‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 388 sur 444 · STR FRA»Ç · texte numérisé non relu

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Maié réglé regarde les actions et les mœurs; et rae^j les occupations et la dépense. L'homme réglé ne s'écarte pas de ses devoirs; rhonune rangé ne dissipe ni son temps ni sa fortune.

L'homme réglé se conduit sagement, en homme qui sait mettre un frein à ses passions. «Le mauvais riche était un homme de bonne chère , me* nant une vie douce et tranquille , d'ailleurs es> sentiel sur la probité, réglé dans ses mœurs, vivant sans reproche. » Mass. « Les philosophes païens se sont quelquefois élevés au-dessus du reste des hommes par une manière de vivre plus réglée et par des sentiments qui avaient quelque conformité avec ceux du cbristianisme. • Pasc. c Voue le trouvera pour ses mœurs aussi peu réglé que vous Taves vu. > Sir. c A-t-on eu recours à Dieu pour devenir plus modéré dans ses passions et plus réglé dans sa conduite? » Boubo. « Ce sont, me direz-vous, des femmes r^^J^es, et du reste , hors la vanité qui les possède , irréproo chables dans leur conduite. » In.

Mais Phomme rangé conduH sagement ses affaires et sa maison , et dispose avec ordre de ses moments et de ses revenus. « On prend soin d'un ménage et on s'applique à bien conduire une maison, parce que naturellement onestran^^, et qu'on aime l'ordre. » Boord. « Les Genevois sont un peuple rangée qui ne se départ point de ses règles économiques. » 1. J. « Il n'importe pas que cette femme soit libérale. Au contraire, il la faut rangée f attentive A ses intérêts. > In. «Êtesvods un garçon bien rangé? car je vous déclare que je ne m'accommoderais point du tout d*un libertin qui eortirait de chex moi tous les jours pour aller se divertir en ville. Je veux un homme sédentaire, et qui élève mon fils sous mes yeux.» Lbs. c Le duo de Sully était toujours pauvre, tou* jours rangé, et se soutenant de peu avec honneur. » S. S. c Réservez-vous des heures de travail; évitez les soupers qui mènent trop avant dans la nuit , et qui dérangent tout le jour suivant; sauvez un peu vos matinées! Lisez et pensez sur vos lectures. Je sais bien qu'on ae peut pas être toujours si rangé. > Fin.

RÈGLEMENT , RÉGULIÈREMENT. L'idée commune A ces deux mots est celle d'une certaine persévérance A agir toujours de la même manière.

Mais règlement veut dire d'une manière égale i qui est comme une règle; et régiulièrement suppose une règle A laquelle on s'est soumis. Celui qui tous les jours fait règlement une certaine chose suit une habitude qu'il a prise. « Je dors tout d'une baleine huit ou dix heures règlement,* Laf. « Passer toutes les nuits pendu A une lunette, et abandonner le soin de ses affaires pour rendre règlement visite aiu étoiles. » Mal» c Je dois ma taille A une douzaine de bouteilles de vin que je bois règlement par jour. » Regh. « Je ne vous écrirai plus si règlement. • SAv. « Je ne puis souffrir un pécheur que la pénitence n'inquiète pas, qui va r^yl^menl , A ses jours marqués , sans peine , sans soin , sans travail auean , confesser ses fautes, et s'en retourne sans songer A changer de vie. » Boss. Celui qui tous les jours fait régulièfimenl une certaine chose obéit A une

SS

9îk

HEGU&HE PARTIE

règle générale, imiépe&daûte de lui, socomplit un derolr. <c Aesiater toos les dimascbes À .U mem régulièrement, m lUss^

Un homme qui dispose île -son .temps & sa guise traraille réglémmi tant d'heures par jour; il n*y est pas dbSigé : dans un couvent ou. dans un pensionnat cm trasraillie ré§ulièrmntmt tant iU'heures par jour.

La fièrre le prend r^Umem tous les jours à teOe heure (Acad.) ; les lettres arrivent tpar la poste régtÊiîèremeni tous iIqs jouk à telk» heure (SAvO.

Vivre règlement se dit nàaUvfetmiA au %corps , et sf entend du régime, paioe que c*est ûhose libre et à l'égard de Jaquelte il y « des habitudes qu'on prend ou qu'on ehoisit, plutôt que des lois, des lègles générales auxquelles 'On rsoit astieiat. Par la raison contraire, ^vre régui4ènitM9$ se prend toujours au moral.

