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Mais r^t^e, à la différence de rêverie (voy. >' partie , p. 202) , se rapporte aussi parfois au
SOT , FAT, IMPERTINENT. Ces mots exprhnent dans les parole», le ton et les manières, le défaut ridicule et choquant d'un homme à prétentions ou qui s'en fait accroire. « Ce qu'il y aurait en nous de meilleur après l'esprit , ce serait de connaître qu'il nous manque : par là on saurait, sans esprit, n'être pas un sot, ni un fol, ni un impertinent, » Labr.
Mais d'abord ce qu'on considère surtout dans le sot, c'est ce qui lui manque; et dans le fai^ c'est ce qu'il prétend être : l'un est bête ou dé-
OEUXIËME PARTIE :
pourra d*esprH, de raison, de Jugement; l'autre est Tain, avantageux, plein de la bonne opinion de lui-même et d'ostentation. Gresset a dit: Tel est deTenn/o/ i force de lecture»
Qui n*eût été que tôt en sulTani la nature.
Et on rapporte de Tabbé Terrasson ce bon mot : « Parler peu et mal est d'un sot; parler beaucoup et mal est d'un fat, •'- Notre sottise est en nous contre nous; notre fatuité est en nous contre les autres, dont elle blesse l'amour-propre. Le sot fait ou dit des sottises, c'est4-dLre des actions dont il a lui-même à soufihr; le fat indispose tout le monde par les airs ou les louanges qu'il se donne.
L'homme Yraiment sensé fait le mépris quil doit Des mensonges du /ai , ei du sot. qui les croit.
c Un graveur ayant demandé à Boileau des vers pour un de ses portraits , le poète lui répondit : Je ne suis ni assez sot pour dire du mal de moi , ni assez fat pour en dire du bien. » D'Al.
« Vimpertinent est un fat outré. Le fat lasse , ennuie , dégoûte , rebute : Vimpertinent rebute , aigrit, irrite, offense; il commence où l'autre finit. » Labr. Vimpertinent ne respecte rien , ni rang, ni bienséances; il traite tout le monde et se mêle de toutes choses avec une liberté et une hardiesse parfaitement inconvenantes; en un mot, il porte la /Vituit^ jusqu'à l'imprudence, et, au lieu d'être seulement fade, fastidieux, ennuyeux, comme le fat , il est blessant et irritant. « Le marquis du Tour est le plus foi et le plus impertinent de tous les hommes. » Dest. « Le berger Tircis est un impertinent et la bergère Philis une impudente, de parler de la sorte devant son père. » Mol.
AROAN.
« On vient de me mettre en colère. Votre coquine de Toinette est devenue plus insolente que jamais.... Elle a eu l'efifronterie de me dire que je ne suis point malade. »
BÉLINE.
« C'est une impertinente.^ In.
SOUDOYER , STIPENDIER. Payer, solder, avoir à ses gages.
Soudoyer, de la même famille que soudard, solde et soldat , est un des plus anciens mots de notre langue , qu'il dérive ou non du latin : il se dit spécialement des soldats et plus spécialement encore des soldats étrangers qu'un prince entretient à ses frais. « Théodose soudoyait Âlaric et ses Goths. Cette paye devint un tribut. » Volt. « Annibal plaça ensuite les étrangers soudoyés , an nombre d'environ douze mille, Liguriens, Gaulois, Baléares, Maures. » Roll. Stipendier est un verbe formé, au iyiu? siècle, du latin stipendium , paye militaire , tribut , impôt. On ne l'emploie pas seulement en parlant de soldats. « Charondas stipendia des maîtres publics , afin que l'intruction , étant gratuite , pût devenir générale. » RoLL. « Et moi , dit Cicéron , qui avais-je à combattre? Un ramas d'artisans stipendiés (par Clodius), qu'excitait l'espoir du pil- , lage. » Lah. a Si cet hommage solennel (à Dieu ■ dans la fête des Rogations) osait se reproduire, '
des bandes d'assassins stipendiés mtKhemax avec le fer et le feu contre ce paisible et religieux concours. » In. Et à l'égard de soldits, stipendier signifie plutôt payer les siens propres, apparemment parce que les Romains n'ont pi* connu l'usage d'avob à leur solde des troupes étrangères. « Chez les Grecs, les soldats {aisuat d'abord la guerre A leurs dépens.... La paun^ dont Sparte fit longtemps profession donne liei de croire qu'elle ne stipendiait point ses tra* pes. » Roll. « On renouvela le traité entre la deux peuples (romain et carthaginois). Oq ijostt aux articles précédents que chaque peuple (a cas où tous deux seraient attaqués) itipnàit rait ses troupes. » In. — « Les alliés faisaient U grand nombre des tronpes dans les deux républiques (d'Athènes et de Sparte), et ils étaient tfîpendiés par les villes qui les envoyaient. Oaa^ pelait mercenaires les troupes étrangères qs étaient soudoyées par la république ausecoande laquelle elles étaient appelées. » In.
