‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 361 sur 444 · BOIL · texte numérisé non relu

BOIL

Aois se distingue des trois mots précédents par un caractère qui ne convient qu'à lui. Il est pratique. L'avtf est une manière de voir par rapport à ce qu'on doit faire : on avise aux moyens , à ce qu'il faut faire : et l'homme anisé vise bien au but, est prudent. On dit bien en parlant des philosophes, des savants et de tous ceux en général qui ne s'occupent que de théorie , leurs optntonf , ^ leurs sentiments^ leurs pensées; on ne dit point leurs avis. Mais on dit proprement l'ovû ou les aiTÛ d'xm conseil, d'un médecin, d'un avocat, d'un confesseur, d'une assemblée, c'est-à-dire ce qulls jugent le meilleur parti. « Lorsque les restes de Pharsale se furent retirés en Afrique, Scipion , qui les commandait , ne voulut jamais suivre l'avitde Caton de traîner la guerre en lon- •gueur.9 MoNTKSQ. c Je suivrai votre avis^ ma chère enfant, je vais m'entretenir de l'espérance de vous revoir. »Sév. On suit, on écoute un avit^ on en profite, et c'est agir conformément à ca qu'il recommande. Mais on a , on prend , on emr brasse une optm'on, un sentiment , une pensée; ce qui ne marque autre chose qu'un simple assentiment ou une détermination de l'esprit. « Oseriez-vous traiter ce bénéficier de simoniaque dans vos confessionnaux , quelque sentiment que vous en ayez par vous-n>ême , puisqu'il aurait droit de vous fermer la bouche , ayant agi»selon Vavis de tant de docteurs graves? » Pasc.— D'autres fois, ce que le mot cwit a de propre , c'est d'être ra* latif , c'est-à-dire qu'il suppose un avis antérieur de la même personne, ou, comme il arrive dans les consultations , d'autres avis proposés par d'autres personnes. On a une opinion , un sentiment, une pensée; on change d'avif , on est de Vavis de quelqu'un. «Autant de têtes, autant d'avis. » J. J. « C'est pour cela que j'ai voulu avoir l'avir du médecin , afin de ne pas exposer sur mon seul sentiment cette infortunée à recevoir à faux une si cruelle atteinte, s Id. < Il m'accuse, très-sûrement sans en rien croire , de n'être point persuadé du sentiment que je soutiens. Moi , je le soupçonne , avec plus de fondement , d'être en secret de mon a/vis, * Id.

iUSE.

« n pourrait y en avoir d'autres qu'elle qui seraient dans les mêmes sentiments (sur YÉcole des femmes).

dorante.

Je sab bien que ce n'est pas vous au moins, et que lorsque vous avez vu cette représentation...

ÏLISB.

Il est vrai, mais j'ai changé d'avif. * Mol. « Voilà le sentiment de votre petite servante, et je suis assurée que bien des gens seront de mon avis, s Siv. « Que deviennent le cuivre, le verre, le fer, avalés par l'autruche? Sur cela les avis sont partagés , et chacun cite des faits à l'appui de son opinion. » Buff. < Quand ces vieillards étaient d'avif différents, ils étaient si modérés à

DEUXIËUE PARTIE :

soutenir ce qu'ils pensaient de part et d'autreqn'on aurait cru qu'ils étaient tous d'une même opinion. » Fév,

OPINION, SENTIMENT, AVIS. Ces aoU se prennent bien dans le sens plus particulièroment propre à avû, dans le sens relatif; c'est-à-dire qu'ils peuvent s'employer tous les trois en parlant de gens qui jugent , confèrent ou consultent.

