‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 350 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

de la chaire les matièrti sont grandes, mais usées et triYiales.... Il y entre des tujeit qui sont sublimes ; mais qui peut traiter le sublime 7 »

Labr.

Condillac propose une distinction analogue à la précédente. L&maHère^ suiTantlui, est plus étendue que le tujet : outre ce qu'on a principalement en Yue de traiter, de faire connatir%| elle comprend toutes les choses subordonnées ou voisines qu'on ne touche que pour dételopper le sujet. Le sujet d*un éloge est le personnage qu'on entreprend de célébrer; la maître d*un éloge, c'est aussi ce qu'on y joint, ce qu'on dit accessoirement pour relever le sujet.

Simonide arsit entreprit L'éloge d'un athlète; et, la chose etsajée, n trouva too sujet plein de récits tout nus. Les parents de l'athlète étaient gens inconnus ; Son père, un bon bourgeois; lui, sans autre mérite:

Matière infertile et petite. Uv.

Enfin matière^ à la différenee de sujets fait considérer la chose dont il s'agit comme éloignée, comme n'étant pas présentement en œuvre ou sous la main de l'ouvrier, ou coomie quelque chose à quoi il tient peu, qui l'attache peu. «J'aurais bien d'autres choses à dire sur ce sujet; mais comme j'ai déjà traité de cette matière dans ma IX" satire, il est bon d'y renvoyer le lecteur. 9 BoiL. « Il semble que , pour nous rendre inexcusables, le caprice du sort ait pris plaisir à nous offrir les matières les plus illustres et des sujets véritablement dignes de la plus sublime éloquence. » D'Ag. « En rentrant je vis que la conversation avait continué sur le même sujet, mais d'un autre ton, et comme sur une matière indifférente. » J. J. « Je suis déjà trop loin de ces sortes de matières (littéraires) pour pouvoir en parler avec justesse.... J'aime à rêver, mais librement, en laissant errer ma tête, et sans m'asservir à aucun sujet, » In.

2*' Chapitre y article, point.

Le chapitre est proprement la division d'un livre, il est plus ou moins long. Vêrticle est la division d'un compte ou d'un traité , il est plus ou moins important. Chapitre a rapport au discours, à l'action de dire; article, aux choses dites , à ce qui est contenu dans le discours. On cause, on passe légèrement ou on ne tarit pas sur certains chapitres; on a tort ou raison, on est d'accord avec les autres ou on ne plaisante pas sur certains articles. « Si je te disais le nom de toutes celles qu'il a épousées en divers lieux , ce serait un chapitre à durer jusqu'au soir. » Mol. « L'irréligion était le seul crime auquel Louis XIY ne pardonnait point; tout était sérieux pour lui sur cet artide. » Mass. Molière parlant à sa muse , lui recommande de louer Louis XIV , et ajoute :

Sur ce ekapitrâ on n'est jamais i see.

Mais dans Amphitryon , Gléanthis menace Sosie d'user de la'liberté qu'il lui a donnée d'être infidèle, et à cela Sosie répond :

Ah r pour cet artieU-lk J'ai tort.

Je m'en dédis.

Nous reviendrons sur ce chapitre ^ il n'est pas

épuisé; nous reviendrons sur cet ortiele, il est essentiel.

Le point ressemble à Yartide : il Rg&rde, m pas les paroles, les propos, le fait de puto des choses, mais les choses mêmes, lenrTéiitè, leur importance. Seulement il n'est pu fin, arrêté , comme Vartide; aussi dit-on plutAt on article de foi , et un point de théologie à darater. c Est-ce une hérésie de douter si Jansààs soutient cela? Est-ca un article de foi (ju'il (aille croire sur peine de damnation? Et n'est-ce pis un point de fait pour lequel il serait ridicule de prétendre qu'il y eût des hérétiques dus It glise? » Pasc. Quand les deux mots se disent à choses encore incertaines, problématiques et débattues, le point diffère de l'articte en ce qiS est moins étendu, réduit à une simple qnestua a Condé éteit savant dans nos mystères, œà surtout pour la discussion des points et da articles que les hérétiques nous contestuesL'

BOURD. ^

MAUTAIS, — DARGERBIJX, KUISIM, »

mCIBUX, KALFAISANT. Êpithèthes défiiTonbia dont on se sert pour iniputer un défaut.

