‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 398 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

oa un grand chagrin rend taeitume. Et ce qui proiiTe combien cette différence est fondée et tranchante , c*e8t que silencieux exprime souvent une qualité, et tacitume presque toujours un défaut : le silencieux ne parle pas quand il pourrait parler; le taciturne ne parle pas, même quand il devrait parler.

c Pour ce que c'est chose rare et difficile que la femme silencieuse, elle est dite un don de Dieu précieux. » Charr. c II nous dit que ce bon curé était un ange ; qu'il ne se plaignait point , qu'il était silencieux^ et que cette sorte de mérite l'avait touché au point qu'il l'avait pris chez lui et le nourrissait avec une grande joie. » Sév. « Je signais sans disputer et sans dire un mot. Que peut donc signifier cette crainte de la dispute avec un homme si silencieux , si ingénu , si confiant et si soumis ? » Fin. « La plupart des vertus chrétiennes sont incapables de paraître sur le théâtre : ce serait un étrange personnage de comédie qu'un religieux modeste et silencieux. » Nie. « Tout se taira dans toute assemblé^ à mon arrivée ; les femmes n'auront plus de langue , les barbiers seront discrets et silencieva. » J. J. « Vous voyez que je ne me répands pas volon* tiers en discours vains et que je suis assez silencieux. 9 Les. — « Le Jeune Caton, durant son enfance, semblait un imbécile : il était taciturne et opiniâtre. » J. J. « Mon humeur devint taciturne, sauvage. » Id. « A table il était sombre et tacitume. » Maric. c Là , se promenant d'un air taciturne et mélancolique.... » Roll. c Les Parthés sont naturellement taciturnes : ni les prospérités, ni les disgrâces, ne les tirent de leur sombre silence. » In. « Le soir j'étais grondeur et tacitume. » lo. « Boiieau paraissait, dans son enfance , pesant et taciturne. » D'Al. « Gomment un mari, qui ne cache aucun de ses défauts, qui est avare, brusque, incivil, froid et taciturne^ peut-il espérer de défendre le cœur d'une jeune femme contre les entreprises de son galant? » Labb . La dissimulation de Philippe II d'Espagne était tacitume ; il se taisait pour ôtre impénétrable (Volt.).

Que sont ces deux superbes ombres Qui semblent menacer , taciturnes et sombres?

Beavm.

SIMILITUDE, COMPARAISON. Rapprochement de choses qui se ressemblent à quelques égards , qui ont des qualités analogues.

Similitude est un substantif pur, et comparaison , un substantif verbal , qui rappelle Faction du verbe comparer. De là provient toute la différence.

La similitude est dans les choses, et consiste dans leurs qualités communes ; au lieu que la comparaûoA. est faite par l'esprit, qui réunit les traits de ressemblance sous un même point de vue. Ou , pour dire la chose en deux mots , la similitude est objective, la comparaison subjective. « Dans Homère, des comparaisons prolongées au delà de la similitude choquent le bon sens et le goût. » Marm. « Il y a de très-belles comparaisons dans Milton.... Toutes les fois qu'il parle du ciel et de l'enfer . il prend ses similitudes sur la terre. » Volt. « Par la comparaison, je remue

les objets, je les transporte pour ainsi éîn,)e les pose Tun sur l'autre pour prononcer snrkgr différence ou sur leur similitude. » J. J.

La similitude , quand elle est aussi subjectint quand elle se prend aussi pour l'œuvre de l'esprit, est moins étendue et moins développée <;«e h comparaisots, précisément parce que ce denier mot est celui qui exprime proprement l'actioa, l'opération , la mise en présence des choses msblables. « Quand je dis d'un homme en colère, û est comme un Iton, c'est une similitude : faprime la ressemblance générale entre un bomitt irrité et un lion. Si je vais plus loin et qu je dise : Tel qu'un lion , qui , les yeux étiacelaatset se battant les flancs de sa queue , s'élance atie un rugissement terrible , tel , etc. , je détaille là circonstances de la similitude et je fais une cmparaison. » Lab. •

