‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 351 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

(SÉT.} la mémoire; des faits dignes de mémoire (Mark.) , d'une mémoire éternelle ou immortelle (ÂGAD.); la mémoire de ses grandes actions ne mourra jamais (Id.). c Quel souvenir que celui du jour de votre départ / J'en solennise souvent la mémoire. » Séy. « Ne croyez point que le souvenir de Turenne soit déjà fini dans ce pays-ci ; ce fleuve, qui entraîne tout, n'entraîne pas sitôt une telle mémoire , et elle est consacrée à l'immortalité, s In. « Rapportez tout au dernier moment , où la mémoire des faits les plus éclatants ne vaudra pas le souvenir d'un verre d'eau présenté à celui qui a soif. » Diderot.

D'autre part, la mémoire est le souvenir de tout un ordre de faits, ou nn souvenir d'une longue durée, prolongé, continué, perpétué; au lieu que le souvenir est partiel ou d'un moment. Aussi mémoire ne s'emploie point au pluriel comme souvenir; et on dit de préférence la mémoire d'un homme et le souvenir d'une action particulière, a Le souvenir des extrémités où je fus réduit à Lyon ne contribua pas à m'en rappeler agréablement la mémoire, » J. J. « En mourant, cet évèqne laissa à ses diocésains le souvenir de ses vertus, à l'Eglise la mémoire de son zèle , et à la littérature celle de ses talents. * D'AU oc Ministres saints, faites entrer dans le récit des merveilles de Dieu le souvenir de ma délivrance : que de nouveaux cantiques en conservent la mémoire aux siècles les plus reculés, s Mass. a Vous cherchez à vous tourmenter vousmême par ces souvenirs rappelés de personnes , dont la mémoire vous fait du bien. » BOss.

Il y a plus; mémoire s'entend plutôt en bonne , et souvenir en mauvaise part , l'un rappelant des choses utiles , précieuses ou agréables , l'autre des choses nuisibles, tristes ou de peu de valeur. « La mémoire de saint François de Paule est toujours vivante; mais qu'importe aux saints que leurs roms soient ici gravés dans le souvenir des hommes? > Bourd. « La mémoire de Mme de Sevigne me sera toujours très-précieuse.... Je donne beaucoup de moments au triste souvenir de notre illustre amie. » Coulanges. « Le lion garde le souvenir des mauvais traitements , et paraît en méditer la vengeance, comme il conserve aussi la mémoire et la reconnaissance des bienfaits. »

BUFF

2* Réminiscence , ressouvenir.

Réminiscence et ressouvenir sont des mots rares en comparaison des deux autres. Ils annoncent , par leur particule initiale re , quelque chose d'éloigné, qui revient de loin , quia été oublié depuis longtemps , et dont il n'y a que de légères traces dans le cerveau.

Mais réminiscence reproduit le latin remtnt>centia , et ressouvenir a été formé du français souvenir. C'est pourquoi réminiscence appartient au langage de la philosophie et des arts libéraux , tandis que reuouvenir est du langage ordinaire. « Platon prétendait que les connaissances que nous acquérons sont moins de nouvelles connaissances que des réminiscences de ce que nous avons su autrefois. » FiN. a Nous n'employons dans la plupart de nos raisonnements que des réminiscences. » Yauv.

« Racine fils ne voit dans le style d*(Kd^ qu'un plagiat étemel; il y a en effet des rémniscences assez fréquentes pour faire voir que l'auteur était plein de la lecture de noi piÀi et surtout de Racine. • Lab. « On n'a p trouvé dans ma musique la moindre r^tnuttac? d'aucune autre. » J. J. — Dans la langae oonmune, réminiscence indique le plus faible, k plus imparfait des souvenirs ^ celui qu'on ne r^ connaît pas même pour une idée qu'on a déjà est Nos songes ne sont qu'une faible rémniscem k nos idées de la veille , quoique la correspoodaca nous échappe (Volt.). Le ressouvenir est pis net et plus distinct; on sait au moins, on a h conviction que ce n'est pas une idée nouTeSs c J'avais encore , dit Philoctète , je ne sais qaeJ: aversion pour le sage Ulysse , par le ressoutm' de mes maux. » Fén. < J'introduisis au milieu^ la terreur de ce chef-d'œuvre de l'antique-. {Œdipe) , non pas une intrigue d'amour, m au moins le ressouvenir d'une passion éteiott' Volt. Les vieillards vivent de ressmma (Barth.).

MÉNAGEMENT, CmCONSPEGTION. Ces iBca ont rapport à la manière de traiter lesgensqa'c: craint de blesser ou d'offenser. Agir envers qi^ qu'un avec m^naoremenl ou ctreotifpecfto«,c'e^ se conduire à son égard sans rigueur, aTecK' dération , en l'épargnant.

