‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 362 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

mente est une tempête spontanée , on considérée uniquement par rapport à la mer qu'elle tourmente, qu'elle agite, qu'elle met en confusion. « Les volcans anciennement submergés, avec les contrées qui les portaient « excitent sous les eaux des tempêtes si terribles, que dans une de ces fourmenfes arrivées aux Afores, le suif des sondes se fondait par la chaleur du fond de la mer. » Duff. c On dit que la mer est courroucée , pour dire qu'elle est fort agitée, et qu*il y a une grande tourmente. • Yauo. < Cette mer sans cesse battue par la tourmente^ c'est la vie. » Uaru. c La tourmente annonce que la mer a conçu les vents dans son sein. > In. — * Au figuré , bourrasque veut dire un accès d'humeur. « Je n'ai jamais été follement prodigue que par 5ourrtuque. » J. J. Et. tourmente désigne une agitation interne , une sorte de fermentation. « Dans tous les lieux où le peuple a coutume de s'assembler les jours de fête , la fermentation fût extrême. Le Palais-Royal était rempli d'une foule agitée, comme les flots de la mer le sont dans la tourmente, » Harm.

ORGUEIL, SUPERBE, AHOUR-PROPRE , MOR- GUE. Opinion trop avantageuse de soi-même.

L'Académie définit ainsi tous ces mots et ne paraît mettre entre eux aucune différence bien nette. Cependant chacun d'eux a une nuance particu-* lière qui doit empêcher de le confoiMlre, nonseulement avec ses synonymes indiqués ici, mais encore avec tous ceux qu'on pourrait lui compa* rer, comme présomption, vcuiùé, suf/isanee^ etc. (voy. l'article suivant).

Orgueil est le terme général, commun, de tous les styles.

Auprès d'elle est VOrgaeU qui se plaît et s*aâmire.

Volt.

Le mot orffv^l a toutefois son idée propre. Le primitif, quel qu'il soit, d'où il dérive, doit signifier l'enflure; car il y a le plus grand rapport entre l'enflure et Vorgwil. S* enfler est synonyme de s* enorgueillir ; on dit bien enflé, gonflé, bouffi éCorgueil, et dans ces façons de parler on ne saurait substituer à orgueil aucun de ses synonymes. « Vorgueil est une enflure du cœur par laquelle l'homme s'étend et se grossit en quelque sorte en lui-même , et rehausse son idée par celle de force, de grandeur et d'excellence. » Nie. c L'oryuet Z enfle la bonne opinion qu'on a de soi. * Mark. 11 fait que nous sommes pleins de nousmêmes , pleins de l'idée et du sentiment de nos qualités , de nos perfections , au point d'en être comme enflés, au point même de ne pouvoir nous contenir et de crever : on crève d^orgueil (AcAn.). Cette double image caractérise suffisamment Vorgueil.

Superbe, substantif, ne diffère pas essentiellement d'orgueil: c'est la traduction exacte, et, pour ainsi dire , le calque de superbia , nom de Vorgueil en latin. Autrefois on l'employait communément, quoiqu'il eût été condamné par Vaugelas , et on le trouve encore à la place d*orgueil dans Corneille et dans Pascal. A présent, il n'est guère usité que dans une des parties de notre langue qui se sont le plus lentement affranchies du latin, c'est-à-dire dans le langage de la dévo-