Mauvais est le contraire de Um; il en t feus la généralité. Ce qui est mauwiis pèche ou j» à désirer sous quelque rapport que ce soit u matioats livre, par exemple, sera aimi 9^^^ quoique innocent du reste , parce qu'il s'y ^' vera des fautes de style ou de goût. J)tfsj«* nuisible , pernicieux et malfaisant ont mes^ fication plus restreinte , ils indiquent W chose de maumis^ c'est-à-dire de fâcheux, « propre à causer un tort, une perte, une m Un homme a-t-il de mauvais sentiments, te un homme à blâmer ou à plaindre; oass homme dongereti*, nuisibU, pemicieusm»^ faisant est un homme à craindre. BocoeJ c avec beaucoup de justesse que le péché est«c traire à Dieu comme mattvait, comme oppK au bien, à la justice, et qu'il est contnirti l'homme comme nuisible ^ comme prcjudicaiw à notre bonheur. — Que si mautois se peaussi dans l'acception particulière à sessyncnr mes , il en dififtre en ce <iu'il représente m commune sans aucun accessoire.

Dangereux impliqtfe l'idée d'an doute. i4 chose dangereuse n'est pas positivement «a vaise, elle peut l'être, elle court risque de r<^ Une position don^ereiue est délicate, wP plus que suspecte ; on y est menacé de qu^ malheur : il faut s'y conduire w^^/*"^^ tion. Dans le danger on est exposé, on » une chance. maU rien de plus; onTeo^sai^'

à la rigueur. ,^

NuisibU et pernicieux annoncent des qi»»^ décidément mauvaises, qui doivent inspira p que de la défiance. « Sans cet eiamen, bos tus mêmes nous deviennent «'****^''^moins don^ereiwe*. > Fén. « Fuir le mooae» que vous savez être dans le w°"°*'5* IwT» ou pernicieux ou seulement môme dosjff»^

Mais si nuisible et pernicieux ^^\f^, dangereux, parce qu'ibi supposait ^^"^^^f pernicieux, à son tour, renchént sur -

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

par le degré , parce qu'il exprime un mal plas grand. Eu effet, ce qui est nuisible est propre à nuire ^ désavantageux, capable de causer des înconYénieuts , des désagréments, des contrariétés , de susciter des embarras ; ce qui est pemtcieiMP, du latin pemieiesy ruine, destruction, est propre i faire périr, c'est quelque chose de mortel, de délétère ou une source féconde de maux. « Epictète, en combattant la paresse, mène à Forgueil , et pourrait être nuitihle à ceux qui ne sont pas persuadés de la corruption de loote justice qui ne Tient pas de la foi. Montai- Sne est absolument pernicieux, de son côté, à seux qui ont quelque pente à l'impiété et aux rices.» Pasc. « Il y a bien de la différence entre an lirre qui contient des erreurs nuisibles et un livre pemieieux, • J. J. Une trop forte contenâon d'esprit est nuisible à la santé : c Amusezrous un peu par les livres, sans application %%sisible à la santé. » Fân. Mais les plantes vénélevses sont pernicieuses pour la santé : J. J. ciousseau dit quelque part au sujet des terribles effets du napel : « Cette plante a souvent causé les accidents à des enfants et à d'autres gens ï^ii ignoraient sa pernicieuse vertu. » — Ensuite , %%*i8ible, comme tiCtle son contraire, s'emploie ï& préférence pour ce qui regarde le corps et les tffaires; au lieu que pernicieux y comme salu- O'-ire auquel il est opposé, convient tout aussi >i «D pour le moins quand il est question de 2'ftme ?t. de ce qui s'y rapporte. Le vin est nuisible à rîertaines personnes (Labr.) ; on dit un exemple yxj un écrit pernicieux , une maxime pernicieuse. i Va croient qu^on manquerait de' charité si on le leur découvrait pas les choses nuisibles à leur ianté et à leur vie.... Qu'ils considèrent combien a morale que voe casuistes répandent de toutes >arts est honteuse et pernicieuse i l'Église. »

*ASC.

Malfaisant^ qui fait mal ou le mal^ se disingue par l'idée d'action. L'être malfaisant ne ontient pas un principe mauvais, comme l'objet uisible ou pernicieux, il agit, il se comporte 'une manière mauvaise. Aussi ce mot se dit-il roprement de l'homme et de ses dispositions . e son humeur, de son caractère, de ses pas ions , ainsi que de certains autres agents d'un rdre supérieur ou inférieur à l'espèce humaine, omme ou naturel malfaisant (âcad.), activité malfaisante (J. J.), divinités maî/ai«an«e5 (Fén., OLL.), animaux malfaisants (Lap., Bupp.). Satan , cet esprit malfaisant , se remue contiuellement avec ses complices pour persécuter rs fidèles. > Boss. « Gharopus étant d'un carac^ Te brouillon et malfaisant attaquait et harce- Êt sans cesse les chefs de la nation, s Holl.

