DEUXIÈME PARTIE
1* Parttse^ indolence.
ÏA paresse^ de icapKatç, rolftchement, langueur, atonie, est proprement un défaut relatif à la volonté; et Yindolenee, de in doleret ne pas souffrir, ne pas éprouver d'émotion, un défaut re« latif à la sensibilité. Le paresseux ne trouve pas en lui-même assez d'énergie, il n*a pas le courage de sortir de son repos , c'est la spontanéité qui lui manque; Vindolent n'est pas susceptible de vives impressions , rien ne peut le tirer de son repos , il manque d'excitabilité et de mobilité. Le paresseux est incapable d'effort; il n'est pas lu:ile de piquer Vindolwt.
ik paresse est faible, l&che, pusillanime. oc Nul ne mérite d'être loué de sa bonté , s'il n'a la force d'être méchant; toute autre bonté n'est souvent que paresse ou impuissance de la volonté. ;» L4B0CB. c La modération est la langueur et la paresse de l'ime , comme l'ambition en est l'activité et l'ardeur. » Id. c Nous voulons nous persuader que nous faisons par modération ce que nous faisons par paresse. » Boss. « Effrayé des grands et rapides efforts qu'il aurait fallu faire pour m'évertuer, je tâchais de flatter ma paresse. 9 J. J. « C'est par paresse que je suis attaché à l'argent que j'ai , crainte de la peine d'en chercher quand je n'en ai plus. » Id. « La paresse vient de lâcheté , il faut la combattre. » Boss. « n faut Caire effort, il faut se faire violence : point dô paresse ni de langueur dans la voie du salut. > In. « Une vaine et lâche paresse.* Volt. « La piété véritable n'est pas une profession de pusillanimité et de pa/reue, » Mass. — VinMence a beaucoup de rapport avec l'apa« thie , l'indifférence et l'insensibilité. « Ce fonds d'indolence et d'insensibilité pour toutes les choses les plus augustes de la religion et les plus capâtbles de réveiller notre foi. » Mass. « Le beau loisir, la belle indolence et la bienheureuse insouciance dont Ëpicure gratifiait tes dieux, qui ne devient se mêler de rien, s'offenser de rien, s'intéresser À rien! » Lab. « Son indolence^ sa froideur, son insensibilité allaient â un point incroyable; il était également impossible de lui plaire et de la fâcher. » J. J. « On n'a aucune prise sur les naturels tndolento ... ; on ne peut les toucher jusqu'au vif; ils écoutent tout et ne sentent rien. » Fan. < Vindolenu des grands va jusqu'à les rendre froids et indifférents sur cet article (l'existence de Dieu) si capital. » Labr. « Démosthène ne cessait de crier contre l'tndo- Unce des Athéniens, que rien n'était capable de tirer de leur sommeil léthargique. » Roll. c Pour piquer la stupide indolence où nous demeurons sur ce sujet.*.. » lo* < L'air morne de l'unauet de l'aï, leur regard pesant, leur résistance indçlienU aux coups qu'ils reçoivent sans s'émouvoir, annoncent leur insensibilité. »
BUFF
QaeUe indolence , et quel air de firoidedr I Vous me glacez. Volt.
Ensuite, la paresse est plus odieuse que l'indolence; c'est décidément un vice, un des sept péchés capitaux , une espèce de langueur avilissante dans laquelle on croupit faute d'avoir ce qui est la condition de toute vertu, de l'empire
sur soi-même. « Un pasteur, encore en état di travailler, peut-il croire avoir acquis par ki travaux le privilég* de croupir donnais dias une indigne pareue? > Mass. « Si je voaIaiiài> ger mes vices en vertus, j'appellerais ms parcm une indoUnee philosophique. » Lis. c S'il inv Tait que quelque enfant tndolenl eût du pesehant â croupir dans la paresse.... > J. J. < Ce animaux (les hérissons) n'ont pas les moyens d'à attaquer d'autres^ ils sont naturellement tièlents et même paresseux. » Boft.
2* Nonchalance, négligence.
Le noncfcakini ,' de nonchcMr , n'avoir pss k chaleur ou d'ardeur , manque de zèle; il n'a pu cœur â l'ouvrage; il agît avec lenteur et oé lesse; il n'a pas plus de force, 4'éneigie, p« exécuter promptement que le paresKitsB'ai pour se mettre â l'ouvrage ou pour entrepreoài. c Travaux que nous subissons, non avec n nonchalance molle et paresseuse , mais avec o courage ferme et une noble contention, b Bie c Efforcez-vous : le salut ne se fait point m mollesse et nonchalance. » In. « Une pàiitcss et des œuvres satisfactoires pratiquées arec ai lesse', avec nonchalance , sans componctis, sans courage. » In. « Si quelquefois on lai s parlait devant. moi, je disais noncMasiMtei faiblement quelque mot qui signifiait le &:â qu'il m'était possible. > S. S. « Un pasteur qis ne travaille qu'avec nonchalance et plu?s bienséance que par véritable zèle i.... > hi. « Les soldats combattirent d'un côté aTecîs!» et vigueur, et de l'autre avec mollesse et iuhum^ lance. » Rojll. « Les centurions dirent à Ci^ que les soldats avaient pris les armes soRdit' lamvMntt qu'ils étaient sortis du camp m peine et lenteur. » In.
