‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 344 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

moral. « Il ne £aut pas beaucoup de probité pour qu*uo gouvernement monarchique ou un gûuTernement despotique se maintiennent ou se sotitiennent. La force des lois dans Tun, le bras du prince toujours levé dans Tautre, règlent ou contiennent tout. 9 MOHTESQ.

Le respect des lois sert k matnfentr Tordre ; . quand une atteinte grave est portée à Tordre , c'est au pouvoir à le soutenir. On maintient une personne en place en veillant sans cesse à ce qu'elle ne soit point déplacée ; on la soutient contre des ennemis en repoussant leurs attaques. On maintient la paix ; on soutient des guerres* Vpulez>vous maintenir votre santé, consultez Thygiëne; s'agit-il de la soutenir dans le besoin, ayez recours à la médecine. La tradition matntient la foi (Pasc.) ; les confesseurs de la foi Tout soutenue avec courage, malgré les menaces et les plus violentes persécutions (Bourd.). Un ami vous maintient dans tel état, et vous soutient dans vos entreprises.

I^a chose qu'on maintient on la conserve , on la fait durer ou continuer à être ; la chose qu'on soutient on la défend, on la fait triompher de tous les assauts. Maintenons les coutumes qui sont bonnes , ne nous lassons pas de les suivre ; soutenons-lea , combattons les novateurs insensés qui s'efforcent de les détruire. Une femme se maintient qui reste toujours fraîche et belle; elle se soutient quand elle résiste aux ravages du temps, aux attaques et aux accidents de toutes sortes. L'âme du sage se maintient ^ demeure égale à elle-même , dans tcftites les circonstances de la vie ; elle se soutient , elle surmonte toutes les causes d'accablement dans les revers.

A l'égard des opinions ou dans le sens d'affirmer, même différence. On maintient longtemps , toujours , partout , constamment. « J'ai fait voir combien vous aviez imputé d'hérésies Tune après l'autre à vos adversaires, manque d'en trouver une que vous ayez pu longtemps maintenir. j> Pasc. « Je maintiendrai toujours , avec tous les gens de bon goût, que.... s Volt. « Je le maintiendrai partout. 9 AcAD. Mais on soutient avec chaleur, vivement, dans le feu d'une dispute. « Il s'échauffe ensuite dans la conversation , déclame contre le temps présent, et soutient que....» Labr. a Oui , je te soutiendrai par vives raisons , je te montrerai par Aristote, que tu es un ignorant. » Le docteur Pancrace irrité. Mol. c Le prêtre avec lequel je disputais rejetait toutes mes citations, soutenant qu'elles étaient fausses. » J. J.

MAISON; — !• CHÂTEAU, HÔTEL, PALAIS; — 2> MAISONNETTE, CHAUMIÈRE, CABANE, HUTTE, CAHUTE, BARAQUE, BICOQUE. Bâtiments plus ou moins considérables qui servent au logement des hommes.

Maison est le terme commun, celui qui désigne Tobjet indépendamment de son importance , ou en lui attribuant une. importance ordinaire. < Quitter le monde pour Dieu, c'est s'enfuir d'une maison qui tombe en ruine. « Boss. « A ce mot de maifon répond Tidée d'un lieu où nous nous renfermons contre les incommodités du dehors. » Id. On dira qu'une ville renferme tant de mai-

sons (YoLT.); c'est le seul mot qui conTiense en ce cas, parce qu'il n'y est nullement question de la grandeur ou de la petitesse de U chose. « On voit encore aujourd'hui les vestiges de la maison de campagne d'Adrien, qui ne passe pas la grandeur de nos maisons ordioairei.» RoLL. Les hommes de la classe moyenne, ceux qui ne sont ni grands ni petits, ni hchei si pauvres, les bourgeois, en un mot, oocupeol des maisons.

i' Château y hôtel ^ palais.

Le château , Vhôtel et le palais sont de gnsk maisons. Mais ce qui d'abord sépare nettemeotls château de Vhôtel et du pdlais^ c'est queiecMteau est une maison de campagne et non m maison de ville. « Il suffit de n'être po'mt né dus une ville , mais sous une ruine qui trempe dis un marécage, et qu'on appelle château, pourètn cru noble sur sa parole. » Labr. < L'ép^ut d'Auguste II, roî de Pologne, se retira duisffi château ^ à la campagne , dès qu'elle sut sa coa* version. » S. S. « Regarde, auprès de cchimen de neuf à dix feux , cette maison qui a qostff petits pavillons ; c'est mon château. » Les. « Cet orgueilleux gentilhomme de campagne habiûit une maison qu'il appelait son château^ et qo n'était qu'une masure. » Id.

De leur côté, Vhôtel et le palais diffèrent es te que le palais renchérit sur Vhôtel : VMti' «st grand et beau , le palais très-grand et Xrhitst • Étant à Mexico , j'aperçus une grande imùp*' C'est le palais du vice-roi, me dit mm^ Est-il possible , m'écriai-je ? Il y a des fc«* aussi beaux dans toutes les grandes ?illes dispagne. Je m'étais attendu à un bâtiment posa* perbe. » Les. On dit Vhôtel d'un seigneur (Von. Les.), d'un duc (Volt.), d'un ambassades (Volt., Les.), d'un grand quelconque, d'on»nistre; et le palais d'un roi (Les.)» fon sasnrain, d'un prince ou d'un haut dignitaire de TÉglise. « L'ambassadeur d'Autriche, i P*™' devait vivre avec plus de luxe et de splcndear; car il avait la première ambassade de l'Eurtfpe: une grande fortune et un palais pour M* Marm . « Je ne démentis point dans Vhôtel de S» Excellence (Tambassadeur) la réputation qo« J< m'étais acquise dans le palais du cardinal pv mes espiègleries. «Les. — En (ait de tnaisom^f^ lais exprime donc ce qu'il y a de plus releré et de plus magnifique. « Pendant que notre corps es: détruit, maison de terre et de boue, Jésus^kn*' nous offre son palais. » Boss. « Les Jaift d«naient i leur Messie de belles et triompl»'^ armées , de grands et de superbes palais f d* cour plus leste et plus polie, une maison p!^ riche et mieux ordonnée que celle de leur Si»mon , et enfin tout ce pompeux appareil dont» majesté royale est environnée. » In. «A Florence les maisons des particuliers, qui poo"^^^°^.?^ ser pour autant de palais , sont ornées dm^ infinité de beaux ouvrages d'architecture. C» avec raison qu'on appelle Florence la hm}^ merveUle du monde. » In. « Je m'étais figur*'^ ris ime ville aussi belle que grande, ?Y^^* voyait que de superbes rues, des pàlaii^^ bre et d'or. • J. J.

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

3* MaitowiiHU^ chmimtére, ecXfane^ hutte ^ ca- \ulê^ baraque, bicoque,

La maisonnette, la eha/mmière^ la cabane, la hutte t la cahute, la baraque et la dicoque sont de petites maiione.

