‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 339 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Tentre du plui gros, et m'y tins collé, en empoigosnt a?eo les deux mains son épaisse loifOfi. » Ulysse dans rOdy<t^e. FAif.— Il suit de là que toùon est plus pittoresque et plus poétique , ou , ce qui revient au même moins scientifique , moins positif, moins mercantile. « Que yenes- TOUS chercher dans l'Église, ministfes de Dieu? La toiscn du bercail, ou le salut des brebis? » Mass.

Hors, pour se eouTrir durant l'âpre uison, Il (Ulut snz brebis dérober leur teisom. Boil.

LANCER, DARDER. Jeter en avant avec force, avec roideur , pour atteindre an loin.

On lancB proprement une lanee ou une pique; on darde un dard^ un trait, une flèche. «Je tonce-une pique, dit Ulysse, plus loin qu'un autre ne darde une flèche. > Vis. Mais lancer ^ qui est devenu d'un usage très-commun, comme le prouve le fréquent emploi qu'on en fait au figuré, s'est plus éloigné de sa signification primitive , que darder de la sienne.

On lance toutes sortes de corps i ot de manière à produire toutes sortes d'effets : on lance une balle contre un mur, un vaisseau à l'eau; on lance des pierres sur un arbre pour abattre des fruits; un fleuve lance son écume en l'air (Marm.); Hercule furieux lança Lichasduhaut d'une montagne (Fin.); l'éléphant saisit son offenseur avec sa trompe et le lance comme une pierre (Buff.). « La nature lance à la fois dans les airs l'aigle superbe et le hideux vautour. » Id. — On ne darde que des dards, des traits ou quelque chose de semblable, des corps efQlés , pointus , propres à percer et presque toujours à blesser, ic L'abeille darde son aiguillon. » Acad. c On écrira encore mille fois après moi que le'porc-épic darde ses piquants, et que ses piquants séparés de l'animal, entrent d'eux-mêmes dans les corps où leur pointe est engagée. > Buff. « Le pic darde an cœur des arbres une longue langue effilée, armée d'une pointe dure, osseuse, comme d'un aiguillon, dont il perce, dans leurs trous, les vers qui sont sa seule nourriture. > Id. « Le dragon dardait sa langue à trois pointes contre la peau de Roland, quMl ne pouvait percer, à la vérité, mais il la brûlait de ses feux. • Les.

Darder emporte si bien l'idée de frapper et de piquer, qu'il se dit aussi, à la différence de lancer^ avec le nom de Tanimal blessé pour complément direct : darder une baleine (Acao.). c L'anhinga (espèce d'oiseau) ressemble à une couleuvre par la façon dont il replie le cou et le lance dans l'eau pour darder les poissons. » Buff. « La couleuvre des Moluques se suspend à des branches d'arbre pour se lancer sur les animaux et les darder. » Roub.

On dit lancer du poison contre quelqu'un. « La jalousie poursuit les arts.... Le poison de Rousseau m'a été lancé jusqu'ici. > Volt. Mais on préférera darder s'il s'agit d'exprimer l'effet pénétrant et funeste d'un venin. « Un médecin de Londres a vu au microscope la liqueur dardée par les gencives de vipères irritées; il prétend qu'il les a trouvées semées de ces lames coupantes et pointues dont la nombre innom-

brable déchire et perce les meoibrtiin iateno.* Volt.

La lumière et le% feux lande par le nlcilss répandent dans les airs« remplissent l'espKi. c On voit le soleil levant s'annoncer d« lom psr les traits de feu qu'il lanee au-deraot de lii. • J. J. « Les autres soleils qui kMemI aasai mtinuellement leurs feux, rendent i notrt soie: tout autant de lumière qu'ils en reçoîTe&t k lui. > Buff. Les rayons darda par le soleil toabent à plomb sur quelque chose qui en et frappé, pénétré, et même d'ordinaire Uni « Que le soleil vienne éclairer tout à emp fe habitants d'une caverne obscure, qu'il M impétueusement ses rayons dans leurs yeu oa préparés, il ne fera que les aveugler pour jimais. B D'Al* Dans la traduction dé la Fkenà par Marmontel, Caton dit aux soldats qa'il ahorte à le suivre : « Dès que j'aurai mis li pis< sur le sable (de l'Afrique) , que le soleil daréi se moi ses feux, que des serpents gonflés de vaé m'environnent; je veux éprouver le premier tr.: les périls qui vous menaceront. »

LANDES , FRICHES. Terres incultes.

Landee vient de l'allemand laiid, qui sfo^ pays, contrée, province, et qui en finoçùt été tourné en mauvaise part ou en dérisitf comme il est arrivé aux mots rou, bucè, karrappiery originairement nobles, et dosHw avons (ait, en les dégradant, rotte^ &»<»*; hire , rap*e. Frichee dérive de ïiStm^ frisehi fr^» ^ ^^ Mrt point, ou im^wai' inmile, comme en latin frigidiu.

Landes enchérit sur friches de toutes to**" nières.

D'abord les landes ont plus d'éteodoeft les fHchee : elles couvrent des pays estwv témoin notre département deslaiidef,qv'^ que landes pour ainsi dire. « !•• '^***J, landes de Bordeaux n'est que trop f«^* Volt. « Le géographe Hubner aflinne qB« * peut trouver en Europe un terrain d'oww» d'étendue qui ne soit habité, quoiqu'il 7 «^^^ lieues de pays dans les landes de Bordesui « l'on ne trouve absolument personne. llT»* marécages immenses dans la Pologne> a déserts dans la Russie, et par tout pi!»^ landes. « In. Mais friches se dit dMn« ^ terre, d'un champ au milieu d'autres eûfl^ « Les terres des grands propriétaires ne somp aussi bien cultivées que les champs dun^P; qui ne sort pas de son hameau. Il n f ^zL. ches que dans les domaines des grands pn^ taires. » CoNn. ^

Ensuite, landes exclut l'idée d« cultt»^ lument : les landes ne sont V^^^^^K^»

ne seront pas cultivées, ou du ^^Jl^ peuvent l'être que très-dilBcilement i<» ^

ne sont point cultivées, mais ^^^'^^^jnjjj elles peuvent l'être : elles l'ont étj, »^,^^ tomber en friches ; elles peuvent **"*;. -y je qu'indique le mot défricher, « Un «Jg^^tf dépeuplerait et qui tomberait eo 'j^^ serait pas plus grand pour avoir '^fj^-j y^ nés. » Gond. « On emploie six ^l^JJ^^ bœufs dans les terrains fenntf i ^'^'^

STNONTMES k RADICAUX DIVERS.

les (Héhei qui se lèvent par grosses mottes et par quartiers. » Buff.