tion. Et encore là même , c'est presqae toajooii un archaïsme, ou on terme dont on se sert ps dérision, c On est obligé, chez les chiétieQs,dt croire les contradictions pour humilier Untpcrbt de l'esprit. » Volt. « Les jésuites étaient si orgueiUeux qnlls ne voulaient pas qu'm bliisit leur orgueiL D*où leur venait ce péché de la» perbef9 In. « Toujours de Vorgueil, notre frèie! toiq'ouTS de la superbe! ne vous corrigeio-Tw jamais? » D>. — Cependant , le mot jvperbf ét£i tout latin pourrait être conservé pour représeaiff Vorgueil au suprême degré, et par exemple. ce> lui d'un souverain absolu , tel que Louis HT n Grégoire VU. C'est le sens que lui donne Siiitt- Simon. « M. du Maine et son parti coimaissaBS jusqu'à quelle faiblesse la tendresse et la svpek du roi l'avaient jeté pour ses bâtards.... On seiÉt jusqu'à quel point Mme la duchesse d'Orles était possédée du démon de la bâtardise, et çi la fMper5e, poussée jusqu'au fsSiatisme, était itvenue sa suprême divinité.... Rien ne blesse as la superbe des rois que.... La superbe àthp' tendue infaillibilité du pape l'empêcherait tajours de souffrir que d'autres attentasse&t â sterpréter ses condamnations. » « J'ti pis ^ jours-ci votre édition des Mémoires de Gtamont; j'ai relu l'épttre dédicatoire, elleoi'i^ monter la superbe à la tète. » Dunavr. Ob&sI très-bien aussi -la superbe épiscopale.

Vamour-propre est une passion, et D)èK,i vrai dire , la source de toutes les passions, iss en garde-t-il les caractères lorsqu'il est prisas le sens de Vorgueil et qu'il lui ressemble le {ilft C'est un orgueil sensible , irritable, suseep^. qui fsit qu'on s'offense aisément. « Il o'^n^ une lettre ; je ne daignai pas y répondre. II se^ le dédain caché sous ce silence ; son amovr-p*pre en fut blessé vivement. » J. J. « Diea pn^ plaisir à punir notre or^ueti par notre o-iv^ lui-même , en se servant de notre atMtLffrvfi pour nous faire souffrir, quand, par un eicéi' délicatesse et de sensibiUté dont notre crgudiA le principe , nous ne voulons rien soéàt.* Boonn. « Notre amour^ropre souffre plus iiiîpstiemment la condamnation de nos goûts que à nos opinions. » Laroch. « Ménager Vanrnrfipre de quelqu'un. » Mass. — D'autre part, c>i un orgueil aveugle qui nous jette dans des illusions sur ce qui nous regarde , et qui, pirsai|i nous rend ridicules aux yeux des autres. • ^^ mour-propre est fertile en illusions.» J.l* '^^ mour-propre nous aveugle d'ordinaire.... C» le plus grand des flatteurs. > Làbocb. ■ ^ amour-propre aveugle. » Rox.l. « La conwr* tion tomba sur les effets ridicules de rs»^' propre. » Lss.

La mouche et la fbunni oonleslsieol delearprii* 0 Japiter, dit la première > , ,

Faut-il que Vamour^propre aveugle les espnu.

Elle avait souhaité d'apprendre quelque (rsii>

Qui lui Itt voir, entre autre chose, Vamour-propre donnant du ridicule toi f^

OOUIII.

Son esprit (de Tartnfe) est rai<> Et peul-êUre à eurprendre il sera nslsisé.

SYNONYMES À ftADICAUX DIVERS*

Non ; on est aitément dupé par c« qu'on aime. Et Vamou^propn eogige à te tromper sol-mftme.

Mol.

Morgw signifie Vorgueil de la eontenaoee , cei qui coiuiste à prendre un air grave , austère , iposant , m£me menaçant , afin d'inspirer le ispect ou la crainte, ou bien le respect et la ainte. « La morgue des grands. » Labr.

T'&i-Je tracé la Tieille à morgme dominante, Qoi Tcnt, Yingt ans encore après le sacrement» ExigeT d'an mari les respects d'an amant. Bon..

La m^yrque présidentale. » S. S. « La morgue de . dignité de la grand'chambre. » In. « Le but de »ntes les fantaisies des femmes est de désorien- T un peu la morptie masculine. » J. J. « Je f attendais que Grimm me receyrait les bras ouerts. Il me reçut en empereur romain , a?ec une torytie que Je n'avais jamais vue à personne. » >. « En enseignant les jeunes filles , point d'air iché , point de mor^e. » In* « La bourgeoisie e Genève leur deviendrait encore si respectable u'avec leur mordue ils trembleraient devant lie. » In.

