‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 360 sur 444 · OLL · texte numérisé non relu

OLL

ONDES, FLOTS, VA6UB8. Eauz de k mer ou es fleuyes soulerées et agitées.

Onde est un terme pittoresque qui reprêmte ces eaux par rapport à leur courbure,

la forme arrondie qu'elles prennent en s'éle< ant et ea s'abaissant sucoessiyement. Quand [enriette de France , fille de Henri lY, se rendit n Angleterre pour y épouser Charles 1*' , c Elle oyait pour ainsi dire les ondes se courber sous lie. » Boss.

Cette obscnre darté qei tombe des étoiles Enfin avec le flux nous fit voir irenle roiles ; Uonde s'eofle dessous. Corh.

le mot donne l'idée d'un mouvement ordinaire t sans violence. « Les rameurs fendent les ondes aisibles. » Ftn, « La lumière tremblante de la me répandue sur la face des ondes. » In. Souvent léme le mot ondes s'emploie poétiquement pour gnifier les eauz, qu'elles soient ou ne soient is agitées. « Les ondes jaunes du Tibre se préintèrent à nos yeux. • Yolt. « Se baigner dans s ondes d'un fleuve. » J'en. « Neptune tient empiré des ondes. » In. « Le soleil se coucbe ins le sein des ondes. » In. « Je crue que Mentor rait perdu la vie et passé les ondst du Styx. » >. s Quoique le navire soit au milieu des ondes ^ ancre l'établit sur la terre. » Boss.

FlotSy de fluere, couler, d* où vient aussi fleuve, t dit proprement des eauz courantes. «Nous assemblons tous à des eauz courantes : nos anèes se poussent successivement comme des Dif. > Boss. Mais, ensuite, il signifie plus parculiërement les eauz de la mer fortement nues par les vents et les tempêtes. Les flots ynt des ofidet irritées qui s'agitent avec violence i courent avec rapidité , avec fureur. « Les ots irrités, s Boss., Fin. « Les /loto de la mer ritée. s Fin. « Le bruit des flots en courroux. 9 >.. c Battu par les vents et par les flots. » Boss. Livré à la violence des flots. » Mass. « Le^ flots une mer agitée par une horrible tempête» » ATRAL. Dieu tient en bride, calme, quand il li plaît , les flots de la mer (Boss.). « Les Tyens furent les premiers qui domptèrent les ots. s F^R.

Celui qui met ua frein A la foreur ûeejloes

Sek aussi des méchants arrêter les complots. Rac.

Gonme on voit qee la mer, quand l'orage s'accroît , Ylent h. se courroucer, le vent sounle et ravage, "Le» flots contre \e% flots font un remu-ménage Horrible. Mol.

Les vagues sont proprement les otide^ de la mer qui viennent battre les rochers où elles se brisent en s'élevant à une plus ou moins grande hauteur, c Télémaque voyait les %agues qui venaient battre le pied de la tour où il était prisonnier. 9 FÉN. a Les cailloux du rivage battus et polis par les vagues de la mer. » Id. s Les oôtes de la mer sont battues continuellement des vagues. » Buff. a Richelieu fit faire , à la Rochelle, une digue «en état de résister aux vents et aux vagues. » Yolt. « Lichas fut lancé dans les flots de la mer où il fut changé en un rocher qui est toujours battu par les vagues irritées. » FÉN. « Qu'y a-t-il de plus commun que l'air aux vivants , lâi |terre aux morts , la mer à ceux qui sont sur les /loto , le rivage à ceux qui sont poussés par les vagues? » Roll. — Quand les vagues sont, comme les flots , produites *par les vents et les orages , ce n'est pas, comme eux, par la violence , mais par la masse et l'élévation qu'elles se distinguent. De grandes (Acac), de grosses vagttes (SÉv.). c Des vagues hautes comme des montagnes. » Buff. « La mer élevait ses vagues comme des montagnes. » Fbn. « Nous montions sur le dos des raques enflées. > In. X Ulysse , soulevé pat une vague , découvrait la terre assez près de lui. • Id. a Ce lac paraissait une mer agitée , tant les vagues étaient hautes. » Rbgn. — Une autre différence entre les flots et les vagues^ c'est que les flots agitent en tous sens, ballottent, et finissent par engloutir; on y périt, ou on en échappe : au lieu que les vagues tendent à ébranler et à renverser; on est entraîné par elles ou on y résiste. «Les efforts des vagues. 9 Fén. a L'efibrt de la vague qui avait précipité Ulysse. • Id. « Ils avaient nagé avec effort pour résister aux vagues. » In. « Neptune soulève une vague pesante , terrible , et la lance de toute sa force contre Ulysse. » In. « Ulysse tomba dans la mer et les vagues le poussèrent contre le rivage. » In. « Ces cavaliers hasardèrent de passer le fleuve à la nage. Leur troupe bien serrée résistait au courant, et rompait les vetgues. » Yolt.