La stérilité des landei est plus grande que celle des friches. Les landei sont des sables (Buff.), des déserts (Les.) » on les traverse sans y rien trouyer que d*aride , et de là vient qu*on appelle landes^ au figuré, quoique les^dicttonnaires, on ne sait pourquoi, aient cessé de marquer cet emploi du mot , les passages d'un écrit qui sont longs , secs et ennuyeux. « Je ne corn» prends pas que mes lettres puissent divertir ce Grignan; il y trouve si souvent des chapitres d'afTaires , des réflexions tristes. Il est obligé de sauter par-dessus , pour trouver un endroit qui lui plaise , cela s'appelle des ktndet en ce paysci. « SÉv. « Comme il y a bien des landes dans cet ouvrage (le Songe du Verger) , et même des digressions inutiles, et souvent frivoles, il faut savoir le lire de telle manière qu'on néglige ce ' qui est de cette espèce. » D'Ag. Malebranche écrit au P. André : « Je ne crois pas que les traduc tions que vous méditez de fiûre eussent beaucoup de cours, parce qu'il y a dans ces ouvrages bien des landes^ des choses qui n'apprennent rien présentement. > — Mais les friches produisent au moins des plantes utiles pour la nourriture des troupeaux. < Dans le partage des terres , le Bourguignon , guerrier , chasseur et pasteur , ne dédaignait pas de prendre des friches; le Romain gardait les terres les plus propres à la culture ; les troupeaux du Bourguignon engraissaient le chan-p du Romain. » Montbsq. « Les chèvres trouvent autant de nourriture qu'il leur en faut dans les bruyères, dans les friches^ dans les terrains incultes et dans les terres stériles. » Buff.

f LANGUE, LANGAGE, IDIOME, DIALECTE; — 2* PATOIS , JARGON , BARAGOUIN , ARGOT. Système de signes à l'aide desquels on foit connaître ses pensées.

Langue i langage y idiome et diàUete ne présentent dans leur signification rien que de bon et de louable; au Heu que patois , jargon , harc^ gouin et argot se prennent en mauvaise part, annoncent qu'on parle mal, emportent toujours une idée de blâme ou de mépris.

1* Langue y langage, idiome , dialecte.

langue est l'expression primitive, l'expression mère : la langue est le système de signes articulés ou parlés dont on ùâi usage chez une nation.

Langage désigne une sorte de langue; ce qui peut s'entendre de deux façons différentes.

Le langage est une sorte de langue, c'est-à-dire, outre la langue (car la terminaison de langage est collective), tout ce qui est semblable à la langtu^ sans être précisément langue ou signe oral : on nomme iatngage tout ensemble de signes propres à manifester ce qui se passe dans l'esprit et dans l'&me. On dit en conséquence, le langage du geste , des yeux , le langage d'action; la peinture est un langage muet; le langage des bêtes ; les lois du langage , traiter de l'origine du langage. — Mais le langage (linguam agere) est aussi une sorte de langue , en ce sens que c'est une certaine manière de s'en servir ; de là vient

STIC. FRANC.

que ce mot a souvent rapport à l'ouvrier, à la personne qui applique ou manie la langue; de là vient que la langue et le langage se considèrent, l'un sous le point dfi vue matériel et objectif, l'autre sous le point de vue artistique et subjectif : une langue riche, harmonieuse; un langage orné, le langage d'un honnête homme, le lotipage de la passion. Deux hommes du même pays, deux écrivains de la même nation parlent la même langue, mais ils tiennent différents lan^ gages lorsqu'ils pensent ou sentent différemment, c On a dit que la langue latine était moins chaste que la nôtre ; mais Virgile et Ovide , Tacite et Pétrone, Sénèque et Juvénal parlaient la même langue , et non pas le même langage. > Marm. Au contraire, deux peuples, dont les langues n'ont rien de commun , tiennent néan* moins le même langage quand il est question de choses sur lesquelles ils s'accordent (voy. langue et langage dans la I'* partie, p. 182).

Idiome, grec I5tu(&a, d'tSioc, propre, particu* lier, spécial, signifie la langue ou la manière de parler d'une nation , eu égard à ses iàiotismes , à la singularité de ses tours , et en général à tout ce qu'elle a de particulier ou -d'original. Sans ds Vesprit ne se dit pas.

Vidiome gascon souffrirait celte phrase. Lkr,

< Les têtes se forment sur les langages , les pen^sées' prennent la teinte des idiomss. b J. J. c La mélodie imite les accents des langues, et les tours affectés dans chaque tdtome à certains mouvements de l'àme» » In. < Des personnes prétendent qu'un homme organisé comme Corneille, dans quelque siècle qu'il eût vécu et dans quelque tdtome qu'il eût écrit, eût donné les mêtnes preuves de talents. > Gokd. Une langue universalle, en détruisant les »dtome«, nuirait au développement du caractère propre ou de la personnalité de chaque peuple. — VidUme est aussi une langue à part, une langue qui, pour ainsi dire, n'est pas encore sortie de chez elle et a peu vu le monde, étrange, informe, qui commence ou qui est peu répandue, c'est-à-dire qui a peu de cours ou qui ne se parle que dans un coin de la terre , chez un petit peuple, c Ils passent leur vie à déchiffrer les langues orientales et les langues du nord.... Les tdtomef les plus inutiles, avec les caractères les plus bizarres et les pl\is magiques, sont précisément ce qui réveille leur passion. > Labb. a Parlez-lui de figues et de melons , c'est pour lui un tdtome inconnu , il s'attache aux seuls pruniers, il ne vous répond pas. » Id. « La langue grecque est une des plus anciennes.... Actuellement encore, le grec corrompu par les idiomes étrangers ne diffère pas autant du grec ancien, que lïtalien diffère du latin. » Buff. « J'appelle guenons, d'après notre tdtome ancien, les animaux qui ressemblent aux singes et aux bar bouins , mais qui ont de longues queues. » lo. a La langue (italienne) perfectionnée par Dante et Pétrarque ne reçut plus d'altération, tandis que tous les autres peuples de l'Europe ont changé leur tdtome. » Voit. « Les inondations des barbares avaient introduit dans TEurope leurs idiomes, » lo. « On aura commencé par des

