COND
On ne dit pas ou du moins on ne dit plus do» vaniage que. Davantage ne se prend point dans le sens relatif et développé. Mais plus s'emploie très -bien d'une manière absolue, tout conmie davantage^ auquel cas les deux mots diffèrent encore.
Tlus est précis; davantage^ vague. On se sert de plus pour exprimer une supériorité d'espèce appréciable, ou d'une mesure fixée; et de davontage pour indiquer une supériorité indéterminée par sa nature ou de fait. Les Scythe^ disent à Alexandre dans Quinte-Curce : « A mesure que tu as plus y tu désires davantage, » Lab. c Ce qui se rapproche le plus de nos mœurs est toujours ce qui nous plaU davantage. » Volt. « Le climat a quelque puissance ; le gouvernement cent fois plus ; la religion jointe au gouvernement encore davantage» » In. « Selon l'oracle du Sauveur, celui à qui on remet le plus aime davantage, > Boss. De mes deux campagnes l'une me rend plus , l'autre me plaît davantage.
On dit avec la négation , je n'en dirai , je n'en veux , ne m'en demandez , etc. , pas plus et pas davantage. Alors plus est matériel , et davantage formel. Je n'en dirai pas plus^ je ne donnerai pas de nouveaux détails , je ne ferai pas d'autres révélations; je n'en dirai pas davantage^ je ne parlerai pas plus longtemps. Je n'en veux pas plus^ j*ai assez de la chose dont il est question, j'en possède une assez grande quantité , un assez grand nombre; je n'en veux pas davantage ^i^ ne continue pas à en vouloir. Ne m'en demandez pas plus^ vous en avez ce qu'il vous faut, ou il n'en reste rien ; ne m'en demandez pas davantage , cessez de m'en demander. — Les verbes neutres exprimant une action pure , sans rapport aux choses, aux matières, et pouvant être relatiCs au degré , mais non à la quantité , ne se disent qu'avec davantage : ne restez pas , ne courez pas , ne dormez pas davantage.
PLUSIEURS, MAINT. Un certain nombre de choses ou de personnes.
Plusieurs a été formé du latin plus : c'est le mot ordinaire, de tous les styles. Maint a une origine vulgaire, comme l'indique sa ressemblance avec râllômand manager ^ manche^ dont la signification est la même : aussi ne s'emploiet-il que dans le langage familier. En plusieurs occasions (AcAn.), est une expression qui convient partout; mais dans une simple lettre J. J. Rousseau écrit : « J'étais à Genève , gai comnae pinson, pensant d'ici avoir maintes occasions de vous assurer de mes profonds respects. »
Outre cela , l'idée de plusieurs est moins étendue que celle de maint. Plusieurs veut dire plus d'un; pas davantage. « A choses égales, un vaut toujours mieux que plusieurs, » Féw. « Aristote soutient que l'ÉUt monarchique est le plus parfait de tous les Etats, parce que dans les autres
DEUXIËME PARTIS :
il y a pluiienn penoimes qui gouTement. » Id. «iFlusiewrs faiblM, ligués contre un puissant, lui imposent la nécessité de modérer son ambition et ses violences. » Vaut. « Saint Paul exhorta Timothée à laisser à des personnes fidèles ce (juMl avait ouï de lui en présence de plusieum témoins. Ces pluiieurs étaient très-peu de gens.» Boss. Hais maûU est presque réquivalent de ieoucoiip, de m^uU^ «t même de milU pris in^ définiment. « Um'ft dit maintes belles paroles, ■^a £ut mille protestations d'amitiés, » Dudbpv.
Le devoir d'une femme engage à mille eheeee; On trouve mainte épine où Ton cherchait des roaes.
Aptes maints faoUhela ceo^. sur eoup renrof és«^.
• Aristote a, oomme tous le» autms hommes, mêlé motfUef erreurs avec quelques vérités.... Hélas ! il en a tant mêlé , que.... » Tolt. « Il est selon les statuta de dégrader un chevalier de Tordre pour certains crimes, surtout de félonie, dont il y a de grands exemples , et eu nombre; à phia forte raison est-il en la disposition du roi de £iirt défaire un officier de l'ordre de sa eharge..dQnt il y a aussi mainte exemples. » S. S. — On dilmosttl et wasmt^ comme on dit mtjieet «sUe.