Une première dilTérence indiquée par Ginri c'est qu'on use de ménagement ou de me«r ments dans la conduite, et de circonspection s£ tout dans le discours. « Cette dbposition dess^ fants à l'emportement, au dépit, à la colèp, demande des ménagements excessifs. 9 J.J«^> phie ne parle des absents qu'avec la plus gra^^ ctreonspecfton. » Id. Mais les deux mots se ploient bien, et par rapport à la manière da^ir et par rapport à la manière de parler. Cette ds tinction est donc insuffisante.

Le ménagement consiste à ménager ^ à neps^ blesser; et la aroonspeetton à prendre gard«f^ peut-être on ne blesse. Ctrcoiwpeclioi» vient «rf circumspicere y regarder autour de soi atec^ fiance, et exprime qu'on observe tout et qo'« s'observe de peur de rien dire ou de rien 1^ de mauvais ou d'offensant. Parler d'une persot* AYOt ménagement, c'est ne la pas maltraiter» paroles , n'en pas médire ; en parler avec eins^ spection, c'est en parler avec retenue et aTcci crainte de lui nuire. Dans le premier cas, le ai' qu'on évite i la personne est certain; dans le second, il est seulement possible, ce n'est ({did soupçon. Avec ménagement signifie donc ars douceur, et avec ctrcofi«pecltofi revient àa^* prudence. On doit avoir des ménagements ^ les faibles, les malades, les gens susceptibles.^ de la circonspection quand il s'agit de choses cde personnes qu'on ne connaît pas.

Ensuite, ménagement se disant plutôt aa pluriel , et circonrpection toujours au singulier, «^nagement désigne proprement un procftid ^ circonspection une qualité. On a des^»^^ ments par ct'rcofupeelton. Avec des ménaçf^^' on ménage, on traite de teUe façon; ar« de|J circonspection f on est circoaspect, doué de te ■

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

disposition louable on blâmable. « Je donne ici ce nom (de précautions oratoires) à de certains néfiagements que l'orateur doit prendre pour ne point blesser la délicatesse de ceux devant qui ou de qui il parle. » Roll. « La démangeaison de parler emporte le fou; la cireon^peclton mesure toutes les ]Miroles du sage. » Boss.

!• MENÉES, PRATIQUES, MACHINATIONS; — 2« MANQEUYRES , MANEGES; — 3* INTRIGUES, BRIGUES; -- 4' MANIGANCE , MIOIAG. Tous ces mots se prennent en mauyaise part et signifient dea moyens détournés auxquels on a recours par finesse ou par artifice , au lieu de chercher à réussir en suivant franchement, ouvertement la droite voie.

f Menées, pratiques, machinations.

Le caractère commun qui rend synonymes tous les mots de cette classe se trouve à un de- ^ré plus remarquable dans les trois premiers. Menées, pratiques et machinations expriment cruelque diose d'essentiellement mauvais, nuisit>le et odieux, quelque chose qui tient du complot. Us sont moins susceptibles que tous les autres mots d'être employés dans un sens favorable.

Du Gange dérive menées de mtna, d'où vient é'videmment notre mot mine^ et Malherbe dit ^S^ns une de ses lettres : « Je vous envoie la harangue de M. le garde des sceaux : j'y loue tout, naais j'y admire cette comparaison des mines el 3.es menées des factieux. » Il doit dono y avoir de l'analogie entre les menées et les mines que 3. «s assiégeants pratiquent sous des remparts ou des forteresses. Les menées, en effet, ont pour c^aractère distinctif d'être secrètes ou cachées. De »«crètes menées (Boss., Boord., Roll.); de sourdes menées (J. J. , Roll.). « L'envie ne va i:iie par des menées secrètes. Ainsi le médisant; il »^ cache. » Boss. « Le duc de Bourgogne voyant ^Dutes ces menées découvertes, se retira en Fiante Te. » In. « Malgré les soins extrêmes que Tambii^euz apporte à tenir cachés tant de mystères I "•iniquités, on arrive à connaître toutes ses meu^f», et à percer le voile qui les couvrait. » W-OWD. « Au dernier jour sera tiré des ombres oat ce qu'il y aura eu de plus lâche dans leurs li^^uisements. dans leurs menées et leurs fourbeies. s lo.

Pratiques s'est ditd'abord des intelligences qu'on Qtretient avec ceux du parti contraire, avec les nnemis. Mais ensuite, et par extension , on l'appline à toutes sortes d'opérations coupables, déloya- BSy qui sentent la trahison. En sorte que les pratiues sont proprement criminelles ou moralement ëpréhensibles. « Des praCigtief odieuses. » Mabm. £Ievez-vous par les voies de la vertu, et non ar des pratiques basses et honteuses. » Boss. Un homme drdt dans toutes ses voies est bien Loigné de mettre en œuvre de criminelles pra- '^uef dont il voit toute l'imposture et toute la onte. » Bouan. « Si nos amis quittent tes voies roitea et permises, ne nous rendons pas compiles de leurs mauvaises ^atiques et de leurs inistee desseins. » lo. « Un voleur public et un nehenteur pourraient tenir le même langage , o^nd on les presse de renoncer à leurs infâmes ^f^iiquei, » In, « J'admirais comment d'aussi

nobles motifs pouvaient dicter des pratiques aussi basses. » J. J. < Les PP. Tellier et Doucin firent tant de pratiques si dangereuses et si hautement, que le régent fut obligé de les chasser. » S. S.

