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DEUXIÈME PARTIE

Quant au sens, labeur est encore particulier par rapport à travail. Il exprime un traTtll kihorieux , qui demande beaucoup de peine , et un travail semblable à celui du labourage , c'est-àdire long , qui ne produit de fruit qu'au bout d'une année, après bien des soins, après toute une suite d'opérations ou de travaux. « Est-ce à nous d'insulter aux savants du zvi* siècle , quand nous jouissons du fruit de leur labeur f » Lab.

Bien paraissait la lerre être maudiie.

Car le manant arec peine et sueur La retournait et faisait son labeur. Lav.

Le bœuf vient à pas lents.

II dit que du labeur des ans Pour nous seuls il portait les soins les plus pesants, Parcourant sans cesser ce long cercle de peines, . Qui , revenant sur soi , ramenait dans nos plaines, Ce que Gérés nous donne , et vend aux animaux ;

Que celte suite de travaux Pour récompense avait, de tous tant que nous

Bonmies, Force coups. Id.

Il ne faudrait qu'une Journée Pour lui voir (à la Loire) entraîner le fruit De tout le labeur d*une année. lo.

TRÈS , BiBPr , FORT. Particules qui se mettent devant les adjectifs, les adverbes et les participes pour porter au superlatif la qualité ou l'état qu'ils signifient.

Très est absolu, bien relatif. Quand on dit d'une chose qu'elle est Ir^f-bonne ou Ir^belle . on énonce une vérité objective, indépendante de ce qu'on éprouve. Mais si vous dites qu'une chose est bien bonne ou bien belle, vous faites connaître en même temps la manière dont elle TOUS a affecté, votre sentiment à son égard, ce qu'elle a produit en vous de bien ou de mal. Cet homme est fréf-malheureux , se dit froidement et avec indifférence; cet homme est bien malheureux, témoigne dans celui qui parle de la compassion. Ce qui est trèe-loin de nous en est à une grande distance ; ce qui est bien loin de nous en est à une distance étonnante. Un pays est Iréf-voisin du nôtre , et il est habité par des personnes que nous trouvons bien aimables ou bien étranges.

Fort parait se prendre, tantôt dans le sen^ absolu de très , tantôt dans le sens relatif de bien.

Dans le premier cas , il diffère de fris , en ce qu'il est intensif, et non pas extensif, en ce qu'il s'applique à des choses susceptibles d'accroissement et de degré , plutôt qu'à celles qui sont susceptibles d'augmentation. Un homme est trèS' grand , très-gros ou très-mince ; il est fort \1olent ou fort adroit. Un grande étendue ou une grande variété de connaissances constitue l'homme trèssavant ; on est fort savant quand on se distingue dans les sciences par la pénétration ou la profondeur. On est frés-gourmand , fréi-orgueiileux; mais on est fort empressé , on fait les choses fort vite , fori à la hâte. Telle montagne a une très^ grande hauteur; et telle machine une fort grande ' puissance. I

Fort^ quand il se rapporte à nous, quand il est, comme bien y subjectif, a encore sa nuance particulière II est affirmatif : ce qu'il raèle de

nous à l'idée du superlatif, c*est la fom nec l^ quelle nous affirmons cette idée, h sais fort &>• content, fort aise ou fort sensible à telle chose. se dit avec force ^ avec insistance, avec le toa d'un homme qui n'hésite pas à parier et qui nui être cru; je suif bien mécontent, bien lise en bien sensible à telle chose, marque Teffusionda sentiment de peine ou de joie dont on a été pénétré.

Un homme très-sa^e Test beaucoup. 0a bûDne bien sage est déclaré l'être beaucoup par tue pssonne , dont bien exprime rapprobatioo et U ntistaction. Vous dites d'an homme qu'il est /on sage , en assurant ou pour assurer qu'il feâ beaucoup.

1* TROMPER, ABUSER (DÈnOVPEl, 9& ABUSER) , DÉGEYOIR, EN IMPOSEK, LECBUR.

SURPRENDRE. AMUSER , DONNER LE CHA.^; — 2* ATTRAPER, DUPER, ENJÔLER , BUBiBûC!* NER. Paire errer ou faillir, ou bien faire effî* et faillir; faire croire quelque chose de &uis& plement, ou bien en même temps faire ^ quehiue sottise ou quelque faute, faire lairt k faire recevoir quelque chose de maanis, den«sible,

!• Tromper , abuser {détromper , àMti»^ *^ cevoir, en imposer , leurrer , surpmin^m ser^ donner le change. .

