c'eatà-&e qni pense, n'est pas nombreux. » D'Al. c 1^9 oonnaissems jugent , les joumaliatae. déci^ dmi. 9 In. Un ôtee oaisoÎQtfiable ju09^f le sort, un événement décide.
Quand les dieux élomiés semblaient es perlager, Phavsale a dÀeiJè ce qu'ils xCoaaâBDljuggrt Coaff.
— Z* L'aetion de juger étant d^une certaine étendue, et celle de âéiidef oewrte, la décmon se prend bien pour £a fin du jugement ^ la résolution, peur le point précis oïl on piend part^ aprèe Moir délibérai On juge et en dèTûtd^..* C&sar biâaa fortement k témérité et la. cupidité des soldata,. qui «onent prâ sur eux de ju^&r et de ééeiàer jasqn'eA ils dèfaient aller, a RoLi. c Par» qu'on estpaoltre^ on s'afftogfr la droit dei/tt^er de tant, de décider ém tout. » Bovan. « Quelle seia la étéeiaion, de ce jugnnêtÊA foBxûdabla (le jugement dernier pour ehacui de noii^ ? Sesa-ee le cki oot l'enfer^ » Ib.
Gemme ta dation teonins le ju^cinenAy l'ao* tien, ée proiMUicer suooéde à l'une -et k l'antre* ProMescer, c'est pnociamec eu dédarer la déci-> sion. des jugeet A la rignenr, le jugement et la décision peuvent être intérieurs et seiitairee; a» lieu fue pronoMar désigne toujours um assertion, une sentence rendue. < Quelques babiles pfonowmd en faeeur ésa aneieas contre le» modernes» » Labk. On juge arec connaissance de cause; on éédde sans ivUanoer ; on prononce bau* tement. Juger de tout, décider de to«t, est le propre d'un esprit qui ne doute de rien ; jNrononcer sur tout, est le propre d'ttn bomma affinnatil, dsgmatiqiie, qui s^exprime en maître. Gomme prenorissr achère entièrement le ûrit, est définitif, comme le juge qui pnonofit e ftit acte dfautcK rite, prononcer se* dit bien d'un oracle ou d'une personne qui déeiée souverainement. « Troile est Torade d'une maîsoa; s'il pnmonce d'un meta q«'il est friand , le maître le trouve faeoà, et ne peut s'en rassaeier. > Lab». « C'est le roi qui doit prononoir sur cette afibdre. b Ôév» « C'est nous qui pouvons prononcer souverainement si noua sommes de la terre ou du oiol. s Boes. « Des emr pereurs avaient osé prononcer sur les queatiana de kl fei. » In.
IÙ8TB88B, PHÉGISIDII, BSAennJDE. Qualités de l'esprit et du style qui ont pour effet de bien faire compreodEe, par le bon emploi dee mots » ce qu'on ^t ou ce qu'on écrit. Ratsdfmear (Fén.» ROLX..), Ikire l'analyse d^un livre (Rqll.), parler avec jueteese , prétieion et snadtltMle. Esprit/usle, précis , esod (S. S.). Bsprit de puieste , de pr^cw siom (Volt.) et ^ewejcUiiude. « Vincent de Lérins a dit que la tradition passe d'un état obscur à un état plus luminetix, en sorte qu'elle reçoit avec le tempe une lumière, une pr^ctsâon, une jus» \ teste, une eamctiCude qui lui manquait auparavant. » Boss.
lAJusîesu emploie les mots qu'il faut; Upndsion n'emploie que les mots qu'il tant, et reflaetslnde en^loie tous k» mots qa'il faut
Shtts jutteee»^ oa se sert de ternes impiofni qui ne vont pas bien à la. pensée, qui o'y cotvienneat pas de tout point*, qui s'y appU^Mot mal, ou n'est pas vrai. Sans yr^ctciea, au liei de sa réduire aux termes propres, on emploii une abondanœ d'expressions approdiaatei qv troublent l'esprit, on n'est pas net. Sus mUt tude , on ne met pas asass de soin i. réunir tons les mots néoeaeaires pour rendre plsuimeot sa pensée , on n'est pas oomplet.
De sorte que, sans justesse^ on do&ae deee qu'on pense une^i^Lée lansy ; sans prétmon^ m idée vegne^e^ uns emetîMe, une idéeio«n* plètoeuiaaDbeiéa
La jtttteMa est ennenûs de la £a«sael^; eBe exige que la mot aoâi tetyours calqué sir 1> pensèsb La. pnfdMn est^nnenie de l'enbaras et de Vebecsifité ; elle exalulles circoiiWcutiDU, les longueucB, les expreestona mal dé^naiocn L'eanctBCttdr est eanamie de la négligeaca
Aveet trop de jusfmf \e. style darieofia a» tère et timide; on ne se permettra ni saillws, ù méftapfaocea, isea qui e'éoarte tant 9oi pené l'iéèe. Asec trep de pt ^eûion» on seia diai excessive aobnété, sac^ maigre, écottrti,diBi clarté malbématÂquft. Avec tropd'oKKliia^.» sera minutieux et ennuyeux.
itttteraeetpf^ohon se disent encoTtaptf' lant de la manière dont on exécute me opôitka ou un mouvement. Avea jnataïc»^ «'m^Mw sans écart, eu allant droit a& il fautaOs,» mettant chaque abuse Juste i Vemitoiitpi^tf^ sans se tsempec; avec préctaie% e'^tpMin si embarras.
iUSTICB. AQOITÉ, — 9IIOIII7IIK^l)is7«>^ qualité eu vertu qui oonsiate é ne pas ùm^ à autrui. « Veua redamandw voadioits^avniv bauteur et une: exactitude qne vous 9fi^^«^ ture, justice, éfmié y mais qne j'appaU«^B<*' inbumanit^ » Boubp.
