DEUXIÈME PARTIE
somptuosité , splendeur et pompe se disent en bien ou ea mal indifféremment, et même plutôt en bien. « Manque-t-il rien dans runivers de tout ce qui peut servir , non-seulement à l'entretien néce^re et commode, mais à la fplendeur et à Téclat, mais k la somptuosité et à la magnifieence ? » Bourd. c Nos ancêtres étaient pénétrés de cette maxime , que ce qui est dans les grands splendeur^ somptuosité , magni' fieenee est dissipation, folie, ineptie dans le particulier. » Labr. — Il n'est pas rare de trouver dans nos meilleurs écrivains des oppositions telles que celles-ci : « La somptuosité du langage de Tite-Live aurait été du faste dans les mémoires de César. » Marm. « Scipion n'était point ennemi d'une certaine élégance de mœurs , ni même de la magnilicence , pourvu qu'elle ne dégénérât point en luxe, » IÉ^oll.
Un autre caractère distinctif du luxe et du faste y c'est qu'ils sont de tous les états; au lieu que la magnifieenee, la somptuosité, la splendeur et la pompe ne regardent que les conditions élevées. Le goût du luxe et du faste peut être général dans un pays ; on n'attribue de ma^nt/tcence , de somptuosité , de splendeur et de pompe qu'aux hommes ou à ce qui concerne les hommes considérables par leur rang ou par leur fortune, c Le peuple romain , dit Cioéron , hait le luxe dans les particuliers ; mais il aime la magnifieettce dans ce qui regarde le public. > Roll.
1** Luxe , faste. Abus , défaut ou vice , qui consiste à manquer de simplicité ou à blesser la simplicité dans la manière dont on vit , dont on fait les choses ou dont on se montre.
Luxe , du latin luxus , luxe , profusion , intempérance, mollesse, débauches, emporte l'idée d'excès , de superfluité , de recherche immodérée des aises et des commodités. « Le luxé n'est fondé que sur les commodités qu'on se donne par le travail des autres. » Montbso. « Ragoûts, liqueurs, entrées, entremets, tous mots qui ne servent qu'à entretenir le luxe et la gourmandise. » Labr. « Ne souffre point les hommes occupés à des arts qui entretiennent le luxe et la mollesse. » Fén. «c Le luxe consiste dans un travers de l'imagination, qui nous fait trouver notre bonheur à jouir des choses do ut les autres sont privés : on n'est pas mieux vêtu avec un drap d'or qu'avec un drap de laine ; on ne fait pas meilleure chère avec des mets rares qu'avec des mets communs; et celui qui ne peut aller qu'en carrosse n'est pas plus heureux que celui qui va à pied. » Gond.
Faste, du latin /îwtîM, orgueil, fierté, mépris, d'où fasiigium^ le faîte, emporte l'idée d'efforts pour s'élever et pour paraître , une affectation de hauteur, de l'ostentation. «Evitez le faste et l'ostentation dans les œuvres de miséricorde. » Mass. a Une jeune fille qui aime le monde et le faste. » fUc. a Toutes les conditions sont confondues : le faste s'appelle politesse , la plus folle vanité une bienséance. » Fén.
On dit très-bien le luxe de la table (âcad. , RoLL.) : le faste regarde plutôt l'extérieur : • Qtt'il ne paraisse dans votre extérieur aucune affecutioa de parure , ni aucun faste. » Fin. «Au
temps de Gyros, le luxe de la table coDsistait dans l'abondance plutôt que dans la d^catene. Ce n'était pas deux fois par jour une profosi» de mets, apprêtés arec élégance, et étalés ai» faste. 9 GoHD.
c On est parvenu enfin à ne plus mettre le ku que dans le goût et la commodité. La ibuU de pages et de domestiques de livrée a disparu, poor mettre plus d'aisance dans l'intérieur des maisons. On a laissé la vaine pompe et le faste tàkrieur aux nations chez lesquelles on ne sait encore que se montrer en public , et où l'on igoon l'art de vivre^ » Volt. « Ce n'est point par rédat des richesses, par le faste des équipages, parle luxe et les dépenses de la table qu'un roi doitfe distinguer. » Roll«
2* Magnifieence , somptuosité , iplendav , pompe. Ces mots se rapportent à la manière àsâ les grands, les princes, les États vivent, foDtks choses ou se montrent , et la représentent cootf large , exempte d'épargne , distinguée.
