DEUXIÈME PARTIE
Celui qni mel un Mb I la fnreor dM flots (Id.). — Vais circonloeution est plutôt on terme de grammaire, et la eireonloeutian un moyen de faciliter l'intelligence , une expression siÀstituëe à l'expression o^inaire, moins par art et arec une intention oratoire ou poétique que par nécessité , pour la commodité, Tutilité ; quelquefois c'est un dé&ttt de diction prorenant de l'ignoranee du mot propre. « On trouve un grand nombre de mots qui ne peuvent désigner suffisanmient un objet , à moins qu'on n'y ajoute on second mot : de là vient le fréquent usage des drew^locutionê » Tàn, « Il a été désappointé; il n'y a que ce mot. Servez-vous-en donc , vous qui voulez qu'on vous entende vite; vous savez que les ctrcofitoeititotiff sont la marque d'une langue pauvre. » Volt. « Combien de fois deux mots latins, artistement liés, vous ont demandé pour les rendre une etramlocutûm / > Mark. « Si vous négligez les règles de la grammaire, j'aurai souvent de la j^ne à pénétrer votre penséîe. Employer des mots amphibologiques ou des etrcofiIocuttoiM inutiles; confondre le pluriel avec le singulier... : tous ces défauts concourent également i robseurité du style. > BAaTB. — En traduisant le livre où Longin fait une description de la pér^hrase , Boileau se sert de eircùtUocutiom pour rendre les mots grecs qui n'ont pas en français d'équivalents exacts (BoiL.).
!• PBHHIS, LICITE, LOISIBLE; — )• UftGI- TIHE , LÉGAL. Qu'on a la liberté ou la faculté de faire.
C'est exactement ce qu'expriment permii. lieitt et lomble. LégUime et légai disent plus. Hon-seulement ce qui est légitime et légal n'est pas défendu , est toléré ou souffert , mais encore il est approuvé, recommandé, et on se rend coupable quand on s'en écarte. On est mettre d'user ou de n'user pas des plaisirs permit ou Kcitet; on n'est pas maître de faire ou de ne pas foire ce qui est 2^^'ltine ou légàl^ on doit le faire , on doit s'y conformer. La chose permife, licite ou loisible est arbitraire , laissée à la volonté de chacun , indiflférente ; la chose légitime ou légale est respectable par son rapport avec la loi (les, legis) , c'est l'objet d'un devoir en même temps que d'un droit. Il n'y a rien à dire contre celui qui suit des voies permises ou Udtes, il ne pèche pas; il y a des éloges à donner à oslui qui suit les voies légitimes ou légales, il a le mérite positif de se soumettre à la loi, de pratiquer le juste , d'obéir à la raison.
1* Permis, licite , loisible. Qu'on peut &ire, si bon semble.
De ces trois mots, permit est le seul qui soit communément usité ; licite est un terme dogmatique de morale ; et loisible une expression qui a vieilM ou 4ont on ne se sert que dûis le style familier.
D'ailleurs , à la différence de licite et de loisible, permis annonce l'effet de l'action de permettre , suppose une auturisation donnée par quelque supérieur que ce soit , qui fait une dérogation ou une exception à tme défense établie : la chasse est permise dans un département à telle époque d« Tannée , en vertu d'un arrêté préfec-
toral. Kais on dira en morale , nos avoir égard à
une défense antérieure, corrigée on nsi»Bdu
par la décision expresse d'une paiisuice qudon-
que, que telles ou telles clioses sont licda.
« Accorder la vertu avec les pUsin tieàa.i
Disc. « Et sans parler que des gains Nettet, ob
paye à l'ouvrier son temps et son onTrage. >
Labk. c Si les plaisirs même lidtet n'étaient pa
aux mondains des dispositions prochaiifts m
illicites.... » Boonn. « Que m'en resle-t-il, de
plaisirs licites f un souvenir inutile; des iUieitei.
un regret. » Boss. « David se foit une nénsdÊ
de ne se défendre que par les moyens }Mitei.i
In. « Il n'est pas défendu de trouver dn pâ
dans les choses licites comme dans le boire etk
manger. » Id. « L'ambition fait trouver Itcito a
honnête tout ce qui avance notre éléTatioii.>È
— L'usage de la viande est permis pendant ka-
réme à ceux qui sont di^Mnsés de Tabstioac
par l'autorité de TEglise; en soi, moralenoi,
abstraction faite dès règlements prohibitif es
religions , l'usage de la viande est Ueite.
Loisible est ou Samilier ou un mot aneiaB^
ment consacré en termes de contrits, ifé£ii:
d'ordonnances ou 4'autres choses seohbii^
« Pourquoi loisible, nuance fine et délicittè
permis^ n'est-Q plus du haut style T* lia
Dans le Misanthrope , Célimène dit à Alceste:
Hé bien ! ailes . sortez , Il vous est toal hiàb
De même , dans VÉiùurâi , Kascarille iV&^ fait semblant de vouloir se tuer :
Soil , 11 vous est loiiihU. b.
D'autre part, Bossuet, dans un statut cootrsifi prêtres qui s'éloignent trop longtemps âe ko diocèses, déclare qu'il ne sera pas }»^^ réfractaires d'administrer les sacrements. Tt- Uire, dans une pétition des états de Gei t roi : « Les états de Gex se flattent qne i ^ quatre mille cinq cents quintaux de sel œj^ naient point, il sera loisible auxdits états «s pourvoir, en vertu de Tarticle Z del'éditdefr tre Majesté. » Et ailleurs, dans une lettrd Mme Dudeffand : « Votre petite mère daigne pr»poser la paix entre Li^letterie et ipoi. Je d^ mande pour premier article qu'il me P^™'*^* vivre encore deux ans, et que pendant ce» «c années il me soit loisible de faire une épiffram» contre lui tons les six mois. »
!• légitime, légal, qu'on peut faire, oofiû' mément à la loi, se trouvent distingués I'obv l'autre dans la I** partie, p. 278.
PERSONNAGE, RÔLE. La partie d'na^^ dans une pièce de théâtre, ce qu'il joae, oeifvj^ a, ce qui lui est donné & jou^ ; figurémeot^ part de chacun de nous dans le monde ou ^ une affaire, la manière dont nous y sonuoes^s dont nous nous y montrons.
D'abord penonna^e est plus relatif à la f*'^ fonne qui est mise en action et à ses (piaiites< râle l'est davantage 4 l'acteur «< ^ «" T, tion : un perfoimo^ est noble ou bas, P^, petit; un rdto est aisé ou difficile, bien ooi»" rendu. .
Hais ensuite pertoimeve exrtk^ V^
STNOimiES À RADICAUX DIVERS.
aussi ron et Taatre eu égard à la personM amenée sur la sc&ne et à Tacteur qui s'y montre rur elle. Dans telle tragédie, le personnage ou rôle d'Oreste est admirable; un acteur joue le ferionnage ou le rôle d'Oreste.
