‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 389 sur 444 · RENCONTRE (ALLER ÀLA), ALLER AU-DEVANT · texte numérisé non relu

RENCONTRE (ALLER ÀLA), ALLER AU-DEVANT

Se porter vers quelqu'un qui vient.

Aller à la rencontre est agressif, et implique l'idée d'hostilité, d'opposition et de lutte : on va à la rencontre d'un ennemi pour le combattre, pour le repousser. Rencontre signifie dans une de ses acceptions le choc de deux corps de troupes ; et aller à rencontre de quelque chose , c'est

I . Palinginisu est grec, ayant été composé de ir«- Jlw, de nouveau, et de yrfv*»^, naissance, génération. Aussi est-ce un terme didactique employé en parlant d'une fable de ranliquilé Favanie , la renaissance du phénix, ou quand il est quc«'.ion de ce que I pensaient et disaient les philosophes anciens : « Cer- ! lalns philosophes anciens admeiuient la palingènésis universelle. * Acad. Des philosophes modernes^ Bonnet el Ballanche, ont donné le titre de Palingenés à des ouvrages de leur coroposiiion sur des sujeil généraux el tout métaphysiques : Palimgénésit phil^ tojfhi^ue, Palingénésie sociale.

BKUXIÊHK PARTIE :

s*y opposer, y être contraire* « La pie Toit elle approcher une corneille , elle Tole aussitôt à ga rencontre, la harcèle et la poursuit sans rel&che.» BuFF. « L'engoulevent vole à la rencontre des insectes , dont il fait sa proie , et qu*il semble gngouler par aspiration. « In. «Selon alla à la rencontre. des Mëgariens qui s'étaient mis en campagne, et il leur donna bataille. » FéN. cOg, roi de Basan , vint aussi à main armée à la rencontre des Israélites, et ils le taillèrent en pièces.» Boss. «Une multitude effroyable d'Allemands s'ëtant jetés dans les Gaules pour s'en emparer , Clovis fût à leur rencontre k Tolbiac. 11 se donna là une sanglante bataille. * In. « Louis VI entra à main année dans la Normandie : les Normands allèrent à ta rencontre; et les deux armées s'étant trouvées en présence, il y eut une grande ba* taille. » In. < Qui est le roi qui, ayant à faire la guerre contre \m roi , ne songe pas auparavant s*il pourra marcher avec dix mille hommes à la rencontre de celui qui en a vingt mille?» In. « Mardonius ne craignait pas d'assurer qu'aucun peuple de la Grèce n'oserait venir à la rencontre de Xerxès , qui marchait avec toutes les forces de l'Asie. 9 RoLL. « Les troupes (romaines) s'avancelient jusqu'à quatre lieues au delà de Rome pour aller à la rencontre de l'tanemi (les Gaulois), qu'elles joignirent à la rivière d' Allia. » In. «Cyrus marcha vers Sardes. Crésus n'attendit pas qu'il Ty enfermât; il sortit à sa rencontre avec ses troupes pour lui livrer bataille » In. « Hippias (lieutenant de Penée) marcha à la rencontre du consul BTarcius, qui s'avançait avec toute son armée , harcela ses troupes , et les incommoda fbrt par les fréquentes attaq;De8 qu'il leur donnait. > In.

Aller au-devant se distingue, au contraire, par l'idée de prévenance, et suppose des intentions bienveillantes ou respectueuses : on va audevant de quelqu'un pour l'assister ou pour lui rendre hommage , lui faire cortège , lui marquer de l'empressement, de la soumission , de la déférence, a Le père de famille, voyant son fils faible , exténué, agile, et hors d'état presque de se soutenir, court ati'devant de lui. Il court, il se hâte d'aller au-devant pour le soutenir.* Mass. «C'est alors , grand Dieu , que , loin d'être insensible à nos gémissements, et de dédaigner nos prières, vous venez au'devant de nous avec toute l'abonr dance de vos consolations et de vos grâces. » In. « Il est insensé de courir encore après ce qui vous fuit (le monde), et de vous obstiner à fuir un Dieu qui court au-devanf de vous. > In. «Métellus revint à Rome : toute la ville sortit au-devant de lui , et son retour fut un véritable triomphe.» Vbrt. «Quand l'empereur Charles IV arriva à Paris, le roi (Chal-les V) fut au-devant de lui, accompagné des princes du sang; l'entrée fht magnifique. » Boss. «Comme le comte de Dunois amenait un second convoi (dana Orléans) , la Puoelle fit une sortie pour aller au-devant de lui , et le conduisit dans la placer » lo. « Comme le maréchal de Foix approchait de Milan , Lautrec ftit obligé d'envoyer au^^evani de lui une partie de l'armée pour l'escorter. » In. « Hiéron alla avec sa flotte toute équipée au-derantde T. Sem-

pronitn qui était arrivé à Kessine , pow offrîtes services au consul. > Roll. « Après ces cipcditiens, Annibal retourna à Caithage. Toatek ville .sortit au-devant de lui , et le reçat su nilieu des cris de joie et des applaudistemeots. » lô. « Les Scytiies poussèrent leurs conquête» dm la Syrie jusqu'aux frontières d'figypte. Ibis Psammétîque alla au-devant d'eux , et fit si bia par ses présenta et par ses prières, qalls k passèrent pas plus avant. » In. < Pëlopidas arec ses troupes marcha contre Ptolémée. Cehi-à alla au-devant de lui comme au-dewd de sob supérieur et de son maître , eut recours nx caresses et aux prières , et promit solennellement qu'il garderait le royaume pour le fils du défont» In. « Tous les citoyens , dans le temps mène qu'ils allaient au-devant d'Alexandre poartai rendre leurs hommages , furent égorgés. > h. « Lorsqn'après la déftite de Cannes, le cassai Varron revint à Rome, tous les corps de rsu allèrent aurdevant de lui , et lui reodireat grioe de ce qu'il n'avait point désespéré de la icpi* blique. » Boss. , RoLt.