CN N« SAURAIT, ON MB KUT. Il n'y a pas moyen de-.

On ne saurait nie qu'on ait le «avoir, le talent, l'habileté : c*estune expression subjective qui marque proprement l'impuissance où on est. On ne peui nie qu'on ait le pouvotr , et comme le pouvoir dépend en partie du dehors , des facilités ou des obstacles qu*on y rencontre , c'est une expression objeetive dont l'idée essentielle est céUie de l'impossibilité de la chose en elle-même, fous ne saurieg contester une chose, tant vous en êtes certain , persuadé ; vous ne pouve% contester une chose , tant elle est certaine , évidente. On ne saurait s'empêcher de craindre le péril ; on ne peut changer le cours des saisons. Nous ne sau-^ rions faire ce que nous tenterions vainement) ce

DEUXIËlfE PARTIE

pour quoi nous ne trouvons'pas en nous assez de ressources; nous ne pouwnM faire ce qui nous oppose une résistance trop forte ou ce pourquoi nous ne trouvons pas au dehors des secours suffisants : Nous ne saurions haïr le plaisir ni aimer la douleur ; nous ne pouvons renverser les montagnes ni , à Taide d'aucune lunette , apercevoir ce qui se passe dans la lune. « Dans rétat misérable où nous sommes , nous ne saurions^ nousmêmes nous rapprocher de Dieu , et now ne pour vons pas même trouver, dans Tordre des choses, une créature assez noble et assez pure pour nous réconcilier avec Dieu. » Mal.

On ne saurait est moins alfirmatif , moins absolu , n'annonce qu'une grande diffieulté ; on ne peut se prend à la rigueur et se dit en parlant de ze qui est tout À fait infaisable. On ne saurait bien servir deux maîtres ; on ne peut obéir en même temps à deux ordres opposés. On ne saurait éviter les maladies ; on ne peut éviter la mort. On ne saurait douter de l'afTectton d*un ami éprouvé ; on ne peut douter de la vérité des azio* mes. «Les peuples pasteurs ne peuvent se séparer de leurs troupeaux qui font leur subsistance ; ils ne Muraient non plus se séparer de leurs femmes , qui en ont soin. » Montbsq. « Le style de l'Écriture porte un caractère de vérité qu'on ne saurait désavouer.... Quelque sentiment qu'on ait de Jésus-Christ , on ne peut disconvenir qu'il n'eût un esprit très-grand et très-élevé. » Pasc.

OPINION, SENTIMENT, PENSÉE, AVIS. Manière de voir les choses ; ce qui nous en semble.

Opinion paratt n'être pas sans rapport arec le grec 54n; , la vue , Sirropiai, je vois. Il est séparé d'abord de sentiment par des différences manifestes et considérables.

