DEUXIÈME PARTIE
de Salomon du nord. » Volt. « J'ai pris mon pU. ' >- Eh l Tieux fou , prends-en un autre , rabote tes vers , si tu en ss fait , et ton Rumeur, si tu en as. > ID, Et quant à la nature des ckoses qu'on raboté^ elles sont, suirant l'analogie, minces et de peu de valeur en comparaison de celles qu'on limé ou qu'on polit. « Ces prétendus maîtres de littérature , abondamment pounrus de roideur et de sécheresse , achèvent, à force de rabot ^ qu'on nous passe cette expression moins noble et plus propre ici que celle de lime, d'ôter à leurs minces productions le peu de substance que le hasard pouvait y avoir mis ou laissé. » D'Al.
RICHESSE, — ABONDANCE. AISANCE, OPU- LENCE. (RICHE, AlSÊ, OPULENT.) Ces niots signifient le contraire de la pauvreté, donnent l'idée de quelqu'un que sa fortune met hors de besoin.
Richesse s'emploie d'ordinaire au pluriel pour marquer la matière du bien- être , c'est-è-dire les biens dont la possession assure notre existence. Mais abondance , aisance et opulence expriment par leur terminaison commune un état, et tous les trois ne se disent qu'au singulier. On acquiert, on amasse des richesses; on est, on vit dans Vahondance^ dans Vaisanee^ dans Vopulence. Les richesses sont les moyens, les ressources qu'on a à sa disposition; Vabondanee, Vaisanee et l'opulence sont une situation avantageuse, résultant de la possession et de l'emploi de ces moyens et de ces ressources. Avec de la richesse ou des richesses on a de quoi pourvoir à ses nécessités, de quoi vivre dans Vabondancê, dans Vaisanee , dans l'opulence. « Nous ne les demandons , ces richesses , que pour être dans l'abondance. 9 BouRD. — La différence est si grande entre richesse, d'une part, abondance, aiionce et opulence, de l'autre, que la richesse n'est même pas toujours ce qui produit l'abondance, Vaisanee et l'opulence. « A Genève, l'atsance du plus grand nombre vient d'un travail assidu , d'économie et de modération , plutôt que d'une richesse positive » J. J. « La grandeur de l'empire romain fit la grandeur des fortunes particulières. Hais comme l'opulence est dans les moeurs , et non pas dans les richesses, celles des Romains, qui ne laissaient pas d'avoir des bornes, produisirent un luxe et des profusions qui n'en avaient point. » IIomtbsq. « A voir Vaisanee des particuliers, ce nombre prodigieux de maisons ogréable8,on croirait.... Tout cala est le fruit d'un travail ingénieux encore plus que de la nchesse, » Volt.
ut MARQinS.
Je suis Mc, abîmé, ruiné-, mais, païUeu, J'ai deux bons appuis.
cuLoir, Qaels?
Ll KAAQtnS.
Les femmes et le Jeu.
Depuis que Je suis gueux Je vis dans Vahondance.
But.
ÀbonàAnce, aisance^ opulence.
Abondance représente l'état d'un homme qui a
de tout en abondance , qui en regorge ; et cela
emporte deux idées accessoires , savoir : 1<* que
ies richesses qui amènent cet état sont de celles
qui abondent , qui proviennent de VahwdeM da sol, c'est-à-dfre que ce sont des biens de h terre ; f que ce sont des biens doot on jouit largement, et 'qui peuvent amollir. — 1* L'obosdonce résulte de l'afOuence des biens de champs. Année d'abondance (Acad.). « La tem ne se lasse jamais de répandre ses biens sur ceu qui la cultivent ; plus il y a dlionuttes dans sa pays, pourvu qu'ils soient laborieox, plosili jouissent de l'abondance. > FéH. < Ensuite ïator me faisait remarquer la jote et rabondos répandue dans toute la campagne d'Ëgs^te. » ID. « Polonais, laissez-moi tout cet argent si autres, ou contentez-vous de celui qu'il bsin bien qu'ils vous donnent , puisqu'ils ont pis besoin de vos blés que vous de leur or. II uS mieux vivre dans Vàbondanee que dans Toft^ lenee. » J. J. ~ 2* L'abondance produit on rustsiement , une plénitude de saûsâiction , qui ^ nère assez souvent en luxe, c Idoménée 1: répondit : Mais quand les peuples seront m dans la paix et dans l'abondance, les délices â corrompront. » Fé». « A Sybaris, on abuse de k fertilité du terroir, qui y produit une ehtmés» étemelle; et les faveurs des dieux sur Sjbn ne servent qu'à encourager le luxe et U osilesse. * MoNTBSQ. < Uolse préféra les souffroos et l'ignominie qu'il fellait subir avec son pespk aux délices et à Vahondanee de la maison di n d'Egypte. » Boss. On dit les dangers (Miss.),i5 crimes 9D.),Jes attraits (Roll.) de YaJxttée^ La mollesse est inséparable de rabosdstf (Mass.); les Uèdes étaient ramollis par iar abondance (Boss.). Vàbondanee, ennemie à travail, corrompt les esprits et amollit lèse» rages par le luxe, par l'orgueil, par l'oisn»
(ID.)