Jmtike , juMitta , de jus , droit , de Uataie &^ mille que jub» , i'ofdoDne. marque la coatoo^ aune règle positive, le œspeot dMn droit or*' reux, dont rexéeulion peut être «igte pa* contndnte. VéquM^ du latU «P^Ku» TT consiste A traiter les aixtuea cemna aos «gp« comme noue voudiiona an être ^aité»; »»« droit «uqiuel eUet oonespand. n'est paa ordoM»»» presorlt par lesbommw,. il Feet p«r la MOfCiof ou par la raison^ et U n'eroparte pas aria iw» pouroir d* eontraiodie. On oba^e ^ 1^^ aocnmpliasant les lois que la société ^^^ pour sa consermtloQ.; et Véquité, en •®*°L principes de la loi naturelle. I*«»'^«j»C tice sont variaWes et denrées de ctUe» « * qiiile ; et parfois la jurisconsulte a ^i^^% monterAciUM et da s'en «errir pfltfr «J^ ou ceeri^r W druèt positif, en ki« ^^^"^
« U mi^fartrat joint à la loi "«'«JjJJFfa lalo k diaoemement des cas V^^f^Z'^ aioute à lains^ice oette ^««^ «9^,% UqneUe la dureté de la lettre n'a soutiom
SYNONYMES À RADICAUX BfVERS.
gaeur qui tue , et l'excès de la justice devient lelquefois l'excès de Viniquité, » D'Aa. «Quand loi était trop séyère , Zadig , derenu juge , la mpérait; et quand on manquait de lois, son juite en taisait qu'on aurait prises pour celles i Zoroastre. » Volt. « Les Romains n'aTaient >intde lois dviles : sous la monarchie, les rois, li rendaient seuls la justice, n'ayalent d'autres gles , dans leurs jugements , que les usages , urs lumières et leur équité» » Cohd.^ « Nous >rtons en nous-mêmes» 0tla>kM de Véquité natu^ (lie, et la loi d» la juaiee efarétiome.» Boas. Comme la mode fait ragoèmsut, aussi fait-elle i jutîice. Si lltMUM coonaiMoit réeltemeot U atice^û nlaiiraif pas ètaBIi cette maxitte, qm ^acun saire las maors ékt mm paj»* r réclal s la téiitabie éfui9é aarstt aaaujettl loua les sfuplea, et les I^slstevr» a'nraieiit pat pris Dxir nodèl#, an lien d« oetia fwtieê eonstute , *s fiintaisietf et lés eapfkea dea Pênes et des Uemands. « Fisc. < Unsiga s dit que lasr Ma lémes et la jmHee oat basotaïf d^Atre manéts et cmduHes juiigmmm^ cfeit-ès-dte a;rae éqwiêf. >
aAKR.
La ju^kê M yàtt qoê U lldt et n'antre pat sns la aoBffdèmtion daa intantfoas et deseireoiih aneee; lY^alM, sa contraiie, moi&a éCroiUat liwdéljeato, tnat compta de la liiblesse, da Brrenr, du mérite o« da dénéritt partiodier. n père déeatsrt dée&érite w&u ils dont il &'a teHeoDeiit pw fien de ee platDdM : 1» jusHu >it oonflnier ses dlspoiitiDas; maïs Véq^é dénd de tes eséeotep. l'ai proBia à on onviier un ïrtain asteire pour une journée de tn?ail; quoi ifl Iksae, il est j«fea que je lui paye la soiame inrenae. Vaia ta , grflee à aoa afdeor, il a ftût en plos d'ouvrage que je ne devais raiaoma* ement en attendre, ne hii ferai-je pas tort et r«»je équiiaMê de m'en lealr aux tennea de )tre engagement? GoDUM la ittiKM as ra^ite à des tels éorites
d'instHution hmoaine, ee mot convient pastis ilièrement ansri pour exprimer rapplication de 9 lois, Faetion des magistrats dans testrib»m. L'éfwM, au contraire, se montre dans la (Ddtnte ordinaire et dans les jugements qofon rrt0 tommunémeat sans être revétm d'aueun ni€tfcre. « Des magistrats qui n'ont point mis équité dans les plua petits érénements de leur e cofurcBt risque de perdre bientM cette JmttUê ème qu'ils- rendent sur le tribunal. » Moutisq. G<»mme Aristide se portait pour arbitre dans las liéreada entre les particuliers , la réputation de m é^ié disait déserter les tribunaux de jiit«ee. * Baktb. « J'ai proaoneé des jugements , di- It Dairid , Biah ces jugemeorta ont été ascompalés d*une jttfitce exacte... ^tJn des désordres où imbeai oeux qui jugent da proehaiii,Q^esl le ^fkut dVqiiM et d'intégrité. > Boubo.
