‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 374 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

que ma Yolonté qui m'y détermine. » Boss. c Le duc crut que Tinté rèt du roi d'Angleterre le por- Urait à secourir la Bretagne. ' Id. « Son inclinalion le porte à ce genre d'études, j» Acad. < Les mauvaises compagnies l'ont porté i la débauche. » Id. Mais c'est malgré lui , contre son gré , ou au moins avec peine qu'on poutie quelqu'un à faire quelque chose. « Je ne voulais pas faire cette acquisition , c'est lui qui m*y a poussé. » AcAO. « La force de la vérité a poussé les réformés , contre leur dessein, i dire des choses qui favorisent la présence réelle. » Boss. « Le connétable de Bourbon dit au roi qne , s'il avait écouté des propositions, il y avait été poussé par les indignes traitements que Madame lui avait faits.» Id. a Les coups retiennent et poussent les animaux , sans qu'il soit besoin qu'ils raisonnent. » Id. « Dieu invite par ses promesses les pécheurs à la réformation de leur vie , il les y engage par ses bienfaits , il les y pousse par ses menaces , il les y force par ses cb&timents. s Bodrd.

Mouvoir est peu usité dans cette acception ; il exprime l'action la plus Caible et s'emploie ordinairement d'une manière absolue, sans indication d'un but. « C'est la passion qui le meut, » Acad. c Les spirituels nous enseignent que , s'il y a quelques ftmes qui soient tellement mues de Dieu , qu'elles n'aient aucun besoin de faire effort , ce sont des âmes uniques et privilégiées. » Boss. « Les stoïciens tenaient qu'il y avait des choses qui n'étaient ni un bien ni un mal , quoiqu'elles eussent la force de mouvoir notre appétit. » FÂN.

POUDRE, POUSSIERE. Terre divisée , atténuée et réduite en petites particules.

La poudre est le genre , et lApoiusière l'espèce. La poussière est cette poudre particulière qui se forme par le dessèchement de la terre, qui se trouve sur les chemins principalement, et qui est élevée , poussée ou emportée par le vent. « La surface du mercure ne se ternit à l'air que par la poussière qui la couvre. 9 Buff. c Les argiles dont la surface était découverte reçurent le dépôt des poussières de l'air et du limon des pluies. » Id. a Ces deux matières , la chaux et le plâtre calciné, exposées à lair après la calcination , tombent en poussière et perdent la plus utile de leurs propriétés : on ne peut plus les employer dans cet état. > Id. Mais la poudre peut résulter d'autres substances que de la terre. Ensuite, ce nom se donne à beaucoup de choses qui ont un usage : poudre de senteur, poudre à poudrer, poudre médicinale , poudre à canon ; du tabac , du sucre, du café en poudre; au lieu que la poussière est quelque chose d'inutile, de vil, une cendre, quelque chose qui ne sert qu'à faire de la boue. « Les sables ou poudres métalliques qu'on trouve souvent dans les mines d'étain n'en sont que des détriments ; et quelquefois ces détriments sont si fort altérés qu'ils ont perdu toute consistance et presque toutes les propriétés métalliques. Les mineurs ont appelé mundick cette poussière, qu'ils rejettent comme trop appauvrie, et dont en effet on ne peut tirer, avec beaucoup de travail, qu'une très -petite quantité d'étain. » Buff.

Toutefois poudre se prend saisi, quoique moms spécialement, dans le senK de poiMiière. Qudk est alors la différence des deux mots?

C'est que poussière rappelle seule l'idée d'èt» poussé par le vent, d'être enlevé. On dit irès-biea mettre ou réduire en poudre , être couTert di poudre; de poudre on a fait poudreux. Vais si l'on veut représenter la même substance comiLe portée et agitée dans les airs par le veot, co emploiera de préférence le mot potuitére. • Tod ce que nous aurons fait dans une autre vue qœ celle de Dieu sera semblable à la pouutm qs! le vent emporte. Ainsi Dieu le marquait-il liamême , quand il disait â ce roi impie : je te lèduirai en poudre. » Bourd. « Dieu dit: je réduirai en poudre dans une seule nuit les eooeii de Jérusalem. J'écarterai le reste comme un tosibillon dissipe une poussière légère. » Roll. Q» si, contre l'usage qui est de n'appeler powm qu'une poudre inutile , on donne , en boiaaiqi. le nom de poussière aux corpuscules fécoodib, qui sont réunis dans les anthères des étamuui, c'est que dans beaucoup de plantes ils oat ksoin, pour arriver au pistil, d'être transports par le vent. — Au reste, dans les locutions oq'^ deux mots semblent pouvoir se mettre iniiÊremment , poussière devient de plus en p usité , et poudre de moins en moins, parce q«^ pour ce qui concerne l'emploi des termes, k progrès consiste â préférer toujours de plos û plus ceux qui sont spéciaux et propres à tsa qui sont généraux et vagues. Qui voudrait dit présentement avec l'Académie : La poudre Toîe. il fait aujourd'hui beaucoup de poudre; onoeit voit point à cause de la poudre ?

