DEUXIEME PARTIE
et l'on fiit assez maiaviié pour faire dire à ce Juif, si zélé poar sa religion juife, que Jésus était le Christ, le Messie. » In.
Vineotuidéré et VimffrudetU sont moins à plaindre qu'à bl&mer; s'ils pèchent, c'est leur (kute, la faute do leur caractère, et non celle de leur esprit; ils méritent plus de reproches, car pour faire bien ils n'avaient qu'à vouloir.
Vinwnsidéré n'avait qu'à vouloir examiner. « La cause de mal juger est Vincomidération^ qu'on appelle autrement précipitation. » Boss- « La plupart des choses que nous avons faites , les avons-nous choisies par une mûre délibération? N'y avons-nous pas plutôt été engagés par une certaine chaleur incomidérée , qui donne le mouvement à tous nos desseins 7 • In.
Vimprudtnt n'avait qu'à vouloir se garder ou se tenir sur ses gardes. Ce n'est pas l'irréflexion qui le caractérise . comme le précédent , mais la sécurité et la témérité : il ne se défie de rien et ne doute de rien. L'abdication de Syl!a n'a pu paraître ineontidérée , le dictateur n'étant pas l}omme à prendre ce parti sans y avoir mûrement rensé; mais elle parut imprudente (Montbsq.). L'tmpnidail se soucie peu des inconvénients, des dangers, des pièges; au lieu que rincoiutdéré se soucie peu de considérer^ de s'appliquer à rechercher s'il y a des inconvénients , des dangers , des pièges.
2* Étourdi y évaporé , éventé^ éeervelé. De ces quatre mots le premier et le dernier se distinguent par le degré.
étourdi marque un petit défaut, un défaut de peu de durée ou de peu de conséquence, et deervelé suppose, au contraire, un défaut capital , un manque absolu de pensée , d'esprit ou de jugement. L'étourdi a seulement le cerveau troublé; Véeervelé est sans cervelle, c Amour, dit la sœur de Psyché, me voilà venue : notre étourdie de cadette m'a assurée que tu me voulais épouser.... Je me doutais bien que tu la répudierais pour l'amour de moi : car c'est une éeervelée* > Laf.
Il peut y avoir dans Yétourdi je ne sais quoi d'aimable qui tient à la vivacité du tempérament ou de l'Age. « Clairfons est un étourdi; mais c'est le premier feu de l'Age. » Marm. « Les Français s'émancipent un peu trop, et s'attachent en étourdis à conter des fleurettes à toutes celles qu'ils rencontrent. » Mol. « Vous vous figurez toujours Emile semblable à nos jeunes gens, toujours étourdi^ pétulant, volage , errant de fête en fête. » J. J. « Ma plume va comme une étourdie. » Séy. « Térence se borne à représenter de jeunes hommes prodigues et étourdis, des courtisanes avides et impudentes.... » FAn. Voltaire s'adressant à un petit-maitre , dit : Attends, bel étotwdi^ que les rides de Tâge Mûrissent ta raison.
Mais dans Véeervelé il n*y a rien que d'extravagant et d'odieux, c'est véritablement un fou. « Je te ferai repentir du complot que tu as fait avec ce fou (don Quichotte).... Va, coquin, frotter ta vaisselle , au lieu de comploter des échappées déahonnètes avec un éeervelé, » Les. « Le , Cardinal d'Ossat était sans doute plus prudent
qu'un fou des Petites-Maisons; mais a'est-il pas évident que les organes du sage d'Oastt étaient autrement (kits que ceux de cet éceruUf i Volt. « Jean- Jacques se conduit toujours comme ! un éeervelé; cet homme -là n'a pas en lui de (jnsi ^ être heureux. » In. « Ce rimeur ^eerteltf (Gilbert) disait publiquement : R n'y a pat éant T^i taire un seul vers que Je voulusse avoir fsd.» Lab. c Un jeune éeervelé qui, dans les délibérations d'un corps , ne perlerait qn'uce âne pétulante, une imagination fougueuse, an esprit faux. 9 Mark, c a Alexandrie, s'amusant et folâtrant comme un jeune éeervelé qui ne ooDoilt d'autre affaire que sonplaisir, Antoine.... «Rtu.
Quoi done! à votre avis, fUt-ee on foa qa'ikni-
dref ' Qui 7 cet éeervelé qui mit l'Asie en cendre?... L'enragé qu'il était....
S'en alla follement , et pensant être Dieu, Courir comme un bandit qui n'a ni fea ni lien.
Boo.
J!?f»por^et iventése distinguent par l'espèce. A V évaporé manque la modestie; à Viu»téy^ discrétion.
