DEUXIÈME PARTIE
lion, il a l'air d'un lion , il en imite la furie, $a vue rappelle Fidée du lion; pareil à un lion, il est animé comme un lion , fl a le même degré de fureur. De tels discours, signifie ces discours; de seniblahlet discours, des discours de ce style, ainsi tournés ; de pareils discours , des discours de cette sorte ou de cette force.
TEMPLE, ÉGLISE, fidifices publics consacrés à Dieu et destinés à Texencice du culte.
Temple vient du latin templum , que les Latins employaient dans la même acception. Ëglise tire son origine du grec ixxXTJvia , qui signifie seulement assemblée. Ce sont les cbrétiens qui les premiers ont attaché à ce mot lldée de temple , qu'il n'avait pas dans l'antiquité, et qui est ensuite passée à ses dérivés, le latin eeeleiia et le français égliee. En conséquence , temple exprime le genre , et il est plus noble.
Une église est un temple de chrétiens. « Les grands de la nation (chez les Français) s'assemblent dans un temple qu'ils nomment église. » Labb. « Dès lors Constantin permit de doter les églises , comme l'étaient les temples de l'ancienne religion. > Volt. « Les chrétiens avaient publiquement des églises élevées sur les débris de quelques temples tombés ou ruinés. » In. «Jésus-Christ chassa les vendeurs du temple de Jérusalem* C'est à ce premier temple que nos églises ont succédé. » Boss. < On se figure d'ordinaire les temples anciens semblables à nos ^yltses, une longue nef, un chœur pour les chanoines et un autel au bout. » Id. Les sauvages de l'Amérique n'avaient pas de temples ; nos missionnaires leur ont fait bfttir des églises au Paraguay (Montbsq.). — Le terme à'église.esi même encore plus particulier, car parmi les chrétiens les protestants se servent toujours de celui de temple. « Charles XII avait exigé qu'on dépouillât les catholiques de cent cinq églises en faveur des Silésiens de la confession d'Augsbourg; les catholiques reprirent presque tous les temples luthériens après la bataille ,, de Pultava« » Volt. « Par cet édit il fut permis aux réformés d'avoir des temples dans les faubourgs; mais aussi ils devaient restituer les^j^ltses dont ils s'étaient emparés. » In.
Lorsque temple et église se disent en parlant du culte catholique, temple est plus noble et église plus commun. « La barbarie avait introduit l'ordre gothique pour les palais et pour les temples.'» Labr. c Les chrétiens avaient un temple superbe à Nicomédie. 9 Volt. «Le moment où notre Dieu se montre dans le temple, » Id. « Les chrétiens eurent (alors) des temples magnifiques, ornés de vases d'or et d'argent. » Coro. « Seigneur, rendez la majesté à tant de temples profanés, le culte et la dignité à tant d'églises dépouillées. » Mass. « Onuphre évite une église déserte et solitaire; il aime la paroisse, il finéquente les temples où se fait un grand concours. » Labb. — Ensuite , tem* pie exprime plus particulièrement l'idée qu'on s'est faite partout et toujours de ces sortes de lieux , c'est que la divinité y habite plus qu'ailleurs, y fait son séjour; et église y conformément au sens étymologique du mot , a plutôt rapport à la réunion du peuple en un édifice commun pour prier. Dans le temple on doit être recueilli , plein
de respect devant Dîea ; toni les dirnsnelies, les fidèles se rendent- è l'^^life peur aaistertaiervice divin.
Enfin, temple se prend seul aa figuré. cEg vous présentant à l'autel , rendez-vous dignes de devenir les temples et U demeure de votre Dieu. ■ Mass. c Les hommes ont été rachetés d'o&prii infini pour être faits les templef da DieaTimii Pasc. « Dans ces passages nous sonuoes appels le temple du SaintrEsprit. » Bon. «Lesfidèks que Dieu anime par son esprit et dans loqotlt i réside comme dans son temple. »Mu.cPopedi que l'immensité est le temple de Dise. > Volt.
