‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 387 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

toujours. > Id. « Nous derons faire arrêter notre doute précisément à l'endroit qui nous est obscur, et non le foira rétrograder jusque sur les endroits où nous voyons clair. » Bosa.

REDEMANDER , — RÉCLAMER , REYENDI- QDER. Déclarer que nous désirons ou que nous Touions qu'on nous remette une chose qui est à nous ; faire des sollicitatioos ou des démarches afin de l'obtenir.

* Nous redemandons ce qui nous appartient certainement, ce dont la propriété ne nous est pas contestée , ça que nous demandons qu'on nous rende , ce que nous envoyons chercher ou prendre simplement. Au contraire, nous réelamom et nous revendiquons en travaillant à établir que nous avons droit à la chose, en faisant valoir des titres plus ou moins fondés. Celui qui rede» mande une chose veut rentrer en possession de cette chose; celui qui la réclams ou la revendique veut qu'on le reconnaisse pour en être le propriétaire. J'ai prêté de l'argent ou des livres à un homme incapable de nier le lait, j'ai laissé chez un ami un objet que tout le monde sait être à moi ; je les redemande. Hais je réclame ou je revendique proprement des droits, des choses auxquelles je crois et je montre avoir droit , des choses plus ou moins litigieuses par conséquent Qui ne redemande pas consent à ce qu'on garde ce qui est à lui , y renonce ; qui ne réclame ou ne revendique pas se désiste de ses prétentions. Redemander a pour fin Immédiate la livraison ; réclamer et revendiquer n'ont. pour fin immédiate que la détermination du maître. « Le capitaine du fort voulait m'engager à revendiquer mon épouse , et à la redemander plutôt à coups de mousquet que de l'abandonner ainsi aux Huions. > Lbs. c Les Anglais , fatigués de tant de guerres, ne se mirent point en devoir de redemander par les armes ces pays conquis. > Boss. c Sylla ne redemandait jamais l'argent qu'il avait prêté. » Cowd. « Un homme redemanda à Diogène un manteau qu'il avait à lui : Si tu me l'as donné, dit Diogène, il est à moi à présent; et si tu n'as fait que le prêter , je m'en sers encore actuellement. > Fiir. « Thémistocle s'éteit retiré chez Admète.... Les Athéniens et les Lacédémoniens ne l'y laissèrent pas en repos , et le redemandèrent à ce prince avec menace , s'il le refusait , de porter la guerre dans son pays. >

ROLL

Réclamer exprime une ri^ctomalton quelconque; revendiquer dési^^ne. une réclamation judiciaire, , comme en latin vtndtcare, qui était un terme de jurisprudence ainsi que les autres mots de la même famille, vindex^ vindicia et vindicta. Dans notre langue même revendication appartient au style du palais, et non pas, comme réclamation , au langage commun. On réclame ce à quoi on prétend; on revendique ce qu'on prétend.

La réclamation suppose un droit d'une autre nature que ceux dont il est question devant les tribunaux, c'est-à-dire, d'ordinaire, un droit moins rigoureux et moins exigible, c Je compte maintenant sur vos bontés, j'y ai des droits, j'ose le dire, et je les réclamerai sans rougir. » J. J.

« Ces maximes ne te trouvent qae dans leiècrib des philosophes qui osent réclamer les droits di l'humanité. > In. « Les chevaliers te defùcat i U défense des veuves , des orphelins et de tou les opprimés qui r^clamatefil leur protectioiL i Coiin. « Les anciens, rois de l'Sarope piéteodcot entre eux une entière égalité; mais les rois de France ont toujours réclamé la préséance qv mérite l'antiquité de leur race et de leur roy»me. > Volt. Réclamer^ reclatnars, se récm, appeler à cris redoublés, marque moins It gi»deur du droit à la chose , que la grandeur à besoin qu'on en a et l'insistance de U demiafc qu'on en fait : réclawier le secours oa rmdol> gence de quelqu'un. « Dans >a temps de ait mités, c'est notre voix et notre ministère quia peuples viennent réclamer. » Mass.

Mais la rei^eiidtcafton n'est pas seulement n invocation ou un appel, c'est une actioQ, Q recours à la justice , ou , dans tous les cas. « qu'on revendique est plus strictement dû qoe» qu'on rédame, « L'archevêque de Paris n'sni fait aucune action pour revendiquer ceWei^npàtion. > Boss. « Nous ne faisons que resesdifv l'héritage de nos .pères. > In. c Pierre Cauckn évêque de Beauvais, revendique la Pocd^ cooune une sorcière arrêtée sur les limites de s métropole. Il veut la juger en qualité de » cière. » Volt. Les Ariciens et les Ardéata s disputaient un territoire , et avaient pris le pa* pie romain pour arbitre; un Romain, dih» Scaptius , le revendiqua comme appartouat ib république (Roll.).