Magnificence annonce une manière noble, fi* néreuse , belle. « La magnificence parait dm les grands travaux consacrés à l'utilité publique, dans les ouvrages qui attirent de la gloire à b nation , qui impriment du respect aux sujets <t aux étrangers, et rendent inomortels les noms de princes. » Boss. « Les Grecs et les Romains oit célébré la magnificence et la grandeur de Thèbes.» ID. c Tout était grand dans les édifices du piltf de Salomon..«. Tout y reluisait d'or et depkrveries. Les citoyens et les étrangers admiraiat b majesté des rois d'Israël. Le reste répondait! celte magnificence. » lo. a L'Allemagne est devenue aussi florissante que l'était l'Italie aa XVI* siècle, lorsque tant de princes entretesiio^ dans leurs cours la magnificence et la politesse.» Volt. « La nature étale ici toute sa imi^i^ cence. » Acad. « J'ai été beau, magnifq^,^ couvert de gloire. > (Alcibiade.) Fén. < U ^ qu'une personne comme vous, qui êtes fMfp»h que , et qui avez de l'inclination pour les beibs choses , ait un concert de musique chei soi toœ les mercredis ou tous les jeudis. » Mol.
Somptuosité, de somptuosus , coûteui, uspendieux, venu lui-même de sumptus^ fni>} somme employée à faire certaines choses, asnonce une manière libérale, qui ne plaint p^b dépense , et dans les choses qu'on lait de s richesse. « Dans une cour, tous, à l'enri, cherchent à se montrer, à«e signaler par Uso»ff»' site et la dépense. » Boubd. « Luculle cnitd^ voir substituer à la gloire des armes celle de b magnificence. Il employa des sonunes immenses pour ses bâtiments et pour ses jardins -^^^^ core de plus grandes dépenses pour sa table; voulait que chaque jour elle (Ûl scfFie a^** * même somptuosité, n'y eût-il personne de dehors. » RoLL. « Les préteurs foulaient le pe«P* par une suite nombreuse de domestiques d'amis, et par des dépenses excessives en jeaj» en festins , et autres pareilles somptwait(f'^ « La parure des Parisiezmes est plu» '^^ ^51 que magnifique; il y règne plus à'dèi^^. de richesse. La rapidité des modes et la p¥^ les préservent d'une somptuosité ridicule*''* '
SYNONTttES À RADICAUX BIVERS.
« Un homme fait do granàos dépenaes, il est Traisemblable qu'il est libéral; mais peut-être que ce n'est pas tant libéralité qu'une iomptuosité mal * léglée. » Boss. « L'excès tous est devenu nécessaire , TOUS estimez paurro tout ce qui n'est pas somptueux, » Id.
Splendeur <t grand éclat do lumière, annonce une manière brillante , illustre, c La reine d'Angleterre, arrivée avant son mari (Jacques II), fût étonnée de la splendeur qui environnait le roi de France, et de cette profusion de magnificence qu'on voyait k Versailles. » Volt. Quand il est c}oesUon de quelque chose d'éblouissant , de capable de (Irapper vivement les yeux, splendeur ^taat le mot propre renchérit naturellement sur WMgnificenee, « L'ordre corinthien fut inventé vendant la vMgnificenee et la splendeur de Goviothe. » RoLL. « Tout ce qui avait serri en Italie ^tait comblé par Vaudemont de politesse, gorgé «d'argent, et charmé de la splendeur, car ce serait peu dire de la mo^^nî^lcence, dans laquelle il viTait. » S. S.
Pompe, du grec ico(jiirii, mission , envoi , cortège, procession, marche triomphale, annonce quelque chose de solennel , comme est une cérémonie dans laquelle un personnage principal a une suite belle et nombreuse. Les pompes triomphales, Tentreprise des pompes funèbres (AcAn.); dans la. pompe d'un convoi (Roll.). « Ces combats étaient sutTis d'une procession générale , où l'on portait avec grande pompe et grande cérémonie un voile brodé d'or, où étaient tracées artistement les actions guerrières de Pallas contre les titans et les géants.» RoLL. « La pimpe et la grandeur des anciens rois de l'Asie n'approchaient pas de l'éclat de ce voyage de Louis XIV. Trente mille hommes précédèrent ou suivirent la marche du roi. Il menait avec lui la reine sa femme, toutes les princesses et les plus belles femmes de sa cour. 9 Volt. « L'orgueil des grands parait jusques après leur mort en la pompe de leurs funérailles , et surtout en la mo^^nt/icence de leurs tombeaux. » Boua. *
MACÉRER, MORTIFIER , UATBR. Ces mots ne scnit synonymes qu'au figuré, dans la langue ascétique, où ils signifient s'imposer des cbAtimeuts , des austérités par esprit de pénitence.
