‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 370 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Néoptolème , le supplie d'aToir pitié de ses misères.- On traite, on frappe quelqu'un sans pitié; on regarde quelqu'un d'un œil de companion ou de commisération. Un tyran n'a pas pitié de ceux qu'il fait périr dans lies supplices, et ne permet pas quelquefois aux témoins de ses cruautés de laisser échapper quelque signe de eompassion ou de commisération (Gond.)* D'ordinaire la compassion ou la commisération mène à la pitié, comme la bienveillance i la bienfaisance. — Mais elles peuvent être éprouvées aussi , k la différence de la pitié, pour des maux auxquels on est dans l'impossibilité de remédier. Les Cretois sont touchés de compa^on pour le fils d'Idoménée , immolé par son père (Fin.). « Mentor traitait Télémaque comme un malade désespéré qu'on abandonne : il jetait souvent sur lui des regards de compassion, s In. « Télémaque, sur le champ de bataille, détourna plusieurs fois ses yeux, étant saisi d'horreur et de compassion; il ne pouvait voir sans frémir ces corps encore vivants , à demi brûlés, et dévoués à une longue et cruelle mort. » lo. c Emile, au fort d'une rixe entre deux voisines, s'avançant vers la plus furieuse, lui dit d'un ton de commisétation : Ma bonne , vous êtes malade , j'en suis bien fâché. » J. J.

8* La pitié est , comme l'humanité , un principe d'action réfléchi, froid, calme, dépendant de la raison , lequel porte à bien faire par des considérations ou des idées. La compagnon et la commisération , au contraire , sont des principes sensibles d'action , des impulsions de la nature , des mouvements du cœur qui nous inclinent en faveur de ceux dont les souffrances nous affectent péniblement. « L'aventure effroyable des Colas n'aura point épuisé la compassion des cœurs sensibles, et puisque la plus horrible injustice s'est multipliée, laptftV vertueuse redoublera, s Volt. On ne peut qualifier de vertueuse ni la compassion ni la commisération.

Quant à la différence de compassion et de commisération, elle résulte de leur étymologie. La compassion fait compatir, c'est-à-dire souffrir avec ceux qui souffrent , avec les affligés ; la commisération fait prendre part à la misère , ou intéresse aux misérables, aux malheureux. La ^ comptusion a davantage le caractère d'une passion , elle est plus douloureuse et plus vive ; la commisération est plus modérée, parce qu'elle correspond à des maux moins sensibles; elle a même ses douceurs. « La péroraison tend à la persuasion par des mouvements d'indignation et de douleur , ou par la séduction d'un pathétique doux et pénétrant sans violence, quand la cause ne donne lieu qu'à la commisération. > Mabm. « Les douceurs de la commisération vous sont encore inconnues. » J. J. « L'homme qui ne connaîtrait pas la douleur ne connaîtrait ni l'attendrissement de l'humanité ni la douceur de la commisération, » In. « La commisération doit être un sentiment très-doux. 9 In. La vue d'un homme à la torture , la vue des mourants et des i liesses sur un champ de bataille excitent la compassion ; nous nous sentons de la commisération pour un bofnme en butte à l'injustice, disgracié, perKCttté, ruiné (J. J., Volt.)* ^ poSte tragique

et Tavocat cherchent à émouvoir en brearde leurs personnages , l'un la compassm, rutieli comt^isération. « Il ne faut jamais (dans une ingédie) tâcher de rendre odieux un personiuge qui doit attirer sur lui la eompastioa. > Volt. « Je crois toujours que je gagnerai (ce procès); et je ne vois pas que j'aie à craindre antre chose, que la commisération que la famille de Urne de Jouarre tâche d'inspirer pour elle aux juges, pour les empêcher de lui ôter tout. » B<»5. Oi dit les larmes de la compassion (Vaim.), {dotût que les larmes de la commisération.