Non ; je hais tous les hommes :

l-'^s uns, parce qu'ils sontvaéchants et malfaisants; £t les autres, pour être aux méchants complaisants.

Mol.

Voltaire n'a jamais cru qu'au diable , puisque >n Dieu prétendu n'est qu'un être malfaisant aï Selon lui ne prend de plaisir qu'à nuire. »

«^- « La prévoyance étemelle a placé à cdté de ^^ï^es plantes nuisibles des simples salutaires,

dans la substance de plusieurs animaux mal-

STIC. FRANC.

faisants le remède à leurs blessures. » lo. — Sans doute l'épithète de nuisible se donne quelquefois à un genre d'animaux, aussi bien que celle de mcU faisant; mais ce n'est pas dans le même cas ni dans le même sens exactement. L'animal nuisible est capable de nuire, sans nuire effectivement dans le moment où on parle, ou son action de nuire est faible , peu apparente. « Il n'est pas à présumer que ces ïoups et ces ours (de la Grande-Bretagne) y soient venus à la nage, ni que les hommes aient transporté ces animaux nuisibles, » Bupf. On dit des insectes nuisibles (Btrpp.) plutôt que des insectes tnalfaisants. L'animal malfaisant exerce présentement sa rage, sa cruauté, ou le mal qu'il fait est frappant , remarquable , inmiédiat. « En Egypte les hommes ont lutté très-longtemps contre les espèces malfaisantes, » Buff.

Et mon esprit enfin n'est pas plus offensé De voir un homme fourbe , Injuste , intéressé, Que de voir des vautours affamés de carnage. Des singes mal/aisonu et des loups pleins de rage.

Mol.

Et si, de son côté, malfaisant s'applique aussi abusivement aux choses , c'est à celles qu'on considère comme actives , comme produisant sur la santé des effets sensiblement mauvais. « Dans ces malacbites le enivre conserve encore quelquesunes de ses qualités ma{fai«afile«.»BupF. «L'estomac s'irrite et se soulève contre ce qui lui est pénible ou maifaisa^. » Ma&h.

!• MAUVAIS, MÂCHANT; — 3* MAUCIEUX, MALIN. Qui n'est pas moralement bon.

Jfdtfvatf et méchant ont rapport à l'effet : un homme mawcais ou méchant est à craindre ; une chose mauvaise ou méchante est telle, qu'on n'en peut faire usage. Malicieux et malin ont rapport à la cause : un homme malicieux ou malin est Un, mordant, enclin et habile à se divertir aux dépens des autres; une chose maligne a une vertu, une influence, une action nuisible. — Ensuite, le mauvais et \^ méchant font le mal d'une manière ouverte et directe, en ennemis déclarés; au lieu que le malicieux et le maUn emploient la finesse, la ruse, et non pas la force. Néron a été le plus mauvais ou le plus méchant des hommes; le démon, pour séduire nos premiers parents « se servit d'artifices, de ruses malicieuses^ et, dans V Écriture, il est appelé le Malin.

1* Mauvais , méchant.

Le mauvais l'est par instinct ou par nature : un mauvais fond, un mauvais cœur, un mauvais caractère. « C'était un grand seigneur dont le fond n'était pas mauvais, » Volt. « Les pécheurs ne haïssent Dieu que parce qu'ils jugent librement et faussement qu'il est mauvais, > JjikL. « Les juges de l'inquisition présument toujours l'accusé coupable , apparemment parce qu'ils croient les hommes mauvais. » Mowtksq. Mais le méchant commet des méchancetés , nuit de fait , avec réflexion et parce qu'il le veut. « Lépidus était le plus méchant citoyen qui fût dans la république, toujours le premier à commencer les troubles , formant sans cesse des projets funestes. » Montbsq.