Alors opinion et 9entiment , en vertu de leur terminaison active, expriment «b« opération, une manifestation, un développement-, au lieu qu'or ts, a vwu, ayant une tenninaison passiiw, marque on résultat. On expose son ^nion ou son sentiment; on dit son aoû. Le combat des qpinions (Pasc.) et l'opposition des sentiments (o'Ag., Vbrt.) font concevoir à l'esprit une lutte, un conflit, un débat tumultueux; mais la différonce des avis (Vbrt.), est une expression tout abstraite qui marque une contrariété esseaiielie . et non pas effective, sensible, extérieure, éclatante. Opinion et sentiment représentent un événement, le travail de là délibération ^ etavw, une cbose , la décision prise. « C'est ce qui paraît par les avis des consulteurs auxquels le pape donna ces cinq propositions à examiner. J'ai ces aois entre les mains..*. On y voit que tours eptnions furent partagées. » Pasc. < Avant tarvèi ^ loin de défendre le combat des sênUmmts, la loi le permet. Mais à peioe l'arrêt ee^il fermé, qu'une soumission respectueuse doit succéder à cette contrariété d'optutoiM.- l'avis du plus grand lombne des magistrats devient le sentiment de tous, et la vérité adopte éternellement ce que la juslioe a une fois décidé. » D'Ad. «Le magistMt consulta encore les minfetres , qui comparurent ea conseil au nombre de quinze, tant pasteurs que professeurs. Leurs opinions furent partagées ; mais Vavis du plus grand nombre fut suivi , et -Nicolas exécuté. > J, i. Les juges ou les conseillers qui vont aux optriMmc expliquent et motivent plus ou moins longuement leurs manières de voir : « La compagnie fut enlevée de la beUe , longue et forte optnton de d'Antinraprès^tnée.» S. Sb Les juges qui vont aux avis font «onnattre ee qu'ils pensent » sans détail, en peu de mots. « Quand tous (daxis le conseil de régence) eurent dit leur avis en deux mots , je ne doutai plus que le régent n'all&t prononcer. » S. S.

L'optnion et le sefUtment diffèrent aussi.

L'optnton est générale : Vopinion de la minorité, de la minorité d'une assemblée (Acad.). Le sentiment est particulier : le sentiment de telle ou telle personne» Mon opinion sst celle d» mon parti, ou celle qui m*est commune avec d'autres; mon sentiment m'est exclusivement propre. Je partage une opinion déjà admise par un plus ou moins grand nombre d'hommes ; je fais partager mon sentiment. Dans la délibération qui eut lieu dans le sénat sur les complices de Gatilina, César ramena la plupart des sénateurs à son sentiment (Vbrt.). •- Ensuite , Vopinion est quelque chose de purement intellectuel, à qui on ne tient que par conviction , par attachement pour la vérité. « Si le vertueux magistrat règne souvent sur les opimofM des autres juges , c'est par la seule évidence de ses raisons. » D'Ag, « Le roi, frappé de

la solidité de ses raisonnements, embrasa sos opsfitofi. m Lbs. Le seAfimenl, au contnii«,fist quelque cbose à quoi «n tient et qa^oa àéfead avec passion. « Le sénat s'assembla aussitôt ServiUtts exposa la nécessité de rel&cher ((Mkpe cbose de la sévérité des lois. Appios, iaK^xR invariable dans s%6 premiers seRlûiKiili, s'y opposa censtamment. La diversité d'avis lit mitR de l'aigreur «ntie eux, » Vert. < Philootète et Nestor avaient déjà opiné qu'il fallait profite d'une si heureuse occasion (offerte par un Mùxé- Tous les cbefs^ éblouis par Tutûité d'une si fuik eatr^prise , i^laudissaient i ce sefifûMat.«Fn « Les hommes embrassent avec chaleur an hsi sentiment^ lorsque la passion le rend vraisesblable. » Mal. Les juges vont aux opinroM, et non pas aux sentimmUs »* ils doivent décider fr^i dément , écarter toute prévention , ne céda t aucune impression de laveur ou de haiae.

1« OBAW> VBMPÊTS ; -- 2* OCEAGAN, BOCI^ RASQUE, TOURMENTE. Altération TÎoleate oi beau temps, causant «a pouvant csnisr ^e désastres.

l"" Orage ^tempête.

Orage et tempête sent d*un usage Irès-fréqio, non-seulement au propre , mais encore au fipsi

L'orq^se distingue par le contenu, par ee^^. porte o« ce qui en sort : Voir âge crève, coonit nuée, et on dit an orage^ comme on dit» grêle de coups; l'ora^ ne se conçoit iMiats (çréle ou sans pluie, sans quelque shosi^ tombe du eiel. « Je ne «aurais dissimuler wxi 10(igtemp6>: U faut t^ ou tard que l'ore^e crèfe - J. J. c II vint à propos un or-a^ dans telop que les troupes 4e llaro«A»rèle mouraienlè soif. » VotT.