Reste miséricorde, 11 ressemble beaucoup i pitié J dont il a toute la généralité , parce qui n'est pas un substantif verbal, comme compoifiofi et commiscration. Mais, parce qu'il n'ot qu'un mot latin , misericordia , francisé , il Des dit que dans le langage de l'Âcriture ou es termes de piété. C'est la pitié de Dieu oa d< Jésus-Christ pour les hommes, ou c'est celle te chrétiens, celle qui est inspirée par la religijik Que si miséricorde figure quelquefois dans !i langage commun , c'est avec une acception paiticulière qui le distingue bien encore de ses synonymes : il signifie alors la pitié qui consiste i épargner, une qualité voisine de la clémeoee. « Quand les députés des Carthaginois, d'an u: humble et touchant implorèrent la misériofà du peuple romain, alors les sentiments de mgeance et de colère firent place à' ceux de bote et de clémence. » Roll.

PITOYABLE , DEPLORABLE , LAMBrTilt Propre à toucher de compassion : état,iD«ti etc. , pitoyable , déplorable , lamentable.

Pitoyable est le plus faible des trois. Ce ff est pitoyable est digne de pitié, 8impUmeDt',0 qui est déplorable ou lamentable doit éffloonir jusqu'à faire pleurer ou jusqu'à arracher des cris et des plaintes. « Une voix pitoyable et Iom"' table. » AcAD. Et ce n'est pas seuleme&t soesls rapport de la force , mais aussi sous le n^ de la ndi>le88e, que pitoyable le cèdeanideiii autres mots. La pitié est souvent un «entinal où il entre du mépris et qui a pour objet que'.^ chose de bas et d'abject. De là vient qntfit^ ble lui-même n'est guère relevé et marqoepoff ce qu'a qualifie une sorte de dégoût. UnTiawjJ accablé d'infirmités et de besoin est dansunétf pitoyable (Les.) et meurt d'une mort P»<^: Dans un des Dialoguee de Fénelon,Câar(iiU Caton : « Hélas! mon cherCaton.teToiUesr ioyable état; l'horrible plaie I »

Déplorable est une qualification de la nj». lamentable , une quaUfication de la «eosibi^^

Une chose déplorabU est regrettable, drt* table : telle est la mort de celui qui ^^.,^ l'impénitence finale (Mass.); telle futlanaiie» de Salomon , autrefois sage (Boss.). Une ctoose » mentable fait sur nos sens ou sur notre aa» forte impression : tel est l'aspect d'un cW « bataille aprts le combat (FâN.); telles so» »

plaintes d'une mère qui a perdu »" j^ (Boss.) ; teUe fut la mort de Jésus^hnst, m récit compose une histoire lamentable, s^^"^ l'expression de Bossuet. On dit un «^"^^ déplorable : « Y aurait-il un ivso«len«" »^

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

[éplorahU et moins eieusable que le mîen, i...T > BouRD. On dit un spectacle lamentable :

c Mes yeux sont témoins d'un spectacle si la- Mntable, » Vaut.

Ensuite, comme se lamenter, c'est pleurer, on pas en secret, mais en poussant des cris et es gémissements , lamentable se dit de ce qui ispire , non pas une douleur quelconque omme déplorable , mais la désolation , c*est-àire une douleur longue, éclatante, plaintive, émonstratiye et en même temps générale , qu'on Qtend partout retentir. On appellera plutdt délùrable un malheur particulier, et lamentable n malheur public. « Les calamité» lamentables m affligent la terre. » Volt, c Si Dieu ne veillit pas sur le monde, si tout se bornait à la irre, quelle condition lamentable/ » Vaoy. La tort d'un seul homme , laque^ ne fait aucun mit, peut être néanmoins déplorable. Une mort imentàble est celle d'un grand nombre d'homles qui périssent ensemble dans une peste ou un remblement de terre , par exemple , ou celle qui st fameuse , qui devient le sujet de lamentations armi le peuple.