tÉti^WR t»A^f Ifi

0Ht; ensuite le» HMiaiillk ^iu ifigênletûL auront ffrnoé ^[iielq«0k «tMlotioiift. tout idiome xolsilAattçftDt aurt Mé wiApM ée tuonot^llabes. ^ H». iK Part()ut du à Ifovhré dh àmériqne ^« fdfoiiMt forlnéB, pvt ittx^eh les pluB sfeurag^ expriandént le petH nombre àt leurs idées.... De là seront fonnées tut de lannues diflérentes. » Td. isee iKaltfcfM, du gr^ SîdXtietoc, «ont les inodes, ïtlB formes ou les Yariêiés d'une mtee langue, les filles d'une même mère, « différentes manières dont une letigue commune &utfe naiioU est pariée en difféiemes prormces. sOtfitD. « Les ûMetUi ètkdent aUUnH de lainages, parbtts •hàcun dans leur^nre , dont diffèretftï peuples ee «emient, mais qui bfk^ënt tous ilUe inème langue pour ftfndènîéiit. > Holl. « GIsuz de 'nos' modernes qui ont le plus approfondi ces mattèies prétendent quii y )i^t tiné lafùfghe commune, non-seulettent -à tous les habitants de la Gaule , mais à tous Ma peuplés d'origine deltii|«», ^X ib n'admettent -entre les 'lances de tous eee peuples ijoe dés ditersitds A^éiaJkctéi.'* ID. «Il «n'y a <eii ^àl]elmlgae) que deUk laii^ues mslricesiqui ont leurs dwleetef ; et e^ langues sont la teutone et reeolftvuUe. l'ésôUmme 'a pour principaur4i<»{eete« in ruisihtoite 'pour les Hosoe^itee , ^ datmiitit}Ue 'pour -les Trabsyltains elpour les Hongrois, cHo. La teUtene a Irois p^dpaixdtoteetai, ie gemaliîilue, leiiaxon et le danois, h Raih». « La divurpité de tramage dans des oiseaux d^uife mime espèeea -été ^somparée «rec raison ath diMrenees qUi se '-trouvent dans les diolsetee d'une même fttnj^ue. > Sdn^. '* Les différents dia^ctef de !a langue allemande. * Td. c L'AUeÉiagne a presque autlUt de àiÊ,UHet que de capitales. » Rit. «t Les dMed^t du langage celtique éteient afl^euv. t» Voit. « Le Jésuite Meedham connaît tdus les dM^etet -ég^tiéus et ehinois comme il oomiaît la nature. ^ i». « Sadal était le nom que quetquee peuples de Syrie donnaient à Bleu. Ils TappelUient lantôtSada!, tantôt Adonaf..., seléu lee différents dtaffctet.» In. Les éialmUi d'une ttéUMi -langue emploient tes mêmes mots et les dispoiedt de même dans la phrase; mais ils ne les prenonoeutpas ou ne tes terminent pas de même. '« Les différentes nations de la Orèee, affectionnant des finales différentes, amenaient dans les noms et deus les ▼erlMM ses Tarieitioiis ^e4'on % noamijées -âSû- Utlêt, » Lab.

Le poleû est un maiUTaîs diéieele parlé par lé peuple d'iiiRe.pl'OYince. vcil ne nous reste aucun moUument de ia langue *dee tmciens Velehes.... Un reste de l'ancien poiefr ^e^t encore^nserté chex quelques rastresde cette protinœ de Galles, dans la basse Bratagne, dm» ^elques villages de' France. » Yotr. « Il feuttuir avec queRe confianbe les étymoiogktes ont pKmté queHnir tes bords du Tibre en emprunta des 'expressions du potoii des sauTages de la Bisdaye. »'Id.*« La pitmM de V Amour ta fort mal eu ^tois paysan. > Lab. « Boursacult n'avait fidt dans'Sa jeunesse aucune espèce d'études, et, né en Bourgegne, il ne parlait «noore^à treize ans que le Ptfotf de sa pKOfinee. » I^ '«Des paysans par*

lant le 'pdtàis Ile leUrs provinces. ^ kir. c u pafoif , en France, sont abandoDoéi au provioces, et c'est sur eux que le petit peuple eune ses caprices, tandis que la Ungae msioukai hors de '^és atteintes. » In.

L'Ane, qui goûtait fort l'autre bçoad'àDcr, Se plo&it en son pataU, Ut.

le Jârgc^ eài Surtout Inint^tlîg&le, 4 la difitrence du paft>ir qui est surtoat grosnir. cGt mot ((Taii^^chercft , nom d'un aigle) est reiU d BourIfOgn'e parmi lés paysans, comaie quuâi d'autrestetlnes anglus que j'ai remarqués éia leufs paloir.... 'Gessner a mal écrit ce aorn (uk d'entendre lé fdrgon de Bourgogne. > Boir. On nommé Jditàoh^to\iX langage obacar, nte celui H'ùne seule personne où cPone trèspett sbcièté. c i^enset-TOUs qiie je cuisse doruta turlu^itiàdés '^e^êuielles de ce vaniuis ine» mode ?'— Ob langage est à la mode. — Tutft pour ceux qui le font et qui se toent toat lejot à parler Ce jàtgon obsour. » IIol. c Le ny* rieUï jarçfiih de la médecine. » Xàbb. « Dopaient jfêîf y on et mystère sur de certaines tenoei.' Id. c m. Vemes me ^avt un grand crime d'an: employé ee qu'il 'appelle le iargon de lava* physique.» 7. 3r. Platon dit à Aristote, àmu des 'Dtolodfuea des UorU de ï'énelon : > "if» physique est Une physique mitaphfi^'^ pour mieUz dire , des noms vagues, pooriottitumër tes 'esprits \ ée payer de mots, atàcrois entendre ce.qu'ils'n'entendent pas.../Afee ce/» gôn un honime se croit un grand philMopt^^i ^ méprise le vurgaiTe. » « tJne de mes imIm» mortelles est ITiôrrible corruption de la Ubj» qui tnféète'tous lès livres nouveaux. C«i ■ jargon que je n'entends plus, ni en ven ù^ prote.» YOLT. « I*lusieurs pièces de tlielw» demes ne seroUt pas eotendues dua^^ nées , parce qu'on s^y est trop as5n|etti aa j«^ de notre temps. » D'Al.

Lç héragouin eèt un jargon qui tienti b» nière de prononcer : on n'entend pai » /*" gùn d'une personne qui emploie cJes ejpss» récherchées , qui ari*ânge les mots d'one at® bizarre , qui affecte des loèutiôns ou des toio extraordinaires; on n'entend rien aulfl«j<J d'une personne qui articule mal, P*"*.^Jg est étrangère, ou comme le ferait un eW" qui écorche les mdte. Dans VÉUmrdiitto^ Léliedit à Mascaritfe qui fait semblant d«p»B«^ français à la manière des Suisses :

Le plaisant ^rd^oam/...

Ton Jargon allemand eit^tt|^tffc, tedifje.

« J'avais appris une trentaine de oot»«nî * Londres qUe faftous oubliés, tant leur W"/]^ ba*-cvotttn est indéchiffrable à mon orf^-*L « Un homme qui^prônonce' fort mal l'itaUeûB ^ une partie de Votre traduction (itaiiew Cminihgés. n m^a fait entendre ^*^!^ gùUin de beaUx >éra sur un triste «PV^ - PSr extension , baragouin semble qo«2^ exprimer le comble du jargon, ^:t^ eieuttt rtdtcuif», Gorgîbus, qui f]^} ^^J^ le phébus débite par Madelon, »j«"?'j^ 4, diable de iargôn èutends^je i«i';^!?,yr.ji haut style. » Et après le discours de cauJ»-

STNONTISS À RABIGAirX DIVERS.

lenae qa'eto foni folXes toutes denz, dt Je ne )uismn conqiTeodce à ce baragouin. » Mol.