Si jusqu'à l'approcher tu poueses ton sndMe, Je fais sur toi pleuvoir ma ^tage de coups. Itn-

Quels pragêÊ ée coups vent londie eor toa d«:

lo.

oc Les habitants de la ville font pleuvoir sur le Romains un wnage de pierres, de fem et ^ dards. • Rou. Mais la lemptfle se distingutpirif bruit et le tumulte ; elle ne se conçoit pas sw le vents et une violente agitation de l'air; lerok Umpéter signifie faire du bruit par DéooDteatc* ment. « Dieu commande aux vents et à la msp4te. 9 FÉN. « Il se rembarque sans craîDli. comme a'H avait dans ses OMÛns les veoti et la tempêtes. » Boss. « Tout ce que j'ai pu faire pctf me sauver moi-même de l'éclat de tette tm^ c'est de dire que.... • Mol. « L'Église battaete flots, agitée par la tempête, » Mass. «Gns* Dieu, dès le premier Jour que je voulus fsini» votre service, le monde soulevé contre vci^ m'annonçait que des oroffts et une grêle de m heurs prêU à fondre sur ma tête. Mais votre pf<sence dissipa les vaines (hiyears qui m'itemaient,ettout cet appareil bruyant de tempétf^* enfanté pour moi que le calme et la tran<iBili)t<-/ ID. — Ce qu'on considère dans Vorofe, c'efi » matière et l'effet; dans la lempAe, c'est la minifesUtion, le mouvement, le fracas. La pan W» d'un orage se peut faire sur la toile , et law»" tion d'une femp^le dans une composition o*oale. « Jéstts-Ghrist lâche U bride aux (esi|iAff

SYNONYMES À EAIMCAUX DIVERS.

l permet inz TeatB d'agiler let onèles et de ousser lesn ilets juaqnes tui oM; oepeadant il l'est pes éoBB de cet orage; ma coiUike, il MTche dessu mec me nerveiUeiite cssnraioe, t foule MX pieds les lois irrités. » Boss. « Un tëros, dans une tragédie, dcitqa*il a eseayié mie 9mpéte , qtt'il a yn périr eoa Mai dans cet prage. 1 toncke, il intéresse^.. » Volt. « Le eeleU 'OTaitde taates parts , en se levant , le resCe d'an sniel ero^e.... U vit va jeune aourrisson des iiiseR,à qai la «mip^^vaift dérobé lesonmeiL» ^a. «Ces mitges Ainesles lo«t d'an «onp lae- «ntla Umpête et oansentan oroffe tpâ précipite BS Tsisseaaz dans le Ibiid de i. mer, » Boff. lorsque les airs sont «gités par la tempéU, lé« ^re comme le vent, la ftrégale e^élère jusqu'aoK "^es , et va cherotier le caine ea s'élûraent auiNBUs des oro^er. » Id. c L'aigle, en a'élevasA a-detsusdes nuages, pevt passer to«t à coup e rem^tfètts le%aline, Je«ir4Vin eieleevein et *une hûmière pore , tandis qm les entras animan mt battus de la tempête. • In. « raaiws , dans Bt eQdnitde ^wn récit, «ne -eocaekM de iw«s lire uae deseriptioa de «emplfe , de peindra l'air Mit ea fea, de tiire grender la fondre, siffler

» Teau, soutefer les flots, M e«f«f»;inaâB Ibmmt à part tontes ces Henrs de rbètoii^ue, je oos dirvi qoB Voru§e fat vinleot et afeus ol^gea e relâcher à la peinle de l'Ile de Cabrera. « Las.

Les omges eut lieupeitoati on appelle ofdinai- Œieot Innp^iet les oroffBi de flwr, parée que «nz-ei nuisent, non par les choses qnMls lancent l'en haut, mais par Timpélndsité du veut, par 'agitation désordonnée de l'air , à laquelle s'ajoute «Ile des flots. « Saint Augustin dit que la terre ist agitée par les guerres comme la mer Test par es temp^ef . En elTet, le genre humain a ses ora- ^i; tels sont les tristes jours où noua voyons [ne le ciel semble couvert de tous côtés. » Tim.

Les eragfes qui agitent l'air le purifient; les empétes qui ébranlent et renrersent la mer, lui ont jeter les corps morts sur le rivage. » Boss.

Les orages sont en généra! moins considérables ne les tempêtes. Les orales et les tempêtes.