Une autre difTérence prorient du sens primitif Ù^équité. Vous êtes juste envers l'homme dont vous ne violez pas le droit , et équitable envers celui dont vous ne Tiolez pas le droit au profit d'un autre homme. Un juge est juste quand il juge conformément à la loi, et équitahU quand il ne fait acception de persaoae, quand il est égal pooF eelul-ci et pour eelui>l& , c'est-à-dire impartial. Une impartiale équité (Acad.); vn partage, une distribution équsMfU (In.). On est juste en traitant un homme comme on le doit, eamme'il le mérite; et éptMble, en le traitant comme las atitree, ^iMieiif , ou bien en lui assignaiit une part ou une place convenable. La jusUc» aiidnt f offense; Véquité^ la livear ev le pasae-dtnit* < Ces seoours se dispenaent stf9it étroite' et arec bonté ,• sans que personne se puisse plaindre. > Boss. « Je lui voyais remplir si dignement sa place (av fi%re de Mme 4e Pompaéour) , qa'è sonr égard la fhveur me semblait n'être que la simple éqsM. » M AKK. c A loros d*être éqmtaHAê enven lui, 'efie était inique envers elle, et safhisstt tort pour lui ftm honneur. » J. J*
La drottore , comme IV^fwtttf , coasiste à saine enrefi astral les leis on les inspiratioBS' dfe^ la eonsofeoeei Maïs, au lieu que Véquité est douce, attentive à féparer, à excuser, et impartiale, la dfvtftirf est infloiible (d'Ao., Laè., Masv.) et sincère (flASS. , S^ S.). BUe est inilexiUe , 6^est-4dire qu'elle ne se laisse déteumer par rien de la dreifs voie eu de la drotle ligne; elle est iaacccs' sible aox sollicitations tendant à naire à auiniîv et inébranlable aux assauts de l'intérêt ou de la « passion. Sn sorte que, si l'honmie ^^atladle a» làvorise personne, l'homme drwî ne se favorise pas lui-même et peut aller jusqu'à se oondunnse. Une él/rfriHiwre inébranlabl&(J. J.) , à toute épreuvs (lo»), iofariable (ID.). De ce cAé, la droâase louche à la fermeté. De l'autre, fXto touche A la bonne foi : elle ne biaise paa, elle na dissimula paa, elle ne cache paa soos Tapparenae du déaio* téressement des vues personndles; die veut le bien pour le bien . < Que signifient ces précantlotts , ces retardements , cea mystères? Bstpoe idasî qu'on répond à la confiance? Cette allure est-eUa celle de la drotlare et de la bonne foi? » J. J# « Tous attaques la probité des gens de bien et la étroUwn de leur sœur ; vous tes soapçonaes de noirceur, de dissimutetion, d'hypocrisie; de âdre servir à teurs vues et à leurs passions les choses lee plus saintea, d'êtse des impoatsurs publics. » Maaa^ «
L'hoBune jufts ne fait pas de tort. L'homme ^qattoUs n'uae pas d'une rigueur eiaete , litlé* rate, Umte judaïque, et nfa pas de préférences. L'homme érott n'a paa U faibtesse de se laiaser entraîner à nuire , eêL son attachement à U cause lée^time est sans feinte et sans acrièrepeaaée.
LABTRINTBE, DÉDALE. Édifice OU lieu plein de détours et tellement disposé , qu'il est difficile , une fois qu'on y est, d'en sortir. Au figuré, ces mots donnent l'idée d'une grande complication et d'un grand embarras.
Labyrinthe est le mot qui en égyptien , en grec et en latin a signifié un palais ou un enclos de bAtiments, dont ceux qui s'y engageaient avaient peine A trouver l'issue. Dédale est primitivement le nom du célèbre architecte qui construisit le labyrinthe de Crète sur le modèle de celui de l'Egypte, c Nous vîmes en Crète le fameux làbytii^ the^ ouvrage des mains de l'ingénieux Dédale, et qui était une imitation du grand labyrinthe que nous avions vu en Egypte. » FAk. On a enauite donné A l'ouvrage le nom de l'ouvrier, et on a dit un dédale pour un labyrinthe.
De lA plusieurs difiërences.