Maisonnette est le diminutif de maison. Mais il n'entre rien de mauvais dans l'idée de ce mot: la vnaisonnette est de petite dimension , mais non pas chétiTe et désagréable. G*est quelquefois un mot du style funilier ou un terme de modestie.

Elle logeût , eomme J*al déjà dit,

Tont près des champs , dam une moUonnêUe

Dont la eloifon Lav,

c Allez , mademoiselle , la maisonmetu d'un garde-chasse , bon vivant , vaut mille fois mieux que le plus beau couvent du monde. » Marm. « Mon père avait réalisé mon songe. Le moulin , la vigne, le petit verger, bordé de haies et peu> plé de troupeaux, s'offrirent à mes yeux tels que je les avais rêvés. Leplus intéressant manquait encore à mes désirs , lorsque je vis sortir de la nouvelle maisonnette le meunier , la meunière , avec leurs deux enfants : imaginera qui pourra l'ivresse de ma joie en ce moment. » In. Voltaire écrit au président Hénault : « Honorez-moi de vos remarques sur ce second volume (du Siècte de iouis XIT), Vous qui avez bâti un si beau po^ lair , mettez quelques pierres à ma maisonnette, y^

La chaumière et la cabane sont des maifons de viUage , de méchantes maisons.

Mus la cabane est encore pire que la thauwiiire. Dans les chaumières on trouve sans doute des hommes peu fortunés, qui mènent une vie laborieuse ; dans les cabanes on ne trouve qu'indigence : c'est proprement la maison du fiauvre. La chaumière j sans être ni élégam* ment bâtie , ni précisément gracieuse , comme la maisonnette, n'exclut pourtant pas l'idée d'une certaine aisance. Gil Blas , après avoir fait figare à la cour, et essuyé une disgrâce, «achète du peu de bien qui lui reste une chaumière pour y aller mener une vie retirée. > Les. « La vieille reine pleurait tous les jours et disait: Hélas ? si j'étais Péronnelle, à l'heure que je I^rle, je serais logée dans une chaumière, et je vivrais de châtaignes; mais je danserais sous l'orme avec les bergers au son de la flûte. > FéN. « Je ne suis plus qu'un vieux soldat , retiré dans sa chaumière. » Volt, c Que je voudrais avoir l'honneur de vous donner â dtner dans m^ chaumière, avec des philosophes tolérants qui daignent y venir quelquefois ! » In.

La cabane, au contraire, se conçoit nécessairement comme misérable. « La fertile contrée d'Arpine , disait- on à Télémaque , doit vous faire oublier la pauvre Ithaque avec ses cabanes, »

Tout est poar enx bon gtte et bon logis , Sans regarder si c*esl Louvre ou cabane. Lav. le p&uYre en sa cabans , où le chaume le couvre.

Mala.

Ursqu'on veut peindre les deux extrêmes de l'o- PQlence et de la pauvreté , on oppose le palais luèité par Tune à la cabckne occupée par l'autre.

« Par l'effet de l'enfantement de Marie , les palatr et les trônes sont â bas , les cabanes sont relevées, m Bon. « Après avoir vu Jésus couché dans une crèche, jamais nous ne nous plaindrons de notre misère : nous préférerons nos cabanes aux palatf des rois. » lo. « La vieille reine métamorphosée en jeune paysanne, charma toute l'assemblée ; mais il Iklîut qu'elle se retirât dans un village et sous une cabane , étant couverte de haillons. Corysante, la jeune paysanne, au contraire, devint hideuse , et elle demeura dans ce superbe posait, où elle commanda en reine. » Fân. « Oserait-on comparer les palais magnifiques de ces grands seigneurs avec la cabane de Curius ? s

ROLL

« Permettez-moi de vous parler de la réflexion que vous faites sur les chaumières des laboureurs , sur ces cabanes , sur ces asiles du pauvre; vous condamnez ces expressions dans le poème des Saisons. Vous dites qu'une cabane ne peut pas être le logement d'un agriculteur considérable. Mais comparez les hôtels des fermiers généraux avec les logements de nos fermiers de campagne , et vous verrez que les termes da chaumière , de cabane ne sont que trop convenables. » Volt.

Hutte et cahute (voy. I" partie , p. 163) signifient des cabanes informes , faites sans aucune industrie avec de la terre et du bois ou de la paille.

Mais les huttes sont plutôt des cabanes de sauvages ou de soldats grossiers , qui ignorent l'art de bâtir; et les cahutes, des cabanes de pauvres paysans ou die pauvres bergers , répandues dans la campagne ou dans les bois. La rudesse du mot hutte annonce celle du constructeur et de l'habitant de la hutte; la misère marquée par cahute est telle que ce mot, à la différence de cabane , par exemple , ne saurait être admis dans le style un peu soutenu. Lafontaine le met dans la bouche d'un paysan qui parle patois.

A athute, dans le langage familier, on donne pour synonymes baraque et bicoque , qui, comme cahute, se disent en raillant et par mépris d'une mauvaise petite maison.

Mais ce qui frappe surtout dans la cahute, c'est le peu de prix de la matière. Ce qu'on considère dans la baraque, c'est qu'elle a été bâclée , faite â la hâte, sans proportion, sans ordre. En effet, baraque, au propre, sert à exprimer , comme h%Ute , les petites maisons improvisées par les soldats en campagne; avec cette différence que la baraque est en planches , au lieu d'être en terre , comme la hutte , et que baraque s'applique aux soldat; d'à présent, et non pas, comme hutte, à des soldats barbares ou â des sauvages.

Quant â la bicoque (place de guerre de peu d'importance et de peu de défense), elle est, ce semble, bâtie sur une hauteur ou bien hors d'état de résister beaucoup ou longtemps à l'action du vent et de la pluie.

1- MAISON, LOGIS, HABITATION; — 2» DE- HEURE, DOMICILE, RÉSIDENCE, SÉJOUR. Ces mots indiquent le lieu ou ont rapport au lieu dans lequel on se tient d'ordinaire. La première conditioD pour trouver une personne , c'est de

ttfiDXIfillC rAlTIB :

connaître sa wistiOA , Wh lo^>, mu IMOdliofi , sa demeure , son domicile, sa rMA€m$ ou son «fjùnr.

Maison , Ugit «t KaMtafiofi «vpriimd ^élfie chose de concret. « Mon logemenl «st toeabé par terre ; j'ai tine antr6 maison dan» le «îel , <iol n'est pas bâtie de mafn dlionusM. » BoiS. Ôtmettre , dotatcile , résideneê et M^'our désigne&t quelque chose d'abstrait. Changer sa «MiimiyiDn logis ou son hûbitaition, «'«si noditer, réparer ou augmenter le local qu*on occupe; <èAng«ria demeure , son domicile , sa résideneê , son oijfévf , c'est aller ailleurs. Gomme, en tel pism, les maAions, les logis ou les hobifolûmf n Tendenictt •• louent à vil prix, vous y choisissez votre éemeure , votre domicik , votre résiémee ou votre séjour. Un homme a sà demeure, son lÉtomteile, fiiit sa résidence, son sé)'o«r dans une «Mlif•l^ un logis ou une habtto(tofi.«I>aDs ces maiiont éparses et champêtres je plaçais en idée notre ooBn«ne demeure, s J. 1. a Je passais dans une c;rande rue devant une maison qui me puut devoir être la demeure de quelque honme opulent» • Lks.