Et notre philosophe enfin s'est décelé, Il a repris sa morgue et son hnmear anstère. Disr.

Ces grands seigneurs ne se font respecter qu'à srce de morgue. > Volt, c Jamais on ne vit tant e grandeur et si peu de morgue (que dans le roi « Prusse). » In. « L'abbé de Saint-Pierre ne blftoait nullement l'air sérienz de Louis XIV , que Tautres appelaient morgue royale. » D'Al. « Le ^and inquisiteur, assb dans un fauteuil, au )out d'une longue table, tenait sa morgue. » Les. : Ces commis des bureaux, voulant qu'on eût iUtant de respect pour eux que pour des secréaires d'Etat, affectaient une orgueilleuse graité.... Je les attendais à table, pour les voir peu i peu changer de maintien. Mais ni ma bonne tumeur, ni les agaceries des dames ne purent eur foire perdre leur morgue de bureau. » In. ~ !e mot a une origine vulgaire : il signifie d'abord 'endroit, à l'entrée d'une prison, où on tient [uelque temps ceux qu*on écroue , afin que les luichetiers puissent les regarder fixement pour es reconnaître ensuite. Aussi n'est-il guère que lu style de la conversation et des lettres.

I. ORGUEILLEUX , SUPERBE , SUFFISANT, PRÉSOMPTUEUX, AVANTAGEUX, IMPORTANT, ^Allf , GLORIEUX. — II. DÉDAIGNEUX, FIER, UUT ,' HAUTAIN. ALTIER , IMPÉRIEUX , ARRO- SANT, ROGUE, INSOLENT. L'excès d'estime pour ioi^méme , une trop grande ou trop bonne opilion de son mérite personnel , effet de l'aveuglenent de l'amour-propre, c'est ce qu'expriment )n commun tous ces mots et ce qui fonde leur tyDonymie.

Hais ils se divisent d'abord en deux classes irincipales. Les uns sont absolus, les autres 'elatifs : les uns signifient des défauts solitaires , lui ne regardent que le sujet auquel on les attri- '>ue , qui ne le font considérer qu'en rapport avec lui-même ; les autres désignent des défauts qui ont de l'influence au dehors , des manières de le conduire par lesquelles on fait sentir sa supénorité au reste des hommes, on les blesse, on

les irrite , on les indigne. C'est, d'une part, quel* que chose de ridicule, et, de l'autre, quelque chose d'odieux. Qu'un homme soit orgueiUeu»^ superbe, tuffieanty présomptueux, avantageux, important y vain et glorieux^ il ne se compare point À vous , il ne cherche point A vous abaisser» il se borne à la satisfaction de lui-même, à se complaire en lui-même , vous n'avez point à vous en fâcher, à lui en faire un crime, vous pouvez seulement le plaindre ou vous permettre d'en rire. Mais qu'un homme soit d^datgneus, fier, hautf hautain , altier, impérieux ^ arrogant ^ rogue, insolent, dès lors, non content de croire qu'il vaut beaucoup , il s'imagine valoir beaucoup mieux que les autres , et il le leur fait sentir par des procédés ou des paroles dont on s'ofl'ense justement. Dans le fait , nous ne nous plaignons pas des orgueils, des suffisances, des présomptions, des importances , des vanités d'un homme envers nous ; ces substantifs n'ont pas même de pluriel en ce sens , tant ils sont peu propres à désigner des actes ou un genre de conduite. Mais on se plaint avec raison des dédains, des fiertés, des hauteurs, de Varroganee et des insolences de quelqu'un. On peut dire de tous les mots de la première classe comparés, à ceux de la seconde ce que Labruyère dit de l'importafil par rapport à Varrogant : « Pendant que l'on ne fait que rire de Vimportant, il n'a pas un autre nom; dès qu'on s'en plaint, c'est l'orrogoril. »

I. Orgueilleux f Sfiperbe , ^ suffisant^ présomp» tueux, avantageux, — imporf offit, vain, glorieux. Très-prévenu en sa faveur, qui a une grande estime de soi-même , mais sans se comparer aux autres, et sans prétendre les humilier, les accabler de sa supériorité.