Tromper, quelle qu'en soit l'étymolofie, * le terme général. Il se dit le plus sooreDt, é peut servir à définir tous les autres, qui eipnment chacun une façon particulière de trmftf'

Abuser , c'est Iromper , non pas comme i !«• dinaire-, en empêchant, en troublant ou es ibarvoyant rintelligence , mais en exerçant une»taine influence sur la partie affectire d« ne» être, sur la sensibilité, sur la volonté. <nyi. dit Pascal, deux entrées par où la opiM» s'insinuent dans l'âme, qui sont ces deuipri»^ pales puissances îTontendememcntetlayolistw Qr, c'est, à proprement parler, l'entendeBsJ qu'on trompe , et la volonté qu'on «>«; ^ trompe^ comme où égare, l'ignorance 'et la»tention; on o&iife , comme on séduit, la b"»^ et la confiance. « Nos sens et la perspectif vu trompent. » Acad. «Nos sentiments et noif*sions nous abusent. » J. J. Faites en sorteqnne voie pas ou qu'on voie mal ce qui «^> ^^ Irompejr; profitez de votre créance ptniuo^ nés personnes, de leur déférence et de Ii ^ que leurs passions tous donnent ^^^'^ les induire en erreur, vous abusex. ^^*^rl $in de Pierre, don Juan est un fourbe qui cba» à abuser de pauvres Jeunes filles en «&««».'; sa supériorité et de l'action que leur fkibl«^ donne sur leur cœur (Mol.). « ipicure a fc^ les superstitions dont on abuse le peuple. • r^ • Nos amis nous reprocheront leur ûobm abusée, leur amitié séduite. « Mass. 0\»'^^ faute de lumières ou d'examen; oo •'*^''*^,,. flattant, en se Aûsant illusion, P>f ^ propre. .

Cette même différence est plus &»!« «n^* saisir entre détromper et désabuser. J>ei^ c'est tirer d'erreur, faire cesser la ^^'^^^ où on est. « Des prêtres aflerinw»» *^^

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

lans Terreur , en lui cachant ce qui aurait pu le létromper. » Mass. « Ils n'avaient garde de songer à détromper le prince de ses erreurs et de es fausses idées. » Roll. « kRn qu'ils détrompassent le sJnat des faux bruits qu'on pourait voir répandus contre eux à Rome. » In. Mais lésabuser^ c'est tirer d'illusion, faire cesser la trévention ou l'attachementi c'est-à-dire l'erreur ensible. « Dieu permit l'horrible chute de saint *ierre pour le désabuser d'une certaine faveur ensible, et d'un courage très- fragile auquel il e confiait vainement .* Fén. « Télèiraque était lésàbusé des victoires et des conquêtes daus un ge où il était si naturel qu'il fût enivré de sa ;lotre. * In. On se détrompe d'une erreur BouRn., Boss.}; on se désabuse d'une espérance. )n se détrompe en éclairant son esprit ou sa raion , en les convainquant, «c Que les hérétiques onsultent les conciles , ils pourront aisément se létromper et se convaincre. » Bourd. « Il reconlaitra son erreur, il se détrompera. » In. On se lésàbiue par une persuasion contraire , en dé- »renant , en désensorcelant l'imagination bu la ensibilité. • On commence à se désabuser et à e dégoûter d9 ces établissements, du moment u'on Y est parvenu, s Bourd. « La terre est un ieu dont nous sentons le vide et le frivole sans n êlre désabusés, * Mass. a Beretti s'était flatté [ue (Je pareils offices seraient d'un grand poids, ladogan lui dit qu'il devait se désabuser d'une spérance si vaine. » S. S. Il ne suffit pas d'être létrompé de ce qui nous tient au cœur, il faut n être désabusé.

Décevoir et en imposer^ c'est tromper par l'exàrieur ou la mine , par quelque chose de spéieux. Mais ce sont les choses qui déçoivent.

Notre raison est toujours déçue par l'incontance des apparences. » Pasc. c Dieu n'a pas oulu que nous fussions déçus par cette appaence de raisonnement que nous voyons dans les nimauz. » Boss. c II y a des schistes qui sont resque aussi inflammables que le charbon de erre. Cet effet a déçu quelques minéralogistes . t leur a fait penser que le fond du charbon de srre n'était comme celui des schistes que de argile mêlée de bitume, s Buff.

Mon Dieu ! le plus souvent l'appareoce dêeoit : 11 ne faut pas toujours juger sur ce qn*on volt.

