DEUXIÈME PARTIE
continuelle dans laquelle il Tît. » Buff« On dira bien une nuit ù*angom$ (J. J.), des cris d*angoûse (Gqrii.)* parce qu'il s'agit ici de choses passagères; mais , par la raison contraire, on devra dire les anxiéUi (Mabh.) «1 n»n les angoiues de Tavarice.
TRANSFORMER, MÉTAKORNOSER. Opérer un changement de forme ou de manière d'être.
Transformer, latin tramsformare^ se dit plutôt dans le langage de l'Eglise et en parlant de ce qui arrive ou est arrivé chez les chrétiens. Dans l'eucharistie le pain se transforme au corps de Jésus -Christ (Boss.). « Les yaisseauz troyens changés en nymphes ne choquent pas moins le goût dans les anciens que les guerriers chrétiens transformés en perroquets par la baguette d'Armide dans un poème moderne. » Lab. c On reproche à Miltoa ses diables qui de géants qu'ils étaient se transforment en pygmées pour tenir moins de place au conseil. » Volt. Métamorphoser y du grec {ieTa{i^pfW9ic , appartient, au contraire, à la mythologie, et désigne des changements opérés par les dieux de la Fable ou du paganisme. • Les poètes, lorsqu'ils décrivaient les infâmes commerces de leurs fausses divinités, ne les représentaient jamais dans leur forme naturelle , mais toujours déguisées et souvent métamorphosées en bêtes. » Bouan. « Les compagnons d'Ulysse , ayant bu le breuvage de Circé , sont tout à coup métamorphosés en pourceaux. » FÉN. « On équipa (chez les Romains) dans l'espace de deux mois cent galères à cinq rangs de rames , et vingt à trois rangs : en sorte, dit un auteur, qu'on aurait presque cru que ce n'étaient pas des bâtiments construits par l'art . mais des arbres métamorphosés en galères par les dieux. > Roll.
D'autre part, transforwier est devenu un mot commun, significatif d'un phénomène ou d'un fait qui peut n'avoir rien que de naturel. Les transformations de la nature (Buff.), de la greffe (J. J.). « Comment la nature s'y prend-elle dans la transformation de certains reptiles en espèces volantes? Elle y procède par degrés. » P. A. « Un gland se transforme en chêne. » Volt. «Quand les géants aux cent bras se trouvent transformés en moulins à vent, on rit aux dépens de don Quichotte. » Lab. Mais métamorphoser, quoique également usité dans la laugue ordinaire , exprime toujours un changement produit d'une manière merveilleuse. «L'étude des plantes nous offre une succession de métamorphoses et un enchaînement de merveilles qui tiennent tout esprit sain qui les observe daas une continuelle admiration. > J. J. « On a dit ceci de merveilleux des oiseaux-mouches, qu'ils se produisent d'une mouche , et un provincial des jésuites affirme gravement avoir été témoin de la métamorphose. » Buff. « U semble que tous les pavés de Vitré soient métamorphosés en gentilshommes; je n'ai jamais vu tant de monde, » Siv. -- Les changements de certains insectes en papillons sont appelés des transformations quand on les considère comme quelque chose de simple et qu'on se borne à parler la langue de tout le monde; mais on les nomme des métamorphous
en termes d'histoire nataréUe, oa qaud on h regarde comme quelque chose d'étonust, è miraculeux.
Il suit de lA qne, quand ces deaxmoUsepi» nent dans un sens hyperbolique oa figuré {mr exprimer un changement survenu dans U manier! d'être extérieure on intérieure d'un bomme,» tamorphoser marque une frawfonMh'os at»
ordinaire, inaltenidue, suipreninte, qoi mè tout à fût méconnaissable. Le poète dramuti^ nous trasuferme et nous fait dereair en qoei^B sorte les personnages au sort desquels il ret nous attacher (Laf.). La grâce neus mAhutphose : « On m'a dit de IC de Lafonuioeè choses hors de vraisemblasce, qa'il son corps de haires, de^ôlices et de mais la grâce de Dieu ne se borne pis i es changements ordinaires, et c'est quelqocfnè véritables métamorvhoses qu'elle fait. * Bft — « Spartacus a l'énergie féroce , l'entluwsBii de liberté el de vengeance nécessairt poareimer des esclaves et les transformer en gaeniSLi La^ « Quoi de plus monstrueux dans uato que de w^élamorphoser tout i coup un p» nage tout entier, de lui donner une asiRlB d'autres passions, d'autres intérêts? > la.
