‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 357 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

c n fht musacré dans le temple, lumobtlanl la sainteté du lieu. » VAue. « M. de La Reynie eut ordre de brûler tous les exemplaires , nonobstant le privilège donné par surprise. » Boss. « Nous consentons qu'il soit compris dans le présent traité de paix , nonobstant les puissantes raisons que nous aurions pour l'en excepter. » Volt. c S^ils se croient, nonobstant cette considération^ engagés par leur vœu d'obéissance.... » D'âl. «François I**, roi de France, nonobstant la différence de religion, envoya à Gustaye, roi de Suède, l'ordre de Saint- Michel. » Ybrt. — A quoi il faut ajouter encore que nonobstant se dit de moins en moins et tend à derenir un terme de pratique exclust?ement.

Contre et malgré ont beaucoup de rapport, et différent de nonobstant de la même manière. Ils s'emploient pour indiquer qu'une action est fkile, non -seulement sans qu'on ait égard, mais encore en s'attaquaot à ce qui est contenu dans le complément, en se rebellant contre. Agir contre et malgré des ordres.

Contre^ contrairement, en contrerenant, signifie qu'on ne se conforme point à une rè^U, à une loi, à un usage, à une Tolonté; il suppose quelque chose d'idéal , au préjudice de quoi on agit. Contre des maximes, des édits, les canons de l'Eglise, la coutume, la raison; contre toute raison , toute apparence ; eonfre l'évidence ; contre son propre intérêt , ses goûts , ses dispositions; contre le désir, l'intention, ravis ou les conseils de quelqu'un. Ualgré, contre le gré, sans l'agrément, se met bien devant les noms de personnes : Malgré ses parents (Volt.). Et dans tous les cas il annonce qu'on surmonte une opposition et qu'on U rend raine. Ce qu'il implique , ce n'est pas un obstacle idéal ou moral qu'on n'obsenre pas ou qu'on viole , c'est un obstacle de fait, une résistance effective contre laquelle on lutte et qu'on détruit. Malgré les efforts, l'opposition, les instances, les promesses, les menaces, les protestations.

« Attenter à la liberté des citoyens contre la teneur des lois, et malgré toutes les protestations. » J. J. c Donner à son visage un faux lustre contre la volonté de Dieu , et malgré ses défenses. > Bourd. « Puisque nous voyons paraître de pareils livres, eonire notre attente, et malgré nos précautions. » Boss. c Scipion avait reçu du peuple deux consulats consécutifs contre toutes les lois, et surtout malgré le sénat et les grands. > Vbrt. « C'est contre l'intention de Dieu et malgré ses secours que l'homme lait un mauvais usage de sa liberté. » Fin. « Il est plus aisé de décider contre l'avis et le conseil d'un sage ami , que d'exécuter malgré la force et la résistance d'un puissant ennemi. * Gir.

On agit contre des ordres généraux établis pour tous les hommes ou pour toute une classe d'hommes: « Se livrer, contre les ordres de Dieu , à la nonchalance. » Boss. On fkit quelque chose malgré de» ordres qui le défendent pour le cas présent seulement : « Si Moïse , malgré les ordres de Dieu , eût laissé tomber ses mains défaillantes. > tf Ass. On agit ou on croit quelque chose contre les lumières de sa conscience (In.);

on fait quelque chose malgré les rémoras de si conscience (Mal.).

En dépH s'emploie, comme maigri^ avec n nom de personne pour complément. Il sigclie non-seulement qu^n ne craint pas de se porter contre l'opposition de quelqu'un et qu'on li détruit, mais encore qu'on se soucie peu de le faire de la peine, de lut causer du d^. Il es familier. En dépit des malins (Volt.), de Un lomnie (d*Al.) ; en dépit des jaloux (Regs.). ili dépit de l'envie. » Mol. c En dépit qu'il en ait i Id. « Ma fille sera marquise en dépit àt \mi monde; et, si vous me mettez en colère, je b ferai duchesse. » (If. à Mme Jourdain daa le Bourgeois genHlhomme). In.

Non, en dépit de tous vous la fréqacBteret. Faire enrager le inooie est ma plot sraode joie; El Je veux qu'à toute heure avec elle on rom r^. Ce n'est pas tout eneor : pour les mieux bnv

tous.

Je ne veux point avoir d'antre héritier que rai.

Mo.

c Ce colonel s'est fkit aimer d'une riche renr* qui veut l'épouser en dépit de quelques parc« qui refusent d*y consentir. » Lis. En défit i: sort (J. J.) fait considérer le sort comme aopfsécuteur qui se trouve* nargué par ce que b:3> nous procurons d'heureux. Sur ces ren ^ Cinna:

Et Je m'ose assurer qu'«ii Jépii de mon erimi Mon sang leur servin d'asseï pure virtûDc,

Voltaire fait la remarque suivante : « On n< f:pas dire en d^t de mon crime, comme d^c malgré mon crime , qtiel qu'ait été mon crtx parce qu'un crime n'a point de dépit; oo t bien en dépit de ma haine , de mon amonr, psn que les passions se personnifient. »

Quoi qu'il en soit, Je sais attaché fbrtemeni A ne démordre point de mon habUIemeoL Je Tcux une coiffure, en dépU de la mode, Sous qui toute ma tête ail un abri comawde. ^

NOTIFIER, SIGHIFIER. Déclarer d'une DCiiîR formelle , expressément.