L'ory^t «fi un jaxgon ûi?enté toat exprès par es^goeiB et les Toleui^ , afin de poutvîr e^ntre- «Qtr en publie sens enint* û^élm eotenlus. c Les petits toleurs ont entre eux un diction* Min ipills ikpp^leftt or^of : les mots de «ol, tMTtim , •rapine , ne s^y ^trootent point; tts se «09naat dsB fermes qui répondent à go^tisr , «vpnn- Ire. 9 Volt. -^ Il se dH^ ensuite d'un jargon eonneam entre gens qui ne sont ni des gueux ni des rolews , mais dont on fait peu de oas. « Les Jansénistes Appellent leur mnionl^onlre .* <c'^sst leur wr§oi; elÎBque oommunauléj <obftq«e ^seciété a (S aien. » Vo£«. « On voit ee -que o«eulsiit dire, lene Vm^goî Tévolutâonuaife, ^cesm^ts «letnetiMiil , •pérMUm-ét eent autre» du ^niAvie gênse : MHout massaoM et pillage ^sans «xoeption. a

UftiB.

'liions, MSVRS. Bapresdon^des'sentlments le l'âme par r^^anebement d'une eau qui -coule les yeux.

JkMwies^st-un •tubstaatîf pur : U /déai^i» un ^•t, L'^u même qui 60ft deTeril. iPJeurt est in substantif verbal : il a rapport au verbe pUur '^er, qui en fient ^'Signifte un iWt, iselui de (éaooigaer par des larmet ce quV>n sent. On sèche >a «n «ssttie ses hrmêg (Agab.); on c^sse jes ^leiftrs (LàF.) ou on les continue (J. JO* ^> tormes ont une source ; les pleurs sont une sorte l'action oomme les cris , les plaintes , les gémis^ sements. « Certaines personnes, apsès que le tfmps.a JEUt cesser 1a douleur qu*elUs.i&?aient BiL^ffety ne laissent pas d'opini&trer leurs -ylenr», tauf» plaintes et leup jsoupirs; elles prennent un penoniu|gelngubx»,'et tiaTajUant à. persuader, par .toutes leurs actions, que leur déplaisir ne ioi^ qu'axsA .leur vie,.^. H j a «ncore une ialxe4ispèGe ÛBlanies qui n'ont que de petiles Mmseas, qjui coulent et se tarissent fsiçilement. » Lajmcii. -^ OA.dit jin torrent, un ruisses.u, une 'ontaina de.Iarpes, IsTsr ,9m crinies par ses ^afwes (fiossv); ei^, d'ajo^ ,part, écUter en 9hwn$j en ariiti ^n plaintes, en dpuleurs excèsiÎT«s(^T.], être interrompu en parlant par ses iowpiis «t par ,ses pWuxs (VpLT,;. On vpit dek larmes, qa entend des^Ieurs; et c'est à. tort que iTpitairaa repris cette dernière fxpression dans Plusieurs vers de CorneiHç:

3<etgn«nf««i.T0iresnu>urpjpnt écouter mes/»/^»....

COKH.

£lle A'enlend ni pi^rs^ niconseily ni raison. In. Test ;une manière de parler très^juste qui se rexouTB dans d'autres écriTains du premier ordre. .Le del dans tous leurs pUurs ne .xn'emend point nommer. ]Uc.

c On a«ntendu dçsToix confuses dans les chemins, las pleurs et des hurlements des enfants d'Is- :aêl.*' Boss. — Les Zarmes se qualifient en ellesnêmea et par rapport h leur nature : des James le sang; .des tomes feintes, criminelles; de louces, de grosses lanms. Les pleurs se qualiient par rapport. à l'éclat : des pleure soudains m yioleots.

Ensuite, de ce que le.mot|>Ieure, à cause de 4m caractère verbal , désigne un Dût , il s'ensuit

une seconde difllérenoe. Quand (1 signifie la mime chose que le ;mot lannês , Il se dit seulement de celles qu'on verse avec bruit, avec éclat, et qui sont Texpres^ion d'une douleur violente. Larmes se prend dans uu sens plus général : toute cause physique qui produit une compression des muselle dej'oôil fait couler des làm^s^y et non des pkurs ; il y a des lormse at non des pleurs de joie; on rit aux larmes et non aux pleure. Mais lorsque les deux mots s'emploient comme représentatifii de sentiments de douleur ou d'affiiction, auquel cas leur synonypiie est le plus étroite , les larmee annoncent des sentiments doux , paisibles at silenciaiûc : des lomiee de tendresse ou d'attendrissement (Volt.) , les Içirmes de la pénitence, c Voyez ruisseler ce sang et cette eau du c^té percé de Jésus; c'est l'eau sacrée du baptême, c'est Feap de la .pénitence , l'eau fie nos Jarm«e.pieu9^. » Bq9s. « M. le ^cardinal de Bouillon est touché de vqtre lettre , pt^ersuadé de vos sentûuents.; iUa toujours les Ijarmes aux yeux : Je lui, ai parlé 4e vos douleurs. > .6iv. « Tout sentiment qui n'^t pas à 9a placé sèche les .lannef qu'uw 9UP^tjQp.f^n<iadrii|9an^ ^i^it coulej:. »

4ik! dagr^Qs, atlfRenr^^peigaaiima (aiblesse; /J'ai besoin de eonsUnçe en l'état où Je suis, tie fortifiez point l'oxcës de mes çnuGJis . J>eê.tarmet de votre tendresse.

(Psxebé i êoapMi. Iêol.

Les pkun, jp oontraire, août le signe écU^tant de sentiments remarquables par leur force et leur énergie : 4ea pleure daxagé, de désespoir. « Où iront, Les méchants, ai ce pJest «aux pleurs ^ au désespoir, à la r^ge, au grincement de dents, à l'éternelle fureur 7 » Boss. c Son amant pressait sa main quil baignait 4^ SlQ*^> ^^ éclatait en aaQglot9«.>VpL.T*

, Eb quoi ! mas« tmpisports |Urienx« Ces jfletKf qpe,mes nemQrd^ arrachent ^ pes

yeux.

Ce changement. soudain» cette douleur mortelle, Tout ne ted^t-4i pas que Je viens d'auprès d'elle?

la.

'ttje versadea/^fHM, aasani des pimrsût tage.

Upleisir de la^eir (la |sIoQa)y.aoaBBlai nés genoux, S'exenaer de l'éclat quHl a f^t aanire nous , Ses pimrSf.Bon désespoir d'avoir pa nous aéplaire, Sont un charme à. calmer toute notre colère. Mql.

cil ne faut pas que les. larmee d'une abseape soient aussi lugubres que les pleurs des funérailles.» SiiKT-fivRXHoap. « Les maladas.et les blessés conjuraient avec larmes les fuyards de i^es enunener avec eux; ou, sa traluant après eux, ils les suivaient. le plus loin qu'il leur était possible, et quand les forces venaient à leur manquer, ils avaient recours aux pleure,, au^ plaintes, aux imprécations. bRoll.

Les larmee sont touchantes ou attendrissantes , les plems pathétiques. Andromaque verse des formée ; pour Hermione , il n'y a que des pleurs. .Pleursijxe.se dit guère qu'au pluriel parce qu'il suppose UAftOCpmpagpemeat de, plaintes, de cris, de lamentations qui n'est, p.93q(>nip(is dans le ^ens de larmes.