Un souvenir fâcheux apporte à mon esprit Ces histoires de morts lamentahlesy tt^ques. Dont Paris tous les ans peut grossir ses chroniques.

BoiL.

Lamentable a enfin cela de particulier, qu'il B prend quelquefois dans un sens ironique.

Milord Maréchal s'amusa surtout de l'histoire zmenfable d'un capucin qui, pour entrer dans ordre séraphique, avait abdiqué la place de oge, et mourut de chagrin de n'avoir pas été u gardien de son couvent. • D'Al.

PLAINDRE, REGRETTER. Etre fâché, éprouver

I déplaisir par rapport à quelqu'un ou à quelle chose.

Vlainàre vient de plangere , battre , d'où \angi, se frapper la poitrine (dans la douleur], t désoler. Regretter a été formé de regressus , itour ; il est rétrospectif ou relatif au passé. La lainte , comme le gémissement , correspond à un al actuel; le regret, semblable au repentir, est lusé par quelque chose qui n'est plus là ou qui eu lieu autrefois.

On plaint et on regrette les personnes : on laint celles qui touclient de compassion, dont :tat inspire de la pitié ; on regrette celles qui ne >nt plus ou qui ne sont plus auprès de nous, li sont mortes ou parties. Nous plaignons le rt des indigents ; nous regrettons la perte ou iloignement de nos amis. « Un courtisan en falur est l'objet de l'envie : et, lorsqu'il tombe LUS la disgrâce, personne ne le plaint. Les inces les plus loués pendant leur vie ne sont Ls toujours les plus regrettés après leur mort, j>

En pailant des choses, plaindre et regretter fièrent de même : l'un regarde le présent ou ivenir , l'autre toujours le passé. Vous plaignez temps qu'il faut employer pour faire ceci ou lia; vous regrettez le temps passé ou perdu.

II ne faut pas plaindre les peines qu'on prenra à cette recherche, on en est bientôt récom-

pensé. » Boss. c Cette affaire m'a coûté trois ans de peine , que je ne regrette pas. » Volt.

r PLAISANTERIE , FACÉTIE , ROUFFONNERIE ; — 2« RAILLERIE , DÉRISION , RISÉE , MOQUERIE , PERSIFLAGE, IRONIE , BROCARD . LARDON; -^ 3* 60GUENARDERIE, GAUSSERIE. L'idée commune à tous ces mots est celle d'un jeu de l'esprit et de propos pleins de sel.

Mais la plaisanterie, la facétie et la bouffonnerie sont simplement gaies et comiques : elles réjouissent sans porter, au moins ouvertement et directement, contre une personne qu'elles tendent à blesser. La raillerie , la dérision , la risée , lamoquerte, \e persiflage, Vironie, le brocard et le lardon sont satiriques, tombent sur quelqu'un en particulier, et divertissent à ses dépens. Il y a dans la plaisanterie de la bonne humeur et de l'enjouement; il y a dans la raillerie de la mauvaise humeur, du chagrin, du courroux , du ressentiment , de la sévérité , et quelquefois de la causticité et de la médisance. La plaisanterie n'est que du badinage ; la raillerie peut aller jusqu'au sarcasme. La plaisan^ terie piquante plaît par quelque chose de fin et de vif; laroiMerte piquante est faite pour offenser. Le plaisant manque de gravité; le railleur, de ménagement. La plaisanterie ne convient point au prêtre : « Nous devons soutenir partout également le sérieux de notre ministère ; les lèvres du prêtre, dépositoires de la doctrine et de la vérité, ne doivent plus s'ouvrir à des inutilités et à des plaisanteries profanes. » Mass. Les princes surtout doivent s'interdire la raillerie (Boss. , Mohtesq., Labr.), € parce qu'ils sont les seuls qui blessent toujours mortellement. »MoHTBSQ.— L& plaisanterie est l'âme de la comédie ordinaire : c C'est le ridicule, c'est-à-dire \&plaisanterie , qui doit dominer dans la comédie. » Roll. Mais c'est la raillerie qui a inspiré les personnalités des comédies d'Aristophane: « Le talent particulier d'Aristophane éUit la raillerie, » Boll.