Règlement indique raceoutsimmDB «t la précision ; régulièremeni, l'obéissanoe et l'esaotitude.

ABGRET, — MEPSKTA ^^SPEHTANCC), B/E- MORBS. Douleur causée soit^par la production du mal, soit par TimprodnciioB on .la nnn production du bien.

Begret mérite -une plaae A part : •e^Bst le mal physique qui excite les re^^refi,. c'est ie mal mord qui fait naître le repenttr et les mmrds. Un accident fâcheux ou une ioQirudenoe nous Dût éprouver des regrëU : a Quand on tient aux biens de la terre et qu'on «rient à les perdre , quels ifvgrete du passé ! > Bouhd. I.e ropen^ et le ivmatûs ont pour cause une mauvaise action^ «ne faute, un crime. « Cette tristesse que nps foutes nous causent a un nom partiottlier , ^et «'appelle repentir. On ne se repent paad'dtre mal Ccùi, ou d'Atre malsain ^ mais on ae vepent d'avok.mal fait. De lA vient aussi le remuréi. » Boss. On regrette d'avoir été «entre ses propres intérêts, d'avoir manqué une bonne affaire ; on se repent dVivoir transgressé la loi : dans le premier «as on a été malheureux ou malavisé ; dans le second , eonpable. « Il vaut mieux, dit Lisette dans Twrcaret y sentir quelques jours des remords pour avoir Fcriné un homme d'afiSaives que le regret d'en avoir manqué Toocasion. » Lbs, Dans k Mahomet de Voltaire, le crime triomphe; mais du moins ce scélérat est-il puni par des regrets et par des remords : Il perd ce qu'il aime, et il est tourmenté du souvenir de ses forfaits (Lab.)* — Lorsque regret marque aussi afausivement ia douleur d'avoir mal agi , d^avoir agi contre le devoir, c'est une expKssion faible et sur laquelle enchérissent repentir et rémoras. « T&ohe de calmer l'ivresse des vains désirs que suivent toujours les ^regrets, le repentir^ la tristesse.* 7. /. c Ces pécheurs sont touchés du sentiment de leur misère, et en forment des regrets et des repenHre. > Bonm. ff7e ne vous écris jamais sans regrets , sans remords et «ans amertume. » YoLT. « Mes fautes me doonent moins d'eAï'oi que de honte : j'ai des regrets ^ et non desrsmorés. » J. J. « Au moment de la mort on se rappelle avec tant de regrets et de remords la mal qu'on a tait et le bien qu'on a négligé de faire. • B^aTS.

iifjienltr et r^entanee ont été distingoéiduii la J'* partie, jp. 32 et 188. Ils diflèrcat rm comme l'autre de remords. Suivant V&aveavsQn et CondiUac , ie MfJtsattr suppose une bute , et k remords un crime; ce qui revient i diie que le second est plus fort, plus violent que le piender. Suard et R4Hibaud ne se sont point cootestés de celte distinotion superficielle et banale.

Le repentir est une douleur volontaire et abtaix»; le^vmerdf, une douleur forcée et veapresse. Le repentant déteste ce qu'il a fait, «t s'ecoiQ>e d« le xéparer, de Tentrer dans la bon voie , de qui adoucit toujours sa peine; celai qs a des remords soufiire une punition sans an^ peut-être le dessein 4e changer de conduite. 03 s'exoite a«irepsiiltr, et un, poète a dit :

Dieu fit du repentir la vertu des mortels. « Quand je vois un chrétien touché de ftpaâk, et non Goateot de détester son crime, eu im une sérieuse réparatiou.,..^ je ne puis m'siBpi cher alors de croire qua^c'est un pécheur coo&iîi montifié , parfaitement réconcilié avec Diti-» BoffRsuc On se contenta, pour le présent, d!i^ corder la ,pais aux Latins; et^ pour leur &a miet» sentir tour faute , -at leur donner le toi^ de la réparer par un sérieux r^etittr, onlearè demander at attendre l'alUance pendant qu# temps. > HoLi.. Le remords naît de lui-iûot. nous le subissons, et il peut se trourer das l'Ame d'un criminel endurci, bien déddèipaa* suivre comme il a commencé.