V évaporé n'est point modeste, c'est4-4ift •qu'il n'a point de recueillement ou dsretenae en général , qu'il se répand çà et là, qu'il se^ sipe comme les choses qui s'^poroif, etqv. d'autre part, il est vain, il ne peut s'emp^ de parler de soi avantageusement. On dit oobtrer une gaieté ^vapor^e(VoLT.)- «Sophieiutorellement de la gaieté, elle était méfflefo'it*e dans son enfance ; mais peu à peu sa mère i pris soin de réprimer ses airs Â>apor^r >' '• « Modérez -vous, cervelle évaporée. > Ton « Qu'une mère évaporée et mondaine prBM sa fille la modestie et la fuite du monde, q^i succès en peut-elle attendre? > Booao. Et, d'oa autre côté. Voltaire parle de « l'air ^^ et avantageux de nos prétendus marciuij frtf* çais. » De même Fénelon : « Ne vous laisseiTOis point éblouir par ^|rtains hommes vaios, biru et qui ont l'art de se faire valoir, pendant ^ vous négligez le mérite simple, modeste, tioi» et cachet... Un prince sage et pénétrant a'»* time ni les esprits évaporés, ni les grsods prieurs , ni ceux qui décident d'un ton de fiSfiance. »
V éventé n'est point discret : il évenk ou ]^ éventer ce qu'U devrait tenir renfermé ; leœbUW à une liqueur contenue dans un vase dod mché, laquelle laisse échapper ou perd ce qo^"^ a de meilleur» Daiis une de ses épitrUt J- B' ^ seau parle du zèle du public, « indiscret, tv» té. 9 Voilà de nos FrançaU l'ordinaire déCut : Dans la possession d'une bonne foituiMf Le secret est toujours ce qui les importone..- Oh ! que les femmes sont du diable Mes toi^ Lorsqu'elles vont ehoUir ces têtes hisMt' s» Dans la comédie de Vlndiscni, Voltaire a e** ployé ce mot avec non moins de précisiop' Ool, croyei , ma cousine, et fciies roW J*^ Que ee Jeune évemti nous eoavrira de ^^L^^ Comment, montrer partout et letues et poio"»'
En public! àmoi«raêineI ^l
Sachons , soas cet bablt, à ses jeux traTCio^'
STKOmniES À Rà0ICÀUX DIVERS.
81 riodiserétlon de ee Jeune éfeiué Fut un exe&s d'amour ou bien de Tinfté.
MAlÈùlCnon, mPRÉGATlOIf, — EXiCRA- TI OH. Souhait qu'on fait contre quelqu'un.
D'abord , pour ce qui concerne la malédiction et Vimprécation ^ Tune se considère plutôt comme un objet, l'autre comme un fait : on donne des malédieHons (Labr. , Lis.), on fait des imprécations. On charge de maMtcltoM, on prononce des imprécations ou des eséerations : « Philippe s'imaginait souvent Toir pendant la nuit l'ombre de son fils qui lui reprochait sa mort et le chargeait de màUdietions; il expira •n pleurant l'un de ses fils, et prononçant des eacécrations contre l'autre. » Roll. La maUdiction de quelqu'un peut être la màlédietion soufferts et non celle qui est faite par quelqu'un. « Marie a été exempte de la commune maladietton de toutes les mères, elle a enfanté sans douleur. » Boss, c En voulant pénétrer le secret de Dieu , les princes tombent dans la maUdidion de Saftl. a In. On dit aussi regarder une chose , la médiocrité , par exemple , conmie un malheur et une malédiction (Mass.) ; il y a des peines et des malédictions attachées à telle conduite (BooaD.). Mais Vimprécation d'un homme est toujours celle dont il est l'auteur et non l'objet, et jamais ce mot n'est, comme maMidio», significatif d'une chose. « Les JvàU répondirent à Pilate qu'ils Youlaient bien que le sang de ce juste retombât sur eux et sur leurs enûmts. Vous savez les malédictions qu'une telle imprécation leur a attirées, i Bourd. « Le lévite d'Ephraîm remplit la maison «de son hdte d'imprécations et de pleurs, et, adressant la parole à la jeune fiOe : Lève- toi, lui dit-il, fuyons la mo^dtclton qui couvre cette terre. > J. J.