L'optnton est quelque chose de général, de reçu, de commun à un plus ou moins grand nombre d'hommes. Le sentiment , au contraire , est quelque chose de particulier, de personnel , de propre à un seul homme ou à quelques-uns. C'est que nous voyons à peu près tous de même , au lieu que chacun a sa manière de sentir. On dit absolument , non pas le sentiment , mais Vopi^ nion; Y opinion et la coutume (Mal.). « Origène en parlant ainsi ne donne point son sentiment particulier, il ne fait que rapporter l'opinton universelle, s Volt. « On nous dira que le pape est au-dessus de toutes les lois ; c'est le sentiment de Bellarmin ; c'est roptmon des théologiens romains. » In. < S'attacher, pour ce qui regarde l'usage des mots , à son propre sentiment contre l'opinton commune. » Vaug. « Voilà ce que pensaient (sur Dieu) ceux qui raisonnaient le mieux en ces siècles de ténèbres et d'ignorance. L'optnton publique du monde , qui faisait la religion de ces temps-là , était encore bien au-dessous de ces sentiments, » Boss. < La créance de la résurrection n'a pas seulement été une opinion populaire , mais le sentiment des sages et des savants. » BouRO. « S'agit-il de nos sentiments et des opinions particulières dont nous nous sommes laissé prévenir? a In. « Pour découvrir le véritable sentiment d'un auteur, il n'y a qu'à observer quand il parle selon Vopinion commune. Lorsqu'il dit positivement le contraire de ce

qu'on a coutume da din , on a taiioQ de Jajv que c'est son sentiment, » Mal. c Je loi & exesn d|avoir mal pris aon lenttment, et le priai deiu dire s'ils ne condaoomertîent donc pas aa nioias cette autre opinion des jésuites qui tait tant de bruit. 9 Pa8C. < Je n'ai point de peine 4 enieigaer les opintona que l'on m'a marquées, même la plus contraires à mes sentiments partiai]ieis.i P. A.

Seeondement , l'optmon est quelque chose qù a cours I qu'on agite, dont on dispute dansk monde, ou dans les écoles , qui est sujet à dlKor 9Îon, quelque chose d'extérieur, d'empranté. a quoi on ne tient pas beaucoup, dont on n'eitpu fermement persuadé. Le aenltmenf , au coatrain, est quelque chose dont nous sommes pénétiés. qui est le fruit d'un mûr examen, et qoi aporte pleine et entière conviction, c Toutes ce opinions (des pyrrhoniens) qui ont lait tant ^ bruit dans le monde, n'ont jamais subâsU (jk dans des discours, des disputes ou des écrits. à personne n'en a jamais été sérieusement per* suadé : c'étaient des jeux et des amusements di personnes oisives et ingénieuses; mais ce se firent jamais des cenfimenla dont ils fassent init^ rieurement pénétrés , et par lesquels ils tooIbisent se conduire. » P. R. « Je ne pouvais priferer, par aucune raison solide, des opinûmi.ip. dans l'accablement .du désespoir, ne me tentaient que pour augmenter ma misère , à des senHwtii adoptés dans la vigueur de Tàge , dans tonte b maturité de l'esprit , après l'examen le plus r^ fléchi , et dans des tempe où le calme de diix ne me laissait d'autre intérêt dominant que ak de connaître la vérité. * J. J. « Les décisioiisbh sardées avec le plus de confiance font le pis d'impression. Eh t qui sont ceux qui jouisseotdi droit de prononcer? Des gens qui, à force di braver le mépris , viennent à bout de se faire mpecter et de donner le ton ; qui n'ont que des 9ft nions et jamais de fenttmenlY, qui enchasgeitles quittent et les reprennent, sans le savoir. u s'en douter, ou qui sont opiniâtres sans toc constants. » Dugl.

Troisièmement, l'optnton est quelque dw d'objectif, qui existe indépendamment de telle os telle individualité, qui a de la vogue, ^ <st plus ou moins répandu , plus ou moins vrai, probable ou solide. Mais le sentiment est sui)jectil. et ne se considère guère qu'en rapport stcc k sujet ou l'esprit, dont il est la manière prqm d'envisager les choses, qui Ta conçu, qoi^ maintient ou y demeure attaché, c Je vous ai représenté deux opinions différentes, qui se partigent les setUiments de tous les mortels. Les nos méprisent la vie; les autres estiment quelmr plus grand bien , c'est de la pouvoir longtemps conserver. » Boss. c C'est une chose étonnante que vous ayez le front de parler si baat » langage , puisqu'il marque votre tentimett a* découvert , et vous convainc de tenir pour si» en conscience cette opinion : qu'on peut tuer pow un soufflet. » Pasc. « Ce ne sont pssltstestfF menu de M. Amauld qui sont hérétiques: et n'est que sa personne.... La grâce de 8**°*^'';^ tin ne sera jamais la véritable tant qu'il te defeo-

SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.

ra.... Tant il port« de malheur attx opinioni l'il embrasse l » Id. « 11 me dit que les examiiteurs mêmes ayaient dit que cette opinion est roblématique , et qu'il était lui-même dans ce ntiment. * Id. c Nous n'avons pas entrepris, ins cette dissertation , d'examiner les sentiments s saint Augustin, à qui on attribue Yapinion le je viens de rapporter. » Boss. « J'ai cru que I qui le rendait si opiniAtre à ne me pas croire loi-mème sur mes sentiments , c'est qu'il m'estilait trop pour s'imaginer que je fusse capable 'une optmofi (savoir que toutes les planètes )nt habitées] si extravagante. » Font. On dit opinion du mouvement de la terre (Mal.), opinion de la métempsycose (MoimsQ.) , et être a entrer dans le sentiment ou dans les sentiments e quelqu'un (Acad.). On traite une opinion de onne ou de mauvaise; on cherche à découvrir i sentiment d'une personne.

La pensée est particulière et subjective comme i sentiment j auquel elle ressemble beaucoup. I^es hommes se rendent si fort dépendants de optntofi des autres , qu'ils s'y laissent souvent mporter contre leurs propres pensée». » Boss.

C'est par là que l'auteur s'excuse de s'être loigné quelquefois des opinions les plus reçues lans les écoles, en leur préférant les pensées de [oelques nouveaux théologieus. » Id. « £tre héétique, c'est suivre sa propre pensée et son entiment particulier. » Id.

Vais la pensée n'a pas la certitude du senti' nent ; c'est quelque chose de hasardé comme une iremière idée, une inspiration subite, une ibauche, quelque chose qui n'a pas été assez ré- [échi et qui tient de l'imagination. C'est par rapport aux vues particulières d'un homme ce qu'est uelquefois l'optnton dans l'ordre des croyances :énérales : comme l'opinion peut n'être qu'un Téjugé, il arrive souvoit à la pensée de n'être u'une conjecture. « Vous pouvez consulter des ersonnes plus éclairées que moi sur les voies de lieu , et je vous conjure même de ne suivre mes entées qu'autant qu'elles seront conformes aux entiments de ceux qui ont reçu de la Providence autorité sur vous. » FAn. — D'ailleurs , pent^e st un terme tout intellectuel , uniquement relaif à la science , aux choses sur lesquelles on raionne. « Je commence par m'arrêter tout court n matière de philosophie , dès que je trouve une érité de foi qui contredit quelque pensée philo^ Dphique. » FÎn. « Je suis très-obligé au R. P. de a Barde pour avoir pris la peine de lire mes entées de métaphysique. > Dbs& c Les anciens 'étaient-ils pas excusables dans la pensée qu'ils ot eue pour la voie lactée. » Pasc. Mais le mot intiment est esthétique (d'aloOavtaOai , sentir), 'est>à-dire plus propre quand il est question de hoses de goût , ou bien de celles qui dépendent Q quelque façon que ce soit de la sensibilité.

Ah ! que ce quoi qu'on die est d'un goûl admirable !

C*est à mon Mntiment un endroit impayable. Mol.

On ne hasardera sur les ouvrages de Molière ien qui soit contraire au lenltmenf du public flairé. » Volt. « Il y a plus de 60 ans que j'étuie l'art des vers , et peut-être suis-je en droit e dire mon senltiment, » Id. c La pauvre Yaubrun

est toujours dans l'abîme de la douleur : je suis bien de votre sentiment, il y a de certaines pertes dont on ne doit point se consoler. » Sév.

Voilà Thomme en effet. II va du blanc au noir : Il condamne an matin ses tauimefu* dn soir.

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