Les pauvres sont faits pour réclamer les »■ cours ou l'assistance des riches; mais ils l'iâ rien à revendiquer de leurs richesses. A Ro» sous les décemvirs , Icilius et ceux de son p^ réclamaient sans cesse le tribunat et l'ip (Roll.); Claudius, l'infâme ministre delà i*' sion d*Appius , avait revendiqué Virginie f^ son esclave (Roll. , Vert.).

On réclame plutôt une choee qui n'est ^ disputée, un effet perdu dont on ne coniult^ le maître, un enfant vagabond arrêté par U^ lice. On va réclamer à la poste une lettre m au rebut (J. J.). « Un auteur de dictionnaire de t surtout réclamer les mots qu'on a laissé ai)> propos vieillir. » D'Al.

Quelques rayons de miel «ans mattre se tnmix^ Des fhslons les réelmmèrent. l»-

Mais nous revendiquons en général ce qu'on o*^ a pris ou ce qu'on veut nous prendre, ce^* nous ne pouvons obtenir ou emporter sans fia* cre un adversaire , comme il arrire au V^ « Revendiquer un livre , quand un autre s'en» déclaré l'auteur. » Acad. « Cependant Tiflée h» pu voir une si froide pensée dans Xénopboiïi i^ la revendiquer comme un vol qui lui anit « fait par cet auteur. > Boil. « On a disputé IjJSptemps à Newton l'invention de ce fiunenx olm M. Leibnitz a passé pour l'inventeur des difler» ces que Newton appelle fluxions, et Bcmoadûi revendiqué le calcul intégral. » Volt. * ^ »" ordonna que Philippe évacuerait toutes les pW^ qu'Bumène aurait revendiquées. » Coirn.

RBDONNER, — RENDRE, RESTUVO* »'

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

METTBE. Faire avoir de noayeau quelque chose à quelqu'un.

Redonner diffère beaucoup des trois mots suivants. On redonne à un homme une chose à laquelle il n'a pas droit, qui ne lui appartient pas, qui n'est pas sa propriété; au contraire, ce que vous rendejr, restitues ou remeMejr à quelqu'un est sien, peut être redemandé ou réclamé par lui. Redonner indique donc de la part de celui qui fait l'action un bienfait; mais qu*on rende, qu'on restitue ou qu'on remette, c'est justice. On nous redonne la vie ^Hot.) en nous apportant un secours inespéré ou une nouvelle qui nous tire d'une mortelle inquiétude; on nous redonne courage (Acad. » Roll.); on nous redonne l'espérance ( Acad. ]. « Cette heureuse convalescence redonne à nos vœux la plus grande et la meiUeure princesse du monde. » Mol» c Charlemagne ambitionnait de redonner la vie aux lettres. » Marm. « Les Anglais ne sont plus dignes de leur liberté ; ils la vendent au roi; et si le roi la leur redonnait, ils la lui vendraient encore. » MoNTESQ. « Les Athéniens firent fouetter publiquement un jeune homme qui avait cassé le tonneau de Diogène et lui eU redonnhent un autre.» FÉif.

Jurez dooc avant tout sur cet auguste lirre, A ce roi que le ciel toqs redonne aujourd'hui, De Tivre, de combattre et de mourir pour lui.

(Joad). Rac.

0 sort qui redannUz l'espoir i mon amour....

Coair.

Tandis que la Castille armait dix mille bras Pour redonner ce prince aux vœux de ses États.

Mol.

Nous rendom à quelqu'un une chose qui est à lui , et qui était sortie de ses mains de quelque façon que ce soit, qu'il l'ait donnée, prêtée ou perdue. « Je rends au public ce qu'il m*a prêté. » L^BR. c Ils ne cherchent qu'à emprunter certaines choses qu'ils ne rendent jamais. > Regn. c Je veux absolument que Diderot me rende tout ce que je lui ai écrit sur l'article Genève. » J. J. « Rendex cet argent qui ne vous appartient, pas. » BouRD. Mais nous restituons à quelqu'un une chose qui lui avait été prise ou volée. « Tout ce qui est pris par pure conquête est pris trèsinjustement, et doit être restitué. > Fén. « Tib. Gracchus n'exigeait \z% qu'on resiiluàt les terres qu^cn avait usurpées. » Cond. c Les Romains restituèrent à Eumène la Mysie que le roi Prusias lui avait enlevée. • Roll. « Si vous ne lui restitues une boîte de diamants que vouS lui avez volée. » Scarr. « C'est bien mon intention, que tu me restitues ce que tu m'as ravi. » Mol. Ta, va restituer tous les honteux larcins Que réclament sur toi les Grecs et les Latins. Id.