Notifier, de nota, note, marque, enprei*. indice , d'où notus , connu , est purement iot:^ lectuel ou relatif à la connaissance des cho»' la noft/laitton les fait savoir. Signifier^àttignum, signe, signal , geste, mot d'ordre, »»»• gne, ordre, commandement, est impértraw relatif à la volonté que les choses soient bites: les signifier, c'est les intimer.

Un ambassadeur notifie son arrivée (Voit . et signifie les volontés de son souverain (Hou^ Lorsque Marins eut vaincu les Tenfowp* d'Aix, des courriers arrivèrent de Rome, tof nonçant qu'il était consul pour la dnquiène m et lui remirent les lettres qui loi f^otifâtfnfstt élection (In.); dans une de ses dérouta, Mitw date fit signifier à ses femmes l'ordre de bux rhr (lo.). ,^

A l'égard de ce qu'on vous a noHfé tom n «p plus dans l'ignorance ; à l'égard de ce qa m ^ a signifié vous n'êtes pas libre, U fwt obéir.

Ce qu'on notifie, on l'annonce , on le pw"«.^ le promulgue, on l'explique, on en 'm^*^ gens. « Cette loi qui tant de fois loi a éteancw

SYMONYMfS A RADICAUX DIVERS.

eée, noiilié0j expliquée. » Boord. « Cette révélation m'est tellement noHfiéê par des motiiâde crédibilité , qu'il serait contre le bon sens den*en Toaloir pas couTenir. » Id. c La condamnation de M. de Cambrai est sans formalités, sans bref au roi , sans rien nolt/ter à M. de Cambrai lui-même, qui, faute de cela , pourrait prétendre cause d'igQOsance du tout. » Boss. « La loi éternelle est notifiée à tous les hommes par Tunion naturelle qu'ils ont avec la souveraine raison , ou en tant que raisonnables. > Val. « Le prince de Cbalais fut envoyé d'Espagne en France pour notifier au roi le mariage de son petitrfils. » Mark. Dans ses lois , Justinien , déclarant les bornes de son autorité, dit : c Nous sommes bien aises de rendre public et de notifier aux autres ce que nous ne croyons pas nous être permis. » Roll.

liais ce qu'on signifie , on l'enjoiat , c'est queU que chose d'arrêté, de décidé, de résolu, par rapport à quoi on commande de se soumeitre, une sentence , un arrêt, un décret, un exploit, une ordonnance. « Il faut signifier au pécheur l'ordre du maître. » Bouan. « Un ordre exprès fut signifié à tous les Espagnols qui se trouvaient à Rome d'en sortir sur-le-champ. » Uabu. « Tarquin trouva les portes de Rome fermées , et on lui signifia le décret de i^n exil. « Roll. ■ Ne serait- ce pas un déni de justice criant qu'aucun huissier n'osât signifier un exploit à un magistrat qui occuperait une place considérable? » In. • Le premier président a une terre en Champagne; son fermier lui vint signifier l'autre jour, ou de la rabaisser considérablement , ou de rompre le bail. » Sév. c On signifie à Fempereur qu'il faut qu'il envoie les ornements impériaux au jeune Henri. > Volt. « Charles le Chauve isiagina d'engager les évêques à déclarer au roi de Germanie qu'il demeurait excommunié , s'il ne renonçait à ses desseins sur la France. Le concile obéit : il envoya des députés à Louis pour lui signifier la sentence. » Coiro.

Je sois huissier à verge , en dépit de Tenvie.... Et je TouB viens, monsieur, avec toute licence, Signifier l'exploit de ceriaine ordonnance....

(M. Loyal dans le Tartu/e), Mol.

NOURRIR , ALIMENTER , — SUSTENTER. Entretenir la vie.

Nourrir exprime assimilation ou conversion de certaines matières en la substance d'un corps vivant. Alimenter j c'est fournir ces matières, appelées de leur nom propre des aliments. Qui noum'i produit le fait, la conservation de la vie ; qui alimente fait avoir les moyens , approvisionne. Si vous nourrisses comme il faut une personne , elle sera grasse et bien portante ; si vous l'aitmentex comme il faut, il ne lui manquera rien de ce qui est nécessaire pour la Houirtr. Parmi les choses naturelles, il en est, comme les fruits, qui nous nourrissent (Acad.], qui nous font vivre en s'incorporant en nous; dans la société, la classe des cultivateurs nous alimente (u'Al.), met à notre portée et sous notre main les choses propres à notre nourriture. En nournisanf , vous empêchez la défaillance , le dépérissement et la mort; en alimentant^ vous empêchez le manque Ce subsistances, la disette. La terre nourrit de

ses Ihiits ceux qui la cultivent; le commerce aîi* mente la consommation de tous les pays par le transport et l'échange des denrées.