Machination^ action de rassembler des machines. Or, les machines servaient anciennement à renverser des remparts. Les machinations donnent donc l'idée d'un vaste complot , d'une conspiration où 'on combine des ressorts et des moyens cachés pour démolir , en quelque sorte , po^r produire un effet terrible , pour frapper un grand coup , détrôner un souverain ou bouleverser un État. Vengeance, haine implacable, noirceur profonde, longue préméditation, haute capacité pour le mal, toutes ces idées semblent réunies dans celle de la machination. Machination infernale, diabolique; tout ce que l'enfer peut former de machinations, « On faisait craindre à Néhémias de secrètes machinations contre sa vie , pour l'obliger à prendre la fuite. » Boss. Dans les troubles de la minorité de Louis XIV, lorsque Coudé était à la tête des rebelles, « Michel Le Tellier découvrait les entreprises les plus cachées et les plus sourdes machinations, » Boss. « On voit un grand crime , une grande tromperie , une machination pleine d'artifices : on ne veut pas que ce meurtre, que ce vol soit impuni.» In. < Minerve dit 4 Télémaque : Laissez là les complots et les machinations des amants insensés de votre mère. » Fén. « Quelles sont dono ces pratiques et machinations dont on m'accuse?» J. J. « Lorsque, entrant ensuite dans le détail des manœuvres systématiques dont ce malheureux homme est l'objet, vous m'avez développé le plan de conduite à son égard... , la force de vos preuves l'empertait sur tous les soupçons que ces tnoc/i»nahonf pouvaient m'inspirer.siD. «Les complots du duc de Noailles , ses pratiques sous terre , ses noires impostures et ses infernales machinations étaient ses armes véritablement à redouter. » S. S.

2* JfancBttores, manèges.

Ces mots ne se prennent pas toujours et nécessairement en mauvaise part, comme les précédents. Ce qui les distingue , ce n'est pas l'odieux : on dit bien de petites manceuxres (Dest.) et de petits manèges (J. J.) ; c'est l'art ou l'adresse. En effet, manoewore et manège ont là même racine, maniu, main, et marquent l'un et l'autre de l'habileté dans l'exécution , une certaine habileté de main.

Les inanoBMtTes diffèrent cependant des mtbnéges.

Les mancswores rappellent des évolutions militaires ou navales; et les manèges, l'adresse à conduire un cheval. En conséquence , le mot manœuvre fait concevoir une disposition , un arrangement de plusieurs moyens, un concert, une tactique; on concerte une mancsuvre. «Le monde vous applaudit, et canonise toute la manankvre que vous avez concertée, toute l'intrigue que vous avez fait jouer. » Boss. « J'oserais me persuader du succès, si j'avais concerté mes manœvr xtresKVtc l'aimable Frontin. « Dest. « Le Tellier, voulant commettre le cardinal de Noailles avec

DEUXlfiME PARTIE :

le pape, fit eomposer pur ms émissaires des mandements contre lui , qu'il fit signer par quatre éTèqttes. Ces manasuvres auraient été punies dans les tribunaux. » Volt. « Bntrer dans les détails des manœuvret subtiles et compliquées par lesquelles la plupart des États régissent leurs finances. 9 Coim. Manège, an contraire, exprime quelque chose de simple; il représente un homme seul, qui marche tantôt d'ui^ côté, tantôt d'un autre, qui ira et Tient, qui tourne, qui toItige. On ne concerte pas un ffianége; ce mot exclut ridée de complication. « Le plénipotentiaire , par un adroit manège^ fait sentir aux autres leurs avantages particuliers, s Labr. « Elle faisait tout le vuMége d*une vieille coquette. » Las. c Une coquette excelle dans Tart d^amuser plusieurs soupirants. Le manège de la coquetterie exige un discernement fin. » J. J. « Vous demau'dez pourquoi Abraham donna deux fois sa femme pour sa sœur, et ce qu*il gagna an Juste à ce manège. » Volt.