DEUXIÈME PARTIS

Ohl qu'ils ne leroat pas si méchants qn*iU le disent! Hol.

c L'homme n'est donc pas se mouvait. Pourquoi plusieurs sont-ils donc infectés de cette peste de la méehanuiéP C'est que ceux qui sont à leur tête étant pris de la maladie, la communiquent au reste des hommes.... Il y a des nations entières qui ne sont point méchantes; les Philadelphiens, les Banians, n'ont jamais tué personne, b Volt. « On voulut trouver dans le Traeiatus theologicO'politicut de Spinosa les semences de son athéisme , par la même raison qu'on trouve toujours la physionomie mauvaise à un homme qui a fait une méchante action. » In*

2* Malicieux f maUn,

Le malieieum a de k malice, de la finesse, une sorte de défaut peu odieuse s le malin a de la malignité j du venin, une envie de nuire constante et profonde y et non pas accidentelle et légère. Voy. Malice et malignité ^ !'• partie', p. 226.

MAUVAIS , MÉcnANT, CMÈTW. Ces mots se disent des choses qui ne sont pas honnes.

Les défauts , les vices , rendent une chose «ia«vaise ou méchante; le peu de valeur ou Tinsuflisance la rend ehétim. La chose mauvaiu ou méchante n'est rien moins que boniie ; la chose chétive n'est pat aaeez bonne, laisse à désirer. De la mauvaise menoaie est fausee ; le sou est une chéHve monnaie de cuivra (Volt.)- ^^^ mauvaise nourriture est contraire à la santé; une ehétive nourriture (FÉn.) est maign ou pas asaeK abondante. Un homme mom»» ou méchant fait des actions nuisibles; une chétêve créature est faible , impuissante, imparfaite. Mauvais et méchant impliquent l'idée positive de mal, annoncent un démérite essentiel : une action mauvaiêê ou méchante; un écrit maavait ou méchant. Chétif marque seulement une qualité inférieure ou une quantité médiocre : ehétive aumône (Boss.) , chétive durée (Pasc.), chétifs gages (Volt.), chétive ressource (I. J.) , c?i^itf patrimoine (In.)* chétives pommes (lD.),ch^itoet baies (Bvff.). Unfiiauvati (AcAD.) , un méchant (Voit.) métier est honteux ou dangereux ; un chétif emploi (Righ.) est peu élevé eu peu lucratif. Un esprit critique trouve tout mauMds ou méchant; un esprit difficile trouve tout <^tif. On reprend, on eensuret on f^it ce qui est mauvais ou méchant^ on fait peu de cas de ce qui est chétif.

De leur côté , mauvais ou méchant diffèrent en ce que mauvais se dit de toutes sortes de choses» particulièrement des choses naturelles , et méchant seulement des choses humaines : mMwais air, mauvais temps, mauvais terrain, «lauvaice eau ; méduLnte preuve (Boss.) ,iiWcli«i»fsff troupes (In.), m^hoiiee prose (Volt.), méchants vers (BoiL.) , méfiant manteau {i, J.). Ou bien même, tandis que mouvait s'applique à tout , mâchant w réduit à qualifier ce qui est moralement mauvais: c Ces épigrammes joignent au malheur d'être méchantes la maladresse d'être mamvai^es. » D'Al. Ou bien enfin mauvais exprime une disposition à faire du mal constante et Tigos , et mMiént une

méchanceté précisa, exsrasa dans un oas particuher.

MÉCHANCETÉ , MAUGHITÉ , XAUCE. Disposition à nuire , à faire du mal.

« La méchanceté suppose un goflt à faire dn mal ; la malignité, une méchanceté cacbée.>YiïïT. Et la malice implique plus évidemment eacoie que la malignité l'emploi de la ruie,d«mojQs aubtils et artificieux. La méchanceté ziffi iàtmvert, d'une manière violente et bmule; k salignité et la malice , au contraire , font kan cca|s en secret, à la sourdine. La méchanceté de certains chiens les porte à se jeter sur lesgeos.i les attaquer ; la malignité des astres, da sort, tt l'air se fait sentir ou est censée se laire sentir pr une influence occulte. Les méchants persécute: les bons; le VMlin , autrement dit le diable, les tend des embûches. Un tyran est méchant : il li craixU pas de commettre ouvertement des ii^tices et des meurtres. « Ouatre gentilshom^ périrent dans des supplices recherchés par > vengeances de ce Louis XI , si dissimulé ctâTi^ lent , si barbare et si timidement superstitieni,s étourdi et si profondément mâchant. On croit ^ au temps des Phalaris. » Volt. « P. Salpiciaséttt un homme à qui personne ne pouvait être cceparé pour l'excësde la vnéchanceté,... Oatnnru en lui cruauté, audace, avidité insatiable;^ cela sans remords, sans pudeur, sansaQn:^ attention à sauver au moins les dehors. > Bon , L'envie ou la jalousie est màligns ou maUdein' c'est une passion honteuse , qui porte ses o^Adans l'ombre. «lia charité est douce, elle si point de jalousie, elle n*est point maii^^^ malicietue dans les jugements. » Boss. «Casprits lumineux (les anges) devinrent esprits J ténèbres : ils n*eurent plus de lumières qui »^ tournassent en ruses malicietLses. tJne nàf envie prit en eux la place de la chariti « Is-