Au figuré , même différence : ce qui nourrit produit effectivement, et de quelque manière que ce soit, l'entretien ou la conservation de la substance , delà force« de l'état ordinaire des choses ; ce qui alimente communique des matériaux ou des moyens d'entretien ou de conservation. Vous nourriues le feu en le faisant durer, n'importe comment; vous Yalimentex en y jetant de quoi le faire durer. La pluie nourrit les sources, les fait continuer 4 être, fait qu'elles ne cessent pas, qu'elles ne tarissent pas; les fleuves alimentent la mer, augmentent la masse de ses eaux. « A mesure que le globe se refroidissait, les mers des pôles, toujours alimentées et fournies par la chute des eaux de l'atmosphère , se répandaient plus loin. 9 BuFF. On nourrit la piété de bien des façons, par l'exemple, par des conseils; d'Alembert dit de Moncrif : qu'il alimerUait par ses eanttçties spirituels la tendre piété de la reine. On notirrti la discorde en tenant toujours les espriu en fermentation et en guerre ; on Valimente en donnant sans cesse aux esprits de nouveaux sujets de division. Notsrrir une passion dans son cœur n'emporte l'idée d'aucune matière Toumie; on a/tmen<e on journal (Lab.) en lui donnant de quoi raconter ou critiquer.

Toutefois, nourrir, de ces trois verbes le plus communément usité et le plus général , se prend aussi dans le sens particulier d'olsmenler .* telles provinces nourrissent ou alimentent la capitale (Acad.). La différence qui vient d'être indiquée subsiste même alors. Les provinces qui nourrissent la capitale la font vivre ; celles qui Yalimen^ tent y font parvenir de quoi la faire vivre ; c'est, d'une part , un service semblable à celui que rend une mère à son enfant qu'elle allaite, et , de l'autre , c'est le service d'un pourvoyeur.

Sustenter y latin sustentare, fréquentatif de sustincre, soutenir» servir d'appui, veair au secours, indique un état de faiblesse ou de souffrance et le besoin de support. On sustente l'enfance, la vieillesse , la pauvreté, un homme épuisé de fatigue. « Cette sagesse profonde qui donne une nourriture solide aux parfaits , a daigné se tourner en lait pour sustenter les petits enùiots.» Boss. « Cet auteur va peut-être mourir avant que ses deux tragédies aient eu le succès qui peut sustenter sa vieillesse. » Beauk. « Ces honnêtes labeurs (du dimanche) stLstenteraient mille pauvres. » In. « Me sentant affaibli de fatigue , je demandai un verre de vin au maître de la poste.... Ce n'est point trop boire , lui dis-je , que de se sustenter d'un verre de vin.» Volt. — D'ailleurs, sustenter signifie entretenir la vie , non pas d'une manière quelconque , et , par exemple , abondamment, mais en donnant seulement ce qu'il faut pour qu'on ne succombe pas , c'est-A-dire le strict nécessaire , la substance.

Là cetiendâDt (dans une bière ei dans un caveau}

il aura ce qu'il faut Pour susUnter son corps » rien davantage , Quelque grabat , du pain pour tout polage. Laf.

— Enfin, l'a .tion de tuslenter n'a pas toujours

DEUXIÈME PAl^TIE

lieu , comme celle de nourrir, par intossusceptioQ, par TintroductioD d^aUmenta oa de matières étrangères que les animaux s'aasÎDwlent , mais d'une autre manière, de celle, en particulier, qui se troure signalée dansée passage deBuffbn : « Edwards imagine que iss pingouins passent rbirer dans des caTernea de rochers et quMIs y restent dans un état de torpeur , iU9tentù par la

quelqu'un, est origiDairement affinnatir et a be soin d'être accompagné d*une négation povdt- ▼enir synonyme de nuh Vous dites : Cela cil de nuUe conséquence (Acâd.). de nuUe conskièn^n (CoiroJ» de nul usage CVal., P. R.]; naii va aucun TOUS êtes obligé d'ajouter une négat»&: cela n^est d'aucune conséquence , d'oitntw considération , d^avcufi usage. — D^utre |itrt, il e-!

graisse dont ils sont abondamment daargés. » . des cas où attcun, conformément an sensprimi-

HOUVSAU. NEUF. FRAIS. RÉCENT. Qui n'est *' ' '" pas yieuz , qui n'est pas depuis longtempa.