BSnoSICER, RBIfiEa, AfiJUBER. Quitter œ chose d'une manière volontaire et formelle, «il^ déolacanli £ÛQa ^ar, rapport à elle acte <fibandoOi

Le oaractèra propre de retiOMer se tire de «s objet ,. qui. eat tûujpurs un bien , na avantage f» senti eu. Cuiur , quelque chose qu'on possèdiff qu'on espère, qu'on prétend, qu'on poursuit U sorte qu'on renonce d'ordinaire avec ful^v peine ,4 regret; c'est un sacdfice ou cooiDe c sacrifice quioa fait. Benoncer à la couioddIi • un droit, aux dignités, aux plaisûa» au bonba'. à Uk tiohess^^ à.co qui plaU, & une pesoBoe qu'on aima^

Le cacactère propre dor renter, e'estdeMpni* dre en mauvaise pan Frimitiaement renier sgnifle déclares contra la vérité qu'on as ooDns^ point une peceomiar ou une chose, et pareitssion se séparer honteueement, comme un fes^^i^ de^ quelque chose à qiloi on devrait tsair. Sttà Pierre renia Jésus^Christ; renier st foi, 9» baptême; imiter* la vertu pour le vice (l & RousB.) ; Zaïre ne petth plua rester an sénil «» renier son père , son honnaur et son Dieu O^x^

Les martyrs ont mieux aimé sonfinr Ii bv^ que de renoncer à leur religion h laqnell» ^ étaient attachés comme au plus grand des biev: mais tous les premiers chrétiens n'eureat pas ^ courage de les imiter : plusieurs renUrent^^ dans la crainte des tourments. Un père rcs^ son fils, malgré la plus tendre aflection, (f^ pour lui une chose douloureuse; an fib '<^ son père par lâcheté ou par intérêt, c'est df* part, une infamie.

Le caractère propre d'a!»;urer est double : ^ verbe marque une action brusque, violente, 9< ne respecte ou ne ménage rien, et, d'un w^ côté , il se prend le plus souvent en bonne ^ On abjure d'une manière décidée, c'estf^ publiquement, solennellement, ou en i^«^ loin de soi, en foulant aux pieds; «*^9"5 ahjure peut être quelque chose de maiïW*» ^

STNONVMES k BADICAUX DIVERS.

erreurs , des* maximes <féteslalJlW, d'ff Mes imonrs , des hérésies;

Une femme , qxioî qu'il lai en coûte , renonce au noonde, pour être toute à ses enHints ou à Dieu ; par le baptême* nous abjurom le monde* et ses* pompes , hautement , avec serment , par un acte public, OU' bien en général abjurer le monde, c'est s'en détacher en le réprouvant avec fbrce et dédain, c A la naissance de Tfiglise, on quittait, on renonçait , on abjurait le monde. » Fasc. Renonar au bon sens , c'est cesser d'user d'une si< excellente chose; Vàbjurer^ c'est l'abandonne;ouvertement, sans crainte ni retenue.— D'ailleurs, à la différence de renitr et en opposition à renier^, abjurer peut exprimer une action louable; on« renie un passé honorable, on abjurt un passé qni> doit taire rougir : c On n'était reçu alors dans' rfiglise qu'après avoir abjwré sa vie passée. > Pasc. Qui rente sa religion apostasie; qui Tabj-ure ordinairement quitta l'erreur, se convertit.

BÉPOlfDllB, AÂPt^lQfJBR , RBPAUTIft. Dire quelque chose au discours de quelqu'un , parler après un autre et sur ce quHla dit.

Jl^ondre est un mot «très-usité; il ar la plus grande étendue de signification. On répond aux qfuestions des peraonnes qui s'inlbrment; aux demandes de celles qui attendent des grSces ou des services; aur interrogations des inattres et des* juges; aux Ifettres qu'on nous écrit; aux reproches qu'on nous adresse ; et aux difficultés qu'ou< nous propose touchant la conduite , les afraires> et les sentiments. Répliquer et repartir* par rapport à répondre expriment des espèces.