labyrinthe s'emploie au propre pour désigner des constructions, des plantations, des lieux dont les tours et les détours sont si multipliés, qu'on s'y perd. Dans les Amours de Psyché et de Cupidon, une tour enchantée dit A Psyché : « Vous entrerez dans un labyrinthe dont les routes sont fort aisées A tenir en allant; mais quand on en revient , il est impossible de les démêler. >Laf. «Je ferais dans une grande salle une espèce de labyrinthe avec des tables, des fauteuils , des chaises , des paravents. Dans les inextricables tortuosités de ce labyrinthe , j'arrangerais au milieu de boites d'attrapes une boîte de bonbons.... » J. J. « Le sentier n'aboutissait A la muraille que par une inCnité de tours , de dé* tours et de circuits très-difficiles. Hais bientôt la lune, dissipant les nuages, dévoila A Aratus tout le labyrinthe de ce sentier. > Roll. «t J'ait fait planter une infinité de petits arbres et un labyrinthe d'où on ne sortira pas sans le fil d'Ariane.»' SAv. — Hais é^édale , qui ne signifie un labyrinthe que par métonymie , n'est d'usage que quand on parle par figures ou dans le style figuré. Lors même qu'il se rapproche le plus du sens propre , il conserve néanmoins quelque chose d'abstrait et d'immatériel qui le rend parfaitement distinct, c L'hirondelle semble décrire au milieu des airs . un dédale mobile et fugitif, dont les routes se croisent, s'entrelacent» se fuient, se rapprochent..., et dont le plan, trop compliqué pour être représenté aux yeux par l'art du dessin , peut A peine être indiqué A l'imagination par le pinceau de la parole. » Buff.
En second lieu , labyrinthe convient mieux en prose, c J'ai renoncé à juger les hommea, bien convaincu que l'obscur labyrinthe de leurs ccBurs m'est impénétrable. » J. J. c II faut donc alambiquer son esprit dans ces questions , c'est- A-dire dans les plus fines disputes où la raison puisse entrer, ou plutôt dans les plus dangereux labyrinthes où elle se puisse perdre. » Boes. ^ La poésie, au contraire , préfère dédale.
Le dédale des cœurs en ses détonn n'emem Rien qui ne soit d'abord éclairé par les dieu : Tout ce que Thomme (ail, il le fait i leon yeoi.
Lu.
Le malheur de ta fille an tombeau iescendM
Par an commun trépas.
Est-ce quelque dedaU où ta raison perdue
Ne se retrouve pas? Hua.
Enfin , le mot labyrinthe concentre tonte l'attention sur la nature de la chose : le lebymtk est inextricable (AjCàd., Beauu.), inexplici^ (Boss.). c Si je sors des voies de la foi, je tomlx dans un labyrinthe où je ne fais que toancr, que me fatiguer, sans trouver jamais d'issut.! BoQRD. « J'ai montré A ce ministre dans soQsjt> tème un labyrinthe d'où il ne peut sortir. >Bos$^ « Qui marche dans les ténèbres ne sait où Un.* Il avance. Ah! quel làbyrinihs^ et conibieiKk fallacieux et inévitables détours il va ftm trer I... » In. « Je voulus fixer une bomttte mes opinions, mes principes.... Je metnwoi d'abord dans un labyrinthe d'embarras, de difficultés, d'objections, de tortuosités, deténèbftM J. J. c On conçoit dans quelle étrange peiploiù, dans quel labyrinthe de difficultés et de périls jetaient Octovien les intérêts opposés dis]Ktt«seurs des terres et d'une multitude \à^^ gens de guerre accoutumés A donner Ulo^i leurs chefe. » Roll. «L'ignorance de la MceaJ de la création, pour les anciens, &ûait.^^ métaphysique un obscur labyrinthe d'où vi^ pouvaient se tirer. » HARM.^Hais le motdéW fait penser A l'artiste et A l'art : le d^defa ert o« œuvre d'habileté ou de ruse. AaîîoXoc ««*] lu* veulent dire fait avec art, industriel, »* bile. «Comment l'auteur des Jf^tomorp****" t-il pu , de tant d'histoires différentes, \f«««^ tout M bien suivi, si bien Ué, et tenir tog| dans sa main le fil qui vous guide dans ee W* d'aventures merveilleuses? » Lâh. « OneW soit un , la fraude n'aura plus à se réfugier «» un dédale ténébreux d'éditt absurdes et bai^ res. » Harm. « Je ne doute pas de la sagaftté,» l'adresse avec laquelle vous saisirez le <i«^* l'auteur (du Barbier de SM7ie), et sainex le»» de l'intrigue A travers un léger dédak. » B«J^ « C'est bien assez pour moi d'avoir suivi la ^ de La Blache dans le dédale affre»"^?'^?, que, d'avoir développé par quelle suite dcnP» et de noirceurs il s'est flatté d'en imposer |w» les tribunaux. » In. Dana le Tarli*/!», Cléml* ^ en parlant de Tartufe :
Aux menaces-da fourbe on doit ne donnîr poi»^'- Ne vous y fia pas ; il aura des ««■•"«» Pour donner contre voua raison à aei efloWi Et sur moins que cela le poids d'une »W« Embarrasse les gens dans un fâcheux ^^
Souvent en étudiant ou en raisonnant» «JJJ jette ou on tombe dans des ^»'»»»*^' , L. méthode ou A cause de l'extrême vanéW eip^
plieation des choses auxquelles on s'applique. « Pendant que je suivais cette fiiusse méthode, je m'aperçus que j'enfilais une fausse route qui m'égarait dans un labyrinthe inunense. » J. J. « Je ne yaîs que tAtonnant dans un petit coin de cet immense labyrinthe (la botanique). > In. Toltaire ierit à ICme du GhAtelet : « Gomment aTez-TOus pu marcher après Newton dans cette route obscure du labyrinthe immense où se perd la nature? > « Les Juifs ne connaissent plus rien dans les temps qui leur sont marqués par leurs prophéties , et ne savent par où sortir de ce labyrinthe, m Boas, « En l'étude de Vhomme, je trouve une extrême variété de jugements, un profond labyrinthe de difficultés les unes sur les autres. » Mozctaion. — Mais si les choses au milieu desquelles on a peine à se reconnaître sont du nombre de celles que les hommes ont indiscrètement multipliées ou embrouillées par des subtilités, elles forment pour celui qui cherche à les démêler, non plus un labyrinthe, mais proprement un dédale. < Avec la folle idée de vouloir tout prévoir, les Anglais ont fait de leurs lois un dédale immense où la mémoire et la raison se perdent également. » J. J.