1* Orgueilleux et superbe sont les deux termes les plus généraux. Chacun d'eux a pourtant sa nuance particulière.

OrguetI a beaucoup de rapport avec orgelet, petite enflure qui vient à la paupière, et qui ressemble à un grain d'orge. L'orgue»} est en effet comme une enflure de l'âme : l'orguetileus est tellement plein de lui-même qu'il en paraît tout bouffi; il se gonfle comme la grenouille de Lafontaine; il est enflé de son mérite, il se rengorge, c n se contemple , il s'admire À peu près comme s'il était seul au monde : l'estime qu'il a pour lui parait lui suffire , il ne songe pas qu'il y a d'autres hommes. » Cono. U se sourit à luimême et se croit sans défaut. En un mot , ce qui le caractérise, c'est la plénitude du contentement de soi pour des perfections imaginaires ou tout au moins supposées, et une sorte de bouffissure de l'âme qui en est l'effet.

Ce qui caractérise le superbe^ c'est une idée de grandeur et de faste. Superbe est traduit exactement du latin superbus; et , dans une autre acception , ce mot signifie pompeux , magnifique. De là vient qu'on n'emploie superbe que dans le grand et pour exprimer un orgueil qui se montre avec éclat. U faut occuper un rang éminent, et se trouver au moins dans un état où on brille des avantages de la fortune , pour être superbe; on ne qualifiera pas de superbe , mais bien d'orgueilleuxj un valet, un crocheteur, un men-

J^EUXIËKE PARTIE :

diant. On est orgueUteux , mais non pas mpêrhe , dans toutes les conditions. D'autre part, on peut ètn orgueilleux sous les apparences de l'humilité; mais on n'est «upcrbe qu*avee ostentation, à Ttsage découvert, et le front levé. « La cour fuperde de Vienne. » S. S. « Le plus par&it des anges avait été le plus superbe. » Boss. «t Voyesmoi cette Temme dans sa superbe beauté, dans son ostentation , dans sa parure. » Id. « La mort confond et réduit en poussière les plus superbes monarques, comme les derniers de leurs sujets.» lo. « Le pharisien est le plus superbe de tous les hommes. » Bourd.

.... Dans un des parfit , aux hommes réserré, GeUe femme superlm (Athalie) enire le ftoot levé.

Eac.

J*ai TU plus d'un héros, subjugué par sa flamme» Superbe stcc les rois, Ûble sTec une femme.

J'étais Jeune et superbe , et nourri dans un rang Où l'on pniia toD^ours l'orgueil arec le ung.

(Œdipe). lo.

2* Suffisant^ ptésomptueux^ et at>awutgews ont entre eux la plus grande ressemblance; car ils dénotent tous trois une même sorte à^ùrgueil^ celle qui consiste à s'en faire accroire , à se faire illusRtt sur ce qu'on peut. « L'orgueil qui vient d'un» confianoe aveugle dans nos forces , nous l'avons nommé prcffompfton. » Vauv. Or, cette espèce d'orgueil caractéristique du prisompdu/euxt lui est évidemment commune avec le suffisant tX VofOQSiUs^eiux,

Des trois mots le plus facile à distinguer est suflUmnSL L'usage lui a assigné une signification mmns: étaachie qu'aux deux autres ; il a uniquement rapport à ce qu'on croit pouvoir en matière de Jugements et de critique. En sorte que le suffitèmi a Vçrgueil de la capacité doctorale, du pédantisme ; il ne doute de rien ; il est tranchant et décisif. « Nous sommes des ignorants sur tous les premiers principes. A l'égard des ignorants qui fbnt les suffisants ^ ils sont au-dessous des singes. » Volt. « Il eet difficile de prendre un ton plus stt/jfisaiit (que l'abbé Desfbntaines dans son journal), et d'entendre plus mai ce qu'il loue et ce qu'il condamne. » In. c Dans ce livre règne un air de suffisance, un* ton décisif et tranchant qui a été blftmé. » In.