La similitude sexX plutôt â expliquer qu'à o^ ner le discours; qu'elle soit claire, il suffit. Elle convient plus à la dialectique qu'à l'éloquence et à la poésie. Jésus-Christ employait continudkment des paraboles et des similitudes pour rend» sensibles les vérités qu'il annonçait (Boss.).cUiu similitude n'est pas une preuve. » Lab. « Ouïe sert d'ordinaire des différences ou des dissimili' tudes pour ruiner ce que d'autres auraient Toah établir par des similitudes : comme on minervgument qu'on tire d'un arrêt en montrant qa'il est donné sur un autre cas. > P. R. « Noos&V vous d'idée que de proche en proche ;noQs ne concevons presque rien que par simUituii* Volt. La comparaison, au contraire, suppose de l'art et contribue à embellir l'élocution. Roliio dit au sujet des comparaûoni : « C'est ici surtout que parait la richesse et la fécondité d'Homère. » Et Voltaire : « Les comparaisons ne pi* raissent à leur place que dans le poème épique e: dans rode. C'est là qu'un grand poète peut d^ ployer toutes les richesses de rimaginatioQ.» Cette comparaison fait une belle image (Acas. • ^ Jésus-Christ ne montre aucune étude recherchée : ses similitudes sont tirées des choses h plus conmiunes, de l'agrioulture, de lapécbe, du trafic, de la marchandise....* Boss. aHomèR emploie souvent la comparatfon du vent, de U grêle, de l'orage, d'un torrent, pour exprimer b vitesse et la promptitude de ses combattants.'

ROLL

Du reste , similitude est principalement et presque uniquement usité en termes de rhétori^ que , quoi qu'en dise Gros-René dans le Dipi amoureux :

Et nous aimons bien mieux, nous autres gens â'^

tode, Une comparaison qu'une similitMuU,

Les gens d'étude , les gens d'école, les rhéteors, sont , au contraire , à peu près les seuls qui em* ploient le mot de similitude, et c'est aussi le seul qui convienne pour désigner l'espèce de comf^ raisons qui leur est familière.

SIMULACRE, FANTÔME, SPECTRE. Offlbre^ apparence , vaine figure d'un être qu'on croit voir. € Le tribunal de la pénitence était conuse le tombeau : je ne crois pas que vous n'êtes sorti3 du tombeau que comme des spectres et des /s*-

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

omet , Tains simulaeret de Tivants qui n'ont que a mine et l'apparence. * Boss.

Simulacre^ latin iimulacrum (de iimUit^ emblable), portrait, imitation, ressemblance, le s'emploie pas d'une manière absolue , comme es deux synonymes. On ne dit pas simplement , in rimulacre^ comme on dit, un fantàme^ un pectre ; mais on dit , le simuUieTe de quelqu'un lu de quelque chose , le ft'mulacre de Samuel \roLT.); les poètes anciens regardaient Vâme omme le timvlaere du corps (Id.). On dit le imulaere de telle république, et un fanJiômé le république. « Auguste ayait alors une autorité upérieure à celle des consuls ; et cependant il lourait laisser subsister le simulacre de la répulique. » CoND. « Aprto la bataille de Pharsale , lome ne fut plus qu'un fantôme de république.» lCad. Simulacre a toujours rapport aune réalité, ont il marque la représentation, et dont le ouvenir doit être expressément reproduit dans B discours. Il résulte de là une autre différence, t de grande portée, relativement k fantôme.

Le simulacre n'est pas tout à fait aussi vain ue le fantôme. Ce n'est que l'image d'une chose éelle, mais enfin c'en est une image.* Si quelqu'un ouTait avoir à son choix le portrait de sa maîresse ou l'original , lequel penseriez-vous qu'il hcislt? Si quelque artiste pouvait faire égalelent la chose imitée ou son simulacre , donneait-il la préférence au dernier? » J. J. « Dans s temple des chrétiens est une image de celle u'ils adorent et que leur peuple ignorant fait la 1ère de leur Dieu. Le simulacre^ devant lequel j ne lampe brûle sans cesse , est enveloppé d'un oile. » Id. Le fantôme ^ au contraire, est quelue chose de purement fantastiqvie ^ une fantasiogorie , l'œuvre de l'imagination.

De la crainte d'an mort ton Ame possédée T'abuse et te fait voir jxn fantôme en idée.

Régit.

Nous avons tous la faiblesse de nous intéresser ce qu'on dira de nous , quand nous ne serons lus; et notre imagination embrasse ce fantôme ui est son ouvrage. » Volt. — Chez les anciens D appelait simulacres les âmes des morts , les lânes. « On évoquait les mânes des ancêtres , >ur ombre , leur simulacre , leur image, j» Cond. [ais les fantômes n'ont rien des hommes réels , e sont des chimères conçues par les poètes ou ar les gens qui rêvent. « M. d'Arles a donc passé a travers ce ces feux du Tasse , de ces grands mtômes , de ces hommes armés. » Sâv. « Tous îs personnages que représente Molière sont des ersonnages en l'air, et des fantômes proprelent , qu'il habille à sa fantaisie. « Mol. « Si ous rêvions toutes les nuits que nous sommes gités par des fantômes pénibles. » Pasg. — Suiint Ëpicure, les idées sont des simulacres^ des nages, des exhalaisons, de légères surfaces, ni se détachent continuellement des corps et ènètrent en nous par les sens (Cond.). Mais on e donne le nom de fantômes qu'à dés idées enèrement vaines » à des visions. Quand on a oulu pénétrer plus avant dans la nature de ce u'on appelle substance, on n'a saisi que des mtômes. » Conn. « Les abstractions sont sou-

vent des fantômes que les philosophes prennent pour les choses mêmes. » In.

