DEUXIÈME PARTIE
cœur libéral, ofjieieuxy bieafatsant, touché du mérite; de Tindustrie pour obliger; de U délicatesse pour assaisonner un service de ce qui peut le rendre obligeant sans le faire valoir. » FtN. « Tous avez tu de quelle manière ohligearUe Yofficieux Bouret avait débuté avec moi. » Uarm.
Je vous suis bien tenu de ce soin obligeant.,.. C'est être officieux , et très-rort, ou je meure.
Mol.
— Parler de quelqu'un obligeammerU (Pasc., Labr.^ , c'est dans l'occasion en parler avec civilité.'Excuser quelqu'un oflicietueinent (Fén.), c'est prendre soin ou s'empresser de le justifier en ami zélé et affectueux. — Sous ce second rapport, comme sous le premief , officieux enchérit sur obligeant. « Votre père était fort obligeant ^ fort officieux. « Mol. « Soyez bon ami, Migeant^ officieux^ ouvert. »FéN. < Les Neufchâtelois sont obligeants , officieux , hospitaliers. » J. J.
On est terviable avec dévouement , envers un supérieur et pour de petits services, tels que ceux d'un serviteur envers son maître. On est obligeanlt^ quand on prend plaisir à accueillir des demandes , quand on est volontiers secourable ou bienfaisant dans l'occasion. On est officieux avec empressement et affection , quand on court au-devant des moindres désirs.
Ces trois mots peuvent ôtre pris en mauvaise part. Serviable indique alors des services bas, illicites, honteux; obligeant^ des marques trompeuses de bon vouloir ou d'intérêt; et officieux y un excès de soins, des empressements outrés, qui fatiguent , des obsessions, des flatteries, des louanges mensongères.
SERVICE, BIENFAIT, BON OFHCE, GBÀGE, FAVEUR, PLAISIR, AMITIÉ. Action qui a pour but et pour effet l'avantage ou l'agrément d'autrui.
Le serviu sert , est utile ; le bienfait vient d'un bienfaiteur j d'un supérieur , d'en haut; le bon office est une médiation ; la grdce et la faveur sont gratuites; plaisir et amitié sont dans cette acception des mots familiers qui désignent quelque chose de petit ou de peu considérable.
Le service sert , est utile* S^rmce est par conséquent le terme général, celui qui signifie le plus simplement l'idée commune. Il s'emploie pour exprimer tout ce qu'on fait de bon pour quelqu'un , afin de le tirer d'affaire ou d'embarras , tout ce qu'on lui procure de ressource , tout ce qu'on lui donne de soins , de conseils ou d'assistance dont il peut avoir besoin, c Si nos domestiques ostfient nous dire que tous les services qu'ils nous rendent sont pour eux d'un dégoût insoutenable. » Mass. « Thémistocle, proscrit par ses concitoyens , offrait à Artaxerce ses services contre les Grecs. » Boss. « Les services que d'Aguesseau rendit à l'État. » Lah. « Homme modeste et laborieux, qui rendit beaucoup de services au thé&tre Italien, dont il étatt souffleur. 9 Id. a Notre ennemi est jaloux des services que l'abbé Bazin a rendus aux lettres, à la religion et à la patrie. » Volt. Du reste, le service suppose dans celui qui le rend les dispositions d'un serviteur j c'est-à-dire du dévouement et dû zèle. <i Le sénat ne manquerait pas de reconnaître les
services et Fattachemant zélés d'AttalciRoiL On dit particulièrement bien les senicn de l'amitié (J. J.).
C'est fort mal d'un ami recevoir le temee. Vol.
