DEUXIÈME PARTIE
comporter comme des serviteurs et des mims- I très. » BouRD. « Il n'est pas honteux à l'homme I de servir Dieu; le titre de serviteur du Très-Haut est mille fois plus grand et plus réel que tous les titres vains et pompeux qui entourent le diadème des souverains. » Mass. « On compte en voyant Turenne les ennemis qu'il a vaincus, non pas les serviteurs qui le suivent. » Fléch. « Les oi* toyens que le roi paye se croient ses serviteurs. i> Gond. Les officiers de la couronne sont des serviteurs , et non des domestiques.
Domestique, valets laquais. Serviteurs à gages, servant un maître.
Le domestique est de la maison, domus. Le valet est attaché à tel ou tel genre de service, à telle ou telle personne : un valet de chambre, un valet de théâtre , un valet de charrue ; un valet de laboureur, de bourreau, de chiens, etc. Ensuite, soit parce que le mot valet , à la difTérence de domestique t a une origine vulgaire, soit parce que les va^ete ont un emploi particulier, et par conséquent restreint, de peu d'importance, valet se prend d'ordinaire en mauvaise part. Suivant la première édition du Dictionnaire de rAcadémie , le valet est un domestique qui sert dans les bas emplois. De valet on a fait valeter et valetaille , termes de méphs. «Achille dit qu'il aimerait mieux être sur la terre le valet du plus pauvre laboureur que le roi de tous les morts dans les enfers^ » Roll. « L'âne abandonné à la grossièreté du dernier des valets, 9 Buff. « La tête de Galba, défigurée par les valets et goujats, fut trouvée devant le tombeau de Patrode. » J. J. « Si c'eût été du moins un gentilhomme 1 mais un valet ^ un gueux.... » Volt. « Menteur comme un valet. > Laf. c II fallait être bien esclave , bien valet à tout faire, pour oser se charger d'une pareille insinuation. 9 S. S. c Les gens rustiques s'entretiennent de leurs affaires avec leurs domestiques, jusques â rendre compte à leurs moindres valets de ce qui aura été dit dans une assemblée publique. > Làbr. « Pour réussir il fallait n'avoir autour de soi que des domestiques intelligents et bien intentionnés ; un seul valet brutal ou flatteur eût suffi pour tout gâter. » J. J^ « Il est vrai que j'ai été domestique de M. de Montaigu, ambassadeur de France à Venise, et que j'ai mangé son pain, comme ses gentilshommes étaient ses domestiques et mangeaient son pain. Mais, bien qu'eux et moi fussions ses domestiques , il ne s'ensuit point que nous fussions ses valets. » In.
Le laquais est un domestique ou un valef qui est moins pour l'utilité que pour l'ostentation. C'est un homme de suite : il accompagne son maître dans ses courses ou ses visites, ordinairement monté derrière son carrosse et portant sa livrée. « Quand vous voudrez aller en visite ou à la promenade, il y aura toujours deux laqtutis et un carrosse à vos ordres. 9» Lbs. « Tous les domestiques de l'archevêque de Tolède , et même , tous ses laquais, cochers, postillons, étaient tous vêtus en ecclésiastiques. » S. S. « Il ne voulut que sa chaise de poste, un laquais derrière.» In. Lafontaine dit des savants :
Qu'ils ont pour tout laqwiu leur ombre seulement.
Ces carrosses sans eese à la porte plantés, £1 de tant de laquai» le bruyant anembla^ ! Font un éclai Câcheuz dans tout le Toifiiuge.
Mol.
LorsqiVun carrosse fait de sapeibe manièrs, Et comblé de laquais et devant et ûerhèFe, S'est avec un grand bruit devant nous arrtié.
«Voilà un laquais qui demande si vous êtes au logis , et dit que son maître vous veut Teaii voir. 9 Id. c Pourquoi croit-on que l'on chargt les carrosses de ce grand nombre de lagudù?» P. R. — Le laquais a pour fonction accesscii? celle d'échanson. « Les vieillards se souvenakat d'avoir vu Bachelier, laquais de M. de Laroch^ foucauld, leur donner à boire â sa table, en livrée. 9 S. S. « Pour commencer à m'acquitter di mes fonctions de laquais , je m'approchai d'iQ buffet sur lequel il y avait une bouteille de m de Portugal et une carafe d'eau; et, toutes Is fois que mon maître demandait à boire , je h portais son verre sur une soucoupe. > Le « Point d*importun laquais comptant nos iecceaux d'un œil avide , et s'amusant à nous ^r-. attendre à boire. » J. J.