Mais qne Maopeou tout seul du iédaU des lois
Ait su retirer la coaronney Qu'il l'ail seul rapportée au palais de nos rois ; Voilà ce qne je sais, voilà ce qui m^étonne.
Volt.
Ministre de Thémis . dont la rare prudence Du dédale des lois aémèîe les détours. DàsB. « Au barreau, 09 voit tous les jours
LMnnocence aax abois Errer dans les détours d'un dédate de lois. Bon.. Dans le Lutrin, le prélat dit à la Chicane : Épuise en ma fkveur ta science fatale ; DÛ digeste et du. code ouvre-nous le dédale, Id. ' LÂGHS, FOtTRON, PUSILLANQIB, COUARD.
Qui manque de courage.
Lâche, lamu, qui n'est pas tendu ou serré, annonce faiblesse, défaut d'activité, d'ardeur, d'énergie. PoUran vient de pollice truneut , qui s^est coupé le pouce , moyen qu'employaient chez les Romains les lâches qui voulaient échapper an service militaire; il exprime proprement la frayeur, le défaut d'assurance. Le lâche ne se bat point ; le poltron se sauve. « 0 chrétiens , s'écria le roi Grandonio, êtes-vous donc si lAches , qa'il n'y ait plus personne parmi vous qui ose se présenter devant moil Fuyez, fuyez, poltrons , Yvtirez^vous dans les ruelles , vous n'êtes propres qu'à divertir les femmes. > Lbs.
Ce qui domine dans le lâche, c'est la timidité, il héâte , il n'ose. « Conseils qu'on appelle timides , et qu'on donne bientôt pour lâchée. > S. S. « Certains animaux carnassiers , les loups, les renards, qui n'ont point de griffes , sont timides et même lâches. » BopF. « Les religieux de Port-Royal ne sont ni dans une générosité philosophique ou dans une fermeté irrespectueuse , ni dans cette lâcheté molle et timide , qui empêche ou de voir la vé-
I. L'Académie (4835) dit avec raison , un dédale d'intrigaes; mais le labyrinthe de la chicane est une expression arbitraire et sans justesie. On ne ia U'ouverait point employée dans Fàge d*or de noire langue.
rite ou de la suivre. » Pasg. « Une armée est un assemblage confus de lâchée qu'il faut mener au combat, ou de téméraires qu'il faut retenir. > FlAch. c Morales, pour me montrer que je ne m'étais point associé avec un lâche , suivit mon exemple : nous chargeâmes les ennemis et les obligeâmes à prendre la ftiite. > Les. — Mais ce qui domine dans le poUron, c'est la peur et la vivacité de l'instinct de conservation. « Il n'y a guère de poltrons qui connaissent toujours toute leur peur. > Laroch. « Il fallait que ces gens-là fussent plus poliront qu'on ne le peut imaginer pour avoir peur de nous. » Les. « Cette comparaison d'Bschine pique vivement la poltronnerie de Démosthène : on sait qu'à la bataille de Chéronée cet orateur avait abandonné son poste et pris 'la fuite. » Roll. « Le jaguar se ressent en tout de l'indolence du climat. Les sauvages, naturellement poltrons, ne laissent pas de redouter sa rencontre. » Bufp. « Reposez-vous de ma conservation sur ma poltronnerie. > Siv. « Comment! coquin, tu fuis, quand on m'attaque t.. . Couvre au moins ta poltronnerie d'un voile plus honnête. • Don Juan à son valet Sganarelle. Mol. — Là où il s'agit , non pas de combattre , mais de rester intrépide , poltron se dit à l'exclusion de lâche : on est poltron (S. S. , Best.) et non pas lâche, quand on craint les esprits.
Le lâche ne se défend ni n'attaque , il demeure dans l'inaction absolument; \b poltron, au contraire , se bat quelquefois , car si la peur donne des ailes , elle peut aussi donner de la hardiesse. « Vous avez donné un souper magnifique, (afin de ne pas passer pour avare) , comme un poltron va au combat en désespéré, b LucuUus à Crassus. Fiff. « On n'a pas le temps d'avoir p^ur quand le danger surprend : voilà souvent d'où naît la force d'un poltron révolté. > Bbaum.
Moralement considérée , la lâcheté a bien plus de gravité que la poltronnerie; c'est un vice du caractère qui consiste surtout à abandonner ce qu'on devrait défendre, la vérité, par ezeoiple, et l'honneur ou son hoimeur. La poltronnerie est une faiblesse involontaire, un simple défaut du tempérament qui fait fuir les dangers avec un empressement presque toujours plus risible que dégradant et odieux : telle est celle de Sosie dans Amphitryon (Mol.). « Il est poltron comme un lézard. > Volt.