Dans un temps d'oraj^e et de tempête, » Uass. , îoLL. « Sur la cdte de Malabar, les pluies, les rages , les lemp^(es rendent l'air aussi froid qu'il eut rétre dans ce climat. « Bctff. « On se laisse lier mollement au cours de ce fleuve de Baby- >ne ; mais les orages et les tempêtes ne tardent as de 8*y élever. * Mass. « Ces montagnes sont attues de l'orale et des Tempêtes dans leurs paries basses, pendant qu^u sommet elles jouissent i^an beau soleil et de la sérénité parftdte. » Boss.

Au figuré , comme au propre , Torage est ifim ftit que la tempête, « Doctrine ét^lie sur la ierre, qui empèdie les nrsfet et les tempêtes, » loss. « D*où sont partis ces fléaux? où auraient u se former ces oro^ei et ces tempêtes , si ce 'est sur les autels mêmes? » Mass. « Les orages lies tempêtes des intérêts humains viennent se riser vainement contre la. fermeté de ce magisat. » D'Ag. oc Autrefois les souverains tenaient ii-méines leur parlement. Ils descendaient du he po\iY monter sur le tribunal; et se partaint en -^re le bien public et le repos des parti-

oaBers, après avoir calmé ces grandes tempête, qui troubient les régions supérieures de TStat, ils venaient dissiper ces petits orages qui s'élèvent qirelqnefois dans les inférieures. • FiécH.-- D'autre paît , ora^e se dit de ce qui peut tomber sur et accabler, comme la pluie et la grêle, des disgrâces, des acoidents, des réprimandes.^ Lorsque mon père apprendra les choses, je vais voir fondre sur moi un orage soudain d'impétueuses réprimandes. i» Mol. Tempête convient en parlant «tes persécutions , c'estrà-dire de ce qui vient de côté et pousse à ht manière du vent , de ce qui t«id à YAiyerser. « Et que fera pour résister A <ie si TÎolento efforts (soulèvements des souverains) , et pour soutenir de si afl^uses tempêtes , une petite troupe de gens (Jésus-Christ et ses disciples) livrés comme des victimes au pouvoir de teurs peraècutears? » Bouhd. On se met proprement à couvert de Vorage , et à l'abri d? la tempêU.

3* Ouragan , bourrasque , tourmente.

Vouragan eat «ne faneuse tempête , dans laquelle les vents opposés^combattent les uns contre les autres et forment des tourbiûons. « Il y a d'autres espèces é^ tempêtes que f <m appelle des ouragans, qui eont enoore plus «4elenies «que ceHes-ci, et dans lesqueites les veste semlilent venir de tous les côtés; ils ont un mouvement de tounetenoent et de tourbillon auquel neR ne peut résister. • Bitff. « Les ouragans ne sont que des tourbillons ou toumoiemeBrts â^m produits par des vents contraires. > In. « Les enrobons sont le fléau des Antilles et de Madagascar, où ils agissent avec tant de Aireur, qu'ils enlèvent quelquefois les arbres , les plantes , les animaux , avec toute la terre cultivée ; ils font remonter et tarir les rivières, Hs en produisent de nouvelles , ils renversent les montagnes et les rochers , ils font des trous et des gouflres dans la terre. » In. « Le typhon n'est pas uniquement produit par le toumcHcment des vents , comme Vouragan. » In. oc On voit souvent , lorsque les vents sont violents et contraires, les ouragans élever des tourbillons de sable, déterre, et souvent ils enlèvent et transportent dans ce tourbillon les maisons, les arbres, les animanx. » In. « Des oura^fatia m'ont arraché le fruit de douze ans de travail , et une assez longue maladie voulait m'emporter dans le pays où il n'y a point û'ouragans et où l'on ne sent pas le moindre vent coulis. > Volt. •( Il y eut, le jour de la Chandeleur, un ouragan si furieux , que personne ne se souvient de rien qui eût approché d'une telle violence.... Le haut ^ de l'église de Saint-Louis tomba ; beaucoup de * gens y lurent tués eu blessés.... Cet ouragan a été l'époque du dérangement des saisons et de la fréquence des grands vents en toutes. » S. S. c Voilà le vent , le tourbillon, Youmgan , les diables déchaînés qui veulent emporter votre château. » Sév.

La bourrasque et la tourmente sont des tempêtes qui ne se produisent que sur mer, et chacune a son caractère propre.

La bourrasque est subite et de peu de durée ; c'est, en d'autres termes , un coup de vent. Une bourrasque imprévue (Mol.), inopinée (Scarr.)» « Il survint une bourrasque. » Las. La rour^

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