TRANSPORTER, TRANSFÉREB. (TBiKSKil TRANSLATION). Porter ou faire passer d^)0 en un autre.
A la rigueur^ ces deux mots vienDestdalHis savoir : le premier de fraiis, au deli^eldepvtare, porter; le second de Irofit, ai(laià,(l^ ferre y qui signifie aussi porter. Uû&cmtii simple, porter, existe en français, Uadis^ ferre est resté Utia , il s'ensuit que tnx^ est un mot oommus, tout naturalisé, do iffli^ vulgaire, qui rappelle notre isotpsriffiP^ que son primitif portore ; au lieu que frsM^ conserve un air étranger , une physioBoo» ^ tine et savante. De là toute la difféicDOiaB^ les deux termes.
Transporter est le mot ordinaire, de toosls styles. Transférer est un terme de jurispreda» et de litureie. Celui-ci ne se dit au propre qe dans un pmit nombre de phrases usitéeisiirtflEt au palais ou dans l'figlise. Transférer m^f» nier, um corps mort, un corps 8aiQt,desi»* ques. Et encore dans ces différents cas oQifctnt se servir de transporter , si on voulait pari^f^ langage commun, et ne pas ezprimerunic^'^ gai, un acte fait dans des circonsiaocesetiiv des cérémonies prescrites. UnfoiturierfecitfiF de lraiis]KHrler des prisonniers. Des bomoe trisvent un corps mort dans la voie puUiqe*^'' transportent dans une maison voisine. Bkiwî très-bien observé cette différence dans le pe*? suivant de son Histoire de Port-Royal :*(^^ voulait d'abord transporter dans 1* Biais** faubourg Saint-Jacques qu'une partie d0j|^ gieuses ; mais le monastère des Champs deves^ plus malsam de jour en jour, on '^^^^'^ l'abandonner entièrement et de trmtsféreri m toute la communauté, sprès en avoir obt^ consentement' du roi et de l'archevêque.» 1^ porter convient d'abord, parce qu'il s'ajpi «» acte libre et indépendant de toute autonte;
STNorrraES k BAmcAUX divers.
rangférer %tX wni^ lu w»% propve, jiarae que i où il M tpQuye U ei^rioit «& aote qui tombe ousoi)«)uri(iictioQ.
Mais, eo général « tr^nêp^rtef m é\X piatM an roprt et au physique, et trmufénr au ^g^vé et u moral. L'exem^l» mtoe qui Tient d*ôupe cité i prouve. Oa êramMfère la commiDaauté, et ob ^antporte les religieosee; ea tfomifire un ctmeière (Volt.) , et on transporte les ossements; on rantfèri son domicile , et on iRMMporle sas meules. Les Perses, ayant pris Vilet, ruinèrent ette Tille, et en Iranipoitéreal les habitants à use , d'où Darius les eoToya sur let bords de la ler Bouge (Cobu>.); Alaiaodre, aprè» aToir pris 'assaut la Tille de Tyr , lui ôta sa marine et son ommerce, qui dirent tranfH'és i Alexandrie [lOLL.). « Il n'y a rien , dit Tib. Oraechus , de si aint ni de si inriolahle que lea choses qui ont été onsaorées aux dieux. Cependant jamais personne l'a empêché le peuple de s'en serrir , de les hanger de place^ et de les tratispor ter à son ré. Il lui est dom: permis de Caire du tribunat ce u'il fait des choses les plus saintes » et^de le rantférer à qui il Teut. » Roill.
La difficulté semble doTenir plus grande quand M deux mots se prexuoent au fiiguré. Alors ^omirer se dit seul en termes de droit et de haute dministration ciTile ou ecclésiastique. Trarufétr la juridiction d'un tribunal à un autre , la Dur royale ou U préfecture de telle Tille dans rile autre (âcad.); de Rennes, le parlement fut ransféré à Yannea (Sât.); tr^mférêr un évêque 'une Tille en une autre (Boss., S.&); le saint iége fut trwMféfi de Rome à Arignion (Açad.). [ors de ces cas , tr«ni|porter est préférable :
L'empire fut iransport^ de la nation vaincue à a nation conquérante. > Acin. -* Cependant on it bien que Goostantin tnuMporttk et trtmiféra 3 siège de l'empire romaia k ConstantinopU ^c^.). Traïuporter^ au lieu de <ra«u/ifrer,esi n le genre pour l'espèce, le mot commun pour i terme spécial; et il conTÎendrait enoore mieux
r^rd d'un fiût qui etU eu lieu, non dans les imps ancieiM, mais de nosjoura. «Le cear Pierre rdonna que le sénat de Mosoau fût ifmnsporté à •étenbourg. » Vo^t^ C'est que irainlérêr sent antiquité, et s'emploie plus TOlonâiefla par report A l'antiquité.