Mol. '

le sont , au contraire , les peraonnes qui en imposent, c Vous n'êtes pas la même qu'auparaant : vous mentez sans me rien dire, par l'air gai avec lequel vous croyez m'en imposer, * . J. K On peut en imposer aux hommes qui ne ugent que sur ce que nous leur paraissons. 9» fAss. c On flattait le peuple par ces discours dausibles : nous ne vous en imposons pas : lisez ous-mêmes; examinez les fioritures. * Boss. le qui nous déçoit nous trompe sur le fond des hoses, leur nature, leurs qualités essentielles; e qui nous en impose nous trompe sur le méite ou les sentiments véritables des personnes. - De décevoir vient décevant , qui ne s'applique [u'auz objets; ,et en imposer donne imposteur, i^ui ne se dit que des hommes.

Leurrer, c'est tromper en alléchant, ou aliéna. FRAlCg.

cher pour tromper, c'est, pour prendre on fair« tomber dans un piège , présenter quelque chose de délectable, qui promet on fait espérer du plaisir. « On attire la souris, on la leurre aisément par des appâts. » Buff. < Les goélands s'enferrent sur une pointe que le pêcheur place sous le hareng qu'il leur offre en app&t , et cette manière n'est pas la seule dont on puisse les leurrer. » In.

Entre les gens qu'elle (une coquette] sut attirer. Deux siens voisins se laissèrent leurrer A Tentretien libre et gai de la dame. Laf. Le perroquet dit : Sire roi, Tu m'allègues le sort : prétends-tu, par ta foi, Me leurrer de l'appât d'un profane langage? Id.

c Deux tribuns du peuple excitèrent quelque mouvements en proposant une loi pour le partage des terres : c'était l'appAt ordinaire dont les tribuns les plus séditieux leurraient le peuple. » BoLL. c Ceux que l'injuste veut opprimer, il les attire dans ses .filets par des paroles douces et par tous les semblants de l'amitié. Il leur laisse croire qu'ils vont trouver en lui un protecteur et un asile. Il les leurre de mille apparences frivoles. > Mass. c Alléché par des caresses , séduit par la vanité, leurré par l'espérance, forcé par la nécessité, je me fis catholique. » J. J. Ce sont les apparences qui nous leurrent^ comme ce sont elles qui nous déçoivent; mais celles qui nous leurrent ne nous cachent rien de bon qui justifie notre espoir et notre empressement, au lieu que celles qui nous déçoivent ne cachent rien de réel qui confirme l'idée que nous en avons.

Surprendra, prendre au dépourvu, àl'improviste , c'est tromper tout à coup celui qui ne s'y attend pas , celui à qui manque ou A qui on ne laisse pas le temps ou le moyen de se reconnaître. On dit proprement surprendre la vigilance de quelqu'un (Moictesq.). « Défiez-vous de cet homme, il no cherche qu'à vous surpr^nilre. » AcAn. « H. de Pourceaugnac est un étranger qu'on veut surprendre, et qui de bonne foi vient se marier avec une fille qu'il ne connaît pas et qu'il n'a jamais vue. » Mol. « Est- il hérétique? Attendez , me dit mon docteur , vous me pourriez surprendre. Allons doucement. » Pasc < Les puissances établies par le commerce sont de peu de durée. Elles s'élèvent sans que personne s'en aperçoive; mais à la fin chacun cherche à priver cette nation d'an avantage qu'elle n'a pris, pour ainsi dire, que par turprtie. » Montbsq. « Les rois surtout sont sigets à être surpiis (Pasc., FÉN., Roll., Mass.), parce que, comme ils ne peuvent pas tout examiner par eux-mêmes, il leur est difOcile d'être en garde contre les brusques entreprises de leurs ministres. »

ilmuser, c'est tromper en faisant perdre le temps, en occupant, en appliquant à des bagatelles. < Gharles-Quint et François I*' ne songeaient qu'à s'amusffr l'un l'autre par cette négociation , pendant que chacun de son côté tâchait de se faire de nouveaux amis. » Boss. « Le connétable fit partir le roi et la reine pendant qu'il amusait à la queue les ennemis par des escarmouches. 9 lo. < Un des rois des Égyptiens cher-

i(HO

DECXIËMfi PARTIS :