SERVITUDE, ESCLAVAGE. £tat de soumiiàii:
absolue, de dépendance extrême, oùonnejoi:ii plus de sa liberté.
Le mot de servitude n'a pas la même forte os celui d'esclavage. L'un rappelle fert?tr et jmv teur^ l'autre esclave. La servitude restreint odlie liberté, V esclavage la détruit. La servitudtti une sorte d'esclavage; Yesclavage est la pbs dure des servitudes. Dans la servitude 00 a dd devoirs à remplir ; dans V esclavage on ne s'ippartient plus. « Le préceptorat n'est pa5 m condition pleine de douceur : c'est plutôt ix« servitude, y Ai élevé le fils d'un alcade de coor: j'ai passé huit années dans un esclavage pi35 mde que celui des chrétiens en Barbarie. > Les.
a Le titre d'allié des Romains était une ts:<^ de servitude. 9 Montesq. Chez les RomaJi». comme ailleurs, on n'était dans Veselarage^topromeut dit que lorsqu'on était tellemeot a pouvoir d'un maître, qu*on lui servait coflnue d'instrument, comme de chose, qu'on n'i^^ aucune existence civile, a A c6té de ïesclofajt civil on peut placer la servitude domestiqoe.' D'Al.
Le sens de servitude est affaibli au point (p'^^ le dit de l'état de simple domesticité : c La ^> vitude et l'honnêteté sont-elles si compatiitlo^ qu'on doive espérer de trouver des domestique^ honnêtes gens ? » J. J.
Esclavage enchérit donc évidemment suriffvitude: s'affranchir de la servitude et de l'atî^vage du monde (Bourd.), du corps (In.). ^^ caractère propre des peuples d'Asie était la fff^ tude et Vesclavage. » Roll.
Il peut y avoir une servitude assez douce, ac^ servitude qyïon aime ; au lieu que Vesclaacgf^ toujours cruel et abhorré. Télémaque dit à Hazaël, le maître de Mentor.: «Vous voyez lenls d'un roi qui est réduit à demander la senit^^ comme son unique ressource. Autrefois ï^ voulu mourir en Sicile pour éviter Vesdet^f-
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
maintenant je erflân» de ne pouyoir être reçu parmi vos esclaves. 9 Fén.
La servitude peut être rolontaire , nais jamais *etclavage, « Ceux qui se sont soumis à une serniude volontaire et ceux qui gémissent sous Yes- :iavage forcé d'un tyran. » D*Ai.
Quelquefois même «enntttde . exprime un cer- Ain goût pour cet état de bassesse , une disposiion à s'y mettre de soi-même. « Le- maréchal de ^oailles nlaisait au roi par son extrême terviude, 9 9^ S. « Les lois ne veulent pas que tant l'hommea servent , par leur misère et par leur servitude lâohe , à fkitter l'orgueil et la mollesse l'un seul homme. » Fân. a Un Grec, né libre , itait ennemi de la hauteur des rois barbares, les servitude$ et des vices des courtisans. >
lOLL.
Leur prompte servitude a fatigué Tibère. Rac.
Enfin ridée de Taction marquée par le verbe ervir est naturellement reproduite par spxitude »lutêt que par esclavage : le premier de ces Qots fait concevoir des services^ des occupaions, des travaux; le second signifie uniquement m état. « Pharaon et ses oftTciers , en poursuiant les Israélites, songeaient à les forcer de entrer dans V esclavage^ et de retourner aux ravaux publics de leur ancienne servitude. »
lOLL.
SEUL, UNIQUE. Sans autre ou sans d'autres.