1* TianE À , ràPENDRE DE; - MiÉSCLTn, SUIVRE^ S'EFf SUIVRE ; — 8* YBCIK, PJUmi NAtTRE; — 4* PROVEiaR, PROGÊDEI: - 5* DÉCOULER, DÉRIVER, ÉMAIŒH. Toosce verbes seryent à expliquer les choses, à a rendre raison.
Mais teiitr à et dépendre de manjùeot èqi^ elles sont liées ; un événement tient à celui r^ dépend de celui auquel il se rapporte codim accompagnement ou accessoire , comme on <ieHs tenants et aboutissants. Résulter , smmt\i9r suivre indiquent après quoi elles se troaTesia ont lien , ce dont elles sont des effets, des sàe ou des conséquences. Venir, partir et sofircenoncent d'où elles sortent, leur point de déjitft, leur extraction, leur descendance. ?mmf& procéder ont exactement le même sens ([kIs trois mots précédents; seulement ils sont pie scientifiques ou s'appliquent i des choses p remarquables, à des phénomènes, i desetoe qui apparaissent , qui sont mises dehon m ^ avant, pro. Découler, dériver et AteswoT'^ ment aussi d'où sortent les choses, wà^'elles sortent à U manière des Uquides oh liti fluides qui s'échappent du sein où ils sontcfl^ nus; ce sont des termes métaphoriques qsi^ gnent, non pas d'une manière simple et abstn^ l'origine , mais d'une manière figurée et cooeR^ la source. (Voy. Commencemeitt, naùnmi^ ytne, source, p. 446 et 447.)
!• Tentr d, dépendre de. Etre a*twW|\7 chose tient à une autre ou en dépeiià, qw»»* va avec elle, quand elle en est insèpanw quand celle-ci entraîne ou amène celle-Ii
Mais tenir à s'emploie en parlant d'ane à» arrivée ou constante, et dépendre de (de p^*^* être en suspens), quand il est 9J^^^[^ chose éventuelle, pendanU, indécise. VonsdJ» d'un événement passé que vous ««otei j» événement tient à telle cause; etati sujet di» affaire à traiter : le succès dépend de l'eœpMJ» tels moyens. La mauvaise humeur de «tb** tient à sa santé ; l'humeur dépend de U ««^ est fort timide, ceU tient à ce qu'flw^F d'usage (Acad.); mon salut ou ma perte *P dent de sa réponse (In.)* ^
2* Résulter, suivre, s^ensuivre. Succéder. ^f nir après, et particulièrement, en termes «"^ gique , se déduire d'une vérité Mtérteure.
Une chose résuUe d'une autre qui Jf f^Z^ une chose en suit une autre ou suù d awii* qui la précède. La guerre et ce qui en n»»*: c'est-à-dire U guerre et ses effets, et ce qu? •
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
ause; le mariage et ce qui ^ensuit, c'est-à-dire s mariage et aes suites , le mariage et les Ikits ubséqueots.
En termes de logique, résulter y à la différence le suivre et de s'ensuivre , suppose une opération , in raisonnement , une recherche. D'une démontration il résulte , et d'un principe il suit telle bose. MésuUer résume une discussion : « Ce qui ésuUe de tout ceci est que...» » Fén. Suivre et 'ensuivre conriennent davantage par rapport à ine conséquence immédiate : « Ce fondement osé, il t'ensuitqvLù..,. 9 Fiir.
Suivre et s'ensuivre équivalent l'un à l'autre , i ce n'est que s'ensuivre signifie suivre de là. De ï il suit que..» ; il s* ensuit que. « Si cette nature niverselle ne peujt pas être les corps , il suit de i que.... Conmie elle est une matière qui pense, '. s*ensuit que....» Labr. Dire» d'où il s'ensuit ou e là il s'ensuit , c'est faire un pléonasme.
3" Venir y partir , naître. Tirer son origine de-
De ces trois mots le premier est le plus commn et le plus général. Partir implique l'idée e mouvement : une injure part de telle personne, est comme un trait lancé de sa main. Telle fa- }nde parler vient de tel usage ou de tel préigé ; tel mouvement de compassion parc d'un on naturel. Le mécontentement peut venir If OL.) d'un mauvais accueil ; les répréhensions euvent partir ou d'un esprit de piété et de chaiié , ou d'un esprit d'impiété et de haine (Pasc.). Jen ne vient de rien ; rien de généreux ne peut ar(tr d'un motif égoïste ou d'une plume' toute énale.