HeuTieax si je puis....

A force d'attentals perdre tous 'mas rmurds!

(lialfaan dans jùkalie). Rjc

« Cheroher seulement A étouffer le ^ramonit.ifc de trouver la tranquillité dans ie .crime. ' ^ ie repenti eât une tristesse dans laquelle od< complaît oi qu'on entretient; k rewurds sAt tourment importun dont on voudrait être deivré. Le rspeisltr annonçant condamnatiou sps-' tanée,du passé , et disposition A revenir à sûi,(^ plus ou moins einoère; le remords i puna^ affectif, est plus ou moias cruel.

Toutefois il peut arriver que le rsawrdt.ffl-

qu'il n'implique pas en lui-même letoor, dtf

d'amendement, eoit une invitation ou use pnfs

ration au repenltr. La première des grket pR-

venantes est le reaiorde qui mène au rif^

(Boss.). Les «mord» ne font que troubler la tnt

quillité; le repentir fait reculer, ou porte iq*

ter une Tésolution, un projet, un genre ^'^

Je croto que Brute marne, à tel point qu'oaieioi^

Voulut plus d*uae Cois, ronqire son cnuvpnft

Qu'avant que de frapper elle lui fit sentir

Plus d'un remords eu l'àme et plus d'un rep^'-

[Gnm), Oaa.

l^LSVÉ, SUBLIME, ^ TRAKSCENPAXT- ^ mots expriment dans les chosfis de i'esF^;)^ lectueBes ou morales, une certaine exceiies»

Mais d'abord sMime i«nçhérU manifeste»^ sur rele$>é. Ce qui est rekné n'est point bas oa» rdové de l'abaissement; ce qui est w"iJ»J» dans les airs, au plus iiaut pomt. On.»Pi*^ relevée simplement une chose distinguée oa^ n'est point commune- « Les fables ^'f^^^ dénuées de tout ornement.... Celles de ï^^'

SYNONYtEB À 'lU^KAtlI :DIVERS.

wot on peiDfdtit tf^fevAt 'et fias éto&dvet, mafis sependant d'une simplicité et d'une élég«Bee qui ressemble beaneoup à TatticisiDe dans te ^golte Huple. » BfiLL. L'épitfaètf de tubîime deit étn 'éservée poar ee qu'il y a 4e plne retenez "pcnx le qui eet merreiUeui, presque 'dôrin. « Tadmire «ut cela d'autant plus que la perseone qvi me fient oe langage ai releva et ai suMto» n^est quelquefois qu'une simple fille. « Boobb. « Arihimède était par son insliaalKm aatureUe uni- [uement ooeupé de oe que la glBométrie a de fins noble, à» pins rtkioéy de plus -mAUvM, » loxL. « Ha lettre «finit d'me muifere ai i<e(ev^ n TOUS souhaitaot les i>ieB6 éteBoeb, que j'ai fsur qu'on ne puisse m'aocuser d'avoir donné iass le tublime, » SAr. « U'iallait que le même o&bassadeur, qm fut l'ange saint Gabriel ^ en )ortant à la sainle Vierge une parole plos axoelente et plus rejeta (qu'à £lisabelh)-, «ât aussi la succès plus «tt&Jtme «t pbis .merreÉUeux. » toss.

D'autre part., réUvi est plntM théorique, lelaif su savoir cl à la croyance; tubtAM est phitit pfratique, Tâlatif à l'action, à la morale et A l'art. On dit des soiences (lUi.)^ des vérités [lD.)v des preuves ou des raiscins (h>.) rtievées^ des mystères 9ékvé9 (Mass.) , une théologie relevée (Bourd.). « 11 est tout scienoe; et bien louvent il dit des ckoses tout à fait relevées. » KoL. Hais on dit une yertu (Acab.) , une scène le théâtre (Volt.) , un art ou un talent (Ba^tb.^ ticMime. « Le pardon des injures est ce que le christianisme a «de plus aubiiai^ , de plus Mrollue, de plus parfait. «Botxan.^'a Qu'y a-(4l denc lans cette doctrine qui fait que m les savants n'y Touvent rien au-dessous d'eux , ni les Anbles ien de trop relevé?.,. Ainsi la morale que saint !*rançois a enseignée est en elle-même une moaie svbHme et de la pms liante petfection. »Id.