c La duchesse de Berry persécutait son mari sur le maigre et sur le jeûne. Elle s'en moquait jusqu'à lui en avoir fait rompre à. force de complaisance et d'embarras de ses aigres plaisanleries, et comme cela n'arrivait point sans combat, c'était encore sur cela même un redoublement de raiMerie* qui le désolaient. » S. S. « Avez-vous écarté avec horreur les plaisanteries malhonnêtes, les discours équivoques?... N'avez-vous point donné un mauvais exemple, ou pour des paroles trop libres , ou pour des raillerifs piquantes, ou pour des manières indécentes de parler sur la religion?» Feu. «Plutarque préfère infiniment Ménandre à Aristophane. Il admire en lui une plaisanterie douce, fine, délicate, spirituelle, et qui ne s'écarte jamais des règles de la probité la plus austère; au lieu que les railleries d'Aristophane , amères et mordantes , emportent la pièce , déchirent sans aucun ménagement la réputation des plus gens de bien , et violent avec une impudence effrénée toutes les lois de la modestie et de la pudeur. » Eoll. «Voyez comment, pour multiplier ses plaisanteries ,'ilLoi\èTe trouble tout l'ordre de la société; avec quel scandale il I renverse tous les rapports les plus sacrés sur

Sik

îfEXSXYÈXt PMCtfb^.

lesquels eHe est fondée, eenhniexit il toarnre en dérision les respectables droits des pères sur leurs enfonts, des maris sur leurs femmes!.... Il fait rire , îl est yrai , et n'en devient que plus eour pable ; en forçant , par un charme invincible , les sages mêmes de se prêter à des railleries qui devraient attirer leur indignation. » J. J.

La gogwmarderie et la gausserie sont de mauvaises plaisanteries ou de mauvaises railleries, telles qu'on en fait dans le bas peuple. Ces mots sont non-seulement familiers , mais encore déprëciatîfs : ils expriment de pauvres bons mots ou les bons mots de gens grossiers , dont on fait peu de cas.

V Plaisanterie^ facétie^ houffonnerie.

ÏA plaisanterie est faite pour plâtre et p2alt, cause du plaisir. La facétie, du, latin faeetus, trèsp^njoué , divertit beaucoup : c'est plus qu'une plaisanterie j c*est une plaisanterie très -fine, très-vive, très-comique, très-réjouissante. «Le duc du Maine raconta Thumiliation deFagon avec -ce faeéHeux et cet art de fine plaisanterie qa*n possédait si bien. » S. S. «Courcillon était un homme très-singulier, qu'une cuisse de moins n'avait pu attrister, qui s'étaft mis sur le pied de tout dire et de tout faire, et qui en fbisait d'inouïes avec beaucoup d'esprit et une Inépuisable plaisanterie et facétie, j> Id. « On connut bientôt que le plaisant et le* facétieux touche de trop près au licendeuz pour en être entièrement séparé. » Boss. « Beaumarchais avait la manie des quolibets et des rébus, comme plaisant et facétieum, 9 Lab. ~ Mais de très-plaisant à trop plaisant il n'y a qu'un pas; aussi facétie signifie-t-il souvent un excès , une plaisanterie trop forte ou inconvenante : c T a-t-il rien de plus ridicule que de voir le grand Condé baiser la châsse de sainte Geneviève dans une procession, y frotter son chapelet, le montrer au peuple, et prouver par cette facétie que les héros sacrifient souvent à la canaille?» Volt. «L'ignorance du cardinal de La Trémoille , ses mœurs , Tiadécence de sa vie , sa figuré étrange , ses facéties déplacées, ne peuvent être couvertes par son nom, sa dignité. »