Des gens savtnts, instruits sans suffuanoe* In. « Un gouvemeur'Su/'/i<ont et sot , qui , pour tout mérite, saluait avec grAce. » Harm. « Il est bien persuadé de sa supériorité , mais elle ne le rend ni m/llUonl ni pédant. » Doosff. « Ce commentaire était nécessaire pour réprimer la suffisance étourdie de nos ignorants critiques. » Lab. a Les pharisiens faisaient l'étude de la loi avec tout le faste et toute la suffisance dogmatiques. » J. J. a Observez à Parts , dans une assemblée , l'air suffisant et vain , le ton ferme et tranchant d'une impudente jeunesse. » In. « La Samaritaine était une hérétique vaine et suffisante y opiniâtre et indocile, préoccupée de son erreur et déterminée à la soutenir. » Boord. Dans sa comédie du Glo^ rieux , Destouches voulant représenter aussi ce personnage comme suffisant dit :

Persuadé d'ailleurs de son habiletép H décide sur tout avec autorité.

Bestent présomptuemx et avontaprus ({oi rgardent la capacité en tout genre, et np^osat une confiance en nos moyens qui fait que dou comptons réussir dans quoi que ce soit.

Le pr^iomptueiiff présume; prm nuair, cfesUàxre croit d'avance qu'il viendra à bout de teDe ou telle chose , et ose en oonséqueDoe. L'owitsgeuv pense ou juge anantageusement de m. C'est plutôt dans les oocaaions proehaines d'agir et par rapport à tellee ou telles aotions i fÙR qu'on est présomptueux; o'est plutôt en gésàî et quand aucune occasion de passer aux efetsc: se^ présente encore qu'on est aoantagevat. Ce qo: frappe dans la présomptueux ^ c'est la certitOik du succès et la hanUasse à entrepreudre : ancw difficulté ne l'effraye , il est téméraire. < Pis»? pour présomptueux et pour téméraire. > lia c Si votre pénitence eat accompagnée de ces tns conditions, vous pouves, sans être téméniRe présomptueux , fait» fond sur elle. » Bom « L'ambitieux est bien présomptueux^ s'il se p» cure les honneu» dans lai persuasion qu'il «s digne. > In. » Soarenezrvoua de la sainte ùp cité de nos pères. Chacun mesurait ses emploi ses propres fbrces. L'ambition n'était ni pràoa^ tueuse y ni inquiète. » FlécBw cLe marèdialc: ViUeroi était également déplacé à la téteetis conseils eC des années , jyrdiompCaieiie et iapable. 9 Mark. C« qui frappe dans HemUr gmm , c'est uniquement la plénitude de oeelas en sa capacité : il commanderait les acmée. i gouvernerait les âtate j il captirenit \» f» mes lee plus nebeUes; il ne lui: manque qa'tf occasion ou^ une plaoe pour juatifier la booe opiniotr qu'il a de son ponvoiiu C'est va lii>U déteut du présomptueux tire phn à eoDsèqoen car il* l'eipoea k des déaappoinlemaits; on ^ souvent le plaindre* Celui de Vaxantageia q<s que ridlaule , d'autant qu'il ae borne ordiui' rement au tont^ à Fair, au» pamlea. Vipl^ d'avantageux conviant surtout et a sortoot si appliquée aux petits-maîtres- et aux manpii» qs sont parfaitement définis par*rAcadéniie : de jeunes gens qui prennent des ain omsH^ « Molière peignit ceux que l'on a appelés depà les marquis.... 11 y en avait qui pcnseùaii^ air avantageux et cette envie dominante àt s faire valoir Jusqu^au plus grand ridic'olfr • ^^' «c On avait appelé la cabale; du duc de Betotetcelle des- tmporfaiilti. oa appelait celle de C»iii. le parti des pellte-«a<trBf : ce nom de petitatftre s'applique aiiyonni'hui à la jeunesee eii^ geuse et mal élevée. » In. cd On ne lui tieoTtn pas à Potsdam l'air évaporé et xeaetsgt^^ nos prétendus marquis français. » la. < On n:: dans cette comédie un marquis lidicnlet ^^ tageux et poltron. » Lah. «Qu'ai-je trouférc fat, un jaloux ; un homme ammlagetis, qûf^' que la vertu la plus sévère ne demande pu buç^ que de lui céder. > Marm. « Il n'avait point U-^ ni le ton fat et axantageùx. » L J. « J* **** trop le ridicule des gaUnta surannés pour J<^ ber, et je n'étais pas homnfe à.dereDiroce"^ geux et confiant sur mon déclin. » h).