Ce oui est nouveau vient de parattpe pour la première fois ; ce qui eet nmfviwX d'étra fiûA tl n'a point encore serri; ce qui est frmU est i]UMt« sain; oe qui e^ réctni vient da ea passer tout à llievre. On dit une mode nouvelle , un habit neuf^, un œuf frais , un fait ou U9 exemple récânU La chose nouvelle n'était paa oonnue ; l&Qhosa «eawe n'est pas uaée ; la oboea ffaUhe n*aa| pas altéréa ; la chose récente n*eat paa ancietneu

Une invention eet Mniaelle, una eapnoaMon neuve. iVouveau est plutôt théorique» neuf piat»* que : un livre, iMiseemi par TerigiBaiité das pensées , est neufpei le lowr qu'on a sn leur dfli^ ner. D'un autre cééé, on a la mémoire anoora toute fraieke d'un événemanl tout f^ceM : « Saisi Jean, aaisi parla aénoina aneore toute fpeiieke de ftani de caresses répeaêes (da Jéaua«Ghriat) , meurt de laiigvenr au pied da la croix. » Boaa.

Phis d'une feis, «n général habile a feit aivaacer tout à coup, au momaat décisif, da lawiaelfea troupes qui apportaient un aottrage tout neuf (RoLL.)et des forcée toutes freichet (In.), avec lé déair de venger une injure réeenie.

Un homme nouveau dans le monde ou danales affaires s'y montre pour la première fois, y fait sa première apparition, ou est le preimer de son nom qui a^feit remarquer* un homme qui y est neuf n'en a pas l'usage ou la pratique. On dit d'un homme qu'il est fhits, quand H n'a rien perdu de sa vigueur, qu'il est bien conservé, brillant de santé. Récent ne s'appliqua pas aux hommes, non plus qu'aux choses , il est réservé pour ce qui se fait ou arrive K

TWL, AVCtTN. Termes d'exclusion : pas un.

Nul, ne tiHiis, ne unuSy pas un, pas un seul, contenant déjà par lui-même un élément négatif, nie essentiellement. Uais aucun, aliquis unut^

f . Moderne est une quainicatfbn moins étroHe en quelquo sorte : on s'en sert en pariant , non pas de ce qui est tout im^mm» ou tout réeent, mais de oe qui appartient seulement aux derniers siècles par opposition aux choses très-andeuies ou aux choses de l'antiquité. « Je vois aussi (dana les croisades) un Gastellane ; mais celui-ci n'est pas iï ancien, il est moderne; II n'y a que cinq cent vingt ans qu'il faisait aussi une très-grande figure. > Sét. « La fliiblesse de craindre les comètes n'est pas moderne , elle a eu cours dans tous les siècles , et Virgile a dit qu'on ne les Toyait jamais impunément. » Boasr. « Oui, tout cela prouve que le gouTemement égyptien esi hôoK coup plus ancien que les nôtres. Mais ce gouvernement était moderne en comparaisoii des peuples asiatiques. » YoiiXt

tif , signifie encore quelque ou qoélqa'oo , n lieu de pas un, pas un seul.

Pe vous bire «uciui mal Je n'eus lainais d«m

Mot, Prenons garde quVMcwi <ne nous Tiens aorpRi' dfOk b.

c n y en a d'auêiinea qui prennent des maris srilement pour sa tirer da la contrainte de leoni^ rents* a In.

En cave on se tmsporle :

Amemme des Vins sont approuvés. Lir.

HM nie donc davantage « plus Cortemeul h diaantsans mil doute, sans nulU exception, kb excluez plua positivenoent que si vous dites su aucun doute , sans asàcune exception. Le fia: ii nul rapport avec l'infini (Pasc); les teiB|»âb CKBurs homériques n'ont aucun rapport aui'i trea (Voi.t.) ; n«U, c yt-à-dira pas lie msix aueum^ c'es^à-dire pas beaucoup. Un hommes^ tif, inflexible, n'a latil égard ; un boflune« dasuj occasion , n'a eu aucun égard. Ne faire iwics.3 bien plua de rigueur que» ne faire aucajn cas.!Q3 ne soupçonnons paa méj^e ce dont nous a'tîs nulle idée; nous nous représentons mal ce ^ nous n'avona aucune idée.— ilTuZ cooTieatiss dans Tordra nécessaire des idées , pour %\çM ce qui doit être; et aiucun^ dans Tordn c(ia& gent des faits , où on rappcurte ce qui a eu 1^ Voltaire dit à propoa da la parabole duioi,ç>^ayant invité des convives aux noces de soDiî. charge de fers celui qui était venu sa&s bix( nuptiale : « Kul homme assurément ne dâit <s prendre le droit de mettre au cachot son t^ qui serait venu souper chez lui sans aToiroa!»bit de nocea convenable ; et je ne cenniis ^ l'histoâra oucma pônoa qui ait Uit pendre t courtisan pour un pareil siget. >

i^Tttl s'emploie bien seul dans un sens aîisîù pour personne , sans rapport à un nom eiprlE»

Nul n'aura de l'esprit , hors nons et nos asû.

c Nul ne doit croire qu'il en sait plus que !<$)>; très. » Volt, •Nul n'est ambitieux par raisoa s vicieux par défaut d'esprit. » Vacv. U ^P^ alors de la manière la plus précise et la ^^ propre au style énergique des sentences, ^"j^ versalité des hommes. Vais aucan est m^^ relatif : il est accompagné d'un nom ou en nppelle un qtn vient d'être énoncé immédiatem»; aucuj^ auteur , aucun soldat ; ces philosophes $& trop abstraits, aucuA n*a le talent de ^ j:^ comprendre » je n'en approuve awuLn. 0^1 ^'] barisme , ai on disait : Je n'en approa^* '". Cest que aucun est seul relatif, seul p?^ représenter un nom antécédent.

SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.

OBÉt8SAR(!B, $0I7IIISSI0N. V^ne et l'autre coQsîclent à se conformor à ce que les autres veu-

leot.

Vàlfiwa»ce regarde la conduite, la ioumitsion les senUments. On obéit aux ordres de quelqu'un , c'est-à-dire qu^on les exécute; on se soumet à la volonté de quelqu'un on à une aetorité , c'est^'dire qu'on s*y tient déTOuê ou respectueusement attaché. « Les Térités qui sont propres à rendre les hommes doux, humains, soumis aux lois , ohéissant$ aux souTeraîns , intéressent l'État y et Tiennent évidemment de Dieu, s VotT. Bossuet écrit à fabbesse dSin couvent : « Prenez un 90in particulier de vos filles qui sont à recevoir : faites-leur promettre d*entrer dans tin esprit de soumission particulière ^ et de se eouverner par la règle et VobéissanUn et non point par les exemples. 9 < Cet orgueil secret poussa Adam à s'émanciper de Yob^issanct due â son souverain et à son Dieu.... Il y a des lofs si vénérables que nous ne pouvons presque nous départir de l'attachement respectueux et de la loiimim'on qu^elles exigent de nous. » Bodrd. V obéissance est prompte ou exacte; U soumission est humble, parCaite ou entière* '^ Les mages n*ont été grands que pour faire paraître une obéissance plus prompte et une soumission plus entière. » Botran. Par une feinte obéissance on fait semblant d'exécuter ce qui est commandé ; par une feinte soumission on en impose sur ses dispositions intérieures. On peut prescrire Vobéissanee , mab seulement prêcher ou persuader la «otimûsion; lee sentiments ne se prescrivent point : « U n'v a aucune secte de religion qui ne prescrive fobéîS' sanee et ne prêche la soumission, m Hortisq.

La volonté n'a pas nécessairement de part à Vohéissaneei ce mot n'exprime qiie le Sut maté^ riel, à moins qu'on n'ajoute formellement que c'est dans un esprit de soumission qu'on otiît. « Dieu veut que nous obéissions à f Ëglise avec une entière soumission de cœur. » Boord. « C'est par son obéissance héroïque , par sa parfoite lotimission aux ordres de Dieu que Varie fût élevée à la joatemité divine. > In. — « Rien de plus rare qu'un entier assujettissement de la volonté. Qu'est-ce souvent que notre obéissance f une obéissance de politique, une obéissance de respect humain, une ob^iisaftce de contrainte, une obéissance d'habitude , une dbéiseanee d'artîfice.» Id. « Seigneur, Je recevrai toujours vos ordres avec soumission , et j'y attacherai mon coeur. » lo. — Bans son Ib^ard, H. de Rémusat dit d'Hélolse : « Elle vécut, puisqu'on le voulait, paisiblement, samtement, elle asservit et sacrifia sans résistance toutes ses actions & ce que réclamaient d'elle le ciel et son amant; mais inconsolable et indomptée , elle obéit et ne se soumit pas , eUe accepta tous ses devoirs sans en fiiire beaucoup de oas , et son âmç n'aima jamais ses ter-

tttSf 9

Telle est la différence principale ; les suivantes en dérivent

L'ob^ûtanee peut être forcée, c Les animaux sans raieon , qui n'ont pas été domptés, obéissent d'une obéissance forcée qui leur laisse toute leur férocité. > Vass. La soumission est toujours volontaire , quelque puissants que soient les motifs qui y déterminent; elle étouffe toute révolte intérieure et supprime les murmures.

Obéissance exprime plutôt un fait particulier, et soumission une disposition générale et con* stante. On connaît Y obéissance d'Isaac (Mass.). n Certains maris débonnaires ne servent dans leur famille qu'à montrer l'exemple d'un silence timide et d'une parfaite soumission, t Labr. « Les Pères de l'Eglise , après s'être efforcés de persuader aux enfants une humble et fidèle soumission , ont été les premiers aies décharger de toute obéissance y dès qu'il était question d'embrasser un éitat où leur salut devait être en danger. 9 Bouan.

Vohéissance est moins étendue que la soumission; elle n'est qu'active et ne consiste jamais qu'à agir selon la volonté d'autrai. La soumission est aussi passive ; elle n^assujettit pas seulement la liberté d'agir, mais aussi les mouvements du cœur et ceux de l'écrit ou de la réflexion : elle fait qouffrir avec patience , recevoir avec résignation , certains maux ; et, d'autre part , elle nous ^t renoncer à nos propres lumières pour en suivre d'autres avec docilité , celles de la foi par exemple.