Rendre exprime simplement retour au maître, au propriétaire; restituer y ajoute l'idée de la réparation d'un tort à lui causé. « Les conditions de paix que Scipion dicta aux Carthaginois furent- qu'ils rtndraieni aux Romains tous les transfuges , les esclaves et les prisonniers qu'ils avaient à eux , et qu'ils restitueraient à Ma. sinissa tout ce qu'ils avaient pris sur lui ou sur ses ancêtres. * Roll. « Les ambassadeurs romains demandèrent aux Tarentins qu'on rendit

les prisonniers et qu'on reitituàt aux habitants de Thurium ce qu'on leur avait pris. > In. — Lorque rendre , qui a la signification la plus générale, se dit comme restituer des objets dont un homme avait été dépouillé , il ne marque pas aussi expressément que reftttuer cette circonstance d'une usurpation antérieure. < Les Français demandaient qu'avant d'exiger qu'on rendit à l'Espagne quelque chose , elle restituât tout ce qu'elle retenait injustement.» Cond. «On ne songe plus à restituer le bien qu'on a usurpé contre les lois, on cherche de tous côtés non point un fond pour le rendre, mais quelque détour de conscience pour le retenir. » Boss. Un voleur dira par euphémisme qu'il rend ce que la personne volée dira sans ménagement qu'il restitue, s Eh bien t reprit-elle , puisque vous ne me permettez pas de me justifier, je vais vous rendre votre diamant, et ne me perdez point.... Mais je lui répondis que mon diamant ne me suffisait point, et que je voulais qu'on me restituât encore les mille ducats qui m'avaient été volés dans l'hôtel garni. > Lbs.

Remettre signifie rendre matériellement ou rendre des objets matériels , en opérer la livraison ; aussi dit-on bien remettre entre les mains ou dans les mains JCorn. , Bourd. , Mol. , Volt. , Roll.), en main propre (Lbs.). On rend et on ne remet pas un devoir ; on rend et on ne rem^t pas à quelqu'un son honneur, sa parole; vous rendex à quelqu'un et vous ne lui remettex pas votre estime, votre amitié, votre confiance. Mais on remet proprement des objets, comme paquets, boîtes, lettres, sommes d'argent, vases, prisonniers, etc. S'agit-il de constater si vous avez rendu un objet, vous faites connaître à qui ou par qui vous l'avez remis. Dans un traité une puissance convient de rendre une ville, et c'est tel général ou le prince même qui la remet. oc. Si quelqu'une des villes qu'Antiochus doit rendre se trouve entre les mains de gens à qui il les ait données, il aura soin d'en faire sortir les garnisons , et de remettre ces places à ceux à qui elles doivent appartenir. » .Roll. Ainsi la remise efiectue la reddttton, ou c'est la reddition de choses réelles, susceptibles de passer de main en main, d'être transmues.— Quelquefois, mais non pas toujours, ni même le plus ordinairement, remettre veut dire rendre un objet qui nous a été remt's ou commis , que nous avons en garde , en gage ou en dépôt. « Le porteur vous remettra mon ancienne copie. vVolt .

Ce rejeton des rois i leur garde commis Entre les mains d'Ociar est-il enfin remis? Id.

a Je suis d'avis de te donner en garde ces confitures à toi-même. Il faut que tu veilles sans cesse à leur conservation , et que tu me les r emettes telles que je te les confie. » Les. «Aussitôt que j'ai su sa mort, j'ai remi* à ses héritiers le dépôt qu'il m'avait confié. » Acad.

REFROGNÉ, RECHIGNÉ. Dont le visage est contracté de manière à témoigner du chagrin» du mécontentement , de la mauvaise humeur. •

Refrogné ou renfrogné a rapport au front : il se dit d'un homme ou de l'air d'un homme , dont le front se fronce, fait plusieurs plis, ce qui le

DEUXIÈVB PARTIE

fôit paraître sérieux, triste, sombre, léreur. Rechigné, de rixa , rixe, querelle, ou de eanù, chien, signifie proprement qui grimace de la bouche comme un chien qu'on f&che ou qu*on agace, et qui se montre irrité, aigre ^ rude, hargneux.

JiefTogné dépeint la personne par rapport à elle-même, comme n'étant pas gaie, comme concentrée et mélancolique.

Déride un peu ce renfrogné minois ;

Béjoois-toi. Volt.