En parlant d'un dretl, le traneportm et le ransférer, o'est également le céder, selon la dénition de l'Académie; avee cette différence ourtant que le fraïuf^iYr, c'est, ijovle-trelle , 9 céder en obserrant les formalités requisea. Lien de plue juste. Ici, comme partout ailleurs, ransférer exprime quelque chose de légal. « Seourir une Ame dans le purgatoire , o'est lui 'an^oWer le (hiit de vos bonnes Qourree, et le ii céder. » Bouïd. « Uae nation entière n'apparent point en propre A une fille , comme un pré u comme uae Tigne , en sorte que la propriété a puisse être transférée , comme une dot , à des t rangers. » Fân. Une femme troiuporle au mari u'elle épouse l'empire sur eUe-iaéme , son dolaine, comme dit Boesnet, et eUa lui liramfkre ss droits.
propre, irantport est d'un usage général ; et trant' Umom désigne seulement, en huigage de rituel, l'action de porter des reliques, un corps saint, un corps mort, et chez les Juifs l'arche sainte (HAas.), d'un endroit à un autre, et en termes de palais, le transport d'un prisonnier. «LouTois alla Toir l'Homme au masque de fer dans l'île Sainte* Marguerite , aTant sa translation à la Bastille. » YoLT. Translation est aussi préféré pour un transport extraordinaire , et qu'on Teut faire remarquer en se serTant d'un mot extraordinaire lui-même. « Bon Dieu 1 quelle translation de Mme de Koailles à Perpignan ! Le moyen de se la représenter hors de Versailles ? » Sét. « On prétend qu^ Notre-Dame de Lorette Tint par les airs dans sa maison de Jérusalem en Dalmatie, et de Dalmatie à la marche d'Ancône. Il y en a qui ont démontré cette translation de la maison de notre sainte Vierge. » Volt. — Au figuré , frafulatton s'applique aux mômes choses que transférer , excepté dans le sens où ce Terbe se prend pour céder un drcût; et lA même où transporter se met quelquefois à la place de tmnsf^^fw , tranS' Uuion s'emploie seul, à l'exclusion de fronsport. « Constantin fransporto le siège de l'empire.... Diodétien aTait déji donné l'exemple de la troMlaHon de l'enspire Texs les côtes de l'Asie. » Volt.
TRAVAIL, LAIEUR. Peine que donne un ou- Trage.
Travail est vulgaire : les étymologistes ne le rattachant que d'une manière incertaine à quel» que mot de la basse latinité. Labeur , au contrai re, est noble et relcTé, parce qu'il reproduit dans notre langue le latin 2a6or , qui a le môme sens.
TrawkU est de beaucoup, plus usité que toieur, o'est le met commun. Labeur ne se dit guère qu'en poésie, dans le style soutenu ou en parlant d'uA travail distingué, d'un travail de l'esprit, par exemple.
Un octogénaire plantait....
Quel (Toit de ce labeur pouvait-il recueillir? Lav.
Dans le troisième lot^ les fermes, le ménage, Les troupeaax et le pAturage, Valets et bêtes de labeur. In»
< On exige que vous connaissiez ceux (de vos fermiers) que les fatigues de l'âge et de leurs I»beurt ont épuisés. » Mass. c J'y mettrai tout mon Figaro, c'esl de Targeni qui m'appartient, que j'ai gagné par mon labeur. » Bbaum. c Comment un commerce inutile peut-il s'exercer le dimanche, pendant que d'honnêtes labeurs qui austenteraient mille pauvres deviennent l'objet du scandale de nos seigneurs les gens de bien ?» In. « Le public voit Jean-Jacques riche pour lui reprocher de faire le pauTre, ou pour le frustrer du produit de son labeur en se disant qu'il n'en a pas besoin. > J. J. « Je crains que, si on le Toulait iaire trop traTailler dans les nombres, il ne s'en ennuy&t; car en effet c'est un labeur fort infructueux. » Disc. Dans des Pensées imitées de Sénèquê, Malherbe a mis de suite les deux phrases suiTantes. c Les belles âmes se nourrissent au labeur. Ce n'est rien que de no refuser point le travail, il le faut percher. >