Alors pertannage indique la manière d*étre , et rôU la manière d'agir. Dans le Misanthrope , c Alceste est un homme droit, sincère, estima^ ble, un véritable homme de bien, et Molière lui doDoe un personnage ridicule, s J. J. Un personnage^ c'est-à-dire évidemment un caractère, c Les charges étrangères que Molière a données au rôk d'idoeste l'ont forcé d'adoucir ce qui était Bssestîel au caractère. » In. Ici le rdie, opposé ui caractère, signifie la conduite, la suite ou l'ensemble des actions.
Bien jouer le personnage de Phèdre , c'est Caire ^nnaitre Phèdre telle que le poète l'a conçue ; bien jouer le rôle de Phèdre , c'est faire et dire somme il faut ce que Phèdre est supposée faire et lire. L'acteur qui joue un personnage imite un nodèle, le représente, le dépeint, en prend le uaintien, le ton et les gestes, donne l'idée de ^ qu'il est; l'acteur qui joue un rôle donne l'idée le ce que fait la personne dont il tient la place . il en reproduit devant vous les démarches, les intrigues et les discours.
On soutient un personnaget et c'est rester fidèle lu caractère, à l'idée qu'on a entrepris de dérelopper; on remplit un rdZe, on s'en acquitte, lomme on remplit une t&che, une mission, ou ^mme on s'en acquitte. On &it plutôt un per- ^nnage, comme on lait l'important, le fier, le naïade, c'est-à-dire qu'on se présente, qu'on se Dontre tel ou tel; et on joue plutôt un rdZe , omme on joue^ une partie , un tour d'adresse , 'est-à-dire qu'on fait telle action. ■ Nos promeides sont changées en comédies pubh'ques , où lacun, acteur et spectateur tout à la fois , vieni ire son personnage et jouer son rôle. » Bourd. mm de Sévigné avait obtenu une grâce. Elle iri 1 à sa fille à ce sujet : « Que n'a point fait isssi mon cher comte (de Grignan) I II a joué son )l« di?inement. Enfin vous avez lait tous trois }s personnages en perfection. » « Ce qui f&chaii lyavedra, c'est que je ne lui donnais aucun rôle jouer dans cette comédie. Il s'en plaignit à moi l me demanda s'il n'y ferait qu'un personnage luet. » Lbs. « Vous , vous faites le môme perinnage que dans la Critique (de YÉcole des femler).... Pour vous, vous représentez une de ces irsonnes qui prêtent doucement des charités à ut le monde, ie crois que vous ne vous acquit rez pas mal de ce rôle, » Mol.
Au figuré , cette différence est palpable : pernnage exprime ce qu'on est ou ce qu'on lait mbUnt d'ôtre, le rang, la qualité; et rdie, ce fon fait , la conduite, là part ou la sorte d'ac- )n. Un haut dignitaire joue un grand personne ; un homme ou un peuple qui se distingue r des actions éclatantes et importantes, joue un and rôle. On joue un beau personnage dans le ville où on occupe une place honorable ; on ne un beau rôle dans une affaire où on a^it en *mme d'honneur.
Faire ou jouer le personnage d'homme de bien,
c'est s'en donner le caractère; jouer le rdie d*ua délateur, c'est en faire l'action.
« L'intérêt joue toutes sortes de personnages^ même celui de désintéressé. » Laroch. c C'est un beau rôU que celui de prendre en main la défense d'un homme innocent. » Volt.
Charles- Quint se fit reltgieuz, < oii^iant absolument le théâtre où il avait joué un si grand personnage. » Volt. > C'est son fils, PbHippfrlI lui- môme, qui força les peuples des Provinces- Unies à jouer un si grand rôle, s Id.
c Non, grâce au ciel, repartit le ministre, ma mémoire n'est plus occupée du personnage que j'ai &it à la cour, et j'ai pour jamais oublié les honneurs qu'on m'y a rendus. » Lbs. • On ne soutient pas longtemps un personnage feint et simulé, et l'on revient bientôt à son naturel.» RoLL. — « Je ferai voir quel était le rôle , ou plutôt le ministère du poôte lyrique , dans les conseils , dans les armées , dans les jeux solennels et à la cour des rois. » Mark. « Carbon, que nous verrons dans la suite jouer un grand rôle dans tous ces troubles. » Roll. « Cet ambassadeur a bien joué son rôle dans la négociation dont on l'avait chargé. » Acad.
PERSONNEL, ÉGOlSTB. Deux mots de la fin da xviu* siècle, qui servent à qualifier un homme trop attaché à ce qui le regarde, à ses intérêts, à son bien propre. En 1778, il parut de l'auteur dramatique Barthe une comédie jntitulée Y Homme personnel ou VtgoxiU, < A Sparte, le larcin était le châtiment de ce qu'on appelle le personnel y VëgoUme. On voulait qu'un enfant pût dérober ce qu'un Spartiate s'appropriait. » Volt.
L'homme personnel est moins odieux que Yégoisle, Il aime sa personne, sa petite personne^ il tient à ses avantages personne ^ mais sans se comparer aux autres, sans entrer en concurrence avec eux et leur nuire. « Maurepas, naturellement faible, indolent, personnel, aimant ses aises et son repos..., évitant tout ce qui pouvait attrister ses soupers on inquiéter son sommeil..., fut un homme aimable , occupé de lui-même , et un ministre courtisan. • Mark.
VégoUîe n'est jamais aimable. Il ne songe qu'au mot (en latin ego). Or, moi est opposé à tot, à lui, aux autres; et de là vient que le moi est haïssable, selon Pascal : il est injuste , incommode aux autres , le principe de toutes les préférences exclusives. On ne saurait voir dans la personnalité qu'un amour de soi déraisonnable; mais YégoUme est le comble de l'amour-propre. J. J. Rousseau dit en parlant de lui-même à la troisième personne : < 11 n'y a point de constitutbn plus éloignée que la sienne de la méchan* ceté; car son vice dominant est de s'occuper de lui plus que des autres; et celui des méchants, au contraire, est de s'occuper plus des autres que d'eux; et c'est précisément pour cela qu'à prendre le mot d'^^oûme dans son vrai sens, ils. sont tous égoïstes i et qu'il ne l'est point, parce qu'il ne se met ni à côté, ni au-dessus, ni audessous de personne. »
Dans un Avertissement, placé à la tête de ses Éléments de philosophie, d'Alembert témoigne U crainte de s'être montré personnel, en entrett
Dfimffiilf PâRTlB :
Banttrop longttmps ses leetanra de ce q[Di la regarde. Ailleurs il parle ■ d'un riehe égifùte et avare qui , ayant ramaasé beaucoup de volumes, fottlait qu'ils ftiaaent aussi inutiles aux autres qu'à lui, et atait écrit au-dessus de sa vaste bibliothèque : JU ad oendenUM , allex à oenx qui en vendent» »
Pertotmel est peu usité en comparaison ^é-^ goûte. Lorsque nous imputons à qvdqu'mi le Tice exprimé par ces deux mots, nous prenons tout de suite le plus fort sans considéier qu'il y en a un autre plus propre peut-être à rendre exactement notre idée dans le cas dont il s*agit.