Enfin, Yobéîssance est plutôt objective et a rapport à celui qui commande : un conquérant range les peuples eous son obéissance. La soumission est aubjective et se rapporte davantage à celui qui eeçoit les ordres : des peuples conquis viennent présenter leur soumission au vainqueur.

OBLIGER , GOlfTBAINDRE , FORGER , TIOLEIf- TER. IfÉGESSITER. Tous ces verbes expriment des actions qui attaquent la liberté de quelqu'un ou y sont contraires.

Entre obliger et forcer la dilTérence est palpable. Ce qui oblige lie , fait un devoir ; ce qui force emporte d'assaut ou comme d'assaut. On doit faire , on ne peut guère moralement se dispenser de faire ce à quoi on est obligé; il &ttt qu'on fasse , il est physiquement et absolument impossable de ne point fkire ce à quoi on est forcé. L'obligation restreint l'indépendance; la force détruit ou supprime la liberté. « Aristagore parcourut rionie où il obligea tous les tyrans , par son exemple , par son crédit et peut-être aussi par la crainte d'y être forcés malgré eux, à renoncer à leur autorité. » Roll. « Artaxerxe victorieux ne put obliger les dix mille à poser volontairement les armes , ni les y fbrcer. » Boss. «Gaston de Foix (gouverneur du Milanez) put bien forcer le clergé à célébrer, et le peuple à se taire ; mais il ne put point les obliger à avoir pour

DfiraiËME PARTIS :

le concile le respect que méritait un si grand nom. » lo. c N'est-on obligé d'obéir qu'autant qu'on y est forcé, et en est-on dispensé sitAt qu*on peut faire résistance ? » J. J. c A l'instant que le gouvernement usurpe la souveraineté , le pacte social est rompu; et toua les simples citoyens, rentrés de droit dans leur liberté naturelle, sont forcés, mats non pas obligés d*o-* béir. » Id.

Conf ratfidre , du latin eofufrtfi^ere, serrer fortement» étreindre , tient le milieu entre obliger et forcer. Ce qui oblige engage; ce qui contraint presse vivement; ce qui force décide invinciblement. Obliger annonce une influence douce; contraindre , une influence 'pressante; et forcer^ une influence souveraine , irrésistible. La loi , la morale, la charité, le serment, une parole donnée, obligent: les considérations graves, les hnportunités, les obsessions, les besoins urgents, les persécutions, les poursuites Judiciaires ou autres, contraignent ; la puissance ayant, ou ayant, pour ainsi dire , les armes à la main , force. Bans Ijs ÀvMnts jaloux de Lesage, Angélique dit à Cléante , au moment d'accepter la main de Damis : « Souvenez-vous au moins que vous m'y obîigéx.^, que vous m'y contraigneg..,, que vous m'y forces, » Contraindre dit don« plus {[M^ohliger et moins que forcer, « On est étonné de voir Néron obligé par degrés de se tuer , sans aucune raison qui l'y contraigne, » Uoxtbsq. « Des élections contraintes et forcées. » Roll.

Tiolenter ressemble beaucoup à forcer, comme la violence k la fores. Cependant la violence est une force emportée, brutale, qui se porte à des violences, à des sévices, à de mauvais traitements ; en sorte que vioùnter, mot Hamilier, ou au moins du style commun, signifie forcer à coups de poing ou en montrant le poing, en battant ou en menaçant de battre. « Ils reviennent contre leur signature. Ils soutiennent qu'on les a violentés chez le procureur, qu'on les a battus, qu'on les a menacés de la corde s'ils ne signaient pas. » Volt. « VoilÀ l'homme qui nous a violen^ tés , qui ne nous a parlé que de cachots , qui nous a battus pour nous dépouiller de notre bien. » lo. « Pilate condamna Jésus-Chrit avec répugnance , violenté par les cris et par les menaces des Juifs.» Boss. « On leur arracha cette faute (à Luther et suz siens), dit M. Basnage. Quoi ! leur fit-on violence pour souscrire à cet acte ? Leur fit-on voir des épées tirées ? Les enferma-t-on du moins ? L^s meaaça>t-on t On leur promit des monastères À piller.... C'est ainsi que Luther, Bucer et Hélanchton sont violentés , selon IL Basnage. »

Comment! battre une veuve al la Menurl hsoa.

DOBnCE.

Sur cette autre union quelle est donc votre attente?

XAaiAHa.

De me donner la mort , si Ton me violenta. Mol. Ça n'y tah rien, et monseigneur saura Qu'on force Acanthe i ce beau marehé-Uy Qu'on la maltraite et qu'on la pioUnie Pour épouer. Volt.