Macérer ne se dit que du corps, et c'est le rendre maigre (macer) , l'affliger par le jeûne principalement. « Prendre le sac et le cilice , se C50uvrirde cendres, jeûner et macérer son corps. » BovRD. « Les schismatiques ont aboli la confession, supprimé toute l'austérité de la satisfaction , décrié les macérations du corps, fait cesser l'obligation du jeûne. > In. « Les austérités et les mo" cérations de la pénitence. > Id. « Se macérer par des jeûnes et par d'autres austérités. » Boss. « Je ne vous demande pas, pour cela (pour venger Jésus-Christ), ni des jeûnes continuels, ni des fnacéraîions extraordinaires. » In. MassiUon appelle les jours de carême « des Jours de moc^ration et d'abstinence. » — Au propre , macérer des substances, particulièrement des plantes, c'est, en les faisant infuser à froid dans l'eàu ou âans quelque autre liquide , les amaigrir en ^elque sorte comme on le fait à l'air en les desséchant, c'est les décharger de ce qui est comme leur graisse , de leurs sucs , de leurs principes solubles. « Après avoir bien bassiné ma plaie, elle y appliqua des fleurs de lis macérées ^^ Teau-de-vie, vulnéraire excellent et très- '^té dans notre pays. ■ J. J.
On mortifie proprement la chair; car primiti- ^weot mortifier , c'est faire que la viande devienne plus tendre. « Les Calmouks mangent la ^^r de cheval, de chameau, etc., crue ou un ^^Q mortifiée sous la selle de leurs chevaux. » ^^UFP. Or, la chair, en termes de l'ficriture, se ^^Tend pour la sensualité; si bien que la mottifi- ^^ûm attaque et affaiblit, non pas le corps pré- ^^isément, mais les désirs, les passions, l'amour
du plaisir. Si on se macère par le jeûne , on se mxiftifie par des déplaisirs , des dégoûts , des chagrins , en réprimant ses appétits , en se refusant ce qui platt le plus et en pratiquant ce qui cause le plus de répugnance. Au lieu d'être purement corporelle comme la mac^ratton , la mortification regarde aussi l'esprit : on macère son corps ou sa chair seulement ; on mortifie aussi ses sens , ses passions, ses vices, son esprit. « Tout ce que nous faisons pour le salut est inutile, s*il ne se rapporte au règlement du cœur , et à l'entière mortification des vices et des désirs. » Mass. « Obliger les pécheurs à tout ce que l'Évangile a de plus austère, aux rigueurs de la pénitence,
4 . Pompe et magnificence en particulier se disent aussi de la manière de s^exprimer, et la Tont concevoir comme grande et éclatante. Hais pompe est plutôt concret, et magnificence abstrait. « Ne semblait-il pas qu'un mystère (celui de rincarnation], dont les figures mêmes avaient été si pompeuses et les promesses si magnifiques J aurait dû s'accomplir arec plus d*éclat? » Mass. « Dans tout le reste (du discours de Mithridate dans Racine) la magnificence du style, Ui pompe des images, est égale à l'élévation des pensées. » Lab. On dit bien la magnificence (Acad.), mais non pas \& pompe ^ dés idées. D'autre part, dépeignant surtout rétalage et l'appareil, pompe esi propre à renchérir sur magnificence et se prend plus ordinairement en mauvaise part dans le sens d'emphase, de grand faste, ou âe faste dans un genre élevé , où on vise à être sobiimo. « Parlons sans figures , et ne cherchons point de magnifiques ei de pompeuses expressions pour soutenir un sujet qui par lui-même est au-dessus de toute expression. » BouRD. c Les apôtres n'ont point cherché la vaine pompe et les grftces frivoles des orateurs païens; ils se sont contentés de prêcher Jésus-Christ arec toute la force et la magnificenee du langage de l'Ecrilore. » Fin. Pompeux galimatias (Acao.).
HEIJXifilIfi f AkTIE :
au cruciffement de la cbalr, à )ft m9HifUa0km dt
fesprit. 9 BouBD.