Le bienfait vient d'un btenfatteur, d'un supéneor, d'en haut. C'est un acte de générosité , le don 01 l'œuvre de quelqu'un d'élevé, tel que Dieu, m roi, un grand, un protecteur, un père.Eacdi le bienfait se trouve avec le service dans nae grande opposition; car service se dit, non pu uniquement, mais principalement de Hofériflir au supérieur, le service étant généralement nul; par un serviteur, par un homme placé aa^essrj de celui qui le reçoit. « Entre les alliés des K> mains il y en avait qui leur étaient unis yar bs bienfaits.... Il n'y aTait point de servicet que la peuples et les rois ne fussent prêts de redt pour obtenir le titre de leur allié. * Uo5tp\. Les bienfaits du sénat romain envers Masiuss n'étaient que la juste récompense de; smtcr rendus à la république par le roi numide (HaiJ « Un homme en place ne saurait payer par tn: de pensions et de bienfaits les secours et lesirr vices qu'il retire des gens d'esprit.» Labi.cV: pouvant pas récompenser tous les vaillants t£mes dont on a besoin par des bienfaits réeUç^ égalent leurs «ervtcef , on a rendu cette qcii-i honorable, afin de les attirer au moins par t^ sorte de récompense qui ne leur manque jam» Nie. c Je me jetai aux genoux de don Alpbocseet , plus charmé de son bon cœur que de ses bienfait: Seigneur, lui dis-je, votre dooD'rf d'autant plus agréable , qu'il précède la coniul*sance d'un service que je vous ai rcndQ.»(GJl Blas). Les. Assuérus fait chercher, pourlecosbler de bienfaits, l'homme, c'est à-dire Mriîchée, qui lui a rendu un grand service ^'i révélation d'un complot (Rac). On dit les Hnfaits du ciel, les services du ciel serait d^ impropriété choquante; et, d'autre part,v: peut recevoir des services, mais non ^^ bienfaits d'un plus petit que soi. Au senict tA due une récompense ; c'est de la reconnasance ou de la gratitude que demande le ^ fait.
Le bon office est une médiation. C'est « f résulte de l'étymologie du mot : o/Jîct«m, d'o/^ cere (ob facere), agir devant, en se plaçant ectn, intervenir, s'interposer, s'employer pourqû*-* qu'un auprès d'un tiers. Les anges nous rerifi» de bons offices auprès de Dieu (Boss.). « S'e£^ mettre près d'un monarque et y rendre aux personnes que nous chérissons les offices d un bc .ami. » Boss. « Le» bons offices que Hœ<« Haintenon a rendus à M. de Beauvilliers. > r^ « Personne & la cour ne veut entamer, on s^jP d'appuyer : c'est une manière douce et poIi< « refuser son crédit , ses offices et sa médiatiocî qui en a besoin. > Labr. « L'empereur ioterpoft' surtout ses bons offices entre l'Espagne et j'iJ' gleterre.... Autrefois il avait employé sa ffiwfl tion entre l'Espagne et le Portugal. » ^"lî «Interposez vos bons o/)ices,pour me faire ioscH" au nombre des souscrivants. » J. /. « Q"**"^ 1^ bons offices , je vous en dispense.... Je iw <^ de n'accepter aucune affaire dont vous wftf
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
(lédiateur. » Id. « Ma pauTre Claudine (entreaetteuse) , il faut que je te récompense des bons fficet que Je sais que tu m'as rendus. » Hol. Sostrate, rendez cet office à ces princes, de avoir de ma fille yers qui des deux se^ senti > nents peuvent tourner. » In. « Lorsqu'on demanait aux Hollandais les royaumes de Naples et de icile pour dédommager Philippe Y , ils réponaîent seulement qu'ils emploieraient leurs hons ffices auprès de leurs alliés. » Coud.
La grdcé et la faveur sont gratuites, toutes pontanées ; elles partent du bon plaisir de celui ui les fait, il n'y était pas obligé, c'est plus ;ue justice. « La grâce divine se montre grâce en e qu'elle n'est attirée par aucuns mérites. » k>ss. « Les faveurs de Dieu , par la raison que ce ont des faveurs , ne nous sont pas dues , et ne iennent pas de notre fonds : nous ne pouvons es mériter; nous en sommes, comme pécheurs, tositivement indignes. » Bourd.
Hais la grâce se considère en elle-même ou elativement à celui qui la reçoit; la faveur, au :ontraire, se rapporte à celui' qui la fait. Bourlaloue dit en parlant des extases et des visions le sainte Geneviève : c Grâces singulières et aveurs divines qui ne produisirent en elle aucun esprit d'orgueil. » « C'est dans la vie pénitente [ue Dieu répand ses faveurs à pleines mains , et [ue rame , ne pouvant en soutenir la plénitude , lemande à son Seigneur qu'il suspende le torrent le ses grâces. » Mass. c Mazarin retranchait quare années de gages à toutes les cours supérieues , mais il les conservait au parlement, pensant e désarmer par cette faveur. Le parlement méirisa cette grâce. » Yolt.
Ensuite, la grâce n'étant pas relative à ceui qui la donne n'exprime rien de sa part si e n'est la puissance ; au lieu que la faveur , par 1. raison opposée , témoigne de la part de celui ui donne le sentiment avec lequel il donne, un oût ou un intérêt particulier , une inclination ersonnelle. Quand nous différons d'aller à Dieu, chaque jour diminue quelque chose à ses faeurs et à sa tendresse. » Mass. On peut accorder ne grâce même à son ennemi; on n'accorde des jveurs qu'à ceux qu'on aime. La grâce tire sur- Dut son prix de la nature même de la chose et e ses effets ; la faveur tire principalement le sien e la personne qui la fait et du sentiment qui la ji inspire.