Néciuiter est peu usité et paraît ne se dire que dans le didactique. « La grâce efficace ne notis nécessite pas, quoiqu'elle nous fasse infaillible*

ment faire le bien. » Pasc. « Nous appreBOOi partout (dans ce livre) que, lorsqu'on reçoit U grâce qui lait actuellement garder les préceptes, elle ne néceuite jamais notre libre arbitre. «Boa. c Chacun cfoira que la saine doctrine conâsti i croire qu'on est nécessité k suivre toujours le plo grand plaisir. * Vin. « Locke était un philosophe qui, n'établissant pas de faux principes, n'était point nécessité k tirer de fausses conséquences.» Lab. c On concevra facilement que ces molèculei organiques, ne pouvant plus pénétrer les parties qu'elles pénétraknt auparavant, seront nécuâtées de prendre une autre route. • Buff. c 0 mépris tombait bien plus sur la constitutioo (ks divers États que sur les sujets qui les remplissent, et qui, par cette constitution même, sost nécessités k être ce qu'ils sont. .» J. J.

OBSCUR, TÉNÉBREUX, 801IBRE. Où maoqv la lumière , la clarté.

Une simple différence de ^gré sépare d'aboid obscur de ténibre/ua. Ce qui est obxcur est sas lumière; ce qui est ténébreux est plein de i^ nèbres, c'est-à-dire d'une obscurité épaisse (voy. O^fcur^^, ténèbres , nuit). « La lune sesblait vouloir honorer la soleil, en paraissaal claire et illuminée par le côté qu'elle tonnait vers lui ; tout le reste était obscur et ténébrm.^ Boss. « Les dieuz ont commandé aoi étoSa et à la lune d'éclairer U nuit, qui par elle-obe est obscure et l^n^etise. » Roll. < Tant deijv tèmes obscurs et ténébreuix. a Cors.— Aufign obscur signifie simplement dif&cile à coniult» ou à comprendre ', mais ténébreux, qaid'or&-^ naire exprime la même idée avec plus de force. quelquefois aussi y ^oute Fidée d'un sentines d'horreur pour U chose ou la personne qu'il R^ à qualifier. « Le P. Tellier eût fkit peur avcic d'un bois. Sa physionomie était térUkmm, ÛLUsse , terrible. » S. 3.

Da plus saint appareil la sitJhrmuê honenr.

Les autels, les serments, tout enchaîne SéS<l<.

Votr.

De complots ténéhrmut coupables artisans, lo.

Sombre, qui est à l'ombre ou dans ^om^r^ao8 .sens tout particulier. U marque la privation, dos pas d'une lumière quelconque ; mais de la laoiett du jour, et de ce qui l'accompagne, de h clileur, par exemple, ou de U joie que if «^ répand partout dans la nature. Quand Comeillf parle de < Vobscure clarté qui tombe des étoile»,* quand Bufibn reconnaît deux aortes de ebaleor, l'une lumineuse, dont le soleil est le foyer, «^ l'autre obscure, dont le grand réservoir est le globe terrestre , » sosnbre k la place Mscm serait impropre , parce qu'il n'est pas qoestioa dans ces exemples de marquer la prifatisn da jour, de la lumière solaire. Maie on deitdi^iQ bois sombre (PéH., Volt., Burr.), Vî^^ sombre et enfumée d*un ril praticien (Ubb.).

Non loin de ce rivage un bois mmJvv et tmqalk

Sons des ombrages fraia présente on doiu ssile.

Voit.

e Pour éviter la trop grande ardeur du les éléphanU s'enfoncent autant qu'ils peureot dans la profondeur des forêts les plus io«^<'-' BuFV. « Quand li partie septentriooale di 1»

SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.

le Ceyian jouit de la douceur de Téti, la» partie

méridionale à son tour est plongée dans un air

onibre , orageux Qt pluvieux. » In.

Au figuré , obscur , indiquant primi^Tement le

éfaut de la lumière, qui est la condition de la

ue et de la connaissance , se dit des choses dif-

ciles ou impossibles k distinguer, i com-

rendre ; ténébreux , ou renchérit sur le premier

lot et signifie très-obfcur, ou s'applique à ce qui

st horrible , à ce qui inspire de l'effroi. Mais

omme sonibre exprime au propre le manque de

1 lumière du jour, laquelle anime et égayé la

ature , la rend toute riante , il a pour accessoire

1 tristesse. « Il y a dans le s^jet du Paradû

ierdu Je ne sais quelle horreur tMbreuse^ un

ubllme tonibre et triste, qui ne couTient pas

aal à rimagination anglaise. » Volt.

Un homme obscur n'est pas intelligible ou

l'est pas connu» il ne brille pas. Un homme

énébreux est très-inintelligible, comme étaient

léraclite (Fin.) etSpinosa (Mass.) parmi les phi

osophes , ou il est odieux par ses noires machi-

latîons, par ses projets enveloppés de voiles

znpénétrables :

Arlitant ténébreux de nraudes et de brigues. Volt, ju homme sombre est triste, chagrin, d'une lumeur mélancolique, insupport2U!)le à lui-même !t aux autres : sombre chagrin (Mol.) , sombre ristesse (Moiitbsq.), sombre mélancolie (Acad., iCoL.), vie sombre et retirée (Volt.), air sombre a sévère (Boil.), humeur sombre et incompaible (Féw.).