chft à iM mmutÊT par de» guerres 4a religion » pour leur 6ter le lempe et les moyeat de eoouspirer contra TËtaL » Rou». « Persée dit que , pour gagner du tempe , les Romaine l'avaient aMusé pendant tout rhirer par des entrevues trompeuses et par une trêve aimslée , spus le beau prétexte de travailler à une réconciliation. > Id. «Les paastona peuvent éblouir, l'ftge séduire, l'exemple entraîner; mais enfin le grand, le solide de la religion prend la place dans un bon esprit de tout le frivole qui l'avait amusé,» Mass. Vous awiusex de belles paroles ou de belles promesses une personne que vous voulea faire attendre en vain; ce qui vous loumii l'avantage de gagner du temps et d'éehapper & dee poursuites ou à une surveillance importune. « Malgré les menaces du pape» Charles le Chauve s'empara de la Lorraine, et renvoya les légats, après les avoir ommuù de belle» promesses. » iik.

Donner Je ehan$e, c'est tromper en faisant prendre une chose pour une autre, ea causant, non pas une erreur , mais une méprise. < Vous voulez do»ner 2e change ; il ne s'agit pas de savoir si tous les sentiments de saint igogustin sont des articles de foi; il i^agit de savoir si vous n'avez pas pris un tour qui porte trop loin. » Boss. On donne le change h rennemi (Volt.), en l'induisant à croire, par une attaque simulée, que c'est à tel point qu'on en veut , tandis que c'est à tel autre. « Le rAle profite de cet instant d'erreur de renaemi (le chien) pour revenir sur sa voie et donner le change, » Buff»

2* ÂUraper , di^er , enjôler , embahouiner,

^ Attraper^ duper, enjôler et em&aboutner ne

soit usités que dans le langage commun, et cela

seul suffit pour le» séparer de leurs synonymes

précédents.

^ Attraper et duper se ressemblent beaucoup.

Hea ! les femmes , déjà si eourenl aurepéet ,

Seront- eUes eueor per les bommes dupéei^ BxGir.

« Boudin se mit dans la tête que la pierre philosopfaale n'était pas impossible à trouver, et il y fut cent fois dup^.... Mille fois attraipé^ mille autres il s'y laissait reprendre. » S. S. Cependant attraper est moins sérieux que duper, IX annonce un simple tour d'adresse, une tromperie piquante et risibie plutôt que nuisible et préjudiciable. « Je /us attrapé comme un aot, quand je crus bonnement que l'impératrice de Russie s'entendait aveo le roi de Pologne pour fisire rendre- justice aux dissidents. » Volt. « Vofins doute est la preuve que voua penéez. Mais, répond Pyr rhrâ, j'ignore même mon igaorancai Vous voilà bien attrapé, -o Fin. « J'appréhende furieusemeot le distinguo : j'y ai déjà été aê^opé. » Pasg. « Par ma foi, ton maltse est plaisamment aHtrapé. 9 Mol. Il n'est question dans les comédies et dans les oontes que de femme» qui cherchent & attraper leurs maris (Laf. , Rsas. , Volt.). — Mais l'action de duper tire plus à conséquence , au point de vue de l'intérêt; eUe a proprement pour effet de causer une perte ou un dommage; c'est une supercherie. « Sans leur appareil, jamais les médecins n'auraient dvp^ le monde, qui ne peut résister à cette montra authentique. » Pasc. n M. du Plessi» (qui vient de se marier) me

parait trompé et dupé sur le bien.... Voilà jx» grande sottise. > SAv. « Le bronilhrd « dissipi, et découvrit aux Romains tout à la fois et It jav et la fraude des Carthaginois. Néroo , hostm et s'être ainsi laissé duper, semitendcToirâela poursuivre. » Roll. « Mme de Laxembotirg n reprochait de me laisser duper par mes libraires. » J. J. « Quel est le plus bl&mable fo bourgeois sans esprit et vain (M. Jourdain èm le Bourgeois gentilhomme) qui fait sottement k gentilhomme, ou du gentilhomffle fripon (Dorante) qui le dupe f » In.

Enjôler et embaboutner signifient tons dm attraper, duper, leurrer par des caresses m de propos flatteurs.