J*al pear, si le Ugis du roi Iktt ma Jiijiiwti, De m'j trouver trop bien dèe le pw— loi fout d'heure. Moii.

« La cigogne blanche choisit MB MriMions pour domtdie ; aile s'établit sur les toun , sur les cheminées et les combles. » Birav.

1° Maison , logis , hMkUien.

Maison désigne le bâtiment ; la fMieem est grande ou petite (c'est un palais ou «ne eabane) , vieille ou neuve, faite de pierres ou de briques, couverte de tuiles ou de chaume, eta.

Le logis est la maison oonsidéréo par rapport â la manière dont on s'y trouve : un bon leigie* Aussi appelle-t-on de ce nom let hôtellenea, les maisons où on est plus ou moins bien tniié pour Bon argent. Mais ce qui distingue principalement hgis^ c'est qu'il est vieux. « Ce fut Anne, due de Montmorency, qui entra un beau Jour à cheval dans la cour du logis du roi , et y monta tn* suite. « S. S. £tant vieux , il n'est plus resté usité que dans un petit nombre ée locutions du langage familier : garder le loptc (Acaa.); de retour au logis (J. J.): nous reprenions le ^emcn du logis (ID.); le maître du îogis (Mol. , Siftv.). « Un infâme eunuque avait fait écrire sur la poite de sa maison : Qu'il n'entre rien de mauvais par cette porte. Biogène dit : Et le maître du 4og%e^ par où entrera-t-il?» Féiv. Quelquefois même I09Ù est un terme de mépris. Dans sa dixième satin, Boileau dépeint, sorUnt de leur logis, le lieutenant criminel Tardieu et sa*femme , ces modèles de la sordide avarice. « Cette grâce Ait promise à des gens dont le logis était le lieu dos assemblées des cabales du parlement et des «nnemis de la régence. » S. S.

Habitation diffère considérablement do mcison, et par conséquent de logis. D'abord VhabiMation comprend et le bâtiment où on est â l'abri des intempéries , et ses dépendances. « Ils entourent leurs habitations de palissades. » ACAn> « Je ne sais quelle idée tu as de notre hûibitaiion; mais si tu t'imagines que c'est une maison magnifique, uno terra de grand seigneur, Je t^Tortis

que tu le tnn|Mi. •!«. Dapln,«KMta«iM peut très-bien n'être pat une oonsuictioii Me par éea Hommes «ur la lol. « LesaMIemlut des fcoMMiiUf eonmioêeg : en les dèirait,dles les rebâtissent. > Volt. « Fouler «ex pekwt hetittÊtiim 4e Ibunnia. » tb. « SnskflukN^ nous no siHons guèn lu-deMos des insm qui m creoMat éea teètteMaat , qai ee «èni , qui sY préparer! laur nemnilaïu. • b. La s*. Bwctos tiuvalllnt un «aoMan â Isar fcsMMsti (BuFF.). Chaque couple d'oiseaux traTaiUi i l'envi â Vhabiialtion cimuium<Id,)*

t* Hsmsiire, éomidle , «— rMdtiM, i^.

Demeure et domieUe sont absolas, ils nuqoat quelque uhoea de ponstaat; Hméme et «^ soaa rahtifi, Hi signâfient quelque cbsN Mdaaiel et et pcsiager. Qu'un oiseaa ait tel is pour (tfemeiifu ou puur <oaiiw1i , eeh suffu qu^il n'en uert point; maïs on dit bien qa'iliki lieu pour réMenee principale (Borr.) oq pc séfomr pnnm'pal. ApHs uno réidm» m mëjour do quelques années mt oette terre, tan âme , si noua avous bien v4ou, retoenenôl. où «lia doit «vuv «a àimmn on ma émk. Après beaucoup de voyagoe, Pylhagore revisite sa pBtria, où il no fit pasua iongs^eir.flpBi en lulîa et fixa n Semeur» A Ciotoot [Bol! Outre cela» demeure, ainsi que éemtcik ainuR quelque «àose d^fetroit «i de préoê; Htiém. ainsi que séjour, au contraire, qaelqwcfeK d'étendu, île ngue. I^ous donnes folrei'i^ en faisant connaîtra wtre dtmiww out*»^ midUe, c*est-àpdire «aotement votre p»^^ numéro; «n faisant eonnaftre votre r*id«tf *^ votre séj0ur, vous apprenea snlemMt hdii ou le paya où vous rastaa. Bnfla deewencl*mi^îe oontobjeetift, f^MdeMt et nSfeir nljB* tife. On a aa demeura ou son douncie; osèiB résidence «m aon a^jour. « La synsj^c M avoir sa deuMure, eft &ire son ai^eer i^^ terre.» Boit.

X/vUBvlVrv , WPWW^Mc»

ItemeiN-e, dérivé du latin étwmmti, imm ost la mot unli«aire« Ami«00s> pare rqi*^' tion du latin domêctlsmis qui a le mêoK seos. « une expression nolda. « La ciel eomne le P noble ut la principal domicOe domeara à J«Ff' et le reste édiutà ses frènss et Asasosr.^Bi^ « Pour qua le naître Iksoa oboB veosUpfc^ faut que votre ooear, qui est comme késm^ «t le aanctuaira qu'il a choiai , soit |wr. > Bod» « HarseiUa était dans les Gaules oomoK le*"^ «Oe dos muses «t le «antre de la polHesie. •BflU- Vous direz, au oontraiiu, dans le *"'W*f mun, que Dieu promit â Abraham une tempo* servir de demeure fixa â sa P"'*"**^^^^,; qu^un maître doit â aes domestiques ralioN»j; la demeurf (Bourd.), etc. « Voici la a^w^f habite tantôt l'hôpital et tantôt les P«*'^^ sons, comme des de«ieure< qui lui md^ ^ ment propres. » Moutbsq. Par Uméffl«jV!l deuitc^ se dit plutôt en termes de junspnvitf^ et a rapport â la société civile et au gonï*^' ment. < Des seigneurs voulaient nnriiei^^ )ets le premier droit qu'ont les hoaimes decwff èm domictif; ila daignaient qu'eoMiif 0"'

sTNONmfift A aadigàux divers.

il pour «U«r dans les villes ]ibx«t. • Volt. | de sa m^fefl^ dus la simplicité et la fhigalité i VIolatioadttdomictk.sACAD. jde ces iMsteurs illustres, et si la dt^ntf^ de