PBfiAirr, LOURD. Qui n'est pas léger, c'est-àdire qui a beaucoup de poids , ou qui se meut; sveo peine. Au figunft, fis se disent d'un esprit lent, suas fadlité, sansviraeité, saupénétnir
tiOB.
Fêtant sert à qualifier quelque chose de nattirel, et lourd quelque chose de lait ou d'institué parles hommes; un corps (Acad.), un minera (Ed.), ptmnt; une arme (J. J.), une machine. (BosSk), lourde. Oa a les mains pejonles (Mol.), on marche à pas pesants (Lap.); autrefois les' robes des grandes dames se terminaient par de leufdtfs queues (LAsn.)) iin panier de fhiits est st lourd qu'on a delà peine à le porter (J. J.). On £t tes pesoîOes ohatnes de la nécessité (J. J.], et les lourdes chaînes' dont les pédants ont chargé. le génie (If Anx.). On a la marche pesanêe (Acad.). et des gestes lourde (Volt.), c masses d^>r et d'argent, monnaies peMMter, signes four d^. » BuFF. —Ensuite, on considère dans l'objet pétant mm être, sa nature; et, dans l'objet lourd, sa manière d'être, son eàt ou rhniH^ssion qu'il fait sur noua. « Ce jeune ririnocéros sautait arec une prodigieuse vitesse, malgré sa masse peionte et son air lourd. » Buff. Une pierre pesante est teUe en soi sans aucun rapport à nous; une pierre Untrd» est telle relativement à nous , elle nous pèse ou nous embarrasse. « J'en suis toujours à trouver certaines choses fort mal arrangées parmi les événements de notre vie; ce sont de grosses pierres dans le chemin, trop lourdes pour être déphicées. » S^. L'àno est un animal peemt (Volt.); dans la fable du Lion fen aUant en guerre y
Renvoyez, dit qaclqu'nn , les ânes qui sont lamnh.
Quant au mouvement des animaux, pesant en marque la nature, la lenteur; et lourd, la ma^ nîère , la mauvaise grftee. « A l'exception de queîques oiseaux pesonlt ou sédentaires, il est à croire qoejes antres peuvent passer d'un continent à Tautre. » Bvff. « Les kakatoès n'ont pas ia démarehe lourde et désagréable des autres perroquets : ils sont an contraire très-«gaes et mar^ cheat dé bonne grâce. » Ib. « Voilà ce qui rend les enfhnts pewants ou dispos, adroits on iourdr.»
Au figuré, on estpesanl en soi et pour soi-; et loitrd dans sa manière, relativement aux autres : r esprit pesant trouve et conçoit avec peine; l'esprit lourd se présente ou s'exprime maladroitement, sans grâces, grossièrement. « Supposons dans resprit du sauvage autant d'intelligence et
de lumièns ^11 doit avoir dt pimiNr « k stupidité. V J. J. « La louf^bup ait la guàm de celui qui croit être léger. » VâM. -«Cn»stie avait fesprif pesanê et panissaU ptsqie hébété. 9 FiR. « Cette lettre est leisréB d nriadroite.» J. J.— c Dois TÈM» et dansliBiotù les esprits sont pemnti. » Bac. eBoilen éisât de Dacier : il fbit les Grftces et les Grkes Is foioL Quel malheur pour Horaoe d'avoir eu peaitnducteur le pltts^loufd de nos écmainsl >ïiii. — On dit une érufition pesante (i>'AL.),ettt ftmrde plaisanterie (Acao.), un lourd stife (CoRxr.).
Bans tous tes'cas , peionf ne signifie pu ^ que chose d'aussi essentidlement onëre«zoB<fectueux. Ce mot vient de poeAr (peûer, ]m4 Lourd dérive du grec >opB6ç, coaibé €n ntà (sous le faix), lourdaud, imbécile. Le5»ya pesamment armé» n'étaient pas incommodé pv feun annesL cir. de Ghaidnes parla bieo, ope pesammeni, mais cela n'était pas laal iu&s» vemeur. » 9tr. •Xénocrate antt l'esprit be, appliqué, mais peranf .- Platon disait qrï «m besoin d'éperons. » Fiv. < On choisir larme les plus vi{& et les phxs légers poor oooiir ë traîneau, et Tes plus pesantr pourvoitnrerijs Lents les provisions et les bagages. » Borr. '.
nsUTTEim, POfD6, — GIATIll ?ni^ des corps , en vertu de laquelle ils tsndestie^ le centre de la terre.
Par son genre et sa* terminaison pooiv marque unr qualité abstraite et vagae,a'âs quepotcEs exprime quelle chose de canot, i particulier ou d& précis. On dit qu'une àsn de la pesanteur, et que* c'est un pcià:*^ croix de Jésus-Christ est d'une pswtftsr ex» ordmaire.^. Tous ses eflbrta ne suflbaflt ffi aupotds qui l'arable. » Bouxs. OuàH^ manière générale, Ifc pesonlew, et,e&pari^ d'un certain objet, le potdr de ce corps. 0»^ absolument et dtos un sens inàéM^^'^ chose a de la. pemnfetfr; et relativen»nt, ^ mam'ère déterminée, qu'elle est d'un te! H' dé tant de livres, par exemide. •ÏÏji^^ tidres susceptibles d'augmenter depesm^^ les premien inataots de l'appUcadardu ftt-
a. CftiidlUae^».JeiBU€effdeas asuaàm^^ si/. L'ob^t massijr est jmsamt ou Imid k ïeà,^ juger par ta vue : il pûmtl. Il se masûtt ^^'^ compacte, d'oik on cooduL qa'il eA pétant oa i^ flc La casoar, sans éire assit gnntf ni mêffletf* gros que raulrache , parait phis matsif ^J^: parce qu'avec un coi^ d'an vchune prâqœ égii J| a le COQ et les pieds moins lonBreibeuKaVP|' gros à proporlion. » Bqm. « Ce peUl hanînH^ flgnre agréable,, quoifue mstsim et oa pen Wf^ fée. » iD. — Au figuré, moêsif, qoi ri^nfleJoHm qui marque une gcande quaa&lé de lOaiièNW'iiJ petit volume» enchérit sur /«miU et nr '^'^ tellar eut une^atUqae d'apoplexie, qui ^^^S gai^, léger en ftt un homme irlsii^ f*'^* ^^ être ioÊwd et masm^. » S. S. ^ .*
11 en arrive (des Amoaie>et de ftiaoe (<«'
Bt d'ItaUe 01 du nordd'AUeoagse, Ceux-là petits, mais alertes et liiltt Ceux-ci plus grands ,. mais loerdt, froj» (■ *
SYNONîmS l RADICAUX DIVERS.