D'un autre côté, la méchanceté est plus ^ verse , plus impitoyable , et , quant aui cmquences, plus grave. Elle aime le mal poc^' mal; au lieu que }a malignité et la maliai^'^rent souvent qu'à se satisfaire aux dépens autrui, il est vrai, mais sans qu*il en résulte F autrui beaucoup de dommage, et sans qn^ se proposent le dommage pour but. U crmi est méchante; la satire n'est quemal»^^ oo«** Ucieuse. Ce que fait le méchant , il le fait ^ que cela nuit \ ce que font le malin et le •»•' cieux, ils le font souvent quoi4ue cela poB» nuire. « Tous les honnêtes gens qui pensent s» critiques ; les malins sont satiriques; les pcrrss font des libelles, et ceux qui ont fait, avecis»; le Temple du goût, ne sont ni malint Bi«f chanU.^VoLt. « Fontenelle prétendait que « pieux auteur à*Esther était beaucoup pu» *" chant , c'est le terme dont il se servait, qi« ^ leau. Despréaux pensait à peu près de xnéiW; » employant à la vérité une expression œo^°* *°^;., Racine, disait-il » est beaucoup phis ^f^ moi. » D'Al. « Je n'ai pas vu fort soufent M^ wyn; je le trouve assez aimable; il «s* •**^' mais je ne le crois pas méchant. » Dvdvt-

Malignité et màHee ont été dlstiSBfaés dios » l»» partie, p. 236. ^ ^^

iriXAIfCOLKHIB, ATEABILAIBS. ToaïOff'J d'une bile noire, et mis par m\fiàm^^

SYNONYMES À BADICÀTIX DIVERS.

de tristesse pfrofonde et concentrée qui approche plus oa moine de la folie. Un homme méiancO' ligue, un homme atrabilaire; un mélanoUiipêe , un atrabilaire; esprit^ tempérament, homeur mélancolique ou airabilaire.

Mélancolique f du grec |iéXKc« noir , etxoX^ , bile, et olfoMetre, du latin atra hiUs^ bile noire, semblent avoir exactement le mâme sens étymologique. Cependant ^jûmç en grec n'a pas la même force que ater en latin : pUXac signifie simplement noir, sombre , comme le latin niger; mais a$er , d'où a été formé atros^ atroce, se prend souTeat, comme celui-ci, pour farouche , affreux , cruel.

£n conséquence, le wiéUmcolique n'est que triste et languissant, il est porté à la méditation et recherche la solitude. « Quoique Platon fût naturellement mélancolique , et d'un génie fort méditatif, il avait cependant de la douoeur et une sorte d'enjouement. » Vis. « Le prince d'Orange s'était retiré à Loô , lieu solitaire conforme à son humeur sombre ei mélancolique, • Ra€. «Le dé- •plorable Jean Meslier, cet homme vertueux , à la vérité , et très-charitable , mais sombre et mélancolique, » Volt. « Les Égyptiens sont très^paresseux , si tristes et si mélancoliques^ qu'ils ont besoin de plus de fêtes qu'aucun antre peuple. » Bdfp. « Homme mélanooèiquê et vapareux. » Mabh . « Molière était habituellement si^kweoftgue, cet homme qui a écrit si gaiement. sXab.

tJn hèm en son gtte songeait; Bsns on profond ennai ce lièvre te ploaageait : Gel animal ett triste, et la cnînle le xenge....

Le mUaneoUque aainud Entend an léger bruit.. ^ Lav*

Le mélaneoliquê peut être même devx et intéressant, «e L'amant doit voir an temple la personne dont il devient amoureux , et sortir de là tout rè veur et mUaneolique, » Mol. « Par sa tendre amitié , par sa douce philosophie , par je ne sais quelle suave odeur de vertu naïve et modeste, par je ne sais quoi de méUmocMqwe et d'attendrissant dans son langage et dansson caractère , il m'attachait intimement. » Marm. — Mais l'atrobtlatre est colère, méchant, incommode, violent.

n vous sied bien d'être en eolènl Fil le vilain , le triste caroarall Sstw)e donc en grondant que tn prétends ne plaire!