Mésidenù$j êéfomr. Tépistopat fut jamais regardée STec plus de Té-

Le mot de réiideneè^ par sa tenuMison, ei> sératioa ^ptà lorsqu'elle ne brilla que par la iriBM qod^e cbose de plas long* « Parmi les : sainteté» rhumilité et la pauvreté évangélique. » tnngers qui venaient faire à Paris leur rétù- 1 Mass. « Dans nos temples la duchesse d'Orléans trace on ^velqne long a^^otir, Mme Gooflrin fai- venait eoutenir par la majesté de sa présence la

ait un choix des plus instniita, des pliu aimailM. » Mi^K. « Bn «24, Constantin fit quelque éjovr à Nioomédie , qui était en Orient la rési- Imtê ordinaire des emperevrs. » Goirn. « Périlès évita de se mêler des aiures publiques, qui leanandsiont nse résidai assidue à la ville. » iMLl. — MMltfiice vient du latin miderr, résider, m lieu qne e^^r a été fonné du ftanfaia jour pttiNr ses ion», à |»rt/M|Mrottiii, seomun). te conséquent, résiOemee signifie le séiour [m doit ftire et qne Ait dans le lien de ses onctions «m oertain personnage, un évèqne ou A magistrat > par exemple. « Ravnnne, réwi- \ente dee eurqnes. • Boes. ConiBnnémont 4 l*uâon de Calmar, le eouvemia était obligé « de artager tonr à tonr sa r^idmM dans les UtOs oyaumee, el de consommer dans cbacon le reenu de chaque oyronne. » Vut. De «on côté, 4'our a cela de particnlier qn'il est «ont relatif ux sentiments qu'on éprouvn dans la «itnation [ull représente : un e^r agréable (Mol., (UFF.), heorenz (1. J.), chéri (Buff.) , délicieux Lann.) , triste (Boono.) , mélancolique (Mol^. -- S^four se ptund aussi dans une acception figurée (t poétique^ étrangère au mot i^Siidenee. « Paris Bt k téjjmt de Ions les arts. • Volt. « L'enfer »t nn Mjéiir d'faomur et 4e désolation éterlelU. « In, « Quitur cecis vie inlértunée pour UtT dans le «<fe«r dee délicea. » Movnaa. « Ne lisons point de ootro retraite le a^feur de la aîm et de la pauvreté. » La»

MAJBgTÉ, ^niinik. Ces MIB eignifient une orte de grandeur ou d'SeBceUenoe piopre à attii«r n qui attire Im respects^

Mais mt^tÊié, de mêf&r^ plus grand* «upérieur, u<4essus des autres» ne «e dit queues pemonnes n des chosaa les plua élsvées, que des classes e penomies ou de choses les plus générales, de rieu , des fois, des princesi et de ce qui s'y reporte ; an lieu qu'on peut avoir de la di§nUé dans i>us les rangs, dans le eacerdeoe, dans la maistrature, même dans une condition privée, arce qu'il j a pour tous les états une grandeur slative , use bienséance à laquelle les actions et » choses peuvent être eonfonaes ou contraires, «a lois portent le titre de «m^I^; on appelle ignités des charges considérables, des postes minents , mais non pas suprêmes, à moins qu'on e le dise d'une manière expresse. « L'empereur rec et son clergé, dane leur soumission réeUe, ardèrent en apparence la nm§9tté de leur em* ire et la dignité de leur Église. > Volt. < Voilà e qui a rendu si vénérable aux fidèles la majesté es temples, la sainteté des autels, la dignité

dignité de notre ministère. » Id. a Quand vons paraissez dans les palais où le souverain se trouve, vons marquez par la dignité et la dé* cenoe d*un habillement grave et sérieux le rea. pect que vous devez à la majesté de sa présence.» Zd. « Seigneur, rendez la majesté à tanl de temples profanés, le culte et la dignité à tant d'églises dépouillées. » Id. « Tigrane parut dans tout l'éclat dont il pouvait briller , pour donner une plus grande idée de la majesté royale à Tarnbassadenr, qui, de son côté , soutint parfhitement la dignité d'un ambassadeur des Romains. » Roix. c Cinëas dit qu'en voyant le sénat romain il avait cru Voir une assemblée de rois , tant il paraissait de dignité^ de grandeur et de majesté dans leur maintien , dans leurs discours, et dans toute leur personne. > In.

Pour l'ordinaire et surtout dans les circonstances solennelles , un roi a de la majesté; il a de la dt^ntt^ dans la vie privée. « De ce fonds de sagesse sortait la majesté répandue snr la personne de Louis XIV : la vie la plus privée ne le vit jamais un mtfknent oublier la gravité et les bienséances de la dignité royale.... Quelle grandeur quand les ministres des rois venaient au pied de son trône I quelle précision dans ses paroles, quelle majesté dans ses réponses t» Mass.

D'autre part, majesté est un mot concret, qui exprime qudque chose d'extérieur , de l'éclat et de la pompe. < Le vulgaire appelle majesté une certaine prestance et une pompe extérieure qui réblouit. s Boss.,c La majesté des cérémonies. » Màss. Dignité, au contraire, est un terme abs. trait, qui a plutôt rapport aux qualités intérieures et essentielles, c Toute notre dignité consiste dans la pensée. » Pasg. c II y a tant de dignité et de grandeur d'Ame à prendre sons sa protection ceux que tout le monde abandonne 1 » Mass. — La majesté de son front (Agad.); la dtgnité de son caractère (In.). « Faites , Seigneur , que la gloire et la majesté de la dignité royale éclate dans le palais aux yeux de tout le monde. » Boss. c Les saints avaient-ils de la majesté de la religion des idées moins nobles et moins sublimes que vous? Ëtaient-ils moins instruits de la foi et de la dignité de ses préceptes? » Mass. « Minerve avait mis dans les yeux de Téléxnaque un feu divin, et sur son visage une tno/«f f^ ftcre, qui prometuit déjà la victoire. Il marchait; et tous les rois, oubliant leur âge et leur dij^ntr^, se sentaient entraînés par une force supérieure qui l€ttr faisait suivre ses pas. » FéN.

La dignité du style ne demande guère que de la décence et l'exclusion d'une trop grande familiarité ; la majesté du style veut de plus de

es prêtres. » Booro. «On voit que ces omissions , , . .

e l'histoire de notre auteur affaiblissent la pri- l'éclat. «' L'éloquence de la louange et du blâme lauté du saint-siége, la éUgnité des conciles, | ayant reparu dans la chaire, y reprit enfin la autorité des Pères, la ms^juté de la religion. » I décence, la dignité, l'éclat qu'il avait eu dans (ose, f Voyw si l'église perdait quelque chose la tribune, et plus de majesté encore. » Marm.

DEUXIËME PARTIE :

< te vieux naturel du style de Montaigne et d'Amyot n'était pas propre à la majeit^ de l'éloquence et de la poésie. » Id.

I. MAL, PEINE, DOULEUR, SOUFFRANCE, AMERTUME , TOURMENT , AFFLICTION , DÉSO-

LATION. — II. TRISTESSE, MÉLANCOLIE, CHA- nuisibles OU fâcheux.