L'dùance et Vopulenee ne se distinguent bI^ la nature, ni par l'effet des richesses dost éa supposent la possession, mais parleur pliu* moins de grandeur. Dans l'aifanoe, on estil'i^. rien de plus; on possède un avoir suffisu^*^ état de fortune tel, qu'on peut se procsreriB commodités de la vie. On dit une bonnétersanee (J. J.). Vaisanee convient aux cosdii^ les plus médiocres.
J*ai dans ma ferme acquis beaucoup à'aUiu*. (M atburio, fermier, dans le Droit i»
seigmemt), ^W'
« Le tibelliste demande comment l'Anglet^ a eu un tien de plus de citoyens depas'd reine Elisabeth ? G*est parce que la popatatksi été encouragée par l'atiance. » lo. «pnestptfvenu enfin à ne plus mettre le luxeqaeduii' goût et la commodité. La foule de pages et^ domestiques de livrée a disparu , pour w^ plus d'aisance dans l'intérieur des maisons. > 1^ c Le peuple même trouvait, dans les oceapat^^ utiles qui se succédaient sans l'accabler, raùf"f et la paix. » Fén. « U loi qui défend l'osige<K l'eau salée est une loi de proscription contre ïesance de l'homme et la santé des vân»^-*^ Burr. — Il faut, au contraire, pour ttit «f Vopulence, une grande et brillante fortune. <^ préfère ma patrie, la pauvre petite lie àlM»aux cent villes de Crète, à la gloire ctil^»-
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
lence de ce beau royaume. > Fân. « Imitez les grands qui sont nés dans le sein de Vopulence; ils rient quelquefois. » Labr. « Grassus balançait le crédit de Pompée par une opulence énorme. » BoLL. « J'ai toujours tu du même œil l'opulence et la misère. » J. J. « On dit tout haut dans le monde que ces équipages pompeux , ces édifices superbes , cette ojmUnee domestique est le bien de la ?euTe et de Torphelin. > Mass. « Ce mépris injuste des autres hommes naît dans le sein de Yopulenee , qui ne mesure le mérite que par la grandeur des richesses^ et estime les hommes, non par ce qu'ils sont , mais par ce qu'ils possèdent. » D'Ao. c Venise était redoutable par son opulence; elle avait acquis de grandes ricKegses dans les croisades, s Volt.
Mes richesses des rois épient VopuUnee,
(Aman dans Esiher), Rac.
Entre les adjectifs riche, aisé et opulent la seule différence remarquable consiste en ce que riche tient le milieu entre aisé et opulent, qui expriment qu'on possède , l'un ce qu'il y a de plus modeste, Tautre ce qu'il y a de plus considérable en fait de belle fortune. « Chez eux chacun a le nécessaire ; un grand nombre yit dans Vaisanee; peu sont riches; personne n'est opulent. » Cown.
ROI , PBINCE , EMPEREUR ; — MONARQUE , POTENTAT. Chef d'un Etat; qui gouverne un Eut.
JUn , prince et empereur sont des titres de souveraineté rigoureusement distingués par l'usage, et dont la confusion prouverait l'ignorance politique la plus grossière. Le roi est plus que le prtnce et moins que l'empereur. — Le rot est à la tête d'un royaume; le prince^ k la tôte d'une principauté; or, le royaume* l'emporte évidemment et de beaucoup sur la principauté, qui n'est qu'une province ou un canton. « C'est par r imagination et la mémoire que les enfants partent aux roiff et aux plus grands prtneet . « Labr.
L'intérêt de TÉtat est de n'avoir qu'un roi, Qai, d'an ordre constant gouvernant ses provinces, Accoutame à ses lois et le peuple et les princes.