« Je leur demandai avec un air de Tivacité qui leur parut fort étrange pourquoi ils étaient tous si tristes : mon homme me répondit d'un air r^frogné^ qu'il faisait un vent d'est. » In. « La haute poésie est habitée par des gens graves ^ mélancoliques, refrognés, » Fort.

Je hais les toBge-creux, ils me font tou^ourt peur. J'aime hien mieux un fou qui dit isul ca qu'il

pense Que ces gens rembranis obstinég au silence.... Enfin, détiez-Toas de tout risage étique. Sous un froni renfrogné^ sombre et mélancoliqee.

DasT.

Vais rechigné annonce une manière d'être relative aux autres , une disposition qui leur est contraire, quelque chose de repouKant, de fâcheux, de dédaigneux , de rébarbatif. « La réception du roi (d'Espagne) fut froide, pour ne pas dire rechignée^ sans dire une parole; celle de la reine , embarrassée , mais plus humaine. » S. S. « Elle ^devient grondeuse et rechignée. » FéiL « Les vieillards qui sont rechignéi , malpropres et dégoûtants, f&cheux, querelleurs et babillards , qui crient sans cesse contre le temps présent, doivent renoncer & toute union) & toute société. 9 Dbst.

Une personne qui prend un air de gravilé ou de réserve refrogne ou se refrogne. «Je leur rapportai les quatre couplets. Ils réusssirent fort , à la réserve des deux derniers , qui firent un peu refrogner le P. Bourdaloue. Pour Le P. Rapin , il entendit raillerie. » Boil. Une personne qui fait quelque chose d'une manière mal gracieuse , en marquant de la répugnance, rechigne^vi II semble accorder sa fille en rechignant. » Volt. « Ce sont de bons vivants , qui ne donnent point en rechignant leur bien à manger. » Lbs. Au moindre mot , la prude se refrogne; rien de plus maussade et de plus insupportable que les enfants qui n'obéissent jamais qu'en rechignant.

V REGARDER, ENVISAGER, COmTEMPLER CONSIDÉRER (EXAMINER); --. 2<* OBSERVER i REMARQUER. S'appliquer à yoir, porter ou arrêter sa vue sur.

Une grande difiérence oblige d'abord à mettre à l'écart observer et remarquer. En effet, regard^, envisager , contempler j contidérer et examiner sont formels ou purement significatif^ de l'action de l'esprit; observer et remarquer sont matériels, c'est-à-dire indicatif du résultat de

servax ou je remarquai son maintien modeste. Soumettez un même objet aux regards , à la con-

templation , à la considération ou à l'amifR d^ plusieurs hommes, et vous verrez qne chaorn d'eux fera des observations ou dei remarqMt différentes. On se iktlgué ou on augmente la poii^ sance de ses facultéa en regardant, tnem»' géant , en contemplant ^ en considérant et oi essminant; on stustruit, on amasse des idéei a observant et en remarquant. Gbsener etremrquer expriment même quelquefois le fruit lieTitude ou de la réflexion, proposé sons Um d'assertion oa de doctrine : Thomme, codibx l'observe ou le remarque tel auteur, comioetcl auteur Yobserve ou le remarque judideusemeâ. est le sujet le i^us important et le plos difficiliî connaître.

l"* Regarder i envisager^ cdtU»^kr,cDiinâ^ ref {examinet).

Regarder, jeter s^ regards sur, XetXoms ou les diriger vers , est celui de tous ces vaA qui représente ridée commime de la manicreli plus simple. Aussi û*y a-t-U rien à en dire à particulier.