La pusillanimité, pusiUus animus, petit esprit, caractère timide, est ou suppose, comme ]& lâcheté, une timidité excessive, le contraire de l'audace. Mais, au lieu que la lâcheté se rapporte spécialement à la valeur, au courage du soldat, et à celui de l'homme d'honneur, dont le soldat est le type, la pusillanimité s'étend à tout : le lâche n'ose se battre, il craint d'être vaincu ou tué ; le pusillanime n'ose entreprendre, se déclarer , il se défie trop de lui-même, il craint trop ou s'exagère les inconvénients du parti A prendre. < Il y a une timidité qui nous retient dans les rencontres, qui nous. ferme la bouche et qui nous lie les mains, lorsqu'il conviendrait d'agir, de se déclarer, de se défendre. Ce n'est point là humilité , mais pusillanimité. > Bourd. c Pourquoi ne pas enrichir peu à peu notre lan-
WmiîMS, PAETIE :
gue é« JumieUM ûKprAasioas excellentea?. Je jûs bien qu'il fout être, sur cei artioU , ibzt 'diaoret et fort léserré; mais il ne Suit pas auffsi ^ouaser la disorétion jnequ'à une timida .punUanMiiAe. » Ro&L. « Rien n'approche tant de Ja pusiUamimêté qu'une prudence exoesaiva. » I. J.« Il y aje <ae aaia quelle ciKontpectioa iMiatUam'aia qni > voyant paitont des inconvénienta , se bonn , par aageese , À ne faire ni bien niioal; j'aime mieux une hasdieese généreofle qui , pour bien iaire , aaooue quelquefois k puéiil joug ^de la bimi- ^séance. » In. « Ces aortes de périls ne sn'ont jamais anâté , et je hais ces aœurs ^mnlkimimes qui, pour trop prévoir les euites des choses, n'osent rien entreprendxe. » Scapin. Mol. — On est puiiUtmime aussi quand on est Ucitf ,par rapport à soi-même , quand on n'a pas le courage de combattre ses passions, -ses débuta ou .les maux dont on est accablé.
To ne sMiais saisir ces haines vigooreosoB Qae senient pour l'amour les Ames généreuses « Homme pusuUuùme^ imbécile^ brutal !
Régit.
c M. de Luxembourg eut la pusUlanimiU de vouloir se dissimuler les infirmités de l'Age. » J. J. « Puisque vous soufiîraz une privation totale (de la vue) , j'ai oru qu'il y aurait de la pustUonimiti à n'en pas supporter nna passagère, » Voltaire à ICme Dudefland.
Couord , de queue , écrit autrefois coue (caudol, signifie celui qui par poltronnerie se tient à la queue d'une troupe, ou bien un animal qui, par l'effet de la peur, poi:te la queue entre les jambes. C'est, ainsi que eofuaràMe^ un mot qui ne se dit que familièrement , et encore ne le dît-on guère aiijourd'hui. « Les chiens couarde mordent et déchirent dans la maison les peaux des bêtes sauvages qu'ils n'ont osé attaquer aux champs. » Chabr.
Qui dit Romain f dit action
Belle et d'honnçur, toujours de mise,'
Aussi sans feinte et couardise ^
Ce peuple a toujours combattu
Pour la gloire et pour la vertu. ScAse.
Pourquoi craindre tant (l'Âmeur)?
Que peut-il? c'est un enbnt ;
Ma couardise est «itreme
DVoir eu le moindre efliroi. Laf.
« Nous refus&mes de traTailler (des captifs algériens); ceux de mes compatrioteaqui ne m'avaient point imité , voyant les Maltais revenir au travail, les huèrent, les quittèrent à leur tour, et; comme pour insulter à leur conardii^, vinrient se ranger autour de mot • J. J.
UID, BIFFOSMB; — HIDBDX, AFFREUX, HORRIBLE. Esthétiquement imparfait, qui blesse le goût ou le sentiment du beau.
Laid y exprime une inégularité moins granàe, moins choquante, et surtout moios essentifllle que difforme. La laideur peut dépendre simplement die laroouleur du visage, de. la rudesse de la jpeau , d'un certain air ^ dfun oectain jeu de la physionomie, des traits, en un mot deia superficie; la diffannUé suppose un défaut vdie conformfltmn, la privation d'unmembrewou 'sa-.dlJ4^o* ^«rt&on relativement atn autres, ou qual^ae défeotuosité considérable» soit jmtunsUe» soit
produite par accîdant > JaquaUa détuDe, ééfips et dénatuie, pour «insi dire.