Il finit avouer que oette loi d'ane perfection i tuhUme dans sa morale est en même temps Tune créance bien difficile dons ses mystères.... lars autant ils sont reUvéi au-dessas de notre ciaoD, «utant sont^ls capables es l^étovcr 4 )ieu. » la.

Tout le monde n^est pas €«pal)lè d'atteindra i le qui 9tt relevé : c*est quelque chose d'abstmit , 'ardu, de pau eomprébeasible. « Des exprès* ions abstraites «t relevées. « Rac. « Des points e méditation si relevé» et si subtils. « Bourd.

Cela est peut-être un peu relevé; mais tâchons e le rendre sensible par un eiemple. » Boss.

Votre mérite s'étend ^squ'aux connaissances is plus fines et les plus relevées. > Vol. Tout le londe n'est pas capable de feire ce qui est su. lime : c'est quelque chose de beau , de délicat , a noble , de parfait. « n est des devoirs simples t «uMtsfief qu'il n'appartient qu'à peu de gens 'aimer*! 4e remplir. * ^. I. « Ainsi nous ^écou- Tirons les ressorts et les mouvements, et ensuite usage et l'application de cette sublime politique [ui régit le monde. » Boss. Un philosophe explique les choses d'une manière relevée (Mol.); in homme se conduit, un auteur traite un sujet l'une manière suH<me. Le style relevé «st celui l« la raison ; le style sublime , celui du génie.

t^otmceftdêrtt tftfppLvcpïe preprannftit, non aux choses de l'esprit^ mais à l^sprit lui-même et à oe qui le conaerae : esprit, génie, mérite tronf<:eadanl. D'ailleors, oe mol a rapport à la quantité seule, et point 4u tout, comme les deux autres, à la qualité. Un esprirt Vêltné (PAsc.)8e tlistingue par le savoir, le raisonnement, la pro- •Ibadeur; un esprit sublime fait ou produit des tftioses admirables; mais un esprit franseendaiit est puissant, supérieur, et rien de plus, c'eét uniquement 'sa mesure que Srofiscendaftf ûdt connaîtra. « Le premier ministre de Loois xm (tx un génie puissant et transcendant en tout. > S. S. < Bossuet est plus impétueux, et Pascal plus tronfcendant.» Vàuv. « Je n'ai supposé dans mon élève ni un génie fmani cendani ni un entendament bouché, v I. J*

mELlfilOIf, PIÉTÉ, DÉVOTIOM. Sentiments d'une âme dîisposée comme il convient à l'égard de Dieu.

Jleit^'oii a du rapport avec Migatiwi , l'un venant de rehgare^ lier, attacher, et l'autre d*o&{i- ^ure , éoM le sens est le même. La religion repose sur l'idée de «e qu'on doit â la divinité , et consiste simplement à ne pas y manquer ou dans la orainte «d'y manquer ; c'est poarquoi re^imus se dit par extension de celai qui est exact à tenir ses engagements. « Avoir un fonds de re^'on et de crahfte de Bieu. » "Mass. « Ces paim-es peuples ont une crainte de Dieu , un fonds de refigiou simple, vrai, réel. * In. « Faire quelque chose par principe de rèliffiou. » Kag. « Il (ce magistrat) se fit tane religion d'écooter^'Ies raisons des parties , «t de lire tous leurs mémoires. » yLÉCH. a Rien n'était plus oeimu que son désintéresse* ment et la religion de sa parole. » In.

La piété, au oontrafre^ n'est pas un sentiment froid, une Vue 4e la raison; 'elle part plus du coeur; elle est plus zélée et plus ardente. « La foi nous inspire la ferrear, le zèle, la piélé. « Bot7Rn. « On ne trouve dans ces prêtres ni pieté ^ ni zèle fsur leur devoir , ni amour da la prière.» Mass. « Que dirai-je du bon zèle et de la piété dé nos pères (lors des croisades)? » Id. « Une piété tendre , brûlante.» Jn. « Malgré les relâchements du siècle et le refroidissement de la piété. » FLécH. « Dans cette ferveur de piété..,. • In. -* Aussi le mot de piété est propre à enchérir sur celui de religion. « Vivre comme un païen , sans aucun sentiment de relt^'on et de piété. » Mass. «c Kemplir ses devoirs dans un esprit de reli» giqn et de piété. » Id. < Communier avec des sentiments de religion , de pénitence , de piété et de ferveur. » Botran. — D'autt^ part , la religion se borne plutôt à Tintérieur : avoir un fonds de religion. La piété se montre davantage , et ne se conçoit guère sans les pratiques. « Des exemples de piété. » Mxss. Piété exemplaire (Acad.). * Quoi de plus grand que les pratiques les plus popu« laires de la piété accom^dies avec ua esprit de fia et de religion .' » Mass.