a- Important, tain et glorieux foioert "* espèce à part. Ils sont relatifs, non plus^«

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

qu'on peut, comme les précédents, mais à ce qu'on est ou à ce qu'on a fait. L'homme suffisant, présomptueux ou avantageua n'est pas timide. L'homme important , vain ou glorieupp n'est pas modeste.

Il en est de Vimportant dans cette classe de mots comme du suf^ant dans la p' écédente. Il dif< fèfe sensiblement de ses deux synonymes. Il semble d'abord marquer une qualité plus fixe, un caractère plus constant : on n'est pas important de quelque chose, comme on en est vain ou glorieux. Ensuite, important n'apas une aussi faraude étendue de signification : au lieu qu'on est vain et glorieux quand on s'exagère ou qu'on exagère toutes ses qualités et toutes ses actions quelles qu'elles soient, on n'est important que quand on s'en impose et qu'on en impose sur le personnage qu'on fait et sur le rôrte qu'on joue. £tre imporlafU ou faire Vimportani , c'est se figurer qu'on est considérable, d'un grand poids, qu'on a beaucoup de crédit, beaucoup d'influence; en un mot, c'est se croire un personnay.

Se croire un personnage est fort commun en France; On y fait lliomme ^impoHmnet, £àv.

« Saumery à la fin se crut un personnage; il fit le gros dos et l'important » S. S. « Saint-Germain Beaupré, ennuyeux et plat important qui n'avait jamais été de rien. » Ib^ « On. ne trouverait pas la même bonne foi dans le mépris dont certains hommes fastueusement décorés ont quelquefois gratifié les lettres. Ce mépris pouvait blqn n'être en eux que le masque de la baine ; car la vanité pusillanime feint de mépriser ce qu'elle craint, et ceux de& gens de lettres qui sentent la noblesse et la dignité de leur état sont redout^les à la sottise importante.* D'âl. D'autres fois l'important se tient et se fait passer pour indispensable; on le voit s'empresser, faire des embairras, offrir ses bons offices; vous diriez qu'on ne peut se passer de lui ; c'est 1^ mouche du coche, s Cimon, après son retour, sans se faire prier, sans se plaindre ni faire l'imporranl, et sans chercher à faire durer une guerre qui le rendait si nécessaire à sa patrie , lui rendit promptement le service qu'on attendait de lui. »

ROLL

Vain et glorieux paraissent différer extrêmement peu. Outre qu'ils se disent, comme importerni , eu égard à ce qu'on est et à ce qu'on fait ou à ce qu'on a fait, et non pas à ce qu'on peut, ils expriment au plus haut point le désir de Testime et de la louange. Le vain et le glorieux se vantent et se glùrifienty c'est-à-dire font sonner haut ce qu'ils ont et ce quils font ou ce qu'ils ont fait : ils dépendent de l'opjnion, ils tiennent à ce qu'on fas&e cas de leur personne, ils veulent avoir place dans l'esprit des hommes.