De plus, au lieu de signifier uniquement, comme manctutre, un fUt, un trait, destftifices qu'on a dressés , manège s'emploie bien au singulier pour désigner l'art et le talent qui rend propre à en dresser. « Avoir da manège,* ACAD. « Tin courtisan plein de manège et d*art » DKST. Le manège de Fadulatioii (Mabv.)s le manège de rhypocriaie (d'Al.}« — Manœwcre rappelle le verbe mancBuvrer , qu'il forme , il est narratif ou historique ; au lieu que manège , comme adresse, par exemple, annonce une qualité dans un sTijet ou développée par un siget , il est qualificatif. Tos mancBuvret réassissent on échonent , vos mttnègeg vous font connaître pour adroit , pour fin.

f Intrigtiet , hriguet, *

Ce qui caractérise les xntfigjÊâs et les brt j^uès , ce n'est ni l'odieux ni Tadresse , quoiqu'elles n'excluent ni l'un ni l'autre, mais c'est leur but particulier, qui est de gagner les personnes, de se les rendre favorables, et de les faire agir pour soi dans une aflaire ou dans une entreprise. Elles supposent de la souplesse et de l'ambition dans ceux qui les emploient , et consistent à prier , à solliciter, à intéresser en sa faveur, à cabaler, à former des partis ou des coalitions , au lieu de se borner à faire valoir son seul mérite. Aussi ces deux mots, à la dilTérence de tous ceux qui les accompagnent ici , sont synonymes de parii et de cabale, « S'efforcer par toutes sortes de voies , ^intrigues ^ de sollicitations, de parvenir aux places. » Mass. « On voit, à Texclusion du mérite, remuer tous les ressorts de \ intrigue, de la cabale, de l'intercession, de la faveur, v Boord. — < Ce sont leurs hrigues qui les ont élevés aux dignités saintes, leurs sollicitations, leur nom, leur crédit, les présents qu'ils ont employés pour se rendre les hommes favorables. » Mass. c Un ami intente un procès mal à propos. Combien de hrigues, de prières, de sollicitations et d'intercessions pour appuyer son prétendu droit?» BouRD. < Combien de procès mal fondés, néanmoins hautement gagnés, parce que les sollicitations, la cd^ale et les brigu€$ ont prévalu ! » Id.

Leur sourde amlfhiim (Ses prêtres) jCv^êh» poia

les briguéti Soeveat plus d'un pays s'est plaint de kun iatti^

gMéê, * You.

Les briguée sont encore plus parliculièreL Oa emploie les inêrigues pour parvenir à quoi que ce soit par le crédit et rintereession des penoonsi: les brigues sont des inlrigues formées pour porter un candidat à une place disputée, et qnidàt être donnée à eelni qui obtiendra la pluralité da suffrages. Les intrigues de la cour (Acin. , Mos- TBSQ.). On fsitdes briguês pourmettre qnelqa'im de l'Académie (Volt.) , pour élire un roi (Bo&. Volt.), un pape, un pràat.

Un prélat par la brigue aux honneort psrroio.

Ensuite, Vintrigue est plus cachée, et ee art a plus d'analogie avec menées. « Il excellait en menées et en intrigues. » S. S. « A force d'tsingués et de menées secrètes. » Bourd. >Din perce les intrigues les plus cachées. » Bos. « Ces tfilfi^ef se mènent farmî les ténèbro.* In. « Ihi oommencèrent à mener leurs tnlrî^iiff sourdement. » Roll. La brigue, comme autrêfié cbec les Romains, quand il s'agissait d'une tetion , se montre et opère au grand jour.

Enfin, intrigue, û'tntricare , embarnsser. embrouiller, marque plus de complication, 0 par conséquent plus d'adresse : esprit â^intri^ On noue, on démêle, on conduit une thfri^; on enveloppe ses ennemis ou ses concumuti dans une intrigue (Boss.). Une brigue ne sappose pas ce jeu de ressorts ; elle est seoltfKrt plus ou moins puissante. « La loi Cineia est » de la licence des orateurs; la loi Jolis, deb brig%te des candidats. » D'Al. Ce qui frappe diff Vinlrigue , ce sont les moyens ; et dans la bript, c'est le but. c L'tntrt^ue, dit CondiUac, a les moyens pour objet , et la brigue , la fin. >

4* Manigance, micmac.

Ces deux termes sont familiers.

Mani(iance ressemble beaucoup à manègt poar la forme et pour le sens. Il vient peutnètrede maniger, que l'ignorance aura dit pour metégtr- Quoi qu'il en soit , la maniganu est un mauva^ petit manège , un manège bas , de valet , qei at rite plua de mépris que de haine. Ainsi «<^ V Étourdi de Molière, TruCaldin, soupçosfitfl que Mascarille et Lélie pourraient bien s'enlsa^ pour lui Jouer un mauvais tour, dit :

J'ai eraiate ici dessons do quelque meaige»^

« Dans le Dépit amoureux, Mascarille. p<v échapper aux coups qui le menacent quand Ftlydore apprendra le mariage secret de son fis ^^ 1ère, prend le parti de découvrir i son riesxpt* tron « toute la manigance, » Et dans SesffK Dandin, Lubin , pariant des projets de gtlanl*» d'Angélique , dit : « Cela sera dr«le , car le 010 ne se doutera peint de la maniganee.* Vbttui* emfdoie oe mot à propos d'une éditioo des^ œuvres, fkite non-seulement sans iai,Bitf'^ gré lui, à Genève, par Gabriel Cramer, «ta» Panekouke s'étoh chargé : c Je n'ai su celle •» nigance, dil-il , que quand elle a é^^^'JZ Orispin rival de smmaUre, de Lesig») ^ f^

SYNONYMES A lUDiCAUX DIVERS,

iTuae 8iip|M>iitl(m de lettre, on fit : « Il y a de la maniganeê en cette affaire. »

Quand par un tron de la moraille

Le cheral à la riche taiHe

Entm dam Treie et nom perdit;

Cette adultère, qne f ai dit,

Oui savait bien la ammgmm^

8ur ana tour fit une dinta. Scina.