Ent^iroi^er , fest cegarder en visage , oa aa visage; et par conséquent, an propre, on ne l'a sert qu'en parlant des personnes. An âgoré^e! quand il est question des objets , on les fm»f en les regardant sous tel tnsa^e , sous telle ^^ sous tel aapeci, par toi côtÂ, « Btre attentif ie objet, c'est ïenvisager de tous côtés. > ^ < De queAqus o6ié <|ua ^ CeMimgi.tja»^ humaine, je ne vois rien en toi que je considèp In. « Je recueille toute mna atte&tfoa poortftempler l'éternité; |e Tenvisage par tous les etdroits. > Bouhd. c Je n'envisageais k papifl^ que par ses liaisons avec les amusements etb gourmandise. > J. J« « Malgré le triste ts^ soua lequel 0, envisageait tous les objets, il*' 4'abord des succès heureux. » Volt. — Oq li* envisager a le sens de regarder en face, de i*" garder sans crainte et en faisant bonne oo8t^ nance , la mort , un daoger , quoi que ce soit & menaçant ou de f&cheux. « Rnvisager li b^i les tourments ^ le péril » la pauvreté, sans en ^ ému. 3D ACAJ). « La crainte â^envisager h sort» Larogo. c Celui qui feint d'eticisa^er la fDsA sans effroi menl. » J. J. « Je u'envisagtav ^ changement de religion qu'avec horreur.'Is <Ci dangers, que je n'étais pas alors à envisastrp^ la première fois, ne m'épouvantèrent pas. • S.^ « Quand j,'enviia^e de près les infortonesiooBi^ d'une si grande reine, je ne trouve plus de^ rôle. * Boas, — Ou bien enfin envisager àga» regarder en face ce qui n'est pas encore li, r>^ nir ou quelque chose de futur. < Je n'ose ew*^ ^«r l'avenir. » AcAn. « C'était la perspectÎTef j'aurais dû envisager. » J. J. c Je iHtexiM^^ pas dans eette entreprise un objet de profit. > ^^ «Faira esmsag^ q^que chosa comnu pcsi^ In. • le sage que1<;pe(elt bijt Uen d'eiiécoter Avant que de donner le temps à Is rsffiKS ïy envisager te fUt. ^ .

Contempler et cofuld^ef vont ensemble. Primitivement ils veulent dire regarder ^ ^^ ^^ plum) ou les astres (sidéra^. Par leur prê&e ^ ils aonoDcent une action entière, emp^ ^

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

«complio. On pevtt regarder en Jetant un coup /œil , en passant , de côté et d'autre , plusieurs bjets à la Ibis ; mais on contemple et on corùi" lère tranquillement , longuement , à son aise , en 'arrêtant à regarder, en retenant ses regards Ixement sur une seule chose ou une seule peronne. Diogène disait : quand en achète un eslaye, on se contente de le regarder ^ et si on ehète une marmite, on ne manque pas de la 4en considérer (Fân .). Coneidérer et contempler ont propres à enchérir sur regofrder. « Tout bien égarée et coneidéré^ vous trouverez que.... » iCAD. « Nous Toilà tons deux à noue regarder , à K>iis «oiifempler, à nous admirer l'un l'autre. >

iBS.

Mais eontempier est esthétique, et oonmdérer atellectuel : on contemple la beauté , on considère des raisons (Boss.). On eontemplé oonmie le ontemplateur j comme l'homme émerveillé qui egarde le ciel; on considère comme Tastronome, OBune le savant qui regarde les astres et cherhe à en estimer Ja grandeur et la distance. On oniemple et on admire; on considère et on juge. !'eflt r&me qui contemple, c'est la raison qui onsidère. Celui qui contemple est comme en ex« ase de?ant ce qu'il regarde avec tant d'attrait.

Contempler le ciel, les astres, une belle énime , les merveilles de la création , la gransur et les perfections de Dieu, les (Àoses diiaea. • Acad. « Je me mis à contempler avec ivissement œtte superbe salle. > J. J. « Anaxaore disait qu'il était venu en ce monde pour yniempler le ciel , le soleil, la lune et les autres merveilles. » FéN. « Lorsque nous contemplons i nature , nous admirons la sagesse qui a tout Lit dans un si bel ordre. » Boes. « Platon eélère la félicité de ceux qui contemplent le beau et ) boa dans les arts , dans la nature et dans iea. » In. c L*homme vain croit que tous les eux sont ouverts sur lui , et que les hommes se aisTeat pour le eontemtpkr,» Labb.

Quel plaisir de vous voir et de vous contempler DiBS ce nouvel éelal dent Je Yoet vois briller. (Ipkigiaie à Agamennoo). lUo.

«lui qui eoMtdéfs s'attache à découvrir oem* âen est cemidéreMe^ important, ce qu'il regarde vec tant de eurieeité, quelle en est la valeur, «els en sent les avantages, les ellieta ou les auses. c Coneiéêreir une chose , c'est arrêter son sprit à la regarder en elle-aième, en peser 9utes les raisons, toutes les dtmeultés et les in-

