TI, FRANC
piéeelety c'est rapiécer sans cesse, être toujours à mettre une multitude de petites pièces (voy. Impartie, p. 287). Rapetasser est un mot plus vulgaire encore, plus trivial, qui signifie rapiéc«r grossièrement des haillons, des guenilles. Sa racine est, non pas, comme celle des deux premiers verbes, pièce, pecia (mot de la basse latinité), mais petocta (usité autrefois dans le midi de la France) , comme qui dirait piéçasse , grosse mauvaise pièce. Si ce qui est rapiéceté fait pitié, ce qui est rapetassé dégoûte. « Vous devez être las des fatras de mon ex-jésuite; il n'y a que vos excessives bontés qui puissent combattre le dégoût que doit vous donner une œuvre tant rapetassée, » Volt. On se rappelle ces vers de Boileaa dépeignant la hideuse lésine de la lieutenants criminelle :
. Décrirai-je ses bas en trente endroits percés , Ses souliers grimaçanu vingt fois rapeiauèt?
C'est aussi pour exprimer ce qu'il y a de plus misérable et de plus fastidieux que Pasquier (Lettres, vii^ 12) se sert de rapetasser : « Nous seuls entre toutes les autres nations faisons profession de rapiécer, ou pour mieux dire, ro-. petasser notre éloquence de divers passages; rendant les morceaux conune un estomac cacochyme et mal aflecté , ainsi que nous les avons pris. »
RAPPORT , ANALOGIE , CORRESPONDANCE , CONVENANCE; — CONCERT, ACCORD; — LUI- SON, ALLIANCE, UNION, AFFINITÉ, CON- NEXION, CONNEXITÉ. Cirs mots expriment ce que des choses sont les unes à l'égard des autres, ou un point de vue commun sous lequel elles sont ou peuvent être envisagées ensemble.
Rapport est le plus général de tous, il signifie le plus faible rapprochement, et même il est propre k marquer le contraire du rapprochement; car on dit bien un rapport de différence, de disconvenance, d'opposition. Ce qui a rapport à une chose la concerne, y a trait, n'y est pas étranger, peut y être rapporté^ y est relatif. Du reste , il y a des rapports de toutes sortes , de causalité , de signe , de contenance , de filiation , de dépendance, de commerce, d'amitié, etc. Chacun des mots suivants désigne un rapport particulier.
Vanalogie est un rapport de ressemblance (voy. Analogie , ressemblance , etc., p. 339, 340). « Mais n'y a-t-il plus aucun rapport à*analogie entre la plante et l'animal? Dans la plante l'action n'est pas visible, mais est-elle moins réelle?... Combien ne trouverais-je pas encore de caraAères d*analogie et de ressemblance entre l'animal et la plante , dans les organes de la vie? a Mark. « Quelques naturalistes ont été frappés de ces traits de ressemblance et de la grande analogie de nature qui se trouve entre ces oiseaux. » Buff. Que si rapport s'emploie bien aussi dans cette acception , il indique quelque chose de plus vague ou de moins prochain : c II n'y a rien dans les objets extérieurs qui ait la moindre analogie, le moindre rapport avec un sentiment, une idée, une pensée. » Volt. De plus , le rapport se considère en soi , et Vanalogie relativement à l'usage scientifique que
DBQXI&Mfi PARTIE :
nous «Q faisons pouf fiormer des €malogie$ ou des inductions. Il y a du rapport ou un certain rsppori entre une ohose et une autre , une chose a du rapport avec une autre ; mais Vanalogie nous conduit (Boss.), nous porte à croire telle chos (ID.) ; nous raisonnons par anahgie (Volt.), nous fendons des raisoenements sur des analegieê (BoFF.y. Ou dit un petit rapport^ et une fausse attàloigie (In.).