Rac.
c Quand même quelque vieux manuscrit aurait ^ ^nser?é les noms de plusieurs seigneurs qui ont L «miné en Suède , qui nous a dit qu'ils étaient '^3i> , ou simplement princes de quelque contrée ) .srticulière ? » Vert. « Ce seigneur assyrien 'Sait prtnce d'un peuple nombreux et puissant. . ^ roi actuellement /égnant l'avait traité d'une [^uinière indigne. » Roll. — Et, d'autre part, :C3(re rot et empereur la différence est la même )« 'entre royaume et emptre (voy. p. 558) : le rot i un Etat moins vaste que Vempereur, ou il règne sur un seul peuple , et l'empereur sur pluâeurs. Les deux mots viennent du latin, rex, imperator , et leur signification actuelle est conforme à celle qu'ils ont eue chez les Romains , lont les possessions sous les rois étaient bien peites en comparaison de ce qu'elles furent sous es empereurs. Les rotf de France ont toujours commande à moins de sujets que l'empereur ^harlemagne. Autrefois l'Allemagne était une éunion d'Etats, dont les chefs, prtnce# sécu-
fTV. VRANÇ.
liers et ecclésiastiques, électeurs et rot>, composaient un corps ayant à sa tète nn empereur; plusieurs empereurt , qui avaient à ce titre autorité sur toute l'Allemagne, étaient en même temps rotf d'une certaine partie de cette contrée, témoin l'empereur Rodolphe II, qui était à la fois rot de Bohème et de Hongrie.
Jf onarçue et potentat ne sont pas des termes spéciaux d'une signification stricte, appartenant au langage particulier de la politique , mais des mots de la langue ordinaire , où ils représentent les rotf , les pn'neef ou les empereurs sous leur aspect le plus grand , le plus propre à imposer. Ils ont. beaucoup de pompe et ne conviennent guère qu'au style soutenu, c La loi de Jésus- Christ a humilié les monarques et les potentats * du siècle. « Bourd. « La religion humilie aux pieds des pauvres les monarques et les potentats, s Id. c Rois, monarques , potentats , sacrées majestés, vous ai-je nommés par tous vos superbes noms ? 9 Labb. « BasUide dit dans le discours familier : notre auguste héros, notre grand potentat , notre invincible monarque. » In.
Le monarque , du grec (ji6voc , seul , et ipx"^ « commander, régner, commande seul, est seul maître , jouit d'une autorité absolue , et d'ordinaire ce mot emporte l'idée d'un contraste avec un nombre considérable de sujets; le potentat y de potenf , puissant, a beaucoup de puissance.
Monarque donne du personnage une haute idée quant à son indépendance, à son autocratie, à l'éminence et à l'éclat de son rang , à sa majesté, à l'étendue de sa domination et de ses possessions. « Il ne faut pas entendre par ce nom de rot (appliqué à un chef des Romains dans les commencements) des monarquef tels que Cyrus et ses successeurs. Le chef d'un peuple de brigands ne peut Jamais être despotique. » Volt. a L'action du prince, occupé è faire du bien à ses peuples , me montre sa grandeur et son abondance : c'est le caractère de la royauté , c'est ce qui fait la majesté des monarques. » Boss. « La mort confond et réduit en poussière les plus superbes monarqtief comme les derniers de leurs sujets. B In.
Malgré tout son orgueil, ce monarque si fier....
Bac.
a Venez dans ma chambre ; je vous montrerai des trésors immenses et des richesses enviées des plus grands monarques. » Montssq. — Mais po-tentât désigne le personnage eu égard à ce qu'il peut , aux forces extraordinaires dont il dispose , comme une puissance. « Quelle comparaison entre le bon grand Henri IV et le petit Ulysse ou le fier Agamemnon , entre nos pofentaff et ces rotf de village dont toutes les forces réunies feraient à peine un détachement de nos armées? » BoFP. « Presque tous les potenfaff , ennemis les uns des autres, suspendirent leur querelle (1508) pour s'unir ensemble à Cambrai contre Venise. » Volt. « Comment ne pas sentir qu'il n'y a point de potentat en Europe assez supérieur aux au^ très pour en devenir le maître? Où prendrait un prince européen des forces inattendues pour accabler tous les autres?... Veut-on supposer à plaisir l'accord do deux ou trois po(entatf pour