Knients. » Boss. • A conMérer seulement ture des armées romaines et de celles des Caeédonieas, les dernières devaient être batles. » In. c Consiâérex ma situation , et jugez de on embarras. » J. J. « Un jour , après avoir condéré répaisseuff des planches d'un vaisseau: élaa I s'écria Anaoharsis , ceux qui voyagent sur ter ne sont éloignés de la mort que de quatre 9igts. » FÂn . « Qui se oe/midérera de la sorte efltayera sans doute de se voir comme suspendu itre ees deux abhaes de Fiafini et du néant.... I curiosité se ohangeaat en admttatlon , û sera lue dispeaé à contempUr cee merveilles en signée qu'à les rechercher avec présomption, > A8G. « Ose des premières curiosités (tes hommes

a été de considérer les cours des astres,... Tout engageait les Chaldéens à contempler la vaste étendue des cieux et les mouvements des astres.» RoLL. ~ Enfin, la contemplation est synthétique, elle legai^de les choses en gros, dans leur totalité ; la coneidéra^on est analytique , elle s'applique aux détails , aux particularités. « Que rhomme contemple la nature entière dans sa haute et pleme majesté; quil constdère cette éclatante lumière, mise comme une lampe éternelle pour éclairer l'univers.... * Pasc. « Je n'ai qu*à contempforle ciel, je n'ai qu'à considérer toutes les créatures , il n'y en a pas une qui ne m'atteste l'existence de Dieu. > Bourp. « Nous eontempltotu à loisir toutes les montagnes couvertes de neiges qui nous environnaient , après avoir coimd^^ toutes les machines et les pompes qui servent à élever l'eau des mines. » Rxaa.*.

2* Obwfwr, remarqiuT.

Observer annonce ou suppose un phis grand travail de l'esprit. On ohserte ce qu'on étudie: on remarfm ce qui Arappe. L'oèfervaleur est un savant qui va interrogeant la nature et recueillant des faits ; celui qui remarque est un homme i qui il arrive de recevoir telle ou telle impression , d'être allbcté de ceci ou de cela. On observe comme on trouve , en cherchant « Le philosophe consume sa vie à observer les hommes. > Labr. c Rappelons-nous les choses que nous avons constamment trouvées et observées dans l'ftme raisonnable. » Boss. On remarque quelquefois, comme on rencontre, par hasard. « J'ai cru remarquer qu'il m'observait durant ces entretiens.» J. J. « Pythagore assurait que , dans les voyages qu'il avait faits aux enfers, il avait remorqutf rftme d'Hésiode attachée à une colonne. » FéN. — Ce quN>n observe e&t constant , conforme aux lois ordinaires de la nature ; ce qu'on remarque est accidentel, singulier, remarquable. Le philosophe observe la forme universelle et invariable de la nature humaine; ie moraliste et le poète comique en remarquent les particularités , les bizarreries , les- travers , les ridicules, c Sur une vingtaine de ces mines, j'ai constamment observé qu'elles n'étaient mêlées que de petits cailloux quartzeux. » Buff. « Il y a dans notre religion une chose bien particulière, et que vous n'avez peut-être jamais remarquée.,,, tê Bourd. — 0&f erver est absolu , remarquer relatif : on dbserve ce qu'on voit, on remarque ce qu'on distingue. On observe un homme seul, on s'observe soimême ; dans une réunion d'hommes , on en remarque un qui a tel ou tel air, qui fBÛt eu dit

4. A ceamolA Condillac i^ute exmnmiât, qui aem* Ue «foir le plus grand rapport avec eemsidirer, Geopendant V examen , du latin examen , aiguille ou Isa* Saette d'une balance, action de pe«er exaciemeat, emande une attention plus soigneuse encore que la considération, OuUe cela, ou examiné dans des vues pfttUqoce, four éprouver, peur voir si Tobjel est boa ei là oa doit le prondre; c'est ainsi qn'on examine un candidat ou une marchandise. On eomsidèn simpleoMut peur a'éobûrer* pour voir l'Idée qu'en doit* se faiae, ce qu'on d^it penser» iuger, arrèier; c'est ainsi que les léiiMateura et les magistrats eonsidereni telles ou telles choses avant de conclure» dadécidery d'établir teUes on telles dispesitions.

DEUXIÈME PAR^E

telle ou telle chose. « Le vulgaire pensait quMl y a des choses que les dieux remarquent ^ d'autres qu'ils ne remarquent point. Mais Socrate enseignait que les dieux observent toutes nos actions et toutes nos paroles: qu'ils pénétrent jusque dans nos plus secrètes pensées. » Roll.

REGIR, GÉRER. Soigner et faire aller quelque chose dont on a la conduite.

c On régit un bien, une terre qu'on fait valoir; on gère une aflaire , une tutelle qu'on s'est chargé de conduire. » Cord.

Régir , de regere^ d'où reetut^ droit, et rectitude y droiture, c'est mener droit ou à bien. Gérer, de gererey porter, c'est s'acquitter d'une charge. Ce que nous régistons peut être nôtre , et nous pouvons le mener avec une autorité absolue. « Ceux qui suivent l'administration de la justice n'ont pas le loisir de se détourner à la régie de leurs biens fonciers. » S. S. Mais c'est toujours pour le compte d'autrui, par délégation, que nous gérons : il y avait anciennement dans les villes grecques des agents appelés proxènes , « qui géraient à la fois les affaires d'une ville étrangère et de quelques-uns de ses citoyens. » Barth.