Au figuré, on dit hyperboliquement mettre e poudre, c'est-à-dire dissoudre, détruire. Xà poussière désigqp une poudre vile,méprisatje. qui est de la nature de la boue : tirer quelqu'as de la poussière; la pou^tére du collège; la ff^' sière du tombeau.

Déplorable Sioo, qu'is-tu fait de ta gloire?

Tout l'univers admirait ta spleodeur :

Tu D'es plus que pousMÎtre; et de celte gfÈDàe& U ne nous reste plus que la triste mcmoire. Itt»

L'homme n'est que poudre , a moins de is3» que , l'honune n'est que pouMt^e, ce dernier si^l signifiant essentiellement, non pas une poupin très-fine , comme quelques-uns le prétendes! i tort {poudre impalpable), mais une pondre qu'« foule aux pieds , qui n'est d'aucun usage, v» ordure. « Voulez-vous donc, à mon Dieu.» laisser retomber dans la poussière hideuse et dans l'infection du tombeau? » Mass. « U Proji; dence a placé les uns sur le buffet comoe ob vases d'honneur, et a laissé les autres dins» poussière. » Bourd. « 0 Sauveur, je me renfroe daus le tombeau avec vous : je descends oac» les ténèbres et jusque dans la poussière. > '^ € Dormez votre sonmieil, riches de la ^"?''' demeurez dans votre poussière. » Boss. • CoM mes pensées, Seigneur : que le vent emporte^ poussière , le mauvais grain , les ordures. > i^-

POUR, QUANT. En ce qui regarde.

Pour est une préposition générale, de to\isi styles, sans étymologie bien significâtiT«» **^

SYNONTMEâ 1 KAmCAUX DiTERS.

ttractère particulier. II n'en est point du tout le même de quant , dérÎTé du latin quantum , lutant que , combien.

Pour s'emploie partout indifféremment; mais fuanf n'est guère de mise que dans le didactique, lans les comptes, où il s*agit de quantité^ dans les liscussions, dans les controrerses. Tonte peronne dira qu'elle en estime une autre pour ses nalités; mais, en termes d'école, nn philosophe ludie ou considère l'homme quant à sa nature I i ses faicultés spirituelles.

Au commencement d'une phrase, pour marque ransition à une antre chose. « Sésostris écoutait <ttz de ses sujets qui.... Pour les étrangers, il es recevait avec bonté. > Fin. « Pour les seonds Assyriens , la plupart des Grecs les ont enièrement ignorés. » Boss. < Pour le corps de trutus, il fut levé du champ de bataille et porté

Rome. » RoLL. Quant à annonce un nourel rticle. c Quant i tel article. » Acad. « Voilà )mment nous avons adouci les choses à l'égard ss bénéficiers. Quant aux prêtres , nous avons [usieurs maximes qui leur sont assez favorales. » Pasg. c C'est l'ignorance du fait. Mais , vtanî à celle du droit, voyons si Aristote est de ivis du P. Bauny. » In. « Quant au second rjet de plainte , le consul songea réellement à y tisfaire. > Roll. ^ « Je lui souhaiterais (à son tit-fils) un peu plus de penchant pour la lecre. Pour Paurine, cette dévoreuse de livres, ime mieux qu'elle en avale de mauvais que de i point aimer à lire : les romans, les comédies.... Qsuite , il faut l'histoire.... Quant aux beaux rres de dévotion, si elle ne les aime point, nt pis pour elle. » Siv.

Devant le mot mot, pour et quant forment !ux locutions qui demandent à être distinguées 'ec le plus graod soin.

D'abord, pour mot est d'un usage universel; 1 lieu que quant à moi est commun et inusité ins le haut style. Pour moi se trouve souvent tns les tragédies de Racine et de Corneille , Ja- %\5 ou très-rarement quant à moi,

pçur moi^ quelque péril qui me puisse accabler....