I. JTaI, peine, — douleur, «mfffOMi, malume, tourment, affiietim, âétoUtiion. Viàk commune A tous ces mots est celle de la ptemière modification produite en notre &me ^ li présence, par Vaction Tire et sensible d'abjcts

GRIN. — III. ENNUI, MALAISE, INQUIÉTUDE, DEPLAISIR, MÉCONTENTEMENT. Tous ces mots représentent notre âme comme passive et comme pâtissant , comme étant soumise à quelque chose de fâcheux qui l'affecte désagréablement et met obstacle à son bonheur. Pour être véritablement heureux , il faudrait n'éprouver jamais ni mal ni petne, etc.

Mais d'abord et pour commencer par la fin , les cinq derniers mots, savoir, ennui, malaiee, inquiétude, déplaisir et mécontentement diffèrent

bien de tous les autres. Ce sont visiblement des mol. « Atosse , fille de Gyrus, et l'une des feau»

Mais fiuil et petne ont Tun et l'autre cehde particulier, qu'ils indiquent, non pas la modification elle-même, la sensation disagréalile. mais ce qui en est l'occasion ou la matière. Ma vient de malum, fléau, malheur, mairraistrfr tement, coup, tort, dommage; et p«i«, d« pcena, punition, ce qu'on donne i souffrir «ii coupables, comme les fers, les verges, l'alL Montrez-moi votre mol, dit-on à quelqu'un fà souffre ou qui paraîfsoufTrir; un homme qui ei tombé s'est fait du miU ou ne s'est pasliilè

diminutifs. Ils désignent quelque chose de vague ou de léger qui ne fait qu'effleurer l'âme , et qui est de peu de conséquence. Ils sont moins forts et moins expressifs; ils nient le bien-être plutôt qu'ils n'affirment la peine. Ils signifient l'idée commune d'une manière indirecte et marquent un vide , une absence de bien plutôt que la présence positive du mal ou d'un mal. C'est ce qui résulte même de la manière dont sont composés malaite, inquiétude, déplaiiir et mécontentement, «

Ensuite , tristesse , mélancolie et cho^'n sont à leur tour bien distincts de tous les mots qui les précèdent, mal, peine, douleur, souffrance^ amertume, (ourmenl, affliction et désolation. Ils expriment, non pas, comme ceux-ci, des coups dont Tâme est frappée, des impressions passagères reçues immédiatement des objets, mais des situations ultérieures qui se prolongent et durent, et qui se distinguent moins par la vivacité, par une sorte d'aiguillon, que par l'abattement et la langueur. « Idoménée s'apaisa. Il restait seulement en lui une douleur douce et paisible ; c'était plutôt une tristesse et un sentiment tendre qu'une vive douleur. » Fén. Les philosophes qui ont traité de la sensibilité, et notamment Bossuet et Malebranche , ont regardé la douleur et tous les phénomènes semblables, la peine , la souffrance , etc. , comme l'effet immédiat produit sur l'âme par quelque chose de fâcheux , et la tristesse avec ses variétés , la mélancolie et le chagrin, comme une passion ou mieux comme un sentiment , comme une manière d'être subséquente, qui est la continuation affaiblie et durable des sensations marquées par mal, peine, et les autres mots de la même classe. — D'ailleurs, mal, peine , douleur ^ etc., sont plus relatifs aux objets avec lesquels ils nous supposent actuellement en rapport; aussi les adjectifs qui en dérivent , mauvais , pénible , douloureux, amer, affligeant, servent-ils à qualifier ces objets. Au contraire, tristesse, mélancolie et chagrin ne regardent que l'âme , que le sujet, à distance, ou même indépendamment des impressions; témoin les adjectifs correspondants, triste, mélancolique et chagrin, qui se disent bien du caractère et des dispositions intérieures.

de Darius , fut atUquée d'un cancer au m Tant que la douleur fut médiocre, elle U sf» porta avec patience, ne pouvant se résouiln, par pudeur, i découvrir son mal, » Rou. Ce< dans le même sens, qu'on dit, conter oucoi&r ses peines à quelqu'un, épancher ses f«àB dans le sein d'un ami. C'esluen faisant da ai ou de la petne qu'on cause de la doulevr. deb souffrance, etc. C'est en enlevant le wslu/i} peine qu'on peut faire cesser compléteBent a douleur, la souffrance, etc. Le «urf et h ?<« appellent des remèdes, comme lesblesioms les maladies ; la douleur, la souffram, te««^ tûmes, les tourmenU, VafflicUon et U*^ ttofi excitent la pitié et demandent à être am Dans le mal et dans la peûie, on estdins« situation anormale , difficile, qui ne conTieatl» â notre nature; dans la douleur, dans 1» "^ /ronce, etc. , on est en proie au «wï « * ■* peine, la sensibilité est offensée.

Quant à la différence de «al et de p««'^ est évidente : eUe consiste en ce que ces m mots se disent presque uniquement, 1m r rapport au corps, et l'autre par rapportaisprit ou â l'âme. En Utin powa. d'où vient f«W; ne signifie pas seulement punition, "^ *f peine ou souffrance intérieure , comme on tf^ par pcrnftere, se repentir, qui a fo""*/^' tentia, pénitence. - Du reste, chacun « » deux mots , dans sa sphère , savoir, «a* «^J ment au conps, et peine relativement il e?^est très-général; en sorte que , lors même qu^» les prend comme signifiant les sensations^ agréables, ils diffèrent toujours bien éam suivants, qui expriment des espèces nettens' caractérisées. ^ , .^

Douleur et souffrance sont également pr«F â désigner le sentiment des maux du corps ot sentiment des peines de l'esprit.

A l'égard du corps , douleur, de c^ éprouver du mal, être sensible à une em ^ indique des maux ou le sentiment ùej aigus, poignants; et souffrance, àt m^ supporter, endurer , marque l'«D^ "'^^efll. moins vife, mais qui agissent coù^^^ et sans intermittence : un coup, «J rv^,^ mal de dents nous cause une grande o^^ mais- on vit dans la souffrwce ou w*»