« Il n'est pas indifféreat à l'Iae, dit Ciccno, d'être dana un covpa iliaposé «t orgSBÎsè de tdk ou telle fagon. » Sur quoi Monlaigne s'expciK ainsi : c Gafttny cy pscla d'une Mtwr desaituree ed Aiffornùté de BMmbaes : mut mm appelions loÂdeur aussi une mesadTSDUce si premier regard , qui loge prinoipaleneol n visa^ , et aouvont nous dasgouste^^ar bisa kgi^ res causes; d'un teint, d'une tache, d'une nde contenaaoe, de quelque cause inexplicable, » des memb'aes bien .ocdonnaz et «otien... Cette laideur supeifloièlle, qui est poartaat treâin^ rieuse, est «le œoindia .preiodice é l'esW^ l'esprit, et a peu de œctitude en ropinûa ie hommes. X'aultxa, qui d'un plus propre J« s'appelle difformité ^ plus «ubstancidle, pis plus voJoittiers caup iusques au dedans : lun^ tout aoulior de cuir bien lissé, mais toutiofliie bien formé, montre VintârieurefoiiDedttpi£i comme Socrates disait de sa iatdciir, qu'elle r. accusait iustement autant ^aa son anei i^* l'eust corrigée par institution. «
Mais ce qui caractérise nettement dtf^KWp^ rapport à laid et à ses antres synenymes, ('«^ son objectivité. Ge qui est difforme est tel pff 0 nature , sans que peut-èti» aa vue nous eaaiea cune peine : ta qui est lotd, fctdeas, (Je. * tel par l'impression qu'il fait sur nous. Cest p: l'esprit ou le jugement que nous wsm ^ difformité; c'est par la sensibiUté queBoas »p précions la laideur. Nous trouvons à «ûiteâK qui est difforme , nous plaignons ^^^^^ difforme; nous ne pouvons nous empédwff haïr ce qui est laid, hideux, affreux o^xm»^ « L'âme pénitente ne montre pas toujoafl^s^ difformités dans toute leur laideur. • w» est impossible que l'âme mondaine mon» »^ toute leur laideur des difformités (p^ Goonait pas. » Id. « Un homme qui «i»J^ de mériu at d'eaprit, et qui est connu pwr «^ n»est pas iaid, même avec des ^«'«".'l difformes; ou s'il a de la laideur, ^^jr^^ son impresaion. • Labr.— H «n *^/J\^i?
moral qu'au physique. La difformité °J ^ signe froidement et en eUe-méme «»« JVj^ tés du vice. « La difformité du péçW te^^ deux endroits : l'une du côté de Dieu, ^^ nous prive; l'autre du côté de «^.^JJf* .pK,. La laideur du vice se rapporte i le»» ^ duit le vice sur notre sensibilité. « ^^^ du Tartufe a fait beaucoup de bwtt*"^^, en montrant l'hypocrisie dans toute s» «^ j. Volt. On dit bien la laideur, m»» n^^, di/fonni*^, d'une action riâeuie P^^^it parce que c'est une chose ^'^^^^-^^tu^ . sentir de telle«u.taUe manière, JMJfJ^J^ l objet qui subaiste'etpuisse être considj» ayant des qualités fixas et P^n^so^ ^
Enfin, laideur conviant ^^^.^.é^ un défaut de l'âme , et difformité pour ^,
un défaut du eorps. « Le eerp^ "• f^i.*"* pondait assez à la laideur *• fï^fl**^ pouvait guère en voir un V'^^^S^^ûgt de petite taille.... Sur un si ffl*»» «^*
SYNOmnttS À BABICAUX DIVERS.
lait ime étoflteri oliim, qu'en en ^voyait Ixntte la difformité. * Roll.
JKdnar, ^Ifteumtihùffiblk sig&iiMtnoas^trois «KtiémeiiMiit laid; ma» chaBun à}ma wt dJn^Ùag«e par «ne uvaMw particulièra.
Ce qui est hMêm mx repouasailt ^ «oot «cpfime «pteialetteùt le dégoilt, )e «mlèvemeiit da coBor. « Cette reine à vieille , si^vieille , était sala, hideme et puante, m Fin. « Si f ouvn le tnaidiean d'un grand , ]e n^ tro«fte qu'im cadayte hidm» , qu'un laa d'otamtntf iniedis -et fieflaéchés.-» Boqkd. On jeune honun» enclin à la déhanche fat mené par 'son •pén dans un hôpital de Ténériens : « â oe hidran apeotadle qui réf citait à b fois tons les sens, le Jeune homne biHit à se trouver mal. » J. 7. « Lea enfints n'timent pas la Tieillesse : l^spect de la nature défaillante est liideux à leurs *jtm.\ J'aime mieux nTabstenir de le» oarnseer que de leur donner de la gêne ou du dégodt. 9 'lo. « lies enfants se vautrant dans rorduie et se traînant à quatre ; le père et la mère assis sur leurs trions, tout hideux, tout couverte d'Une 'araese empestée. > Bdff. « les harpies , ces animaoK hideux , toDottondes et voraoes , venant avec leur plumage infect et leur haleine fétide fondre varies festins d%iée , et salir de leurs esor&mants les mets, la table et les cenvivus. > Lab. Un homme qui pendant sa vie s'est distingué per aa orasse , par une sordide atartce , est un homme de hidtm$ mémoire (Bon..)-
Ce qui est iiffrmm Ht liofrlUe est tellement laid qu'on s'en éloigne^ comme -si c'était quelque chose de dangereux.