Naître , c'est venir par voie ou comme par voie e géoération, ou commencer à voir le jour. Nos lus grands plaisirs naissent de nos besoins lCAX>.) , ils sont fils de nos besoins. Les sciences e prospèrent pas toujours dans les pays où elles aissent (Acad.) , c'est-à-dire où elles viennent au londe, où elles commencent à paraître pour roUre ensuite et se développer.
« La modération des personnes heureuses ient du calme que la bonne fortune donne à tur humeur. » Larocb.
De jaloux mouvements doivent être odieux. S'ils fartent d'un amour qui déplaît à nos yeux.
Mol.
ne querelle fait naître entre deux familles une aine irréconciliable (Acad.), sentiment suscepble de s'entretenir et de s'accroître.
4* Provenir , procéder. Tirer son origine de ; on pas dans le langage commun et en parlant e choses communes , mais quand il est question e choses extraordinaires ou scientifiques, ou ont on veut donner expressément l'explication.
Provenir est matériel; procéder, exrepté dans i langage tbéologique , où on dit que le Saintsprit procède du Père et du Fils, est formel, ussi prot7enance signifie- t-il une denrée , et proédé une manière d'agir. Les enfants qui provienront de ce mariage , les biens qui proviennent e la succession (Acad.); un mal, une maladie rocède de tel ou tel accident.
Les médecins disent, quand on est ivre« Que de sa femme on teidoit abstenir; Et que , dans cet ^lat , il ne peut /wfwmr
Que des enfants pesants et qui ne sauraient vivra.
Mol.
Mais dans le Médecin malgré lui ^ on lit : « Cette maladie est une feinte maladie. Les médecins ont raisonné là-dessus comme il faut; et ils n'ont pas manqué de dire que; cela procédait, qui du cerveau, qui des entrailles, qui de la rate, qui du foie. »
Dans les sciences qui ont pour objet des réalités , provenir est le mot propre. « Il m'arrive souvent de voir sur certains objets certaines cou« leurs ou certaines taches, qui ne proviennent point des objets mêmes , mais du milieu à travera lequel je les regarde, ou de l'altération de mon organe. » Boss. « D'où provient cette race d'anthropophages , supposé qu'elle existe?» Volt. « Les bitumes et les autres huiles terrestres paraissent provenir des substances végétales et animales, et en même temps l'acide provient de la décomposition du sable vitrescible par le feu, l'air et l'eau. » Bopf. — Mais en matière de métaphysique ou par rapport aux objets intellectuels , on doit se servir de procéder. « De la crainte procède ordinairement le respect; du respect, l'amour. » Boss. « La liberté ne procède précisément ni d'irrésolution, ni d'incertitude, ni d'aucune autre imperfection. » In. « Il n'y a pas moins de répugnance que la fausseté ou l'imperfection procède de Dieu en tant que telle , qu'il y en a que la vérité ou la perfection procède du néant. > Desc. « Cette faiblesse de l'art ne procède pas seulement de la résistance trop forte que fait la nature , mais aussi de la propre imperfection de ses principes. • Vaoy.
b* Découler , dériver , émaner. Tirer sa source de.
Ce qui découle coule de haut en bas , conmie l'eau qui découle d'une voûte ou d'une montagne, la sueur du front, etc. Ce qui dérive ne suit pas la direction du courant d'où il vient, mais il s'en éloigne , comme les saignées ou les ruisseaux qu'on dérive d'un fleuve. Une chose qui découle descend ou tombe en droite ligne ; une chose qui dérive s'écarte du lieu d'où elle sort et forme comme une branche à part. D'une vérité supérieure découle immédiatement telle vérité subordonnée; d'une vérité générale dérive d'une manière plus ou moins détournée telle vérité particulière. Il est plus facile de trouver la source d'où découlent les choses que de découvrir celle d'où elles dérivent. « Il y a un souverain bien duquel tous les biens d^cou^f dans cet univers.» Boss. < Innombrable fut la quantité de familles ruinées, et les cascades de maux de toute espèce qui en dérivèrent. > S. S. La justice divine est la source d'où découlent nos idées du juste ou du droit, et d'où dérive en définitive tout ce que nos lois renferment de raisonnable.