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

9uffran€iÊ. Iféme différence entre ces deux lots quand il est question de l'âme ou de i'esrit : la douUuT résulte d'une petnff, eu c'est ne ^ne , me , cuisante , très - sensible , au eu que la toufprance vient d'une peine ou est nepftne prolongée, qui a de la durée , et qu'on (idure avec plus ou moins de patience et de !signation. Dieu nous réveille de temps en •mps par des coups ou des éclats (Fl Ace.) d^ ouieur, et nous éprouve continuellement par des mf^anees. On a la douleur de voir arriver ceci a cela; on est endurci à la toufprance. C'est, 'une part, quelque chose d'accidentel et de assager; c'est, de l'autre, quelque chose de Dnstant. « C'est par un chemin tout semé de ces srpents venimeux que' Caton mène ses soldats Qdurcis à la souffrance , et il a la douleur de les Dir périr de blessures presque invisibles et dans es tourments inouïs. » Mark. Doukivr vive, iguè, violente, immodérée, brûlante, cuisante, éehirante , atroce ; passer des années dans des yuffrancei sans relâche (J. J.) , une éternité de ïuffranee (Bourd.) , le reste de ma vie me paraît ne longue toufprance (Dklaf.).— Je suis dans un tat de fou/)Vafic0f continuelles ; j'aimerais mieux e plus vives douleurs et des intervalles (1. J.). Vamertume est le contraire de la douceur^ au guré comme au propre. Cest ici une peine ex* 'émement désagréable, déplaisante, importune, lais moins grave, moins profonde que la douiurtilàsouffranUy et ne provenant pas, ainsi [u'elles, de causes très-nuisibles qui produisent les blessures et tendent â détruire les principes le la Tie. D'ailleurs , comme l'amertume est une tavemr désagréable qui reste en la bouche après ^rtaines boissons qu'on a prises, ramerfume, au Iguré , est souvent une petne éprouvée à la suite ît en conséquence des actions que nous avons •aites : c'est un regret. « David passa le reste de es jours dans des sentiments de componction t d'amertume. » Vass. c*6émir saintement armi les amerfumet de la péuitenfie. > Boss. lofio il est bon, en employant ce mot, de reposer autant que possible â celui de douceur (les louceors et les amertumes de la vie) et de rappeler ridée primitive de la sensation du goût: breuTer d^amerfvme. « il faut boire toute 'cmeriume de ce calice. » Mass. c Attendezous à des dégoûts et à des amertumes. » lo. c II lous est resté une petite goutte de joie pour endre la vie supportable et tempérer par quel, ue douceur ses amertumes infinies. » Boss. On émousse la douleur, on abrège la soufanct , et on adoucit Vamertume.

Tourment est un mot d'une singulière énergie, vient de (orguere, tordre , et rappelle la torture, supplice qui consistait â tordre les membres. s tourment est, quant à l'intensité, le comble i la douleur ou de la peine : il torture. Cest, an lysiqne et au moral , quelque chose d'extrême , excessif, d'insupportable, c Les (ottrmenff des nés du purgatoire. » Bourd. « Quel tourment ,t comparable à celui d'un esprit blessé qu iaime qui s'aperçoit qu'il n'est pas aimé ? » lo.

Ah ! donlenr non encore éproaTée !

A qnel noateau tourment je me sois r^^serrée I

8TV. VRAIIQ,

Tout ce que j'ti souffert, mes craintes, mes transports, La ftirenr de mes feux, lliorrcnr de mes remords,' El d*un TttoM cruel rinsupportable ii^ure , N'étaient qu*un bible essai du tourment que j'endure.

Ils s'aiment! (Phèdre). Rac.

Affliction, du latin affligerej frapper, renverser, est le nom d'une peine produite par le vent de l'adversité qui abat Tédifice de notre bonheur, par un revers de fortune, par une catastrophe , par la perte d'une personne qui nous est chère. De plus, Vaffliction éclate : elle se manifeste par le deuil, par des pleurs et des gémissementa; et, dans cet état, la grandeur de la peine qui nous opprime va quelquefois jusqu'à troubler notre raison. Achille, affligé y cria, se frappe, se roula sur le sable , devant sa tente. Cependant , Vafllietion n'atteint son plus haut degré que quand elle devient la d^tololton. La désolation est l'extrême affliction. C'est Vaffliction inconsolable, conune le dit le mot, de de, n^tif, et de «oloftum, consolation '. *

II. Trittetse, mélancolie, chagrin. Etat pénible dans lequel se trouve plongée une âme inaccessible au sentiment de la joie , peu expansive , et pour ainsi dire retirée en elle-même. « Gaspard Bartholin croit qu'une humeur qu'il appelle atràbiU est conservée dans les cavités des glandes : pensée affligeante qui met dans nousmêmes un principe de mélancolie et semble faire

I. Girard a comparé ensemble peines ^ affUetiem* et uwx , comme tigniflant des maux dont est semée la Tie. Oia pourrait y joindre tribuiaiione,

Peimê est uo terme générai; il n'a rien de particulier qui le caractérise.

Les afflictions sont des peines causées par de grands et graves accidents , par des pertes , des ca* lamHés, des désastres.

TribuleUiom, triMoHo^ vient de trihmium, sorte de herse pour batire le blé, fléau, de r^fty, fouler, brojer, harceler.

Les tribulaiions sont des peines qni consistent, non pas, comme les affUetions , à être abattu par de grands coups de la fortune, mais à souffHr persécution , i étct tnyeraé, harcelé, agité, soit par les événements, soit par les hommes. « La guerre de Troie n'est pas plus connue que les succès des révérends pères Jésuites à la Chine et leurs trihulatioms. » Volt, c Je veux écrire dans mes Heures ce que dit M. de Comines sur les traTerses de la tie humaine. Il y a plaisir de Yoir que, dès ce temps -là, il était question de <ri6alations et de misère. » Siv. « Ils peuvent choisir de ne me laisser justifler mon livre qu'avec toutes sortes de tribulations, on de me le laisser justifler en pais. « Féif. « Je m'en vais à Jérusalem, disait saint Paul, et l'esprit de Dieu me (kit eonnalbre que des tribulations et des chaînes m'y sont préparées. » Bouan.

Les croix sont des peines envojées par Dieu pour exercer les chrétiens, et leur donner occasion de mériter par des souffrances semblables i celles de leur divin modèle. Ce mot ne s'emploie qu'en termes de dévotion , et presque toujoura de manière â rappeler la passion et l'instrument de la passion de Jésus-> Christ. Des croix légères, pesantes. « H y a des croix dont le sort est de demeurer cachées à l'ombre de celle de Jésus-Christ. • Filca. « Ces Ames, chargées des mêmes croix que vous, en font un usage bien différent. » Mass. « Dieu nous aide lui-même ^ porter les croix que lui-même nous impose. > In.

t)ÉtfltÊJlÈ>AïVÏïfe

des chagrins et de la tristesse une miladie habi- ' Ittelle ^6 l'homme. » Mon tbaq*

Mais d%boid la trietme dSIère Ihmi ëe la Wfùentùtie.

