‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 34 sur 444 · INTRODUCTION. LXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXIII

dégénéré sous ce rapport, fl ne s^eosuivrait pas que le synonymiste recueilltt vainement les fruits de leur sagacité pour aider les écrivains contemporains et futurs dans la même appréciation. Avant rétablissement de Tusage et pour qu'il s'éta* bltt, il a Mu qu'on eût le sentiment spontané et obscur des différences qui existent entre les mots synonymes ; mais ce serait folie de nous en tenir à ce moyen peu s&r de les découvrir» maintenant que Tusage se trouve fondé. C'est de lui qu'H 6at miprimter toutes faites des distinctions auxquelles on n'arriverait par sûÎHDéffle qu'en tâtonnant et à l'aide d'une pénétration de plus en plus rare. Ce qof a été et dû être affaire de sentiment pour nos maîtres dans Fart de la parole doit être pour noas aflkire de réflexion. Mais ce quin'a été donné qu'à l'élite d'entre eoi d'apercevoir d'abord sans règles, sans étude et comme par divination, sera dêsonnais aperça par les esprits les plus vulgaires avec une clarté et une certi- (Dde toutes scientifiques, pourvu que les synonymistes ne restent pas trop audessous de leur tAche K

hi ses distinctions, le synonymiste contribue à dimmuer les disputes qui s'opposent aux progrès de nos connaissances et apportent le trouble dans la société. Les mots les plus vagues, les plus susceptibles d'être regardés comme équivalents sont ceux qui représentent des idées abstraites et morales, parce qu'à oefles-d ne correspondent point d'objets dont la seule inspection puisse prévenir on dîffîiper l'équivoque ; ce sont précisément aussi ceux dont nous nous servons le pins souvent dans nos discours ordinaires, où ils produisent ou entretiennent des contestations sans fin. Comme ils manquent de précision et de netteté, ils sont pris en sens divers, de sorte que, plus on parle, moins on est d'accord. Parmi les ^osoplies, Locke est celui qui a le mieux senti ce vice et s'est le plus attaché à en condyattieAa cause ; c'est le but principal qu'il se propose dans son Essai sur renUndemeni humain^ dont le troisième livre tout entier roule snr les mots. Hais le remède gull indique étant présenté dans une théorie toute métaphysique, ef mêlé à des considérations générales qui l'enveloppent, n'est pas assez prochain, assez direct pour pouvoir s'appliquer aisément à chaque occasion. Il n'y a qœ les livres des synonymistes qui déterminent en particulier la valeur propre de tels termes, spécialement employés dans telle science ou dans telle conversation, de manière à la dégager de toute méprise provenant de ce que ces termes y auraient une valeur incertaine ou mal entendue. Sous ce rapport. Us rendent un grand service, eu égard à la gravité et à la fréquence du mal. U

B|afi»crt poar te langius, suirant notre grand historien, ce qu'est rinseote au cœur de raibre. -Une opiiûo& a élé eoatenue et développée par M. D. Nieard, littérateur phikeopbe , le plus ardent <ï^feDieiir da bon sens et de la justesie dans les productions littéraires. U croit également k la déea* ^ttce au moins momentanée de notre langue, et il en donne également pour preuve principale f^bes des synonymes dont on se met peu en peine de distinguer la valeur propre. 1. « Bnr la propriété ce n'est pas assez d'être bien doué: il fkut savoir la langue, et avoir pesé te Ih éeiits des modèles ce que valent les mots dont nous nous servirons à notre tour, n faut ^U lôeiice te place dans notre mémoire avec le titre qu'ils ont reçu des hommes de génie, les* 4v2ste des mots une monnaie à effigie dont U valeur est déterminée., ^faut-il donc être savant POvpirier ou pour écrire avec justesse? Sans doute. > D. Nisàro.

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