De li natu^ni engtas i vous euveleppery
Et laêets pour vous attraper,
Snflo mainte et maints machine..*. Lasw ' n n*élidt poim d'adresse à mon «Presse égsle^ St j'ai baUa le fer en maints et maints salle. Ito.
MiaieMrr fois signifie plus d'une foie, c'est-à-dire peut-être deux ou trois fois; mmntefoii revient à bien des fieis, miUe fois, souveatefols ou souvent
SnflB, il se peut que jriwieiirr, oemaie son primitif p{ic«, et à la différence de motnt, soit eomparatif, o'est^àolire ait rapport à un autre nombre. « De toutes oes choses , il y en a pin- «Mrs à rejeter. » Acas. « J'en ai donné divers exemples, outre piiinmcrt autres qui sa trouvefont dans mes remarques. » Vaucl
FOISON, YBffUV. Âu pro|»re, oes mots désignent certaines choses qui peuvent attaquer les principes de la vie par quelque qualité maligne ; au figuré , ils se disent de choses capables de blesser ITâme ott>qui tendent à détruire les principes de la morale ou de la religion.
foison, de ftofoo, potion , boisson , signifie primitivement un breuvage préparé pour donner ]& mort, et ensuite toute substance végétale ou minérale qui, étant avalée ou même appliquée extérieurement , est capable de causer cet e&t.
n saura que ma main lui devait présenter
Un poison que votre ordre avait taii apprêter. lUc.
De la céleste rosée
La terre fertilisée ,
Quand les frimas ont cesB&,
Fait également éelore
Et lea doux parhims de Floie
£t les/wMPjw de Circé. J. B. Rooss.
« Hou» voyona des plantes dont le sue est pour L'homme un poison morteL > Boaan. « Bn ligule, en fleuxa, en chaux, l'arsenic eat toujoun 90mm. 9 Biuv..-^ Fentu ejqirimo. seulement une j
liqueur formée dans le oorps d'un aaîBal, et qui peut lui nuire à kû-même, ou plut ssuYcntei blesser d'autres eu ainsinuantdaukiinchis par une morsure ou autrement. Ls Mata du seipent, de Taspio, da la vipère, dn seorpioiL- « Fuyec, me dit Mentor; ici la terre w porte pour fruit que du jKMfo», et les hemmes eoaugieux ne se parlenl que pour se coouDtDiiqtteris «enîi» mortel. » Fén.
Lorsqu'il est question de ce qoi peut Htàt?: plus on moins la vie^d'un homme, poûonisdk'ï: toujours quelque ehoee d'estériew et de reça.a lieu que porfoia ^enifi signifie qnelqtie d» d'intérieur et du produit dans l'homme hà-wisL Le due dé Bourgogne étant mort, des nédeès pR)(aéd^ent à Tautopeie, et prétendirent ape» voir le plue violent effet d'Un poison trèâpstèt: mais Maréehal aoutiikt que ce qui anitt]»!: prince était un vmin naturel de la eomptksi la masse du sang (3. S.). « Le grand crédit te péeheura est un fléau que Dieu leor esià c'est donner le moyen à un malade de jeter i. peifo» sur une plaie déjà mortelle; c'est oda! le feu à une humeur maligne dont le vesûssî dévore déjà les entrailles. » Boss.— PareBkacL au figura, use poesien dont le priodpeest^ de l'Ame est un potsof» , et une pastioB ttsat dans l'ftme même est un venin, « L'eANn porte toujours un poison plus s4r dans Us a» que toutes les gràoes d'une beauté chaste et pdique. » Uass. « Lee succès de nos frères fcfi£ un poûofi seoret dans notre oeear, qui Rp l'amertume sur totrite notre vie. 9 le. Le vn**^ la haine (Bos9.), de la malignité (Io.},(ief» mosité (X. J.) , de l'ennui (Pasc.) , de l'bfpi»» (ID.). « L'enfer m'a soufflé son poûos,» dite jaloux dans Molière. « Le jaloux est toojoBfsscupé à se rempUr de fiel et de venin, > fi<»-