Rac.

Pour moi^ qui le premier secondai vos desseins....

ID

Pour moif quoique banni du rang de mes aTeux....

Id.

Pour HÊoiy J'ai su déjà par mes brigues secrètes....

Id.

Poitr moi , Je sens les miens (mes maux ) avec plus de raiblesse. Coax.

^our «m* , Je ne vois rien, dans le trouble où Je

suis, ^'un gouf&e de malheurs, qu'on abîme d'ennuis.

Id.

revanche , quant à moi est une expression it se servent assez fréquemment Molière et ontaine. c Le connaissez- vous? — Non, quanl %oi, 9 Mol.

lélas ! je le voudrais, quant k moi^ de bon cœur.

Id.

{t quant a moi le Iroave, ayant tout compensé,

^e Id.

"^uant à moi toutefois Je ne me plaindrais pas , 'i • lo.

ATH. TBAVÇ.

Quant a moi, J*ai toujours gardé cette eonlume.

Quant à moi, Je voudrais ne mourir que ridée. Id. Charmants objets y sont (à Ketms) en abondance. Par ce point<-li, Je n'entends , ^uani k moi , Tours ni portanx , mais gentilles Galoises. Id.

Ensuite , pour mot n^ndiqne dans celui qui parle de disposition d'aucune sorte. Quant â moi convient principalement dans la bouche d'un homme qui se compte et qni veut qu'on le compte, qui se pose, qui a des prétentions, ^ussi dit-on bien dans le langage familier , mais dans le langage familier seulement , se tenir on se mettre sur son quani à moi, pour signifier prendre nn nir fier, faire le suffisant, le hautain. Vous direz modestement et avec un air de doute, pour mot Je penserais , je ferais; vous direz avec fermeté et d'une manière résolue, quant à mot je pense, je fais.

1* POURQUOI (C'EST) , AUSSI ; — 2* PAR CON^ SÉQUENT, DONC, PARTANT; ^ 3* AHfSf. Conjonctions et locutions conjonctives servant à marquer une raison, non pas qu'on va donner, comme ecHr, $n effet, paru que, eto., mais qui a été donnée.

n y a d'abord une différence considérable entra i^€it pourquoi et auui, d'une part, par con#^quent, donc et partant, de l'autre. Cat pourquoi et autii expriment un rapport de cause i effet; por eons^quenf , donc et partant, un rapport de . prémisses à conséquence. Il tomba malade; c*est pourquoi ou ausft , c'est-à-dire à cause de cela , il remit son voyage; ou, en renversant les deux membres de la phrase , il remît son voyage A cause qu'il tomba ou parce qu'il tomba malade. L'Ame est immatérielle, par conséquent, donc ou partant , c'est-à-dire cela étant posé en princine, elle est immortelle , il s'ensuit qu'elle est iounortelle; ou, en prenant un autre tour, l'ftme est immortelle, puisque ou car elle est immatérielle. Cest pourquoi et auisi se disent dans Tordre des bits, des événements, pour en | indiquer la suite ou les expliquer, en physique et en histoire, par exemple; par conséquent, donc et partant ne conviennent que dans l'ordre des idées, quand on déduit, particulièrement dans le langage de l'école et des sciences exactes.

1* Cest pourquoi, austt. Conjonctions explicatives : à cause de cela , par cette raison ou par ce motif.

Cest pourquoi, Toilà pourquoi , c'est la raison pourquoi, est l'expressiou comnmne. < Il est cer tain qu'Aristote est en effet un esprit tràsvaste et très-étendu; et t^est pourquoi il a très-bien réussi en ce qu'il a dit des passions. » P. R. «Les hommes du monde osent bien se perauader qu'ils ne seront pas tout à lait morts, tant que leur nom fera du bruit sur la terre. Cest pourquoi la réputation leur paraît comme une seconde vie. » Boss. « Les armes de Grignan sont sur la porte; vous les aimez, c'est pourquot je vous en parle. « SAv. < Je pourrai bien n'être pas en état de vous écrire de cinq ou six joura; c^est pourquoi je vous écris aujourd'hui une si longue lettre. > Rac. « Soipion ne douta point que les Gaulois ne courussent aux armes comme des fU-

.DliUl^IfiilP P^XIS :

rieui. Cuit cf^otirgM»» il partit Ncrètement .?en la fin de la nuit suivante. » Roll.