Pour ce qui concerne répUqner, c'est répondre à une réponse y reprendre la parole après celui qui a répondu, « Ma lettre était une réplique & sa réponse, » BfiAOïc. « Je viens de voir la réponse de votre apologiste à ma treizième lettre. Mais s'i ae répond pas mieux à celle-ci, il ne méritera pas de réplique. » Pasc. « La chancelière se miti de la partie : je répondis , ils répliquèrent. » X. J. oc La cour de Vienne envoie à Christiern lY des lettres monitoriales , et lui enjoint d'évacuer les terres du Sleswig. Le roi de Danemark répond' que jamais ce duché n'^a été un fief impérial. La Gour dé Vienne r^pîtquc que le royaume de Danemark lui-môme est un fief de l'empire.» Volt. <c Savez-vous , lui dit don Luis , que vous êtes couché depuis hier matin? Cela n'est pas possible , répondit Leandro. Eien n'est plus vrai , répliqua son ami. » Les. — Ensuite , répliquer est le fait d'un homme qui , non satisfait de ce qui a été répondu , entre en discussion , engage une lutte ; ce qui peut être , suivant les cas , un acte dindocilité, d'impertinenoe , ou un moyen légitime de combattre un adversaire. On réplique en raisonnant, en répondant par des raisons; aussi dit-on une preuve sans réplique. Qui réplique répond en raisonnant ou fait le raisonneur , au lieu de recevoir sans mot dire les réprimandes qu'on lui fait ou les ordres qu'on lui donne.

Retirez-vous, vous dis-je, et ne répliquez pas. (Roxano à AtaUde dans Éajoaet), Rac.

it ne répUquâ p,as i ce qu'un mottre ordonne.

fflbir.

Sur tous ces points doutent c'est ainsi qu'A (le .

directeur) prononce.

Alors, eroyant d'un ange entendre Im réporum^ 8a dévole a'incliue , et, calmant son esprit, A cet ordre d'en haut sans réplique souserit. "BosL,

^ Plus souvent encore, qui réplique répond en opposant des ndsons, des preuves, en défendant une cause par des arguments. «A cela Je n'ai pour toute réponse que deux paroles i vous dire , maie qui sent d'une aotoritè si vénérable, et en même* temps d'une décision si expresse, qu'elles oe 8ouflï«nt nulle répU<p$e, » Boobd. • M. le duc d'Orléans céda à la> fbrce de* mes raisons et de mes preuvëe^ ne put s'empdchec de demeiuer convaincu, et ae put me rien opposer par diverses r^liquet', sinon que«..« » 3. S. «De nurtlvai» moyens sont faciles à^détvuire^, et donnant prise à la réplique , ils laissent un grand avantage à un adversaire éloquent. » Mark. « Cette dernière raison est si forte ()ue- je n!yi oonnais point de réplique.,..* Lab. «Ce qui le-prounie stms-répUque, o'est que;...jv In. «DCicén)n.ne s'épar^e pas lul»-mtaie sur les prodaotioiis de ea première' jeuaesM.^.Ha*éiaitrp8s deees^homaiffs qui croient qu'bn n'a- rien à leur n^iN^uer, lorsqu'ils ont dit : J'ai' été applandi^ donc, j'avab raisen. » iSi t

Quant à- nportir, c'est r^owfre ptt u» trait, , par quelque chose qu'on feit porrtr, qu'on lance vivement et *adroitehient : lareptïrfîe, ^isine de la* riposte, est une sorte de répense moins sérieuse'que'larrMfgtie, et demandant moins de solidité que- dfr finesse et d'à^-pf oposi «-Hn vérité, vous êtes bien' fou pour le disciple d^un sage, lai dit Rodope en souriant. H répliqua le plus> sérieusement'dis monde^, ellereportifien badinml!*» Marh . Dans lès' disputes, dan» les controverses, dans les plaidoyers, on tépinque; mais o'est daâs la conversation , et presque toujours ea plaisantant qu'on fait des reparties, «« Tu verras que nous donnerons le ton à toutes les conversations, et qu'on admirera la vivaeité de notK esprit et le bonheur de nos reparties. » Montbsq. *rai connu un joaillier qui était un homme incomparable t>our faire de»^ reparties vives et; piquantes : cela partait comme un coup de pistolet* » Las. « Henri IT va paraître, dlt^n, à la Comédie ftaacaisB. JTe souhaite qu'il y paraisse avec beauoouip d'esprit, car il en avait ; il faisait de ces reparties que la postérité n*6ubliera jamais. » Volt. « Leur esprit toujours présent et pénétrant leur fournit sans cesse des pensées neuves, des saillies, des réponses heureuses; quelque- Ibroe et quelque finesse qu'on mette à ce qu'on peut leur dire ,^ ils étonnent par la promptitude de leurs repartieê^ et ne res^nt jamais couru » 9. J'. «L'4-propes de ses r^parfi'et toujours préeises^et spirituelles^» Lab. «Les oontes de m^ord Mavéebal étaient ordinairement une repaHie délicate et ingénieuse aux sottises qu'il entendait dire. C'était là sa ma- * nière de plaisanter. »D*Al. >

Il suffit- à la réponse y connue en général au discours, d'être claire; et, de plus, parce qu'elle se rapporte à quelque chose de dit antérieure ment, elledbit être juste. Mais, en conséquence de lenrr buts spéciaur, la r^it^edoit ètnr fbrte

DEUXIÈME PAIITIB:

et convaiocanU, la npofîU spirituelle et soudaine.

Par la r^poiue on Caiit saToir; par la réplique on réfute; par la repartie on brille, on montre de l'esprit.

REPRÉSENTATION, REMONTRANCE. Obserralions critiques adressées à quelqu'un sur ses actions ou sur sa conduite.