D'ailkur», le jMitoii empeûoane; il p^aetuell«ment l'effet marqué par ce mot: ^^ venin est la qualité d'une chose eefitsime.c'fiià-dire qu» a seulement la ftioulté d'empoi5«s9 En eonséquenoe, lepoaiefi est plotOC isorteU souvent le venin n'esl que dangereux. 'Om le serpent Unsse un venin dange reez «if ^ i^its dont il a goAté, le premier péckenr.e usant, oontre Fordve de Dieu, des biens <le a terre, les infeeta, et en fit pour aiasi dires podson mortel. » tf Asa. Raeine emploie le ^ poison OMume équivalent à mortel «eats dus » vers n connus de JNfftrtdaée ;
J'ai pris soin de m'armer contre toos Usfoiss;
J'ai BU- par me longue et pénible iadostrie
Des plus mortels psnins pnfrvenir la Ims» -*Le po<ffon est plutôt considéré comme a^ comme exerçant présentement ses m*^^^ poison lent Nous nous représentons fo^^ venin conmie une matière eoBtenoe d^ ohose simplement , et qui ne fût pis ^'"^[^ tivement sa force .^ avoir du venin , sa ^ SUIS oentfi. « C'est par vous (grands ^^^^ qui protégea le théâtre et les arts qni ^'J^ tent) que oe petsen infecte les vâlss et les P| vincea.... Lea livrée de nos.poéte8 pMserooi « les maina de mœ nereuv, et vos crimes n^ tipli^ront avec le eeatn danfvrear qu'ils ]»rv
STNONYlffBS k lUmCAUX DIVERS.
r«c eux. » VAsa. — Des regard» porteat dans les Œurs le potffon de Kamour ?
D*azi regard enebanteur ooimalt*fl (Brilaimieus] le poiâom? Bac.
: De beaux yeux renftrmeixt le vtnin de F^tour, a
Oui , fit-elle , Toe yeux , pour eanser le tré|M«, lia èlte, onl un fvnin que tous ne laTei pM. Ûol,
POimPE, PRÉLAT, ÉYÉQOR. Chef OU prince s prêtres.
Fontife, latin pontifèx^ est (fe- ces* trois mots le ul qui ait été employé arec ce sens dans Fantilité païenne. C'est encore anjourd'hni le seul D se dise en parlant des grands prêtres de tous B peuples anciens , y compris les Hébreux. Apiqtié aux chefs du cuite chrétien, H exprime lelque chose de grand, d'auguste, de majeseux, et ne confient guère qif A Tégard de Jeis-Christ et du pape. « lésns-Gbrtst est le ponk étemel d^une nourelle alliance. » Mass. « Je is ce que Je dois A la sainte horreur du sanc- Atre où le pomifé étemel est toujours TiTant, In d'intercéder pour nous. » In. «Il faut eonsisrer Jésus-Christ comme le ptmXife de la loi oarellef le grand prêtre assis A la droite de ieii. a Bouan. c Dana la oonsécration des papes, 3 feit passer devant les yeux du nouveau ponfe quelques étonpes que le feu consume. » In. Les Espagnols reçurent orAre de l'empereur de eLtre le pape en Uberté ; mais ce pontife se dé« usa en marchand....» Boss. Que si on se sert quelle fois de pontife pour désigner un cardinal, un cBievêque ou tout autre ministre de Dieu moins lUit placé que le pape, o'est en tenues de liturgie 1 dans le style relevé, dans l'oraison funèbre, ir exemple, et quand on veut présenter le permnage dont il est question sous son point de te le plus ûlttstre , le plus glorieux. MassilUm , ins Toraison funèbre de messire de Yilleroy, cberèque de Lyon , dit : < Il est glorieux , je ;Toue, A un pontife sacré, d'avoir été, ce mble, formé des mains du Très-Haut, pour ^ager les intérêts des rois et la fortune des yaumes : c'est sans doute un endroit éclatant , Ton peut en faire honneur A sa mémoire. » un peu plus loin ; « Telles étaient les ruines de maison du Seigneur, quand nous y vîmes enr notre nouveau pontife. Quelles furent nos Carnations et nos tendtes réjouissances f » ?rélat^ du latin prartoluf, porté ou placé int, distingué par sa place, n'est, usité que ' rapport au Christianisme et même au catholi- [De. Il désigne un des hommes qui composent îonseil , et , pour ainsi dire , Tétat-major de la gion, sous la haute direction du pape, à qui réservé le nom de ponltfe. « Aussi voit-on les lyerains pontifet vêtus de leur habit de cérénie , qui les fait reconnaître entre tous les lats de rSglise. » Bourd. On appelle prUaU patriarches, les cardinaux, les primats, Tes hevêquea, les évèques, les légats, les chefs rdres religieux, les abbés ou prieurs de couits , tous ceux en un mot q^i possèdent une nité considérable avec une juridiction spirille, et , de plus, tous ceux des ecclésiastiques la cour de Rome qui ont droit de porter le