Miemae, yenu pevt-étre du grée |tCYW{tt, je niéle, malgré son earaetère de ftmiliaritè, de tri- Tîalitémème, est assez voisin d'intrigue. Hais c'est une petite intrigrte tellement embrouillée , un toîpotage si eenf us, qu'on s'y perd , qu'on n*y comprend plas rien. Dans la comédie du Joueur, de Regnard , Valère va mettre en gage le portrait de son amante, Angélique, afin de regagner au jeu de quoi retirer le portrait et pourroir à une foule de beaoina et de dettes. Hector, son valet , lui dit:

▼être ndsonnenent net le mien en déroute.

Je sais que ee miemme ne vant rien dans le fond.

Ce mot, très^rare du mste, se trouve aussi dans

TMnfanî jfrodigue de Voltaire :

flenél-ce point la dame Cvonpinae

Qui aovdeaneni Odt ce mamat mkmmo?

MBlf SOlfCB (DISE efV) , PAIRE UN VfiffiONGE. Induire en erreur, tromper, par quelque chose de contraire à la vérité ou à ce qui est.

Dire vn WMmonge , e^est Texprimer. « Télémaque savait taire un secret sans dtre aucun mensonge, y> FÉn. Faire un menioayf , c'est le composer ou le forger. « ^ le poète tragique s'avise de me faire une ode au lieu d'une scène , il sort du genre , il fait «n mefuon^e. » Lab.

Cependant , comme le mensonge est chose destinée à être dite ou produite par la parole , faire un mensonge signifie aussi presque toujours avancer un mensonge; mais c'est avancer un mensonge dont on est l'auteur. On dtt quelquefois des mensonges sans mentir, sans le savoir ni le vouloir. « Les grammairiens font difftrence entre dire meniofi^s et mentir, et disent que dire mensonge c'est dire chose fausse , mais qu'on a prise pour vraie, s Montaion. « L'amant qui joue en nous des perfections qne nous n'avons pas les voit en eflSet telles qu'il les représente : il ne ment point en disant des mensonges. » J. J. liais celui qui fait un memonge le fait délibéré*^ ment et à dessein , il parle contre sa pensée , il en impose, il ment. « Je vous aurais fait un mensonge si mon intention avait été de vous tromper. > Harm. « Marea fit un mensonge de dessein formé pour ^latouiller les oreilles du pape. » Rac. « Reste à voir si c'est une fausseté que Dangeau ait faite exprès. » S. S. Un nourelliste mal infonné dtf un mensofi^s; un homme qui veut se tirer d'aflkire fait un mensor^,

Sn général, on met moins du sien dans le mensonge qu'on dit que dans le mensoùge qu'on fait. Le mensonge qu'on dit peut consister dans un oui ou dans un non. « Quand je vous demande si vous êtes l'anteur de ces lettres , pourquoi donc éludez-vous ma question ? — Pour cela même que je ne veux pas dire un mensonge, » J. J. Le mensonge qu'on faiU est moins simple, il demande plus d%ivention et d'arran-

gement. « Figaro m'avait dit que vous vous trouviez mal.... — Cet homme officieux vous a fait encore un mensonge, » Bbauk.

n suit de là que le mensonge qu'on dtt suppose une plus fiiible culpabilité. « Laissez votre fils dans son enfance prendre tout ce qu'il trouvera sous sa main , à quinze ans il volera sur le grand chemin; louez-le d'avoir dt'l un mensonge , il deviendra faux témoin. » Volt. Mais toutes Ift fois qu'il s'agit d'un mensonge grave, qui témoigne beaucoup d'artifice ou de perversité, faire un mensonge est Tcxpression de rigueur. J. J. Rousseau s'accuse d'avoir fait^ dans son enfance , un noir mensonge , un mensonge affreux, en soutenant qu'une jeune domestique lui avait donné un ruban, que luimême avait voté dans la maison. « Au Japon, on punit de mort les mensonges qui se fimt devant les magistrats. » Montesq. « Loin d'ici les chiens , les empoisonneurs , les impudiques , et quiconque aiOM et fait h mensonge. » Boss. — On ne doit pas croire à celui qui dit des mensonges ; mais on doit détester celui qui fait des mensonges , c'est d'ordinaire un fourbe , ou un faux témoin , ou un calomniateur.

MENSOPfGB, anSNTERIE. Discours contraire & la vérité.