A la rigueur , les représentationt ont rapport à ce qu'on doit faire; ce sont des objections, des raisons contraires oabliées ou inconnues que nous rendons présentes A l'esprit : les remontrances portent sur ce qu'on a fait; ce sont des reproches par lesquels nous remonlroiif , nous remettons sous les yeux de quelqu'un sa conduite passée pour Ten faire rougir et repentir. Dei officiers font ponr détourner leur général d'une attaque les représentations les plus vives (S. S.). Le prophète Nathan fait à David des remontrances sur ses excès et sur ses crimes (Mass.).

Mais les deux mots ne sont pas toujours à une telle distance l'nn de l'autre. Bemontrance se prend le plus souvent, ainsi que représentation, pour ce qu'on dit à quelqu'un relativement à ce qu'il se propose de faire et afin de l'en dissuader.

Alors la repr^sentotton est une pure contradiction ou objection qui tend A Caire changer de dessein , avant que l'exécution soit commencée , au lieu que la remontrance , insépaxuble de l'idée deblAme, de répréhension et de plainte, a plutôt pour objet de faire cesser une entreprise commencée, de corriger un abus ou une habitttde vicieuse, en reprochant et en censurant ce qui a déjà été fait. Remontrances contre l'éuormité des impôts (S. S.) , contre la tyrannie des moines (Volt.), contre une manière de parler défectueuse (Mol.), CQUtre des désordres habituels (Mass. , Mal.).

Enfin, temonirancs s'emploie aussi quand il s'agit d'une action particulière A prévenir. Mais il garde toujours dans sa signification quelque chose de distinctif. La repr^senlatiof» est une considération , une raison qui vous éclaire ; c'es un conseil négatif, elle vous fait voir des difficultés , des inconvénients , des dangers. « Nonobstant les représentations du commerce de Cadix, le roi d'Espagne voulait accorder cette permission aux Anglais. » S. S. « Obéir sans opposer de difficultés , et sans faire de représenta Itofw. » Bouan. c Julie ayant ordonné de rejeter A l'eau tous les poissons , cette opération &e fit lentement, A contre-cœur, non sans quelques représentations. » J. J. « Si vous croyez être absolument sûr que la pièce réussira auprès de tout le monde, et ne déplaira A personne, mes raisons, mes représentations ne valent rien. » Volt. Mais la remontrance est une censure anticipée ; elle vous signale des torts , des erreurs , des fautes, des crimes A éviter ; elle tient plus de l'avertissement et de l'avis. Pilate a beau remontrer aux Juifs que Jésus-Christ est leur roi, et que d'attenter A sa vie , c'est pour eux le crime le pius énorme, ils n'écoutent ni ces remontrances tant de fois réitérées ni reproches intérieurs de la conscience (Bouan.). Pisistrate

s'empara de la tynimie malgré les remommcn de Selon (Fén.). Dans l'affaire des Arictenietdes Ardéates, les consuls remoiitrérenl au peuple qu'il allait se déshonorer pour toujours s'il s'adjugeait A lui-même le territoire contesté (Rou,.i. — Larepr^fentaiûm tend A vous empêcher d'agir inconsidérément ; et la remontranu^ d'au manière répréhensible et coupable. On ne peut ries représenter A qui est infaillible , ni rien reBM»trer A qui est impeccable.

D'autre part, la représentation a plutôt lie de rinférieur au supérieur : c'est, par exempit. la démarche d'un sujet qui avant d'obéir pRsente des explications pour obtenir dispense 6 délai. Les remontrances sont plutôt d'un maître qui parle avec autorité , force , insistance, o&a elles vont de l'inférieur au supérieur, elles dovent être pleines de respect et de soumissias. car elles annoncent qu'on commettra une £yiti. une injustice, une action mauvaise ou criénelle , si on y résiste.

A peine est-il besoin d'ajouter, comme cesséquence de tout ce qui précède , que remontraee enchérit sur représentation et qu'il doit ètress^ après plutôt qu'avant, parce qu'il exprime qsique chose de plus fort. « Découvrons i nos amt, avec autant de fermeté et de liberté que de cbrité et de douceur, leurs égarements. TiclutË de les redresser par nos représentations et w remontrances, » Bouan. « Qu'il soit permis is magistrats ordinaires de faire des représeviaHim et des remontranus, > Coro. < Le duc d'Orléas m'ouvrit carrière A lui repr^enler, pour k pas dire reprocher, ses méfaits A notre égar» (A l'égard des ducs).... U m'allégua pour dersie: retranchement la noblesse qu'il ne voulait p^ soulever. Je lui remontrât , aveo une indignats que je ne pus contraindre , que c'était lui-Dé& qui l'avait soulevée. > S. S. — « Des instituteon respectables et indulgents ramenaient les jeafic pythagoriciens par des corrections douces, <2i< avaient plus l'air de la repr^enlalton que ài reproche. » Bartb. Ce sont des remontra^» c'est-à-dire des reproches, que le maître d'éesle de Lafontaine adresse A l'enfant qui se noie: Dans ce récit je prétends faire voir D'un certain sot la remontrance vaine..^

RiPUTATION, CONSIDÉR ATiaN ; — NOM, 1^ NOM , RENOMMÉE , CÉLÉBRITÉ. Place qtt'oo 3 dans l'opinion des hommes. « Vous, vous ê:^ M. de Voltaire, nom qui renferme tous lesgeait^ de bonheur, réputation^ considération, ceZebritr.'

DODBFF. .