Mater, c'est, au jeu des échect, réduire to roi, par réchec qu*on lui donne , à ne pouroir sortir de sa place. Ensuite, c^est, en parlant desanf* maux , les réduire, parrenir à les dompter, à les appriToiser. « Après qu'on a maté oes éléptents sauvages (qu'on vient de prendre) pendant qnel- <|ues jours par la £iim et par la soif, on entra dans Fenclos. Comme ils sont extrêmement aflki* bKs, ils ne résistent pas longtemps.... Ainsi dom^ tés, ils se laissent conduire.... On les appriroîso.» BûLt. Enfin , dans le style de la dévotion , o^est soumettre le corps et la chair, les réduire en servitude, les assujettir, après avoir abattu leur tterté et leur arrogance. « Notre chair est une chair rebelle , et il n*est pas possible do la tenir dans la soumission et dans Tordre , si Pon no
S rend soin de la réduire suus te joug^, à force de i cbàtfer et de la fnater, » Boord. « Combien en voyez-vous qui , dans l'opulence , s'étudient à mater leur corps et à le réduire en servitude % In. Ainsi , on macère son corps en l'exténuant ; on le mortifie en le chagrinant , en le tourmentant par la répression de ses désirs , -par l'extinction du feu de la concupiscence ; on le mate en le suIk juguant , en le rendant docile et désormais inca-
rQle de résistance. Les saints se sont macérés , ont châtié leur corps par le jeûne , les privations, les veilles, les disciplines et les autres exercices de la pénitence ; ils se sont mortifiés , ils ont renoncé , non^seulement aux plaisirs du corps, mais encore à ceux de l'esprit et du coeur, ils ont combattu toute leur nature sensible , ils Font affligée de mille manières, et Tout traitée avec une impitoyable dureté; ils se sont matéi^ c'est-à-dire domptés , et par là ils Qnt acquis sur eux-mêmes un empire absolu.
1* MAGIE, CHARME, ENCRANTEMEIf T , CON- JURATION ; — 2* SORT , SORCELLERIE , SORTI- LÈGE, MALÉFICE, ENSORCELLEMENT, FASCI- EATION. L'idée commune à tous ces mots est celle d'un art prestigieux , d'un art prétendu , auquel la superstition ou l'ignorance attribue le pouvoir d*opérer d'une manière occulte et surnaturelle des effets réels ou imaginaires.
Mais les quatre premiers n'expriment rien de I&cheux , au lieu que les six derniers se prennent ea mauvaise part. Ce peut être tout au aoias sans préjudice pour personne que le magidem emploie les charmes^ les enckantemente et les conjurations; mais le sorcier tient ses pouvoirs du diable, du génie du mal, et c'est d'ordinaire pour nuire qu*il emploie le sort , la sorcellerie , le sortilège, le maléfice et la ^(uctnatioii. Un affranchi, à force de soin et de travail, avait rendu son champ bien plus fertile que ceux de ses voisins. Ceux-ci l'accusèrent d*user de mo^te pour procurer à sa petite propriété une fertilité si étonnante , et d'employer des sortilèges pour rendre leurs terres stériles (Roll.). Les verbes ékarmer , enchanter et conjurer marquent figuxément la production d'un eilet agréable ou avantageux; ensorceler et fasciner, au contraire.
Aifiteet gétèrtl» et désigne l'art mbM dit ahe^MMBl, la «loffie, eroifft à k sisfie,ki curioeitéo, Ieeopèra(lionsdela«afif. cDmk p— voir-de cfcasser lee déiBonsétiileoBprisalB de détruire les opérations de la «ayîf; or h mmfiiê fbt lo^jom eBs^gnée ehtt tometiii ntioas. » Tbat. « Qiiilqtte»«i8 ent aouROBii BoipdAoolli do «Mi^.... Il semble qa'U ait Tinh hd-Hiêmo BUffemr dans ses poésisB qu'il rail quoti^Boe ooaoaHsuBoeo secrètes de cette Mtuf . lorsqu'il M à Ctergiias qu^ ne veut ipprodri qu*^ lui seul loe soerote dont il bol m lenir pour guérir tentes sortes de matediM, itjint loovtediarda, «nitor te» vonts, apaiser Isit» pètes, tàm Tsuèrla pluio et la dnleor, «leek dounor U ite aui morts et les ftâre nrmt à IVitttro monde. » Ftir.— Ckarme, en^animit et comjuraHon sont partieidiers ou rstotib à te appKcatioBS do cet art : fcire eu rompn n éhinme , vu ên^antemmt , une eonjwaHs^ U Juifi ont dit que Jésus-Christ avait fait sesutndes par magie ^ par des charmes^ des enekaumeitff , des eonjuraltofu (Boss.). « Les denipt'tis croyaient fermement à la magie..,. On iva^ plusieurs conjurations par le moyen du oe^ Àbraxas. » Volt.