Devofion signifie dévouement, et drVot, dévoué, «c Dans le sens rigoureux des termes , ces qualifications ne devraient appartenir qu'aux moines et aux religieuses qui font des vœux. » Volt. Mais on les applique à toutes les personnes qui rom-

D£cxiËME Partis

pent avec le monde , qrn quittent totit pour vaquer à leur salut , pour se consacrer particulièrement à DieUf pour vivre dans la retraite, qui sont de toutes les bonnes œuvres , qui lèvent l'étendard de la piété (Mass.) , qui en font profession, sans pourtant prendre l'habit. La différence est donc bien grande entre la dévotion et la religion j puisque celle-ci réside dans Tftme et n'en sort pas ; la piété tient le milieu. « Le comte de Roucy était plus religieu», quoique moins dévot que sa femme qui l'affichait, et lui le contraire. 9 S. S. — En conséquence, dévotion se prend souvent en mauvaise part pour marquer un excès , ou bien une religion ou une f»tV^ purement apparente. « Jamais tant d'extérieur àe dévotion^ et jamais peut-être moins de piété, > Mass. c Nul autre motif ne me fait agir, que celui d'empêcher que les vaines dévotions ne prévalent contre l'ancienne ptVte, enseignée par saint Augustin et par saint Thomas. * Boss. « La distinction entre la vraie piété et la fausse dévotion^ si solidement établie (')ans le Tartufe) par Gléante. 9 Lab. « Un des plus beaux morceaux du Tartufe est celui où Molière fait l'éloge de la piété chrétienne, de la vraie dévotion. » In. « J. B. Rousseau affectait un ton de dévotion très-propre à lui concilier tous ceux qui croyaient favoriser en lui la cause de la religion, sans songer que Ibl piété véritable n'écrit point de jnéchancetés. » lo. « On a dît d'un prince de nos jours , très-respectable , très-pteius , très-bienfaisant, très-indulgent pour les autres, et par conséquent ennemi de la persécution et du fanatisme, qu'il était religieux, et non pas dévoL Ce mot, plein de sens, est digne d'être médité par les dévots non religieux^, » D'Al.

Avec de la religion, on est pénétré du sentiment de ses devoirs envers Dieu : tels peuvent être les philosophes et les gens du monde. La pit'té nous fait aimer et adorer Dieu ; on n'est pas pieux sans l'habitude de prier avec ferveur et de ft'équenter les temples. La dévotion nous dévoue à Dieu, nous fait donner & lui exclusyement, tout entiers.

La religion est plue dans le cœur qu'elle ne paraît aii dehors. La piété est dans le cœur et parait au dehors. La dévotion paraît au dehors, mais sans être toujours dans le cœur (Gir.).

REMÈDE , MÉDIGAMEIiT. En latin remedium , medicamentum , dont la racine commune est mederi, guérir, d'où vient aussi medieus, médecin, celui qui guérit. C'est ce qu'on emploie pour guérir quelque mal.

Dans retnède, re marque le rétablissement de la santé, le retour & l'état sain ou normal; et dans médicament la terminaison ment annonce un résultat , exprime quelque chose de fait et de donné pour guérir.

Tout ce qui guérit le mal est remède; il n'y a de médicaments que les matières ou les mixtions artificiellement composées , préparées et administrées pour produire cet effet. La diète, l'exercice, le bon air, la gaieté , la patience, l'eau, surtout certaines eaux minérales, le lait, la saignée , les simples, telles qu'on les recueille, sont des remèdes , et non des médicaments ; les médi^ caments sont des produits d'une certaine indus-

trie de l'homme. La nature fournit ou fu^èn les remèdes : le pharmacien fait , apprête les «^ dieaments, c Le médecin Hyghens connaissait bien les simples et les remèdes dont il ravait foire usage, et la composition des m^dtcomenff comme le meilleur apothicaire et comme un bon chimiste. > S. S. « Les anciens ont vanté , comme médicament, la graisse d'oie que l'on préparait à Comagène avec un mélange d'aromates; et Wilhughby prétend trouver, dans la fiente d'oie, le remède le plus sûr de l'ictère. » Buff.