JDEUXIÈME PARTIE

Bnfia la mot larmes est plus propre à marquer un état constant, ou plus d'i^ondance : on Tit dans les larmet , on a le don des larmes. « Mêlez quelques pleurs à tant de larmes, » Volt. Pleurs n'est que pour Toccasion; une action est toujours passagère et les sentiments violents ont peu de durée. ^ , ,

1»IAS, FATIGUÉ; — 2* HARASSÉ, EXCÉDÉ, BENBU, RECRU. Qui n'en peut plus, qui n*est plus en état d*agir, woâ toutefois être malade ou affaibli par l'âge.

%• Las j fatigué.

las et fatigué sont des mots beaucoup plus usités que les suivantSt

Las est subjectif, et faUgué objectif : Tun fait penser à l'état et à la disposition du sujet, l'autre i la cause qui Ty met ou qui tend à l'y mettre et qui ne parvient quelquefois qu'à le peiner sans le rebuter. « Les chimistes manquent souvent de courage et de constance, ils se lassent à cause de la fatigue et de la dépense. » Mal. c Avec une complaisance que ma curiosité fatiguait quelquefois , mais ne lassait jamais , il voulait bien m'instruire do ce que la Hollande avait d'intéressant. • Màrm. « J'assurai bien que les comédiens pourraient me fatiguer, mais qu'ils ne me lasseraient point, et que je mettrais tout le temps et les soins convenables à découvrir jusqu'où la Comédie-Française pouvait porter le crédit d'être impunément injuste. » Bbaum.

La lassitude est impuissance ou aversion pour le travail ou le mouvement; elle peut être spontanée, elle peut nous prendre sans que nous ayons rien ùdX. La fatigue , au contraire, est toujours la suite d'un travail ou d'un mouvement qui a coi^idérablement diminué les forces. On se lasse d'attendre, à rester debout; on esXlasàe ne rien faire. « Je suis las sans avoir encore rien figdt. » ACAD. < César, à peine sorti des guerres civiles, était déjà las du repos. » Roll. « Ulysse savait qu'il ne faut attaquer les passions que quand elles commencent à s'affaiblir par une espèce de lassitude. > Féh. Mab on se fatigue à courir, à poursuivre quelqu'un, à se battre, à faire des efforts. « L'attention fatigue beaucoup l'esprit. » Mal.

Lui-même, /i/t^u^ d'un long siège inuUle....

Rac.

c La mère de toute la famille prépare un repas • simple à son époux et à ses chers enfants , qui doivent revenir fatigués du travail de la journée.» FÂN. — « Israël, fatigué de ses révoltes, de ses m&lbeurs, de sa vaine crédulité , et las de tou^ jours attendre un Messie, qui est déjà venu , se réveillera. » B0S8.

Lorsque la lassitude est produite , elle Test par des choses indifférentes ou même agréables , qui finissent par ennuyer, par déplaire à cause de leur uniformité ou parce qu'on en est rassasié ; au lieu que la fatigue suppose toujours quelque chose de pénible , de violent ou d'onéreux, c Les Syracusains étaient las de Gy lippe, et fatigués de la guerre. > Roll. « D'où vient q^e les richesses inquiètent l'homme, que les honneurs le faltgtunt , que les plaisirs le lauent ? » Mass. « Les plaisirs lassent ^ les passions fatiguent. » Id.

.Croyez-moi , chère Esthcr, ce teepire, cet em^, Et ces profbnds respects que la terreor inipin, A leur éclat pompeux mêlent peu de doaccar, Ei/atigueni souvent leur triste poMcssenr. le ne trouve qu'en vous je ne nii qaeUe grlce. Qui me channe t4>ujours et jtmsis se me Utse.

(Assuéras). Ric

Enfin» la lassitude est moins forte et Doios rude que la /bttgtie, ce n'est souvent quàe l'ennui, de U satiété ou du dégoût; aussi firttfiu enchérit-il sur las. « Quelle complication d1»rreursl Je suis las de les raconter, /ait^s^dele éprouver. » Bbaok. « U est bon d'être husi eî fatigué par l'inutile recherche du mi bia> Pasc. c Dans ces objeU , la difficulté d'toe ape çus n'est pas telle qu'elle lasse et fcHgw i sens. > Disc. « Le comte de Flandre allait i {Ml et seul , par des sentiers inconnus. Latte ti fs^ gué. Il se cacha, pour se reposer, derrière c buisson. » Boss. « Les soldats reconnorent m joie que leur général n'avait pas voulu les im au combat las et fatigués comme Us étaieal' Roll.

Savez-veus bien, ma mie, enfin que imiaà M'ennuie étrangement, me laste et mj«^'

2» Harassé, excédé , rendu , retru. • Harassé, excédé, rendu et f«n«,outKqj^ se disent plus rarement, sont des superlatisfl signifient très-fatigué. Mais on est hflfw« F un trop grand travail; exc^ ^ "^ Z grande charge; rendu et recru paru» «W grande marche.

Comme un cheval qui se fatigue ^"^^ jusqu'à s'épuiser , un homme harassé stsi^ ment exeiié, a teUement dépensé de fo««; qu'il ne lui en reste plus. « Je suis Mw» ^ fatigue ; je bâtis, je commente, je suis wm- Voit. « Après tant de courses malhcureasB. tigué , harassé, honteux d'avoir çhercW ^ vérités, et d'avoir trouvé tant de chiirj'^ suis revenu à Locke. « Id. * Notre srmit»^ à l'excès et sans utilité. • S. S. « Do»

était toui harassé et plein de sueure

destern^

coups qu'U avait appliqués sur le lit « «^^j. en voulant attraper le prétendu «^^'''^^ Espagne, la disette eût chassé César o coisumé à la longue , et de f^\^J^ poste en poste, les légions harassées i^ péri insensiblement » Maru. ^ n^rate^ La personne excédée porte V^^^^Z^J^^ a sur les épaules un fardeau ^.^"^^^ forces, qui va au delà, qui ^'^^\"'on^ meaux jettent des cris lamcnteblcs , ^y^^j^g;! surcharge; cependant, quoique ^jT.^^t excédés, ils ont autant de cœur que a« ^^, Bopp; « Les ânes ne se couchent ^^^^ que quand ils sont excédés. » H>'. * jjj d< W* cédée d'écriture. . SÉv. « Je /«j^^^e^.d^ffiires, de mémoires, de vers, de If î^/^^^j.» tiques , de dissertations ; tout veut «s Jj^^i le j. j. « Le convalescent fait partir a^^ ^^ plus énorme paquet dont jamais^V^j ^(itf excédé. » Volt. « Ceux qui son » ^^ n que moi de Hnsupportable hahU \^^.*'* place de la chanson. • Lah. uo esc

SYNONYMES A RABICAUX DIVERS.

nn

coups (Id.); on excède contiauellement Tâne de Catigues et de coups (Buff.).

Rendu et récrit t'appliquent primitîyement à an cheval qui, ayant fourni une course, paX rendu ou remis à l*ècurie.

Mécroire, suirant du Gange et Ménage , a signifié autrefois la même chose que rendre. Mais c<Mnme récroire est totalement désusité, recru est suranné 'lui-même. «II prend un fusil, le Toilà chasseur, s*il tirait bien. Il retient de nuit, mouillé et recru , sans ayoir tué. » Labr.