Hais ce qui est affreux est laid à faiiu peur. Cette épithète est essentiellement propre aux dioses qui efflvyent, la mort, la nuit, l'ohscurité, un hrouillard , tout ce qui est noir; un désert, im abtme, un antre, >une image semlJTe, un dsmger quelconque : • Vaffttun figure d'un lion. • Boss.— ^e qui est hmrible mi laid à faire 'fKssDDner. On «st plus qu'effrayé de ce qui est hWfibU; on en frémit : 'un tonnerre horrible (Rac.) , un spectre hwrHble (F^n.); Btfroute sur le bdcherpoussait des cris liorrîbief (In.) ; £atm ou tamine Mrrt&Ie (Boas.). JVorriMe enchérit dono sur affreitx. On soutient avec peine la vue de ce qui ^st affrtvn, « Comme les Turcs étaient lés peuples les plus loîds de la terre, leurs femmes dtaient affreuMts comme eux. » Moutbbq. C^st-i-dire qu'elles étaient très^toidet, sans éUe pourtant ni hide^àtn ou dégoûtantes, ni horri' Met eu absolument monstrueuses. On recule devant ce qui est horrihU , on ne peut s'empétkétt d'en détourner la vue. « Cette reine était devenue si UAd» et ai hartUble que les gens xoême qui Tenaient lui fidre la ceur chenchaient, «n kd parlant, des prétextss pour tMuner la tête , de peur de la regarder, n Fén .
l>*atttre part, nfftwm indique plulét tm^sentiinent de peine , de mélniectie , d'abattement , de Materne. « La situation de ecehâtaau était triste, lK>iir ne pas dire olffrmm. > CL S.«errMr signifie «ne eseitation , un BMHivement de iTtaie quiiéa- #t, qui s'indigne,^ eévalle; ett^st pourquoi hc^nibU a'empMe euHouten parteit de la lai-
deur des gssnds erinns. « La firiwâUMrs, natte -hem'We lemme. » SAv. « Le plus hxmribU des viœs , Tfaypoorisie. « fén.
LAINB, TOISON. Poil doiB, épais et frisé qui arolt sur la peau de oertsiaB animaux, les montcna, les brebis, les agneaus, .las lamaa, les vigognes.
loffie, latin iaiio , grec )li^wc ou l&tn\ , est le mot commun , celui qui représente la chose partout où elle se trouve , et parUculièrement dans les vêtements de Phomme dont elle forme la matièn. Joùen de tonsto, action de tondre, n la repsésente, :an contraire, que sur l'animal ou par rapport i £anîmaL « Les étoffes de laim ne ressemblent guère à la loûoe des brebis dont on les torasà. • Boll. On travaille la laimy on la tlle , on la mamtfiacture; la foison couvre plus ou moins bien ranimai, ellis reate ou elle ne reste pasintaote:
De ses propies moutons eUe liait la ImmB,^. Le ciel les préiemit de la furenr des loups, E\, gardant leurs toitoms eiemplea de rapines, Ke.leur laissait payer nul tribut aex épinea. Lav. '
On coupe la lotne pour la livrer au commerce et à l'industrie, et on laisse à l'animal une partie de sa lotom pour qu'il n'ait pas trop ftoid. « Dans les pays chauds on ne coupe pas ia latne, mais on l'arrache , et on en fait souvent deux récoHes par an ; dans les climats froide on se contente de la couper une fois par an , et en laisse aux montons «ne partie de leur foison, afin de les garantir de rintempérie du climat. « Ba». — Vème lorsque la loicoa est considérée, ainsi que la lime, comme un objet utile, comme pouvant eervfar aux usages de rhomme, elle rappelle oncoie l'animal dont elle est la dépouille brute ; au Ueu que la iatiie est entre les mains ou a été transfonnée par les mains de l'ouvrier. < Gardezvous des faux prophètes, qui viennent à vous sous des toisons de brebis, et qui sont au dedans d'eux-mêmes de^ loups ravissants. » Bonao. c L'un de mes gendres possède sur la montagne des pâturages d'où ses troupeaux lui apportent de riches toisons; l'autre, avec cette laine ^ que filent nos femmes, foime de précieux tissus. > Mark.
D'autre part, kmie-est un terme abstrait, analytique , qui a rapport à la nature et aux qualités de la chose; foison, au contraire, est un mot concret, collectif et synthétique, qui la dépeint dans son ensemble, teUe qu'elle se montre sur le corps des animaux, c En mélangeant des boucs et des brebis, on obtient des métis qiû ne diffèrent guère des agneaux que par la toison^ qui est phitdt du poil que de la laisie. > Buff. « Les brebis de la Barbarie et de L'£gypte ont subi 4e grands changemenls : lenr:poil rude s'est changé enome Idéne fine; eten ntêmetemps que ranimai a^est paie d'une iielle rloisoi», il a .pesdu- sa force. > In. « L'énorme erinièoe dont.la tête ilu binon est entourée n'est pasdu^crin, mais de la tetee eodée et divisée par Cocons ^pendants coasme «M viaiUe foiso».:» In. «Jl y avait dans les troupeans du Gydopa dns béliers très^rsads, bien nourris, couverts .d2nae.iacne violette. iort longue et fint épaisse*... la. me glissai eoua le