Et ce Sentiment qui détermine la faveur n'est as précisément l'affection ou l'amour, mais la rédilection; car c'est encore une nuance de idée de faveur d'impliquer une préférence, ne acception de personne ; si bien que les faiurs de Dieu , par exemple , « sont des grâces ont Dieu nous favorise , en nous les donnant ou lus abondamment qu'aux autres ou même à exclusion des autres. » Bourd. Quand on vous ratifie, on vous rend heureux; quand on vous rort^e, vous êtes un favori, on vous distingue. 3 que nous envions dans la grâce , c'est la chose ême ; ce que nous envions dans la faveur, c'est préférence d'affection.
Plaisir et amitié sont familiers et annoncent lelque chose qui coûte peu et qui n'est pas
STi. raAHç.
d'un grand prix. Nous disons dans la conversation ordinaire : faites-moi le plaisir ou Vamitié de faire , de dire telle chose , d'aller en tel endroit. Et ce qui confirme le caractère attribué ici à ces mots , c'est qu'on dit très bien un petit plaisir, ime petite amitié. « Je fais de petits plaisirs k ces quatre jésuites, et ils me disent la messe quand je veux bien l'entendre. » Yolt. « En vous envoyant le Siècle de Louis XIY , ce n'est point du tout un petit plaisir que je veux vous faire, c'est un grand service que je vous demande. » Id. « Nous avons fait toute la journée des visites, Mme de Yins et moi; elle n'a plus Mme de Yillars ni vous ; je me trouve heureuse de pouvoir lui faire ces petits plaisirs. » SÉv. Et , d'autre part, la même Mme de Sévigné, écrivant à Bussy-Rabutin , lui dit : « Il faut que je vous fasse une petite aiMiH^ mon cher cousin.... »
Du reste , le plaisir diffère bien de VamUié t on ne fait â'amiiié qu'à un ami , qu'à une personne avec laquelle on est lié, et ce mot exprime plus de familiarité encore que celui de plaisir;on fait un plaiiir à tout homme qu'on oblige , fût-ce un étranger ou un inconnu; c'est souvent un terme dont on se sert par modestie pour atténuer un service qu'on a rendu soi-même.
SERVITEUR, — DOBIESTIQUB, VALET, LA- QUAIS. Homme qui est à la disposition d'un autre, et qui lui consacre son travail et ses soins.
Le serviteur fait l'action de servir; le dômes» tique , le valet et le laquais sont en service. Ser» iHteuf marque le fait, la conduite; domestique , valet et laquais expriment la condition. « Il me dit que , si je voulais le prendre pour mon valet , je pouvais compter sur le serment qu'il me fusait d'être le serviteur du monde le^ plus fidèle. » Les. Vous êtes le serviteur de toutes les personnes pour l'utilité ou l'agrément desquelles vous travaillez ou êtes prêt A travailler; on n'est le domestique, le valet ou le laquais d'une per» sonne qu'autant qu'on est & ses gages, a Nous ne lisons point qu# les parents de Jésus- Christ aiçnt jamais eu de domestiques, semblables aux pauvres gens dont les enfants^ sont les serviteurs. » Boss. Un voyageur a pour serviteurs les domestiques de l'hôtel oi!i il est descendu, a Enfermé dans le ch&teau d'Alméda , lé vice-roi n'a pour tous serviteurs que deux de ses domestiques, » Les. — Le serviteur n'étant point engagé, ce mot annonce une moins grande dépendance. « Les rois choisissent plus volontiers leurs ministres parmi les bourgeois que parmi les nobles. Ils savent que ceux-ci ne les serviront qu'en <erviteurs, tandis que ceux-là presque toujours les serviront en domestiques, v Corubnin. En général, comme il n'y a quâ les gens du peuple qui entrent en condition, serviteur est plus noble que domestique , et équivaut presque à ministre. c N'est-il pas juste que le Verbe de Dieu ayant pris la qualité de serviteur, que l'ayant ennoblie, l'ayant comme divinisée dans sa personne , elle soit honorée parmi nous? Dieu nous ordonne, à quelque degré de supériorité que nous ayons été élevés, de nous y regarder, et surtout de nous y