La négligence, de negligere, née Uçen.ft pas choisir, est proprement un dé&ut de soia, de vigilance, d'attention. Au lieu que bRA* chatance , comme la paresse , a sa source dusii faiblesse de la volonté, la négligenu a la sie^^s dans l'inapplication de l'esprit. Le négliga^f' dissipation, par. légèreté, par étourderie, Ui» échapper l'occasion, ou bien laisse preodK» égarer les choses, ou omet de les laite, <»v les fait que trop tard, â demi, impariaitejseai < Jésus-Christ n'est plus écouté , ou il est éc«3lt si- négligemment qu'on donnerait plus d'at» tion aux discours les plus inutiles. > Bossc Semblables à des hommes qui attendent, p conséquent très-attentifs. Et qui attendent-il»' leur maître, celui qui les peut punir, poorpea qu'il les trouve négligents. » In. « Le boa se.fi' teur devient encore plus soigneux et plus ^ gent par l'exemple d'une si sévère pufiiùo& ^ la négligence. » Id. « Un moment d'attention^ parera une longue négligence. » D'Ag. •^^ ment un acte aussi important était-il H^- La cour romaine est-elle si négligente? » ^>>^' « Les Bavarois, qui avaient mal gardé le 1^' réparaient leur négligence par leur vaieu>' ' In. « Un bon général doit bien se dmtt * garde de relâcher ses soins et sa yigj^^ dans les bons succès, la moindre négUs^' étant capable de tout rainer. » Rou* < On c^ ^
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
lit pas en peine de le garder exactement. Il prêta de la négligence de ses gardes et s'échappa e Rome. » Id. « Je fus jusqu'à la fin du plus rand ordre et de la plus grande exactitude en rat ce qui regardait mon dcToir essentiel. Peronne n'eut jamais à me reprocher une seule égligence dans aucune de mes fonctions; ce qui st à noter pour un homme aussi négligent et ussi étourdi que moi ; mais je manquais parfois e mémoire et de soin dani les affaires particuiëres. > Buff.
PARESSE, FAINÈAirriSB. Défaut d'un homme tii de lui-même ne se porte pas à agir , qui y èpugne.
< La fainéantise est un plus grand vice que la >are$se , » dit l'Académie*
En effet la paresse peut consister uniquement
n'aimer pas à se mouvoir, à être sédentaire, «a allant. « Si ma femme était plus allante; nais elle est d'une paresse incroyable à sortir de a chambre, b J. J. « A-t-on jamais vu un iomme , né avec de l'aversion pour danser , se tonner du goût pour la danse, un homme sédenaire et paresseux rechercher le mouvement ? » ToLT. Mais la fainéantise est toujours de l'aver* ion pour le travail, et pour le travail utile. iCela accoutumerait au travail mille indignes *ainéants qui ne fondent actuellement leur misé- 'able vie que sur le métier inAme et punisable de mendiants. » Volt. « Les orfèvres , les graveurs, les doreurs, les brodeurs ne sont, à ;oD avis, que des fainéants qui s'amusent à des eux pa traitement inutiles. » J. J. « La quantité les fêtes était pour le peuple, selon l'abbé de laint- Pierre, l'aliment de la fainéantise et du ice. » D'Al. c Ce que les Perses trouvaient le )lus Iftcbe , après le mensonge , était de vivre l'emprunt. Une telle vie leur paraissait fai" léante , honteuse , servile , et d'autant plus méprisable qtl'elle portait à mentir. » Boss. Bn ce ens, le paresseux est immobile , et le fainéant l'est rien moins que laborieux.
D'autre part, la paresse se eonsidére plutôt elativement au sujet, et le fait voit dans un état te langueur et d'impuissance sur lui-même, [a'il s'agisse de l'action de l'esprit ou de celle [q corps; au lieu que la fainéantise appelle rétention sur le résultat de l'action du corps seuement , et en montre la noliité ou l'inutilité. Le paresseux ne peut surmonter son penchant ; le ainéant ne fait rien de bon , c'est dans la soâété un être méprisable. « Marivaux fit à un nendiant la question que les fainéants aisés font i souvent aux fainéants qui mendient : Poul^ [uoi ne travaillez-vous pas?^ Hélas 1 monsieur, épondit le jeune homme, si vous saviez com* ùen je suis paresseux! > D Al.
Enfin , il y a dans la paresse une sorte d'eurainement fatal, de nécessité de tempérament !n quelque sorte excusable ; le paresseux n*a pas a force d'entreprendre. < Tous les hommes tendent à la paresse, » Boff. « G. Antonius était in homme naturellement paresseux» » Vebt. >ans la fainéantise il y a la volonté décidée de le rien £aire; le fainéant a pris le parti et choisi e métier honteux de vivre aux dépens d'autrui.