La çorrespeudanae est pn rapport de corré» lation ou de réciprocité, rapport eu vertu duquel deux choses sont placées yis-Â-vis Tune de Tautre, ou agissent et réagissent attematÎTeraeAt, comme deux personnes qui parlent ensemble, c Le rapport d« cause k effet étant le fondement essentiel de toute la communication qu*on peut concevoir entre Dieu et la créature , tout ce qu'on supposera que Dieu ne fait pa^ demeurera éternellement sans aucune eorrespondance avec lui,... Il faut établip la corresp^idonctf'entre la chose connue et la choee connais» santé; sans quoi elles seront k l'égard l'une de l'antre comme n^étant point àa tout. » Boss. « On trouve sur le visage une inanité de nerfs et de muscles, dont on ne repomialt point d'autN usage, que d'en tirer en divers sens toutes les parties et d'y peindre ks passions, par la secrète correspondance de leurs mouvements avec les mouvements intérâeura. » In. « Ce corps rond a une superficie qui corrosponA à d'autres corps voisins; et comme toute cette superficie change àa situation et de oorrespoiMUMice aux corps ¥oU sins, on peut conclure par là que..^ » W&h» c Secondons la loi chrétienne par «ne pleine conrespondaM^, » Bouan. Il y a eofrespondamte entre les angles saillants et tes angles rentnuits de deux montagne voisines {^vw.)\ il y a cor-*
sentant un tapport de codoobts et es «mon dance, un rapport entre choses q«i jooflA ensembte pour ainâ dire , qui ooopèicat m conspirent à un même effet : oa agit de mm, on rasoe d'accord (Acad.). Mais le concert n trouve entre les parties d'un même tout w chIr choses de la même sorte; tandis que Voewré comporte des dissonances et a lien tatre da choses, de nature différente, c Ce oonmt detroà de femmes n*eet pas non plus sanséoaceiir.h suis^onvaioGa qsw^ de toutes les harmonies il i^ en a point d'aussi agréahte que te cteMi l'unisson, et que, s'î^ nous faut dei «oonii, c'est parée que nous avons te geftt dèpniti J. 1. On dira donc avec Boasnet : < Lsi amis grecques étaient ai bien oommaadéss, et si s» pies a^x ordres de leufs généraux, qe'oa A cru que les soldats n'avaient tous qu'uae mtei ftmot tant on voyait de soncefi dans leurs «mvements. » D'iiutre part, oeamd doit s'amploje dans des pkrases tellse que celtes*». < Des é sonanoes dans la musique coneoureqt à l'ooiN total. » MoNTBSQ. « Par lui (le régent), oetl^ cord ai désirable, mais ai difficile, de la libet» et de ^autorité', se trouve heureusemeet «cm» pli. « D'Ajo. « Ottol admirable «csord de dce choses aussi incompatibles, œ semble, quek sont tant de défianoe d'une part, et de FiilR tant de oonflanoe et de force t > Boua& \
lioÊêon, oZltcMifls, ^nton, a/j|Uutd, oosaoe et comnemté expriment un rapport de jondiBi. rapport plus ou moins ^étroit, en vertu dofK des choses tiennent lea unes aux autres ivt manière plus ou moins forte, ptus eu mm^ séparaUe.
liamik marque le genre, et a U dgaifioitiii la pbiaétendue. Outre oela, il est relatif àli» nière« « Les rapports des effets aux eausM^
re$gmdaMe de aentinsBU (FânJ entoe deux
pe««mnes qui s'aiment Tuas l'autre , qui sa | nous n'apercevons paa la Itatson....^ J.'J. *^
payent mutueltement. de petour. « Las deux ; l'iuQAtpmie emparée, on trouve entre ïhem
duos , s'étaat unis par ces témaignagee d'amitié et la femme des dlfférenoas générales qui yu»
m«tu#lte , vécurent dai» une ét^)itfl ^offWfumr-
donos. 9 Basa.
La 4op,venane$ est un rapport entre choses qui se eetiinMinent , qû vont bien ensemble, qui s'adaptent bien l'une aveo l'autre, rapport d'où résulte quelque chose de convenable, de xégulier» de bien ou de aegemei^ ordonné. Il y a «miTononca eatite Varchiteetuie d'un édifice et aa destination (ÂCAD.)^ n Noua voyons tant de justesse dans les mouvements de la nature, et tant de cûMMnanoes entre sea parties., que nous ne pou-» voua nier q^'il n'y ait de l'art, h Boas, -r- < La nature est pleine de eonvemmcêi et de dheouveT nancea, d« ppoporlioçs et de disproportions, sekm ksqueilea les choses ou s'ajustent ensemble, ou se repoussent l'une l'autre. » l^ «Saint Gtemcnt, poi|r attirer tes philosophes à la religion, cbstohe toutes les MnneiianoM antro la philosophie et le cMstianieme. n lo. -»* Des
choses ou des personnes entie tesqneUe& il y a coftty^pofidfluflfl, se tipuvent eh Saca Tant de Tanlre ou ^ communication ; di^s choses ou des penonnes entse ^eaqueUea il y a c«fMMn««M, s'aasertissant.
sent ne point tenir au sexe; elles y lisoB^ pourtant , mais par des liaisons que nous soasi hors d'état d'apercevoir. » In.