Ce qu'on considère dans le remède^ c'est l'effet, la force, l'efficacité; et dans le médicament, c'est sa composition , ce qui 7 entre , ou bien l'application qu'on en fait. « Le médecin lui dit qaTi avait un remède dont le succès était prompt et infaillible, mais qui était fort violent.... Il applique donc sur ses yeux son médicament , où il avait fait entrer du suc de cantharides. » Rou. « Si l'on fuit toutes sortes de médicaments lorsqu'on est en santé , l'usage des m^dtcamenra sera plus désagréable et plus pénible dans la maladie. D'un autre côté , si l'on s'accoutume trop aux remèdes, ils perdront de leur force et de leur eft cace quand on en aura un besoin réel. » D'Al.

Remède a une étendue de signification beaucoup plus grande : il est le seul de ces deux moti qui se dise au figuré comme au propre , au moral comme au physique, et en parlant de rame comme en parlant du corps. « A force de méàkAments on guérit les plus profondes blessures, ei on en tire tout le venin; et à force d'employer les remèdes q^e fournit un confesseur, il n'y a point de passion' si violente dont on n'amortiss peu à peu l'ardeur. » Bourd.

REMPART, BOULEVARD. Fortifications élevées autour d'une place; au figuré, abri, soutien,» qui protège ou sert de défense.

Le rempart f rem parât, prépare la chose, h met en état de résister; ou bien, comme le rasfort {re en fort) donne beaucoup de force. Je rempart (re en parer) pare efficacement, c'estâdire met à couvert contre lès assauts. Bonfereri allemand hollwerk , veut dire peut-être ouvrage. voerk, contre les balles ou les boulets, suivaal l'étymologie de Nicod; ou bien, comme le croit Voltaire, boulevard^ écrit d'abord houiever oê houleverd, vient de houle sur le vend, parce qae le peuple de Paris jouait A la boule sur le veri ou le gazon du rempart.

Le rempart se conçoit comme quelque ^m» d'élevé, mais de simple. Une muraille, une barrière, est un rempart. « Les eaux minent peu k peuples voûtes et les remporte des cavernes soaterraines. » Boff. « Les habitants de Catane o^ construit de très-fortes murailles de cinquante pieds de hauteur; et, environnés de ces remparts^ ils se sont crus eu sûreté contre les laves éa volcan. » ID. Le boulevard est propranent bb ouvrage de fortification disposé en terrasse et placé devant le rempart pour le protéger; n c'est leren^arl avec cette addition, ainsi compliqué; ou c'en est seulement le terre -plan, le talus , la surface supérieure plus ou moias étett' due. cLes montagnes de Frisland sont entièrement couvertes de neige; et toutes les cèles, ée

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

;I&ce j comme d'un boulevard qui ne permet pas ['en approcher. » Buff. «Les montagnes du Pérou emblent être quelquefois des fortifications foraées de longues courtines munies de boule^ ards. 9 In. On arrive au pied ou au haut du empart; on se promène sur le boulevard. Le empart est plus ou moins haut : ■ Le prince de ionti se présente au pas de Viliefranche , rem' art du Piémont, haut de près de deux cents Dises. » YotT. Sur le boulevard se passe tel ou û événement : « Gloire à ces guerriers morts ar des boulevards inaccessibles^ » Mass. An figuré , comme au propre , le rempart est eu étendu. Un homme se fait un rempart, et non as un boulevard^ du corps d'un autre homme, *un tronc d*arbre , d'un rocher, d'un simple uisson. Il suffit d'une ville pour servir de remart à un pays. « Cette place est le rempart de >ute la province. » Acad. c La ville d'Azof servit uz Russes de rempart contre les Turcs. » Cond. a boulevard, au contraire, est quelque chose de rand ; il ne faut rien moins pour former le bounard d'un pays qu'une ligne de places fortes, ne vaste forêt , une chaîne de montagnes ou oute une contrée. « La Hollande , ce boulevard [ue nous avions élevé nous-mêmes contre TEspa- Tie, tombe sous nos coups : ses villes n'ont plus e murs à l'épreuve de la bravoure française. » Tass. c Le reste de la Hongrie n'était encore à I maison d'Autriche d'aucune ressource, mais 'était toujours un boulevard des Etats autribiens. > Volt. Voltaire dit aussi dans une épltre, n parlant des Alpes :