Réputation est le terme général, le plus commun de tous et le plus faible. Il est si bien in^ terminé , qu'on y ajoute souvent d'autres no^' qui le déterminent : réputation de vertu , de cusanthropie, de savoir, de talent U-n'exprime ri^ de brillant, rien de grand, A quoi chacune-' puisse prétendre et parvenir. Il a d'ailleurs cea de spécial et de distinctif, qu'il marque pi» particulièrement l'idée que les autres ont àt nous sous le point de vue moral ou quant à .: probité.

La considération est une haute répuUtm.

une réputation distinguée, qui ttaé cosn^

SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.

le, qui fait qu*on est regardé, compté, tenu our beaucoup* qu'on impose. Elle peut provenir es qualités , du mérite , il y a une considéror ton personnelle; mais elle dépend plutdt encore e rétat, du rang, des richesses, du pouvoir 'obliger et de nuire. « Il ne faut pas confondre I coruidéntion avec la réputation : celle-ti est rincipalement le fruit des talents ou du savoir ; Bile- là est attachée au rang, à la place, aux iehesses , ou en général au besoin qu'on a de sux à qui on raccorde. » D'Al. * On voit dans entrée triomphante de Jésus-Christ à Jérusalem n homme , qui paraissait le dernier de tous les ommes en oomidératùm et en puissance, receoir de tout le peuple les plus grands honneurs.» oss. «c Après la mort de Charles I", l'Angleterre erdit sa considération avec son bonheur; les tttres nations la crurent ensevelie sous ses aines jusqu'au temps où elle devint tout à coup lus formidable sous la domination de Cromrell. • Volt. « Persée voyait avec une peine ifinie que la eomidératian de son frère Démérius dans la Macédoine et sou crédit chez les lomains augmentaient de jour en jour. » Roll. Lorsque dans la monarchie la profession lucraive des traitants parvient encore à être une proîssion honorée , un dégoût saisit tous les autres tats , l'honneur y perd toute sa comidération, » [qktbsq. c Le mépris des richesses était dans )s philosophes un chemin détourné pour aller à i considération qu'ils ne pouvaient avoir par les iehesses. » Labocb. « Helvétius avait une Tande fortune, une place à la cour, une considération personnelle et méritée. » Lab. — D'un utre c6té, considération est de tous ces mots ) seul relatif à ce que Topinion que les autres at de nous nous attire de leur part. On dit des imoignages de considération (J. J.) , c'est-à-^ire, es égards, des attentions, des respects. On se lit une réputation , on obtient de liS considéra on. m A cinquante-cinq ans la fortune est éta- Lie, l&réputafion faite, la considération obtene. » BuFF.

La réptUation et la considération sont d'onfiaire bornées, elles ne s'étendent pas au delà du ercle des personnes qui nous entourent. En cela, Iles diffèrent profondément du nom, du renom , e la renommée et de la célébrité^ par lesquels Q est connu au loin dans l'espace ou dans le împs , par lesquels on fait du bruit, on a de la ogue ou de l'éclat. Chacun de ces mots désigne ne grande réputation, une réputation répandue ans le nionde, qui fait qu'on est dvis toutes îs bouches : volito per ora virûm.

Le renom est le redoublement du nom^ il renhérit sur le nom^ il désigne non pas seulement ne grande, mais une très-grande réputation. luant à la renommée , elle n'est autre chose que i renom considéré d'une manière concrète : le fnom se mesure par le bruit ou par l'étendue u'il remplit, la renommée par les choses, le )iQbre des choses qui en font le sujet. Un >mcne de renom; attaquer la renommée d'un '^Cue. Pour plus ample distinction de ces trois oXs., voy. I" partie, p. 111 et 199.

^ célébrité (latin celebritas) est une grande

réputation d'une certaine espèce, celle qui s'acquiert par les talents de l'esprit, et donne une place dans la mémoire et dans l'estime des gens instruits: la céléMté littéraire (J. J., d'Al.), d'un ouvrage d'esprit (Volt.), d'un écrivain (VotT., J. J., Lah.), d'un poète (Cono.), d'un philosophe (In.), d'un savant (Montbsq.). c La célébrité des deux avocats, Cicéron, accusateur, et Hortensius, défenseur de Verres, me parait digne de curiosité. » Roll. < VArt poétique mit le comble à la célébrité de Boileau et à l'autorité qu'il avait dans les lettres. » Harm. « Helvétius avait une vaine et malheureuse ambition de célébrité. » Lah. Ou bien la célébrité est simplement une grande réputation dans les livres, dans l'histoire, celle qui fait vivre chez la postérité. « Les caljioliques d'Irlande égorgèrent presque tous les protestants de leur fie en 1641 ; ce massacre n'a pas dans l'histoire des crimes la même célébrité que la SaintrBarthélemy. » Volt. « Le règne de Sixte-Quint a plus de célébrité que celui de Grégoire XIII. » In.

RÉSERVE, RETENUE ; — DiCBNGE, MODES- TIE, PDMBUR. Disposition à se contenir dans de certaines bornes.

La réserve et la retenue sont des principes d'action généraux, des qualités négatives, qui consistent à ne pas se donner trop de liberté, à s'abstenir, dans certains cas, de parier ou d'agir. Ainsi Yéconomie est réserve ou retenue dans remploi de ses biens; la sobriété, réserve ou retenue dans l'usage des aliments; la discrétion, réserve ou retenue à Tégard des autres, etc. Mais 1% décence , la modestie et la pudeur sont plus particulières : ce sont des espèces par rapport à la réserve et à la- retenue. La réserve et la retenue nous empêchent de faire quoi que ce soit; la décence ^ la modestie et la pudeur nous empêchent chacune de faire une certaine sorte d'actions.