Mais enjd^ , attirer dans une geMe on e:^ italien gabiola^ cage, exprime une acUonfo demande beaucoup de finesse et dlssioniM* et se dit particulièrement comme cajoler, àsA l'étymologie est la même , en parlant desfefle» qu'on cherche à séduire en leur disant des i» Ceurs. « Dans les contes de Lafontaineils'p que des femmes qui attrapent leurs maris oi^ garçons qui enjôlent des filles. » Volt. « f^ me dit que si les femmes savaient Vart d'entàer les hommes, en récompense les bommes 0*1100raient pas celui d'enjôler les femmes. » In.

fnsbabow'ner, enjôler un babouin, on eui* niais, suppose dans celui qu'on trompe fis de bêtise ; aussi est-co un mot plus ]as^^ préoédent. « Les valets, servantes et riles pfr sonnes, ne pouvant dire aux enfants que fe^*propos vains et niais , abbreuvent déjà et m)ibouinent cette tendre jeunesse de sottises «i * niaiseries. » Chabr. « Mes envieux, La Fwi!^et Larodiefoucauld , embabowtn^enf (ecr^lfl^ dans leur parti) ce pauvre duc de SuUf. » «*

TAOUPE, BANDE, COMPAGNIE. Plusieurs pff sonnes ou plusieurs animaux , qm soo* ^ •' ensemble, forment une troupe , jmtMÊ»

une compagnie.

La troupe» de ïurba , foule , est nombrwse. u bande, au contraire, ne Test point : c'est r? petite Iroupe, ou bien un détachement, me W' j ;ion, une partie de la troupe. • En ChiB<'^ , que le peuple meurt de faim, il se f^™"^! des de trois , quatre ou cinq voleurs : U Pr^ \ sont d'abord exterminées ; d'autres se ^^ sent.., et il peut arriver que quelque »«JJ fasse fortune. EUe se maintient, se forti»»* forme en corps d'armée. » Moutbsq. «^ mois de juillet , tous les vanneaux djiœmj se rassemblent; ils se joignent ««*/T!jmarais voisins , et forment en peu de jo^ troupes de cinq ou six cents. »BuFr. ■^•'^ du printemps, les hirondelles de mer, q« vent en grandes troupes sur nos côtes oint • se séparent en bandes, dont quelques-an«^ trent dans l'intérieur de nos pr»^' . « Les courlis rouges se tiennent *" ^lJ^I! Mais ces attroupements sont distingues F et les vieux tiennent assex constamiw»*^^ bandies séparées de celles ^^ i^^^^'*!^'^ Uve Wasa partagea sa troupe en P"^^^ des , afin de mieux cacher sa marcbe et s» sein»»Viai«

SYNONTII£S À RAMCAUX DIVERS

iOii

En second lieu> le mot trtmpêj exduûfement reUlif an nosibre, n'indique pas comment sont ou vont ceux qui la composent; au lieu que le mot lande représente un oertain arrangement, une disposition sur une mâme ligne. « J'aimais à Toir l'accord de cinq ou six cents hommes en unifonne, se tenant tous pu la main , et formant une longue bande qui serpentait en cadenoe, et sans confusion. » J. J. « Si la bonds des oies sau« vages est petite, elle ne forme qu'une seule ligne. 9 BuFF.

Quant à la oompa^nte , elle se distingue par l'union de ses membres. Ce n'est plus seulement un assemblage, mais quelque chose de réglé et d'étroit, une association, une sorte de famille. «Les perdrix grises ont l'instinct social, car chaque iàmille vit toujours réunie en une seule bande qn*on appelle volée ou eomp^ignie jusqu'au temps où l'amour la diyise. > Bqff. « On voit sur les étangs ces sarcelles par compc^gniei de dix à douze qui forment la famille» *Id. L'amitié, dit Plutarque, est bien, pour ainsi dire, béte de compagnie^ mais non pas de Ifoiipe. » Marm. C'est-àrdire qu'elle n'a lieu qu'entre hommes d'une société intime.

Beaucoup font la troupe; quelques-uns allant à la file font la bande. Un nombre quelconque, liés entre eux par une communauté d'occupa* tions, desoins ou d'intérêts, font la eompayme.

Ces mots différent encore sous un autre point de Tue. Bande est moins noble que troti/pe : on dit une troupe de comédiens (Acad.) , de sauTs-* ges (Les.) , d'esclaves (Volt.) , de convives (Boil.) , de paysans (Acad.); et une bande d'histrions [J. J.), de débauchés (Yolt.}i de Bohémiens [Mol.), de voleurs (Acad.), de forçats {LK8.)é Sur ce vers de Corneille :

Il faut donner un cher à yolre illustre hande, Voltaire remarque ceci : « Une bande ne se dit ]ue des voleurs. » « En Sicile , les esclaves mar« :haient en troitpst et formaient des bondes de roleurs. » Conn. « Dites bande de comédiens itaiens , et non pas troupe : c'est un titre qui n'ap- )artient qu'aux comédien^ français. » Rian. Dans a farce du Baron de la craese , un personnage /écrie : « Voici la bande des comédiens. > On le éprend ainsi :

Dites trompe : Ton dit bande d'Égyptiens y

Et boude offenserait tous leg comédiens.