Le voilà ce théâtre et de neige et de gloire , Ëlemel boulevard qui n'a point gamnU Des Lombards le beau territoire.

D'an autre câté, le rempart couvre ou préserve lutôt une seule personne ou une seule chose. On amasse les revenus de l'Eglise pour s'en lire un rempart contre les accidents à venir. * ouRo. < Se former l'esprit au goût du bon et du )lide pour s'en faire un rempart contre l'attrait es plaisirs et l'habitude de la dissipation. » S. S. e rempart de la liberté (Buff., Mabm. , Vkht. , AH.), de la religion (Cord.), de la pureté ou de i continence (Bourd.). Le boulevard ^ au conaire , fait la sûreté de toute une société d'homles. « Walstein paraissait le seul boulevard de smpire. » CoNn. « Marins (Ut la terreur des irbares , le boulevard de la patrie. » Lab. L'art a inventé, dit Démosthène aux Athéniens, 3ur la garde et pour le salut des villes, diverses > ^fenses de toute espèce, remparts ^ murailles, ssés et autres ouvrages semblables; mais la iture ceint et environne les sages d'un bouleird commun qui les couvre de tous côtés, et il pourvoit au bien et au salut des Etats. Quel ;t donc ce boulevard ? C'est la défiance. »

DLL.

Enfin , il semble que boulevard se prenne plut en mauvaise part. Serait-ce parce qu'il vieillit ms le sens où nous le considérons ici? «On )ulait que la Bastille fût détruite, en haine de ; despotisme dont elle était le bouZetrard. > A RU. « V Encyclopédie fut le boulevard de tous s ennemis de la religion et de l'autorité. » Lah.

« Les luthériens regardaient la scholastique comme le boulevard de tous les abus. » Cond. « La justice des duels judiciaires n'était que le bou^ard des criminels les plus hardis » In.

RENAISSANCE, RÉGÂNÉRAnON. (PAUNGÂNÉ- SIE). Nouvelle existence. ^

Le premier de ces mots est français, quoique formé du latin reiuuet, renaître; le second est tout latin, car on a dit en latin rege^ neratio.

Us diffèrent donc d'abord en ce que l'un est plus commun que l'autre. Renaissance appartient i la langue ordinaire ; régénération est du style particulier de la théologie et de celui de la médecine. On dit la renaû^ance des lettres (Acad. , Gond.), de la philosophie, de la peinture, de la sculpture, de la poésie, de la musique (d'Al.)» du printemps et de la verdure (Acad. , Marm.). Mais en théologie on appelle régénération une transformation spirituelle opérée par la grâce du baptême (Mass. , P. R* , Volt.) , et en médecine on admet la régénération des chairs et de certaines humeurs ^Boss.)-

Us diffèrent aussi quant à l'idée : renaissance fait concevoir ceUe d'une réapparition, d'ua retour à l'être , et régénération celle d'un travail intérieur semblable à celui qui a lieu quelquefois , dans l'Ame suivant la religion , et au sein du corps suivant les médecins. La renaissance de Rome fRoLL.) après l'expulsion et l'extermination dea Gaulois fut due à Camille ; Massillon dépeint quelque part la régénération , le renouvellement des pécheurs en qui Dieu crée de nouveau l'homme céleste, et la vie de la grAce éteinte dans leur cœur. C'est par la renaissance de toutes les vertus que s'opéra la régénération de l'enfant prodigue.

Enfin renatMance se prend en mauvaise comme en bonne part; au lieu que régénération, le contraire de dégénération, se prend plutôt en bonne : on dit la renaissance d'une hérésie (Boss.), c'est-A-dire sa reproduction, et la régénération d'un peuple (Acad.) , c'est-à-dire sa réformation, son amélioration, son perfectionnement ' .

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