9kl
Les pierres ealoiires penient au feu près de la moitié de leur poids, » Butt. « Autant les xne- 1 sures de la pesanteur de la matière en général nous paraissent indifférentes , autant les mesures du poids de ses formes doivent nous paraître utiles : chaque forme de la matière a son poids spécifique qui la caractérise. » In. « Tous les corps descendent , si aucim obstacle ne les arrête. Or, cette direction est ce qu'on nomme pesanteur,... Vous entendons par poids la quantité de force avec laquelle un corps descend. » GoNB. «Les corps ont delapfsaii(«ur, marque pltis particulièrement I& <pudité par laquelle ils tendent en oas; oa dira, au contraire « tout corps a un poids ^ et jamais du poids ^ parce qu'on reut faire entendre q^e tout corps a une certaine quantité de cette qualité, le poids de ce corps est d'une livre , me paraît mieux que, la pesanteur de c» corps est d'une-iivre. Quand on coDsldére la pesanteur en général, on ne peut pas substituer poids : on ait les lois de la pesanteur^ et jamais les lois du poids, Cesx qu'alor^ il s'agit seulement de cette qualité et point du tout de sa quantité. De même, quand il s'agit de la quantité ^ on ne substituera, pas pesanteur à poids : je dirai , savez-vous le p(yids de ce corps , •t non pas, en savez-vous la pesanteur? On a découvert la pesanteur de l'air, c'est-à-dire qu'il pèse, on en a même découvre! le poids, fr'e8t-&* dire combien il pèse. » lo.
La pesanteur est plutôt une propriété intime ou théorique ; et le potdf •, une qiUiUté extérieure, sensible, pratique, qui produit des effets, comme est celle dés objets qu'on pèse avec des poids, « Cette perte de poids (du fér chauffé) est occasionnée par une espèce de dessèchement ou de caleination intérieure qui dlmiaue la peianieur des parties constituantes du 1er. * Bupf. « Peu à peu les matières molles dont les émi nences sous-marines étaient d'abord composées se aeaont durcies par leur propre poids^^; Us «iébris des pioductions marines s'y trouvent en abondance et à peu près suivant le rapport de leurpefonleur. » Bufv. « Depuis quela limeuse jnachine pneumati^e a été inventée, on a été Slus à portée de connaître la. peseunteur des tforps.... Dans cette machine privée d'air, les corps abandonnés k la force qui les prédpite sans obstacles tombent selon, tout leur poids, ^ Volt.
Snsuita, pcsafiasur^ k ladifférenoedepoidff, est actif : on dit la pesanteur d'uu coup, et le poids d'un fardeau^ la pesanteur d'un oiseau (Euvv.) est sa lenteur à se mouvoir; son poids ÇfD,) est le nombre de livres qu'il pèse. De même» «u figuré , la pesanteur est un défaut d'activité . de vivacité, de légèreté, et le poids quelque chose de difficile à souffrir, & supporter; ou bien le mot poids , au lieu de signifier une manière d'agir, indique eomUen une ehoee ou une personne pèse par rapport ans autres, son degré d'importance ; homme eu ohose d'un gsand poids.
QrwpiUy latin graoUoe^ est le non seientifique de la pefsnleur , ou le nom de la pesanteur universelle, de la pesanteur considérée en grand.
dans toute là terre ef dam tous les autres grands corps de la nature, le nom de cette force qui, en tant qu'agissante , s'appelle ^rravitatton. « Les matières terrestres n'ont acquis de la solidité que par Tsction continuée de la gravMeX des autres fbrces qui rapprochent et réunissent les particules de la matière. » Buff. « C'est la force de la gravité qui retient les planètes dans leurs orbites. > In. «L'effet des forces centrifuges diminue la gravité primitive sous Téquateur. > Voit. « La force centripète n'est autre chose que la grvmité même. > Coud. < La gravité continue de prévaloir sur la force eentriflige, » In. « Kepler a pensé sur la gravité comme Copernic. Il a même été plus loin : car il a dit que les actions combinées de la^ terre et du soleil sont la cause des irrégularités de la lune. > In. « Platon avait en mathématiques des connaissances très-distinguées, à en juger par quelques aperçus fbrt heureux, entre autres, par celui de la gravité^ qui attire lès corps célestes vers un centre , en même temps qu'un mouvement de rotation les en éloigne. » iLlb.
PBTIT , HBMe , MDKB, INfeUi , TiNU , SUBTIL , EXIGU , VIN., fiRÉLK. MédioGre quant à l'étendue , à la dimension, à lahaiiteuBv en. volume, i la quantité, an degré.
e^est ee qu-eiprioM dans toute sa^ênéradké et sens aucun aooesseire te mot psftf^.qei est pceprement opposé à gvetitd. Du petit eu grand. « Mou ne oonaaiBSDo» point de dimensions aiiaolues, et rien n'est petit en gnnd qtti relativemedtà.roiil qui le regarde.» !• J.
tenu et mtnce ont été longuement distingués l'un de l'autre dans la !*• partie , p. 276. Metm est opposé i grviSj et signifie plftit quant au volume ou à la circonférence ; eimce est opposé à épais y n'a rapport qu'à une- seule dimension , l'épaisseur, et signifie qai en a peu, qui est petit en ee sene : hacher menu; irrincr comme une feuille, miner et transparent.
Délié donne l'idée d'un peUt Hen, d^n petit fil; aussi dit-on particulièrement bien un fil délié (ÂCAB., RoLL.) et des filets déliés, « Cette neige était fort suloâe et composée de filets fort déliés,* Desc. c Le sel sédatif du borax s'élève et s'attache au haut des vaisseaux en filets déliés ou en lames minces. « Bu7f« « Le mésentère est attaché aux intestins par des filets très-dâ»^. » Volt. Ensuite ce mot s'applique spécialement au^ choses faites de petits fils, à des tissus, à des toiles, i des étoiles, f Onuphre porte des chemises très-dtf- Uées, » LABBr, « L'art a-t-il pu inventer des étoffes aussi déliées? » Roll. «On vit alors bien à nu la gaze déliée de ce manteau de religion. » S. 8. Mais il s'étend aussi k tout ce qui est effilé , c'està-dire long et menu. Fénelon parle des canaux déliés par lesquels circule la sève. Et Buffon a dit du cheval , qu'il doit avoir la tête menue, les paupières mtnces et les oreilles déUées. Enfin délié sert à qualifier un corps dont les éléments sont imperceptibles comme les fils d'une étofb on d'une gaze déliée. Bans tous les temps on a considéré Tàme comme étant une matière ou une substance d^hVe(Bo88.,YoLT.« Marm.). « Tous ces
BkB
DEUXIÈME PARTIR
ressorts sont si déliéi ({tttls échappent à ma tu* faible et grossière. • Volt.