Triste y latin trisiis, dérive de tfiUU, écrasé, broyé , foulé , d*où vient aussi nôtre mot ton- IKliOH. MéUHUfùUe est foralé -de deux mots grecs i 'iiiXaç , noip,'«t t»>^ » *i*B i ^ «gniBe bile tioire mi «ffflWte. la IKfeMw a des oauees précises, ««aies'ttiêmefc de ra/lfïtWi«i , «'est- à-dire ^e gntlids riitAhéuft, dès aeeidMftfrtunastes ; c'est U ïnAUf^eVoffliéHan^te-éa qfnoi^e obange Fa^ flMoti^ l|«and eUe «are, «t «sprôe quWe a-im )HNl t^erdu te «a «^fëEnière vMeftGe. '« Après )j[Ue plusieurs mois firent passés, elle sortit de ttette dolente «f/Hb(ton ^ù elle était ^ et pàsM dans tm èlàt delHlAtfSvê -et de Ifenlfimir. » DvbAV. i«a tftusede ^i'^nnàw6ôli»'éAX «m Je -m Mis quoi , ou «ne 'plH&âiéposUton du tefiBlpéraiMM.'« Platon fot luAurellement ^ékÊ^tfàH^.'» 74». LaliBiiitlBiie «ppeBe le Kèyte uù fiNAftncOltffte elsimal. « Poar la tristeste naturelle qui Vient de la fni^icfi«o|{e , ^e ne Tient que du corps ; «iftei- le régime et ' les remèdes la diminuent. » FAn. La triatêise est tolutAt^ooablante; et la wiéktMoèie, tague : Tube isît gétnir, et l'autre rêver; t'une ttcoafele Pftme jpar ie souvenir' douloureux des malheurs qu'on* a réollement éprouvés , Vautre n'a «pas ««de «bause fiie,'c'e8tUne inclinaition à toutvoir6»noir, une tUnple dispositioQ 'à 'la itistesier* €omme le charme de la musique , si doux dans la mélaneo^ <ie,<slBfl&ce duis vne profonde lm(scM,<ees mor- (Mmx me ârènt'peu'de plaisir. » J. J.^« fia tristesse est tityp profbnde pour laisser plaoi^ à beautbup d'ent^etifjn.' La* mttsiqtfe fempliH' Ifts Yldes du silence, le laissera rêvër et chài^gein par 'degrés sa douleur en rnëlàncolîe. » 1d. ~ tJn autre caractère coilimun à \& tristesse et & Vekfflietion , c^est que- y-one eH rautie semoairent au dehors , 89lBSniferfloDt ' «par dlM tfgbes 'quo tout' ie ^monde reconnaît; la fnélaneolie , au contraire,' est tout lkït(rl«u)te,' reiiférmée dsms Pâme cm 'daus' le-tat&ctère.'« Les CàraKb\Bs ontle tisagéiHite ,'ef ils t)araissent être mélancoliques. » 3ùfp.

Le éhàgriuj quoUeique soit fétymologiédu mot, •st toute -autre chose : il a d'autres causes et ptoduit d'antres effets. Il ne vient ni «de* grands miaheuTs-et de l'Af/ltd«i(m,-cdmme'la'lf<ffw»e, ni du tëffipérstoent, csômme la méltineûhe ;'mtî^ des tracasseries et des amertumes de la- Vie , des désagréments, des déboires, des cûntrariétès.'des mortifications. « Darius était fort afQigéde la mort de- celle qu*il«imait le mieux de toutes ses iémmes V DémocFJfte , pour le consoler, lui promit dfrlaVaire i«viv)re, 'en cas <qtteHarhis lui pût foututf'dans ses Stats tfClis persomies à qui il ne fax iÉïDkXs rien arrivé de di^gréable. Darius n^ayant pu venir à bout de remplir cette condition, le philosophe prit s^jet de Jà de lui laire connaître .qu'il avait^ grand tort de s'abandonner à lafrfolrjts, puisqu^l nV avait aueun' homme dins tout le' monde qui tût exempt de chagrin. » TÈJS. « Au travers de tout votre courage et de la iKmté de votre tempérament, qui se défait aisément de toute mélancolie ^ il me paraissait que n'ayu^t pas obtenu ce que vous demandiez à la

cour, n vous en était resté an tbad* du cœqt quelque léger chagrin, » Siv,— Easmte, U trùtesse et la mélancolie sont des états de Uagnev : le chagrin est nnétat d'aigreur-, d'iritationetie dépit : on est miné , rongé par le chagrin^

Si l'homme (rute.est aflligé, consterné, itM, et le mélancolique sombre et rêveur, le c/uif» est piqué, aigri, maussade, acari&tre. -Siii tristesse, comme l'affliction d'où elle dërNcpeat aller .Jusqu'au désespoir, et la mélancoUi jisqu^au spleefk^ le chagrin peut être poussé jusqu'ils plus grande exaspération, jusqu'à la rage. -Poir ne point succomber sous lie poids de la trisUm. il faut de la constance^ beaucoup de philosophe: le seul remède contrôla m^loaeolic, ce somie divertissements et les dissipations; à moins d'c grand empire sur soi-même et d'une grande ép> lité d*<bume«r, on aa sausait échapper aack grin et résister «à soQ«olion dévorante.

IU.«An«i, m«toise, tfiqttt/tiide,-d^pla«r méc(m$emlement. Peines légères, soit eo «B» mémes, soit eu égapd aux choses qui en uatie causes ou lesx>bjets.

L'enniM est l^éUt d'une Ame rebutée, iî^. qui «ne prend -^eût à rien. On y toffibe sartoi: dans la eolitude, lokL4es personnes qu on ùki daftis l'abandonnemeBi, dans la captivité, cas motdans toutes lasi»ositions eu rîen nisûnsi< où «n regarde tout d'un omI indifiérenl.Us9' nais de la vieiliesse , les«e»fNitf du doSOt «b •monde a ses soucis et -«es caprices ;lsRti*^ ses tristesses 'Ot ses ennuis. »^Mass. ^Crnat» à suppoirter ^Us-premiers dégoûU de-la dérou^ à dévorer les • premier» ennuts. »» Bos«. Gii m parlede ses enmits^ans la tour de Ssgone.

'Le maUtUe est uue peine qui consiste ««« mal à l'aise, peu commodément. Sans «pt^ précisément ^ mal , ee mot suppose !'**««"** bien , et 4e soupfon ^d'un mieux ?<>»;«•' Jr* teranné. G'«st-mie incommodité i^™; * " toutes les siluatioms pémbias, 4a nous Pénible. ^

L'4iiqindtttde, d^i» fuaetiic. non ««^'^^ gne un besoin de meuvmaeikt. C'est l'éUl p^ dHine âme qui , dans TapprébsBEion d m ^ venir, remua, tracasse. I''*»««^*** */^ deux ouractères distinciifs relativemest i i<w* et au tnokiûa ; aile eataotife, eteHe » «F' à l'avenir. ^ . „^

L'ennui, le tnalotse et l*iiHU«<ui« ootan»

ractère commun, le vague. Dans l'****' j^ languit, sans trop savoir pourquoi ;«» malaise, on n'est pas ou on ne se ^^^* P^ ^ sans trop «avoir, pourquoi ; dans ^''"^ j**'-. ne tient pas en, place , -oo. s'agite, ssds m voir pourquoi. . ^^

L'ennut est un vide; le fMlaiu, bû«««"' l'tnf utefude , une impatience. -^

Le déplaUir et le mécontetUemeiU sont aw» légères peines, des peines peu ^^^^\ n'ont pas de causes bien graves. Ils ^^^^^^

Yennui, du molntse et de l'ti^w*«^*^7««« lieu d'impliquer quelque chose de ^^' ^tt produits par quelque événement «"'y^jj précis, par telle ou telle conUariétei* ,^j éprouvée. « L'ennui doit être bien Cism

SYNONYMES À RAlHGAm DIVERS.

tara\mi$ntii^eofUetimKnU qpi a une came détenoinée..» ^ab.