Enfin, simulacre s'emploie de préférence en parlant de personnes et de choses concrètes , les unes et les autres pouvant être effectivement représentées par des images : un simulacre de prince (J. J.), de mari (Bbaum.), de fontaines (Id.). Mais fantôme se dit tout aussi bien quand il est .question de choses abstraites : un fantôme de royauté (Coud.), de vertu (Mal.), de religion (Bourd.), d'honneur (Pâsc), de bonîheur ou de gloire (Acad.).

Quant à spectre, il a pour caractère propre de signifier quelque chose qui produit une forte impression de peur, d'effroi , d'épouvante ou d'horreur : un spectre affreux (Fér. , Mass.), horrible (Fbn.), hideux (Fén., Bourd.), épouvantable (Volt.), menaçant (Id.)) effroyable (Acad.).

0 crime! éloigne-toi.... Ciel!... Quel objet af»

freux!

Quel tpeetre menaçani se jette entre nous deux? Ombre terrible, arrête. Volt.

« La philosophie que Ton appelle nouvelle , que l'on représente comme un spectre pour effaroucher les esprits faibles. » Mal. « L'imagination ne peut souffrir les vérités abstraites et extraordinaires : elle les regarde ou comme des spectres qui lui font peur, ou comme des fantômes dont elle se moque. » lo. « La crainte que tous les hommes ont des dieux, ces êtres tranquilles, ne vient, suivant Ëpicure, que de ce que souvent en rêvant on s'imagine voir des fantômes d'une grandeur prodigieuse. Il semble que cp^ spectres nous menacent avec une hauteur et une fierté convenable à leur mine majestueuse. » Fén. « C'est dans une imagination peureuse et sombre que commence par se former le fantôme d'un dieu barbare; et, pour ce spectre Jhorrible et furieux, elle invente les cruautés les plus capables de l'assouvir. » Marm. « Je vois presque à tout moment un spectre qui se présente devant moi sous une forme effroyable, j'ai beau me dire à moi* même que ce n'est qu'une illusion , qu'un fantôme qui n'a rien de réel.... » Lss. « Le démon toucha les yeux deCléophas, et, par un prestige, lui fit voir un grand nombre de fantômes blancs. A l'apparition de ces spectres, Zambullo frémit. Comment donc , lui dit le diable , vous frémissez? Ces ombres vous font-elles peur?... L'écolier, à ces paroles, rappelant tout son courage, regarda les fantômes assez hardiment. > Id. — Par extension , spectre est le nom qu'on donne à un homme horriblement, monstrueusement défait, décharné , pâle, défiguré, qui a l'air de sortir du tombeau. « Les Numantins n'étaient plus des hommes , mais des spectres , tant la misère , la faim, la maladie, et tous les maux réunis ensemble, avaient desséché leur visage, et jeté sur tout leur extérieur un air hagard et furieux. » Roll. c Que nous sont ces hommes que je vois couchés dans nos places et sur les degrés de nos temples , ces spectres vivants que la faim , la douleur et la maladie précipitent vers le tombeau? » Vauv.

SINUEUX , TORTUEUX. Qui ne va pas droit , qui fait plusieurs tours et détours ou retours.

SinumiX, sinuo$u$^ de miu, pli, courbure, enfoD cernent, emporte l'idée de mouvemeat , s'emploie en parlant de choses qui se font, qui serpentent, qui ondulent, qui i|p déreloppent en traçant des S. Tortueux, lortuostM, qui a été rendu tout tortu (lortuf , delorguere, tourner, tordre , tourmenter) , se rapporte plutôt à la ma> nière d'être qu'à la manière d'agir , sert à qualifier les choses qui sont. Un dit le cours sinueux d'une rivière ou d'un fleuve (Buff. , Bbaum.)^ un mouvement et un vol sinueux (Buff.) ; mais on dit des allées tortueuses (J. J.), des cheminées tortueuses (Boff.) , l'aigle emporte dans les airs le serpent, son ennemi tortueux (Volt.). On suit les détours sinueux d'une chose tortueuse. Dans une épître au P. Brumoy, J. B. Rousseau lui dit au sujet du théâtre grec :

Toi seul as sa, dans ta pénible course, jDe ses beautés nMisuiéteirer la source, £t démêler les délours sinueux De ce dédale oblique et tortuetue , . Ouvert jadis par la sœur de Tbaiie Aux seuls auteurs du Cid et d'Atbalic.