La terminaison de mensonge ne parait avoir aucune signification particulière. Celle de menterie est en même temps diminutive et familière. Aussi , outre que mensonge s'emploie dans tous les styles, même dans le plus élevé, pour exprimer , par exeniple , les fictions de la poésie ou les illusions de ce monde, le mensonge est grave , important; c'est une fausseté, une imposture: le démon est le père du mensonge, La menterie , au contraire, est légère, sans conséquence ou badine : c'eat une bourde , une colle , une calembredaine. Vous accusez quelqu'un d'avoir fait un menfonge , et c'est une imputation sérieuse dont on s*oflense justement; vous lui reprochez en plaisantant d'avoir dit une menterie, et il n'en est * pas blessé. Le mensonge doit être détesté; la meiiterie parfois est moins condamnable que risible.

c L'abus des vérités doit être autant puni que rintroduction d« mensonge, » Pasg. « Que peuton voir de plus noble que l'horreur qu'ils avaient pour le menteii^, qui passa parmi eux pour un vice honteux et bas?» Boss. « Selon disait que le metifofi^e doit être en horreur à tout le monde. » Pin. « Cette pièce est pleine d'horreurs et de mensonges, » J. J. « On fit croire & Louis XIV que tous les huguenots étaient convertis, ce qui était une imposture , ou qu'ils avaient tous abandonné la France , ce qui était un mensonge, » Cord.

Le Me/uongê subtil, qui conduit ses discours (de

la IH>lltiqae), De U Vérité même empruntant le secours, Du soeao da Diee vivant eaipreint ses imposUirea, Et ftit servir le cid à venger ses fi^ares. V01.T.

« H Faime d'avoir voulu vous plaire en vous disant qu'il m'a vue : cette petite menterie vient d'un fonds admirable. » Str, « On demande et on obtient, mais, dit-on, sans Tavoir demandé : vieux style, menterie innocente et qui ne trompe personne. « LABB.«Chez les femmes, se parer et

DEmUÈME PARTIE :

se Ikrder n'est pas, Je r&TOue, parler contre sa pensée; c'est chercher à imposer aux yeux, et vouloir paraître, selon Textérieur, contre la vérité , c'est une espèce de menterie, b In. « Ifas-tu pas de honte, disait Solon au poète tragique Thespis , de mentir devant tant de monde P II n'y a point de mal , répondit Thespis , car ce n'est que pour rire. Oui , répliqua Solon, mais si on approuve de telles menUriei en riant, nous ne tarderons guère à les trouver dans nos actes publics. » FÂN. « La pièce du Menteur ne se soutient que par le comique des menteries de Dorante. » Volt. « Dans Le Trissin, la femme de l'empereur Justinien va le trouver assis sur un gazon ; elle lui fait une menterie avec beaucoup d'agaceries. « In. a Sancho dit à Don Quichotte : U vaut mieux que je dise des choses véritables que de dire que j'ai tué des géants, et toutes ces autres menteries que les chevaliers lâchent dans leurs harangues.» Lss.

Quiconque aime, aimera.

Et quiconque a Joué , toujours joue et jouenu Certain docteur Ta dit, ce n'est point menterie.

Régit.

L'Académie ne mettait d'abord aucune différence entre mensonge et menterie. Mais , après avoir remarqué, dans l'édition de 1762, que menterie est plus du style familier que mensonge, elle complète la distinction , en 1835 , en disant que menterie s'applique à- des choses moins graves.

MENTEUR, HÂBLEUR. FANFARON ; — GASCON , CRAQUEUR. Noms donnés 4 des hommes qui ne sont pas véridiques , qui font croire ce qui n'est pas.

Une seule considération suffit pour Caire mettre hors de question gascon et craquewr. Ils n'appartiennent pas au langage ordinaire. Gascon est familier et ne se dit qu'en plaisantant; eraqueur est populaire , et par conséquent plus éloigné encore de l'usage général. Il n'est donc besoin de distinction que pour les trois premiers mots , qui conviennent également dans le style de la conversation moyenne.

Menteur vient du latin mentiri , mentir , et signifie qui ment. Hâbleur a été pris de l'espagaol hablar, parler, tiré lui-même du latin fàbulari, parler, Caire des contes; le hâbleur parle beaucoup , aime à raconter, à amplifier, à broder. Le fanfaron est un sonneur de fanfares^ il embouche la trompette comme un vainqueur ou comme pour célébrer Bes exploits ; il vante sa valeur.

Le menteur vous trompe à dessein; le hâbleur, par intempérance de langue et par habitude; le fanfaron^ par amour-propre.

Le menteur est un imposteur; il fait odieuse ment des mensonges. Le hâbleur est un babillard qui se laisse aller à débiter des mensonge, qui se plait à tout augmenter. Le fanfaron est un bravache , un matamore , un vantsjrd , qui veut se faire valoir par des mensonges ou en se donnant des airs d'olibrius.