ÀMui , aotant , tst bMf , éoeif^ique ;H .établit entra leis deux propositions qu'il Ue un (rapport étroit, une sorte d'identité ou d'égalité de râleur, et. pour le sens, Il annonce une cause tout à fait déterminante ou une laison décisive : Cet homnae est méchant, itm9i est<il détesté. « Le maréchal de Brissac n*était pas de moitié près si fort que le duc d*AIbe ; aussi ne s'opiniâtra*tMl pas au siège qu'il avait commencé. » Bosa. < Le roi Léopold de Lorraine fit du bien à ses sujets.... Âutsi a-t*il goûté le. bonheur d'être aimé. » Volt. « Cet objet (L'éducation) me tenait au ooBur plus que tous les autres, lâiwfi de tous lee sujets dont je yiena de parler , celui-lÀ eat*il le seul que j'ai conduit à sa fin. • J. J. < Camille s'était montré le plus grand capitaine de son siècle : auui fut-il regardé comme .le père tt le sccetid fondateur de Rome. » Roix.

2* Far coM4qM$nt , 4onc, partant, Cooionotions déductives : d'où il suit que , de là U réeuUe ou il faut conclure que.

Par cons^fuent sert à énoncer tue oonséquence, et donc une conclusion. Dieu est:parfait» par eoméqvimt il est juste ; Dieu est parfait, donc il est juste. Par eanMéqaeni il est juste, c'est-àdire il s'ensuit essentiellement, en soi , qu'il est juste ; donc il est juste , c'est-à-dire j'en conclus , on en conclut , on en doit conclure selon ks règles de la logique, qu'il est juste. Par MfutfgverU fait penser à la nature des choses,. et cloiic au discours. Por Cfms4quen% complète l'idée; Aone achève le raiaonnement. «On ne doute point que nous ne soyons justices par la foi. Or celui qui croit sait qu'il croit : il est doM absolument assuré de sa foi et par ùoméquent de son Mlut. » Boss. « C'est visiblement un désordre qu'un esprit capable de connaître et d'aimer Dieu , et par con- * nfquwU fait pour cela, soit obligé de s'occuper des besoins du corps. XHmc, l'Ame étant unie au corps, il a fallu qu'elle fût avertie par des preuves d'instinct du rapport que les corps ont aveo celui que nous animons. » Hal. « Un monde rempli d'une infinité d'animaux ne eo^e pas plus à Dieu qu'un autre , et porte par ooni<i<iuent autant que tout autre le caractère de l'immutabilité divine. II ne faut donc pas s'étonner que Dieu ait fait un ' si grand nombre d'insectes. » Jn. — En outre, par conséquent est préférable quand il s'agit d'une conséquence qui dérive immédiatement, sans conteste, de ce qui précède; et doAc, au contraire , quand il £aut un .certain travail pour faire sentir le rapport qui existe entre Tantécédent et le conséquent. Si l'indulgence augmente l'amour, elle augmente par ooiu^çiieRt la douleur (Boss.); il est de lait qu'on ne baptisait pas les enfants, donc il est démontré qu'on était bien loin de les damner (VoltO.

PorUifK. — «Ce mot qui semble si nécessaire dans le raisonnement commence néanmoins à vieillir et à n'être plus guère bien reçu dans le beau style, m Vj^uo. Aujourd'hui c'est décidément un archaïsme , si ce n'est dans le langage familier ou en termes de pratique ou de comptabilité* Plue d'amour, parlant plus de Joie : amoureux

et partant jaloux. Vous avez signé au c<nitnt, et partant vous êtes obligé \ re^ taat , p^yè xv^ et pa/rtant quitte.

Z" Ainsi.

Mnsi, de cette numière ou de 9tte sorte, ks choses étant ainsi ou dans cet état, est une expression faible et vague, qui sigijfie une simple condition plutôt qu'une raison proprement diie-

Paoni les coqjonctions .jexplicatiTes, eUe esi avec aussi dans une opposition nunife&te-, et parmi les conjonctions déductives, ce qui proiiit qu'elle a .'moins de force que par cosiegvaiK donc, c'est qu'on dit en enchérissant : atiutjsr conséquini , ainsi donc. Le temps est au bâi; ainsi nous partirons demain pour la campagce. « Les religieuses de PortrEoyal étaient lortMiiée dans ce monastère, situé dans un lieu fonliimide et dont les bâtiments étaient extréntsuest bas et enfoncés. Ainsi les maladies y deiiiiie^ fort fréquentes. > lUc. Entre les ciiconstaaee! citées par l'auteur et la grande fréquaicede maladies il n'y a pas de rapport nécessaiit. mais une simple convenance. .«Le pri&ce^ Condé était dans cette armée, mais il necomandait pas : ainsi il ne fut pas difficile à Tt* renne de vaincre. » Yolt. De ce que le prince « Condé ne commandaU pas une année il oes'S' suivait pas rigoureusement que Turence ù la vaincre. Un pécheur (le bon larron) s est ts verti à l'heure de la mort., aùm ne désespés pas. Voilà une simple induction fo&dée iv s exemple.