ManQuer la bête enfin (à la chasse), après atolr coum,

Et rerenir bien tard , mouIUé, las et recru, Rion. Jamais on ne vit tel orage....

Les pauTTes malheufeax Troyens, Las et recrus comme des chiens»

Vidèrent lors toutes leurs tripes. ScAsa.

Rendu, au contraire, n'a pas Tieilli. « Le loup court tout un jour sans être rendu. ^ Buff. m Quoique Tftne puisse d'abord courir avec assez de Titesse , il ne peut fournir qu'une petite carrière pendant un petit espace de temps ; et quel^que allure qu*il prenne, si on le presse, il est bientôt rendu, » lo. «t Lorsqu'un homme aura marché autant de jours qu'il sera nécessaire pour que le cheval soit rendu, l'homme sera encore en état de continuer sa route sans en être incommodé. » Id. «i Charles XII , à la tête de sa cavalerie, fit trente lieues en vingtrquatre heures, chaque cavalier menant un cheval en main pour le monter quand le sien serait rendu,* Volt. « J'arrivais à Eaubonne faible, épuisé, rendu , me soutenant à peine. » J. J.

Six forU chevaux tiraient un coche.

L'attelage suait, soufflait, éibii rendu. Laf.

LASCIVETÉ, LUBRICITÉ, DIPUDICITË, LUXURE, PAILLARDISE. L'idée commune à tous ces mots est celle d'un excès relatif à l'instinct sexuel ou aux plaisirs sensuels de l'amour.

La latciveté et la lubricité regardent les démrs, ce sont des dispositions; Vimpudicité se rapporte à la jouissance , c'est de la galanterie , du libertinage, de la débauche. On est emporté par la lasciveté ou la lubricité; on commet des inpudicités : la lubrifité d'Appius (Vbrt.) , l'impudicité de Seztus Tarquin (Vbrt. , Boss.). Dire d'une personne qu'elle est lascive ou lubrique , c'est lui attribuer un penchant; dire qu'elle est tmptidtqu^, c'est inculper sa conduite. — La latciveté et la lubricité ont un caractère physi* cpie , dépendent du tempérament , et de là vient qne les deux mots se disent des animaux aussi ïnen que de l'honome ; mais Vimpudicité a seule im caractère moral , parce qu'elle exclut quelque cdiose d'essentiellement moral, le sentiipent de la pudeur; aussi ne convient-elle qu'à l'homme aeul. C'est en naturaliste que parle Buffon quand il dit que les femmes du Bengale sont , de toutes les femmes de l'Inde, les plus latcives, que le lama est un animal très-^ofcif, et que la lubricité du singe provient de l'excès de chaleur qui est nécessaire à la pleine vie de cet animal ; mais c'est dans l'intérêt des mœurs et de l'ordre que la philosophie , la politique et la religion reprennent et cherchent à réprimer Vimpudicité ou les

impudieitéi. « L'afflrenx débordement des mœurs obligeait les empereurs de faire des lois peur arrêter à un certain point Vimpttdicité. » Montbsq. « Vimpudicité , l'adultère , l'inceste , le viol , le rapt avaient leurs exemples parmi les dieux du paganisme. » Mark. « L'empereur déchira la mémoire d'Agrippine, l'accusant d'tmptidtctC^, d'adultère avec Asinius Gallus. > D'Al. .

Entre Ja latciveté e\ la lubricité, it n'y a qu'une différence de degré : la lubricité est une grande latciveté, une latciveté en quelque sorte irrésistible. L'homme latcif, latcivut,t9X vif, pétulant, plein d'ardeur. « Avec un tempérament très-ardent ; très-losciff très-précoce, je passai toutefois rige de puberté sans désirer, sans connaître d'au ' très plaisirs des sens que ceux dont Mlle Lambercier m'avait donné l'idée. > J. J. L'homme lubrique^ du latin lubrieut, qui glisse, qui ne peut se retenir sur une pente , est entraîné vers son objet avec la plus grande force qui se puisse concevoir. « A Patane , la lubricité des femmes est Si grande , que les honunes sont contraints de se faire de certaines garnitures pour se mettre à l'abri de leurs entreprises. » IIontbsq.

Lusture et paillardite se disent chacun dans une espèce particulière de style ; c'est là ce qui les distingue.

Luxure, luxuria ou luxuriet, n'est guère usité qu'en termes de morale chrétienne ou quand on considère le vice au point de vue religieux. « L'usage a relégué Itixure dans la morale religieuse. » Lah. « La pratique de mortificatioA la plus efficace contre la Iiunire est l'abstinence et le jedne. » Buff. La luxure est un des sept pér cbés .capitaux, et on l'a souvent personnifiée au moyen âge. «Quand les symptômes (de possession) étaient fort compliqués, c'est qu'on avait plusieurs démons dans le corps , un démon de fureur» un de luxure, "^n de contraction.... « Volt. « Le jurisconsulte Barthole rédigea U bulle d'or. Il commence par une apostrophe à l'orgueil , 'Ji Satan , à la colère, à la luxure, > In. — Luxure se trouve cependant aussi dans la poésie légère et familière, qui se platt , comme on sait, à recueillir les mots les plus nobles qui vieillissent , ainsi que les laquais portaient autrefois la défroque de leurs maîtres. Voltaire s'en sert quelquefois dans la Pucelle , et Lafontaine , dans ses contes et ailleurs.

Méchante femme!

Si j'ai tiré ce rendez-vous de toi, C'est seulement pour éprouver ta foi.

Et ne t'attends de m'indulre à luxure.

De ma fressure (de mon cœur) Dame luxure Jà s'emparait.

Lit,

Paillardite est un mot libre, parce qu'étant formé de pat'Uard, dont la terminaison est vulgaire et basse , il représente dans le vice en question ce qu'il a de plus grossier et de plus vilain. « Le public est alerte sur l'orgueil, l'avarice et les petites paiUarditet qu'on a quelquefois reprochées aux moines. » Volt. « Le saint apôtre (saint Jean) appelle la prostituée (de l'Apocalypse) une femme publique, et, si on veut me permeltre

DE15Xriai« PARTIS

uiM «enl9 ftis aet riottê' odtevdT.titie po^tiarde , une prostHuée , ic6pivY)v. v Boss.