Ensuite , avec de la réserve , on se préserve, on se tient sur ses gardes , on est circonspect ; avec de la retenue, on se gouverne, on réprime ses mouvements , on est xnaltre de soi (voy. Discrétion, réserve, retenue, p. 529). C'est-à-dire que la réserve et la retenue sont des conditions du bien , mais non pas quelque chose d'essentiellement bon. Au contraire , la décence ^ la modestie et la pudeur sont proprement des vertus , et non pas de simples qualités. On ne dit pas blesser la réserve et la retenue, comme on dit blesser la décence, la modestie et la pudeur; on ne dit pas non plus passer les bornes de la réserve et de la retenue, comme on dit passer les bornes de la dé* cence , de la modestie , de la pudeur. La réserve et la retenue peuvent être employées à dissimuler^ par exemple: mais la décence, la modestie et la pudeur sont toujours recommandables.

Décence , modestie , pudeur. Vertus qui demandent de la réserve ou de la retenue , qui consistent dans une sorte de réserve ou de retenue.

La décence nous empêche de violer les lois de la bienséance : c'est une réserve ou une retenue en ce qui concerne les convenances sociales. La fiiode«(te nous empêche de nous trop faire valoir: c'est une réserve ou une retenue en ce qui con-

DBUXlftMB PJÎRTIS

cerne l'opinion qne nom ttvonv et ^e non» vonioDS donner de nous aux antresi La pudeur TtcniB empêche d'offenser les mœnrs : c^est une réienre ou une retMiue en ce qui ooneefne* l'honnêteté.

Décence implique* Tîdée de société : la décence regarde le maintien, et, avec de \k décence ^ on observe le décorum, on se montre-en pnUic bien, comme il fiaut, avec dignité. JÊoiettie implique l'idée d'humilité : la modeste porte* à se ftdre petit, à s'effacer par rapport aux autres, et, avec de la modestie , on est sûr de plaire*, parce qu'on ne blesse aucun amour-propre. PudMtr implique l'idée d'une extrême délicatesse-, d'une crainte candide relativement à tont ce- qui' peut^ altérer la pureté de Tâme , et , avec de la pudeur, on rougit île tout, même d'être vu. ^

Sans décence , on est ou on agit (Flme sanière malséante on messéante; sans modestie , en est vain; et sans pudeur, effronté.

La différence n'est pas aussi marquée entre ces mots, lorsqu'ils se disent tous les trois dans le sens- plus particulièrement propre à jmdhcr, c'est-à-dire en pariant du soin que les hommes et surtout les femmes doivent avoir d'être- on de rester chastes , de respecter l'honnêteté.

Alors b décence regarde là manière dont' on se montre en public ; la modestie, là manière dont on parle ou dont on agit ; et la pudeur, Ibs sentiments qu'on a dans Tâme. On dit un habit indécent; des discours , des regards , des actions m» modestes; des désirs itnpiidtques. Une femme a de la décence, quand elle a- un extérieur, une mise, une tenue, un habillement- conveoables, qjtiand elle ne fait rien dont le monde puisse- se scandaliser. Elle a de la modestie, quand elle n'est pas trop libre , quand elle est modérée {modeste et modéré ont la même racine , modus, mesure) dans ses discours, son ton, ses gestes, ses mouvements, ses œillades. Elle a de la pudeur, quand elle est pénétrée d'un sentiment d'aversion pour tout ce qui peut effleurer son honneur, quand son innocence s'effraye de tout' et fuit jusqu'à l'ombre du mal.

La décence est une modestie sociale , pour le monde ou le public. % Louis XIV fut toujours décent en public. » Volt. « Notre régularité n'est qu'une décence que nous donnons au monde. » Mass. Polixène en tombant sur la scène observe la. décence (J. J.). La modestie est une manière de parler ou d'agir conforme à la pudeur ; là pu^ deur est le fond, le sentiment, l'amour naturel de ce qui est pur , chaste , honnête. « Une femme à pied dans un pareil équipage n'est pas trop en sûreté contre les insultes de la populace. Ces insultes sont le cri de la pudeur révoltée, et la brutalité du peuple , plus honnête que la bienséance des gens polis , retient peut-être ici cent mille femmes dans les bornes de la modestie. » 7. J.

RESPECT, TÉNÉRATION, RéVÉRENCB. (HOM^ VAGE). Ces mots désignent une sorte de culte, les égards qu'on a pour une personnne au-dessous de laquelle on se trouve placé et devant laquelle on se prosterne en esprit.