De son côté, la bouffonnerie n'est pas seulement poussée trop loin , comme quelquefois la facétie f elle est grotesque , elle touche à la farce et à la turlupinade. Si la facétie n'a pas toujours assez de mesure , la bouffonnerie n'en a point du tout. On dit une facétie bouffonne (Lab.), preuve que le second mot lyoute au premier. « Le génie des pièces comiques est de chercher la bouffonfierté; César même ne trouvait pas que Térence fût assez plaisant : on veut plus d'emportement dans le risible. » Boss. Voltaire écrit k Laharpe : c Je n'ai point eu encore le courage de faire venir le fatras de ce Gilles nommé Piron : on ne peut à mon âge souffrir les plaisanteries de la foire. Je vous sais bon gré de n'être jamais descendu à la p/aûanterte bouffonne. » —La bouffonnerie est lapiatcanferte des tréteaux, c'est-à-dire, en fait de plaisanterie , ce qu'il y a de plus exagéré et de plus impertinent, a Je disais au régent que , | s'il voulait plotsanter, je plaisanterais tant qu'il ; voudrait , mais que de mêler les choses les plus j

sérfeuses defMftiei de ttaîn, de ^(MlfainiHii; cela était insupportable. » S. S.

t*liotU0rie, dérision, risée, wnfÊsrk.pm' page , tronte , brocard , lardon.

JtatUerie paraît venir de rtdire on derilûilairia : la miUerîs consiste donc à rire de qmlqu*un, à le tcntrotr en ridiicaU, DAtwmetfiiéi, ayant méon origine, paraissent signifiar eiactement la mène ohcNW. Ces trois expreuioDi aoa^ eUes donc toot à ikit équrvaleotes?

lAraiUerie se eoasidère eneUe-mteeielleet fio«, délioate, froide, amère, méchante, ett Dérision a le sens «otif , et risée le sens pissat tourner en dérision montre un fsit s'icconplissant; digae de risée rerient à digne d'être ri, joué^ moqaè, sifilé. On Cait quelque chose pard^ rision, « La, feine Marguerite ayant fût priaosniers Richard e^ Edmond , son second fils, ks il décapiter , et elle fit mettre par d^rûion une anroBoe de papier sur la lète du due d'Yorti Boss. c Les croisés se promenaient dans les n» de Constantinople, portant à la main une ieiitoire et da papier, par dérision pour cette ution, qui avait renoncé à la profession «Us anrNi>> MoNTESQ. Hais on est exposé à la rts^ oa n sujet de -rtt^. « Rendre un homme un snjet de risée, » Bouan. « L'ambition et lasinpIîciUài cardinal d*Amboise furent la risée de toute TEsrope. » Boss. — « Oses-vous vous abandonner àeS esprit de d^rtston qui a été si outrageai cobQi Jésus -Christ? Ne voyez-vous pas, raillennl outrance, que d'opprobres et quelle ritée tw avez causés au divin Jésus? » In.

La moquerie est bien plus grave et pins oAs-. santé que la raillerie , la dérision et la rti^e .A consiste, non pas à rire des gens, mais propRment à leur faire la grimace , en grec (und^.ct par conséquent à leur témoigner du mépris. I> raiUeur est un malin critique, qui se borne i reprendre en nous des ridicules ou des tRfSS. et ses observations, quoique piquantes, peunrt ne pas nous piquer ; nous pouvons ea rireja premiers, comme fit Socrate & la représentttifli des Nuées , si , comme lui , nous entendoM ra* lerie. « Il y a de petits débuts que l'on abitdonne volontiers à la censure, et dont noos* haïssons pas à être raillés.* Labr. «La rw^ des monarques flatte, lorsqu'dle est modéfée, parce qu'elle donne les moyens d'entrer daw ^ familiarité. > Kohtbsq. Mais on n'entend p moquerie. Le moqueur est un insdeot q^ nos traite avec dédain. « La moquerie est de iw» les injures celle qui se pardonne le moins:»* est le langage du mépris , et l'une des »•*• dont il se fait le mieux entendre.... Bile '•*JJ dre rhomme ridicule à ses propres y*"*-"*^ une chose monstrueuse que le godt etis W» qui est en nous de raiHer, d'improufw et • mépriser les autres; et tout ensemble la cw» que nous ressentons contre «mt qmieni***' lent y nous improuvent et nous niéprisent.»MS- « Tout air de mépris et de hauteur, trot e^ de critique et de moquerie, marque ^ *■[ pleine d'elle-même, qui met tout son pisiwdtfi le mal d'autrui. Rien ne dermil et» «î)Wp«* nous humilier que ce genre d'oigiisil «•?**'