Émaner ne se dit pas toujours des liquides , comme les deux mots qui précèdent , mais quelquefois aussi des fluides; c'est alors une émission proprament , et non un écoulement qu'il exprime. Il y a des corpuscules qui émanent des corps odorants (Acad.); la lumière émane du soleil (Volt.); une certaine chaleur émane de la terre (Buff.).— Ensuite , ce qui émane ne sort pas d'une manière quelconque , mais avec force et en se répandant
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de toutes parts, par une espèce d'effusion. C'est monceaux de terre, serrantàsépimksciiaipi, pourquoi émaner est le seul de ces yerbesdont on exprime quelque chose de eo&eret et sen^poru se sert à Tégard de ce qui part du pouvoir ou de da?antage à la pratique. Louis XIY enTÙtgot
l'autorité. Un acte qui émane ou émané de la > puissance, de la volonté souveraine , du prince , de Fautorité (Acad.). « Les lettres émanées canoniquement de la chaire de Saint- Pierre. > Boas. « Ces lois passagères ne subsistent qu^avec la puissaoce dont elles émanent, » Volt. « La royauté renferme en soi toute l'autorité et la puissance des autres magistratures qui émanent d'elle.» RoLL. Des principes pouvant être considérés comme féconds , on dit bien métaphoriquement que des conséquences en découlent ou en dérivent; on ne dit point qu'elles en émement^ ce dernier mot est réservé pour les choses douées d'activité et de puissance.
TERME, LIMITES, BORNES. Ces mots signifient où les choses doivent s'arrêter , la fin qu'elles doivent avoir : « Les Romains tenaient qu'il y avait une divinité particulière qui présidait aux bornée, aux limites des terres, et ils l'appelaient le dieu Terme. » Acad.
Terme est facile à distinguer de limites et de bornes. Il donne l'idée d'un but à atteindre, et convient en parlant de choses en mouvement, qui ont un cours : le terme est jusqu'où les choses doivent aller. Limites et bornes font plutôt concevoir une enceinte, et indiquent jusqu'où les choses doivent s'étendre. • Demeurés depuis plus de deux mille ans à tous les termes où ils étaient parvenus , les Chinois sont restés médiocres dans
les sciences Le respect pour leurs anciens
maîtres leur prescrit des bornes qu'ils n'osent passer. » Volt. On ne va pas au delà du terme; on se contient , on se renferme dans les limites et dans les !>om6^. Le terme est prochain ou éloigné; les limites et les bornes sont plus ou moins étroites. On dit proprement le terme d'une course ; et les limites ou les bornes d'un royaume. Terme s'emploie de préférence au singulier, parce qu'il désigne quelque chose d'unique , un point op • posé au point de départ; limites et bornes affectent, au contraire, le pluriel, parce qu'ils représentent quelque chose de multiple, d'étendu, quelque chose qui forme une sorte de chaîne ou de contour. « La mort est le terme où aboutissent tous les desseins des hommes. » BoiniD. « Vous voilà arrivé heureusement au terme, » Pék. « Jésus-Christ est tombé par plusieurs degrés jusqu'à l'ignominie du supplice.... Mais comme il ne pouvait tomber plus bas, c'était là aussi le terme fatal de ses chutes mystérieuses. » Boss. « Le Kolima parait èlr« le dernier terme où aient atteint les Russes par ces navigations coupées sans cesse par les glaces. > Buff. « L'excessive grandeur s'écroule sur elle-même ; c'est le terme que les dieux ont misa nos prospérités. > Marm. c Ce fut une chose rare de voir les succès de CrébiUon aller en augmentant, et le poète, semblable aux dieux d'Homère , faire trois pas et arriver au terme. » D'Al.
Limites et bornes ont aussi leurs nuances. Limites^ du latin limes ^ chemin de traverse , siUon, trac^ est pour l'abstrait et la théorie. Mais