POUVOIR, PUISSANCE, FACCLTX. C« B* sont pris ici comme signifiant dans on sujetis disposition qui le rend capable .de quelque e&

Pouvoir a déjà été distingué de puùsantf au la I'* partie, p. 22 et 23. Il diffère denàiQC^ faculté. Le pout?otr est une disposition eSecliR ou en action; la puissance et la faculté sçnt^ dispositions inhérentes à un sujet et coosidir^ en lui seul. On exerce un pouvoir; on a i^t ptiicsonce ou une faculté. « Quand, jetant esferme , vous voulez rester chez vous, tous e^r* cez le pouvoir que vous avez de demeurer ;Tv3 avez cette puissance , mais vous n'avez pas a:-' de sortir. » Volt. Le poutjotr sert à réaliser eJ i manifester la puissance et la faculté. «Noos cc>snaissons ces facultés par le pouvoir que ^ avons de les exercer. » Lab. — Une idée tfsction , de fait , d'exécution est inséperabk étf^de pouvoir : on dit particulièrement bien lepo** voir d'agir; un pouvoir passif serait one ««»• diction dans les termes. Une idée d'éUt,» qualité constamnient possédée par un s^i^>f dépendamment.de iout développement, s'attt^' aux mots puissance et faculté : on dit jmuiS^ passive et faculté passive; on dit les fwittff"* et les facultés de l'âme , et non pas ses po'^vff^ Le mot pouvoir appliqué à l'âme ne coni»^ qu'à sa Ifberté , c'est-à-dire à sa capacité d«j^ avec ou sans rapport aux secours qu'elle p avoir. .

Puissance , faculté. Dispositions ou capw^ virtuelles , non actuellement agissantes ou » exercice , wm CQDSues comme attributs fl suiejt

sTNOïmoss A RuonianiK divers.

Fuiaane9 annonee tfuelqiie cko»e de pfais grand, de plus noble et de plas général : la puiuanee est d'un être puwant, et la fatuité d'un être qui a la propriété de faire (/oecre). « la sature, indépendammeiit de ees hautes ptttttances qui le déploient par deseffets unirersels , « de plus les facultés de nos arts qu'elle manifeste par des effets particuliers; elle sait fondre et subhmer les loétaox ,< cristalliser les sels, etc. V BoFF. (K II tant que la jntimuiee ezécutiTe n'ait de part à la législation qtie par sa faculté d'empêcher, et son par sa fawMé de statuer. » KoNTESQ. Dam le stylé ordinaire ou dit les facultés, et dans le style élevé les fujManees de rftme. « La tète est le chef où domine la raison, et où résident les plus nobles paUwvnces de l'Ame. » BounD. — « L'autruche est privée , par sa grandeur même , de la principale prérogative des oiseaux, je veux dire la puittonee de voler.... Aucun des oiseaux dont la maese approche de celle deTautniche n'ont ni ne peuvent avoir la faculté de voler. » Buff.

En second lieu , 'puissance signifie plutôt une capacité physique , une force , et faculté une capacité spirituelle^ « Les puissances naturelles sont les facultés de l'âme ou du corps, l'entendement, la volonté , la mémoire , les cinq sens, la puissante de marcher. * P. R. « Il faut une cause première qui donne aux objets sensibles la puiuanee d'agir sur moi , et qui me donne à moi la faculté de recevoir cette action en sentiments et en idées. « Marv .

raÉC^DER, DEVANCBR. Aller, venir, se produire, non pas après les autres, mais avant, le premier.