Le Menteur de Corneille et le Don Juan de Molière font concevoir ce que c'est que le menteur. « La nature humaine est partout orgueilleuse, partout menteuse f et veut toujours en imposer, s

Volt. « 11 est impossible que les enfanu deneonent indociles, méchants, «lenleurt, avidei, quand on n'aura pas semé dans leuncœanUi vices qui les rendent tels. » J. J.

L'idée du hddieur est exactement exprisKe dans les phrases suivantes de Voltaire : tNc m'avez-vous pas pris pour un MdUevr qui tobs faisait un portrait exagéré de ses fardaox et tribulations?» — « Il y a dans le cœurhiinuio un sentiment profond qui nous inspire rararsion d'être trompés. Qu'un voyageur me nconte des choses merveilleuses et intéretsaotci, il me fait grand plaisir pour un momot; vient-on me faire savoir que tout ce qu'il n'i dit est faux, je suis indigné contre le Mèlwr.t -^ « Flavius Jûsèphe, ce transfuge juif. oeM^ bleur épargné par Vespasien, dit que Salons composa trois mille volumes de paroles. >

Et quant au fanfaron , il est assez bien etpeint dans les passages qui suivent. «Au tapi de Corneille , irâ fanfaronnades de tous les afr tans de comédie étaient portées à un excès à ridicule si outré, que le comte de Gormaz^M fanfaron qu'il est, parait modeste en compan* son. » Volt, c Villeroi n'avait porté dani » liaisons avec le parlement qu'une jactiacadi fatifaron.9 Marm. « Vous ressemblez à ces /ii^ron« qui ne menacent que les gens qui nei» lent point se battre. » Dest. < Ce poéie disi:i tantôt d'un air fanfaron, dans un café, enpariiii: d'un homme qui n'y était pas : C'est un faquifii qui je veux donner cent coups de Um.»

Les.

MÉPRISE, QUIPROQUO. Erreur qu'on contai par inadvertance , et qui consiste à mal pren^i les choses, à les prendre autrement qu'eilcsK sont, ou bien, dans un sens plus étroit, à pre> dre une chose au lieu d'une autre qu'on (knii prendre , à se mal tirer intellectuellement d'me option ou d'une alternative.

Quiproquo , emprunté du latin qui proqM.tt tel pour un tel, ou telle chose pour telle aotiej exactement la même signification que mépria. Il s'est dit d'abord , à l'époque où les médeciv parlaient encore latin , de la m^price d'un sp«thicaire qui donne un médicament eo place d'il autre. Outre cette acception qu'il a encore » jourd'hui, quiproquo s'emploie danslelaoi^ familier pour désigner une mépriu comique. U mot se trouve plusieurs fois dans le Distrait et dans les Ménechmes de Regnard. Laharpe dit ii sujet d'une méprise qu'il critique dans un opénj c Ces sortes de quiproquo sont trop prés de s comédie , et plus faits pour exciter le rire queli terreur et la pitié. » ▲ en croire Lesage, le« W* teliers en Espagne se rendent souvent coupab» du quiproquo qui consiste à servir aux to)W^ du chat pour du lapin. Garo prétend qu'on «j rait dû atucher la citrouille au chêne et le gu« à la tige de la citrouille :

Dieu s'est mépris (dit-Il) : plus je mva^

Ces fruiu ainsi placés, phis il semUetGaro Que Ton a fait un quiproquo, ^'

MÉRITER , ÊTRE DIGNE. Avoir droit i ff^ chose.

Mériter est un verbe : on wtiritt par «* «^

SYNONYMES À RADICAUX' DIVERS

tîonti par m conduite. « Que puis-Je Mn pour wiériter tant de bontés T » Fin. Êtr^ digne eat une locution adJectÎYe : on est digne par ses qualités , par sa nature. « Tout le peuple s'écria : Aristodéme est tel que tous le dites ; c'est lui qui tH digne de régner. • Fer. Un signalé fripon mérite on châtiment ; un insigne fripon est digne de châtiment. On mérite une place par ses services ou par la manière dont on s'est montré dans un concours; on e«f digne d'une place par sa naissance, par sa capacité, par des dispositions supérieures. Un homme de mérite a fait bu preuves; un digne homme est un modMe. Un orateur martre des éloges pour la manière dont il a parlé , pour avoir pris la défense d'un innocent ; mais son discours, ou en général un ouvrage, c'est-à-dire un objet, et non pas un agent, est digne d'éloges à cause de ce qui s'y trouve de t>on. « Quels exemples, et que le barreau se rend respectable 1 M. de Crosne et M. de Baquencourt )nt mérité, les éloges et les remerclments de la France dans le rapport qu'ils ont fait du pro- :ès des Calas.... Je viens de lire le Mémoire de tf. Cassen, avocat au conseil; cet ouvrage est iigne de paraître même après le vôtre^ » Volt. ïïériter s'emploiera plutôt au passé et être digne m présent, puisque le premier se rapporte à une iction Ikite , à une conduite tenue , et le second i ce qu'on est : vous ne l'avez pas mérités vous l'en êtes pas digne.