UTEBfBNT, GLV9IÉRE, BaMÉDB. C'est, BUi'^ varit Fexpi^MiDB Irfes-heur9tu0 de Lefonteinc dans It o6nte inlitulé JltfmMe, un bain ibternev

JDowilItfil est le moi ôrdinair». Des èoritekie aufb^hMe n'oot pae f«it difficidt^ de s'en servir dans le style oommun. • H crois que M. d*BeequeviOe TOiie nftande toutee' M nonveHe» : pour mes, jf n'en sais point; je serai» totite propre à ▼om dire que le chànoelier a prie un teoeifienlh » SâV. « Gomment me flaire guérir? (fit Pangioss. 4'e n'af pas- le sou , et dans toute l'étendue de ee globe eu ne peut ni se fSure saigner, ni prendre un Icûement sans payer. » Volt. « Quant à moi, faime cent foie mieux Toir daae l'émail des* prés dee guirlandes pour les bergères, que des herbes pour les tavemenlf. » 1. J. r Le roi demanda oe qu'eUee ftnsaient là. -* Voulez^veus le savoir? reprit la duehesse de Bburgogne, e*e^ que ]6 prende un lavement d'eau. -^ GommOiVl s'écrie^ le roi mourant de rire, actuellement) là, vous preneirf un lacemtfit? jr S. S^

Cly stère est le nom greo 4m la chose , iXuvt^f^y deicXiiCsw, laver, asroSer, devenu^ olyrtsf enla^ tin. Aussi a-^il été d'abotd le tsniie spécial des savants. Au temps de Molière , il paraît que les médecins et' les apothicaires disaient toufouR dptère^ tandis que feot hommes qui n'étaient pas du métier disaieiit lueeiiieiâ. Dana le McSM» iffkit^fiMtire , Argan lit^ dans- \é mémon^ môme de M. Fleurant , son apothUnnre, le détail de toue lee dfUités qui lui ont été Iburtiiy, étystènt fnsifroatifs, déterslib, carmhictilé, dtc.^ mais quand il fait ses fénenens sur ce compte, et qu'il parle ea pi^pre langue^, qut est 00110^ du vulgaire, il ee plaint de la cherté des tevemerrtt, et prétend que c'est pour n'avoir pas pris assex de lavements pendant le dernier mois, qu'il s'y est mal porté. Au milieu d'mle conv^satioa av«o son frère Béralde , il demande tout à ooup à celui-ci la permission de prendre « un petit tovet^ien^ » Béralde lui répond : e Est-ce que fous ne sauriez être un moment sans lawmeM eisansmédecinie?» Et il le décide à remettre cela à une autre fois. Mais M. Fleurant et M. Purgon viennent tancer le rebelle qm a eu l'audace de «mépriser leur elys^ tère. » De même, dans la tontine de Lesage, le médecin Trousse-Galant dit à son malade Am<» broise qu'il lui faut une saignée « précédée d'un lavement; » mais, se tournant vers l'apothicaire : «Allez vite, monsieur Bolus, dit-il, préparez vous-même ce elyttire et l'apporte*. » — Aujourd'hui , grâce à notre grand comique ,le8 médecins parlent comme tout le monde , et clystère ne se dit plus qu'en plaisantant, si ce n'est quelquefois encore en termes de science, comme dans cette phrase de BufTon : é Pline et Galien attribuent à l'ibis l'invention dii ày stère, «

Quant à remède, c^eet un mot empleyé par la détîcatesse pour faire entendre la ehose sans la faire imaginer. On cdxinalt ces vers dtt Beileau :

fïal n'est II hién Soigné qu'un directeur de femmes. Quelque léger dégoSc tient-il lé travailler, Une froide vapeur fé l'ait-ellé bailler; Vn Meadren eoiié d'akerd court à son idde

Vuae ^olfe ua beoilkHi, Teatoe sffrèif oi i» mède.

A laplaoedé œ dernier mot, loceeMnl oai , révolterait. A la vérité, remède est vague si «qui* voque dans cette acception^, mais e'ssti caoïedi cela nlême qall est honnête, et fl n'est pisiè> cessafre, dam tontes les oirconstaness etdewt des personnes de toutes eartes ,de s'eipnmer an ce dont il est ici question aveo lapséeisiMLd'Bne ordonnantee de médecin»^

LE , TOUT. Ces deux moteee metteat égalaMt devant les noms appellatifs pour les détecmioff: Thomme , tout homme.

le marque a;reo pràoteioft Icgenreca l'espèûi; eottfelprime la totalité des individus; If s'esploie dans letf propositions univoeeUsi, ^eOe qu'elles, soient; et loitfdans CieAlesqm servent de prémisses, dsAs celles tfùû en veut tiwrte conséquence^^ appUeables à des iadindv.

Z'homme est faible , Hiomme est mort^, « ^ an général, ans qu'on teuille e» riea ooadtn, r rîen aur nftrine de particulier , de relatif à eertms '^hommes : ritennae est fiuble, HiomneeitiBir^ tel , o*est 1» suite de sa condition de aésm ttmt homme eBtttttÂevtdisl homme est DorlA, seplace è la tète d'us raisonnement et uitfKi une vérité contenant quelque chose qainfu* lee individ«a et qi!^on en va déduire : fialhoaa» est faible , dontf ^us courez risque de watatà^ au» tsnttttioBs , n» vwas y exposez psj;.** hottiûe est mortel f voua mourves donc» a'i?»^ pas, ne faite» pas de vastes pfojels ce»»* vous dévie» tottjovre vivre;

LÉGISTE , JUmSCOltSITLTB , JQWA ^ mots servant à désigner un homme fB ^otfope de lof», de droit, de jorisprudepse, de «1» ^egttMk la justice ou les trlhuiiamtj

Le l^riste a telle peoiéesion : d'est lAlutt»" loi; il est dil nombre de ceux qu'on a^H<^ de robe ou de judicatur», ou auiqaels eod«Dij' en termes di9 pakis et de pratique, le tiir«.<i^ mettras. Voltaire , GontiUac , Saietl-SiiDan é » moncH nomment léifielee les plébéiens io^*. qui firent intit^duiie dans les cours de ja^ct sous le règne de saint Louis, pour sapp^tf* l'ignoran<Je des barons et dee goitilsboffl»"' espèce d'asidetanta Subaitsmes, qui P>^vi^ avec le tempe , à rester seuls mahras des Jr* naux, à se former en corps et *.®'"*1**^* classe et comme une nation distincte ^^ d'hul encore un lé^te est un homme « c«" nation , qui ft'est ni œlle des ecclésiistiqsiM celle des mflîltires, Ai eelle des gens diliWJ ni celte dec médecins, « SI l'hoiainsjj" être léffiiH» «m médecin, il *e ftnt 7 «^ qu'après te cour» d'étudea ngardéss ««^ utites à tout le monde. » Lm « Ce qu« ^^ quenee judiciaire a produit da plus beau daw » deiHter siècle n'ai^partfcafl ps» P^Pf**'.], barreau, tte ftit pws l'ouvrage d'un l^^.'"L plaidoirie d'un avocat , ni même un ^^% ridique.... On voit bien, que je wtf .PJJ;^^ procès de Fouquet et des défenses P»?"*^ fkveur par Pellissocu » Ift. « Les P**"""*!^ nages dee tragédie» de Comeifle »rj«»"^ alors avec les tournures et ïes subOfli*

SYNONYME» k VMQ^Vlk l^IVERS.