— Vous appellerez route sinueuse eelle qui est décrite par une chose qui se meut : « Des musiciens ignorants cherchent, en jouant de la flûte , * à figurer la route sinueuse que trace un disque en voulant sur le terrain. » Barth. Un chemin tortueux est un objet, quelque chose de fixe et de permanent : « Le chemin de la justice n'est pas de ces chemins tortueux; qui ressemblent à des labyrinthes où on craint toujours de se perdre. » Boss. |i'auteur du poème des Jardins , Delilla , y dépeint le bocage qui

Ftiit, revient et s'égare en routes sùuteutës^ et, à côté, le parc anglais, qui ne présente

Que sentiers tortueux y que routes tournoyantes.

Sinueux n'ofi're à l'esprit rien de fâcheux ou de mauvais ; au contraire , il désigne quelque chose d« doux, de gracieusement tourné , de pittoresquement onduleuz. Mais tortueua; se prend surtout en mauvaise part, pour indiquer quelque chose qui a été violemment contourné , entortillé, qui est oblique, de travers, défectueux, incommode ou dangereux; aussi ce terme, le seul des deux qui soit usité au moral, n'y convient-il que dans le style du blâme et de la censure. « Le roi avait eu peine à monter chez la princesse de Gonti par les petits degrés torluetuB, uniques alors. » S. S. — Le serpent forme naturellement des plis et des replis «tnueux (AcAD.). Le monstre, lancé par Neptune contre Hippolyte, recourbe, avec furie, sa croupe en replis tortueux (Rac). — Le peintre n'a pas remarqué cette légère sinuosité qui , séparait le menton des joues, rend leur contour moins régulier et plus gracieux. » Z. J. « Je me trouvai dans un labyrinthe d'embarras, de difficultés, d'objections , de tartuosités , de ténèbres. » Id. >- «Les jeunes DéUens se mêlèrent aVec les Athéniens (dansant) pour figurer les sinuosités du labyrinthe de Crète. » Barth. On dit les inextricables tortuosxtés d'un labyrinthe (J. J.).

SITUATION, ÉTAT. Manière d'être bonne ou mauvaise, heureuse ou fâcheuse, d'une personne, d'une chose, d'une afiaire.

Situation^ avec sa terminaistm active, expiin nuelque chose d'accidentel et de passager. £tat, latin «tottts, participe passé de sUirt^ ètn, se tenir, signifie, au contraire, quelque duie àe constant ou de durable, c Confondre la lituoti» d'un moment avec un étal de durée. 'Ub. (K Que nous importe dans qiieUe.5t(uatimkDtta de Dieu nous place pour l'instant rapide que nous paraissons sur la terre?... Pendant tovle sa vie le mauvais riche n'avait pas une «de fois ouvert les yeux sur le danger de son ^tat.> Mass. a C'est cette sécheresse et cette inseosildlité, ô prêtres, qui lait la ntuoltofi la plosâ» gereuse de notre itoA. » lo. « La plupart, a prenant possession d'une cure, regardent ce »» vel ii(U comme un étcA fixe, indépendant, oi ils vont commencer à sortir d'une ntsatw changeante, incertaine, subordonnée, jaiatf sûre. » In. La eituation est donc plus Tanâb:eâ plus incomplète ou partielle. Dans le moment m vous manquez d'argent , tous êtes dans la sitation d'un pauvre ; il fiaut que vous en manquie toujours, que vous n'ayez aucuneTessource pcm être dans Vém de pauvreté. 11 arrive à chai» de nous de passer par une foule de «iiuafiM pendant sa vie; chacun de nous pendant »« n'a pour l'ordinaire qu'un état. SiUukiim àejrffaires représente le point où en sont pour te i^ ment les afEairas; iîaH des affaires marque à elles en sont, et où elles restent oupeuTSl rester.