LB oosn.

Ce qee Jo méritais tous Taves emporté.

DOH DXKGUS.

Qui Va gagné sur vous Tavait mieux mérité,

LK OOMTX.

Qui peut mieux l'exercer en est bien le plus digne.

(Le dit), CoEH.

Mériter se dit toujours dans Tordre des faits; îire digne convient mieux dans l'ordre des idées. Tel écrivain excelle ou a excellé dans la peinture les mœurs : il mérite notre admiration. Un écrivain ou l'écrivain qui excelle dans la peintura des aœurs ett digne d'admiration. En racontant la ;onduite des personnages dont il écrit la vie , 'historien fera remarquer les actions qui ont mé- 'Hé et qui méritent la louange ou le blâme , l'anour ou la haine , l'estime ou le mépris des conemporains ou de la postérité^ « Athalie fut arrar Jiée de l'enclos du temple et reçut le traitement |ue ses crimes méritaient, » Boss. « Clovis ne nérita guère ces faveurs (du ciel) en faisant asatsiner les princes ses voisins. » Volt. Dans les raités de morale et dans les codes, on détermine » actions qui , par elles-mêmes et sans qu'on onsidère si jamais on les a réalisées , sont dinés de louange ou de blâme , de récompense ou e punition. « Celui qui appelle son frère d'un inné de mépris est digne d'une punition éteralle. » Mass. « Un homme qui meurt pour sa itrie est digne de nos éloges. » Volt. Or, comme mériter exprime un fait, et être igné une qualité, le premier annonce dans le ijet une valeur moins essentielle. Celui qui riUe le {dus dans un concours mérite le mieux L place ou le prix; mais il se peut qu'au fond il 'en soil pu le plus dt^ne. Tel m^rtle dans l'année

d'être élevé aux plus hauts grades , parce que la fortune ou la faveur le met à portée de déployer des talents qui peuvent n'être pas supérieurs ; et tel autre en est digne de toutes manières qui n'y parviendra jamais, faute d'occasion où il puisse les m^'ler, c'est-â-dire s'en montrer digne. Mériter, c'est se montrer digne, et dans cette manifestation toujours passagère, et nécessairement incomplète, on peut être favorisé de quelque manière.

« Encore que votre âme ne soit pas actuellement séparée de votre corps à l'instant même du péché , néanmoins , à cet instant , elle m^rtle de l'être : nous devenons mortels ; nous sommes di^ gnes de mort. » Boss. « Il n'y a que le salut qui iot( digne de notre estime , et qui mérite absolument nos soins. » Bouan. Être digne, c'est mériter absolument; conmie mériter, c*est se montrer digne , c'est-i-dire être digne dans certaines limites et à quelque égard.

Être digne est donc absolu, et mériter relatif. Une chose est digne d'attention de toutes les manières et pour tout le monde ; elle mérite attention sous tel rapport, ou elle mérite votre attention , l'attention des connaisseurs. Tout coupable est digne de châtiment; tel coupable mérite el châtiment.

Enfin, par cela même encore que mériter marque un fait , il comporte mieux qu'être digne les déterminations qui expliquent comment et par quoi on est arrivé â avoir droit à quelque chose, c Comme enfonts d'Adam , nous ne méritons plus de vivre. » Mass. « On mdrite par l'amour de posséder Dieu davantage. > Boss. < Contentonsnous de mériter, si nous pouvons, le paradis céleste par la justice, par la tolérance, par la bienfaisance. « Volt.

METTRE, PLACER, POSER. Faire en sorte qu'une chose soit dans un certain lieu , ici ou là.

Mettre, du latin mittere, faire aller, pousser, envoyer, exprime le fait ou l'idée en général, sans aucun accessoire; il a rapport au lieu seul. On met une garnison dans une ville qui en manquait (MoRTBSQ.) , des tableaux dans une église où il n'y en avait pas (Roll.). « Les barbares qui inondèrent l'empire romain mirent partout l'ignorance et le mauvais goût. » Fin.

Placer ^ donner place ou une place, c'est-â-dire un rang, a rapport à un certain arrangement, à un certain*ordre. Placer des tableaux dans une église (Volt.), c'est les y mettre avec symétrie, d'une façon bien ordonnée , suivant certaines convenances. Tel fait historique doit être placé à telle époque (Boss., Buff.). L'éléphant et la fourmi, deux espèces placées aux deux extrémités du genre animal (Lab.). Examiner attentivement en quel endroit du discours il faut placer chaque chose pour la rendre plus propre à faire impression (PÉR.). — «Je ne sais qui m'a mis au monde... , ni pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu'en un autre. » Paic.

Poser, mettre en repos ou au repos, de ponere, établir, a rapport â un état antérieur de mouvement qu'on fait cesser ou i l'éUt ultérieur qu'on assure , qu'on'rend stable. On pose les armes ou l'épée (AcAD. , Bac. , J. J.) en les laissant là, eo

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