SYNONYMES À RAl^lCAUX DIVERS.

^aîgneui, fier* toi^oofs Implacable mr les déits d'autroi.» Fén. «Comme Romulus faisait îuser le fossé qui deVait enviroimer les malles de la nouvelle ville, Rémus critiqua d'um 1 railleur la petitesse de Touvrage ; et, ajoutant isulte à lara»7ierte, il sauta le Ibssé par méie , pour se moquer de son frère.» Roxx. Le persiflage est une espèce de raillerie , qui asiate à rire de quelqu'un en lui disant d'un r ingéDu des choses flatteuses qu'il croit sinres, mais qui sont autant de contre- vériiés. Si tf . de Clermaot-Tftnnerre parait avoir loué ncèrement son prédécesseur, la réponse du diicteur de l'Académie parut à l'assemblée une onie perpétuelle, et ce que nous appellerions ijourd'hui une espèce de persiflage , où Ton se toquait finement du prélat en paraissant l'acca- 1er de louanges. »D' Al. «Vous avez écrit à quelu'un que les Corses avaient seulement prié Jeanloques de mettre leurs lois en bon français : cela le paraît un persiflage. » VoLiiaRi à u'Albic- BRT. « Sophie aime à être louée , pourvu que oe )it tout de bon , et qu'elle puisse croire qu'on snse en effet le bien qu'on lui dit d'elle. Tout iiiini, persiflage est toujours rebuté. » J. J.~Or iX plus ou moins sensible à la raiUerie; on est u on n'est pas dupe du persiflage. « Ce personage de la pièce est tout à coup subjugué par le lus frivole persiflage, dont on ne peut être iipe sans être un sot. « Lae.

Ironie^ grec elp«#vc(a, n'est autre chose que le om didactique delà raUlerie et du persiflage ^ elui dont on se sert dans la critique littéraire t en termes de rhétorique. « Vironie était la gure favorite de Socrate. • Acab. « La figure de ironie tient presque toujours du comique; car ironie n'est autre chose qu'une raiUerie. L'élojence souffre cette figure en prose ; mais dans

tragédie il faut l'employer sobrement.... Rane met quelques ironies dans la bouche d'Herione. L'tVonte ne convient point aux passions: le ne peut aller au cosur, elle sèche les larmes.» >LT. t L'tronte peut, selon les occasions ^ apparoir à la gaieté, au courroux, au mépris; oes îuz derniers peuvent donc l'introduire dans le y le noble et dans les sigets les plus hauts, mais Lrement , car il ne faut pas laisser le temps de iDtir qu'elle est voisine de la plaisanterie. L'trole est quelquefois la dernière ressource de l'inignation et du désespoir, quand l'expression séeuse leur paraît trop faible. j> Lab.

Le brocard et le lardon sont des traits de railrie piquante. Familiers et figurés, les mots rocard et lardon désignent des pointes de railrie, quelque chose de petit et d'acéré qu'on !tte, qu'on lance, qu'on reçoit, qu'on essuie.

Mais brocard y dont l'étymologie (de broche, etite broche) n'est pas très-certaine , est moins imilier, moins commun que lardon , qui signifie u propre quelque chose de très-peu noble, sa^ oir un petit morceau de lard dont on pique la iande. Sans être du plus haut style, brocard se eut mettre dans les discours et dans les écrits rd inaires. « Heureux ceux qui sont intrépides ontre tous les tirocarde des libertins t » Fin.