Charme et enchanfemeni se ressemblent be» ooupb LNift Tient do soniMn, ehant, etrute(i< eemêairt Ai, ohanter dans, sur ou contia CU en chantent et plus terd en prononçant 0^ moto oonsaoréo ou eurtalnes fpmolsi qoi )s ungieiens étaltut supposés opérer leun p^ On trouve dans Tligilo :
et
Mais (^Mrmê est un substantif pur : sa B** dériver d'un rerbe, il sert à en former un.fk'' mer. irncAonteiieiil, an contraire, eaxn» stantifrerbal.
De là il suit que lè ékarme est une ebo«.o objet, et Yenchantement un fait, uneacMo" un étet. On porte sur soi un chôme on ^ charmes (Acao.)* on en attaebe as w» * quelqu'un (Fiir.), les Juift au moyeaâgewdaient des phihres et des eAumet (Voir.), Socrate disait quMl eu avait pour gagner et i^ cher la jeunesse athénienne ; mais Ven^o»»^^ oommenoe ou cesse , on est dans ïeiu^a»^^^^ on en sort. « Les pavots que te scauneil rép» sur la terre apaisent tous les noirs *"^^ leurs charmes^ et tiennent toute la nature** un doux enehanâemtni. » FéN. Le ^^^ plus ou moins fort ou efficace; r«icte«itt*7 dure plus ou* moins , est plus ou moins loag- ^ lève un charme comme on lève ua •0"P^*'*J: rapporte des enehamtements comme on rapp«n* des miracles ou des faits quelconques.
La conjwaHon est un enchantement d*»'^ quel on emplois des paroles, des P^^'^^^L^ cérémonies , des invocations ou des eiow^ Un compositeur d'opéras fait des te«P^»«*!T tremblements de terre, des «misra*»*"? "r'
signifient agir sur l'esprit d'une manière mau* ques (Maru .). Voltoire rapporte une w^'^JT vaise ou funeste. | dont on se sarvait oucoro au tesaps de BiW«»
SYNONYMES À RADICAUX BIVERS.
pour 36 fidre aimer des tSiu^ « Le seeret coBsbtaît à. prendre im cbevea de la fiUe ; on le plaçait d'al>ord dans son haut-de-chausse; on faisait une confession générale; on ftisalt dire trois messes pwidaAt lesquelles on mettait le chereu antour de aan cou; on allumait un cierge bénit au dernier évangile, et on pronoA^ait cette formate : O cierge I je ta Qoi\|ure.... » De plus., la eonjuration a pour but ordinaire d'écarter de grands maux y de chasser les démons ou de détourner des aéaux. Que si, au lieu d*êtra dirigée contre le dâable, la coniurtUion quelquefois TappeUe, c'est moins pour user de son pouTOÎr contre quelqu'un que pour apprendre quelque chose de caché. « Le démon, malgré la Ibrce des conjurtk- Hawks qu'elle employait pour Tobliger à réréler ravenir, ayait ù malice de la tromper. » Les. Dans son voyage en Laponie Kegnard raconte que, par curiosité , il alla consulter un magicien du pays sur ce qui se passait en France, Celtti-ci, qui prétendait avoir un démon à ses ordres, eut recours à son tan^ur et à son marteau, qui sont des instnunenta magiquea; mais il eut beau faire des cofVttralion«(RBG2i., Lab.) et des grimacer, se frapper le visage , se mettre tout en sang, le diable n'en fut pas plus docile.
2* Sorty aarceUenev sortUéifâ y mMfce^ eiwor-
IiA sort esl, comme le cfterme, une chose ou un objet : oa le jette, on le met , on le donne*
Bl quiue ce morveux et l'avoiir qa*U te donne «
Cea qoelque eurf q«*U Dsul qi&'il ait jelé sur toi.
MbL.
lia sorcellerie %8t Tart ou le métier : accusation de jorc«iZerû (Volt.) , histoire , jurisprudence de la Morcdlme (Io.>, enseigner la iorcellerie (Id.), savant en sorcellerk (lj>0« « On a banni l'astrologie judiciaire^ la sorceIZ«ne, la possession du diable, la baguette diviflatoire ,. la panacée universelle et les ^suites, a lo. « Les protestants du Nord ont été assez imbéciles et assez cruels pour faire brûler deux ou trois misérables accusés de sorccliene. » In. « firasme lui-même conte des histoires de soroei/erie auxquelles U croit.» Cokd.