Une autre difilèrence plus essentielle résulte de rétymologie de ces mots. La malédiction est X'action de maudire, malediccret d'appeler le mal ftUr quelqu'un. Vimprécation , ti» precolio , est one prière contre, l'action de s^adresser à Dieu, et d'invoquer sa vengeance contre quelqu'un ; si bien que primitivement ce mot se dit d'une espèce de conjuration: « Les imposteurs sont, selon Ulpien, ceux qui font des prestiges, des imprécations ^ des exorcismes. « J. J. La malédiction peut partir de toutes sortes de personnes, principalement d'un supérieur , d'un puissant , qui , s'il n'eût été mécontent, aurait donné ou pu donner sa bénédiction; on dit même les mo/^dtcltofis de Dieu et de Jésus-Christ (Boss.). Mais les imprécations sont toujours faites par les malheureux, les opprimés, les faibles, lesquels n'ont d'autre ressource que celle d'implorer Dieu contre leurs mattres ou leurs tyrans, cNoé charge Cham de sa maUdiction^ et Didon fait des imprécations contre Boée. > Cokd. « Remarquez dans l'antiquité la religieuse terreur qu'inspirait aux enfonts la maiédietion des pères , et Vimprécation des malheureux à ceux qui les faisaient souffrir. » Mabm. On connaît les malédictions de Jésus-Christ contre les riches (Boss.), et, dans VHorau de Corneille, les imprécations de Camille contre Rome, cause de son malheur(MARii.). La malédiction peut aussi avoir lieu de toutes
les manières, même tranquillement, sans violence, au lieu que Vimprécation suppose de l'exaspération , de la fureur, et se manifeste fortement, éclate. « Simon le Magicien a mérité pour son crime la malédiction des apdtres. Les prêtres qui ne visent qu'à entrer dans les bénéfices attirent de même sur eux, comme un coup de foudre, cette imprécation apostolique : que ton argent soit avec toi en perdition I » Boss. « ^ Il n'y a rien à faire avec un bourgeois économe et serré ; on l'accable de malédietions. » Volt. « Le cardinal de Bouillon ayant perdu son procès contre la congrégation de Cluni, on ne peut exprimer sa rage, ses fureurs, ses injures, ses transports , ses cris : le procureur général et le pariement entier étaient l'objet de ses impr^ea- Hons. » S. S.
Enfin les imprécations consistant seules à implorer Dieu , et cela dans un moment de grande colère, peuvent seules dégénérer en blasphèmes, c Les iniquités de toute la terre tombent sur Jésus-Christ : les impiétés et les sacrilèges , les imprécations et les blasphèmes. » Boss. « Il y a des maîtres qui ferment les yeux sur ce qui (de la part de leurs domestiques) outrage la majesté divine : ils sont insensibles aux impiétés , aux imprécations qu'ils prononcent. > Bourd.
L'ex^cfoltoii lessemble beaucoup à Vimprécation : c'est aussi à Dieu qu'elle a recours , et elle rappelle aussi des cérémonies religieuses. Lorsque Crassus sortit de Rome pour marcher contre les Parthes , le tribun Ateîus Capiton l'attendit aux portes avec un brasier allumé, et làisant des libations, il prononça des imprécations ou des exécrations contre lui. — D'ailleurs le second de ces mots se prend , ainsi que le premier , comme synonyme de blasphème.
Mais resterai ton enchérit de toutes manières sur l'impr/ealtoti. C'est une imprécation faite contre un objet non-seulement odieux , mais horrible, qu'on fait plus que haïr, qu'on déteste ou qu'on abhorre, et cette imprécation est prononcée avec la plus grande force et appelle sur la tête du réprouvé les plus terribles maux. « La vérité divine prononcera de toute sa force cet anathème , cette exécration : discedite, » Boss. « Le troisième reniement de saint Pierre fut non-seulement avec serment, mais encore avec imprécation et déteslation, avec exécration, • Id. « En haine de Tarquin le Superbe, la royauté fut abolie avec des exécrations horribles contre ceux qui entreprendraient de la rétablir: » In. « Les imprécations et les exécrations prononcées par les prêtres et par tous les autres ministres de la religion contre Alcibiade. » Roll. « Ce serment était accompagné ^^imprécations et à'eiécrations terribles. > Id. « Il était ordonné aux Juifs d'avoir en horreur toutes les nations idolâtres : leurs livres ne sont remplis que d*exécrations contre elles. > Volt. « La tête abattue du jeune Manlius (par ordre de son père) donna un libre cours aux larmes, aux gémissements et aux exécrations. • CoHD.— Pareillement, dans le sens de blasphème, reap^crafion est une imprécation horrible. « Et toi, blasphémateur impudent, profanateur du
WUXIfiHB'' mHTiK :;
saint noitf delDira, ta piolèm te es^er^ttonf qui foiyt f£èmir xovêêb la imure; tu es assez farieur poor te prendre à Dieu de toutes les btiapreries âtun jea extéssif ^ui ta roîne; » Boss.