« Le partage de ceux qui se consacrent à l'figlise, on le regarde comme le parti des l&ches et des fainéants, • Mass. c Saint François crut
Qu'un vrai chrétien doit gneoser daos la rue , Et vonlol que tes fils, vohmteu fainéants^ Fissent serment à Dieu de vitre à nos dépens.
VotT.
« J'ai conçu une certaine horreur pour cette vie fainéante de moines. » Rac.
Sans sortir de leurs lits, plus doux que leurs hermines,
Ces pieux fainéants (les chanoines) lisaient chaaler matines. Bon..
PARFAIT, ACGOHPLI, (CONSOMMÉ). A quoi il ne manque rien.
Parfait a une signification plus étendue : parfaite maturité (Acad.), le vide par/ai^In.) , une d>scurité parfaite (In.), parfait équilibre (Pasg.), faire de grandes avances pour rendre les marchandises parfaites (FéN.)* Accompli ne s'emploie qu'en parlant de l'homme, de ses qualités et de ses productions.
A l'égard de l'homme et de ce qui s'y rapporte, parfait se prend quelquefois en mauvaise part , accompli y jamais, c Cet homme enfant serait un parfait ixnbécile , un automate. » J. J.
n l'épouse , et bientôt ton hôtesse nouvelle Le prêehant lai fil Toir qu*il était, au prix d'elle. Un vrai dissipateur, un parfait débauché. Boil. Faut-il d'un toi parfait montrer l'original? Id. Le coquin parle en prince, et n'est qu'on gueux parfait, Lap^
Quand les deux mots représentent dans l'homme ou comme venant de l'homme quelque chose d'excellent et d'estimable, parfait em* porte une idée d'unité et de simplicité , accompli une idée de multiplicité et d'assemblage : un musicien parfait est aussi bon que possible; un homme accompli réunit en lui différentes sortes ou toutes sortes de mérites. C'est pourquoi , comme on le voit par ce double exemple , parfait convient mieux qu'oceomp^t avec un nom qui indique dans les personnes une spécialité, une qualité particulière ou unique: musicien, danseur, cuisinier, censeur, courtisan parfait. Une beauté parfaits a la qualité beauté à un degré très-haut, elle peut ne briller que sous uh point de vue , sous celui de la figure , par exemple; une beauté accomplie réunit plusieurs perfections, plusieurs qualités éminentes. « Mme Mazarin était une des plus parfaites beautés de la cour. Il ne lui manquait que de l'esprit pour être accompite, et pour lui donner la vivacité qu'elle n'avait pas. » Dblaf. Un ami est plutôt par/ati, et un époux auompli , parce que l'un est envisagé sous moins de rapports que l'autre : « Je réunis en ma possession l'ami le plus parfait et l'époux le plus accompli, » Mark. En disant parfait orateur , parfait modèle , vous pariez d'une manière absolue et synthétique; en disant orateur accompli, modèle accompli, vous vous servez d'une expression analytique , qui suppose ou fait attendre une énumération , un détail. « 0 ciel ! que ma maltresse est digne de l'amour que j'ai pour elle! On ne peut rien trouver qui soit comparable à sa beauté. Elle est accomplie,.,. Sa
Ma
DBimifiliS PAftTJE
taille,. j9 a'ea vanx rifludin». ctr je^u i^uU trourer de paroles qui en pttiuent donner une juste idée. Tout enfin., jusqu'à ses pieds, eil .digne d'admiration. Ta nature a pris plaisir à la former touta parfaite» » Lis. « Nenr» adopta Trajan, princa la pins accompli dont. Uhiatoîre ait jeanais parlé , grand homme d'£tat , grand ca^ pitaiiM,. ayant un ctaat bon qui le portail au bien , un esprit éclaira qpi lui montrait le.meil* leur^ une aine noble , grande, bcJU; arec toutes les vertus , n'étant extrême sur auAuna. » M on- •asQ, tt Cet.boBuna est un mitt açcm^îi^ un abrégé de toutes les vertus. » Lu*. On Ait auompH en tout> gem^^Mi touteo. alMaesM aïk ou.de tout point.
GommeBtpréieBdea-Tous que. soit. lUl votre cmdrel
lUOAMX OEOOKIC;
Se prétends qu'il loU ftdt commer on n'en treovr
point; QÉ41 ioét posé, dlMSet, mampU * Isnlprinl; Qu'il ail, atee du bien, une honnélensisMiieer OnL'il ne bese point voir cee>tMit9de pétnlanoe... ; Qu'il ait auprès du sexe unrpen d|ft poUlesse^ Qu'il mêle à ses disconrs certain air di sagesse... •
Parfait va bien surtout avee les noms des choses abstraites, parce qu'elles sont sans parties et représentatives, d'une seule qualité , d'un seulpointde vue : parfaitaeaoîaaDkiéfpatrtBBite concorde , parfaiie aoumisaioar déimtégiweenient par/Suit. « Cette année, les vins parvinrent au plus parfait. degrÀ de» maturitÀ et. de bonté». »