OBSGURGIB, OFFUSQUER. Diminuer la clarté. Obscurcir^ rendre obscur, vient du latin obicurus, mot qui parait indécomposable. Offusquer i été fait du latin o&, devant, et de fuseus, sombre , obscur.

L'obscurcissement consiste dans une modifîca- Jon de l'objet; et l'action d'offusquer^ dans 'interposition d'un corps , qui empêche la vue fe l'objet. Ce qui obscurcit le soleil lui fait perdre le son éclat; ce qui V offusque lui laisse tout son !clat , mais met entre lui et nous un voile qui le nous permet plus de le bien voir. Dans le )remier cas , c'est la clarté du soleil qui est dinlnuée , et dans le second c'est la clarté de la ne du soleil. Une lampe venant à manquer l'huile , sa lumière se trouve obscurcie; elle est offusquée toutes les fois qu'il y a devant un u)rps opaque qui s'oppose à ce qu'on la perçoive. Jne maison défectueuse sous le rapport des felêtres est par cela môme obscurcie; elle est of- 'u*quée par un b&timent, un mur, une montagne, ou toute autre chose semblable qui la ^sque sans peu^6tre la priver de jour.

obscurcir appelle l'attention sur l'objet; o/f^squer fait concevoir un corps intermédiaire et *^ relatif k un observateur de l'objet. « Les ^^:asses suppositions des philosophes ont obscure» ^ ^umière naturelle de la vérité , et offusqué la nSson. » BuFF. Que si, au figuré, obscurcir se prend aussi subjectivement, se dit aussi de la '^ison, il se distingue toujours de son synonyme ^]! ^^ ?^'i^ ^^ suppose point que la diminution <l'iuteUigence est causée par quelque chose qui ^<^^e, qui voile, qui intercepte la lumière. Tout

fTV. f KAHÇ.

ce qui trouble la raison , tout ce qui la paralyse ou la rend moins puissante , la peur ou U vieillesse, par exemple, rohieyrctl; tout ce qui relève entre elle et la vérité des nuages , Voffisque. « Notre raison est souvent offusquée des nuages de nos passions. » Bourd. « On ne cherche que les ténèbres; les fumées s'épaississent autour de l'esprit, et la raison en esioffusquée. » Boss.

Dans le discours , une concision excessive et les omissions obscurcissent la pensée , dont elles laissent une partie hors de la vue de l'esprit. « Les omissions de cet auteur obscurcissent la foi. » Boss. Trop de paroles, au contraire, offusque la pensa en créant des embarras qui s'opposent à la vue de l'esprit. « Les grandes éruditions n^ font souvent que beaucoup offwquer le raisonnement. » Id.

OBSCURCIE, ÉGUPSER, EFFACER. C'est surpasser quelqu'un par des qualités brillantes; c'est, par son éclat, sa beauté, sa gloire, empêcher d'apercevo^ l'éclat, la beauté, la gloire d'un autre ou des autres.

L'action d'obscurcir est la plus faible : elle se borne à faire moins paraître ce que celles d'éclipser et d*effacer font totalement disparaître. Nous haïssons ceux qui nous éclipsent ou nous e/facentf et même ceux qui nous obscurcissent. « Tout ce qui brille plus que nous nous blesse ; tout ce qui nous effctce ou no&s obscurcit nous trouve inexorables. » Mass. « Quintilien, en parlant de Ménandre , ne craint pas de dire que , par l'éclat de son nom et la beauté de ses ouvrages, il a obscurci , on plutôt effacé la gloire de tous ceux qui ont écrit dans le même genre. > Roll. « La magnificence de ce jeune prélat, le nombre de ses amis et des créatures de sa maison lui attiraient une cour qui obscurcissait en quelque manière celle du souverain. » Vert. *

Éclipser et effacer diffèrent aussi.

On éclipse pour un moment, dans une occasion. « Si l'esprit des gens de lettres a quelquefois le malheur d'éclipser celui de l'amateur , ils sont perdus dans son opinion. » Mark. Mais on efface pour toujours. « Cicéron effau la gloire de tous les autres orateurs romains.» Roll. On a vu s'établir entre le rossignol et d'autres oiseaux des luttes dans lesquelles il s'efforçait de les éclipser; en général il efface les autres oiseaux par ses sons moelleux et flûtes, et par la durée non interrompue de son ramage (Buff.). Telle femme , à qui il est arrivé d'éclipser les autres dans un bal, est peut-être effacée par plusieurs dans le cours ordinaire tie la vie.

Outre ce\A i éclipser ^ enrabon de sa signification primitive , se Idit toujours de qualités éclatantes; ce sont plutôt des qualités solides que suppose effacer. « Ce qu'il y avait de plus admirable à Babylone , ce qui éclipsait tout le reste > était la fille unique du roi, nommée Formosanté.... Le dernier qui parut était le roi des Scy« thés : la taille de ce monarque, imposante et majestueuse, effaçait celle de ses rivaux. > Volt. Un jeune honmie , qui en éclipse un autre par sa parure^ a quelquefois la douleur de voir cet autre Veffacer par son esprit (J. J.).

Page 1