Respect est le mot commun , vénération signi-

fie nn gfSBi retpeet « Ces nincte db Jéf» Christ dysfatent lui attirer le respect «t beMiaflûn , qoe' dia-jef £àdoration mésM etls culte <ii toute la turc. »Boord« « Quand jeToisdBipr sonnefli de^piélé en qni je crois reeoimiitre dei élus-, j'ènlne^eix «ne véméraïUnn qui metnosittà respect, » I^flc. • Le premier eflht di ramoar^ c'est d'inspirsFttn grand nepeet; en a de li# némtkm pour c» que l'on aime» »Id. Oa là nspeet peup' le génie , d» la vMMrtiat pcarli vertui c'O' qui- m» chamaît le^ plttss e'MaitI reepeei de'l%nvenaiyies pour le génie de^ taire, et III tmdln'vénétei^im dé ?oltaiie povk vertn dë^Ytarrenarguev. » Vaim.. IT f a dmli vénéraHan quelque (dtesv d» religieur , ffeA p» prement* ou souvent* unr reepeei pourte^diaB saintes oir sacrées, c- £a eonsidération qoe les b dieny ont peur 1er boeafii à bosse est si gfoÉ. qu'ellb fl^ iiH& généré en supencition, deroHrtsB de ravenglë rsspsel'.* de^l'otijet de levr «M» fton ilà ont fhi% noe idofo. »BiirF. *0d pott! au nom db citoyen' ronEain un retpeet^jM une vént^ntion i^^wuse; » Lab. « Insfrinx ■ fidèles tout le*reipral et Idole la' etfMrelm» cessairer pour- honorer' cet' auguste* sBoranait' BovsD. — D'un autre oftlé', nepeetf se isp^e* plus à Peztérienr, aux dèmonstratioiB, et f*^ roHon, &* l'intérieur, au- sentiment; ma» ploie-t-OQ'biini respect, mais non vénérsH»^* pluriel pour erprtuer diss* téknoigniges « <b marques de ce- que ces mots sopposeetqn fia éprouve. « BstMm idolâtre en fiiisant psisib*?' quelque posture- db rejpeef le sentiment de «>> ration vnthBeni sainte qa'on a dans l'to^*'

BOSB.

Révérence encBéHt aussi* swrreipe^ et ^ ble davantage LvéhénUion K « jUsister m e» fice en toutes les manières qui peuvent m» •* spirer Ib resped' et Vbl révérence due i D»»-' BouRD. « n'y » de» formules de respect «^ii^ ramènes que nous- prescrit *■ Pégard du ufi** souvenir des- vertus de ses pères. » Ktfni* ♦La révérence n'est pourtant pas identiq»*^ oi^h^raftoir : c'est* un- grand' respect vM ^

I. Uh MoWsyBUByme^dg retpmt^ ffL de ftnt»^ pué»* épde,. o^esl kenrnm^ : od dit pneqoe io«» rammoni offrir, àiqnelqu/un, i une dame, ^ ^^ ^s OU' ses- respùcu, Vhommag^ cependanU ^^^ juaU disUnctioa de Gondillac, est folonUire etse» i la personne,, parce qu'elle a dn mériiCf oe. c'est une femme , de la beauté ; le rfspeet eU «^ et se mit à' l'état ou à la naissuiee. On eH OJJW* porter ses hommmgm où l'on réel, mai» <>>> ll^!! libre 4e reltiser ses rwspecte. La politene b»" hommagms de» allentions^ l'hoBnéieié nsi »T pect^ dasdevoirs. D'aiUeunrAa«iiiM«»coBsiiie<^ plu» dans rexiérieur, la montre, li n»»'^f*!*^' la preuve, c'est que le mot hommage B'einpl«K|j souvent et plus volontiers an pluriel, '^'^^l^ prend quelquefois pour xme chose offerte ofl^^ c'est qu'on ne dit pas un santimtDt d'tagr comme on dit un senlinaenl de resfttt. ''J'^ pompeux, solennels, écklants 0^')'*rL^ sont plus jaloux de s'alUrer des A<mmm^ ^ gagner des cœurs. » I». a Je voudni* <!?* '^ zj. tanls des quatre lunes de Jupiter lui fC^^^lL^ que sorte d'hommage^ et ne regirdiiienl » f^ planète qu'avec reritect, * Four.

SYNONYIES K RADICAVX IHYERS.

dsa

fii'ntv, roivant I9 seD9 du larttn fevervfî', ap» réhender, redouter; au lieu que la vénéraHon st un grand respect joint à raffsction, à une orte (Pépanchement incompatible arec la crainte, la révérence est réservée , timide. « Le jeune lOmme qui serait méprisé si, devant tel autre que son père , il paraissait obséquieux , humble et craintif, est cité pour modèle lorsqu'il fait remarquer dans ramour filiid cette n^^rsncr timide. > Mahu. S'abstenir de prendre le bien d'autrui par la révérence des lois (Labr.)* * ^® prêtre touche le pain vivifiant Avec grande r^Wrenée et tremblement. » Boss. • Même sous les figures de Tancienne loi, il faudrait toujours assister aux sacrifices avec crainte et avec tremblement.... Aussi voyez avec quelle r^érenee Dieu roulait que les Juif^ entrassent dans le sanctuaire, a BouBD. —> Mais la vénération est tendre. € Le duc de Bourgogne était pénétré pour Fénelon, son maître, de la vénération la plus tendte. s D^Al. « Je ne vois jamais sans attendrissement et vénération ces groupes de bons vieillards (les Invalides). » J. J. c Nous allons quelquefois jusqu'à sentir de la vénération, de l'amitié pour routeur d'un cbef*d*œuyre d^art, et, s'il était là, nous Tembrasserions. » Volt.

Une antre difi%rence , aussi importante tout au moins, se tire de l'objectivité û» révérence.