- Hais troupe est à son tour mc^ns noble qui ompagnie. Il y a longtemps que les oomé*» iens ont réclamé contre le mot troupe qu'oq ontinue néanmoins à leur appliquer collective* lent. « Gil Blas, dit Arsénié , corrigez vos exressions : sachez qu'il ne *Caut point dire la ''oupe (en parlant des comédiens) ; il faut dire la Tinpa^jrnte. On dit bien une Iroups de bandits , ne troupe de gueux, une troupe d'auteurs; lais apprenez qu'on doit dire une compo^^nts de >médiens ; les acteurs de Madrid surtout méritnt bien qu'on appelle leur corps une campatiie. » Lb8.

TROUVER, RENCONTRER. Gts mots, que Académie définit l'un par l'autre, signifient lus deux arriver à être dans le même lieu ix'une peisonne oa une chose et l'y apeioevoir , {

soit qu'on la cherche, soit qu'on ne la cherche pas.

1* Trouner est le terme général. ReneoiUrer^ c'est, à la rigueur ^ aller contre y tomber sur, donner dans, heurter, choquer : une r^ncontfif, dans l'art militaise , est un choc , et l'italien rtneontro signifie chec, heurt. On rmconfre proprement des obstacles. Les navigateurs rencontrent des glaces à telle latitude (Boff.). Un torrent entraîne tout ce qu'il rencontre sur son passage (AcAu.). « Pythagore croyait que les Ames erraient de odté et d'autre dans l'air , et qu'elles s'emparaient sans distinction des premiers corps qu'eUes rencontraient, » Feu. Deux objets ne se rencontrent qu'en allant chacun de son ce té, l'un à Venconire de l'autre : les atomes d'Ëpicure se rencontrent y s'entre-heurtent et . s'accrochent. ' « Comme il allait assez vite , et qu'il négligeait de regarder devant lui, il fut rencontré directement par un autre homme : ils se choquèrent rudement. » MoKTKSi^ — D'ordinaire cependant, rencontrer ne va pas jusqu'à emporter cette idée de choc, mais il annonce toujours qu'on trouve devant soi, en allant au-devant, en face; de sorte que rencontrer , c'est trouver en chemin ou chemin faisant. Vous trouvez une chose ou une personne où elle est, chez elle : vous la r^ncontrex sur yotre route , elle se présente à vous par occurrence (oecurnl), pendant que vous allez, ou que vous marchez , ou que vous avancez. Un pécheur ou toute autre personne trouve du poisson dans la rivière; un pèlerin, un voyageur, un passant , rencontre une huître sur le sable (Laf.). a Le Samaritain rencontre sur sa route un malheureux blessé mortellement.» Bodrd. Vous allez dans un lieu ; vous y Prouvez telle chose ou telle personne , et en y allant vous rencontrez teUe chose ou telle personne. La personne que vous allez voir chez elle, vous ne l'y rencontrez pas, vous l'y trouvez : vous la rencontreriez dans les rues. « Un jour de procession , l'âme fidèle cherche le Sauveur dans le sanctuaire de l'eucharistie , et elle ne l'y trouve pas ; elle s'en va donc par les rues et dans les places publiques , pour voir s'il y sera. C'est là en efi'et qu'elle le rencontre. » BouRo. «Dans son chemin , il rencontraxin petit homme qui, l'arrêtant : Zador, lui dit-il, où vas-tu si matin? Je viens de chez toi ; et, ne t'ayant pas trouvé, je suis bien aise de te rencontrer. » Lbs.

2* Rencontrer n'est pas seulement trouver devant soi, en allant, sur son passa^^^e , mais encore trouver par hasard , avoir la chance de trouver, lors même qu'on cherche à rencontrer. On dit aller trouver une personne (Féh.) pour l'aller voir chez elle, tant on est sûr de la trouver y tant il est probable qu'on la trouvera : on ne dit point l'aller rencontrer, car rencontrer est toujours l'effet d'un cas fortuit, d'une bonne fortune; on dit seulement chercher à reneonfrer, et quand on rencontre, c'est toujouis un accident. Dans le Médecin malgré lui, Valère et Lucas se mettent en campagne, « pour tâcher de rencontrer quelque médecin qui puisse guérir la fille de leur maître : Vous le trouverez mahitenant, leur dit Martine d'un ton assuré, vers ce petit lieu que

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