Une première différence entre.ees deux mots , c'est que ,ce sont les dioses qui nous déplaisent , et las personnes qui nous mécontentent. ^ Mais enraie, déplaisir, qui est un tenné plus gêné- Tel , .ae dit bien aussi 4es peines qui n^us Tiennent des personnes. H se distingue ^ors en ce qu'il infique des peines reçues de la part de toutes les personnes quelles qu'elles soient; au lieu que le mécontentement est toujours causé par des personnes dont on atait droit d'attendre mieux. Le mécontentement implique une espé- Tsnce frustrée ou latiotation d'un droit. 'Tonte -peiiuuiMj ^i Boua>bleieBf qei néua ilehe^.iious donne du d^kimr; un fils ou un serviteur qui se condoit mal y un aupérievr -qui nous frit un passe-droit, nous causent du mécontentement. — D'ailkurs, le déplaisir s'adresse plutôt à l'homme eenaîhie : un déplaisir mortel , un vif déplaisir. m. Il se, forme parmi les grandeurs une nouvelle senidbflité pour les déplaisirs. *Boa9. Mécontenteimnt est plus relatif à Tesprit , et aux raisons qja'an, a de n'être pas content. « La source la plus commune des mécontentements , des froideurs, des discussions qui surviennent après le mariage , est TopinJon trop fktteuse que l'on s'est faite de la 'personne à laquelle on s^unit. * Mabk.

MAUJIF, INnRMB, yALiTCMNAIlHS , i3A- €0GRY1IE. i>'une sajffA délicate et facile .à dé^

l£ ffiolaflîf est aujet à tomber malhde; Vinfirme est débile. Le premier passe de temps en leieps de la' bonne à la mauvaise santé ; te second languit sans cesse. Maladif annonce la fréquence des cbihes;. et infirme la continuité de la. faiblesse. Avec un enfant fnoJcuK/' on est tou- Jown en crainte, obligé à chaque Instant de leepurir au médecin et aux nemèdea; avec un enfluit infirme on ne peut ri^n entreprendre, on ne peut rien en faire , il n'a de force pour rien.

"TtUéMinaire et eaeQthflne ont aussi chacun aensens ou sa nuance propre. Le valétudinaire , He «oieliMio, aanté, santé bonne ou nauraise, est constamment adonné à sa santé , sa santé est pour lui l'objet de soins •continuais , dHin métier en quelque sorte. Le cacochyme , de deux mots jgrecs qui ensemble veulent dire mauvaise bu* xoear , est plein de mauvaises humeurs. Mais ce qui distingue principalement ces deux mots des ^écAdents, et ce qui les sépare l'un de l'autre, c'est qu'ils conviennent chacun k une espèce particulière de style.

ITaladt'f et infirme sont de la langue commune. Mais eol^fuJinetre, latin ealetudtnariux, d'où ffoietnâinarium j infirmerie, hdpital, no^se dit guère qu'en parlant d'un personnage émînent ou qu!on présente ',«oinffle .vénérable. « 3a «Majesté ■s^fort-eaJiftiidèntri. » Jiis..c 0nitti4itque le xoi jouit d'une aeet^ padivte; il se soutient que Thetmoaia» us rai dlBgypte^ était eeMludteaifs.» Labr. « Feedor , i£ls) aîné du eaar Alexis , monta sor letiAne, âfi de<quinae eas^prÎMe d'un tenu péf^sent'ftiible et*eeMud<iiofr«. • ¥oi.t. < On Toit trop fréquemment dans nos bbtoires des rois empoisonnés par des médecins juifs; mais une

constitution vai#e«dèMiif« «est i^us dangereuse encore que les médecins. » In. « Hélas 1 eette pauvre maman, déjà languissante et eel^Ciidtnairs, elle se serait bien passée d^une paveille scène.» J. J. ^ Cacochyme f au eontraiie, est un mot funflier et môme presque toujours un terme de plaisanterie y qui s'applique paitieelièrement bien à des rieillards <:atarrhettx.«'Gala ferait tourner la tète A un Jeune' homme ; jugez ce qui doit arriver à eelle d'un pauvre Tieillard cacochyme. » Volt. « U y a au fond^de la 'Suisse des eaux assez bonnes pour les vieiUards eaeochymes qui ont besoin de mettre du baume et de la tranquillité dans leur aang. > In. « 31 onteigne dit quelque part : Greyez-veus qu'un Tâeiilard rechigné et cacochyme se plaise beauooup .i lire Théocrite et Tibulle? » lo. « f^on mourut dans un grand âge pour une macUne aussi contredite et aussi eoeoe^yeie qu'était la sienne.» S« S.

Le bonhomme , chargé de'fiuxious et d'amées*.. Crtrde le médecin, et eeear^'ettgoâhjrme Bst'à son art'fiiBl dévoué peur victime. Haee.

- Votre cerpa tmwmé^mt Jf'eat pointtlilt , «refezrmoi , j^r ^oe génie d'es-

ovjme.

, J'ai Je dms R^ppocrate, iln'iniporte en quel lieu, Un aphorisme sûr; il n'est point de milieu : c T^ut vieillard qui prend fille alerte et trop fringante.

De aon propre couteau sur ses joera,ilaUQnie. »

Ip.

Quand la tfibyile, interrogée par (Soée , ae mit sur le trépied,

'6a Ikoe* devint cMocfym»^

•lit aon ieint , de pftle miakoe. So^aa.

1* «ALAVlfift, INGeilBiDÉHÉ, niPM««Dnr; — f ÉTOnDI, AVArOBÉ, SVBRTÉ, ÉOBR- VXLÉ. Qui ne sait pas agir, se «oadwreeu parler où , quand et comme il convient.

Màlamsëy inoonsiéiété ti. imprudent sent «des mots simples , ordinaires et propres à tous les genres de ^le; ^eui^*, étaporé, éventé et éeervelé sent des termes ' figurés • ou métaphoriques dont on ne se sert guère que dans le langage familier ou voisin du- familier.

1* Malavisé , tneofwtd^^ , «mprudenf.

' Le malaeisé manque de finesse , il ne eaitpas eotr. Vincênsidéré manque d'attention , il ne se donne paa la peine de censtd^f er , de regarder. L'ifiiprudefU manque 4e réserve, il n'est pas précatftionné ou sage.

Le malacisé , en tant que tel , est «oins à blâmer qu'à plaindre.' Il n'a qu'une 'fiiit>le dose de talent, qu'une vue bornée, peu subtile, c'est une sorte d'aveuglement, c Les pécheurs aveu« gles et ttialooit/s arrivent enfin par leurs désordres à l'extrémité de misère qui leur a été souvent prédite. » Boss. c 11 pense s'être aflermi contre toutes sortes d'attaques (de la fortune) : aveugle et malavisél » In. Le medavisé commet proprement des bévues. « La ileynie , l'un des préridents de la chambre ardente,' fut esses «icrfavisé pour demander i la duohesse de Bouillon si elle avait vu le diable; elle répondit qu'elle le voyait dans ce moment, qu'il était fort laid et fort vilain, et qu'il éuit déguisé en eonseiUer d'Etat* Volt. < On falsifia l'histoire de Fltvien losèpbe ,

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