Ténu y latin, tenuU^ veut dire élément trèspetit, très-menu. Mais, outre qu'il n'est guère usité que dans le didactique, il paraît conTenir principalement en parlant des liquides et des fluides, c D*où le mouTement Tlendra-t-il au feu? Sera-ce de quelque autre matière plus ténue, plus fluide encore T« Volt. «Lorsque ces Tapeurs sont plus ténues^ elles deviennent salutaires. »Id. c Les sucs arrivés par les conduits latéraui entre réoorce et le corps ligneux y doivent perdre beaucoup de leur mouvement et de leur iénuUé.^
MONTESQ.
Subtil y de tubtre, aller dessous, se glisser, s'insinuer, implique toujours Tidée de mouvement. Un trait iubtil. Suivant Spicure, « le sentiment ne peut être répandu dans tout le corps que par une matière extrêmement nibtile et rapide. 9 Volt, c Imaginez un rayon de soleil cent fois plus tubtil et plus rapide. » Id. « Par les pores s'échappent et s'évaporent les matières les plus légères et les plus tubtiUs , par un mouvement qu'on appelle transpiration. » Boss. « Le.s esprits et les nerCs , et les filets dont on dit que le cerveau est composé, pour être déliés n'eri sont pas moins corps, et leur mourement si vite, si délicat et si subtil qu'on se l'imagine , n'est après tout qu'un simple changement de place. > !]>« «Quelque vites et quelque «ubltlt qu'on Cass* cas corps....» In. On réduit un corps en poudre menue; il n'y a pas de matière plus subtile que celle du feu, elle pénètre partout.
Exigu y latin estyutis, de la préposition es, et du verbe egere^ manquer, avoir besoin, éXrt pauvre, a pour caractère particulier d'indiquei l'insuffisance. Ce mot est opposé à ample; ce qui ^i exigu est trop petit ou en trop petite quantité . et par conséquent chétif ou mesquin. Un bge ment exigu a' est pas assez spacieux; un repa> exigu est un maigre repas; une recette exiguin'est pas assez abondante. Qu'une ville soit pe tite^ cela n'a point de rapport à l'usage de l> chose, et n'annonce point qu'elle soit défectueuse à cet égard : une jolie petite ville. Mais on dira qu'une ville a une enceinte exigui , c'est-à-dire trop petite ou trop étroite. « Tout le stoïcisme étaitr esserré dans une suite de formule texigués , d'argumentations abstraites qui dessèchent et exténuent tellement la morale, qu'elle est comme réduite en squelette.» Lab.
Fin est opposé à grossier^ et a pour accessoires le fini et la délicatesse , comme Voltaire l'a judicieusement remarqué, c La délicatesse des parties (dans le corps de l'homme) , quoiqu'elle aille i une /Ineste inconcevable , s'accorde avec la ibrce et aveo la solidité. » Boss. Une écriture fine est soignée et jolie, en même temps que menue. Une étoffe peut très-bien être mince ou déliée sans être fine. Voulez-vous simplement exprimer la petitesse du fil de l'araignée , vous direz qu'il est délié. Mais si vous voulez faire sentir combien est admirable le travail du ver à soie, vous pourrez répéter ces paroles de Rollin: « Les plus habiles ouvriers ont- ils pu jusqu'ici imiter le travail des yers i soie? On-tils trouvé
> le secret d« Ibrmeriuifil fi /Ui» d tene, dégd, si brillant, si continu? »
Grêle , en latin gradliM , menu, maigre , t cdi de propre , qu'il s'applique uniquement aux km vivants, aux animaux, aux hommes, et à diflerentes parties de leur corps, qu'il représente comme faibles. Jambes gréUs (Acao.); bec ftUt (BuFp.). « Cet oiseau a encore le cou pins ^r^ (que le précédent) et plus allongé. » Ip. «Uti^ de cette plante est 'fort grêle, 9 Acad.
PEU, GUÈRE. Adverbes qui signifient le ciBtraire de beaucoup.
Peu^ du latin poica», peu nombreux, en pe> tite quantité, ne prend jamais la négatin; il guère, de l'allemand gar, bien, fort, très, le» coup, ne s'emploie qu'avec elle : il est p» ricbi, sa richesse est petite; il n'est guère riche, e'câà-dire il ne l'est pu beaucoup. De U toute ii différence.
Peu est positif, guère négatif. Prétendre tpiix personne est peu sage, c'est la censurer bia plus catégoriquement que si on prétendait qu'ellt n'est guère sage. Voulez-vous fiùre eateds d'une manière adoucie et arec ménigesiat. qu'une femme est laide, tous direz, dos p» qu'elle est peu jolie, ce serait trop êSxmH. mais qu'elle n'est guère jolie. On déclare (fc ton tranchant qu'il y a peu d'amis yéritaUes: ab avance en hésitant, comme n'en étant pu iia certain, ou comme pour éviter de choquer^ que ce soit , qu'il n'y en a guère.
Peu est précis, guère vague. Peu eocnst quand il est question de choses rigoureaxsksti appréciables sous le rapport du nombre} dei quantité, du degré; guère dans tous lesaut» cas. Une personne est peu Agée , et elle i'e« guère aimable. Il y avait peu de monde ioS: fSte, on ne s'y amusa guère. Quoique cette Barchandise coûte peu , on ne la demande guèn.]fi choses qui durent peu ne nous contentent pèn Les gens qui mangent peu ne se soucient yvèi de prolonger les repas. Mme de Sévigoé p:^^ d'une femme «qui royait peu son fils, » c'êt4' dire qui le voyait un petit nombre de fois pr mois ou par semaine , « et qui n'aimait pùn i la rencontrer , » un plaisir n'est pas chose qui 2 compte, s'évalue ou se mesure avec ezactito^ Il s'en faut de peu que ca vase ne soit plôs (Acan.)) suppose qu'on connaît la qoantiù «je manque, qu'on serait capable de l'assigner; il ^ s'en fkut de guère que ce vase ne soit ^ (ACAO.), est une assertion fondée sar nneesUBh tion purement approximative. Cet homme est os peu plus riche que son frère, voilà unjngeDe^ décisif porté en parfaite connaissance de a^e; cet homme n'est guère plus riche que sonb^' est un sentiment qui implique du doute et « l'indétermination. « La Savoie a toujoon été lasvre , et le sera. La Suisse n'est guère plus ndicelle a pim de froment; il y a des etntons qoio manquent absolument. • Volt.