D'ailleurs, on régit toutes sortes de chqses, et particulièrement des domaines, des fonds, tout ce qui peut rapporter du profit ou des ' intérêts. Un monarque régit son royaume , un évêque son diocèse , l'esprit le corps , Dieu l'univers, c L'art qui enseigne à régir les richesses et à en faire un bon usage est une partie de l'art de la politique. > Roll. « De tous les hommes , Jésus-Christ n'a formé qu'un corps : c est le même esprit qui l'anime ; c'est le même mouvement qui en régit tous les membres. > Mass. «Assez de grands esprits n'ayant pu gouverner leur femme et leur ménage se sont mis par plaisir à régir l'univers. » Volt. « Il est plus aisé de conquérir que de régir. » J. J. a Auguste, maître du monde , qu'il avait conquis et qu'il régissait lui-même. » In.

Hé! doucement, ma sœur. Où donc est la morale

Qui sait si bieo régir la partie animale,

Et retenir la bride aux efforts du courroux? Mol.

Mais on gère des affaires, des emplois, toutes les choses pour lesquelles on peut être commis. « Tibère , consul pour la quatrième fois , fit un voyage en Campanie , voulant que Drusus , qu'il avait pris pour collègue , gérât seul le consulat.» CoRD. « Le peuple , qui a assez de capacité pour se faire rendre compte de la gestion des autres , n'est pas propre à gérer par lui-môme. » Mor- TESQ « On m'a ensuite envoyé gérer la questure dans la Sicile. » Roll. « Sa vie illustrée par les premières charges de l'État , flu'il avait souvent gérées. » In.

Quant à l'effet, refptr emporte seulement une idée de bien ou de mal, de succès ou d'échec , de gain ou de perte ; au lieu que gérer exprime responsabilité : la régie fait fructifier ou dépérir ; on est comptable de sa gestion.

'\ RÈGLE, ORDRE. Sage disposition des choses.

Règle a rapport à l'action ; ordre, à l'état : les choses se font selon la règle , et elles sont dans l'ordre. On suit la règle ^ elle prescrit de faire;

on maintient l'ordre, c'est quelque chose d'ètobli. La règle souffre des exceptions oan'easodre pas; Yordre est ou n'est pas troublé. « Le plan de leur vie pourrait être autrement rigli^imi ordonné. » Dourd. On dit de la règle qu'elle est juste ; de l'ordre, qu'il est immuable. « Nous concevons notre Ly (le Dieu des Chinois) comme l'ordre immuable, la loi étemelle, la règle et la justice même. » Ual. A l'idée de règle se joiDt voloatiers celle de loi ou de devoir; l'idée d'ordre at analogue à celle de place ou de rang. cTost chrétien a une règle éternelle et supérieure, qau doit consulter sans cesse sur chaque action; ton! ce qu'il fait doit se trouver i la place et dis Vordre où la règle ^ c'est-à-dire la loi deDiei, veut qu'il se trouve. > Mass. < Montrons quli piété est la règle de tous les devoirs, l'ordre^ la société. > In. « La distribution de l'empirta provinces s'était faite sans ordre et contre Uk règle. » Conn. Les astres, la terre, les cieui savent, dans un ordre immuable, l'étemelle n?^ qui leur est prescrite (Vauv.).

La règle préside à l'action ou à la coodsiu l'ordre , au contraire , est un effet , l'effet ipLquefois de la conformité à la règle. t^'Uftff*^ h raison, c'est Dieu mèpie; et lorsque la nss humaine compse ses mouvements selon It filouté de Dieu , de là résulte cet ordre adminlk. de là ce juste tempérament. s.Boss. Parco&xqjcnt , lorsque les deux mots sont emploTéessemble, règle doit être mis le premier, et vriftji second : établir une règle et un ordre entrée hommes sauvages (Comd.) ; il faut, dans certaiss assemblées , de IdL régie et de l'ordre (J.J):>^ puissance réglée et ordonnée (BotfBD.)* < Lespi»' sions ruineront de fond en comble toute ts^de règle , d*ordre et de subordination. • M.

RÉGLÉ, RÉGULIER. Qui est, arrive ou se c(s duit, non pas au hasard, mais selon une rè^ ou un certain ordre.