SQriilégt se prend quelquefois comme Morcelle^ riê pour Tart du sorcier, mais c'est dans un style plus sérieux ou plus noble. « Que penser de la magie et du wrtUégt? » Labb. « Sous Gengis, lesorti^^e fut expressément défendu, sous peinq de mort. Charlemagne ne le panit que par des amendes* » Volt. — D'ordinaire tortiUge exfsm» une application du sort , un fait où ce moyen mystérieux de nuire est employé, une pratique ou un trait de sorcier. « On ne voit pas d'idoles en Jacob; on n'y voit point de présages superstitieux , on n'y voit point de divination ni de sortti^<;ea. » Boss. « Horace reproche à Sagana et k Canidia leurs, horribles sortilèges. » Volt, c Dans U pays où on cessa d'exorciser, on remarqua que le nombre énorme de possessions I et de sortilèges diminua beaucoup. > In. « Dans j les Ensorulés de Favart, il y a deux enfants à qui on fait accroire qu'on a jeté un sort sur eux , et qui s'en accusent réciproquement jusqu'à ce qu'ils en viennent à se guérir du sortilège comme Alain et Nicette. » Lab.
I te wOéfUe (maUfehmy maavaiee actîoa , méfait) ne diffère du sortUég^ que parce qu'on le considère au point de vue moral ou légal , coMme criminel. « Ces soienees ourieusee ( l'astrologie judiciaire et ht cbiromaDoie >, qui servent de couverture aux sortilèges et avz màkliees , sont condamnés dans tous les £tats. > Boss. « Au concile d'Orléans, en 1017 , les mamohéens Aèrent condamnés par le roi Robert, autant pour leurs mal^^ef et leurs sacrilèges que pour leurs erreurs. » In; « Si , depuis 1013 , il y a eu encore des accusations de malèfUeSy les Juges n^ont condamné d'ordinaire les acoosés que comme des profanateurs qui d'ailleurs employaient le* poison. >ToLT.» D'autre part, le «leM^e est quelquefois un objet non pas abstrait , comme le sort^ mais concret, matériel, c'est>àrdire la drogue ou le composé dont on se sert pour commettre le crime. « Domitius Afer, qui cherchait A se faire un nom, chargea Claudia d'adultè^re avec Fur» nius , de poisona et de tnaléfiees destinés à Tenir perenr. » D*Ai». « Cette esclave est une chrétienne; ces gens-là ont des maléfices , et ]• erois qu'elle en use pour vous inquiéter. » Marm . « On ouvrit la chambre du sorcier; on y trouva lee matèftces et il toi condamné A ^e pendu. » Volt.
On la vient voir, cette sorcière ,
Pour trouver de l*argcBt perdu ,
Bout de le corde de penda
Deel elle Mt ses mml^cês. Sosma.
Vensoreeltement est. faction d'ensorceler, de jeter un sort sur quelqu'un, d'exercer contre lui ÏA sorcellerie y d'employer contre lui un soriiUge ou un maléfice , ou bien c'est le résultat de cette action. Pendant VensorceïUmeni le sorcier foit ceci ou cela, se tient dans tel ou tel endroit. L'enroree^iement de telle personne eut Jieu à telle époque, dans telles ou telles circonstances, dura tant d'années, fut ou ne tut pas constaté, causa la mort du maléficié , etc.
La (ascination est un ensorcellement partiel , dont l'effet se borne A empêcher de voir les choses telles qu'elles sont. « Écoutez le sage : la vie humaine est une fascination, une tromperie des yeux : on croit voir ce qu'on ne voit pas; on voit tout avec des yeux malades. Mais vous Taimiez si éperdument, et maintenant vous ne l'aimez plus? J'étais ébloui; j'avais les yeux fascinés ;}e les avais troubles. » Boss.
IIAINTENIR, SODTENia. Empêcher qu\ine chose ne tombe ou ne succombe , ne défaille ou ne soit détruite. Ils se disent, au propre, d'un bAtiment , mais plus souvent au figuré , en parlant de diverses choses, et, par exemple, d'un État, de l'autorité, de l'honneur, de droits, d'intérêts, etc. On maintient et on soutient une personne dont on assure la position. Mwntenif et soutenir se prennent aussi l'un et l'autre dans le sens d'affirmer.
Hais maintenir t tenir la main ou par la matn, a rapport A la durée , il marque une continuité d'assistance; soutenir ^ tenir par dessous ou en dessous, se distingue davantage par l'idée de force, il annonce un secours puissant, plutOt énergique que durable , et plutôt physique que