Ces deux adjectifs sont assez faciles à distinuer, quand ils sont placés après le nom de la ersonne ou de la chose auquel ils se rapportent. Ce qui est seul est sans compagnon ; ce qui est nt^ue est sans pair. Un homme seul est isolé , ins société, réduit à lui-même; un homme nique est incomparable , singulier dans son mre. Robinson vécut longtemps seul dans son e ; un enfant est unique , quaxûl il n'y en a pas autre qui soit de sa race , qui soit son f^ëre ou i sœur. De même, une chose est seule ^ lorsqu'il y en a pas d'autre avec elle ; une chose est ttque, lorsquMl n*y en a pas d'autre comme le : la première n'est point accompagnée, la conde point commune, a L'ambition de Pompée t satisfïiite par cette distinction unique et sans emple d'être créé seul consul, et mis ainsi seul la tête de toute la république. « Roll. Mais setU et unique semblent plus étroitement nonymes quand ils précèdent le nom qu'ils sernt à déterminer, quand ils sont purement nuériques et opposés à plusieurs : vous êtes mon ul ou mon unique soutien , mon seul ou mon lique héritier; Jésus-Christ est le seul Sauveur, [nique Rédempteur de nos âmes (Boss.). La difTérence consiste alors en ce que seul est latif, et unique absolu. On dit la seule resurce qui me reste; et simplement, mon unique ssource. Vous dites la seule idée , et non l'unie idée d'un crime est répréhensible, et, par un iport d'opposition, cette locution fait pensera xécution qu'elle exclut. Kn général, seul se )porte à d'autres choses qu'il nie ou repousse
seul regard suffit pour percer ce mystère ique suppose qu'il n'en existe point d'autre )n unique occupation, tfon seul moyen de suci est le seul qui m'ait été laissé , qui soit à ma
disposition dans les circonstances actuelles ; mon unique moyen de succès est le seul possible , le seul qu'il y ait. Pareillement, mon seul bien, mon seul ami , est le seul qui me reste , que le sort m'ait donné ou conservé ; mon unique bien , mon unique ami , est le bien ou l'ami pour moi essentiel , véritable : ce que j'ai sauvé de la ruine de ma fortune est mon seul bien; Dieu est notre unique bien (Pasc). Ce qui est seul l'est de fait; ce qui est unique Test en soi. Seul convient mieux pour ce qui est, pour le réel, et unique pour ce qui peut ou doit être , pour l'idéal : mon seul habit , l'unique objet de mes soins. — Unique renchérit sur seul et veut dire absolument seul, a Je fus le seul, je dis exactement Vunique, qui continuai à voir M. le duc d'Orléans à mon ordinaire. » S. S. On dit seul et unique héritier
(AjCAO.).
Je nomme. J'institue Éraate, mon neveu.
Que J'aime tendrement , pour mon seul légataire ,
Uniqu€, universel. Rmoit.
oc La naissance de Jésus-Christ, sa vie, sa mort, sa résurrection , son ascension... , et sa présence dans l'Eucharistie , ne sont qu'un seul et unique sacrifice. » Pasc. « Ces passages montrent que Moïse n'a jamais parlé que d'un seul et uniq^ Dieu. » Volt.
SILENCIEUX, TACITURNE. Qui ne parle pas.
Silencieux a d'abord une plus grande étendue de signification. On le dit des lieux où règne le silence , paisibles, où l'on n'entend pas de bruit : bois silencieux , retraite silencieuse. On le dit des animaux qui poussent rarement des cris : l'hyène est une bête solitaire , silencieuse , très-sauvage (BuFF.); le cbien de berger est celui qui donne le moins de voix , il est sérieux et silencieux (iD.); Grillus, pQiétamorphosé en cochon par Circé, sa vante d'appartenir à une nation modeste et silencieuse (FéN.). On le dit enfin de choses relatives à l'homme , mais qui n*en font pas connaître le caractère : un silencieux tête à tête (J. J.). « Le juge, organe de la loi silencieuse, est impassible et froid comme elle pour les inté^ rêis sur lesquels il va prononcer. » Beaum. — Taciturne n'est usité que par rapport à l'homme, et il en dépeint l'humeur.
Lorsque silencieux se prend aussi dans œtte acception étroite , il n'a pas la même force que taciturne. Le silencieux ne parle guère , le tactturne ne parle point; l'un n'est pas babillard, l'autre est muet. Les Latins donnaient l'épithète de taciturne au silence profond ou obstiné {tactfuma silentia). « En Angleterre , les deux sexes sont silencieux et taciturnes. » J. J. « Quoique les Français parlent beaucoup , il y a parmi eux une espèce de dervis taciturnes qu'on appelle chartreux. On dit qu'ils se coupent la langue en entrant dans le couvent. » Montesq. Le silencieux n'aime pas à parler , et ne sait pas entretenir la conversation ; le taciturne répugne à parler , on ne peut lui arracher un seul mot* L'homme si» leîicieux est froid, retiré, recueilli; l'homme taciturne est mécontent, sauvage , sombre ; l'un n'a qu'un air sérieux , l'autre a l'air morne, ^a pré^ | occupation, la timidité, le défaut d'usage rendent silencieux; un tempérament mélancolique