Peu est absolu, guère reUtif . Il y ap» d'homes discrets; U n'y a guère d'hommes dn^ qui sachent se taire jusqu'à la mort Onebse^ Tera en général qu'il y a peu de vin ««^Jf^ TOUS remarquerez d'une manière
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
n*y en a guère dans un canton où toos ne croyez pas qu*il y en ait suffisamment ou pour le besoin. A quelqu'un qui vous offre d*un plat, vous dites: peu. Mais s'il ne vous en sert pas assez , vous trouverez qu'il n'y en a guère , ou qu'il y en a peu pour vous , relativement à votre appétit
PIGEON , COLOMBE. L'oiseau domestique qui roucoule.
Pigeon vient-il , comme le veulent les étymologistes , du latin pipio , pigeonneau , c'est possible, mais non pas évident; au lieu que dans colombe il n'est personne qui ne reconnaisse au premier coup d'oeil le latin coluniba ou coluwbue. De là toute la différence à mettre entre les deux mots.
Pigeon est le nom ordinaire de l'oiseau; colombe est un terme distingué dont on se sert non-seulement dans le style soutenu , mais encore quand on parle le langage de l'antiquité, ou celui de l'Écriture sainte , ou celui du sentiment et de la morale.
Yous élevez des pigeont; vous avez la simplicité de la colombe. Autrefois on faisait porter par des pigeons les nouvelles qui demandaient à être communiquées très-promptement (Volt). « Nous ï* omîmes (la plupart, suivant les pessimistes) des colombes dispersées qui fuyons en tremblant la (griffe du vautour, dégoûtante du sang de nos compagnes. » In. « Il est constant que les tourterelles et les pigeons sont (dans la loi de Mo!se) la victime des pauvres.... Pour moi, disait Origène, j'estime ces tourterelles et ces colombes^ heureuses d'être offertes pour leur Sauveur.... Mourons comme des tourterelles et des colombes^ en gfémissant dans la solitude et dans la retraite. Soyons simples comme la colombe. » Boss. Dans la £able de Lafontaine , intitulée la Colombe et la Fourmi^ l'oiseau, qui fait là une œuvre de charité, est appelé colombe; mais à la fin, le considérant comme bon à manger, comme un mets qui échappe à la poursuite d^ croquant, le fabuliste emploie le mot pigeon :
Point de pigeon pour une obole, «c JjSl gorge d'un pigeon parait de différentes couleurs , selon les différents côtés dont on le regarde. » Vis. Dans le Télémaque on voit que Pliiloctète , abandonné par les Grecs dans llle de Lemnos, «passait son temps à percer des colombes de ses flèches. » Id.
« Peu de Moscovites osaient manger du pigeon ^ parce que le Saint-Esprit est peint en forme de adofnbe. » Volt.
P1I.OTE, NAUTONIER, NOCHER. Celui qui gouTcrne, qui conduit un bâtiment quelconque servant à transporter par eau.
Ptlole, formé de pile^ mot qui , dans la langue vulgaire , a signifié un vaisseau , un navire , est le mot commun. « Si le pilote 8*endort au milieu des rochers où il se trouve engagé , il est fort à craindre que par sa négligence le vaisseau ne périsse. * Bourd. « Un pilote génois donne un univers à TEspagne. * Volt. Nautonier et nocher ou naucher , dérivés évidemment du latin et du fp^c naïf ta, matelot, vaO;, navire, sont d'un style plus relevé. Dans un premier panégyrique de saint François de Paule composé par Bossuet
STK. FBANÇ.
sur un ton assez simple, on lit : c Comptant la fureur de ce détroit de Sicile , fameux par tant de naufrages , il a trouvé sur son manteau la sûreté que les plus adroits pilotes ont peine à trouver dans leurs grands vaisseaux, s Mais dans un second panégyrique du même saint , où l'orateur a évidemment dessein d'agrandir son expression, il rapporte ainsi le même miracle : « Domptant la fureur de ce terrible détroit de Sicile, fameux par tant de naufrages , il a trouvé sur son seul manteau l'assurance que les plus adroits tiautoniers ne pouvaient trouver dans leurs grands navires. > — Outre cela , le ptlole guide un grand bâtiment sans mettre lui-même la main à l'œuvre , ou au moins sans faire autre chose que tenir le gouvernail-, au lieu que le nautonier et le nocher, peuvent ne mener qu'une simple barque , ou bien travailler à la manœuvre , ramer, sous la direction du pilote. Gharon est appelé en poésie le nautonier et le nocher , c'est- àdire , vulgairement , le batelier des morts , et sur un vaisseau on distingue le pilote et les nautoniers ou les nochers , c'est-à-dire en termes ordinaires, le pilote et les matelots. « Le poltron étant sur mer, s'il vient à remarquer que le pilote fait une nouvelle manœuvre , ou semble se détourner comme pour éviter un écucil, il l'interroge avec inquiétude.... Ensuite, ses frayeurs venant à croître, il prie les nautoniers de le mettre à terre. » Làbr. « Quand on entend les mâts gémissants se briser sous l'effort des voiles , le pilote et le nocher (magister, navitch que) s'élancent dans les flots. » (Traduction de la PharsaU). Marm. « Que le nocher ploie la voile et l'attache aux antennes , sa prévoyance est in« utile : les antennes mêmes se brisent.... Le plus grand nombre des vaisseaux , guidés par de sages pilotes , et sûrs de leur route avec des matelots i qui ce rivage est connu, vont aborder au marais de Triton. » In.
Nautonier est rare et du style soutenu, c Dans les horreurs de l'orage , le nautonier effrayé dit un adieu 'éternel aux flots » Boss. «Au delà j'aperçois ces va£tes plaines (de la mer) toujours calmes et tranquilles , où les vents.n'ont jamais exercé leur empire, où l'art dunoufonter devient inutile, où il faut rester et périr. > Buff.
Nodier est trés-rare et réservé exclusivement à la poésie, à la poésie badine surtout.
Déjà pr^8 .de mon lit 7a Murt inexorable
Avait \eA lur moi sa taux épouvantable;
Le vieux nocher des morts à sa voix accourut.
Volt.
Ces nymphes (do Rhdne) sont de gros rochers Auteurs de mainte sépulture , El dont l'effroyable flfpire Fait changer de visage aux plus hardis aoehert»
Rac.
La femme est en tout temps un éminent danger. Va vaisseau sur lequel )e nocher le plus sage Appréhende le calme autant qu'il fait l'orage.
KxGir.
Ce qu'il jugea de plus facile
Fut de gagner certains rochers Qui d'ordinaire étaient la perte des noeherë.
Uw.
Assex prés du fameux détroit
Où le nocher le plus adroit
DEÏÏXltniK PARTIS
A peur d» Gkarybdo et âe 6c|llo, 09 veBOonlre mM petits tlo.
Tu eroi«'qu»inoii oorar tfadore,
VoTttnl que |p parle epoor»
Des fougir» que j'ai poussés (
Mais tel, au port qu*U désUv,
Le nocher aime i redire
Les périls quMl a passés, te nocher qui préToit forage Craint encor quand le port est bon.