Réglée participe du verbe régler j expriiaeB» effet; régulier y simple adjectif, marque uncç»»" lité. Ce qui est réglé a été assujetti à une rib''^ ce qui est régulier est conforme aux règles. B|t qu'une chose est réglée ^ ce n'est point Uq^^l' fier, c'est apprendre comme elle a été l^te^ rendue , san^ approuver ni blâmer, sans àtwminer que ce soit bien ou mal; mais direqup chose est régulière , c'est la caractériser en elkmême , lui attribuer quelque chose de boa- ^^ fièvre réglée, un ordinaire réglée des aumône ^^ des confessions réglées , se trouvent être to»^ vertu d'une modification subie par ces choseet, si elles n'étaient pas réglées y elles serai» libres, elles auraient lieu à des inlenrailofiégaux, et tantôt d'une manière, tantôt d'une a* tre. Un édifice r^^ulter, une procédure oa i» conduite régulière ont teUe qualité louabkî? les approche de la perfection, et sans laquelle* choses seraient défectueuses. On dit un i^^ réglé (BooRD.), et un ouvrage régulier fl^^^ une imagination réglée (Acad., Volt-)» *^ tragédie régulière (Acad.). Une chose àékcm^ devrait être autrement réglée et plus réçul^iff^^

Ensuite, et en conséquence, une ch^[*J^ a été assujettie ou se trouve assujeiue i

SYN0NYIIS6 À RABICACX OIVEIIS.

gle, & une espèce de règle, accidentelle, de it , de choix ou de convention , qui est particu- ^re à cette chose , et n'existe que pour elle, t Ils aient entre eux un tour réglé pour comman- }r. * Boss. « 11 faudrait examiner le livre de insénius en une conférence réglée. » Paso. Cette réponse engagea une dispute réglée,» jvr. c Pour avoir une armée les communes douèrent une paye réglée aux Écossais.* Coud. «Le Kl de hruyère se platt à cet exercice (battement ailes) au printemps et en automne, et il le ré- He tous les jours à des heures régléet, » Buff. ais une chose régulière est conforme à des rées générales, antérieures» indépendantes d'elle, , par exemple, aux lois de la mécanique, aux tgles de la granunaire , ou à celles du hien ou 1 beau.

Cependant cet deux mots semblent se toucher i plus près , quand il s'agit de l'homme , de sa e, ^ ses mœurs et de sa conduite. Mais alors gléÊ indique une régularité moindre, une réguritâ tout extérieure, relative au corps seuleioM ou aux bienséances; régulier marque une giK>larité essentielle , un état voisin de la perctÂ.on. Une vie réglée est une condition de santé: C» qui rend le sang si beau en Perse , c'est la e réglée que les fenunes y mènent : elles ne uent ni ne veillent, elles ne boivent point de h 9 et ne s'exposent presque jamais à l'air. » oivTKSQ. Mais une vie régulière est moralement rèpréhensible : c Six ans d'une vie honnête et }gmMl\ère n'eflacent^ils rien des erreurs de la jeuiss^e? » J. J. Un homme réglé est rangé , a de }r<5re ou de la probité tout au plus ; un homme fg-9Mlier est vertueux , c'est presque un modèle. en est de même à l'yard du mouvement. Tout ouivement périodique est réglé; il n'est régulier )e quand il s'opère toujours de même. Les déirdements du Nil sont réglée (Boss.) , puisqu'ils viennent tous les ans à peu près à la même loque; mais ils ne sont pas régulière ^ puisqu'ils nènent chaque année une quantité d'eau variae. Pareillement , des troupes réglées ne sont pas ut à foit des troupes régulièreê. Elles se corn- >9€nt d'hommes qui n'ont pas été ramassés à la lie au moment d'une bataille pour se disperser tssitôt après , mais qui ont quelque habitude les \s des autres, qui ont été retenus quelque temps qui se réunissent de temps en temps sous le apeau. c Charlemagoe est suivi de soixante-dix ille hommes de troupes réglées^ chose inouk xk% ces temps-là. On assemblait auparavant des mées de cent ou de deux cent mille hommes ; lis c'étaient des paysans qui allaient faire leurs )issons après uTie bataille perdue ou gagnée, arlemagne les retenait plus longtemps sous le ipeau. » Volt. Mais des troupes régulières ont e solde, un uniforme et restent oonstamment is le drapeau : ce sont des corps permanents nposés d'hommes qui sont soldats par état, .es armées de Marguerite d'Anjou n'éuient pas i troupes régulière», tenues longtemps sous le ipeau et soudoyées par un seul chef. • Volt. lÉGLÉ. RANGÉ. Ces mots se disent l'un et litre d'un homme qui ne fait point d'écarts ou xcès.

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