L'aiMaaoe est dana son espèce comme X$ewfi dans la aienae : elle est établie entre dis d»ûsit différeutea, opposées, disparates. «OoeUes^t»" peut-il y avoir entre Thumilité de Jésus-Cbiiitct mon orgueil ? » Bovao. c Par la plus rnoostroMi' oJAiafMe Tousvouiex joindre ensembte, dtoiii même aiyet , la piété et Ia«upidité. » te. cM une aHim^ea da ssoré et du profane, da ^ et de te vertu. »AcAn.
L'vason est une liaison intime, coauM n^ de deux é^aux , qui ne sont plus qu'un ea^ que sortn. « La diacipline est comme l'âa« ^ l'armée, ^ui an Ite et uail ensemble toutes te parties. » RotL, « Le magistrat est ua ^sam teltemeai lié, teUemeat uai et, si eM^^' dire, tellement confondu avec la justice, qo^ dirait quil aoH devenu une même chose tT« elle. 9. B'ÂG. « LHifiion parfaite des espriU.<Bo0-
VaffnM^ ^ vem i^ 1* t^rjwaaiwa dit 9^*
ConcefUeftaMQod, prte de la miuîqQa, lepiA^ Iparrâiu
pamtt éueun
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
est une qualité , et par conséquent une liaison naturelle , essentielle. On ne forme pas une affimité comme on forme une liaison^ une union, une alliance. « Cherchons d'abord s'il y a quel- |ue affinité naturelle entre nous. > J. J. c M e reut-on obliger à rapporter toutes les paroles du Mtge , qui montrent Yaffinité de ce b^îl inutile iTec l'humeur querelleuse ? » Boss. « On trouve lans les canons ces quatre mots unis ensemble : ludicra, /ocu2orta, furpta, ohsctgna; à cause pie oes choses se suivent si naturellement , et pi'elles ont tant d'affinité^ que c'est une vaine mtreprise de les vouloir séparer. » Id. « Dans le lystème de la nature , ces espèces sont plus aplarentées qu'aucune autre avec différentes fanilles dont elles semblent constituer les degrés T affinité, » Bufy.
CwiMxlon et cùnnesDiXé^ latin eonnexto, eonlexvf , sont comme annexé , latin onnexia , des nots qui n'appartiennent pas à la langue comnane. 0^ ne s'en sert qu'en termes de métaphydque ou de pratique pour signifier une liaison abstraite , une liaison entre des objets intellectuels. Ils ont été distingués Tun de Fautre dans la I** partie, p. 186.
!• HASE ; — 2« EXTRAOMmAlBË , StNGU- LIER; ^ 3* ÉTRANGE, BIZARRE. Qui n*est pas M>xmnun.