Mais vaiti, de vanus, vide, fait penser à la Tanité, à l'inanité, à la frivolité, au peu de valeur des choses pour lesquelles on veut être considéré; et glorieux, en vertu de sa terminaison réplétive , marque plénitude dans l'opinion qu'on a de son mérite et dans l'étalage qu'on en fait. Le vain a de la vanité, et la vanité consiste à

se faire valoir par la-j petites choses ( Volt. , Labr.). flc La vontC^ est Vorgueil des petites cho- I ses. » Lab. Le glorieux est te ut plein de sotte gloire ou de vaine gloire; il en regorge. C'est Yorgueill^Hx, omis V orgueilleux qui, non content de se complaire en lui-même, cherche à faire partager aux autres l'excessive bonne opinion qu'il a de lui-même. D'ailleurs , glorieux , en opposition à vain, et par son rapport à gloire, suppose plutôt de grandes et de belles choses pour lesquelles on prétend dtre, non-seulement estimé, mais admiré.

Deux mulets cheminaient, Tun d'avoine chargé «

L'&utre portant l'argent de la gabelle.

Celui-ci, g^optetur d'une charge si belle. N'eût voulu peur beaueoup en être soulagé.

Il Biarchait d^o pas relevé,

Si fiûanUi Bonaer «a sonneue. Lav.

«Si elie manquait par- mégarde à saluer quelqu'un : Teyez-^vmte, dirailM)n, cette madame la marquise, qui fait tant la glorieuse? C'est la fifle de M. Jourdatfi. » Mol. « Le père Castel est encore tout glorieux des: combats qu'il a soutenus contre Newton , teibnitx , etc. C'est le Don Qui^cbotte des mathématiques. » Volt. « Àlbucius, ayant été envoyé en Sardaigne , donna la chasse à quelques misérables troupes de brigands. Après quoi aussi glorieux que s'il eût gagné quelque importante victoire, il fait dans sa province la cérémonie d'une espèce de triomphe. » Bol£. «Celui des hommes quf, dans sa fantaisie, se croirait inventeur de tout cela (les Annales de Tacite , les poèmes d'Homère et de Virgile, etc.), serait un fou bien glorieux! » Mabu. — « Harsin fut remplacé par deux hommes les plus vaifis, les plus arrogants qu'il fût possible de choisir pour aliéner une nation fière , le cardinal d'Estrées et fabbé son neveu ; l'un tout glorieux de la pourpre ; l'autre , dévoré d'ambition. » h».

II. Dédaigneux, fier, haut, hautain, alHer, impérieux, — arrogant, rogue, Oteôlent. Les hommes auxquels on donne ces qualifications non-seulement s'estiment beaucoup , mais encore font peu de cas des autres et le leur témoignent.

Mais d'abord arrogant, rogue et insolent sont plus éloignés de se prendre en bonne part; ils renchérissent sur délaigneux, fier, haut, hautain , allier et impéiri^ix ; car ceux-ci expriment seulement qu'on se préfère aux autres , qu'on se croit plus qu'etix, qu'on les regarde à peine, qu'on les toise, au lieu qu'arrogant, rogue et insolent indiquent qu'on s'élève , non pas au-dessus, maia contre les autres (ad, in), qu'on entreprend contre eux , qu'on les malmène. D'ail^ leurs , c'est surtout par les discours que se montrent y arrogance et Vinsolence.

!• Dédaigneux, /ter, haut , hautain, allier, tmpérieux.

Le peu de cas que nous faisons des autres est exprimé purement et simplement' par dedaigneux; ce mot est tout objectif, c'est-àdire relatif à l'objet, aux personnes qui sont l'objet du dédain. La même idée est seulement contenue dans fier et dans haut, qui, déplus, ^ signifient la lionne opinion que nous avons de

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