violet. « La foi de l'SgllsB- étant suspendue par le spectacle nouveau de deux ponli/feir dont chacun prétend être l'oint da Seigneur... , saint Bernard pandt au milieu des prélats du royaume assemblés A Stampes pour prononcer sur ce différend ; tott^ les pères du condle respectent en lui je ne sais quelle autorité. » Mass. « S'il y a dans reaereiee du ministère des confesseurs quelques abus A réformer, laissons* en le soin aux prétatt et à oeuz qui ont autorité dans TËgiiae. » Bouan. — Quelquefois le nom de préUU se donne en particulier A un évêque ; mais c'est dans le style ordinaire, et quoique ce soit un titre honorable, il n'a pas ïemphase de pon(t/e, il ne marque pas tant de grandeur et d'éclat. «Six évêques firent des remontrances au roi Jacques. Ils furent conduits A la Tbur.... Les soldats finirent par s» jeter aux pieds de ces prélati . qu'ils conduisaient A legret. » Coivn. « Payons les dettes d'un vieil évêque obsédé par ses créanciers. On veut qu'il fasse des délégations qui le réduiraient A vivre bourgeoisement. — Bourgeoisement! ah ! quel aftont on veut faire A un pré^ lat ! » Lis.
Bvique, du grec licîaxoiroc, inspecteur, surveillant , intendant, est le nom propre et vulgaire des prélats chargés de veiller au gouvernement d'une £glise, comme les curés, de cura, soin, sont les curateurs d^une paroisse, pourvoient à ses besoins spirituels. < Si les afiaires étaient jugées A Rome, les évéques étaient dans la nécessité d'abandonner leurs églises. » Coiro. « M. de Yilleroy endura plus de sollicitations pour se résoudre A subir ce fardeau sacré , que les autres n'en emploient pour l'obtenir; il sut être évéq^e après l'avoir refusé. » Mass, • Nous remerciftmes Dieu d'avoir donné pour évêque A cette ville celui que le prince lui avait déjA donné pour gouverneur. » ID.
« Ainsi voua êtes pontife par la puissance et par la hauteur des Ibnctions que vous exercez dans rSglise ; vous êtes prélat par la dignité et par le rang que vous occupez dans la hiérarchie ecclésiastique ; vous êtes évêque par la consécration et par le gouvernement spirituel que vous avez d'un diocèse. Le pontifteat est une domination; la préïature^ une distinction; Vépiscopat, une charge. La domination du pontife lui donne le droit de commander et de présider; la distinction du pr^l lui attribue la préséance et des prérogatives honorifiques; la charge d'évêque impose le devoir de veiller et de pourvoir aux besoins spirituels d'un troupeau. » Roub.
PORTER^ POUSSER, HOUTOIR. Ces trois verbes sont pris ici au figuré, en tant qu'ils signifient agir fortement sur la volonté de quelqu'un pour le déterminer A faire quelque chose.
Mais porter annonce une action facile, et pousser une action faite avec efibrt. Celui qu'on porte A faire une chose n'oppose point de résistance. « VoilA ce que la nature nous inspire (selon Zenon), à quoi elle nous porto, l'honnêteté et la' vertu. 9 RoLL. « Son caractère le portait A la réflexion. » Babtb. «Plus je considère ce qui me porte dans ce cas A tel mouvement plutôt qu'A Ul autre» plus je ressens clairement qu'O n'y a