nûaoiw«BM&tB «t d« laots, oomma da» éoolMi» oadmm hégmUs. «Viurv. «£é|p«lu, doelems, médecins, quelle chute poumouB, si non» pouTÎona tous noua donnar' le mcA iB deianir s^ge» t » Labb. « Les juges, de Jean eau Tenra fusei^dae aaeiatés d'un^ gra&d lOBibre de baraoa» qu'il y eût ancua clarç, aueuft Ugitt» y auctm bomme qualifié du noia de ma}trai. « Yolt. Le imiseimsultê a. tel geam d'kabilefté : o'est oahii qu'on eonauUa aur U. droit (de /«a, jtim, droit, et comuIeM, oonaultev). U aa. dbtlngue pa» sa ooaaaiisaiMa dn dcoH et lea applicaiioDs quil en aait fkire à la aolation daa qneitioaa ou des difficultés qai s'y* s^p<9le]ia^ Ces! panai les lé^itim une hunièiia» an lunaa» qui lût autovitii» <m o^est un y^ûu oo^sidéré par rapport i oe qu'il pease, sa sentioient qu'il soutàanl. « Le pape Clément lY s'était distîngué ooaune un des mefUeuai/urticoMicItM de son siède. » SiaicoNai* « Lee jmrûcontmlkt da tempe préseatèreni cet artiole de la loi saliqae coaune légkuit la succès sioa de la ooaroaBe. > to. c Ces taÎMasdea jeri»' aoatallee (en fk^mr de yesclavage) ne sont pMnt sensées. > MonvasQ^ « Oa ne saurait trop remplir l*espril da des notions eemmunee qui sont comme autant d*oiaolss de la juriaprudeBoe, e| cemme'le préoia de toutes tef réflexions des /unsamjuUet.» lyÂo. « Cieécon permet que Vwàmu a'ait pas passé sa TÎe i ^prôftindfiv toutes les queatioDs de la jarispfttdençe pour t» détail des causes , parce qait peut, dans le besoin, leo^usiv aaa profsnds /«frieemsaftef* » Mn. «Domat (laaa), célèbre /urêMOfisiUts. » YoLT. « Le luneux ptritcQimiUe Ulpiea. » lo. « On n'axaaiiae point ioi si cette nouvelle jarispradeaoe est utile ou dangereuse; on n*éent ni comme jurUcontvMe ni qomipa conrtMTecaiBta^ > In.

Le jurtsfe est comme le jUMsoasuKe versé daaelaceanaâssanoe du droit, des lois, deaoour tames. Mais il en diffère en ce qu'il se borne à U théorie , à la science de réoota et des livres : il ne se mêle point de pratique ; oa ne le oonsulte peint, si oe n'est sur le passé, sur les usages et les iastitutioas d'autrefois, « Les dooteurs en droit s'intitulèrent ebefaliers 3 titre ridicule, puisque originairemeat le cheyaliar était l'homme combattant à cheval, ce qui ne pouvait eoavanir au jwrittê. > Yolt. c Le domaine des empereurs romains étant autrefois inaliéBable , s'était le sacré domaine ; les barbares vinrent , et il fut trèsaMéaé.... Après le rétablissemeat de Tampire romain en All«imagne, le sacré domaine fut déolaré ' iaaliéfieble par les jarîitM. » In.

LÉPREDX, LADtE. Atteint d'une maladie qui oeuvre la peau de pustules et d'éoailles.

L^pseue, Icproras, vient dn latin Ispro, et même pnmitivement du greo Uicpa, lèpre. Quoi • qa'on ignore Tétymologie de bkire, il est certain néanmoins qu'il ne dérive, d'une manière èvideate, d'aaeua mot latia ou grec De là toute la différeaoo.

léf€i%m est plus aeblis que Mrs.

Btt parlant dos hommes, on dit propiement Irfpmup. «Un l^retie dont la peau serait insensible n'aurait aucune dee idte que le toucher

lait aatjkra. n Bav» n Mégahya» Cut envoyé (en caiil) à Gyrta» Maia, au ^ôut de oioq ai», il se sauva déguisi en i^pfyi«e.,. e% revint chea h» à Sttse. » Ea&&. « Saint Louis demanda une foia au sire de Joinville leqqel des deux il aimerait mi«;|i, oa d'être I^M^SNe, ou d'avoii; commia ua péché mortel. » Bocs.« Plus d'un ancien auteur dit que c'était ( te peupla juif ) une troupe de Upf€u» qui fut chaâi^a de l'Egypte par la ïq! Amasis. » Yolt.

Mais à l'égard dea animaux, ladre est te seul mot qu'on emploie» « Cette imperCiction dana les sene da goût et du toucher eet encore aug^ mentée (chez tes cochons) par une ntaladie qui les rend ladret^ c'est-à-dire presque absolument insensibles. > Buva. « Les lièvres qu'on appelle ladfu cherchent les taux, et as font chasser dans les étangs, tes mania et autres îieux tukgauz. » In.

ItenvBos poosoeans Ai^m forent.

Nos brebis eoreat te eiavesut,

Ri topa no^ chevaux le siPrveaBf Scuia.

c U faut, dit Sancho, que voua veniez faire maV tve dans l'écurie Roesinanteet mon àne ; car ^ca. belitres de vateta veulent les fourrer dan^ uivi étable, panni des eoohons, comme si c'éuiani deu^ ladres. -^ Lis» «- Que ai qualquefoia l'épir. thète de ladre, au propre, s'applique à uH homme, c'est par forme d'iiyure. « On fit courir le bruit qu'il était ladre (le rd François II) at^ qu'çn faisait enlever des enfants pour loi faina un bain de sang. Les protestants accusaient tea pdncea lorrains d'avoir répandu ces bruits ppi:^ rendre la Dunille royale odieuse. » Bosa» « Si notre homme 1^ sent pas celui-là (ce trait}, il faut qu'U sdt 2(kIm comme ua vteux porc» > J. J.

Au ftgaré, lc4sre m dit seul, mai» il est toiir lier. Et quant à lèpr4 et à todrerif, qui ont toua deux l'acception figurée , te premter de ces mots est noble, sérieux, propre au styte élevé, le second est fejDilier, dérisoire, et rappelle l'animal immonde , dont l'une des maladies partioulièoea est U hadrmrie : on dit te 2^< du péché, «t te ladrerû d'un bomme sordidement avare.

LBTTBB, épItrb. ficrit au moyen duquel en communique ses pensées ou on fait savoir quelque chose à une personne absente.

Les deux motsvtennent de mots tetins, savoiv: lecfre , de Uttera; et ^ptlr^ , d'spirtoto. Mais lellM est devenu tout françate , il a dans notre langue plusieurs autres acoeptioas très-communes, et apparttent à une famiUe qui semble indigèaa. EptPte, an eontsaise, et par la raison contraira, est resté tetia, ou au aïoius il rappelte davantage soa origine savante.

Le fait est que leUrê eet le terne oonsaoré. an parlant dea modernes, et éptire celui dont oa se sert par rapport ^ux anctens. Les letlnM à^ If me de Sévigné , tes lellKSs de YoUaire , te posta aux tel Ares, écrire ou recevoir une tettre, eto.; les ^llrss de Cicéron, da Sénèque, da Ftiia, d'Horace, les ^pitres des apdtres, les ^Irar canoniquea, eta. «

Pour ae qui eonoeraa l'antiquité, la règte est iavaiiahte : on dit dea éfUm^ et Jamate des

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