SituaJtion est relatif, étai absolu. U ràwi|)' d'un homme, c'est sa manière d'être, détersitfB par les circonstances, les événements, la foitoK. par ce qui vient du dehors. « Il ne fiant p» ^ tendre notre sûreté des dehors et de la »^ tion, 9 Mass. « Les fautes sont souvent des soiis nécessaires de la situation où on est. » HoincS- Véta$ d'un hcmme, c'est ce qui tient inunaiatement â sa personne , ce qu'il est en lui-mése sous le rapport du corps ou de l'âme, sasas^; sa constitution physique ou morale. « Q^^^ mon état , il est de jour en jour plus déploraile: mes douleurs sont sans relâche. ' J. J. <!'<'*' pression d'un paysage dépend de Vétat où roas sommes en le contemplant. » Id. & Un pècbeor invétéré, touché du malheur de son Aat.^UiSè. a Si nous étions, conune les anges, de pars esprits , toutes nos vertus devraient se ressentir « la condition et de l'excellence de cet éiat.^ BouRn. — « Quintius songea â pousser viT«B«t le siège de Sparte, et commença par ciamifl«f J* situation et Vétat de la ville. » Roll. La tiiOr tion , c'est-à-dire les environs , les relations »« le dehors, les hauteurs voisines; Vétat, c'^^ dire les murs, les édifices et les moyens de défense inférieurs.

Situation marque un fait ou quelque cK« d'effVîCtif, quelque chose qui a lieu ou qui**» lieu. Mais état indique souvent quelque cM» d'idéal, une manière d'être conçue, po»«*; imaginaire. « Mon père et ma mère ne «ont pf sans doute dans une agréable situation. ^ n'est que trop véritable , répondit l'hôtesse : af quelque ét€it fâcheux que vous puissiez vo»'* représenter, vous ne sauriez vous ima^

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

sersonnes qui soient plus à plaindre.» Lbs.s Compare à présent cet état (état fâcheux qui aurait pu ivoir lieu) à notre situation réelle. » J. J. « Tous es enfants qu'on a trouvés dans cette situation suspendus à un clou) avaient le visage violet.... l'ignore combien d'heures un enfant peut rester tn cet état sans perdre la vie. ' Id. « Lorsqu'on it Procope sur les édifices de Justinien , il vient oujours dans l'esprit une idée, mais bien fausse, l'un état florissant.... Dans ce tOTips-là les Perses itaient dans une situation plus heureuse que les lomains. » Montbsq. « Tous les états ont leurs langers; les saints, dans quelques situations [u'ils aient été , à la cour ou dans les déserts , le se sont assuré le salut que par des violences Qonîes. » Hass. Un historien dépeint la situation irospère d'un pays; Vétat ou un état de prospéité a ses dangers , que fait connaître le mora iste. On dit la situation d'un infortuné, une ituation embarrassante, 'en parlant de quelque ihose de particulier , d'un événement , de ce qui ippartient à l'ordre des faits ; et Vétat d'enfance , *état d'innocence, Vétat de folie, en parlant en ;énéral de choses qu'on ne raconte pas, mais ur lesquelles on raisonne d'une manière absraite, de choses qui appartiennent à Tordre des dées. < L. Grassus peignit la puissance des che- 'ftliers comme une vraie tyrannie » et la situation Lctuelle du sénat comme un état d'oppression. »

lOLL.

SOBRIÉTÉ, FRUGALITÉ, TEMPÉRANCE. L'idée commune à ces trois mots est celle de modéraion dans le boire et dans le manger.

Sobriété, du latin sobfietas^ qui lui-môme est orme d'e&rteto» , ivresse , et d'une particule négative inséparable, abréviation de «tns, sans, ignifie sau:; ivresse , sans excès dans le boire et wiT suite dans le boire et dans le manger. Ce mot k'est relatif qu'à la quantité. Frugalité est la raduction exacte du latin frugatitas , dérivé de rux^ fruit de la terre, et indique Tusage d*uije tourriture simple et naturelle. C'est un mot qui e rapporte à la qualité. Tempérance^ latin temïerantia^ de temperare^ modérer, régler, répriaer , exprime l'habitude de modérer ou de resreindre ses appétits sensuels.

La sobriété consiste à boire et à manger peu. : La nature est sobre, et se contente de peu. » )oss. ce Rien de plus opposé que l'austérité de la obriété de M. de Beauvilliers et l'ample nourriure de M. de Chevreuse.» S. S. « La modération :5t comme la sobriété : on voudrait bien manger (avantage, mais on craint de se faire m^l. 9 La- 10CH..Œ Les gens faux sont sobres, et la grande éserve de la table annonce assez souvent des oœurs feintes et des ftmes doubles, b J. j. « Le ihameau est le plus sobre des animaux et peut )asser plusieurs jours sans boire. » Bufp. « Nalir avait trouvé la matelote si bonne, et il en ivait tant mangé , tout sobre qu'il se piquait rôtre, que la nuit il en fut malade. » Harm. : Grassus , parmi ceux qui recherchaient l'élégance et l'ornement du discours, était celui qui •n usait avec le plus de sobriété et de réserve, s

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