1* Aire se dit des dbjets; ixtfaofdinaire et ingulier s'appliquent aux actions et à la maûère. Un livre est rart; c'est-à-dire qu'on le rouve difficilement; le ^yle en est eocttaordi' laite ou timffuUef, L'aimant, le diamant, le ;ristal de roche sont tares; ils produisent des eféts eastraordinaires ou singulière. Les hommes ares ne se rencontrent pas partout, tant s'en eut; les hommes extraordinaires ou singuliers » font remarquer par leur manière d'être, de arler oud*ag$r. iLare constate un fait, et n*emorte aucune idée de louange ou de blâme ; eX' 'OordtnatVe et singulier quallUent une manière 'être ou de faire, et la représentent comme DnBe ou mauTaise, admirable ou risible. «H mt (dans le conseil du prince) une sagesse prooïde , chose tare parmi les hommes.... L'homme Lge ne se trouve pas aisément. Hais Je ne sais f 1 n^est pas encore plus rare et plus difficile de ower des hommes fidèles. » ^uhu. < Û ne Citait pas employer des remèdes rates, et qui » se trouvent presque point. > Mortesq. < Les >etes ne sont pas rares chez les Orientaux , où
soleil, plus ardent, semble éciiauilbr les imanatfons. * fn. ,
T* Extraordinaire et singulier différent en ce lei l'on est relatif et l'autre absolu* Ce qui est traordinaire est au-dessus ou va au delà de ordinaire, est au phis haut point dans son fxsre. Ce qui est singulier, de st^n^utorif , seul,
part, sans concurrence, est unique en son nue ou f&it classe à part, extraordinaire sup- »9e la comparaison et marque le superlatif; sutiZier exclut la comparaison et signifie sans pair, comparable, non pareil, n y a dans l'ea^raorwM^ite quelque chose de supérieur, de trèsmtid, d'extrême on d'excessif; il y a dans le '^tfMet quelque chose de corietB, de puUctt-
lier, de sans exemple. La vapeur de l'eau houillante a une force extraordinaire ; la boussole a un propriété singulière. Le génie est extraordinaire ; l'originalité est singulière. Les Patagons sont extraordinaires par leur grandeur , les Lapons par leur petitesse; les Albinos sont, dans l'espèce humaine , des individus singuliers. Les hommes esfraordtnatret surpassent les autres, c II me semble qu'il y a toujours des signes éclatants qui préparent à la naissance des hommes extraordinaires, » Hontbsq. Les hommes tingutiers ne ressemblent point aux autres, ne sont pas faits , ne pensent pas , ne vivent pas comme les autres. « U a été un temps où ceux qui s'attachaient & rétude étaient regardés comme des gens singuliers qui n'étaient pas faits comme les autres hommes. » Hontbsq. Les héros ont été des hommes extraordtnatr ec qui l'ont emporté sur les autres en bravoure : « Les saints ont été des hommes singuliers y ils ont eu leurs mœucs à part. » Mass.
En général , Jexltraordinoàre se distingue par un caractère de grandeur , d'éminence , de foroe ou d'excès; et le singulier par quelque chose de spécial, de distinctif, de nouveau, dlnout. Pris en bonne part , extraordinaire donne dope îidée de hauteur , de beauté , de supériorité , d'excellence ; et singulier annonce quelque chose de fin ou de piquant. Une beauté eactroordifiatre est une très-grande beauté, celle, par exemple, di'une belle femme qu'on admire ; une j>eauté nngulière est celle qui consiste dans la gfâce ^ celle d'une jolie femme qui plaît par Je ne sais quoi d'original et de charmaot. Nous dirons plutôt un événement extraordinaire^ et une^ven^ ture singulière; un discours extraordinaire;, et un singulier propos ; une conférence extraordir naire, et une singulière conversation; des ex* ploits extraordinaires , et des tours singuliers. -^ En mauvaise part , l'erff aordtnatVtf est outré; le singulier, étrange ou bicarré : l'un pèche parle degré , l'autre par l'espèce.
3« Etrange et btxorre expriment une sœgularHé fâcheuse , blâmable ou risible , en un mot un défaut.
Étrange, ce^quî'convient aux étrangers, ou ce qui se fait chez eux, ce dont on fait peu de cas par conséquent, est plus général que hir xarre, qui a même étymologie que bigarrure, mélange disparate de couleurs. Étrange se dit au moral et dans le sens abstrait pour qualifier ce qui est choquant, déplacé, inconvenant, répréhensible ou funeste, on trouve étrange , comme on trouve mauvais, que.... tJne étrange faiblesse (HOL. , Lâbr.), un étrange renversement (Pasc.),d'étranges égarements (In.). «Voilà un étrange monstre , et un égarement bien visible de rhomme. » In. « Que d^étranaes suites sont enfermées dans ce principe inhumain I » In. c La manière dont Charles IX mourut fut étrange : il eut des oonvulsions qui causaient «de l'horreur, et les pores s'étant ouverts, le sang lui sortait de toutes parts. » Boss.
Le moindre solécisme ea pariaot voue iirlte; Mais voQS en faites^ ipui^ û,'éirm^ifes en conidoUe.