Braver tous les àrecanU de la maliguité. Volt.

Votre honoenr m'est cher, et Je ne puis souffnr Qu'aux "brocards d'un chacun vous alliei voas oflric

(Dorine à Orgon dans Tartufe). Mol.

Vt)iM n'enteadret partout qu'injnrteox broectrit Et sur vous et sur lui fondre de loutea parts. Bon*. tvaadee-TOoa bien de cet homme eauaiiqiie i Dans ses hroeards a«oui n*est ménagé.

J. B. Rouis»

«Lalande imprima dans le iowmtH de Paris oette lettre qui lui attira taal de èracardc «n .proi^ «t en vers. » Lab.

Sans étie puédaénent bas , lardùn ne convient que dans le style le i^us fatmilier^ ou est d'un pauvre diable. « On agaça la petite; je pris ea défense. Auasitêt leaiordone tombèrent aur moi.» J.l.

Des oielli de métier, et qui ibn^urs sur eux Portent de tout I^ris le lardom scandaleux. Raoff.

« a couitàParis beaucoup de satires sur TexpèditioB de la Silésie. On y lait l'hoanear à quelques*uns 4e ¥00 serviteurs de leur Iftcher quàqae lardon. > Vûltaiu au roi de Prusse. « Mme Aa Pompadoor et le bonhomme Toumemine iqppelaieut Crébillon Sophoole, et moi on m'acoaMait de lardons. 0 le bon tenps que -c'était 1 • In.

S* GogHêUarderie , ysiusene.

Ces deux mots sont «ussi familiers; mais ils maarquent l'envie de badiner, de s'égayer, pluifit quecellede frappef; ils n'emportent pas l'idés de critique mordante, d'un trait malin dirigé contre une personne et propre à lui faire du mak •- Du reste, entre l'un et l'autre la différente est la Bitoie qu'entre brocard et lardon,

Goguenarderie est eomoHin , ainat que braamfâ. « La nuit venue , nous voilà tous à gogMenairdèr , nos violons à jouer des airs tendres, et giamAe chè» partout Dieu sait les brocards qu'on jetait au pauvre gouverneur et à sa fraise, v Ham.

Ries donc, beau rieur. Ohl que cela doU plaive De voir un gùgunmrd presque sexagénaire I " Toutefois n'aUex pas, pwmmmrd dangereux, Faire Dieu le sqjet d'un badiaage affreux. Ben..

« Joignez à oela l'air joyeux et content qui lèga» dans tout l'ouvrage , et le ton raiUewr et folâtm avec lequel...; ce Chinois surtout si goffneneurd^ si loustic, qui le représente, et qu'il nous «»• sure être un homme d'esprit et de ssns. » J. J. « Le patriarche est toujours malingre; «it, iTIl est ^o^iiefiafd dans les intervalles de ses soof- (hmces , il ne doit la vie qu'à ce régioM é$ gaieté. » Volt.

€êiusserie est teUement commun , SsUeiMBl populaire , qu'on ne le trouve guère q^e 4ans U bouohe de personnes qui parlent patois. Aâssi, dans les Femmes savantes ^ la servante 'Martine, qui n'a vol respect pour le bel usage et peur la graussaiss, dit :

Et nous voyons que d*tm homcae on se fMuse, Qunid sa fesame cheaiai perte le baM-de^ehausse.

Dans la F&rce eu naêmfel de Destouehes, uns fermière, Matlitirine, dit, sn parkont de sa fille:

Les garçons de cfasux nous ne pôuvaieflt pas souffrir

Qu'elle Tût au vHIage habillée à la mode;

Et défunt mon mari, qui a*élatt pas quemodCy

Parce qu'ils a'en geuêsiens nous en gmmsmii snssU

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