D'ailleurs , coudoyer est un mot commua, i stipendier tient de son origine, visiblement latise, un certain caractère de noblesse. C'est sus doute à cause de cela qu'on dit sftpendùr.â Don soudoyer, des maîtres, des professears.çt que Saint-Simon rapporte , an sujet de Ragotô, prince de Transylvanie, que la France l'avait fr connu et stipendié. Que si soudoyer est wik comme stipendier quand il est question detootâ sortes de gens qu'on aposte , dont on s'assoiti prix d'argent le secours pour foire un maonis coup, c'est dans un style Inférieur, ou ^^ quand il s'agit de Texécution d'un dessein nwtf éclatant : on soudoie le parterre pour appUo^ ou pour siffler une pièce ; on slipendte un asur sin pour tuer un grand personnage.
SOUFFRIR , TOLÉRER , PERMETTRE. On ^ faire ce que nous souffrons ^ tol&ons ou perw^ tons , ce qui est souffert , toléré ou permti.
Hais le mot permettre se distingue siâéioet des deux autres et doit en être séparé d'&bGt^* Souffrir et tolérer , c'est seulement ne pas empêcher; permettre i c'est autoriser, donner U^ culte de faire, consentir formellement à ce qi t^ fasse : on ne sera pas puni pour Caire, on ^^ impunément ce qui est souffert ou toléré ;wfi^ en droit de faire ce qui est permis. PermtUniir chérit donc sur souffrir et tolérer. « L«s «^* gions païennes ont toléré et permû tous te aimes. » BouBo. « Ou Dieu a manqué de pouwtf! ou il n'a pas vouki défendre le culte des aotr^ dieux , il Ta toléré et même permis. » Volt. «5 la loi permet l'usure à l'égard des étrangsflt c'est une de ces permtmons, ou plutôt de«* tol^ranee^^ accordées à la dureté des cffoR-' Boss. € De quel front auraient-Us osé scTÎr coa^ moi, tandis qu'ils toléraient, qu'ils ptrnisdi^ même les écrits les plus odieux ? • J. J. < ^ T^ beaucoup de choses qu'on ne doit pas pfr»^^» et qu'il convient de toUrer; d'où il suit f» peut et qu'on doit soufftir l'entrée de tel m^ dont....» In.— On improuve ce qn^onsoufftf^^ qu'on tolère ; c'est un mal, quelque chose dont » souffre ou qui est à charge, qu'on «fPP^^^^ lérer^ de tolexare^ supporter) : on w«if« **
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
olère des maux , des abus , des désordres. « Nos égislateurs condamneDt le prêt à intérêt, et ils e tolèrent. > Gond. « Le libertinage ne demande i •oint précisément d'être applaudi, d^être soutenu \ l appuyé; 11 se contente qu'on le tolère, » \ovRD. « Eh ^uoi ! mon père, rSglise. à ce ompte-là, approuverait donc tous les abus u'eile souffre? » Pasg. Mais par cela seul qu'on ermet quelque chose , on l'approuve , on le délare bien, a Ne reconnaître pour légitime que ce ue la conscience permet et ce que la religion pprcuve. » Mass. Souffrex que je tous dise, exrime une prière par laquelle on implore une race, en quelque sorte, quelque chose à quoi n n*a pas droit , qui n'est pas bon en soi ; per^ \ettex que je vous dise, est une formule de civile , qui ne suppose aucun doute sur la légitimité e la demande qu'on adresse. — Que si quelque- )is on permet aussi ce qu'on blâme , le mal , ce .'est pas comme quand on le souffre, ou qu'on le 7lère , par indulgence , par tol&ance , par faciité, mais par nécessité (il faut bien permettre e qu'on ne peut empêcher, âcad.) ou en vue l'un grand bien qui ne peut être obtenu qu'à ette condition : c'est ainsi que Dieu permet le 3al.
Souffrir, tolérer. Ne paj empêcher, laisser lire le mal ou ce qu'on estime tel.