Ta, Je renonce i l'union;

Ct j'ai mauvaise opinion

D'nn carnaval atraidlmn,

(La Fdie an Caiiavil% Bas».

« Thury était noir, méchant, cynique, atrabilaire , avec beaucoup d'esprit, insolent et dngereux. » S. S. « Le chevalier de Coislin était un bomme fort extraordinaire, fort atrabiloârt, et fbrt tneommode. » In. « La plome atrahifaiife du poète satirique Hipponax n'épargna pas mime ceux i qui il devait la vie. » Roix. «Lea opinioDs violentes et fanatiques dont une théologie aêrahilaire a mêlé sa doctrine. » Marm. c La maladie qui emporta Charles IX est très-rare; «m sang coulait par tous les pores : cet accident est la saite ou d'une crainte excessive , ou d'une passion furieuse , ou d'un tempérament violent et ofmbt* latre. » Volt, c Persécuteurs olrabâaim. « In.

Fols les emportements d'un zèlo atrabilaire, Id. L'autre est fourbe , perOde, ingrat, atrahilaire^ Dur, méchant.... In.

L'homme le plus méUmcoUquent l'est toujours que pour luv-même, et non contre les autres; il est sauvage plutôt que farouche : tel était le mélancolique Oreste (Volt.). Sa maladie peut aller jusqu'au $pleen et le mener au suicide (Volt.). Tout au plus est-il par rapport aux autres flegmatique et rebutant. ~ Mais Vatrabilaire l'est toujours contre les autres ; sa folie n'est point innocente, mais presque toujours portée jusqu'à la fureur, à la rage , à la férocité. « Les fureurs atrabilaire* des nûsanthropes , ennemis mortels du genre humain. » J. J. « Les haines de Lysander étaient implacables , ses vengeances terribles *, et quand T&ge eut aigri son humeur oArahilaire , la moindre résistance le rendait féroce. » Barth, « Les fous furieux , les atrabilaires sont plus remarqués dans notre nation que dans toute autre. » Volt. « Rien ne fut plus atrabilaire et plus féroce que les huguenots. » In. c La férocité etre&tlatre de ces factieux. » In.

Loraqn'un dévot airmhilairet

Nourri de auperstition,

Ay par cette affreuse chimère.

Corrompu sa religion,

Le voilà stapide et farouche;

Le fiel découle de sa bouche.

Le fanatisme arme son bras :

Et, dans sa piété profonde ,

Sa rage immolerait le monde

A son Dieo qu'il ne connaît pas. In.

fit ces vanteers de la société, <)tti comme l'eau , boivent riniquité, £t dont le cœur, farouche , atrabilaire^ Immole tout an plaisir de mal faire.

J. B. RoosB,

!• MÉMOIRE, SOUTENia ; — 2" RÉMINISCENCE, RESSOUVENIR. Idée précédemment acquise ou aperçue, et qui se présente encore à l'esprit.

!• Méinoire^ seicventr.

Mémoire^ latin niMnoria, de meng^ âme, esprit, pensée (allemand metnen, penser), exprime proprement la faculté. Sowoenir , vemr en sousordre, après, «uccéder, ne désigne que l'acte ou l'idée. La m^otre^ dit l'Académie, est la faculté par laqiselle l'âme conserve et réveille* en ellemême des souvenirs, « Ma mémoire ne me fournissait que des loutenirs imparfaits. » J. J. « Les cfaoeesqui noua ont frappés se gravent profondément dans la m^motre, et le souvenir s'en retrace souvent. » Cosn. c Votre souvenir ne peut pas demeurer dans ma m^mofre chargée de tous les incidents qui ont accompagné ce mariage. » Sév.

Mais mémoire se prend bien aussi par extension pour reflet ou l'action de la Osculté, et réciproquement souvenir se dit quelquefois pour la faculté elle^nème. Il reste alors néanmoins des différences entre ces deux mots.

Mémoire signifie quelque chose de plus grand , c'est-à-dire de plus noble ou de plus étendu ; de plus noble, parce que c'est un mot latin ; de plus étendu, de plus long, de plus comprébensif, parce que c'est primitivement le nom de la faculté. — Mémoire est d'un style plus relevé : aussi dit-on célébrer (Bodko.) ou solenniscr

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