Précéder^ de prm tédfre, passeravant, raAit|«e

un avantage de rang ou de place : le chapitre

qui précède et le chapitre qui suit. Devancer,

aller en ^vant , marque un avantage d'activité ,

de diligence ou de progrès : devancer quelqu'un

à la course. Celui-là précède qui, sans quitter les

autres, est à leur tète, ouvre la marche, a le

pas sur eux ; celai-là devance les autres qui

s'en sépare et s'en éloigne le plus possible , en

gagnant les devants pour gagner de vitesse. A

l'égard d'une armée en marche , on dit que les

chefs la précèdent, et que les coureurs la devan-^

cent. On précède dans une marche, dans une

assemblée, on y a le dessus, le haut bout, la

préséance; on devance à la course, au concours,

on l'emporte sur ses concurrents , on les paise.

La chose ou la pereonne qui en précède d'antres a œiles-ci derrière elle, sans faire effort, sans peut-être même agir, sans aller ou ee mOu- Toir proprement, il suffit qu'elle soit : c'est ainsi que dans une église lanef procède le choeur, c'està-dire est placée avant; et dans une assemblée TOUS préeédex , quoique assis , et vous ne devancez pas. Mais la personne ou la chose qui devance laisse les autres derrière elle; elle agit, court ou 9e développe nécessairement : quand nos facultés entrent en action , l'imagination la plus active de toutes , les a bientôt devancées (J. J.). Dans l'ordre de mérite ou de dignité la théorie précède la pratique-, mais dans l'ordre d'apparition on trouve que c'est la pratique qui a devancé la

tlvèorie. Te qni préeèéte a fat priorité; «e qui devance l'a prise eu gagnée. Le premier en ordre , de droit ou de fait, qu'il s'agisse de rituatlim ou de marche, précède les autres; qui sait dépasser les autres, et arriver avant eux , les devance.

Lorsque ces mots expriment un ra|^rt de temps, précéder indique préexistence, et ide* vaneer une avance sur des concurrents, une j priorité conquise. Hésiode a pr/c^d^ Homère; les I Cbaldéens ont devancé les autres peuples dans I l'observation des astres. Les^ténèbresont précédé la lumière ; l'aurore devance le soleil. La déconverte de l'As^riqoe a précédé celle des Indes orientalee; les Portugais ont devancé les autres nations dans la découverte des terres mconnues. Dans l'acte de la volonté , lorsqu'il est complet , la délibération précède la détermination , y préexiste, a sa phice avant; dans les âmes bien nées, la rerta devancé l'Age, prend l'avance sur l'âge.

PRÉCIPICE, COUFPRE, ABIhB. Cavités ou profondeurs considérables.

Précipice, de prje, en avaift, et de capiK, tête , représente un lieu où on va la tète en avant, où- on est précipité^ jeté de haut en bas. Gouffre, écrit anciennement goulphe ou "gaulphre, vieAt peut^tre ^u grec xôXtcoc, par corruption xôX^c, golfe, baie, enfoncement, ou bien de gula, gorge, gueule, et de vorare, dévorer; ce qiri est conforme au sens très-certain du mot , ouverture qui dévore , absorbe ou engloutit. Àhinie.j comme le grec &6u«<roc et le latin abyssus , signifie étymologiquement sans fond : Vahime est quelque chose qui n^a pas de fond , qui n'a rien qui le détermine eu le borne par en bas.

on tombe donc dans le précipice , on s'y jette ou on y est jeté ; le précipice a des bords escarpés du haut desquels on est entraîné d'une manière périlleuse. « Lorsqu'un "aveugle en conduit un autre , ils tombent tous deux dans le pi^ctpice. » Mal. « Il la posa sur le bord d'un fleuve dont la rive eztraordinairement haute et fort escarpée pouvait passer pour un précipice plus horrible que le premier. ^ Laf.

9ixr le penchent des ptétifite*. Ii>.

« Il fant que je marche par mille sentiers< détournés, environnés de toutes parts de précipices fameux par ia* chute de tant de personnes. » Bobs. « Les ehrètiene regardent les dignités comme -des écveils, la grandeur comme le haut d'un précipice, • Mass. « Le sentier par où en monte à la tyrannie est rude et escarpé , mais il n'y a point de chemin pour en deseendre r on n'en sort que pour tomber dans le préeipiee. » FàN. n K. ManHus repousse avec son bouclier on des barhares qui embrassait déjà les créneaux du Capitide et le renverse dans le précipice^ «

ROLL

On est englouti dans le gouffre; le gouffre est là béant pour saisir et faire disparaître tout ce qui y tombe ou en approche. « Je vois (dans la mer) ces gouffres dont on n'ose approcher , qui semblent atth-er les vaisseaux pour les engloatir« vBiTPF. «Les baleines et les cachalots onvrent le gouffre de leor énoriBe bouche pour

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