On souffre faute d'énergie, par mollesfe, par égligence, par débonnaireté : c'est ainsi qu'un lari souffre les infidélités de sa femme (Mol. . [outbsq.). On tolère par ménagement et par conescendance, avec résolution et en vertu d'un f stème de conduite : c'est ainsi qu'on tolère les éfaut? du prochain (Acad., Mass.). Là où toutes is religions sont souffertes, on leur laisse le hamp libre , sans s'en soucier , et comme si on e les voyait pas : là où toutes les religions sont ylérécs , on veut bien ne pas les inquiéter ni les roscrire. Souffrir convient aussi mieux pour les lits, pour les actions particulières, et tolérer k égard de tout un genre d'actions. « Vous soufrez que Mathan vous parle ? » dit Joad à Josabet ans une occasion. Vous tolérex qu'il vous parle? idiquerait une habitude générale. — • D'ailleurs, >UreT, exactement traduit du latin tokrare, et ui n'est d'usage que dans cette acception, n'apar tient pas au langage commun , comme souf- Hr : il ne se dit guèfe qu'en parlant de la conuite des Ëtats, des gouvernements, ou bien en irmes de droit. Dans tel pays on tolère les ^suites ; « dans les maisons propres on te soufre pas les araignées. > J. J.
Un père souffre tout à ses enfants. Les Ëtats et îs magistrats tolèrent certains abus. Il y a des hoses que la loi pervMt, comme il y en a qu'elle éfend.
SOUFFRIR .ENDURER, SUPPORTER (PORTER), »I6ÊRER. C'est essuyer ou éprouver, avec telle u telle disposition , des choses désagréables ou lauvaises , des maux.
Souffrir est le terme général , applicable à tous ss maux , et il se distingue moins par une dispoition avec laquelle on les subit que par une cironstance plus remarquable en lui que dans ses ynonymes, savoir qu'on est dans la souffrance ^
8TN. YKkVÇ,
que la sensibilité est péniblement affectée. Les maux que vous souffrex vous causent de la douleur; souffrir le martyre, c'est souffrir beaucoup, a Ces peines intérieures faisaient partie de ce que Jésus-Christ devait souffrir pour le péché. » Boss.
Des maux qu'elle a souj/ertt elle est trop bien payée. Coair.
endurer, du latin durare, durer, persévérer, patienter , emporte l'idée de patience , de longanimité, de soumission. Endurant est synonyme de patient. Les maux que vous endurex ne vous causent pas de colère ou d'emportement, ne vous font pas sortir de votre calme, vous trouvent dur ou endurci contre, persistant dans votre état. « Tout ce que la patience des martyrs a été capable d'tffidurer. » Bourd. « Pour avoir cette charité patiente , que ne faut-il pas endurer ? • In. « Quand Dieu nous exerce par les souffrances . si nous V endurons chrétiennement , notre patience tient lieu de martyre. > Boss. « J'endurai patiemment ses dédains; » J. J. a La douceur angélique (le celle-ci lui faisait tout endurer sans se plaindre, s Id. c Une patience à tout endurer. » Marm. • Après avoir tant enduré pour votre satisfaction, je pense qu'à la fin j'éclaterai pour la mienne. » Pasc. « Endurer un affront comme celui-là en notre présence l » Mol.
Au moins s'il faut souffrir, enduret dooeement; L'tmour est de soi-même asseï plein de toarment. Sans que l'impatience augmente encor le vôtre.
Laf.
Supporter, supportare, suh portare, diflere étyrhologiquement de souffrir, suf ferre, suh ferre, comme portare de ferre* Or, portare signifie porter physiquement, et d'ordinaire un lourd fardeau; au lieu que ferre, c'est porter au figuré, ou bien porter quelque chose qui n'est pas un fardeau , comme une bague au doigt , des cheveux sur la tête. En conséquence, supporter donne toujours et seul l'idée d'un fardeau, d'une charge qui est imposée. Vous supportex les maux qui pèsent sur vous, et par suite ceux qui vous assaillent, qui viennent fondre sur vous, auxquels vous résistez où sous lesquels vous succombez. Supporter les injures de l'air, l'éclat de la lumière (âcad.). « On trouvait Persée si malheureux de n'être plus roi, qu'on trouvait étrange qu'il pût supporter la vie. » Pasc. « Jusqu'ici j'ai supporté le malheur.» J. J. «Et moi comment supporteraiS'io le spectacle continuel d'une tristesse dont je serais cause?» Id. «Toute cette jeunesse romaine était accoutumée à supporter les fatigues les plus rudes , à souffrir le soleil , la pluie, la gelée. » Roll.
Soufftir est plus général. Il se dit en parlant de tous les maux , par cela seul qu'ils sont maux, qu'ils blessent la sensibilité. Endurer et suppi rler se rapportent à différentes espèces de maux : savoir, endurer à ceux que Dieu nous envoie pour nous exercer et nous éprouver, ainsi qu'à ceux qui sont de leur nature propres' à nous exciter , comme les mauvais traitements, les persécutions, les affronts, les soufflets; et supporter à ceux qui sont des attaques ou des coups de la fortune, les accidents, les pertes, les disgrâces, Içs fatigues,