Éternisons du badinsse
La saiseï» : Ob Banque , à forée d*èlia «âge ,.
De raison. MonivaQ.
PKJV^AlVr, POIGNAlir Qui peivt et feit mal.
Ce qui est piquant^ de Tallemnid ptcfcen, picoter, becqueter, fait une piqûre^ un petit trou , pénètre peu avant. Ce qui est ffoignant , du latin punfftTe^ piquer, d'où notre verbe potndre, paraître, en parlant du jour qui commence à luire et des plantes qui commencent à pdusser, n'est pas nécessairement petit, et ne produit pas une blessure nécessairement petite, légère, superficielle. L'aiguillon de l'abeille est piquant; un poignard est pùiffnani. Buffon dit : « Les écailles du pfaatagin sont armées de trois peintes très-ptguiifttes , au lieu que celles du pangolin sont sans pointe et uniformément trancbantes. » Cependant il attribue au pangolin comme au pbatsgin « des écailles si grosses, si dares et n poignante$ qu'elles rebutent tous les animaux de proie. * Les orties sont garnies de soies roides et piquantes qu'on aperçoit à peine ; le hérisson est couvert de grosses épines, «armes défensives, poignantes ^ et qui rebutent ses ennemis, s BOPF,
Au figuré (et poignant ne se dit guère au propre) , même différence. Les traits de la malice o«!ir
est très-sensible à ce qui est piquant. « Examinez quel est le fbnd des peines les plus vives de l'orgueilleux et de ses déplaisirs les plus piqtAants. » BomtD. Ce qui est poignant cause une grande souffrance, c La perte de M. de Beauvilliers fut pour Mme de Beauvilliers un glaive qni ne sortit plus de son cœur..... Vivant dans la plus poignante douleur et la pénitence la plus austère.... « S. â. c Qu'on se représente la douleur de Phèdre , sa confusion , sa rage !
Bippoljie est sensible, et ne sent rien pour moi!... Ce sentiment est-il assez profond ei aaaez ame^? La jalousie a-t-elle des traits plus 'poignants et plus cruela? » Lab. — Sa uu mot « à piquant est attachée l'idée de viywU : kpoignasU ceUe de profondeur.
Outre cela, piquant rapp^e ]b Yerbe piquer qui s'emploie dans la même acception ; et par Qonséquent il a rapport à l'action d'une cause , et d'une cause le plus souvent extérieure. Poignant^ au contraire, correspondante poindre, qui est inusité aujourd'hui dans le sens littéral de
Siquer, sert plulÂt A qualifier l'efiet on la cause iteme. Faire de» reproches piquants , éprouver un chagrin poignant. Une épigramme est pi* quantêy le remorés jiet^jmonl. Les femmes sont plus piquantes que les hommes dans leuis traits
et de la raillerie sont piquanU (Bourd.) ;,,« Ne méprise* pas Unt Pf/^^»*» •"* 7"!^ de la méchanceté sont poignanU (J. J.). On nusj vous pourriez pu faire que de Ja F^
^ pour votre bni. » Laf, « Il ne me sauiiit ne
satiriquee et médisants (Bovrd.) ; on diminue m peines les pXxisj^gnanies en cessant ds s'en Q^
PIRB , ns. Termes oomparatib qii emperleni lldée de plus de mal ou d'un phis grand mal
Pire, da latin pejor, pins mauvais, eit vn aii^ectif , l'opposé de meUleur,
Juges par le meilUur (mariage) qad peut tue li pire. Lkf.
P<s,du latin pejne, plus mal, est an adreibe. l'opposé de mieuK. « Tant pt«, tant mim.* AcAi>. On dit qui pis est, comme on dit qui plu est; pts-aller commme mal-être, etc.
Fire, étant un adjectif, se trouve toujtmn joict à un substantif qu'il qualifie. < Il n'y a ptf sourd qoe celui qui ne veut pas entendre. »ÂciB. c 11 y a de mauvais exemples qui sont ptrofse des crimes. » Montesq.
Le^Vv des étals, c'est Tétai popelaiie; Gon. « C'est là un aveuglement pire que celui desftmons. » Bodro. c Les remèdes devenaieot mvent pires que les maux. » Roll. t Les pr. des ennemas, ce soat les flatteurs.» Boss.(L: condition des hommes serait pire que ce& des bêtes, si la solide philosophie et Utw religion ne les soutenaient. » FÉa. c Cette profonde sécurité où vous ?ivez est deranl Dici k ptrv de tous vos crimes. » Mass. < I^ t»o^ seraient peut-être pires s'ils venaient à m^ de censeurs. » Labr. ^ Mais pis, ep tut ^ adverbe, accompagne un verbe, et qualifie «« manière ëe fkire ou de dire. < Si nous ^ ceci ou cela, nous ferions encore pis q»^ ne faisons. » Bourd. « Savais dit pti encoR » M. le duc d'Orléans. » 8. 8. «Quand nousann* été les dernières personnes du monde, « » pouvait nous faire pis qu'eUes ent f«t»»^
arriver de pit. j^ Agas. .
Un homme ptre qu'auparavant est plw ^ chant ou moins bon ; un homme qui e« p qu'auparavant se porte, se comporte, J« ' ou est feit, ftiçonné en quelque sorte, s«^ bien. « Il se portait un peu mieux. »»" 'i^^ que jamais.» Acad. « Il ne m'en sera jamais wp* ni mieux. » Labr. Il n'y a rien de ptre f * »J| voilà une chose très-mauvaise ; il n'j a n« "^ que cela , il ne se peut passer, dire ou m^ de plus mal. La prose est ptre que les «n^ gnifierait qu'elle est plus mauvaise, mou»^^ maWe, inférieure; la prose est pi» q««^« (Mol.), c'est^-dire qu'on en ▼»««* »^'"'?:«. ment à bout, quand il s'agit de l'aPPf î^^ de fWre toute autre chose par raPP®'* * ^^ l'entendre, de la traduire, etc.... ^^ qu'un démon, c'est être plus n»échant;«B'r qu'un démpn, c'est être plus capable, p» état de ftdre :
Un papier griffonné d'une lefle lliçott Qpm ùndnii pour le lire èWfùqfm^^
On dit bien en employant les deux iBots stantivement , le pire et le pif , coœB» o» meilleur et le miews. Haïs le pin » m<^'^
SYN0inr]f89 A RADICAUX PIVERS.