La e^n^attoA s'attribue toujours aux personnes, et elle marque la manière dont elles sont disposées ou dont elles agissent : la révérence s'attribue bien aux choses, et elle indique ce qui leur est dû , la manière dont on doit être disposé* ou dont on doit agir à- leur égard. Une personne pieuse se comporte à l'église avec vénération et confbrmément à la révérence du lieu saint. « Le duc de Montausier assistait tous les joursau saint sacrifice ; et son attention et sa modestie imprimaient le respect aux âmes les moins touchées de la rétérence du lieu et de la sainteté du culte. » Pi.éGH. « H. Jurieu ébranle ainsi avec la révé^ ^ence des premiers conciles les fondements de la bi. 3» Boss. « C'était une manière honnête d'exprimer une condition sans blesser la r^^ence L'une si grande assemblée (un synode national). » D. « Les spectacles et les jeux publics, où la ré^ rérence de l'ordre sacerdotal est ravalée, s In.

RASSEMBLANT, SEMBLABLE. Qui est presque 9 nième qu'une autre chose; qui s'y rapporte; ni a des qualités identiques ou pareilles.

Les deux mots ont la même racine, sembler, u latin similis y semblable. Mais rMiembkmt est roprement un participe, le participe du verbe essenibler , et semblable est un adjectif ; d'où il ait qu'ils expriment , resteniblant ime quatité e fait, contingente, visible, de forme, et semlabîe une qualité de fond, de nature, essenelle , métaphysique. Deux choses ressemblojntès Qt le même air, les mêknes traits, les mêmes pparences : des enfants ressemblants à leurs ères (RoLL.); un portrait ressemblant (Acad.); oe plante ressef^b^ante au ginseng des Chinois :ott au Canada (Volt.); les Chinois élèvent pour combat certains petits oiseaux ressemblcMls à ?s cailles ou à des linottes (Buff.). Des choses mblahles ont de nuitueis rapports sous quelque

point d» Tue que- ce »oit, et, par exemple , squs. le point de rue intârieur, intellectuel ou- abstrait: on dit die» eaa, des raisonaenients wmbMict, et non pa» mMmManif . AdiUle n'eet pas restenv. blam à un lion,, n'étant pas fUt oonmae lui; mais il est smMable à un lion, c'estÀ*dire animé comme un lion. Les hommes sont les sewhlablu les uns dm autres , ou sont siefMaJbUs lesAins aux autres; mais on dira bien, en n'ayant égard qu'à la figure, que de tous les animaux le singe est le plus reuemhlant à l'homme.

Secondement et en conséquence , ressemhlaM

dit moins que semblable : il exprhne quelque

chose de superficiel et d*appfrocbant seulement^

en un mot une simple ressemblance , et non une

similitude ou une contbrmité. « Rapin aurait dû

savoir qu'imiter ce n'est pas faire une chose Mm»

bfoUe, mais une chose ressemblante; que ce ne

serait pas la peine d'aller au> théâtre pons ne

voir que la oopie exacte de ce que Ton voit

jdans le monde. ■ Varm. • Le prince de Gonti,

renemblant an grand Condé par l'esprit et le

courage-.... » Tolt. L'anieur n'a pas osé <fiie

semblable. «- La nature produit des pierres un

; peu ressemblantee à des langues^ » Volt. «. Yoiià

! deux mariages assez^iieMsmdlaiiti^-^ peu près.»

iLsSi

BÈTABBIR, BÉPAIISR, RBSlfiMIRBB;. {'KELUr VER, RBUKTTRE, KikAIfiNBR, RâUAB&nER).

Rendre ou foire revenir à l'état primitif..

On rétablit ce qui est abattu, miné ou détruit; on répare oe qui est. endommagé. L'action de rétabUr a pour effet de remattrs^ sur pied ou d^ , bout . et par extension de faire renaître ce qui est aboli, supprimé ou tombé en désuétude; l'ac- ,tioa de répatrery comme celle de raccommoder 'ou, de Eiyuster, a pour effet de pourvoir à des léchées, à des déchets, à des pr^udices, à des pertes. Le rétablissement est une reddition, un renouvellement d'existence; la réparation, un travail de réforme : on rétablit une ancienne routa depuis longtemps abandonnée; on répare une route défoncée. Rétablir exprime simplement le retour au premier état; réparer ne l'exprime que par l'intermédiaire de l'idée d'un remède apporté à un mal , d'une détérioration corrigée. On rétablit une muraille qu'on rebâtit; on y répare une brèche. On rétablit le combat en réparant le désordre causé par quelques fuyards. On rétablit sa fortune en réparant ses pertes on ses malheurs. Yovlb. rétablisses l'honneur d'une personne en réparant le tort que tous lui^ avez fait par vos médisances. Rétablis dans leur terre après la captivité , les Juifs s'appliquèrent à réparer les chemins , les fbrtiflcations , et en général tout ce qui avait été altéré ou gâté pendant leur longue absence.

ResiOMner ressemble fort à réparer : il suppose aussi un mal ou un dommage éprouvé, un dépérissement auquel il s'agit de subvenir. Mais , au lieu qu'on répare une chose en remplaçant les parties qui en ont été enlevées , ou en remettant en ordre celles qu'elle a , on restaure une chose ea lui. faisant recouvrer ce qui lui a été dté de force, de vigueur, d'éclat, de prospérité. On répare une toiture f on rettanure l'estomaQ.. Un

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