asH
port aiu substancM, aux choses qui sont; et le pu aux actioos, aux faits, aux choses qui se fbnt. SfiHiTSDt qui choisit prend le pire (Acad.) , sousentcmitt objet, ie fù qui puisse arriver (Acad.); la^ttrelas dioses au pu (In.)» e'esfc^^ire supposer tsttt oe qui peut avoir lieu de plus fâcheux. Lan màme que pu peut dtre à la rigueur considéré comme un adjectif» il se distingue toujours ds ptf s en ce qu'il a rapport à des faits , et non & des choses. « Ce coup (un coup malheu* roux au jeu) est pour ma raison pii qu'un -coup de tonDerre. v Moi.. G'esè-à-dira wi aooident, quelque chose de> plus mal (hit» de plus malàeureiisemeot arrivé, — > Ou bien pu, a«U?ctif,se joint, Bon pas comma pire, à ua substantif proprement dit, maU A un sujet vague, indéterminé, qni n'est pvoprement d'aucun genre, QDnune ^b, cela, qwêlq^ chose, exprimé ou souse&teadUk I)e crainte de ]h«, c'est pi«, c'est eneere ptr , c'est bien pts* ce fût bien pU encore Inisque...; oe qn'ii y m do pis, c'esi que..^
Oh '. TralBCRt toul cela n'jest rien auprès do fils ; Il si'wus ravies vu, voue diries c'est bien /û.
Bsccboi Is ééclsre bérétiqfia»
BVjsaBéoiste, qui pis est^ Qou^
4 Dé heau» feum qui expoutU à det hotUm (Coan .) est ptt qu'un solécisme. » Volt. C'estpA^dire, cela est pie qu'un solécisme. Il ne lui a pas dit pis que son nom (Acab.) , c'est-A-dire quelque chose de pis que son nom.
ffVni, — COMPASUQR, GQMMISÉftAnOU, — lilHBaiGORDB. Sentiment ou disposition d'une Ame touchée des maux dfauiCHi et eaoîtée A les adoucir, à les soulager.
1^ Pitié ^ latin pietas^ indique par sa terminaison une qualité naturelle, inhérente à l'âme, un finds de composcten ou de tomlmisé9at%o^. Compasêion et eommiséTedion oui, au contraire, ane désinence, qui montre que ce sont des subeiaaeifs verbaux , et qui marque des faits , des BBaaifestatioas de piié provoquées par des donlaues ot» des misères qui frappent actuellement. Un homme est sens pHié^ en général, et, dans ttue oecasiott particulière, il est ou il n'est pas âasu de eompossioa ou de somaiis^rotioe. « Ce aont des âmes insensihleBy dea&mes sans pitié, suas humanité. Que ne leur dit-on pas pour les -leacèer de eempositon.^ » Bouhd. « Les marques pubiiqajBs que le publicain donnnatt d'une doulaiir sincère devait exciter la oomiMMStofidu pharisien ; mais l'orgueil pharisalque est sens piié.»
ID
^ Far leur préfixe «im^ aveo, compastien et aoataiistfroHon témoignent qu'on prend part aux maoa dee autres, qu'on éprouve de la peine avec ana , qu'on se met en idée à leur pla^; ce que a'aoaonoe point le mot de pitié. On peut avoir piitédm eheees qui n'affligeut point la personne en qui eues se trouvent, ai par oontre-coup' la peraenne qui en a pi$ié. Je cède , non parce que ]*ai tort, mi^ parœ que j^i pitié de votre ob- Btinalioa. « Ce lutteur rhodien , regardant avec pitié ma tendre jeunesse, voulut se retirer. « WÉm. Ou bien on a quelquefois piiié de maux fw'toa n» iesMOt ea aneuae sorte, auxquels oa
est, non pas indifféreat, aiaia iasnsibla, A proprement parler. C'est ainsi que Disu a ptit^ des hommes. Lorsque le Fils de Dieu était dans ^éternité de sa gloire, sa miséficorde pour les honunes n'était pas accompagnée d*une oempatsûm eCfective , parce que toute véritable oeeipafsioth suppose quelque douleur, et que le Fils dé Dieu était alors incapable de pàtir et de compatir. Il avait pitié de nous comme de ses en£ants et de sea ouvrages. Maïs depuis l'incarnation il a comn^noé à avoir oompassîon de nous , à nous plaindxe comme ses frères, comme ses semblablea, comme des hommes tels que lui (Boss.). c Les cœurs des hommes justes qui habitent les Champs-Elysées ne peuvent pas même être émus. Seulement, ils ont pitié des oiisères qui accablent les hommes; mais c'est une pitié douce et paisible qui n'altère en rien leur immuable félicité. 9 Féif. Quiconque a toujours été heureux peut avoir pitié, mais non pas cotn|)aMten ou eeeimtftfraftoii, des malheureux; il ne sait pas s'identifier à eux et souffrir de leurs souffrances. — La première partie de l'idée commune aux quatie mots, à savoir le sentiment, rémotion, eat'doDC plus particulièrement exprimée par compassion et commicéroltofi.
Bn revanche, c'est surtout la seconde, savoir, la disposition à soulager, que le mot p«tt^ désigne, m A considérer l'enfance en elle-même , y a-t<il au monde un être plus fiible , plus misémble, plus à la merci de tout ce qui l'environne , qui ait si grand besoin de pitié, de soins, de protection, qu'un enfant f » J. J. Au lieu que la compassion et la eomeiir^ralion ne consistent quelquefois qu'A s'attendrir, à entrer dans la peine des autres, et se bornent à les plaindre , à les consoler, à déplorer leur sort, la pUié, plus active que passive, vient à leur secours. C'est une eomposstea ou une coeunts^ralton secourable. On a pris pitié de ses maux , signifie qu'on y a mis fin. « La charité s'attendrit sur la misère du prochain, et, sans se borner à une stérile com' p<ueion, elle y joint de salutaires effets. » Mass. On peut en dire autant de la pitié que de la cha« rite. «Ahl seigneur Asmodée, s'écria Leandro Perex, entraîné pav les mouvements d'une généreuse oeeiposftbn, cédez à la pitié dont je me sens saisi, et ne rejetez pas la prière que je vous faie de sauver cette jeune daaie. » Les. Bourdaloue dit, en pariant des âmes du purgatoire qui nous demandent le secours de nos prières : « Vous, si tendre A la eofnposHon, vous qui, sans frémir, ne peufriec voir un criminel à la torture, verr iee-vous sans pitié tant d'Ames justes dans le triste état où elles sont séduites? » « Protésilas cherchait avec empressement Philoclès ; il voulait lui faire piiié et l'engager à demander au roi qu'il pût retourner à Salenle. Philoclès était trop sincère pour lui promettre de travailler à le faire rappeler; mais il lui parla fort doucement, lui témoigna de la oomjMMton et tâoha de le consoler. » Peu. Dans Itle ée Lemaos, en présence de Philootète, Ulysse ae peut se défendre d'un mouvement de sompostton , mais il reste Inaeces- ; sible à la pitié, impitoyable; et Pbiloctètt, aoa eoaleat de voir la cempaifida sue Le viBage de